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. Histoire de SF qui n'a pas encore de titre

 
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Nutsame Haruyana
Civil


Inscrit le: 20 Juil 2008
Messages: 24
Localisation: Dans ses pensées mélancoliques...

MessagePosté le: Lun 21 Juil 2008, 11:47 pm    Sujet du message: Histoire de SF qui n'a pas encore de titre Répondre en citant

Voici un premier texte que j'ai écrit ces vacances, une fois le bac passé. L'histoire se passe dans un futur éloigné, dans une prison spatiale. Pour le moment, je n'ai que ce premier chapitre. La suite sera pour bientôt.

C’était un gigantesque cylindre. Sa couleur rouille, pour un observateur peu averti, aurait trahi un âge avancé. Mais l’acier qui le constituait avait simplement été recouvert de peinture pour l’uniformiser. Quelques rares hublots, tâches brillantes au milieu d’une teinte morne et triste, étaient les seules preuves de la présence d’une vie dans cette construction. Mais ils étaient sales, recouverts d’une crasse qui serait longue à nettoyer. De l’intérieur, on ne devait pas voir grand-chose. Les orifices des réacteurs paraissaient des grottes infinies, d’une noirceur insondable. Pas la moindre trace de propulsion, comme si l’on avait oublié de les mettre en marche. En réalité, c’était une démarche purement intéressée : on économisait le carburant, tout simplement. L’appareil étant en orbite, il n’y avait pas besoin de le propulser. Si on l’avait observé de plus près, on aurait remarqué de nombreuses marques d’usure sur la carlingue : des éraflures, des déchirures, comme autant de blessures et de rides ; l’engin était fatigué par des années de services. Ses panneaux solaires disposés symétriquement d’un côté et de l’autre de sa coque étaient crevés de-ci, de-là. Les déchets qui flottaient dans l’espace les avaient mis à rude épreuve. Les structures elles-mêmes de ces grandes ailes noires souffraient le martyre pour supporter une telle masse de capteurs. Il fallait une réparation quotidienne pour empêcher que tout parte en morceaux. On voyait, inscrite là sans logique apparente, comme si on avait tiré son emplacement au sort, une immatriculation faite d’une douzaine de chiffres. Une bonne moitié était rendue illisible par l’usure de la peinture blanche anonyme qui avait été employée. L’autre était recouverte de fientes et autres déjections dues aux passages au sol pour les réparations plus poussées, nécessitant des techniciens expérimentés. On voyait bien que plus personne ne s’intéressait à cette relique. Les seuls à connaître son existence étaient les rebuts de la société qui y séjournaient, en attendant d’avoir accompli leur peine, ainsi que ceux qui se chargeaient de les encadrer. Et aucun fonctionnaire ou représentant de l’Etat n’allait perdre son temps à demander une rénovation. Ses occupants devaient y payer une dette envers le reste de l’humanité, hors de question de les dorloter. De toute façon, cela ne devait pas trop les changer des bas-fonds dont ils étaient extraits.
Avant même d’être arrivé, Elian savait que son séjour dans la prison 84521 – les seuls chiffres qu’il parvenait à lire – n’allait pas être amusant. Plutôt mortellement long et sale. Même s’il ne voyait qu’une partie du véhicule stellaire depuis le petit hublot derrière lequel il était accroupi, le prisonnier devinait l’état de délabrement misérable dans lequel se trouvait son nouveau logis. A côté de ça, le vaisseau de transport fatigué qui le conduisait avait des allures de palace. Et ce n’était pas peu dire. L’équipage était patibulaire, le sol froid, les murs poussiéreux, mais