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Sasuke37
Étudiant à l'académie


Inscrit le: 26 Sep 2008
Messages: 54

MessagePosté le: Mar 13 Mar 2012, 8:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"L'amour qui n'est pas un mot", Le Roman inachevé. Louis Aragon


Spoil:
Mon Dieu jusqu'au dernier moment
Avec ce coeur débile et blême
Quand on est l'ombre de soi-même
Comment se pourrait-il comment
Comment se pourrait-il qu'on aime
Ou comment nommer ce tourment

Suffit-il donc que tu paraisses
De l'air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d'être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu'à la fin

C'est miracle que d'être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu'autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

M'habituer m'habituer
Si je ne le puis qu'on m'en blâme
Peut-on s'habituer aux flammes
Elles vous ont avant tué
Ah crevez-moi les yeux de l'âme
S'ils s'habituaient aux nuées

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D'une aile à la cime des bois
L'arbre frémit jusqu'à la souche
C'est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Prends ce fruit lourd et palpitant
Jettes-en la moitié véreuse
Tu peux mordre la part heureuse
Trente ans perdus et puis trente ans
Au moins que ta morsure creuse
C'est ma vie et je te la tends

Ma vie en vérité commence
Le jour que je t'ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m'as montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au coeur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j'ai flambé comme un genièvre
A la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi




"Les Yeux fertiles". Paul Eluard
Spoil:

On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait place à mes lumières d'hommes
Un sort meilleur qu'aux nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu'ils croyaient être

On ne peut me connaître
Mieux que je te connais.


"Temps couvert" - Pierre Reverdy



Spoil:
Je suis au milieu d’un nuage
de neige
ou de fumée
L’éclat du jour fait son tapage
la fenêtre en battant
ouvre le mur du coin
la paupière assoupie
et l’œil déjà baissé
Plus loin
sur le détour où aurait dû tomber
le grand vent qui passait
en roulant l’atmosphère
la neige et la fumée
Quelques grains de soleil
et le poids de la terre
à peine soulevée



"Éloges", Éloges. Saint-John Perse


Spoil:

Enfance, mon amour, j'ai bien aimé le soir aussi : c'est l'heure de sortir.

Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes... et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous avons

vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de bras l'anneau mou de la robe.

Nos mères vont descendre, parfumées avec l'herbe-à-Madame-Lalie... Leurs cous sont beaux. Va devant et annonce : Ma mère est la plus belle !

— J'entends déjà

les toiles empesées

qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre... Et la Maison ! la Maison ? ... on en sort !

Le vieillard même m'envierait une paire de crécelles

et de bruire par les mains comme une liane à pois, la guilandine ou le mucune.



Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur la cour, boivent des punchs couleur de pus.




Poèmes à Lou. Guillaume Apollinaire

Spoil:
Quatre jours mon amour pas de lettre de toi
Le jour n'existe plus le soleil s'est noyé
La caserne est changée en maison de l'effroi
Et je suis triste ainsi qu'un cheval convoyé


Que t'est-il arrivé souffres-tu ma chérie
Pleures-tu Tu m'avais bien promis de m'écrire
Lance ta lettre obus de ton artillerie
Qui doit me redonner la vie et le sourire

Huit fois déjà le vaguemestre a répondu
"Pas de lettre pour vous" Et j'ai presque pleuré
Et je cherche au quartier ce joli chien perdu
Que nous vîmes ensemble ô mon coeur adoré


En souvenir de toi longtemps je le caresse
Je crois qu'il se souvient du jour où nous le vîmes
Car il me lèche et me regarde avec tristesse
Et c'est le seul ami que je connaisse à Nîmes

Sans nouvelles de toi je suis désespéré
Que fais-tu Je voudrais une lettre demain
Le jour s'est assombri qu'il devienne doré
Et tristement ma Lou je te baise la main



"Une Pierre", Pierre Écrite. Yves Bonnefoy

Spoil:

Orages puis orages je ne fus
Qu'un chemin de la terre.
Mais les pluies apaisaient l'inapaisable terre,
Mourir a fait le lit de la nuit de mon coeur.
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Mat
Jûbi


Inscrit le: 13 Fév 2008
Messages: 5781

MessagePosté le: Mar 08 Mai 2012, 11:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

"La mort du loup", 1838, un poème d'A. de Vigny. Deux parties que l'on peut caractériser ainsi : la première met en place le décor, la poursuite et la mort du loup. La seconde est plus réflexive, où l'auteur tire quelques enseignements plutôt amères vis-à-vis de la position/condition des hommes.

