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Ssk
Murim-in
Murim-in


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MessagePosté le: Mar 20 Déc 2011, 11:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je partage le point de vue de Chakal sur ton texte que j'ai, une nouvelle fois, bien aimé Smile J'aime de plus en plus te lire, y a de réelles avancées dans tes textes. Tu décris très bien la chose et on s'y croirait. Le bas blesse où tu es moins descriptive (par contre, pour ma part, osef de la taille des falaises Razz, mais ça reste dans cette esprit de description qu'il manque à l'appel). Au début, je ne m'attendais pas du tout à une telle fin, on pense que tu veux simplement nous raconter le voyage qui t'a accroché, mais non, tu vas plus loin. Ça donne du sens au texte Smile
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Aiko
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MessagePosté le: Mar 20 Déc 2011, 11:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai adoré ; pas plus, pas moins.

_________________



Merci. : )
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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Mer 21 Déc 2011, 12:53 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à tous, pour vos commentaires!
Jimmy avait posté avant que je rebosse mon texte, du coup son commentaire n'est plus en accord avec le texte (enfin pas entièrement).
Pour défendre mon petit bijou (oui c'est mon texte préféré), je n'ai pas voulu dresser le portait de la Sicile, mais j'ai voulu passer part le regard que j'ai posé sur l'île pour amener le vrai sujet: Peppino Impastato. J'ai voulu confronter deux réalités.

Merci à vous!

_______________________
Bon, j'ai écrit un texte sur la souffrance, le chagrin et la culpabilité.
Ceci est inspiré d'une histoire vraie Smile

Souffrir
J’ai appris à vivre avec les douleurs physiques, appris à contrôler chacune des douleurs terrorisant mon corps. Mais les douleurs morales sont beaucoup plus dangereuses. Elles vous plongent dans une sorte de solitude incontrôlée, une bulle d’incompréhension laissant une cicatrice béante sur la figure. La plongée était fulgurante, spontanée et inévitable. Les ténèbres et la souffrance avaient eu raison de moi. Plus longue était la chute, plus longue était l’agonie. Chacun des frissons parcourant mes membres transportent mes angoisses, elles me rongent sans arrêt pour me punir.
Parfois j’ai un sursaut d’espoir, lorsque le soleil brille et que le monde ne semble avoir jamais basculé. J’oublie l’enfer qui s’est installé dans ma vie, le temps d’une seconde, jusqu’à que mon visage vide se reflète dans le miroir. Je replonge. Mon sang s’enflammait, mes angoisses parcouraient le flux de ma vie, elles faisaient vibrer tout mon corps et le feu devenait insupportable. Cette chaleur sans vie, étouffait ma tête, me glaçant sur place comme pour obliger ma souffrance, comme pour accomplir son dernier dessein. Et puis revenait le calme, seul les tremblements subsistaient, et ils se renforçaient plus chaque jour.
Les nuits n’étaient pas bien plus bonnes, je n’y voyais que le visage de mes angoisses, partout elles s’étalaient. Sous la forme des ombres, elles prenaient vie. Je n’avais plus peur du noir, ma vie entière s’était vouée au culte du sombre et des ombres. Mon monde depuis 4 mois n’a plus lieu d’être, tout ne vaut plus rien et j’ai mal, j’ai mal, j’ai terriblement mal. Je suis coupable de l’avoir détruit, j’ai mené à sa fin une vie pleine de promesses. Et chaque nuit s’enchaine comme un poids de plus à trainer, comme une marque au fer rouge me rappelant « c’est de ta faute ». Les nuits n’ont plus aucun sommeil, et mes beaux rêves font la sourde oreille. Je n’ai plus rien.
J’aimerais que le chaos qui hurle, que tout ces cris dont je suis là seule à connaître l’existence, s’évanouissent. Et j’étais même en bonne voie, lorsque paralysée par le bonheur de le revoir, de l’embrasser, d’être enfin tout contre lui je m’étais promis d’y croire de nouveau. Mais la réalité n’était pas si facile, l’imagination m’avait préparé à un choc, peut être un peu traumatisant mais jamais je n’aurais pu imaginer perdre mon cœur lorsque mes yeux se sont posés sur lui. J’ai senti monter en moi une force de désespoir, elle passait par les narines, les oreilles et la bouche…. Elle a broyé mon cœur, détruit mes os et mis ma chair à vif. Elle avait pris mon corps, et sans un mot je lui avais abandonné. Valait-il mieux mourir plutôt que rester une seconde de plus dans l’enfer d’avoir brisé une vie ?
J’offre ma vie à ma dépression. Plus d’une fois les frissons de la mort m’ont frôlé, dans mes rêves, il est là gisant sur le sol froid de la route, la voiture s’enflamme et autour de moi danse une ombre terrifiante… elle me répète sans cesse « tu l’as tué », j’ai froid... Je ne peux pas bouger, et ma voix ne résonne pas. Je suis seule et rien ne me permet de bouger. Je dois contempler la mort dévorer son corps, tout en hurlant « tu l’as tué ». Et je me réveille les yeux écarquillés de peur, les mains tremblantes et gelées, et le cœur percé de toutes parts. Ma tête est lourde, lourde de porter toutes mes fautes, toutes mes erreurs et mes gamineries, lourde de porter le poids de ton immobilité.
J’ai voulu combattre contre du vent, j’ai cherché des chemins rassurants et des directions avec avenir. Mais aujourd’hui ma vie n’est plus qu’un tas de rêves brisés, et mon corps est enchainé à mes fautes… J’ai perdu la force d’être forte, et de lutter sans faille pour notre survie. J’ai abandonné la bataille, je me suis laissé tomber sur le sol déchiré offrant mes derniers souffles d’air à ce ciel d’orage. J’attendrais que ça passe, passive et démolie.



_____________________

Je l'ai écrit hier (28 dec 2012), en fait ce texte est en quelque sorte une réadaptation d'un autre que j'avais écrit il y a quelques temps. En réalité, il m'arrive parfois de retravailler sur certains sujets, et avec ce texte je crois avoir réussi ce que je ne pensais pouvoir... j'en suis plutôt fière même.

Peut-être y reconnaitrez vous quelqu'un ....


Lovely Amélie


Parfois les histoires se tissent sans aucunes volontés, parfois les rencontres n’ont la chance d’être que parce qu’on est au bon endroit au bon moment. Un jour je me suis glissée secrètement dans un monde qui n’était pas le mien, j’avais essayé de tendre ma main vers le mystère et la fascination d’une autre. Elle avait un air fougueux, et semblait éprise de liberté, comme guidé par ses propres choix. Attachée à rien, ou plutôt attachée à ce qu’elle avait envie de garder auprès d’elle. Elle avait un air perdu, comme une jeunesse difficile à utiliser, comme un monde dont elle n’avait pas envie de pousser le rideau, préférant s’en tenir à celui qu’elle se construisait au fil de ses aventures. Elle était loin d’être bête, et savait parfaitement user ses semelles sur les sols méconnues des grands espaces, des mondes parfois inconnus mais tellement ouvert. Elle avait une allure de bohème, se déployant dans une vie où seuls les rêves devenaient guide, et où on avait le droit de croire à ces chemins d’aventures. Vous auriez pu la croiser sur une route allemande, tenant du bout des doigts son plus fidèle compagnon, mitraillant la chaleur humaine, et courant à perdre haleine après les volutes. Parfois elle se promenait le long des lignes rêveuses d’un poème d’Arthur Rimbaud, laissant libre court à sa passion dévorante pour cet ange aux ailes brulées. Et quelques fois, au travers d’une photo ou d’une phrase vous auriez pu la voir fragile, mais toujours dans la retenue. De peur de déranger peut-être ? De peur d’être écouté sans doute. Parfois vous auriez pu sentir les blessures accrochées à sa peau, et tentant sans cesse de la faire plier. Vous auriez peut-être vu alors, les liens se resserrer autour d’elle, et lorsque le moment serait venu, vous auriez senti les drames qui coulaient lentement et secrètement dans les veines de son corps. Elle semblait venir d’une autre planète, située entre le son déchiré d’une guitare et la folie d’une musique vous laissant danser sans aucunes retenues. Parfois je la trouvais lointaine, presque froide mais elle était ainsi, d’une amitié sans failles mais cachée derrière son caractère sauvage. Parfois quand elle est là, le monde semble n’avoir aucunes existences et l’humanité toute entière semblait être restée éternellement jeune. Elle tissait peu à peu la fresque imposante d’un univers où se côtoie les étoiles, et la lumière des hommes, une lumière qui se figeait dans le papier glacé des photos qu’elle offrait à nos yeux. Elle avait placé en chacun de nous, l’incandescence des astres de la nuit, et avait fait ressortir le meilleur de nous-mêmes à travers son objectif. La belle est déroutante, et bien trop inexplicable, mais il était certain que rien n’arriverait à lui ôter cette conviction folle d’y croire. Elle avait un air fougueux, et semblait éprise de liberté. Mais au-delà de ces impressions, vous n’auriez pu voir qu’une force indéfectible, voulant à tout prix rester débout, respirer encore un peu, surtout rester libre et insoumise.