il faisait chaud, il y avait à manger, et surtout, le jeune homme était encore plus ou moins libre de ses mouvements, ainsi que le petit groupe de prisonniers dont il faisait partie. Avec les vingt policiers chargés de les surveiller et l’équipage, ils étaient trente-cinq à bord. C'est-à-dire peu, pour un appareil qui pouvait aisément accueillir un nombre trois fois supérieur de passagers. Mais peut-être pensait-on les préparer pour leur destination, par la saleté, l’âge de l’engin et l’absence de confort. Lorsqu’il s’agissait de punir les criminels, le gouvernement ne lésinait pas sur la punition, qu’elle soit justifiée ou non. Ceux qui sortaient du droit chemin ne pouvaient être réinsérés que par la force et le bris de toute rébellion. C’était ainsi que l’on résonnait, à la tête de l’Etat, et cette doctrine s’appliquait toujours à la lettre.
Elian ne comprenait toujours pas ce qu’il fichait ici. Attrapé pour un simple cambriolage, il ne pensait pas être expédié dans un cul-de-basse-fosse pareil. L’ambiance de campagne électorale et la promesse de sécurité des candidats étaient sûrement à l’origine de cette décision. Rien ne devait troubler l’ordre public, et ceux qui le faisaient malgré cela devaient être châtiés comme ils le méritaient. Quelle guigne, de se faire attraper dans un tel contexte. Et avant d’avoir eu le temps de comprendre, le tribunal avait prononcé la condamnation à la prison pour vingt ans et ordonné son envoi dans cette prison. La peine était démesurée pour un délit aussi banal, mais on avait voulu faire de lui un exemple. La brillante plaidoirie de son avocat n’y avait rien changé, il devait payer son crime odieux envers la société des honnêtes gens, pour reprendre les mots du juge et du procureur. Et maintenant, il était en partance. L’avenir s’annonçait mal. Tous les prisonniers qui faisaient partie du voyage étaient également des délinquants à la petite semaine. Leur seul crime était d’avoir accompli leur forfait durant ces maudites élections. Eux aussi allaient servir de boucs émissaires, servant ainsi les visées politiques de l’un ou l’autre de ces bureaucrates assoiffés de pouvoir. Aucun ne se mêlait aux autres. Chacun restait dans son coin, à regarder ses pieds, à compter les rides de ses phalanges, à inspecter le mur d’en face, ou plus simplement à observer la prison qui se rapprochait inexorablement, porteuse de leur avenir. En effet, ni Elian ni les autres prisonniers ne se faisaient le moindre doute : c’était dans cette vieille ruine volante qu’ils finiraient leur existence, puisqu’il avait été décidé qu’ils n’avaient plus le droit d’être des humains véritables. Ils étaient des parias, des criminels, des traitres à la société, ils devaient disparaître à jamais. Ce devait être réussi, pensa Elian dans un accès de pessimisme : à part ceux qui voyageaient avec eux et ceux qui vivraient bientôt avec eux, plus personne ne devait connaître ne serait-ce que le simple fait qu’ils aient un jour existé.
Quittant les abords du hublot, le jeune homme se dirigea vers l’arrière, empruntant les couloirs cylindriques de l’appareil. Il passa devant un autre des prisonniers, un vieil homme. Elian ne savait pas pourquoi il était là, et à vrai dire il s’en moquait éperdument. Sans le savoir, il venait déjà de muer dans la direction voulue par ceux qui l’envoyaient en prison : le rendre individualiste, avide de son propre salut, sans souci pour celui des autres. Marchant au hasard dans les couloirs du vaisseau, la tête vide de toute pensée, il arriva devant une porte ronde et blindée. Un policier posté devant elle pointa sur lui un fusil.

