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. G'/Prin'/A tes funérail'/CriseS/Bill/Gelée/Le chat/Hier/AetD
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Je sais pas
Criminelle du Verbe
Criminelle du Verbe


Inscrit le: 12 Fév 2006
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MessagePosté le: Jeu 09 Oct 2008, 8:39 pm    Sujet du message: G'/Prin'/A tes funérail'/CriseS/Bill/Gelée/Le chat/Hier/AetD Répondre en citant

Smile


Grenadine.
Ça fait 14 jours.
14 jours qu’il n’a pas cédé. Il s’aide lui-même.
Il a l’air d’un chiffon. C’est un chiffon. Un chiffon sur pattes, chiffon ambulant, chiffon errant, chiffon odorant. C’est un chiffon. Qui longe les murs ; sales.
La nuit, il ne dort pas.
La nuit, il ne dort pas ; il lit.
Stendhal. Le – et le noir. Il évite le mot. Grenadine.
D’ailleurs, le titre du livre est à moitié bu. Effacé.
D’ailleurs, les communistes ont disparu. Il les a bu. Effacés.
Parce qu’il avait soif. Grenadine.
Parce que, d’ailleurs, il y a beaucoup de « d’ailleurs ». Ça ne se contrôle pas les « d’ailleurs ». Ils sont incontournables (incontrôlables ?) les « d’ailleurs ». Ils s’agitent ; un peu par hasard ; les « d’ailleurs ». Ils sont là alors qu’ils ne devraient pas être là ; d’ailleurs.
Les « d’ailleurs », ça gigote les doigts. D’ailleurs, ses doigts sont en désordre, ils s’animent dans un séisme brouillon de saccades haletantes, mouvement mouvementé.
Ses doigts frémissent. Ses doigts rêvent.
Parce que – lui -, il ne rêve pas, - la nuit -, il ne dort pas.
Alors ses doigts rêvent. Ils rêvent du jour. Ils rêvent de l’air bleu qui caresse la surface de leur face, doucement. Ils rêvent du là-haut où les bonbons blancs bedonnants roulent, lentement ; sur la piste lisse teintée océan. Ses doigts marchent. Ses doigts regardent. Ses doigts respirent. Ils se sentent bien. Ils se sentent vraiment bien. Vraiment.
Ils se sentent libres.
Mais… – souvent - ils se cachent dans les grottes profondes de son pantalon, (ses doigts).
Parce qu’ils ont peur.
Ils tremblent, ils palissent ; ils ont froid.
Et ils ont peur ; encore.
D’avoir soif. Grenadine.
Alors ses doigts ne rêvent plus. Ils s’éveillent.
Ils ne se sentent plus vraiment bien.
Lui, c’est un chiffon.
Il lit.
A la lumière du réverbère, tassé contre l’acier dur et cruel qui lui glace le corps ; il lit.
Ses doigts poursuivent leur folle danse gémissante de silences. Petits bonds, ils tressautent. Petits bonds, ils convulsent. Ils dansent dans d’inquiétantes secousses qui heurtent la peau lézardée du livre ouvert.
Il lit.
Il lit ?
Le soleil artificiel filtre et frappe les pages brûlantes de grenadine. Ses yeux contemplent les lettres ancrées par l’encre d’imprimerie. Et la grenadine.
Qui ne s’en va pas. C’est la tâche. C’est la marque. Qui ne s’efface pas. C’est la grenadine.
Ça ne coule pas.
Mais les mots, souillés par la grenadine, les mots ; ils veulent. Ils ont soif. Mais lui, il ne veut pas. Lui, il n’a pas soif.
La nuit accouche du jour.
Il ferme son livre.
Il marche, longeant la pierre glacée, il marche.
Sa marche le mène, l’emmène. Par là. Et là. Par là encore. Par là aussi. Il ne sait pas vraiment où il est. Quelque part. Des maisons. Quelques passants. Des arbres. Il ne sait pas vraiment où il est mais il sait. Il sait.
Le parc ; il entre.
Vide, calme : le silence du Silence.
Un banc ; il s’assoit.
Il attend, en silence dans le silence du Silence.
Que le vent se lève.

Le vent se lève. Les chevaux de bois s'affolent. La balançoire tangue. Les grains de sables ondoient. Les feuilles chuchotent. Et le vent s'installe. Et le vent hurle son cri d'air muet. Et il châtie et il fouette et il gifle. Et il s'en va.