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Chakal D. Bibi
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MessagePosté le: Lun 02 Jan 2012, 12:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Elle a l'air vachement flex cette Amélie =) J'ai beaucoup cette allégorie de la liberté, très joli texte, bien tourné et bien rythmé ^^

Juste un truc, j'sais pas si c'était volontaire ou si c'est une 'tite coquille xD :

Citation:
Vous auriez pu la croiser sur une route allemande, tenant du bout des doigts son plus fidèle compagnon, mitraillant la chaleur humaine, et courant à perdre à l’haleine après les volutes


J'aime beaucoup cette phrase, très "Cantatienne", par contre c'est "courir à perdre haleine" simplement. J'trouve la formulation que tu as choisie un peu étrange et elle casse un peu le rythme =)

Mais le texte dans l'ensemble est vraiment cool, good job P'tite Wink

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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Lun 02 Jan 2012, 1:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de ta lecture!

Alors ouais c'était une énorme faute aha, mais en le lisant en plus je disais bien "à perdre haleine" BREF c'est corrigé !
Ensuite j'vois pas trop ce que tu vois de "Cantatien" dans la phrase ... enfin c'est peut-être sur les mots employés genre "chaleur humaine" ?
J'avoue que cette phrase en fait on dirait qu'elle est pas finit... elle fait coupé. Tu vois, j'la voyais pas se terminer sur "volutes" mais du coup là ça donne un effet bizarre... après pour la formulation j'sais pas trop...

Ouaaaais j't'assure qu'elle est top cette Amélie Wink

Edit: Ah mais je ne l'avais pas mal pris hein, au contraire ça m'a fait plaisir la comparaison! Par contre j'avais compris l'inverse pour "la formulation" ... Merci alors Very Happy

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MessagePosté le: Lun 02 Jan 2012, 1:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quand j'dis que ça me fait penser à du Cantat, c'est un compliment, pas une accusation de plagiat ou autre ^^ Juste que j'aurai bien entendu ces mots dans une chanson de Noir Déz et du coup ça m'plait bien mais évidemment ce sont tes mots et ils sont bien choisis ^^ J'aime bien cette phrase, j'ai du mal m'exprimer Very Happy

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MessagePosté le: Mar 10 Jan 2012, 12:45 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, merci à tous.
Voici un petit texte. Alors il n'y a pas que lui, mais il y'a que lui dont je suis fière. J'm'étais lancé dans une série genre description d'émotion des grands compositeurs de musique classique. Là... comme dit plus bas, une sorte de folie...
J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, et il me satisfait un peu XD

Donc voilà, dans la peau d'un compositeur devenant fou.

Vienne.
Dans mes yeux les flammes dansaient, d’une cruauté pécheresse, elles brulaient dévorant le rideau qui laissait passer la noirceur de la nuit. Mon clavecin avait arrêté de sonner sur un la, tout ça donnait le rythme à suivre pour cette grande symphonie de la destruction, dans la cheminée toute mon œuvre fondait en cendres. Un simple étincelle, une toute petite flamme et la ville entière sombrerait dans mes sombres pulsions, ne laissant plus aucunes traces de vie, pas même la raison de ma déraison. J’écris. La Fa, Do mineur, la plume se casse. En moi résonnait l’orchestre, les violons grinçaient, piano... piano… crescendo ! Crescendo ! CRESCENDO ! Encore plus fort et plus vite, les mouvements s’accentuent et les murs se fissurent s’effondrant sur moi. Je frissonne, la violence de mes pulsions m’entraine vers la haine, m’entraine au plus profond de mes ténèbres. Mes insomnies, et crises de délires ont plongé mon talent dans les profondes eaux du Styx, blasphémant chacune de mes compositions. Chaque ligne joue les derniers instants de ma vie, transformant cette course à la gloire en une course vers le désenchantement. Mon sang transporte mes angoisses, l’émotion étrange d’une fascination dévorante, et la haine d’être rien de plus que minable. Voilà que le dégout se joint à la danse, allongeant les fausses notes de ce diabolique concerto, et déjà chantonne le chant de sa faux. J’entends entrer son requiem, il s’approche je le sens... son air pèse, il devient si lourd, et sur les parois de mon crâne glisse son odieux couteau. J’en appelle à toutes les armes, flammes et fléaux, hache et flambeau, aigle et corbeau … venez planter en mon cœur ce dernier souffle chaud, cette dernière larme. Ré majeur, Sol, Sol … Sol. Solitude. Je ferme mon poing, silence, je reprends mes esprits et court éteindre l’incendie de ma folie.

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MessagePosté le: Mar 10 Jan 2012, 10:38 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bon p'tit texte ^^

Commençons par le négatif :

Citation:
sombrerait dans mes sombres pulsions


ça faut le changer, comme j'disais à Saha' sur son topic à textes, ça fait trop Twilight
Laughing

Le positif maintenant,

A partir du Crescendo, j'étais dedans !!! J'sais pas à quel compositeur tu faisais référence donc dans le doute, j'me suis mis la 9e de Beethov' (surtout que j'ai que du Beethov', ma culture Classique étant proche du néant) et j'étais dedans ! Comme l'impression de glisser sur les mesures avec la plume du narrateur =) Et j'pense que cette impression aurait été encore plus grande si tu épaississais un peu ton texte, peut être. J'sais pas trop avec quoi mais j'pense vraiment que t'as un truc flex dans la main et dans la tête et que tu devrais essayer de le développer un peu plus, te lâcher un peu plus peut être, j'sais pas ^^

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Ssk
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MessagePosté le: Ven 13 Jan 2012, 11:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ouaip, c'est ça, j'ai aussi un avis similaire. C'est très fluide et on a l'impression que ce texte se lit tout en mélodie. Pour le négatif, il y a ce que cite Chakal (ça fait très redondant en plus) et j'ajouterai les fautes d'ortho' (même si ça se corrige).

On note une belle évolution, je n'ai pas lu tous tes derniers textes, le dernier étant mon favoris, Souffrir n'avait pas cette fluidité qu'on retrouve dans le dernier, ce qui fait qu'on s'y plongeait moins facilement.
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Uchiha-sasuke-da
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MessagePosté le: Lun 16 Jan 2012, 1:37 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci SSK.

Bon, j'ai mis 4 ans à écrire quelques choses de potable, c'est plutôt un moyen d'exorciser... J'ai écris au sujet de ma grand-mère...
(tant que le texte se comprend, je me fous des fautes... je préviens)

Dans mon sang.