- Tu n’as rien à faire ici. Dégage ou je te troue le ventre de part en part.
- Euh... pourquoi ?
- Il y a un dangereux meurtrier là-dedans. Il n’agit jamais seul, et ses complices se sont échappés. On a reçu ordre de considérer tout prisonnier s’approchant de la cellule comme un de ses acolytes –il épaula son arme- et de les abattre sans sommation.

Elian prit le parti de s’éloigner immédiatement, avant que le garde ne décide de tromper son ennui en le tirant comme un lapin. Ici, les prisonniers n’avaient aucun droit, sauf celui de se taire et d’obéir. A l’inverse, l’autorité avait toutes les prérogatives, y compris celle d’abattre un détenu sans raison. De toute façon, ils n’étaient plus des hommes. Retournant vers l’avant de l’appareil, il s’accroupit à côté du hublot par lequel il avait observé le voyage. Le cylindre s’était considérablement rapproché. Le vaisseau, dans une pétarade de réacteurs, amorça sa descente vers un sas qui s’était ouvert lentement dans la carlingue de la prison.
Le jeune prisonnier observa avec intérêt le brutal changement : de l’immensité noire piquetée de lait qu’était l’espace, l’engin dans lequel il se trouvait venait de pénétrer dans un hangar juste assez grand pour lui, sans aucune installation plus sophistiquée qu’un établi à outils, aux murs et au sol d’un blanc légèrement jaune. Une dizaine de personnes, des techniciens et des gardiens vêtus d’uniformes bleus, se dirigèrent vers la porte qui s’ouvrait déjà dans le flanc de l’appareil nouveau venu. Elian fut brusquement mis sur ses pieds par un des peu loquaces policiers chargés de les surveiller, lui et ses compagnons. Une poigne de fer le saisit à l’épaule et le fit descendre dans le hangar en passant par les couloirs cylindriques du vaisseau, sans même le laisser toucher le sol. Lorsqu’il toucha le sol, il manqua de trébucher en se prenant les pieds dans la tenue faite d’une seule pièce, de couleur orangée, que portaient tous les prisonniers. Deux gardiens le remirent debout sans ménagement, et purent observer son visage tiré, amaigri par les privations, ses yeux bruns ternis et ses cheveux d’un roux sale. On n’aurait jamais dit qu’il n’avait qu’une petite vingtaine. Les geôles avant le procès l’avaient beaucoup marqué. Encadré par quatre policiers armés, un homme robuste et large d’épaules aux cheveux ras et au bras gauche tatoué descendit à son tour de l’appareil comme un puissant roi quittant son carrosse pour prendre ses fonctions. Elian comprit qu’il s’agissait du meurtrier. En remarquant le regard gourmand qu’il lui jeta, comme s’il était...appétissant, le jeune homme se jura de ne jamais s’approcher de lui. L’un des techniciens fit un bref signe, tout le monde quitta le hangar.
Une grande porte à battants s’ouvrit dans un chuintement, et le petit groupe du personnel carcéral, accompagné de ses nouveaux pensionnaires, pénétra véritablement dans la prison. Elian regarda jusqu’à la fermeture de la porte le vaisseau lancer ses réacteurs pour retourner à sa base, avec à son bord son dernier espoir de liberté. Maintenant, il était vraiment prisonnier. Il n’était plus un homme : ici, il n’était qu’un numéro.
Ils débouchèrent dans une pièce moyenne, aux murs nus et toujours de cette couleur blanc-jaune. Au fond, une autre porte rectangulaire, avec une commande d’ouverture à carte. Deux gardiens attendaient là les prisonniers, assis à une table. Dessus était posé un petit appareil rappelant un pistolet. Elian se tendit, mais ses propres gardiens resserrèrent leur prise sur ses bras, et il dut relâcher ses muscles. Un premier détenu reçut une décharge de cet engin sur le dos de la main. Un tatouage s’y trouva instantanément gravé : une suite de chiffres. Leur immatriculation de prisonniers. Elian fut marqué en troisième. Une vive douleur brûlante lui transperça la main ; il eut du mal à croire qu’elle n’avait pas fondu. Il rejoignit le rang de détenus qui se trouvaient là avec lui. Un peu nerveux, il vit la porte s’ouvrir sur un homme d’une cinquantaine d’années, sec et gris de peau, de cheveux et de barbe. On aurait dit un arbre desséché dans un désert, qui aurait appris à survivre sans eau. Contrairement à ses hommes, il portait un uniforme militaire avec une seule médaille récompensant un acte de bravoure : sauver un camarade en difficulté. Manifestement, l’armée l’avait oublié, pour l’expédier dans un tel trou à rats. Il passa devant chacun des prisonniers, le détaillant minutieusement du regard, avant de se planter en face d’eux, aussi raide qu’un piquet. Il les observa comme un prédateur qui va choisir son dîner, puis leur déclara d’une voix glaciale :

- Ecoutez bien, tas de déchets. Vous êtes là pour payer une dette envers la société. C’est moi qui me chargerai de vous la faire payer. Et je peux vous dire que la mauvaise volonté vous coûtera bien plus que deux ou trois jours sans nourriture...

