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. [Spoil] Cinquante nuances de gris
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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Lun 14 Jan 2013, 12:45 pm    Sujet du message: [Spoil] Cinquante nuances de gris Répondre en citant

En guise d'introduction : pour des explications (sommaires) sur les lignes qui suivent vous pouvez jeter un oeil ici - sujet qui sert aussi pour les commentaires.

[Ajout du 13 mai 2013 : Pour vous repérer parmi les différents personnages introduits à l'occasion de cette fiction, un récapitulatif est disponible ici.]



Chapitre 1 : Prise de contact


La plupart des habitants du village de Konoha dormaient à poings fermés à cette heure avancée de la nuit. Le temps était lourd et on pouvait entendre au loin le son du tonnerre. En regardant à l’ouest on pouvait même apercevoir des éclairs. Même si tout semblait endormi, des ninjas étaient postés aux quatre coins du village et tout autour des bâtiments et immeubles considérés comme « stratégiques ». Devant le bâtiment de l’Hokage, les deux ninjas en poste conversaient à propos de l’orage qui approchait :

- Tu crois que nous allons prendre une saucée ?
- Je mise plutôt sur la relève ! Les gros nuages menaçants sont trop éloignés pour arriver ici avant que nous ne soyons relevés. On finit dans cinq minutes en plus !
- Moins longtemps en fait. Vous pouvez vous reposer tout de suite.

Les deux ninjas se retournèrent mais il était trop tard. Deux aiguilles venaient de les atteindre au cou et ils s’effondrèrent sur le sol poussiéreux. L’inconnu s’accroupit pour reprendre les aiguilles et les fourrer dans sa pochette, située dans son dos. « Anesthésiés ou empoisonnés ? » fit une voix derrière lui alors que notre inconnu se relevait.

- Je vois que je suis vite repéré.
- Tu l’as été dès que tu as franchi le seuil du village. J’avais même envie de me recoucher tant tu as été lent à arriver jusqu’ici.
- Navré de vous avoir fait patienter. Mais si j’ai été repéré si tôt et que j’ai pu parvenir jusqu’ici, alors vos patrouilles de surveillance ne sont pas très efficaces.
- Ou alors j’ai donné l’ordre de te laisser progresser pour savoir où tu souhaitais te rendre.
- Le gamin imprévisible n’aurait donc pas tellement changé, en dépit de ses nouvelles fonctions ?

L’individu leva les yeux vers le ninja qui lui faisait face. Naruto Uzumaki, le Hokage. Sa renommée était grande et il passait pour être un des plus grands ninjas actuels, si ce n’est le plus grand : le réceptacle de Kyûbi qui maîtrise son Bijû aussi bien que Killer-Bee, un des héros du dernier grand conflit qui avait vu l’Akatsuki défier les cinq grandes nations. En somme un très gros morceau pour notre inconnu. Mais il ne tremblait pas. Ou plutôt, s’il tremblait c’était d’excitation. Se mesurer à un tel personnage n’était pas donné à tout le monde. C’était vers lui que la « chance » de s’introduire à Konoha et de trouver le Hokage s’était tournée. Il ne voulait pas bouder son plaisir.

Le manteau blanc et rouge de Hokage flottait dans le vent et les yeux bleus du fils de Kushina et Minato fixaient intensément l’individu qui lui faisait face. Celui-ci était vêtu d’un manteau noir, similaire à celui de l’Akatsuki à ceci près que les nuages rouges avaient cédé la place à un oiseau aux ailes déployées et d’un blanc immaculé. Il ne portait aucun bandeau ni emblème et était à peu près de la même taille que le Hokage. Son visage était fin et ses yeux d’une couleur que n’avait encore jamais vue Naruto : une espèce de gris clair qui lui donnait un air de statue… bien que ces yeux semblaient prêts à bondir sur toute personne qui les croisait. Pour couronner le tout, il avait des cheveux sombres, dressés sur la tête et qui partaient dans toutes les directions.

- Je ne suis pas venu vous assassiner si c’est ce que vous craignez. Je n’ai utilisé que des anesthésiants sur les ninjas que j’ai croisés. Je viens pour délivrer un message.
- Tu ne manques pas d’humour. Pour ton message tu auras le temps de me le délivrer quand tu seras en prison !

Le temps de finir la phrase et deux clones de Naruto bondirent dans le dos de leur adversaire pour lui mettre la main dessus. Ce dernier pivota pour expédier un coup de pied dans le ventre d’un des clones puis le saisit et l’envoya sur le second… qui l’esquiva. Tandis que le premier clone disparaissait, l’inconnu se projeta en l’air mais le second clone parvint à lui saisir le pied. Il fut alors immédiatement abattu par des shurikens. Le clone disparut dans un petit nuage de fumée alors que l’individu posait les pieds sur le toit de la demeure du Hokage. Naruto le rejoignit dans l’instant.

- Belle vue d’ici. Votre visage sied bien à cette montagne.
- Si tu apprécies la vue je m’arrangerai pour que tu puisses l’apercevoir de ta cellule.

Un sourire effleura les lèvres du visiteur.

- Vous êtes têtu. Je ne vais pas me répéter, je suis ici pour…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Naruto bondit sur lui, fit mine de le saisir pour mieux dévier de sa trajectoire afin de prendre appui au sol, derrière son adversaire, et, en un éclair, l’immobiliser au niveau des épaules.

- Et après ?
- La suite arrive.

En effet, un Naruto se précipitait sur lui avec un Rasengan dans le bras droit.

- Intelligent mais faible…

Il encaissa le Rasengan de plein fouet tandis que les deux clones reculaient.

- Le vrai Hokage ne se montrera donc pas ?

En même temps que la phrase était prononcée deux pics de métal jaillirent du sol pour décapiter les deux clones. Ces deux derniers s’évaporèrent et, en se dissipant, la fumée laissa apercevoir une sorte de bouclier de métal où la Lune se reflétait en partie.

- Un jutsu héréditaire ?
- Ton ancienne coéquipière Sakura aurait sûrement apprécié de revoir cette technique…
- Si tu t’approches d’elle ou de n’importe quel autre habitant de Konoha je…
- Pour que cela n’arrive pas vous n’avez qu’à arrêter de jouer avec moi. Abattre des clones n’a aucun intérêt pour moi. Je vous ai déjà dit que je devais m’entretenir avec vous en personne.
- C’est si important que cela ?
- J’ai reçu des instructions précises. C’est à vous en personne que je dois révéler mon message. Mais si vous ne voulez pas vous montrer, je n’ai qu’à m’occuper d’autres ninjas. Peut-être que voir la vie d’autres personnes disparaître vous fera sortir de votre cachette.