J’revois encore chacune des pièces, et ton corps frêle debout dans l’entrée se tenant là du haut de ces 80 ans. De ta jeunesse, il restait le bleu profond de tes yeux où, si j’avais connu l’histoire plutôt, j’aurais pu y reconnaître chaque fragment. Ces quelques remarques qui fracassent ma tête m’ont plongé dans notre histoire, j’ai essayé de parcourir les chemins où vos yeux étaient déjà passés avant moi. Je pensais n’être qu’une petite-fille comme les autres, mais j’ai découvert la plus belle des richesses, vous. Lorsque je t’ai perdu, tout est subitement devenu con et je n’avais de cesse de vouloir tout savoir de toi, de ce que tu avais vu et vécu. Je voulais qu’à défaut d’avoir osé les mots tabou, je puise t’écrire le plus beaux des éloges, pour cette vie si douloureuse que tu as connu. J’ai cherché désespérément d’où tu venais, comment était ton papa et ta maman, où tu avais pu vivre. Je voulais me rattacher à ce souvenir héroïque, comme pour oublier que plus jamais je ne te reverrais. J’ai même eu envie de croire, j’ai quelques fois osé croire, demandant à ce que cette seconde vie soit belle, t’imaginant dans les bras de ton amour… marchant sur un nuage, amoureux. Le plus dur n’est pas de vivre le décès, c’est de chaque jour construire sa vie sans pouvoir te montrer ce que j’ai été capable de faire, construire toute ma vie sans toi. Quelques fois j’espérais me réveiller, et t’entendre me dire bonjour ou entendre mon père de nouveau respirer. Comme avant. J’aimerais aller lui dire à lui, que j’ai mal, très mal et que j’ai versé plus de larmes dans le silence de la nuit, que je n’ai pu en verser devant lui. Une maman reste une maman, m’a-t-il si souvent dit, tu étais sa maman, et ça l’a tué. J’ai tellement rêvé, j’ai rêvé mille fois que tout n’était qu’un rêve, un absurde et horrible rêve, je te revoyais si belle et si vivante. Alors quand j’y repense, j’ai envie de te donner la plus belle lettre d’adieu, je sais pour la guerre et pour le connard de russe aussi, je sais pour cette belle histoire d’amour et ce mariage sur le quai de gare. Je sais pour ton papa et ta maman, et je sais aussi pour cette croyance folle, j’ai gardé ce chapelet et ce missel, ils sont là autour de moi pour te rappeler à moi. J’ai eu longtemps du mal à mettre ta chevalière, je ne voulais pas tuer la dernière preuve de toi, ton odeur et ta peau qui l’avait pendant si longtemps frôlée. Mais ne t’en fais pas, à partir de maintenant j’écrirais, et je chercherais sans cesse notre passé, pour toi parce que j’ai oublié d’apprendre à te connaître. Dans quelques mois on passera à 4 ans, et lors des 2 ans j’avais écrit la douleur d’oublier la voix, les gestes et les réactions. Mais au fond de moi j’ai l’impression d’entendre encore ta voix, faiblement, mais elle est toujours là racontant un souvenir ou une petite blague… je m’y attache de toutes mes forces, oubliant parfois qu’elle n’est pourtant plus réelle. Je crois que je n’aurais jamais assez de larmes pour cette douleur qui me ronge tout les jours, il faut aller de l’avant comme ils disent, mais beaucoup de choses me retiennent à ce 5 mai 2008. Personne ne le sait, parfois je dis à demi-voix qu’on apprend juste à vivre avec l’absence, mais c’est plus difficile que ça, ça le devient certains soirs. Quand j’y repense, je revis la scène comme si elle venait d’arriver ce matin… Rentrer chez soi, trouver un clan réunit autour de la table. Ne rien penser de peur d'avoir raison. Mais surtout ne pas penser par défaut de s'y attendre. S'y attendre, mais pas ce jour là, pas comme ça. Être entrainer dans une chambre, entendre la voix trouble de papa, rester droite dans le silence. Comprendre, refuser, douter, refuser...Refuser REFUSER. Puis, pleurer. Alors depuis ce jour, je n’ai plus envie de te laisser de côté, je m’en suis voulu d’avoir refusé d’aller te voir certains soirs, et de n’avoir jamais dit que je t’aimais… mais je me rassure en pensant que tu le savais. Je revois encore ton corps posé si paisiblement dans ce lit éternel, tu semblais si calme et tendrement endormit, je te savais déjà avec lui … J’ai d’abord passé la porte une première fois, puis je suis tout de même revenue, tu vaux plus qu’une douleur, tu vaux tout. Je me suis approchée mais par pudeur je n’ai rien dit, je voulais simplement te voir et enregistrer ton visage. Je tenais la main de Laurie, et des larmes tombèrent tout en te voyant disparaître pour un dernier au revoir. Papa envoya un baiser du bout de ses doigts, j’ai reçu un énorme coup au cœur le voyant résigné à te laisser partir. Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, surement pour me guérir de n’avoir rien dit depuis tout ce temps. Parfois je trouve ça injuste, tu avais l’air si bien et pleine de vie courant partout et riant aux éclats. Tu te souviens de l’été 2007 à Chaturanges ? Qu’est ce qu’on avait ri ! Et les parties de cartes, tu retrouvais ton chez toi, ce village où tu avais passé beaucoup de temps. Récemment, j’ai retrouvé une photo, toi debout ta cigarette à la bouche et une autre où tu embrasses tendrement papi… Je te revois les soirs buvant l’apéro, toujours un verre de whisky, le docteur disait que c’est bon pour les artères, pas vrai ? Tu avais cette liberté, je n’avais rien vu à l’époque, mais tu étais en réalité plus libre que personne. Ce whisky, cette cigarette, ils avaient le gout de la rébellion, tu n’étais pas comme les autres. En réalité, on ne mesure l’amour, que lors qu’on ne l’a plus chaque jour. C’était devenu une habitude, mais la réalité était toute autre c’était plus que cela, un privilège comme une chance. J’apprends à construire et avancer tout de même, au-delà de la distance l’émotion reste la même, et si je dois combattre la peine, je n’oublie pas que dans mon sang il y a tes gènes.

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MessagePosté le: Lun 16 Jan 2012, 10:35 am    Sujet du message: Répondre en citant

Hé bah...Très beau texte P'tite, très émouvant. Pour le coup, t'écris vraiment avec tes tripes plutôt qu'avec ta tête et ça renforce encore plus l'émotion présente dans chaque phrase, chaque mot même.

Ouaip,
émouvant.

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MessagePosté le: Jeu 19 Jan 2012, 12:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci beaucoup.
Bon là j'ai fait gros, en fait j'avais l'idée en tête et certains détails étaient très clairs dans ma tête alors je l'ai mis à l'écrit. Voici une petite histoire.

Double moi.