Il avait parlé avec un sourire qui fit brusquement comprendre à Elian la raison pour laquelle l’armée l’avait oublié. Ce gradé était un psychopathe. Depuis toujours, le jeune prisonnier se connaissait une imagination débordante, la seule qualité qu’il estimait avoir. Mais dans certaines situations particulières, elle pouvait se transformer en entrave, voire en véritable ennemie. En ce moment, il lui suffisait de regarder leur chef geôlier pour deviner quelques unes de ses méthodes pour les remettre dans le droit chemin : coups de poings, isolement pendant des jours dans une lumière aveuglante, plongée dans une bassine d’eau plusieurs minutes... Rien ne leur serait épargné, et ça le rendait déjà malade. Il manqua de défaillir en voyant dans son esprit, et avec une netteté parfaite, tous ces sévices qu’il était en train d’imaginer. Il fallait qu’il arrête de penser à ça, ou il allait mal finir. Le gradé s’en alla sans dire un mot, et tout le monde respira un grand coup. Manifestement, même les gardiens avaient peur de lui. Il leur fallut quelques instants pour reprendre leurs esprits, puis ils reprirent leurs activités : chaque prisonnier fut rejoint par un gardien, qui le mena à sa propre cellule.
Accompagné de son garde musclé comme un ours, Elian traversa un réseau de couloirs, aux murs et sols de cette constante couleur blanc-jaune, bâtis dans une organisation rigide et militaire : chacune de ces allées en rejoignait perpendiculairement une autre, sans une seule exception. C’était un présage de son avenir, sans doute. Une vie réglée comme une horloge, sans le moindre faux pas autorisé sous peine de correction. Tout était désert, silencieux. On aurait pu croire qu’ils étaient seuls dans cette prison. Seuls les bruits de leurs pas rappelaient leur présence à Elian. Son gardien ne disait pas un mot, ne le regardait même pas. Il ne semblait même pas se rendre compte qu’il accompagnait le jeune homme. A part lui, il n’y avait pas non plus de signes qu’il s’agissait d’un bâtiment de détention. Aucune porte de cellule, aucun réfectoire. Peut-être le gardien les évitait-il délibérément, ou ne se rendait pas compte qu’il ne les croisait pas. En tout cas, cet endroit ressemblait davantage à un hôpital tout juste abandonné – à cause de la couleur des murs, chaude mais glaciale– qu’à une prison. Le gardien le dirigea de force dans un de ces nombreux couloirs annexes, qui semblaient être les branches du tronc qu’était cette allée qu’ils remontaient. Dans ce couloir, il y avait une dizaine de portes blindées anonymes sur chaque mur, sans aucun signe distinctif, pas même un numéro. Elles étaient grandes comme un homme, laides, piquetées de rouille et épaisses. Un judas permettait de faire passer la nourriture. Une nouvelle fois, une commande à carte magnétique située sur le mur permettait d’ouvrir. Le surveillant, toujours aussi silencieux, sortit la sienne et activa l’ouverture de la quatrième cellule. Dans un sifflement, la porte s’ouvrit sur une chambre forte.
Non, pas une chambre forte. Sa cellule. Elian avait été trompé par l’absence totale de mobilier, qui lui avait fait penser à une chambre forte. Il s’était attendu à quelque chose d’inhospitalier, mais pas à ce point là. Il allait demander si c’était une plaisanterie à son gardien, quand ce dernier le balança dans la cellule sans dire un mot, et sans ménagement non plus. Il referma la porte avec sa carte, et Elian entendit ses pas s’éloigner dans le couloir. Apparemment, ce n’était pas une plaisanterie. Le jeune homme se remit sur pied en massant l’épaule douloureuse avec laquelle il s’était reçu, et inspecta son nouveau logis de plus près. Le sol était froid, les murs rugueux, l’ensemble en métal sans peinture et nu. Une unique lumière faible donnait à la cellule un air de cave secrète. Il n’y avait pas de couverture dans la pièce, pas d’oreiller, pas même un bol ou une cuillère. Dans un coin, un simple trou. Pour les besoins naturels, à n’en point douter... Des nombreuses imperfections sur le Il allait être difficile de dormir sur ce sol. Surtout que la lumière ne s’éteignait sûrement pas. On ne lésinait pas sur les méthodes pour punir les détenus. Aucune ouverture vers l’extérieur, excepté ce judas qui ne s’ouvrait que de l’extérieur. Le prisonnier ne pourrait pas s’évader. Si par miracle il trouvait un moyen de sortir de cette cage, il avait remarqué les armes que portaient les gardiens : fusils, pistolets à décharge, mitraillettes à projectiles plasmatiques. Et ils n’hésiteraient pas à s’en servir. Personne n’attendait les prisonniers dehors, et personne ne s’intéressait à cette prison ; de fait, ils avaient tous les droits. Et s’amuser à abattre un détenu en jouant au chat et à la souris les aiderait à s’évader de l’ennui quotidien. Elian n’avait aucune raison de leur offrir ce plaisir. Il s’allongea sur le sol en essayant de trouver un coin pas trop inconfortable, et essaya de s’endormir.