Le jour, il dort.
Sur ce banc, il dort.
Il s’allonge. Il s’endort.
Parce que le jour, il dort.


- Un, deux, trois nous irons au bois…
Une légère mélodie tamponne ses oreilles, perturbe son sommeil, le tire et le réveille.
- … quatre, cinq, six cueillir des cerises…

Il ouvre les yeux. Une petite tête rousse le regarde curieusement. Il se lève – pour s’asseoir.

- ‘jour m’ssieur, t’es un clochard ? T’as pas de maison ? C’est pour ça que tu dors dans le banc ?
- « sur » le banc, on dit « sur le banc ».
- J’m’en fous moi. Pourquoi tu dors sur le banc ? Et tes mains, qu’est-c’qu’elles ont ? T’as froid ? Et d’abord, c’est pa’c’que t’as mal travaillé à l’école que t’es un clochard ? Dis, t’es un clochard ? Bouark tu pues ! Mon papa il dit qu’il faut travailler à l’école pour pas coucher sous les ponts, t’aimes pas les ponts ? Tu préfères les bancs ? Moi j’aime pas ces bancs, ils sont rouges, comme le copain à mon papa, Max ou Macs ou Marcs-
- Marx.
- J’m’en fous moi. T’as pas dormi bien ?
- Jour noir. Jour sans rêve. 15 jours.
- J’comprend rien du tout… J’peux m’mettre à côté de toi ?
- J’ai soif.
- J’ai pas ram’né ma gourde sinan j’t’aurais donné à boire, t’aimes bien le coca ?
- Grenadine.
- J’aime pas la grenadine pa’c’que… Hé tu vas où ?
- Je pars.
- Pourquoi ?
- Parce que.
- Pa’c’que quoi ?
- Parce que ça fait 15 jours.
- De quoi 15 jours ? Et qu’est-c’qu’ils ont tes doigts ? On dirait qu’ils dansent…

Ça tourne. Ça tourne. Ça tourne encore.
Ses doigts ont soif. Son livre a soif. Lui a soif.
Il se sent mal. Il a froid. Il a soif aussi.
Il revient.
Ses doigts ne dansent plus. Il ouvre son livre. Il le pose sur le bois rouge près de l’enfant qui le regarde curieusement.
L’enfant parle. Lui, il n’écoute pas, il n’entend pas.
Il est temps de tourner cette page qu’il lit depuis 14 jours.
Il fourre la main dans la poche de son pantalon, ses doigts embrassent le manche du couteau qui hiberne depuis 14 jours.
Ça faisait 14 jours.
14 jours qu’il n’avait pas cédé. Il s’aidait lui-même.

Il a soif. D’ailleurs, il a soif.

La voix enfantine lui parvient. De loin. Si loin :

- Tu t’appelles comment ?
- Karl Marx.

Les yeux de l’enfant s’écarquillent.
La lame s’élève. La lame file. La lame tranche.
La grenadine coule.

Il avait soif.

_________________
Fille du 17 octobre./ "Souvent, mes couplets dépriment/"

La morve est glacée d'effroi.


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Saharienne
Sennin


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MessagePosté le: Jeu 09 Oct 2008, 10:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Mais quel texte repoussant !
Citation:

Stendhal. Le – et le noir. Il évite le mot. Grenadine.
D’ailleurs, le titre du livre est à moitié bu. Effacé.
D’ailleurs, les communistes ont disparu. Il les a bu. Effacés.
Parce qu’il avait soif. Grenadine.


Ça ne ce dit pas, boire un titre et puis quoi encore...

Citation:
- « sur » le banc, on dit « sur le banc ».

Genre, un clochard avec des prétentions littéraires...

Citation:
- Un, deux, trois nous irons au bois…
Une légère mélodie tamponne ses oreilles, perturbe son sommeil, le tire et le réveille.
- … quatre, cinq, six cueillir des cerises…


C'est une gaminerie bien trop raffinée pour la suite de ce texte !

Citation:
Il est temps de tourner cette page qu’il lit depuis 14 jours.


Et puis ce genre de...
Remarque, je l'aime bien cette feinte, cette chute...
D'ailleurs, j'aime bien ton texte xD

Il est pas normal, dans le sens ou un karl marx clochard implicitement infanticide, même pour se la jouer rebelle, c'est pas polis...
Il se la joue pas grand impertinent.
Il est doucement insolent... Tendrement cruel.