J’étais en train d’ouvrir les yeux, le soleil pointait à travers les rideaux, et le réveil affichait 7h45. Les étirements, et autres postures improbables finis j’ouvris définitivement les yeux, le plafond était toujours aussi blanc, comme hier et surement comme demain. J’avais appris à m’habituer à cet environnement, des choses simples dans une vie simple, de la banalité quoi. Mais subitement, le son abaissé de la télé me fila un léger frisson, j’étais pourtant sur de l’avoir éteint. J’avançais alors jusqu’au fond du lit, histoire de rapprocher mon oreille de la source sonore, la voix qui en venait était semblable à un dessin animé. Perdue pour perdue, je me suis avancée jusqu’au salon et là, le spectacle fut … surprenant. Dans mon canapé, devant ma télé, se tenait un p’tit bout de gamine, elle fixait l’écran sans rien dire ou faire. A peine avait-elle remarqué ma présence. Ne me sentant pas menacée, j’osais « Qu’est ce que tu fais ici ? T’es qui ? » La seule réponse que j'obtenu fut déroutante…. « Tu le sais déjà ». Encore surprise par cette désinvolture, je continuais d’avancer presque apeurée par ce que je verrais sur son visage. Et là, le choc, inévitable et bouleversant, le siège derrière moi était pour le coup à la bonne place. Elle était moi, parfaitement égale à l’enfant que j’étais, la blondeur des cheveux, et l’air endormit qui me collait au visage toute la matinée. Ma première pensée se dirigea vers un rêve, très réaliste certes, mais un rêve tout de même. « Et non, tu ne rêves pas. », mon seul réflexe fut de lâcher un « Mais je t’ai rien d’mander, merde. », « c’est comme tu veux ». Un rêve, voilà où j’étais. Je me pinçais afin de vérifier l’information « Aiiie », merde. Il fallait que je trouve un moyen de me réveiller, c’est tout de même fou de se retrouver bloqué dans un rêve … Soudain, l’absence de Milo me frappa, il est toujours là d’habitude, prêt à me sauter dessus quand je me lève, mais là personne pas un bruit. « Milo ! Milo vient mon toutou ! » Je commençais à parcourir la baraque dans tout les sens, regardant dans des coins improbables. « Te fatigue pas, il ne viendra pas. », « je t’ai rien demandé, je t’avais déjà rien demandé quand je t’ai trouvé affalée dans mon canapé… merde saloperie de rêve. ». J’étais à la fois paniquée, mais aussi énervée d’être perdue subitement dans un tourbillon de doute… c’est vrai quoi, me retrouver face à mon moi petite était totalement impossible. « De toute façon, même s’il voulait il ne pourrait plus venir… hihi ». Je continuais de marcher, mais la remarque de la petite me fit réagir « Qu’est ce que tu veux dire ? … Parle ! », « Je veux dire que je m’en suis occupée, et tu n’auras plus de soucis à te faire. » Plus de soucis à … me faire ? Je passais de la colère, à une sorte d’angoisse électrisante... « Qu’est ce que tu lui as fait ? Où il est ? » Je suivis du regard son regard, et tout en courant je découvris le corps sans vie de mon chien … mon petit toutou, mon amour … La crise d’angoisse devint de colère, je voulus lui sauter dessus pour lui tordre le cou… mais elle avait subitement disparue. Sans attendre plus, je partis pour le vétérinaire, espérant sauver mon compagnon à quatre pattes, réalisant que le rêve était bel et bien fini depuis 7h45, heure à laquelle l’enfer avait commencé.

Je jette la dernière pelleté de terre, les larmes ne cessent de couler et je n’arrive pas à réaliser. J’espérais vraiment que je vivais un rêve un peut trop vrai, le matin avait commencé comme les autres, et même si mon quotidien m’ennuyait je ne rêvais pas d’un changement aussi sinistre. J’étais submergée par des sentiments confus, je voulais être en colère et exploser chaque particule de cet univers, mais j’étais épuisée… presque détruite. Et je ne veux que m’étendre au sol en laissant passer les jours, mourant peu à peu dans ma solitude. Au plus profond, se dressait un autre sentiment, quelque chose de grave et très effrayant. Des pulsions violentes, presque jouissives qui font de plus en plus entendre leur voix… elles m’appellent et je les écoute. Son visage est resté figé dans mon esprit, j’entends encore son rire résonner et j’ai l’envie dévorante de la poursuivre, de la trouver et de la torturer… de lui faire comprendre la douleur, elle serait moins fière après. En rentrant dans le salon, l’angoisse de la retrouver à la même place me saisit, mais elle n’était pas … pas encore pensais-je. « Je ne voulais pas … » elle sanglote « je … je … il aboyait et moi … j’avais peur … alors je l’ai tapé… mais je … » Mon sang se glaça, et je la cherchais des yeux, prête à lui enfoncer le couteau que j’avais attrapé, au fond du cœur. « Qu’est que tu me veux ! POURQUOI TU M’AS CHOISI MOI ? Je vous ai rien demandé … approche toi salope, ose venir … », « Tu as oublié ce qu’on a fait, je ne suis pas la seule coupable ! » Le silence dévora rapidement toute la pièce, elle était accroupie dans le coin, près de l’entrée… et venais de faire surgir un souvenir que j’avais oublié. Je revois le chien au sol, je pleurais si fort … et … je tenais le couteau … « En fait, ce n’était pas toi... nous qui l’avions tué, mais je devais faire resurgir ce souvenir. Tu veux bien te poser une minute, et accepter d’être ici avec moi, enfin toi… » Je m’exécutais, comme un enfant sage et obéissant. Mais je fus rapidement happée par les hurlements de mon chien, arrivant en trombe et sautant violemment sur le fauteuil… « Mais … je l’ai… », « Non, il est là, tu vois. ». Bouleversée par la chute émotionnelle, je ne pus retenir mes larmes succombant à la joie de ne pas connaître la douleur de perdre quelqu’un. « J’ai raté mon arrivée, mais je suis bien là et tu vas devoir me supporter… reprenons au début, tu mérites une meilleure rencontre. Bonjour, je suis toi ouais je sais c’est bizarre et surréaliste mais je suis là faut faire avec. Je suis aussi surprise que toi, je ne comprends pas trop ma présence, mais au lieu de péter un plomb apprenons à vivre ensemble. ». « Bah voyons, je vais faire causette avec un … truc… qui se dit être moi, mais dans un monde normal ce genre de chose n’arrive pas ! Tu viens de buter mon chien et de le ressusciter, et tu veux qu’on fasse amie-amie ? Écoute c’est super, la blague est bien réussie, maintenant casse toi d’ici ou j’appelle la police. », « Attends, attends, j’ai 8 ans mon principal soucis c’est de réfléchir aux jeux auxquels je vais jouer quand je rentrerais de l’école… », « Je vais dormir, demain je vais à l’hôpital. »

Depuis que j’étais réveillée, aucuns signes de sa présence et tout semblait être revenu à la normale. Milo était là à mon réveil, le plafond était aussi blanc qu’hier et c’était le même soleil qui m’avait tendrement réveillé ce matin. Je partais donc pour mon rendez-vous médical, depuis l’accident de voiture j’avais déjà passé plusieurs radios afin de vérifier l’état de mon épaule. Mais aujourd’hui apparemment c’est pour une sorte de bilan, une dernière vérification mais bien détaillée. J’étais dans la voiture, et pour une fois cette histoire de double-moi m’importait peu, je ne l’avais pas revu depuis hier et ça m’allait très bien. Je n’osais me poser aucunes questions, je n’avais pas envie de me choper une migraine. J’arrivais à l’hôpital, ils avaient eux aussi l’habitude du blanc et bizarrement ici le blanc m’effrayait horriblement. A chaque fois que je passe la porte, j’ai l’impression de voir partout des clowns te conduisant à la mort ou faisant mumuse avec tes organes, et puis les hôpitaux c’est jamais bien sain. « Bonjour mademoiselle Laurans, veuillez entrer je vous prie. » ; « bonjour docteur », « bon pour faire court, j’aimerais vous faire passer un IRM, vous pouvez attendre jusqu’à 10h ? La machine sera disponible, c’est rare et ça vous éviterait de prendre un autre rendez-vous. », « Bien sûr, je vais attendre… dans le couloir ? », « Non vous pouvez rester ici, tenez un peu de lecture. Je reviens dans 20 minutes. ». Je me retrouvais seule, et prolongé dans ma lecture je ne vis pas le temps passer lorsque le bruit de la porte provoqua en moi un léger sursaut. « Vous êtes prête ? ».
Midi sonna dans le hall de l’hôpital, je sortais enfin de se lieu morbide. Et comme une mauvaise journée ne s’arrête pas si vite, elle était là. « Ils t’ont dit quoi ? », « Rien. » je continuais mon chemin comme pour lui faire comprendre de me lâcher. Je commençais à me croire folle, ou alors j’étais peut-être comme Melinda (ghost whisperer), capable d’avoir des liens avec des fantômes ou forme dérivée des fantômes. « Bon, en rentrant on va discuter ». Après m’être garé dans la rue, je rentrais pour enfin dialoguer avec ma morveuse…
On s’installa sur le lit, comme pourrait le faire deux sœurs. Elle me caressait les cheveux, même si je trouvais ça malsain je laissais faire, on avait des choses à ce dire. « Tu es fière de ce que tu es devenue ? », « T’es moins blonde que moi, mais tu es jolie et tu ressembles à maman… » J’aurais aimé lui dire la vérité, raconter comment on l’a perdu mais elle m’apparaît si fragile, si jeune… si enfant. « Et toi, tu es toujours l’amoureuse de Gaëtan ? », « Ah oui, Gaëtan. Erf pas vraiment, mais il est resté près de moi pendant longtemps. T’en fais pas, il restera là pendant longtemps encore. » « Tu l’aimes encore ? » « Parfois oui, enfin je suis plutôt amoureuse de l’époque, j’étais heureuse et rien ne me semblait impossible. Je me promenais dans la vie comme on marche dans la rue, sans réfléchir mais avec une passion folle. On partait en vacances partout, avec nos amis et la vie avait des airs de rêves, de putain de rêves. » J’allumais une cigarette. « T’es vulgaire, et en plus tu fumes !!! », « Quoi tu vas tout dire à maman ? » j’ai sorti ça comme je l’aurais sorti à ma petite sœur, me moquant de son côté cafteur. On rigolait, comme une fille et sa mère, comme des sœurs, comme une fille parlant à son soi enfant. Je commençais à apprécier cet instant, il ne me paraissait pas faux et au contraire il sonnait comme une réalité déroutante et frappante de vérité.