Spoil:

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler."
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peeta
Aspirant genin


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Messages: 282
Localisation: district 12

MessagePosté le: Mer 09 Mai 2012, 3:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bon je lis pas beaucoup de poèmes, mais l'année dernière. Mon prof nous avez demandé de réciter une poésie de notre choix, après quelques heures de recherches pour trouver la poésie qui me convenait le plus, j'ai pris :
Demain, dès l'aube, de Victor Hugo. C'est l'un des poèmes les plus connus.
Le ton est triste et mélancolique. C'est un hommage à l'anniversaire de la mort de sa fille, Léopoldine.
Voici le poème :


Spoil:
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

_________________
Fc-Orochimaru
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Suzika
Étudiant à l'académie


Inscrit le: 01 Jan 2007
Messages: 70

MessagePosté le: Mer 09 Mai 2012, 11:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Poème de Victor Hugo

Spoil:
Un tertre, où le gazon diversement fleurit ;
Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ;
Un vallon, abrité sous un réseau de branches
Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix,
Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois,
Comme un sequin jeté par une main distraite,
Un rayon de soleil dans ton âme secrète ;
Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment
Pour faire des échos au fond du bois dormant ;
Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure !
C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, -
Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours,
Envoyant un soupir à peine aux antres sourds,
Mirant dans ta pensée intérieure et sombre
La vie obscure et douce et les heures sans nombre,
Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords,
Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts !
Et puis, en même temps, au hasard, par le monde,
Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde,
Loin de toi, par delà ton horizon vermeil,
Laisse ta poésie aller en plein soleil !
Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes,
Effleurée en passant des lèvres et des urnes,
Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni,
Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini,
Calme et pure, à travers les âmes fécondées,
Un immense courant de rêves et d'idées,
Qui recueille en passant, dans son flot solennel,
Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel !
Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée,
Dans ta tranquillité vénérable et sacrée,
Reste réfugié, penseur mystérieux !
Et que le voyageur malade et sérieux
Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite,
Puiser en toi la paix, l'espérance discrète,
L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger,
Et boire à ton esprit limpide, sans songer
Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve.

Sois petit comme source et sois grand comme fleuve

_________________
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Uchiha-sasuke-da
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Messages: 694
Localisation: Dans les villes en folie

MessagePosté le: Dim 13 Mai 2012, 1:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La courbe de tes yeux, je le trouve simplement beau et doux. Il est reposant, ouais ouais c'est possible. Il est tout doux, tout tendre ... une perle.

Spoil:
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926


Ronsard, un poème plus vieux ... mais il me rappelle de bons souvenirs de seconde Smile vive l'HIDA (Histoire des l'arts)

Spoil:
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1587

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Saharienne
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Messages: 2390
Localisation: comme vous y allez vite :3

MessagePosté le: Mar 04 Sep 2012, 9:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Sapho -

A UNE AIMEE

Il goûte le bonheur que connaissent les dieux
Celui qui peut auprès de toi
Se tenir et te regarder,
Celui qui peut goûter la douceur de ta voix,

Celui que peut toucher la magie de ton rire,
Mais moi, ce rire, je le sais,
Il fait fondre mon cœur en moi.
Ah ! moi, sais-tu, si je te vois,
Fût-ce une seconde aussi brève,
Tout à coup alors sur mes lèvres,
Expire sans force ma joie.

Ma langue est comme brisée,
Et soudain, au cœur de ma chair,
Un feu invisible a glissé.
Mes yeux ne voient plus rien de clair,
A mon oreille un bruit a bourdonné.

Je suis de sueur inondée,
Tout mon corps se met à trembler,
Je deviens plus verte que l’herbe,
Et presque rien ne manque encore
Pour me sentir comme une morte.
(traduction de R. Brasillach, dans l'Anthologie de la poésie grecque)

J'aime le glissement du chaste au ... Moins chaste Very Happy
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Piman
Civil


Inscrit le: 16 Jan 2011
Messages: 49
Localisation: Vive moi ! Yeah !

MessagePosté le: Mar 04 Sep 2012, 10:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je rajoute un poème de Paul Verlaine, Cauchemar.

J'ai toujours aimé ce poème, mais je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi. Son rythme peut-être, on a l'impression d'entre le cheval galoper sur les pavés, et j'adore ça.

J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève, -
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d'Allemagne
Qu'à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d'ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s'allume
Et s'éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l'éclair bleu
D'une arme à feu.