Ton texte donne soif et donne envie de boire des titres en de chanter des chansonnettes tout en préservant au fond de l'esprit un éclat morbide, de taper sur la table avec ses doigts ...
J'aime bien xD
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Mikazuki
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2008, 1:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne comprends pas vraiment le texte. J'aime bien les choses explicites... Et cette histoire est à l'exact opposé de ce que je comprends.
Karl Marx, les communistes... La grenadine... Quelque chose m'échappe.
C'est dommage, parce qu'au niveau du style, c'est bien le tien : plein de points-virgules (quand je pense que je ne sais plus qui a dit que le point-virgule était tombé en désuétude...), des phrases courtes, oui, c'est tout à fait toi ça ! Smile J'aime.
Dommage que je n'aie pas compris le texte.
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Je sais pas
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2008, 1:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci.

Oui c'est très... implicite tout ça.
On va dire que Saha' a mis le point sur un aspect du texte-personnage.
Maintenant pour expliquer un peu plus : la grenadine c'est pas autre chose que le rouge dans "le - et le Noir" et ce rouge n'est pas autre chose que le sang. La grenadine, c'est le sang. La tâche de grenadine sur le livre, c'est le sang. L'homme aime la grenadine. L'homme aime le sang. Mais il en a peur et essaie d'arrêter, il avait arrêté (de tuer-de boire) pendant 14 jours. Il erre dans les rues - la nuit comme une sorte de vampire fou - avec son bouquin qu'il ne lit pas mais qu'il contemple à l'endroit de la page où le sang a coulé.
C'est un tueur d'enfant.
Pourquoi Marx ?
On va dire que la guerre l'a traumatisé, qu'il était pas du côté des communistes et qu'il s'appelle Karl Marx Smile tu comprends, le rouge... et autre chose peut-être Smile
Il est en manque. Il n'est plus qu'un chiffon. Il résiste. Mais le gosse arrive, il le réveille, il réveille son manque, il a soif tu comprends... et le gosse est là... il cède.
Une nouvelle page à tâcher, il a soif.

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Saharienne
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2008, 1:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'avais pas compris toutes les subtilités...
Porque no, en tout cas l'idée de page ensanglanté sur laquelle il s'arrête est vraiment adorablement dégoutante...
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Self_Proclaimed_Genius
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2008, 1:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai adoré *_*

Je sais pas, s'il te plait, écris des bouquins *_*
C'est tellement .. comment dire ... j'sais pas, c'est ennivrant. repoussant, attirant. bizarre.
J'aime.

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Jergal-SPG est tellement omnipotente qu'on s’demande si c'est pas un groupement de plusieurs super-héros sur un seul compte
Bane-SPG, c'est dieu. Omnipotente, droite, juste et morale
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Mikazuki
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MessagePosté le: Ven 10 Oct 2008, 4:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, c'était donc ça ! Ah d'accord !
Merci de me l'avoir, de nous l'avoir expliqué. Maintenant qu'on comprend, je peux dire que c'est un très bon texte. Hé mais Je sais pas, tu sais que tu m'avais donné soif avec ta grenadine...
Et j'approuve SPG, un de ces jours tu seras prix Nobel de Littérature.
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Junkie
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MessagePosté le: Sam 11 Oct 2008, 3:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu en diagonale et je dois dire que ce texte m'a rappelé En attendant Godot.

Première _ et dernière_ impression. Chapeau bas !
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-Monkey-
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2008, 11:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai adoré.

Ce texte est si subtil et à la foi si évident lorsque tu nous donnes certaines explications. Ton style est simplement formidable, si fluide. J'approuve Mikazuki, Self_Proclaimed_Genius, un jour...


Mais, une question me vient à l'esprit après la lecture de ta nouvelle, que penses-tu réellement de Karl Max, puis du marxisme ?

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Je sais pas
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2008, 11:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour vos commentaires.
___
Karl Marx... le marxisme...
Je ne suis pas marxiste. Ni rien d'autre d'ailleurs...

Je pense que le marxisme énonce des vérités. Notamment sur l'inégalité des classes sociales...
Ou bien encore sur le plan social, humain.
En théorie, c'est beau. En pratique, c'est autre chose.
Maintenant, 'y'a un truc qui me plaît assez chez Karl Marx (et non le marxisme) : le fait qu'il faille préserver son individualité.