J’ouvrais peu à peu les yeux, la sonnerie du téléphone me tira péniblement de mon sommeil, et j’entendis une petite voix encore endormie me dire « C’est quelle heure ? », je ne répondis pas et pris le téléphone. « Mademoiselle Laurans, pourriez vous venir le plus rapidement possible s’il vous plait ? J’ai les résultats de votre IRM, et il faut qu’on parle. ». Sur le coup je commençais à craindre pour mon épaule, c’est vrai que j’ai tout de même quelques douleurs parfois, mais elle ne semblait pas si « abimée ». Tout en courant partout, je m’habillais et partis pour l’hôpital revoir ce bon vieux docteur. « Je reviens vite, reste là si tu veux. » Sur la route, j’écoutais gaiement la radio, allant même jusqu’à chanter très fort, j’étais de bonne humeur et la présence de la gamine ne me terrorisait plus, au contraire. Depuis qu’elle était là, une sorte de douleur invisible avait disparue, du moins elle disparaissait de plus en plus pour n’être plus qu’un petit tapotement dans ma tête. Elle avait envoyé valser la solitude, et même si elle était parfois encore troublante, j’aimais bien l’avoir ici, me revoir m’a ouvert les yeux sur la nécessité de vivre. Lorsque, de nouveau je franchis la porte du bâtiment, j’imaginais de nouveau les mêmes clowns dansant autour de moi pour m’entrainer avec eux vers la torture de mon âme, je les sentais me regarder… de partout. Le docteur était là, son visage était tout déformé et très sombre, presque triste. J’entrais d’abord dans le bureau, et lorsqu’il me regarda droit dans les yeux, j’ai senti un froid immense passer entre mes côtes. Je m’enfonçais dans le fauteuil, histoire de disparaître dans le décor, ainsi ces yeux pesants oublieraient ma présence et il s’en irait sans un mot. Oui voilà, je vais disparaître dans le sol, et être oubliée. « Mademoiselle, je dois dire que ce n’est pas facile pour moi de vous dire cela. L’IRM a mit en évidence un problème qu’il va falloir très vite traiter. », « Quoi, mon épaule est si mal en point que ça ? Mais vous aviez dit que ça allait mieux ! ». « Non, non votre épaule va bien. C’est un autre problème. » J’avais envie de le mettre sur pause, vous savez comme avec une télécommande, et j’aurais pris le temps de réfléchir quelques secondes, histoire de voir où il veut en venir. Mais je l’écoutais débiter ses conneries, j’essayais de capter un signe, un petit écart lui faisant avouer plus rapidement. D’autant plus que je commençais à voir des petites libellules lui tourner autour, c’était insupportable. Alors que j’essayais de les chasser par un mouvement de main, la sentence tomba comme la lame d’une guillotine. « Mademoiselle Laurans, vous avez une tumeur cérébrale » D’un regard apeurée et foudroyant je tournais la tête vers l’entrée, elle était là appuyée contre le mur et me dit « Mais tu le savais déjà, pas vrai ? »

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MessagePosté le: Jeu 19 Jan 2012, 5:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Sympa comme histoire xD xD J'ai beaucoup aimé l'idée générale, c'est bien écrit, fluide toussa.

Par contre, encore une fois, j'trouve que ça manque de détails, de précisions, comme pour l'arrivée de la môme, on ne sent pas assez la surprise de l'héroïne, t'vois l'truc ?

J'ai bien aimé la chute aussi, je m'attendais à un truc dans l'genre mais moins bourrin quand même xD

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MessagePosté le: Lun 23 Jan 2012, 12:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ouais je comprends tout à fait. Merci de ton commentaire Smile
J'ai du mal à rebosser mes textes, du coup je pense pas le retoucher... surement bête mais l'inspi je l'ai lorsque j'écris et c'est rare que je retrouve assez d'inspi pour retoucher un texte assez longtemps pour l'améliorer.

En attendant, deux autres textes. Voici celui que j'ai fait ce soir, il est plutôt court car je ne connais pas assez la vie du peintre, mais je voulais faire une sorte de réflexion... On capte une scène, on brode un peu autour et on revient à cette scène...

Lautrec.

Assis dans le café, face à son verre d’Absinthe, il échange des regards avec les femmes peintes sur ses tableaux. Derrière le pinceau c’est la vie qui se déchire, celle de ces femmes faites de bas, nues et sans désirs. Il dessinait des corps usés par les dangers d’une vie vouée à l’amour physique. Parfois elles étaient pudiques, et se cachaient délicieusement sous les robes trop fragiles, pour tenir toute la nuit sur leur corps tant désiré. Et d’autres étaient plus libres, et sous ces yeux de provincial se déroulait la nudité, certaines offrait toutes leur intimité aux yeux du peintre. Il était devenu parisien, vivant sur les banquettes de cafés de Montmartre, et dans les grands cabarets de la Bute. Il était l’âme de Montmartre, ses peintures devenaient les contes d’un monde, parfois ailleurs qu’était cette vie stimulante dans les nuits parisiennes du Moulin Rouge. Chaque femme, chaque soir étaient par sa spontanéité, une nouvelle source d’inspiration pour les pinceaux du maître, pour la passion de l’homme. Il venait d’ailleurs, d’un ailleurs où les villes semblaient n’être que des tristes campagnes, mais la ville de lumière où sortir de l’ombre devenait une évidence, reflétait un univers où les misères sont voisines et compagnes. Et puis, il croisait la route des légendes, parfois on lui offrait même l’honneur de les peindre, de les représenter dans un mouvement devenant la marque de fabrique, du petit gars de province. Fragile parmi les fragiles, il avait voué sa vie entière à son art, à sa peinture et ses illustrations dans « le rire », dans un Paris qui commençait une nouvelle vie. Sur les parquets vieillissants des cabarets, apparaissaient les danseuses de french cancan, La Goulue devint la danseuse excentrique star du tout Paris. Alors fleurissaient partout les affiches du peintre, les spectacles étaient annoncés par la pointe du pinceau de cet infirme dévorant les démons de la vie. Il était assis sur le tabouret d’un café en face de son verre d’absinthe, auquel il plongeait en plus la douceur du cognac. Et il restait là pendant des heures, dévoré par les plaisirs malhonnête et les déboires, le visage marqué par les excès, et délaissant les pinceaux pour la gloire des démons que Paris lui avait appris.

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MessagePosté le: Lun 23 Jan 2012, 3:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne connais Lautrec que par sa réputation de soiffard lubrique donc j'pige pas les références à ses oeuvres mais c'est un bon texte en tout cas qui, pour le coup, n'a pas besoin d'être épaissi, ça se lit et se comprend très bien comme ça.