Comme l'aile d'une orfraie
Qu'un subit orage effraie,
Par l'air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d'un air de gloire
Un torse d'ombre et d'ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

_________________
Spoil:


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Uchiha-sasuke-da
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Messages: 694
Localisation: Dans les villes en folie

MessagePosté le: Mar 11 Sep 2012, 3:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonnie Parker, Trail's end

You’ve read the story of Jesse James
of how he lived and died.
If you’re still in need;
of something to read,
here’s the story of Bonnie and Clyde.

Now Bonnie and Clyde are the Barrow gang
I’m sure you all have read.
how they rob and steal;
and those who squeal,
are usually found dying or dead.

There’s lots of untruths to these write-ups;
they’re not as ruthless as that.
their nature is raw;
they hate all the law,
the stool pidgeons, spotters and rats.

They call them cold-blooded killers
they say they are heartless and mean.
But I say this with pride
that I once knew Clyde,
when he was honest and upright and clean.

But the law fooled around;
kept taking him down,
and locking him up in a cell.
Till he said to me;
“I’ll never be free,
so I’ll meet a few of them in hell”

The road was so dimly lighted
there were no highway signs to guide.
But they made up their minds;
if all roads were blind,
they wouldn’t give up till they died.

The road gets dimmer and dimmer
sometimes you can hardly see.
But it’s fight man to man
and do all you can,
for they know they can never be free.

From heart-break some people have suffered
from weariness some people have died.
But take it all in all;
our troubles are small,
till we get like Bonnie and Clyde.

If a policeman is killed in Dallas
and they have no clue or guide.
If they can’t find a fiend,
they just wipe their slate clean
and hang it on Bonnie and Clyde.

There’s two crimes committed in America
not accredited to the Barrow mob.
They had no hand;
in the kidnap demand,
nor the Kansas City Depot job.

A newsboy once said to his buddy;
“I wish old Clyde would get jumped.
In these awfull hard times;
we’d make a few dimes,
if five or six cops would get bumped”

The police haven’t got the report yet
but Clyde called me up today.
He said,”Don’t start any fights;
we aren’t working nights,
we’re joining the NRA.”

From Irving to West Dallas viaduct
is known as the Great Divide.
Where the women are kin;
and the men are men,
and they won’t “stool” on Bonnie and Clyde.

If they try to act like citizens
and rent them a nice little flat.
About the third night;
they’re invited to fight,
by a sub-gun’s rat-tat-tat.

They don’t think they’re too smart or desperate
they know that the law always wins.
They’ve been shot at before;
but they do not ignore,
that death is the wages of sin.

Some day they’ll go down together
they’ll bury them side by side.
To few it’ll be grief,
to the law a relief
but it’s death for Bonnie and Clyde.

Traduction incomplète:
Spoil:
Vous connaissez la vie de Jessy James
Et de son trépas tragique
Mais si vous aimez lire
Avant de vous endormir
Voici l'histoire de Bonnie et Clyde

Bonnie et Clyde Barrow
C'est le fameux gang
Le crime est leur empire
Ils volent ils pillent ils tuent
Et celui qui trahi
signe sa fiche d'agonie

On les traite de tous les noms de la terre
Les tueurs au cœur de pierre
Mais je le dis avec fierté
Quand j'ai rencontré Clyde
Il était honnête pur et brave

Les flics ont tout gâché
Ils l'ont enfermé piétiné écrabouillé
Jusqu'au jour où il m'a dit
La liberté pour moi c'est fini
Puisque les flics ne veulent pas de nous sur terre
Je leur donne rendez-vous en enfer

En bas la route est noire
Les États n'ont pas de frontières
Nous ne seront plus jamais punis
Pour des crimes qu'on n'a pas commis

De remonter la pente aucun espoir
À peine installés le soir
C'est l'invitation à la valse
Mitraille pétards Ratatatata

Ils partiront tous les deux ensembles
Couchés côte à Côte au cimetière
Les flics déposeront leurs armes
Une mère versera une larme
Pour pleurer la mort de Bonnie et Clyde

_________________
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naruto76
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Inscrit le: 31 Mar 2008
Messages: 4

MessagePosté le: Mer 12 Sep 2012, 5:39 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
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Isumi
En cierto modo
En cierto modo


Inscrit le: 21 Nov 2008
Messages: 4041
Localisation: Mukuchi na yousei wa soko ni iru

MessagePosté le: Dim 30 Sep 2012, 11:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

BEFORE THE WORLD WAS MADE

If I make the lashes dark
And the eyes more bright
And the lips more scarlet,
Or ask if all be right
From mirror after mirror,
No vanity’s displayed:
I’m looking for the face I had
Before the world was made.
What if I look upon a man
As though on my beloved,
And my blood be cold the while
And my heart unmoved ?
Why should he think me cruel
Or that he is betrayed ?
I’d have him love the thing that was
Before the world was made;

William Buttler Yeats.