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Lilo
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2008, 12:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'adore! c'est comme l'a dit SPG bizarre...c'est à ton image! Surprised

Bravo!^^

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Yun
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2008, 1:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais faire chier le monde, mais pour moi, mitigée Very Happy.
La fin est vraiment bien achalandée, l'arrivée du môme est top; certaines images déchirent; mais il y a un moment où j'avais l'impression que tu te perdais. Que c'était trop: ton style fonctionne beaucoup par accumulations, répétitions de sonorités et une sorte de matraquage de rythme qui est vraiment sympa. Mais allège parfois; créée des respirations, comme le dialogue avec le p'tit qu'est une bonne bouffée d'air frais dans la tête embrumée de manque du vieux Very Happy
La merde est plus poignante quand elle est à côté d'une flaque d'eau pure (chépassituvois).

Bref, j'aime bien, mais d'habitude je préfère.
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Je sais pas
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MessagePosté le: Dim 12 Oct 2008, 3:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Jevoiscequetuveuxdire.

T'as raison.
J'ai fait une relecture et même à la lecture initiale 'y'avait quelque chose qui me bloquait.
Je pense qu'à certains passages c'est trop (mais trop quoi, 'y'a des passages qui sont gerbants Smile) lourd de rythme et limite saturé poétiquement.

Après, je pourrais dire que le rythme exagéré et lourd pourrait renvoyer au-dedans du mec et à l'atmosphère... mais ça marche pas comme ça dans ce texte ; 'faut savoir être de bonne foi Very Happy 'y'a des passages saturés, ça en devient saoulant.

Au début je me disais "c'est les "d'ailleurs Confused"" ; mais non, c'est pas ça, les "d'ailleurs" sont nécessaires surtout au niveau de la justification du motif du perso' qu'a soif le pauvre... c'est autre chose, c'sont de ces phrases lourdes et chiantes.

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Poirepi
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MessagePosté le: Mer 05 Nov 2008, 1:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis subjugué ! C'est tout simplement incroyable. J'adore ton style d'écriture, ta façon haletante de décrire, et de faire avancer ton texte. Tout est au rendez-vous. Je pense que l'effet "chiant" que tu voulais donner à ton texte est fait exprès, pour nous réserver une fin des plus dignes de JSP.
Honnêtement, fais un livre, écris quelque chose... ! Je sais pas, mais t'as un talent, et faut que tu en tires profit. Enfin, je dis ça mais bon...

Vivement d'autres textes !

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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 3:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour vos commentaires.
Merci de prendre le temps de me lire.
______
C'est un jet comme un autre. Il ne signifie rien. Ou peut-être qu'il signifie tout. Je le corrigerais peut-être dans quelques années. Ou peut-être jamais.
_________
Corrections apportées
____


Tout ça ne sert à rien… A rien. Qu’est-c’qui sert à quelque chose ? Pas grand-chose. A rien. Tout ça est vain. Tout est vain. Parce que tout est rien.
Je me raccroche à quelque chose ? Il n’y a rien à quoi se raccrocher.
Tu pourras supplier, tu pourras crier, tu pourras pleurer ; ça ne sert à rien : tout ça ne sert à rien.
Il neige. Si blanc, si fort. Pourquoi neige-t-il si blanc, si fort ? Pour rien.
Quel intérêt ? Aucun.
La neige, c'est rien. La neige, ça fond. La neige, ça s'en va. La neige, c'est comme tout. La neige, c'est comme rien.
Et tout ça ne sert à rien. Je répète que tout ça ne sert à rien : tout ça ne sert à rien.
J'espère simplement que -
Je n'espère rien.
L'espoir ne sert à rien.
Le soleil s'est perdu. Il s'est perdu. (Peut-être un peu volontairement.) Il ne reviendra pas.
J'ai dit qu'il neigeait ?
Il neige.
La maison est blanche. L'herbe est blanche.
Un petit coin blanc au creux d'un océan coloré de poudre blanche.
Je ne suis pas toi et tu n'es pas moi.
Ne te permets rien, je ne me permets rien. Ne promets rien, je ne promets rien. N'abandonne rien, je n'abandonne rien.
Il neige.
Dans l'instant.
La cloche de l'église résonne. Quand tu es mort. Tu es mort. Dans la neige.
Assise sur un banc, je regarde la neige tomber et s'en aller.
Je regarde ton visage disparaître sous la poudre blanche. Je regarde ton visage réapparaître sans cette poudre blanche.
Ton visage. Il disparaît. Il réapparaît.
Avec ses cicatrices sanglantes et froides.
Tu as supplié, tu as crié, tu as pleuré. A quoi cela a-t-il servit ? A rien.
Ton corps fond. Comme la neige fond.
La neige tombe et s'en va.
Elle tourbillonne dans les airs, un peu à droite, un peu à gauche ; une danse un peu folle.
Elle s'éparpille sur les choses, - et sur les êtres.
Elle s'éparpille sur toi.
C'est une terre blanche qui enterre les éclats rouges.
Neige indifférente. Qui tombe ; qui tombe, qui tombe. Qui recouvre ; qui recouvre, qui recouvre tout. Pour rien.
Je suis si vieille. Je regarde les temps passer. Sous la neige silencieuse et tellement, tellement indifférente.
Les médecins me parlent souvent. Je ne leur réponds jamais.
Je suis morte. Quand tu es mort. Tu es mort. Dans la neige.