Y'a aussi d'la bonne phrase, genre,

Citation:
Il venait d’ailleurs, d’un ailleurs où les villes semblaient n’être que des tristes campagnes, mais la ville de lumière où sortir de l’ombre devenait une évidence, reflétait un univers où les misères sont voisines et compagnes


ou

Citation:
Alors fleurissaient partout les affiches du peintre, les spectacles étaient annoncés par la pointe du pinceau de cet infirme dévorant les démons de la vie.


J'aime bien l'idée qui ressort de la 2e citation, comme quoi le mec pense pouvoir se laisser aller au jeu de la boisson tout en restant maitre de la situation pour finir par se faire bouffer lui même à la fin

Citation:
le visage marqué par les excès, et délaissant les pinceaux pour la gloire des démons que Paris lui avait appris.

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MessagePosté le: Lun 23 Jan 2012, 10:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hey, bah merci mon bon Jimmy.
J'suis contente qu'il te plaise, Lautrec est un peintre sympa je le trouve touchant... mais le pauvre n'avait pas une vie facile (enfin.... ça dépend du point de vue).


Bon pour répondre à ta contrainte de "l'attente", je suis partie sur une idée de texte que j'avais eu y'a un ou deux ans. Et je l'ai couplé avec l'idée dont je t'ai parlé hier :p
Bref ça a donné ça.

Tant de fois j’étais à l’heure et prêt pour vivre ce nouvel instant à ses côtés. Elle était chaque fois plus belle. On se voyait à raison d’une fois par semaine, j’aurais aimé la voir plus souvent, mais je me contentais de ce temps si bref et pourtant intense à chaque fois. Chaque semaine, je l’attendais sur cette même chaise peut confortable, entouré de ces mêmes murs pâles et sans âme. Nous nous connaissions depuis plusieurs mois, et peu à peu elle apprenait tout de moi, j’étais obligé de lui raconter ma vie pour qu’elle la comprennes, je devais tout lui dire. Je n’avais pas que des belles choses à dire, même plutôt des noirs secrets, le genre à pas s’en vanter surtout lorsqu’on sait d’où je reviens. Mais j’attendais impatiemment de la revoir, pour à nouveau me sentir autrement qu’un montre aux yeux d’une femme, elle s’intéressait à moi pour mon tout et non pour mon physique ou mon humour. Quelques fois, elle était absente, je me retrouvais seul à errer dans la ville comme un homme qu’on a délaissé, mais je ne lui en ai jamais voulu, car son sourire et sa gentillesse brisaient toutes les déceptions. J’étais de nouveau sur cette chaise, comme tout les mardis depuis 7 mois, 7 mois où le sentiment interminable de l’attendre m’apprenait à me réjouir des moindres secondes durant lesquelles nous étions l’un à l’autre. Une heure exactement, une seule heure par mardi depuis 7 mois. J’avais lu tout les magazines qui étaient à la disposition des personnes qui attendent, comme moi, connaissant sur le bout des doigts les moindres secrets de beauté pour garder une peau saine et en pleine santé. Une peau de femme voyez vous, et quelle peau ! La sienne était légèrement bronzée, et on pouvait y voir plus de beauté que dans les somptueux palais des milles et une nuit, laissant apparaître les traits fins d’une princesse orientale. A force de me repasser sans cesse son visage, le désir d’être avec elle grandissait à mesure que l’attente se réduisait, j’allais pouvoir de nouveau la voir de plus près … Là où j’étais avant de croiser son chemin, j’avais appris à attendre, pour manger, pour pisser et pour marcher un peu. Attendre, et devenir fou aussi, même si plusieurs fois on m’a affirmé que je l’étais avant d’arriver. J’avais du lui parler de tout ça aussi, de la vie réglé comme du papier à musique, des libertés qui n’étaient que dans les cris venant de l’extérieur, et de la solitude qui devient forcément la plus fidèle compagne. Et pendant toute une vie, j’ai passé mon temps à attendre, sans que rien ne vienne, sans que quoi que ce soit se passe. Alors aujourd’hui, lorsque j’attends, lorsque je suis de nouveau seul au milieu d’autres solitudes, je pense à ces mouvements qu’elle apporte ce mardi, pendant une heure. Je me prépare à vivre, et l’attente devient l’instant, je le vis et revis sans cesse, jusqu’à qu’elle ouvre la porte. Je peux alors admirer ses longues jambes masquées par la jupe noire qu’elle porte, ses yeux m’appellent à eux. Elle était bien trop belle, pour la si moche vie que j’ai à lui offrir mais qu’importent les rêves, ils valent le coup d’être rêvé. Les autres, qui venaient aussi me dévisageaient, je n’étais que le monstre que chacun voyait à tout les coins de rues, et on me fuyait comme la peste. C’est vrai, mon passé n’avait rien de glorieux, il était même froid, glacial me laissant une réputation sanguinaire. J’étais aussi connu pour eux, qu’ils m’étaient inconnus. Aujourd’hui j’ai retrouvé l’ambiance calme et douloureuse de la froideur de mon domicile, j’y côtoie de nouveau mes démons, mes angoisses à chaque heure. Mais je suis ici pour attendre, pas les mêmes choses, et certainement pas par les mêmes espoirs. Mes mains souffrent des liens qui les retiennent, et les courants d’airs ont délabré ma santé physique, je suis devenu comme le fantôme de mon être. Les maladies allaient et venaient paralysant peu à peu tout mon corps, ne gardant que des souffrances horriblement douloureuses. A quelques mètres de moi, se tiennent des dizaines de personnes, elles parlent et je peux entendre ce qu’elles disent, malheureusement pour ma curiosité. Elles me regardent comme un loup en cache, comme une bête sauvage qu’on aurait attrapé afin d’en faire des milliers de morceaux. On me traite de danger, m’accordant divers adjectifs plus que révélateur, l’inhumain, le barbare, le malade… Mais elle n’y voyait pas ça, elle m’aimait et je l’aimais si fort, si fort … fort. Je l’aimais si fort que j’ai tout fait pour qu’elle reste un peu plus, encore un peu plus, toujours un peu plus. Mais elle n’a pas voulu, prétextant une limite entre son boulot et sa vie, mais elle était devenue ma vie. C’était trop tard, le charme s’était brutalement rompu. Et j’ai brutalement rompu ses charmes. La femme que j’attendais, c’était ma psy. « Nous vous déclarons coupable d’homicide volontaire », l’attente était finie.

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MessagePosté le: Mar 24 Jan 2012, 10:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Haha !! Pas mal du tout !

Bonne chute, bien amené, au fur et à mesure. Tu prends aussi ton temps pour esquisser ce qu'il faut ton narrateur, juste ce qu'il faut pour qu'on se fasse une idée du bonhomme, c'plutôt cool =)

Good job Wink

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MessagePosté le: Ven 27 Jan 2012, 9:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci merci Smile Encore que j'ai un peu trop fait tomber rapidement la seconde attente... enfin je trouve, mais il est bien comme ça aussi c'est sur.

Alors, ces temps-ci je suis productive et je vous sort du nouveau ...