*

Combien de temps il s’écoula entre ce moment et celui où il revint à la conscience, Elian n’aurait su le dire. Il devait s’être endormi, car il était allongé sur le sol lorsqu’il entendit le bruit. Un bruit qui ressemblait à un tir. Un gardien qui faisait du zèle ? Une salle d’entraînement qu’il n’aurait pas remarqué ? Il ne pouvait savoir. Dans cet espace si petit, sans ouverture aucune vers l’extérieur, le jeune homme n’avait aucun moyen de savoir. Il se leva en massant ses membres engourdis, puis colla son oreille contre la porte blindée. Malgré son épaisseur, quelques sons filtraient. Elian entendit des cris assourdis, des tirs qui paraissaient lointains. Que se passait-il ? Une évasion, peut-être. Mais alors pourquoi autant de tirs ? A en juger par leur nombre, il y avait au moins une dizaine de tireurs. Même s’il n’était là que depuis quelques heures, il se disait qu’il n’y avait pas besoin d’autant de gardiens pour arrêter un seul détenu évadé. Il ne savait pas combien de prisonniers il y avait dans cette antiquité volante, mais sûrement pas assez pour justifier cette fusillade. Qui se rapprochait d’ailleurs... Par réflexe, Elian recula son oreille de la porte. Bien que d’origine modeste, d’un milieu où les fusillades et les règlements de comptes sanglants étaient monnaie courante, il ne s’était jamais fait aux rixes. Il était pacifique, parce qu’il détestait devoir mettre sa vie en jeu. Tant qu’à défendre son honneur, autant survivre pour continuer à le faire plus tard, plutôt que de mourir en le sauvant. C’était sa philosophie et il l’appliquait toujours à la lettre. On le traitait, à l’époque où il vivait encore dans ce milieu, de lâche, mais au moins il était toujours là pour se l’entendre dire. Par contre, dans cette cellule, il ne pouvait savoir s’il était visé ou non. Et si ce cinglé de directeur s’était mis en tête d’éliminer un groupe de prisonniers, dans le seul but de s’amuser ? Etant donné son attitude lors de son discours de bienvenue, toutes les possibilités restaient envisageables. Surtout dans ce genre de prison oubliée de tous. Elian alla se coller contre le mur du fond, à pas pressés. Il avait entendu un bruit de course s’approchant de sa propre cellule. Accompagné de coups de feu.
Que se passait-il, à la fin ? Dans cette cage, le prisonnier n’entendait que des sons vagues. Le son des pas d’un groupe de personnes, qui en poursuivaient d’autres, dispersées. Des détenus fuyant face à des gardiens, peut-être. Si c’était bel et bien une évasion... Mais alors pourquoi autant de poursuivants ? S’il trouvait du papier, il faudrait qu’il note ce premier jour de prison, c’était vraiment passionnant. Pas dans un sens positif, toutefois cette journée avait le mérite d’être différente de l’ordinaire. Enfin peut-être. Après tout, il n’était pas là depuis longtemps. Et en entendant les bruits de pas qui se rapprochaient de sa porte, Elian se dit qu’il n’aurait pas forcément l’occasion de durer. Le manque de mobilier se faisait cruellement sentir dans cette situation, car en son absence, pas de couvert providentiel pour échapper à un tireur mal intentionné. En désespoir de cause, il se recroquevilla par terre, dans le coin le moins éclairé. Si le ou les tireurs arrivaient ici et ne faisaient pas trop attention, ils ne le verraient pas... Le bruit d’une course précipitée se fit entendre juste devant sa porte. Suivi d’une rafale de tirs. Un bruit sourd de chute contre du métal emplit les oreilles du prisonnier.
Elian observa avec des yeux terrifiés la porte, comme si elle s’était muée en monstre féroce et très affamé. Et il estima que la comparaison n’était pas exagérée, lorsqu’il entendit la commande magnétique autoriser l’ouverture. Le jeune homme s’attendait à voir un gardien armé jaillir à l’intérieur de sa cellule pour le truffer de balles, ou pour le larder de coups de couteaux peut-être. Pour tromper son ennui, il était intéressant d’innover. Priant pour mourir rapidement, il leva le regard vers la silhouette qui se tenait dans l’ouverture. Elle tenait bien un fusil mitrailleur à la main, mais pointé vers le sol. Et elle ne portait pas l’uniforme des gardiens. En fait, ce n’était même pas un gardien. C’était un prisonnier.
Par contre, le cadavre qui s’était écrasé contre la porte était un gardien. Avec le ventre troué d’une bonne trentaine de balles, et pas toutes du même calibre. Elian ne comprit pas de quoi il s’agissait. Une hallucination. Oui, sans doute. Il croyait que c’était ça, mais en fait le cadavre était en réalité celui d’un prisonnier, et le gardien se tenait dans l’embrasure de la porte, fusil dans la main droite. Dans la gauche, il brandissait un revolver, qu’il jeta sur le sol, vers Elian, en déclarant :


- Prends-le. On s’en va d’ici.