Il termina sa phrase et disparut dans une poussière de métal. « Où est-il allé ? » se demanda Naruto. Il se concentra pour localiser l’individu grâce au mode Sennin et le repéra à proximité d’une habitation. Il fallait intervenir, et vite, pour éviter les blessés.

A travers la fenêtre du premier étage de cette habitation on pouvait apercevoir deux enfants dormant paisiblement. Le ninja commença à composer des mudras mais une main s’abattit sur son épaule.

- Suffit. Tu avais un message pour moi, me voilà. Laisse-les tranquille.
- Vous auriez donc le droit de me faire perdre mon temps et pas moi ? Devenir Hokage vous fait perdre de vue les règles de politesse élémentaires. Pensez au discours que vous servirez aux parents pour leur apprendre la disparition tragique de leurs enfants…


Une pointe métallique se forma mais elle eut à peine le temps d’effleurer la vitre que Naruto était passé en mode Bijû et avait asséné un coup de pied à son adversaire. Ce dernier fut projeté contre le mur d’en face, qu’il traversa dans un grand fracas.

- J’y suis peut-être allé un peu fort dit Naruto en se passant une main derrière la tête.

Il eut à peine le temps de finir sa phrase que plusieurs éléments métalliques étaient projetés vers lui à une vitesse fulgurante. Ces éléments avaient la forme de blocs de tailles variées. En un instant, Naruto fit apparaître différentes mains de chakra pour repousser ces attaques.

- Et cela va durer pendant toute la nuit ?
- Non, ne vous en faites pas, j’arrive !

L’individu était dans le ciel. Son corps émergeait à partir des différents éléments en métal que Naruto avait repoussés.

- La météo annonce qu’une pluie d’un genre nouveau va s’abattre sur Konoha.
- Quel dommage, j’ai oublié mon parapluie…

La poussière de métal qui entourait l’individu se transforma en une multitude de billes de métal qui s’abattirent sur Naruto. Ce dernier utilisa les neuf queues de Kyûbi pour se constituer une protection. Le déluge ne lui fit pas une égratignure. Profitant d’une accalmie passagère, il rejoignit son adversaire en prenant une impulsion sur le mur environnant. Surpris par cette rapidité, ce dernier n’eut pas vraiment le temps de parer le coup de pied de Naruto. Le bouclier de métal qui finissait à peine de se former fut traversé et le coup le projeta à terre. Il eut juste le temps de se récupérer tant bien que mal.

- Bien joué Hokage. Pour un échauffement je pense que cela suffit ajouta-t-il tout en essuyant d’un revers de main le sang qui émanait de sa lèvre inférieure.

Naruto sentit un changement dans le ton de son adversaire. Le regard de celui-ci se fit plus dur. Attention Naruto, il se prépare à attaquer sérieusement.

- Kinton – Le monde de…
- Je ne pensais pas qu’il était nécessaire de recourir au Kinton pour délivrer un message.

Un nouvel inconnu venait d’apparaître. Il émergeait de l’obscurité fourni par un arbre à proximité des deux autres combattants. Il portait le même manteau noir et blanc que l’autre visiteur, mais avec un capuchon qui masquait son visage. Il vint se placer à ses côtés, face au Hokage.

- Je me suis laissé emporter. Pouvoir me mesurer à un Kage m’a fait perdre de vue mon objectif principal. J’en suis désolé.
- C’est bien de le reconnaître. Peux-tu donc t’acquitter de ta mission maintenant ?

L’insistance sur le maintenant ne laissait pas planer le moindre doute sur la réponse à apporter.

- Oui. Hokage, veuillez accuser réception de ce message.

Il s’approcha de Naruto et lui tendit un parchemin avant de reculer vers le nouvel arrivant. Naruto affichait un air circonspect.

- Ne vous inquiétez pas, il n’est pas piégé.
- Ce n’est pas ça. Je me demandais juste pourquoi ne pas me délivrer le message de vive voix ou alors par un oiseau messager ?

Les deux inconnus regardèrent médusés le Hokage. Bravo Naruto, tu viens de passer en un instant du Hokage craint et respecté à l’idiot du village. – Merci de me le signaler Kurama je n’avais pas remarqué… Il ouvrit le parchemin et l’incrédulité se dessina sur son visage.

- Mais c’est quoi ça ?
- Une déclaration de guerre.


Dernière édition par Mat le Lun 13 Mai 2013, 11:15 am; édité 1 fois
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Mat
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MessagePosté le: Mer 16 Jan 2013, 1:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 2 : Bon de sortie


Alors que Naruto restait abasourdi par ce qu’il venait de lire, l’inconnu qui avait interrompu l’affrontement prit la parole :

- La mission est accomplie. Il ne nous reste plus qu’à vous dire au revoir.

Ils venaient de lui tourner le dos et s’apprêtaient à partir lorsque Naruto reprit ses esprits :

- Une minute l’encapuchonné et métal-san! Si c’est une blague, elle n’est pas drôle. Si c’est vrai, alors vous nous devez quelques explications.
- Nous n’avons rien à rajouter au message et notre mission ici est terminée...
- Ce qui ne veut pas dire que vous allez pouvoir rentrer chez vous.

Les deux individus se retournèrent : un ninja était apparu à côté de Naruto. Il portait un masque qui lui couvrait le bas du visage et son bandeau frontal lui barrait la partie gauche. Son œil droit les fixait sans aucune trace de sympathie.

- C’est une soirée de rencontres : ravi de vous croiser Kakashi Hatake.
- Moi de même, encore que si vous pouviez vous présenter…
- Ce sera pour une prochaine fois.
- Il n’y en aura pas. Regardez autour de vous. Pendant que Naruto combattait, différentes unités ont été disposées de façon à vous couper toute possibilité de retraite.
- N’y voyez pas là une insulte mais je vais vous montrer comment on peut sortir d’ici.
- …

Kakashi n’eut pas le temps de lui répondre. Une main venait de barrer la route du ninja au Kinton. Celle de son équipier qui enchaîna immédiatement à son endroit : « Tu as suffisamment montré tes talents pour aujourd’hui ». A l’adresse des ninjas de Konoha, il se contenta d’articuler : « Voilà qui est fâcheux. »

En jetant un rapide coup d’œil aux alentours, les deux intrus réalisèrent que Kakashi disait vrai. Le piège s’était refermé sur eux. Ils sont en effet bien positionnés. C’est un joli coup de leur part. Mais ils ne savent pas vraiment à qui ils ont affaire pensa le ninja manipulateur du Kinton.