Voyage sicilien, ou comment un film vous fait prendre conscience. (2)

Lottare, era ieri e sara domani.*

En arrivant à l’aéroport de Turin une petite crainte me parcourra. Faut dire que je n’avais jamais pris l’avion, et que je me trouvais bien plus rassuré à l’arrière d’une voiture, regardant à travers les vitres, le décor qui peu à peu défilait sous mes yeux. Mais je devais me rendre à l’évidence, dans moins d’une heure j’allais mettre mes pieds dans un avion, qui roulerait d’abord mais finirais pas décoller. Je montais l’escalier reliant le sol à cet oiseau de fer et de … fioul, je n’aurais plus le droit de reculer. Je m’installais au siège que mon billet indiquait, par malchance j’étais côté couloir je ne pourrais donc pas admirer les mers de nuages que le ciel m’offrira. J’ai demandé un chewing-gum, il parait que ça évite quelques soucis pendant le décollage. Lorsque l’oiseau déploya ses ailes, le sol s’éloigna et tout ne devient que de l’infime dans le néant, les détails devinrent simple couleur et le ciel devenait notre sol. Les nuages narguaient les hublots, cachant peu à peu ce qu’on aurait pu voir, comme pour nous faire oublier la distance entre nous et les hommes. Mais si je vous parle de cette expérience, ce n’est pas tellement pour parler d’avion, de vol et de crainte. Aujourd’hui j’ai encore une fois affiné ma passion pour ce film, pour cet homme, I cento passi sont encore passés par là.
Je me souviens clairement de la descente, l’avion commençait à rejoindre la terre ferme et sous nos yeux apparaissaient la mer. Puis dans un large virage, l’avion se plaça près à atterrir sur cette piste plongeant presque dans la mer, l’oiseau de fer se retrouvait entre la mer et les montagnes grandioses de Cinisi. Et oui, Cinisi, qui l’aurait cru ? Le monde s’était cruellement battu sur le même sol ou mes pieds venaient de se poser, et partout l’air était la même. Un peu de senteur marine, venant des quelques mètres qui me séparaient de l’eau, c’était dangereux enfin je n’y pensais pas, trop occuper à admirer ce Nouveau Monde, la plat de la mer à perte de vue et les portes de l’île que les montagnes tenaient farouchement fermées. J’étais venue pour pousser la porte, et voir du pays comme on dit.
Flashforward, salle de classe un sale vendredi avec un sale temps. Quelqu’un est déjà allé en Sicile ? Bien sur ce quelqu’un ne peut être que moi. Tu as atterri où ? A Palerme… Bah tu as atterri dans un aéroport mafieux. Bah voyons, moi petite fillette française j’ai posé mes pieds sur le béton corrompu de Punto Raisi. Et après ? J’aurais quand même pris cet avion, les choses sont là, on ne peut plus rien y faire... je ne vais quand même pas faire cramer l’aéroport. Bref, ça m’a tout de même secoué pas parce que j’avais atterri là-bas, mais plutôt parce que je suis passée à quelques mètres des lieux. Pourquoi personne n’a rien dit ? Le silence est plus simple à conserver, c’est vrai qu’après ça beaucoup de questions auraient coulé, omertà quand tu nous tiens. Et inévitablement le sujet tabou aurait débaroulé sur la table, mettant tout le monde mal à l’aise. Bref silence radio, oh il y a bien longtemps qu’Onda pazza n’a pas résonné dans cette immensité d’eau salé et de sang impur. Cinisi était là, quelques part sous mes yeux qui voyaient à chaque seconde apparaître un nouvel air de Sicile, j’y sentais le linge pendant aux fenêtres, le rire des enfants dans les rues désertes et le souffle chaud du vent apportant le bruit faiblissant des vagues contre les rochers. La voiture était bruyante, mais en mon cœur le silence dansait sans aucunes lois, il était là apaisant les fracas stupides d’une vie encore trop jeune pour se sentir partir. Jamais rien encore, n’avait eu cette couleur si profonde, aucun lieu n’avait offert si beaux trésors. C’était presque triste d’admirer une grandeur si petite, et d’y voir les milles et une merveille du monde entourées d’une douloureuse histoire. Mais dans ce genre de situations, il vaut mieux se taire, allez fermons les yeux.


* Lutter, c'était hier et ça sera demain.

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Bonsoir, alors je rajoute un petit texte par ici!

Mais avant de le lire, je veux juste donner la définition de son titre:

"Une cantate (de l'italien"cantata" participe passé substantivé du verbe "cantare", "chanter") est une composition vocale et instrumentale qui comporte plusieurs morceaux. Elle porte généralement sur un thème qui peut être profane (cantata da camera) ou sacré (cantata da chiesa), mais à la différence de l'opéra, elle ne comporte aucun aspect théâtral." (wiki)

Voilà, j'vous laisse comprendre par vous même Wink

Ma Cantate.

Je me dois de vous conter quelques histoires, et peut-être alors votre oreille entendra la musique, réveillant à vos yeux les pâles figures de la vérité.

1989, oui vous y étiez, palpitant devant la chute violente de se rideau coupant tout un monde en deux, et ne laissant que la crainte d’une mort quasi évidente. Pas moi. Mais je vais tout de même vous rafraichir la mémoire, ça ne fait de mal à personne au contraire. Devant votre écran en couleur, vous attendiez que le monde implose, quelques part sur votre chaise au milieu de vos chers 4 murs, ou au chaud dans vos lits. Ouais, pas très ancré dans la réalité tout ça, mais baste vous viviez comme les quelques autres milliards d’hommes de cette planète, assis sur un tas de bombes prêtes à vous exploser à la gueule. Mais la vraie bombe n’était pas dangereuse, et lorsqu’elle fracassa votre écran, ça vous a vulgairement laissé sur le cul. Pour la première fois depuis des lustres, une chanson avait du sens, et même plus pour le prix d’un vous aviez deux sens. Oh bien sur vous n’y avez surement vu que le premier, une histoire de marins pommés dans les vastes eaux de notre planète. Et puis parmi vous, oh pas beaucoup pas beaucoup, certains ont rapidement croisé les lignes poétiques qui ressortaient de cette dangereuse et ensorcelante mélodie de la mélancolie. Comme beaucoup avec lui, les astres chantants de notre monde s’étaient brulés les ailes au fil de leur vers. Alors que votre monde s’écroulait, pour un peu plus d’ordinaire, le leur commençait à peine à se construire. A croire que partout se croisent les grâces et désenchantements de l’humanité.

Deuxième histoire. Vous avez grandit, et eux aussi mais pas exactement pareil. S’en est fini du collier africain et du noir autour des yeux. Les choses sont bien trop graves pour n’être que comme monsieur tout le monde, et le spectacle commença. Alors que les jours s’en vont, rien ne demeure et peu à peu les aires prennent un vent de colère. Ici fleurit les notes rageuses d’un porte-parole de la jeunesse française, là ne continue que la longue décadence de notre vieille terre. Derrière les images d’une humanité qui vit pour elle-même, les quatre enfants de Bordeaux donnent de la voix pour réveiller les quelques braises révolutionnaires dormants aux pieds de l’allégorie républicaine. Marianne s’ennuie, et n’a plus l’envie d’entrer dans la danse.Qu'à cela ne tienne ! Peut-être qu’un jour en France, les choses changeront et que ceux qui se battent seront entendus à leur juste valeur. Les mélodies n’étaient pas résignées, et lorsque la scène s’enflammait à la lueur de l’étincelle incandescente du Maudit, naissait un brin d’espoir, un toussotement de sursaut, un désobéissant goût de la conviction.

Troisième histoire. Le siècle s’était éteins depuis longtemps pour en laisser briller un nouveau, pas assez de temps pour trop d’enjeux argentés. Mais la galaxie musicale avait encore des ressources, qu’importe d’où le vent souffle, il est toujours le même pour raviver les braises d’un feu depuis trop longtemps en voie d’extinction. Le vent nous portera qu’ils disent, à les entendre tout est bien facile à vivre. Vous faites fausses routes Brebis égarées, ce n’est pas un laissé aller à subir les fracas de la vie, non c’est un courant d’air chaud, une brise matinale qui réanime les idéaux de la justice planétaire. Lorsque vous décidez d’y aller, de partir et conquérir les dernières réticences intellectuelles, c’est le chant que l’on partage, c’est cet air pur qui nous porte. Parfois il suffit d’avoir osé entendre le culot d’un seul pour en pousser des milliers, l’idiot en fait des armées, l’idole en fait une fraternité. Lorsqu’on adhère à la musique, qu’on en fait la raison d’une vie, qu’on lui octroie le droit de construire et détruire son morale, ce n’est pas juste de la musique, c’est une croyance. Et la magie opère lorsque dans le flot d’une immense marée humaine, la croyance est le lien qui enlace chaque individu.