Spoil:
Citation:
Si j’assombris mes cils
Et illumine mes yeux
Et fais mes lèvres plus écarlates,
Ou demande si tout cela est juste
De miroir en miroir,
Sans montrer de vanité :
Je cherche le visage que j’avais
Avant que le monde ne fût.

Et si je regarde un homme
Comme on regarde son aimé,
Comme si mon sang un instant se glace
Dans mon coeur immobile ?
Pourquoi penserait-il que je suis cruel
Ou qu’il soit trahi ?
J'aurais aimé le voir aimer ce qui était
Avant que le monde ne fût.
 
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Kakashi Hatake Sensei
Role Player God


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Messages: 5531
Localisation: Entre Darn'Kaig et Crystälwand...

MessagePosté le: Dim 30 Sep 2012, 11:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bêtise de la Guerre
Victor Hugo [1802-1885], dans L'Année Terrible

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

_________________
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MessagePosté le: Dim 18 Nov 2012, 3:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Poème de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Aucune idée du titre, il a du sens.

Quand ce soir tu t'endormiras
Loin de moi, pour ta triste nuit,
En songe pose sur mon bras
Ton beau col alourdi d'ennui.

Jette vers moi ce qui t'encombre,
Défais-toi des mornes pensées,
Je les ramasserai dans l'ombre
Comme une glaneuse insensée,
Ivre d'amour, et qui dénombre
Des roses, des lys, des pensées..

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Mikazuki
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MessagePosté le: Dim 18 Nov 2012, 3:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Poème redécouvert hier soir, et lu tout à l'heure à une amie.


Amour, dédain, espérance

[...]

J’ai bien cru prendre toute ta beauté et je n’ai eu que ton corps
Le corps hélas n’a pas l’éternité
Le corps a la fonction de jouir mais il n’a pas l’amour
Et c’est en vain maintenant que j’essaie d’étreindre ton esprit
Il fuit il me fuit de toutes parts comme un nœud de couleuvres qui se dénoue
Et tes beaux bras sur l’horizon lointain sont des serpents couleur d’aurore qui se lovent en signe d’adieu

Je reste confus je demeure confondu
Je me sens las de cet amour que tu dédaignes
Je suis honteux de cet amour que tu méprises tant
Le corps ne va pas sans l’âme
Et comment pourrais-je espérer rejoindre ton corps de naguère puisque ton âme était si éloignée de moi
Et que le corps a rejoint l’âme
Comme font tous les corps vivants
O toi que je n’ai possédée que morte

Et malgré tout cependant que parfois je regarde au loin si vient le vaguemestre
Et que j’attends comme un délice ta lettre quotidienne mon cœur bondit comme un chevreuil lorsque je vois venir le messager
Et j’imagine alors des choses impossibles puisque ton cœur n’est pas avec moi
Et j’imagine alors que nous allons nous embarquer tous deux tout seuls peut-être trois et que jamais personne au monde ne saurait rien de notre cher voyage vers rien mais vers ailleurs et pour toujours
Sur cette mer plus bleue encore plus bleue que tout le bleu du monde
Sur cette mer où jamais l’on ne crierait Terre
Pour ton attentive beauté mes chants plus purs que toutes les paroles monteraient plus libres encore que les flots

Est-il trop tard mon cœur pour ce mystérieux voyage
La barque nous attend c’est notre imagination
Et la réalité nous rejoindra un jour
Si les âmes se sont rejointes
Pour le trop beau pèlerinage

Allons mon cœur d’homme la lampe va s’éteindre
Verses-y ton sang
Allons ma vie alimente cette lampe d’amour
Allons canons ouvrez la route
Et qu’il arrive enfin le temps victorieux le cher temps du retour

Je donne à mon espoir mes yeux ces pierreries
Je donne à mon espoir mes mains palmes de victoire
Je donne à mon espoir mes pieds chars de triomphe
Je donne à mon espoir ma bouche ce baiser
Je donne à mon espoir mes narines qu’embaument les fleurs de la mi-mai
Je donne à mon espoir mon cœur en ex-voto
Je donne à mon espoir tout l’avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt




Mai 1915

Guillaume Apollinaire
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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Dim 02 Déc 2012, 9:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Paul VERLAINE, Art Poétique

Spoil:
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.


P VERLAINE, Vers dorés

L'art ne veut point de pleurs et ne transige pas,
Voilà ma poétique en deux mots : elle est faite
De beaucoup de mépris pour l'homme et de combats
Contre l'amour criard et contre l'ennui bête.