Ces deux individus ont réussi à arriver jusqu’ici en maîtrisant sans aucune difficulté les ninjas qu’ils ont pu croiser. Seul le premier a été repéré dès son arrivée. Le second est arrivé par on ne sait où. Est-ce que ceci a été fait exprès ? Ils veulent nous montrer qu’ils auraient pu arriver jusqu’ici sans éveiller notre attention ? Si c’est le cas, qu’ont-ils prévu pour s’enfuir ? pensa Kakashi avant de répondre :

- Pourquoi seulement fâcheux ? Vous pensez vraiment arriver à vous enfuir ?
- C’est fâcheux pour eux répliqua l’encapuchonné en pointant son index droit entreNaruto et Kakashi. Je crains pour leur vie si nous ne pouvons partir.

Les deux ninjas de Konoha se retournèrent. Derrière eux se trouvaient les deux enfants que Naruto avait sauvé tout à l’heure. Il reconnaissait leur visage. Les deux étaient recouverts d’une pellicule de glace.

- Kakashi sont-ils…
- Ils sont en vie. Mais le contact du froid risque d’être mortel s’il se prolonge. Laissez-nous partir et la pellicule disparaîtra. Sinon vous aurez deux corps à enterrer…
- Espèce de…

Naruto serra le poing. Il était prêt à fondre sur son adversaire pour lui asséner un coup terrible tant la pratique le révulsait. Calme-toi Naruto. Tu as beau être rapide, si tu te loupes, les deux petits y passeront.– Sans doute mais je n’ai aucune garantie qu’ils tiendront parole.

- Quelles preuves avons-nous que vous les libèrerez ? leur demanda Kakashi.
- Il faudra nous faire confiance. Après tout, Hokage-sama, par le passé, vous avez su faire confiance à des ennemis, des personnes qui ont parfois essayé de vous tuer non ? Pourquoi nous refuser cette confiance?

Naruto se remémora instantanément son combat avec Gaara, ses prises de bec avec Sasuke, etc. Tout ça était encore si près dans sa tête. « Laissez-les partir » dit-il aux ninjas de Konohaqui étaient venus couper la retraite des intrus. A ces deux-là, il déclara : « si jamais vous mentez, je vous fais la peau. »

- N’ayez crainte, les deux enfants s’en sortiront bien.

Les deux ninjas s’en allèrent. Naruto et Kakashi attendirent un peu puis un ninja vint les prévenir que les deux individus étaient sortis du village. A peine eut-il fini son rapport que la glace commença à fondre autour des deux enfants. Kakashi s’approcha d’eux :

- Est-ce que vous allez bien ?
- Vous voyez que l’on sait tenir parole non ? lui répondit l’un des enfants dans un sourire ironique.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous n’êtes…

Les deux enfants disparurent en laissant pour seule trace de leur présence des morceaux de glace. Kakashi s’approcha et examina cette scène. Des clones de glace. Le second maîtrise donc probablement, comme l’autre, un jutsu héréditaire. Nos adversaires ont assuré leur sortie via des clones de personnes que Naruto a aperçues pendant son combat. Ils ont donc procédé en peu de temps. Les recouvrir de glace leur a permis de nous forcer à décider rapidement, tout en nous empêchant de percevoir l’odeur des clones, ce qui aurait trahi cette mise en scène. Ces individus sont dangereux, je n’aime pas ça... La réflexion de Kakashi fut interrompue par l’arrivée d’un groupe de ninjas. Ils étaient essoufflés et respiraient fort. La preuve d’un effort violent et soudain. Mais sans prendre le temps de reprendre leur souffle Izumo prit la parole :


- Hokage-sama ! Nous venons de la maison en question. Les deux petits avaient été placés sous le lit, ligotés et bâillonnés mais ils sont sains et saufs.
- Merci à vous pour avoir été aussi rapide. Dispersion maintenant, retournez à vos postes et veillez à ce que les ninjas médecins s’occupent de ceux qui ont été anesthésiés par nos visiteurs du soir. Et renforcez les patrouilles !

Les ninjas présents exécutèrent l’ordre en un instant. Naruto se trouva seul avec Kakashi, Shikamaru et Sakura qui venaient d’arriver. Le message circula entre eux et ce fut Shikamaru qui rompit le silence :

- Quelle galère si c’est vrai. Il va falloir rassembler un conseil de guerre, contacter les autres nations… Je ne suis pas encore couché !
- Sakura, va réveiller mamie Tsunade et informe-la de ce qui vient de se passer.
- Bien Naruto répondit-elle avant de s’élançait en direction du domicile du 5èmeHokage.
- Naruto, est-ce que ça va ? lui demanda Shikamaru, qui avait noté un air peu habituel sur le visage de son ami et supérieur.
- Tout ça pour ça. Alors que le monde semblait repartir sur de bonnes bases, il faut encore se battre ?
- A ce stade, il ne s’agit que d’une déclaration. Peu d’informations sont données. Il faut en savoir plus, contacter les autres nations et…

Shikamaru n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un ninja venait de les rejoindre et de s’adresser à Naruto :

- Hokage-sama ! Shiho des services de décodage et de décryptage vous fait savoir que des oiseaux sont arrivés des autres nations. Les messages ne sont pas encore totalement décodés mais, en première lecture, il semble qu’ils ont reçu des déclarations de guerre.

Les visages des trois ninjas s’assombrirent.

- Un coup de bluff ? tenta Shikamaru.
- Il faut d’abord savoir si tous ces individus sont de mèche. Nos adversaires du soir ont montré qu’ils n’étaient pas à prendre à la légère. (Kakashi soupira avant de reprendre.) Dans une telle situation deux options s’offrent à nous : ou ils sont sérieux ou…
- … tout ceci dissimule d’autres desseins c’est ça ? termina Naruto.
- Oui, et il est primordial de recouper nos informations avec les autres nations pour connaître tous les détails de ces intrusions simultanées.
- J’aurais aimé revoir nos camarades de combats dans des circonstances plus gaies.
- Naruto ce n’est pas le moment d’être déprimé. Nous comptons tous sur toi, tu es notre Hokage lui dit Kakashi.
- Oui Kakashi-sensei. Shikamaru, peux-tu avertir ton père et venir avec lui à mon bureau pour que nous jetions un premier coup d’œil aux informations que fournira Shiho ?
- S’il n’y a pas d’autres possibilités…

L’orage grondait sur Konoha et la pluie frappait toutes les personnes qui n’étaient pas abritées. Pour prévenir mon père je ne manquerai pas de réveiller ma mère qui n’est pas toujours de bonne humeur au pied saut du lit pensa Shikamaru alors qu’il était détrempé et en route pour cette dangereuse « mission ». La foudre risque de frapper au domicile des Nara...