Et parmi toutes ces histoires, il y a moi. J’ai découvert le talent des hommes, parfois je me demande si les études littéraires n’ouvrent pas les yeux à la beauté des mots, même dans les chansons apparemment, les plus banales. Il parait que les chanteurs sont les poètes modernes, chantant simplement les vers que les muses ont murmurés à leurs oreilles. Mais en réalité, peu d’entre eux le sont, au contraire rare sont les poètes chantants, les conteurs de la vie ou l’Homère d’Ulysse. Aujourd’hui tout le monde chante, mais qui écrit ? J’accorde une gloire immense aux chansons, leur donnant la vertu thérapeutique de guérir les maux de toutes personnes, et ouvrant les yeux à la vérité. Mais derrière les chansons il y a les hommes, il y a cet homme. Inspiré et inspirant, vivant des les vapeurs poétiques d’un Morrison autel, nourrit des plus belles lettres françaises et des plus profondes noirceurs de l’Homme. Il y a toujours un goût de sang pour créer un coup de cœur, bam bam, bam bam. Vous l’avez toujours croisé sur les longues autoroutes du marché du disque, parfois de force souvent par espérance. Espérance d’arriver à montrer les injustices et malfaçons des sociétés humaines, où les télés servent ceux qui les fabriquent. Dans un monde parallèle se déploie sa monstrueuse inspiration, parait que le succès vient à celui qui peut toujours être ailleurs, et que « le poète doit se faire voyant ». Peut-être est-ce là la solution, certains mieux que d’autres s’ouvrent à la force des mots, et par un miracle presque mystique s’ancrent violement dans les âmes des fidèles mélomanes. L’homme est un poète, un alchimiste des mots, un volcan prêt à cracher sa lave sur les faces cachées de notre monde, mettre en lumière. Et puis il y a la mobilisation pour les autres, parcourir les frontières effrayantes de misère, et de solitude humaine. Les combats les plus douloureux ne sont pas ceux qu’on fait pour soi, ce sont ceux pour les autres qui ne marchent pas. Dans cette histoire, il y a moi, mes écouteurs qui pour longtemps me relient à la voix, aux percussions et au ronronnement des guitares, comme un fil invisible entre mon cœur et le sien.

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MessagePosté le: Mer 01 Fév 2012, 7:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le premier texte est sympathique, tu es dans la très bonne continuité de ce que tu avais présenté la première fois sur l'Italie et j'ai une fois de plus apprécié le voyage =)

Le deuxième, là...Chapeau bas =) Très bel hommage à qui nous savons, m'en suis douté sans certitude en voyant le titre ^^

De très belles tournures de phrases, des références aux chansons très bien placées et le p'tit jeu d'mot avec Morrison autel très bien trouvé Wink

Bref j'adhère et j'adore Wink

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MessagePosté le: Jeu 02 Fév 2012, 6:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Yeah, c'est bien lui ! ça vaut mieux que mon côté fangirl du précédent hein Wink

Alors tout comme Chakal, la contrainte du petit poème sur la censure.

Les Pêcheurs de la pensée

Derrière les longues grilles de ce grand échiquier
Les bras alourdis de ces tristes criminels supplient
Mais la meute a déjà brutalement lancé l’Autodafé
Dans la chaleur disparaît le cri de la feuille trahis

Elle entre peu à peu, rampant sur la rive libertine
Marchant sereinement dans les dérives humaines
Sans un bruit c’est l’inspiration que l’on assassine
Dans les sillages de cette liberté donnés à la haine

Mais dans les paroles nouvelles de l’esprit éclairé
Aube d’une lumière dérangeant la belle soutane
L’homme aux vêtements blancs préfère massacrer
A la seule rigueur de la culpabilité d’être profane

Ils sont nombreux, peut-être moins mais pas plus
Les rues deviennent le théâtre des cris du silence
Pavés et goudrons foulés pour la gloire du blocus
Mais personne ne vient voir cette terrible danse.

De tout temps les grandeurs ont caché les vices
Érigeant les procès de cette liberté d’expression
« Oui, vous n’êtes qu’une folle éprise de malice »
Mais les convictions sont richesses de passion.

_________

6 février 2012, en trainant sur wikipédia un souvenir m'a littéralement frappé alors je suis repartie sur mon délire de voyage sicilien. J'y ajoute autre chose, qui cette fois promis n'a aucuns rapports avec Peppino !

Voyage sicilien, troisième.

Alors que l’air marin s’imprimait jusque sur la moindre parcelle de peau, nous étions déjà sur le siège endormant d’un autocar italien. Palerme nous voilà. Ça avait un air de vacances, un soleil flamboyant surplombait les prés et quelques bras de sables traversant les hautes herbes tentaient de nous appeler sur les plages. La ville avait son histoire, elle sonnait comme un gros chat allongé sur le rebord d’une fenêtre flânant sous le soleil écrasant de midi, le temps semblait prendre fin malgré l’incessant murmure des voitures. A chaque coin de rue apparaissait les traits chaleureux des maisons aux teintes sauvages, le rouge de la brulure, le jaune des blés et parfois le sable semblait s’être accroché au mur pour dominer la ville qui l’avait fait disparaître. A chaque pas, la ville n’avait rien d’une autre, parfois toutes les villes se ressemblent, n’étant qu’un assemblage d’immeuble, monuments, fontaines et jardins, mais ici tout avait décidé de n’avoir aucun pareil. Les trottoirs avaient l’air plus doux, et même, même les voitures semblaient moins agressives, tout avançait dans un long ralenti, comme si même le temps lui-même n’avait pas envie de passer. Et puis l’eau aussi avait son atout, elle coulait comme les cascades, rapidement mais d’une beauté infime, elle sortait de la bouche froide d’une statue plus vieille que je ne l’étais. Palerme avait son lot de chance et de désenchantement, partout la beauté se portait en parure sur les murs de la ville, mais parfois la seule vision d’un échafaudage brisait la rêverie architecturale que me procurait la superbe phénicienne. Nous étions partis pour encore vivre des merveilles, quelques églises aux milles or, des palais rivalisant avec les grandeurs d’orient et les avenues chantantes. La ville était unique en son genre, et ce que mes yeux s’apprêtaient à découvrir allait la rendre encore plus unique, et refroidissante. Dans l’ombre d’un monastère capucin, ils se tenaient là presque plus vivant que jamais. On dit que les mythes le deviennent parce que les esprits éclairés les rendent éternels mais parfois les visages par eux-mêmes s’engouffrent dans l’éternité. Ils étaient pieusement tous figés, intactes et éclatants de couleurs. Dans la crypte bienveillante étaient installés les corps saint de messieurs les moines, le regard éteint mais la peau encore lisse et marquée par la vie. Ils étaient comme les dormeuses éternelles de l’Egypte lointaine, qui se tenaient sur la rive méditerranéenne opposée à la Grande Grèce. Et bien que le froid donnait à ce lieu un aspect des plus macabres, les visages un à un devenaient les vivants de ces lieux, parfois le crâne apparaissait sous la peau mais dans d’autres cas nous étions d’égal à égal avec la mort. Le travail du temps n’avait pas pu faire sa triste œuvre, et au cœur sacré des moines capucins se joignaient les grandes familles de la Sicile. Les momies de Palerme avaient tant à dire, ici et là femmes et hommes avaient pris une place pour leur ultime demeure, ils dormiraient bien au froid accrochés aux murs jaunis pour toujours. Mais ce qui fut le plus difficile à croire et à voir, ce fut cet enfant qui semblait tombé dans un profond sommeil duquel nous n’aurions pour rien au monde voulu le tirer, mais hélas les yeux clos de cette petite fille n’avaient aucunement l’espoir de se rouvrir un jour. Elle aurait pu être n’importe qui, et son visage intact donnait à la mort un si bel habit, tristement doux sous les traits d’une enfant paisiblement partie. Jamais en ma vie, je n’avais vu pareil sépulture, les pendus de la crypte devenaient tristement le jouet des âmes voyeuses, avides d’une intimité que les hommes avaient oubliés de laisser à leurs frères morts d’avoir vécu comme des aînés.

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