Il se retourna, laissant Elian seul avec le revolver et le bruit continu et agaçant des fusillades.

Voilà. Avis aux amateurs, j'attends vos commentaires.

Long live Naruto.
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Mikazuki
Dramaturge des forums
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Inscrit le: 17 Oct 2007
Messages: 1269

MessagePosté le: Jeu 24 Juil 2008, 7:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'avais déniché cette perle rare lundi dernier. Désolé de te laisser un commentaire seulement aujourd'hui... En plus, il s'agit d'une inauguration : c'est vraiment dommage de voir que des textes comme celui-ci sont aussi peu reconnus des visiteurs.

Je n'ai vraiment rien à dire, c'est l'excellence même. Ton style est magnifiquement fluide, ce qui rend la lecture très agréable. Je constate à mon grand étonnement que tu n'as pas lésiné sur les détails. La description de la prison, entre autres. Tu décris aussi Elian très habilement - je parle de la manière provoquée pour annoncer un passage informatif sur lui.

Que dire ? Je tire un coup de chapeau, c'est très rare ici de voir des textes comme le tien.

Un grand, très grand bravo, je te félicite.

A un détail près, les Fanfics recèlent des histoires mettant en scène les personnages de "Naruto", je crois. Je pense donc que ton histoire mérite de ce fait une place, pas volée du tout, en Littérature. N'hésite pas à demander à Saharienne par message privé le déplacement de ton topic. Wink
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Nutsame Haruyana
Civil


Inscrit le: 20 Juil 2008
Messages: 24
Localisation: Dans ses pensées mélancoliques...

MessagePosté le: Ven 25 Juil 2008, 12:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Embarassed Ben... merci Mikazuki... Surtout que ça vient d'un collègue... Je suis très touché. Sincèrement.

Je me disais bien que ce n'était pas la bonne section. Je demanderai à déplacer, mais ne vous en faites pas, l'histoire de Nutsame arrive bientôt... (enfin, dans trois semaines, je pars en vacances Samedi, en Hongrie, pays de mes ancêtres !)

Merci.

Long live Naruto.
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Gaburieru
Aspirant genin


Inscrit le: 10 Nov 2007
Messages: 232
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2008, 11:07 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime beaucoup !!! Ta plume, le nombre de détails, l'historie "en génral"....
J'aime beaucoup ta fic Very Happy

(je vois pas trop quoi dire, vu que je risque de me répéter Confused )

_________________
*Meiyo ya keii*
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***Tue un homme, tu es un meurtrier, tue en un million, tu es un roi, tu les tous, tu es un dieu..***
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Saharienne
Sennin


Inscrit le: 03 Nov 2006
Messages: 2390
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MessagePosté le: Ven 25 Juil 2008, 2:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Fanfic déplacé, dommage que je n'ai pas le temps de la lire vu les critiques éloigieuse et une apparence (j'ai lu en diagonale ) soignée ^^, tenterais de réparer cet oublis :p
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elrilck
Étudiant à l'académie


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Messages: 67
Localisation: clermont

MessagePosté le: Ven 08 Aoû 2008, 5:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

eeeeh, pas mal du tout Smile
je me suis bien plus à lire ce 'commencement' Smile
tout le texte est très bien agencé, et on ne tarde pas à rentrer dans le vif du sujet, c'est agréable. Smile
le style est soigné..etc etc ^^
par contre j'ai du mal à adhérer à un petit détail au tout début du chapitre:
"la peinture blanche anonyme".
je trouve que le anonyme est de trop et 'inapproprié'...surtout inapproprié...
mais peut-être que je suis tres compliqué ^^'
enfin je te fais part de mon sentiment à ce sujet Smile
il me tarde de lire la suite Wink

_________________
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si un peu de lecture vous intéresse:
Bizarre-bazar...livraison de prose à domicile
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