Dernière édition par Mat le Lun 07 Juil 2014, 10:58 am; édité 1 fois
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Mat
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MessagePosté le: Ven 18 Jan 2013, 12:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 3 : Au rapport


En arrivant dans la salle où se tenait le conseil d’après-mission ils ne trouvèrent que deux places de libres parmi les huit. Ils étaient les derniers arrivés et leur installation n’alla pas sans soulever quelques remarques et sourires malveillants :

- Il est bien tard et la réunion est presque terminée les réprimanda Tomao.
- Vous vous êtes perdus en cours de route ? demanda Kaoru.
- Sans doute était-il trop honteux de s’être fait battre par un gosse donc son protecteur a choisi de le remettre dans le droit chemin avant d’entrer, avança pour sa part le « Seigneur des Os ».

La personne qui présidait passa outre ces propos pour entrer dans le vif du sujet :

- J’ose espérer que votre retard n’est pas le signe d’un échec.

Des hochements de tête lui répondirent. Il n’aimait pas être interrompu pour des trivialités.

- Bien, poursuivons. Qu’en est-il de nos forces armées Haruya ?
- Tout est pour le mieux mon seigneur. Les différents groupements ont répondu par l’affirmative à vos dernières requêtes. Il faut dire que vos conditions sont très généreuses pour eux…
- Voire trop : proposer des Bijûs... Ils finiront par se poser des questions et se demander si ce n’est pas trop beau coupa le « Seigneur des Os ».
- Rien n’est trop beau pour qui s’apprête à défier l’alliance. S’ils réussissent ils auront ce qui a été convenu. Mettraient-ils en doute ma parole ?
- Non seigneur, non.
- Bien. Des éléments à signaler par rapport aux cinq grandes nations ?
- Le Kazekage semble avoir une maîtrise du sable supérieure à nos informations.
- Le Hokage est un idiot doublé d’un ninja redoutable.
- La Mizukage a un sale caractère.
- Le Tsuchikage n’a plus rien à voir avec Mû. Pas de négociations possibles.
- Le Raikage est plus impulsif que jamais.
- Et concernant de vraies informations ?
- Pas de perte à déclarer. Tout s’est bien déroulé seigneur lui répondit la « femme rouge ». C’est le signe de la puissance de vos forces. L’assaut n’est pas gagné d’avance mais le vent nous est favorable.
- Avant que cette réunion ne s’achève, je vais vous rappeler quelques éléments fondamentaux. Nos vrais objectifs sont connus de nous seuls. Personne d’autre ne doit être au courant parmi les autres est-ce bien clair ? Tout le monde se souvient de ce qui est arrivé au prédécesseur de Kaoru, le regretté « Joji le bavard » ?

Personne n’avait oublié. Pour avoir à peine évoqué dans une échoppe, au détour d’une phrase, l’idée que quelque chose de grand se préparait, Joji avait vu sa langue coupée et il avait été écorché lentement pendant un mois. Tout le monde parlait beaucoup moins depuis.

- Savoir tenir sa langue est essentiel. Sans doute le sacrifice des groupes qui nous ont rejoints peut-il choquer mais il est nécessaire pour que notre grand dessein puisse s’accomplir. Cela s’adresse particulièrement à vous Haruya, Tomao et Kaoru, qui êtes directement en contact avec eux désormais. Mais je crois en vous comme vous croyez en moi. D’ailleurs vous savez et approuvez cela, sinon vous ne seriez pas ici à mes côtés, je me trompe ? Et il en va de même pour vous quatre n’est-ce pas ?

Les sept individus présents approuvèrent d’un signe de tête.

- A partir de maintenant nous entrons dans une période centrale. Réussir ou mourir, il n’y a pas d’autre issue.

Il laissa s’écouler une trentaine de secondes avant de conclure :

- Si vous n’avez plus rien à ajouter, vous pouvez disposer. Vous quatre, vous restez. Les autres, retournez auprès des troupes et diffusez le plan de bataille élaboré avant que nos deux retardataires n’arrivent.

Haruya, Tomao et Kaoru le saluèrent avant de sortir. Les quatre personnes restantes fixèrent leur chef. De taille moyenne, il avait la cinquantaine, un peu de ventre, des cheveux grisonnants et coupés courts ainsi qu’une barbe poivre et sel soigneusement taillée. Il avait de petits yeux un peu enfoncés dans les orbites, ce qui faisait naître une étrange impression lorsqu’il vous regardait dans les yeux : c’était comme si ses deux pupilles cherchaient à vous aspirer. Il s’adressa aux deux derniers arrivés :

- Désolé de ne pas vous avoir attendu à propos de l’élaboration du plan mais comme cela ne vous concerne pas directement vous n’en prendrez pas ombrage n’est-ce pas ? (Sans attendre leur réponse il poursuivit.) Comment s’est passé votre incursion ?
- Un succès comme dit auparavant. Ils semblent n’avoir pas compris que pendant que le premier attirait l’attention, le second récoltait des informations en vue de l’infiltration à venir.
- C’est toutefois un jeu assez cruel auquel vous vous adonnez. Sacrifier ces hommes qui se sont ralliés à votre cause… alors qu’en vrai vous vous moquez de ce conflit avança le ninja au Kinton qui avait visiblement du mal avec ce plan.
- Qu’ils meurent maintenant ou à petit feu parce qu’écrasés par la domination des grandes nations quelle importance ? Il faut toujours disposer de pièces à sacrifier Tetsuo. Ces hommes ne seraient que de peu d’utilité pour un vrai conflit. Mais les autres commandants ont fait un joli travail de formation... et de persuasion. C’est un de leurs seuls mérites d’ailleurs. Du coup, nos forces devraient tenir au moins une journée.
- Et ils seront récompensés par quoi ? La mort ? répondit Tetsuo, en se demandant immédiatement s’il n’allait pas passer pour un traître avec de telles interrogations.
- Pas s’ils en réchappent.
- En ira-t-il de même pour nous ? intervint le Seigneur des Os.

Un mince sourire se dessina mais fut aussitôt effacé sur le visage du chef.