Je sais qu'il faut souffrir pour monter à ce faîte
Et que la côte est rude à regarder d'en bas.
Je le sais, et je sais aussi que maint poète
A trop étroits les reins ou les poumons trop gras.

Aussi ceux-là sont grands, en dépit de l'envie,
Qui, dans l'âpre bataille ayant vaincu la vie
Et s'étant affranchis du joug des passions,

Tandis que le rêveur végète comme un arbre
Et que s'agitent, - tas plaintif, - les nations,
Se recueillent dans un égoïsme de marbre.

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Hauru
Zéro de Cn


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MessagePosté le: Jeu 03 Jan 2013, 4:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Paris est tout petit
c’est là sa vraie grandeur
Tout le monde s’y rencontre
Les montagnes aussi
Même un beau jour l’une d’elles
Accoucha d’une souris

Alors en son honneur
Les jardiniers tracèrent
Le parc Montsouris
C’est là sa vraie grandeur
Paris est tout petit

Jacques PREVERT
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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Jeu 03 Jan 2013, 4:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oh je le connaissais pas celui ci ! Ca ne fait que confirmé mon engouement pour Prévert !

Je viens de lire deux poèmes, qui m'ont eu ! Sur le thème un peu de la mer, des bateaux tout ça (avec d'autres sens héhé). Mais pas à la même époque.
Petit plus pour Baudelaire et de son idée de fascination-lutte entre l'homme et ses mystères, et la mer mystérieuse.

CHARLES BAUDELAIRE ***

L'homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais a plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables!


SULLY PRUDHOMME (1839 - 1907)

Le long des quais les grands vaisseaux,
Que la houle incline en silence,
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des femmes balance.

Mais viendra le jour des adieux ;
Car il faut que les femmes pleurent
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent.

Et ce jour-là les grands vaisseaux,
Fuyant le port qui diminue,
Sentent leur masse retenue
Par l'âme des lointains berceaux.

// poème en prose de Baudelaire "le port"

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goût du rhythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

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yahiko
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MessagePosté le: Sam 12 Jan 2013, 4:04 am    Sujet du message: Répondre en citant

Mon poème préféré de Baudelaire ou le plus grand poète Français

L'Albatros

Citation:
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.


— Charles Baudelaire

EDIT
@Uchiha-sasuke-da : Je disais simplement que c'était mon poème préféré. Après, ce sûr qu'on ne peut pas réduire Baudelaire à un seul poème.

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[b:6c8da0f690]Fanfic Interactive (en construction) : La Larme d'Argent[/b:6c8da0f690]

Fanfic Rikudou : Au temps des Six Chemins
Sketch Kishi : Naruto, le combat de Kishimoto
Fanfic/Théorie CQST : Le Dernier des Uchiha


Dernière édition par yahiko le Sam 12 Jan 2013, 4:57 pm; édité 1 fois
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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Sam 12 Jan 2013, 3:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Très bon en effet.
Mais tellement difficile de réduire à un seul poème tant de talent.

J'adore celui-ci. C'est tellement !!!!
Le thème, la forme, les mots, les rimes.
C'est dingue, tellement dingue que c'est chaud de dire ce qui fait ce poème.
C'est comme pas savoir quoi dire face à ce qui nous parle. On sait que c'est beau, que ça tue tout mais comment le dire !

Delphine et Hippolyte (aussi dit "Femmes Damnées")

Spoil:
À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur,
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remercîment.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?

"Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;

"Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

"Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!"

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

"Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

"Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: 'Mon ange!'
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

"Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?

"Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!

"Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!

"Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

"On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!

"Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

"Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!"

- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous!


Ah oui, c'est de Baudelaire hein.

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Temi
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MessagePosté le: Ven 18 Jan 2013, 12:29 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ah! Topic Parfait !

Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.


Paul Eluard Capital de la douleur

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards

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Jennifaiir
Étudiant à l'académie


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Messages: 106
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MessagePosté le: Ven 18 Jan 2013, 9:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, le surréalisme.. Smile

Spoil:
Un millier de sauvages
S’apprêtent à combattre.
Ils ont des armes,
Ils ont leur cœur, grand cœur,
Et s’alignent avec lenteur
Devant un millier d’arbres verts
Qui, sans en avoir l’air,
Tiennent encore à leur feuillage.

Paul Eluard


Il ne me manquait que du Paul Eluard pour bien commencer ma journée. :3

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L'amour engendre le sacrifice qui lui même engendre la haine et c'est après que la souffrance entre en jeu. ~ Pain
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