Ils parlent, ils parlent ; ils m'épuisent, moi, la morte.
Ils disent que je suis encore jeune. Je crois qu'ils se trompent. Ils ne me connaissent pas. J'ai vécu longtemps, trop longtemps. J'ai vécu des choses et d'autres. Et maintenant, crois-moi, assise sur ce banc, je suis morte.
La neige dans l'horizon.
La neige de travers.
Je ne leur parle pas, je ne leur parle jamais ; ils me fatiguent.
Je les tuerais certainement, - un jour. Parce qu'ils me fatiguent fort, si fort. Ils ne comprennent pas que tout ça ne sert à rien.
Ils ne comprennent rien.
Ils disent : « Avale » ; j'avale.
Des poignées de comprimés. Des rouges, des verts, des jaunes et de l'eau.
Tu m'as fatigué. Je t'ai tué.

Les feuilles rousses tombent. C'est l'automne. Les saisons glissent à l'envers.
Les arbres sont tristes. Leurs bras se tordent.
Les feuilles tombent, tombent, tombent et recouvrent, recouvrent ; tout. Pour rien.
Je regarde ton visage disparaître sous les feuilles sèches. Je regarde ton visage réapparaître sans ces feuilles sèches.
Ton visage. Il disparaît. Il réapparaît.
J'ai dit - un jour - : « Tout s'efface ». J'avais tort. Tout est gravé.
Gravé. Gravé. Gravé. Sur ton visage.
Je suis si jeune. Je regarde les temps passer. Sous les feuilles silencieuses et tellement, tellement indifférentes.
Les médecins ne me parlent plus. Je les ai tués.

J'entends ta voix. Dans ma tête.
Tu me supplies, tu cries, tu pleures.
Mais je te l'ai dit : « Tout ça ne sert à rien... ».
Je t'ai serré. Je t'ai lacéré. Je t'ai tranché. J'ai gravé ton visage.
J'ai effacé ton souffle. J'ai effacé ta vie. J'ai gravé ton visage.
Je t'ai tué.
Tout ça ne sert à rien. Tu es mort. Je t'ai tué.

_________________
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Dernière édition par Je sais pas le Lun 23 Mar 2009, 6:43 pm; édité 1 fois
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Saharienne
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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 4:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le truc est super lent, super doux. Et pourtant le lecteur se fait niquer à la fin... Pas mal niveau subtilité... J'aime beaucoup.
La neige est très bien rendu, le décord flou, porqué no.
Les saisons glissent à l'envers stexcellent.
Na vraiment, ce retournement de situation, ce glissement à l'envers subtile et pervers, j'aime beaucoup ^^
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Sei
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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 5:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Juste une phrase triviale qui a casse ton texte. Dommage. Mais il reste bon.mieux que le premier, trop peu cohérent grammaticalement parlant.
Je vous fais ma pub en vous disant que je vous publierai un texte sur mes vacances assez prochainement. Je dis va parce que je voulais faire un plan comme celui ci ...grrrr Twisted Evil
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Mikazuki
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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 6:31 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bon. Déjà, première chose, c'est du Je sais pas. Alors, la question que je me suis posée est : ce texte sera-t-il bien ou très bien ? Manifestement, c'est la deuxième option. J'adore ce genre de nouvelle à chute, où les dernières lignes d'un texte apportent une surprise considérable au lecteur. Comme l'a dit Saharienne, c'est très lent et doux, opposition supplémentaire avec la fin, au passage, par meurtre, on pourrait entendre violence. Au passage, je remarque la mention du "Tout s'efface", c'est un autre texte que tu as écrit un jour, je me trompe ? Smile
Seule remarque, il y a certaines choses que je ne comprends pas tout à fait. En outre, le narrateur est-il jeune ou vieux ? Je pense que c'est jeune, et qu'il dit que sa vie s'est arrêtée (on peut donc le considérer comme vieux voire mort si on reprend l'expression à la lettre) au moment ou il a tué son bonhomme. Et puis, est-il dans un hôpital psychiatrique (les pilules) ou en libertés ?
Enfin, une phrase que j'adore vraiment :
je sais pas a écrit:
Je regarde ton visage disparaître sous les feuilles sèches. Je regarde ton visage réapparaître sans ces feuilles sèches.