- Non.
- Par le passé j’ai…
- Je vois où vous voulez en venir Joïchiro. Vous connaissez déjà la réponse. Vous quatre êtes ma colonne vertébrale. C’est aussi pour cela que vous ne prenez pas part au conflit directement.
- Quel dommage.
- Ne faites pas le surpris. Nous avons retourné le problème dans tous les sens avant d’arriver à ce plan. Ce conflit est le seul moyen de détourner l'attention de Konoha et Kumo vers leurs frontières, le temps de nous emparer de ce que nous cherchons. Le succès de notre projet dépend de vous. Procédez vite, et si vous laissez des traces, elles doivent induire en erreur ou laisser penser à des recherches avortées. L’échec n’est pas permis.
- C’est un peu mission impossible non ? hasarda Tetsuo.
- Si vous êtes aussi adroit que lors de votre première intrusion à Konoha c’est sûr lui répondit Joïchiro.
- Il ne fait aucun doute que son ange gardien veillera à ce que cela n’arrive pas conclut la femme rouge.

L’ange gardien en question posa son regard sur elle. Ses yeux étaient de glace mais semblèrent le devenir davantage en croisant ceux, brûlants, de cette jeune femme.

- Il n’y aura pas d’échec, je m’en porte garant.
- Et votre parole est sûre cela va sans dire.
- Pourriez-vous expliciter votre sous-entendu ? Je crains de…
- Suffit tous les deux. Prenez votre équipier et commencez les préparatifs en vue de vos infiltrations respectives.

Ils s’exécutèrent. Le chef se retrouva seul et quitta la salle, par une porte dérobée. Après avoir descendu des escaliers, tourné à droite et longé un couloir éclairé de torches, il entra dans une pièce où l’attendaient plusieurs hommes et femmes.

- Tout s’est bien passé maître ?
- Plus que bien. Bientôt nous aurons les objets et documents souhaités. Nos scientifiques pourront se mettre à travailler dessus rapidement n’est-ce pas ?
- Dès qu’ils seront en leur possession oui.
- Parfait. Mettez-moi en communication avec le continent.
- Bien maître.

Un écran s’alluma et un visage apparu quoique moitié masqué par une obscurité assez marquée. Le chef se prosterna et salua cet individu qui prit la parole :

- Il semble que tout se passe comme prévu.
- Oui, bientôt nous aurons en notre possession ce qui nous manque. Où en êtes-vous de vote côté ?
- L’embarquement va bientôt commencer. Nous arriverons aussi vite que possible. Mais tout n’est pas réglé aussi devons-nous procéder lentement. Mais vous êtes suffisamment puissant pour réussir sans appui pour le moment n’est-ce pas ?
- Bien sûr. Nous nous réjouissons par avance de votre arrivée. Très bientôt ce monde de ninjas et de samouraïs ploiera le genou devant nous.
- Il en ira ainsi si vos hommes ne versent pas dans la trahison.
- Ce n’est pas dans leur intérêt. Et je pense qu’ils ont encore en mémoire la fin que je réserve aux traîtres.
- C’est à souhaiter. La communication n’a plus lieu d’être.
- A vos ordres.

Tandis que l’écran s’éteignait, emportant avec lui l’image de ce visage en partie dissimulé, un sourire se dessina sur le visage du chef.

- Avec leur appui, ce monde tombera rapidement entre nos mains.
- Oui, mais il ne faudrait pas sous-estimer ces ninjas. Ce qu’ils ont accompli face à l’Akatsuki est…
- C’est pour cela que vous êtes là. Si les autres se révèlent trop faibles pour assurer notre repli, vous écraserez les résistances éventuelles que nous rencontrerons. Pour la plus grande gloire de notre communauté.
- Pour la plus grande gloire de notre communauté, répétèrent les autres personnes présentes dans la pièce en plaçant leur main droite sur leur cœur.
- Maintenant il ne nous reste plus qu’à observer comment nos pièces vont se comporter.


Pendant que leur chef avait cet entretien, le petit groupe des quatre se préparait pour la suite, dans une salle aménagée en armurerie où tous les objets et armes ninjas possibles et imaginables étaient présents, accompagnés de nombreuses tenues, manteaux, poches, étuis, etc.

- Alors gamin prêt à retourner à Konoha ? Tu sais que si j’y avais été à ta place il n’y aurait pas eu besoin de déclarer une guerre : je les aurais tous massacré, comme ça il n’y aurait eu aucun témoin de mon passage !
- Sans doute Joïchiro-sama dit Tetsuo visiblement mal à l’aise.
- Joïchiro-san il est inutile de le taquiner de la sorte. Vous le déstabilisez et à la longue cela risque de mal finir.
- Pour lui ou pour moi ?
- Certains clans ont payé cher leur tempérament provocateur. Il serait malheureux qu’un de leurs survivants n’ait pas retenu la leçon.
- Voudriez-vous me l’enseigner ?
- N’inversez pas les rôles : c’est vous le professeur et moi l’élève.

Joïchiro Kaguya laissa retomber sur l’épaule de son interlocuteur une joyeuse bourrade, et éclata d’un rire franc. Surnommé le Seigneur des Os, c’était une de ses forces de la nature qu’il ne faisait pas bon contrarier. En plus de sa haute taille il possédait une musculature impressionnante, signe d’un physique en adéquation avec son envie de toujours en découdre, malgré qu’il approchât la quarantaine et qu’il se fut assagi quelque peu depuis que son clan avait été décimé par Kiri. Par contraste, l’utilisateur du Hyôton était beaucoup plus fin, faisait la même taille que Tetsuo avec des cheveux châtains clairs coupés courts et une barbe inégale de trois jours.

Tetsuo semblait soulagé que la discussion ait pris cette tournure mais la quatrième personne présente se permit d’intervenir en direction de son aîné :

- Vous cherchez donc à apaiser les conflits ? Voilà qui ne vous ressemble guère.
- Si la femme rouge entre dans le jeu, vous voilà mal barré mon ami, dit Joïchiro avec un mauvais sourire.

La femme rouge attendait visiblement une réponse. Ce n’était, elle aussi, pas une personne à prendre à la légère. Ses cheveux châtains clairs et ses yeux marron appartenait à un visage qui avait fait tourner bien des têtes… et tomber bien plus encore, ce qui avait contribué à son surnom – en plus de ses yeux, qui tournaient au rouge lorsque l’atmosphère devenait houleuse.

- Le jeu des petites phrases n’est pas très utile par ces temps.
- Mais ne serait-ce pas vous qui voulez en rester à ce niveau-là ?
- Et si on allait manger ? avança Tetsuo. J’ai une faim de loup et je crois que cela nous ferait du bien. Qu’en pensez-vous Mat–sama ?
- Bonne idée. Parler avec l’estomac vide fait souvent dire n’importe quoi.
-Ou faire n’importe quoi ? interrogea la femme rouge.
-Shiori-san vous m’ennuyez.
-Ou je vous effraie ?
-Peut-être devriez-vous effectivement aller manger. Nous n’avons pas encore fini de nous préparer vu que nous serons un peu plus chargés que vous. Aussi nous pouvons nous quitter là, avança Joïchiro pour apaiser les esprits.
-J'aimerais qu'une machine à effacer les souvenirs existe. Pour que je puisse me placer devant elle et refuser de voir mes souvenirs effacer. Parce que je préfère souffrir en les ayant en tête que les oublier. Je ne veux pas t'oublier, je ne veux rien faire sans toi. La réciproque n'est pas vraie alors... ce sont les points de suspension.


Sur cette réplique à destination de Shiori, Masato les salua et se dirigea vers la salle commune, où étaient servis des repas en continu. Tetsuo salua également et partit le rejoindre à grandes enjambées. « Il est décidément plein de surprises » commenta Shiori alors que ses yeux n’étaient plus que deux prunelles rouges incandescentes.


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MessagePosté le: Sam 19 Jan 2013, 11:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 4 : Que faire ?



Décidé dans l’urgence, ce sommet entre les cinq Kages se tenait par « visio-conférence ». La menace réclamait une réponse rapide aussi les Kages avaient-ils décidé de procéder de la sorte, économisant ainsi sur le temps de trajet nécessaire pour se rencontrer (le Raikage avait quand même demandé à Mabui de l’envoyer au Pays du Fer mais il avait été possible de le raisonner). La menace étant imprécise, cette solution avait l’avantage d’emporter l’adhésion des membres les plus indécis des différentes autorités des pays.

En effet, certaines de ses personnes (pour ne pas parler de la situation qui prévalait dans les rangs inférieurs) émettaient des doutes au sujet des risques encourus : la menace de guerre était-elle réelle ? Quel était donc ce groupe mystérieux ? Pouvait-on même parler d’un groupe, d’une organisation ? Ne valait-il pas mieux attendre ? La menace était peut-être factice et le véritable objectif pouvait être ailleurs : inciter les Kages à se réunir afin de les frapper pendant qu’ils se rendaient au lieu de réunion, pendant la réunion, faire que les grandes nations mobilisent leurs forces pour attiser la crainte des pays limitrophes, etc. Il y avait des antécédents. Du côté des seigneurs aussi, certaines réticences étaient à l’œuvre même s’ils avaient tendance à ne pas s’opposer vu les résultats obtenus lors du dernier conflit. Finalement, une visio-conférence, sans modérateur, pouvait se tenir quatre jours après les diverses intrusions.

- Bonjour à tous. Il est bien dommage de devoir se réunir pour un tel motif soupira Gaara qui ouvra ainsi les échanges.
- Certes, mais nous ne devons pas prendre cette menace à la légère dit Tsunade.
- Ces gredins vont le payer. J’ai déjà ordonné le rassemblement des troupes maugréa le Raikage.
- Iwa également, qu’en est-il des autres pays ?

Les trois autres Kages lui répondirent par l’affirmative. Chacun avait appelé à la mobilisation pour répondre à la menace qui s’était manifestée ainsi qu’à la surveillance renforcée de leurs frontières respectives. De nombreuses zones d’ombre subsistaient et c’est pour en éliminer certaines que Tsunade prit la parole :

- Avant de poursuivre, je souhaiterais vous faire part de la synthèse qui a été produite grâce à nos échanges d’informations. Shikaku va la présenter.

Les autres Kages approuvèrent. La réputation de Shikaku n’était plus à faire et ses analyses lors du dernier conflit n’avait fait qu’accroître la reconnaissance dont il bénéficiait. Tsunade recula et le visage de Shikaku la remplaça sur les écrans des autres Kages. Il avait les traits tirés car depuis trois jours il avait récolté, analysé les informations disponibles, discuté avec plusieurs personnes, consulté des archives, etc. Ma respiration est tout à fait normale. Je suis calme. Ça va être à moi de jouer. J’ai déjà relu toutes mes notes plusieurs fois, je les connais sur le bout des doigts, tout comme l’ensemble des données pertinentes. Allez, c’est parti.

- Avant tout, je pense qu’il faut revenir sur le message qui a été remis. Il est identique pour les cinq pays et aucune autre nation n’a fait état d’une infiltration ou de la réception d’un tel message. Les cinq grands pays semblent donc être les seuls visés même s’il ne faut pas exclure des distributions ponctuelles de tracts afin de recruter, faire connaître leur cause. Passons à l’analyse du contenu. On peut le décomposer en quatre moments : 1) d’abord la description de notre adversaire. Elle est assez vague : auto-proclamé « Les ailes de la libération », il se présente comme une organisation ayant comme objectif une plus grande justice entre les peuples et la fin de l’asservissement des faibles par les puissants. Comme vous avez pu le constater ce thème revient à plusieurs reprises et sous différentes formes dans le texte. Remarquons qu’ils ne donnent aucune indication sur leur nombre exact. 2) Viennent ensuite les griefs à l’encontre de nos pays : créateurs d’injustices, dominateurs, responsables de l’appauvrissement des petites nations, de leur exploitation. L’idée centrale est que ces pays sont dans une position inacceptable et qui n’a que trop duré. A aucun moment il n’est fait mention d’un « nous » : cette organisation se place « au-dessus de la mêlée » afin de juger en toute objectivité de la situation présente. 3) Face à celle-ci, troisième point, cette organisation affirme que la seule solution pour que la « justice » soit rétablie (on pourrait se demander s’il ne faut pas plutôt dire « sa vision de la justice ») consiste à ce que les grandes nations lui remettent les sept Bijûs récoltés suite au dernier conflit, afin d’avoir un rééquilibrage des forces entre toutes les nations. Cette organisation aurait l’amabilité de se charger de la distribution des démons entre les pays. A cette fin, elle demande également à ce que les grandes nations partagent avec elle leurs techniques de scellement et tout ce qui concerne la formation des réceptacles pour qu’elle puisse en former. 4) Dernier point : si ces demandes ne reçoivent pas une réponse positive immédiate dans les sept jours, une guerre éclatera et les grandes nations subiront une défaite cinglante. Je crois que sur ce point il n’est pas nécessaire de développer davantage.