Je la trouve superbe, sans savoir véritablement pourquoi.
Mais qu'importe. Tout reste gravé Je sais pas, et en l'occurence, tu resteras gravée dans ma mémoire en tant que chic fille d'abord, et secondement, en tant qu'écrivaine véritable, et de talent.
Je te félicite. Wink
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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 11:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

PPPppppourquoi, toutes ces voix si vvvvvvvvvvviolentes ????
Les médecins sont revenus. Ils ne comprennent pas. J'ai dit que-
Les saisons glissent à l'envers.
Qui a ppppppppppermis à l'hiver de revenir ?
Qui a fait entrer les médecins ?
Je les ai tué pour-pour-tant.
Qui vous permet de parllllllllllller ?
Faites taire les voix mortes ! Faites fuir les voix, les voix, les voix qui m'écorchent, m'écorchent le visage.
Je rouge.
J'ai tué les médecins ; encore.
J'ai bu de l'air. L'air rouge coulant.
Je respire. Les voix disparaissent. Les voix meurent.

L'aiguille troue ma peau et s'enfonce, s'enfonce loin dans ma chaire.
Je tourne, je tourne, je tourne, tourne, tourne à l'envers.

Petite, petite poudre blanche.
Qui-qui, les papillons volent arc-en-ciel en marbre pur -------------- les papillons s'entretuent.
Va, je va-cille. Sous la tourmente de l'été brûlant.
Ils ne comprennent pas : tout ça ne sert à rien.
Le thé sucré sur l'herbe brûlée par le soleil disparu, le soleil perdu. Les rayons absents irradient la grande roue.
Les cornets de glace fondent, fondent, comme tout fond.
Je regarde ton visage disparaître sous le sable. Je regarde ton visage réapparaître sans ce sable.
Ton visage. Il disparaît. Il réapparaît.
Tout se fissure. Tout se brise.
Des ruines chaotiques. Des ruines de l'enfer. Un enfer de ruines. L'été chaud au soleil perdu.

Ton visage, je le vois ; hideux. Il fond.

J'entends encore ta voix. Dans ma tête.
Tu hurles. Tu happes l'air que mes doigts te dérobent. Je serre ton cou contre mon cœur, je serre. Je serre.
Tu meurs. J'attends.
J'attends.
Nous allons attendre.
J'entends les médecins, - ils arrivent.
Je les tuerai, - encore.
J'attends.

Les sirènes rouges chantent. Tu es mort.
Je suis morte. Quand tu es mort.
J'attends. Assise sur le banc d'un hôpital habité par les morts.
J'attends le printemps.

_________________
Fille du 17 octobre./ "Souvent, mes couplets dépriment/"

La morve est glacée d'effroi.


Dernière édition par Je sais pas le Lun 23 Mar 2009, 6:45 pm; édité 1 fois
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Saharienne
Sennin


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MessagePosté le: Sam 07 Fév 2009, 11:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis plus sensible à l'allusion surle sable mais c'est bien normal huhu
Alors ainsi c'est une sorte de : 4 saisons ?
J'aime moins car ça me semble moins "cohérent" mais le talent poétique est indéniable. "Je rouge" par exemple.
Tes phrases sont chaotiques, désarticulées ou pourtant on lis... C'est une sorte de défis ? En tout cas il est réussis.
C'est le genre de texte qu'il faut lire 10 fois. Avec tout plein de saveur cachées.
Après la deuxième partie donne moins envie de les chercher pour une raison que je ne m'exprime pas.
Disons que, même si je comprend tout à fait la démarche, j'aurais aimé un peu plus de logique apparente. Un fil. Mais on tombe on se perd, effet voulu ? Peut être mais j'ai la migraine et c'est fatiguant de chercher ^^
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