- Parfait résumé du message Shikaku. Qu’en est-il de votre analyse ?
- J’y viens Tsuchikage-sama. Avant tout je tiens à mentionner que cette analyse est le fruit d’échanges que j’ai pu avoir avec d’autres ninjas tels que Kakashi Hatake, Inoichi Yamanaka, les Hokages ou encore mon fils.

Shikaku s’arrêta un bref instant, le temps de fermer les yeux, de prendre une profonde inspiration avant de se lancer. Il le savait, c’était maintenant que la partie la plus délicate se jouait. Quelle(s) hypothèse(s) retenir pour entreprendre quelles actions ? Les questions allaient fuser et il faudrait y répondre de manière précise et rapide tout en évitant de se disperser. Il reprit :

- Je vais retracer dans les grandes lignes le cheminement que j’ai suivi. D’abord j’ai écarté l’idée d’un coup de bluff. Les adversaires qui se sont présentés à nous voulaient sans doute attirer notre attention mais sûrement pas pour rien. Se déplacer, remettre un message, être informé sur nous, etc. suppose des coûts et je ne vois pas la logique qu’il y aurait à entreprendre cela sans volonté d’en découdre. J’ajoute à cela le fait que les intrus sont des ninjas de niveau supérieur, peu ou mal connus de nos services et qui n’ont rencontré aucune difficulté pour s’infiltrer et ressortir. Aucun n’a pu être capturé. Certains maîtrisent des techniques héréditaires, d’autres des affinités avec, dans tous les cas, des techniques rarement observées. Cela renforce non seulement l’idée qu’il ne faut pas les sous-estimer mais aussi l’idée qu’ils ont pu recruter, attirer d’autres personnes, séduites par les capacités de ces individus. Mêmes seuls, ils représentent une menace certaine et sont suffisants pour causer de sérieux dommages. Néanmoins, une guerre nécessite des ressources et peu de mouvements suspects (approvisionnements, fournitures d’armes, etc.) ont été observés. C’est assez curieux…
- Ils peuvent aussi utiliser des circuits officieux et mal connus pour s’équiper non ? avança la Mizukage.
- C’est possible admit Shikaku. Mais déclarer une guerre aux cinq grands pays nécessite de grandes ressources difficiles à faire circuler sans que rien ne soit remarqué.
- Alors quoi ? dit le Raikage. Nous avons des ennemis peut-être nombreux mais pas équipés. La belle affaire ! Ils ne feront pas long feu.
- Attention Raikage, vous allez un peu vite en besogne lui objecta le Tsuchikage. Obito Uchiha est venu seul déclarer une guerre. Elle a bien été réelle et il avait quelques 100 000 soldats qui nous ont causé bien des soucis.
- Il avait sept Bijûs avec lui, les clones de Zetsu et passait pour être Madara Uchiha. Nos adversaires ont-ils des ressources équivalentes ? Rien ne le laisse supposer.
- Il peut exister d’autres sources de puissance que les Bijûs répliqua le Tsuchikage.
- Certes mais…
- Pourriez-vous laisser terminer Shikaku ? demanda Gaara. Vous l’avez coupé et il n’a pas eu le temps de nous livrer ses conclusions.
- Je vous remercie Kazekage.

Le visage de Shikaku se fit plus sévère. Il ne souhaitait aucunement induire en erreur l’alliance ni leur donner des raisons de douter. Sa réponse devait être convaincante et les premiers écarts survenus le renforçaient dans son idée de ne pas perdre de temps dans les discussions des hypothèses retenues. Il fallait aller à l’essentiel et frapper juste. Même si j’ai un atout dans la manche.

- Je pense qu’une guerre est possible. Un conflit risque d’éclater mais je suppose aussi qu’il cache d’autres enjeux. Pourquoi annoncer que si nous ne répondons pas à leurs attentes ce sera la guerre ? Aucune négociation n’est possible alors même que nous ne savons rien d’eux. Ils semblent attendre, espérer un refus et donc qu’un conflit éclate. Ces individus ont fait preuve de maîtrise et d’un sens du calcul assez poussé pour mener à bien leurs tentatives d’infiltration, j’en veux pour preuve les deux individus qui ont pénétré à Konoha…

Naruto serra le poing à cette évocation. Il était présent dans le bureau du Hokage, à proximité de Tsunade mais n’intervenait pas. Il était là en tant qu’observateur privilégié, lui-même s’étant rangé à l’avis de la petite fille d’Hashirama qui ne jugeait pas utile de le mettre en première ligne pour ce sommet improvisé alors qu’il n’avait aucune expérience en la matière. Il partageait les idées avancées par Shikaku mais rester sans rien faire ni dire était difficile.

Shikamaru était présent lui aussi, afin d’en apprendre un peu plus sur la manière de présenter les résultats d’analyses, etc. Depuis le début de ce sommet, il s’était passé plusieurs fois la main sur le front, où une bosse était présente. C’était la signature du réveil reçu alors qu’il expliquait à son père ce qui venait de se produire. Quand il était arrivé chez lui, il avait trouvé Shikaku debout, dans la cuisine, en train de piocher dans le frigo. Shikamaru ne s’était pas attardé sur le sujet pour le mettre rapidement au courant. Il commençait à lui parler du message laissé par les intrus lorsqu’un réveil avait volé à sa rencontre accompagné d’un « C’est l’heure de dormir, pas de parler ! Et je suis sûr que tu as mis de l’eau partout en rentrant ! »


- … Ils sont réfléchis et n’ont rien laissé au hasard pour leur intrusion. Au contraire, cette déclaration semble prématurée. Pourquoi être venu ainsi ? Avoir procédé de la sorte ? Sans doute pour marquer nos esprits, fournir une démonstration de force pour que nous les prenions au sérieux et que nous tournions nos regards vers cette menace imprécise…
- … et que nous nous détournions d’autre chose ? Mais de quoi ? questionna Gaara.
- Je n’ai pas la réponse à cette question mais croyez-moi elle me préoccupe.
- Il pourrait s’agir des sept Bijûs qu’il nous réclame ? avança Tsunade.
- Oui, ils pourraient bien être sincères sur leurs motifs mais pas sur les moyens utilisés pour les obtenir compléta le Tsuchikage.
- Un tel coup de poker venant de personnes dont on ignore tout, c’est vraiment osé.
- Oui Mizukage-sama, mais cela a déjà pu être observé. J’ai trouvé trace de tels procédés dans les archives de Konoha…
- Peu importe ce que racontent vos archives. Si on va par là, l’histoire peut aussi nous enseigner qu’il s’agit d’autres puissances qui orchestrent cela.
- Et à qui pensez-vous Raikage ? lui demanda Gaara.
- A certaines personnes que vous êtes trop jeune pour connaître, ce qui n’est pas le cas du Tsuchikage ni, normalement, des autres Kages.
- Alors d’une menace mal identifiée, il faudrait maintenant s’attendre à un embrasement généralisé avec quelques puissances mystérieuses ?
- Mizukage, le passé de votre pays devrait vous inciter à examiner ce type de questions avec le plus grand sérieux.
- Et puis après ? Nous avons gagné face à Jûbi, Madara Uchiha et bien d’autres.
- Il ne faut pas se reposer sur cette victoire passée lui répondit Gaara.
- Il ne s’agit pas de se reposer dessus mais de voir que la menace actuelle est bien plus faible, sans vouloir manquer de respect à nos adversaires.
- N’est-ce pas le signe que tout ça c’est beaucoup de bruit pour rien ?

« Je crois que nous nous éloignons du sujet » dit Tsunade en frappant du poing sur la table. Mais, par écran interposé, le trou fait dans le bureau et les éclats de bois paraissait bien peu impressionnants et ne faisaient pas assez de bruit pour couvrir tous les échanges qui avaient lieu simultanément. L’absence d’un modérateur commençait à se faire cruellement sentir. Ah la la ces Kages, quelles pipelettes ! Je me demande comment tu vas faire avancer tout cela papa ? se demanda Shikamaru.

Sentant que les discussions commençaient à s’enliser et lassé d’être resté dans l’ombre tout ce temps, Naruto intervint brusquement :

- Cela devient trop long. Ce n’est pas le moment des discours mais de l’action ! Ils se sont infiltrés chez nous et vous êtes là à vous demander s’ils valent la peine qu’on se mobilise ? Bien sûr que oui ! Peut-être est-ce un coup tordu ? Eh bien dans ce cas, il suffit de nous préparer comme si un conflit allait survenir. Tout en…
- … gardant un œil sur l’arrière pour éviter toute mauvaise surprise compléta Gaara.
- Courir deux lièvres à la fois. Ah ces jeunes… dit le Tsuchikage.

Merci Naruto pensèrent simultanément Shikaku et Tsunade. C’est le moment de reprendre la main et de gagner la partie papa n’est-ce pas ? Tu avais prévu cela, aussi tu as poussé pour que Naruto soit de cette conférence, même en tant que spectateur car tu anticipais qu’il pourrait faire taire les différences je me trompe ? se dit Shikamaru. Il croisa le regard de son père et échangèrent un sourire complice.

- C’est en effet la solution qui me semble la meilleure indiqua Shikaku. Contrairement au dernier grand conflit, il importe de garder un œil sur l’arrière tout en étant capable de se projeter rapidement hors de nos frontières.

L’intervention de Naruto avait fait taire les Kages. Le héros du dernier conflit bénéficiait d’une aura sans égale. Il lui avait suffi de prendre la parole pour recadrer tout ce petit monde. Personne n’avait oublié tout ce qu’il devait à Naruto, tout ce qu’il avait accompli et son statut, encore récent, de Hokage. Sa prise de parole résonnait encore dans les têtes des Kages lorsque Shikaku fut obligé de demander :

- Ce silence indique-t-il que cette solution est adoptée ?

Elle le fut sans discussion. Naruto avait interrompu les débats et permit d’aborder désormais des points plus techniques, sur la répartition des ninjas au sein des pays, les éventuelles mises en commun de forces, etc. Pourtant, tandis que Shikaku et Tsunade participait à ces échanges, Shikamaru remarqua que Naruto arborait une mine plutôt sombre. Cela ne doit pas être évident, après tout ce qu’il a pu donner lors du dernier conflit de se dire qu’il faut remettre cela. Il faudra que je lui parle.

– Eh bien que se passe-t-il ? Le Naruto que je connais n’est pas du genre à se décourager.
– Tu sais que ce n’est pas ça Kurama. Mais nous avons tellement souffert lors du dernier conflit. Et voilà que de nouveaux opposants se dressent. Pourquoi ?
– Tu crois alors qu’Obito et Madara avaient raison ?
– Non mais…
– Le doute est sain mais tu ne dois pas tout remettre en question. Le Sage lui-même a douté mais il a toujours su en retirer une force. Regarde ce que tu as encore fait à l’instant : n’est-ce pas le signe que tout le monde croit en toi ? C’est pour cela qu’il ne faut pas baisser les bras mais au contraire, pousser tout le monde. Sinon ce n’est plus la peine d’être partenaire : trouve-moi un autre réceptacle !

Naruto sourit. Tu sais quoi ? On va aller manger un bol de ramens et après faire un petit entraînement afin d’être dans de bonnes conditions pour aller botter les fesses de nos adversaires ! T’es partant ? – Cela dépend si tu fais la cuisine ou si tu te rends chez Ichiraku…

Naruto était parti pour sortir du bureau, alors que les Kages étaient en train d’évoquer un éventuel point de rassemblement pour les troupes de l’alliance, quand, simultanément, la porte s’ouvrit. Kotetsu s’avança alors que Tsunade et Shikaku remarquaient que les autres Kages aussi répondaient à l’entrée d’un de leurs ninjas. De Konoha à Kumo, en passant par Suna, Iwa et Kiri, la même phrase fut prononcée :

- Des troupes non identifiées ont été aperçues à nos frontières !
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MessagePosté le: Mar 22 Jan 2013, 11:19 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 5 : Et au milieu coule un cimetière



- Tiens bon Akitoshi, on va s’en sortir !
- Parle pour toi Koki. L’artère est touchée. J’ai perdu trop de sang.
- T’as pas le droit ! On s’était jurés de revenir vivants de ce conflit.
- Je me demande si on ne s’est pas fait avoir. La femme rouge, le survivant du clan Kaguya, le jeune qui utilise le Kinton et le producteur de glaçons à la demande : aucun des quatre ne s’est pointé ici.
- Ils sont peut-être sur un autre champ de bataille non ?
- Ou alors nous n’avons été que des pions à sacrifier.

Akitoshi n’eut pas le loisir d’en dire plus. Il s’arrêta à jamais de parler. Koki ferma ses yeux et reposa son corps sur le sol qui commença à prendre vie et à recouvrir les deux assaillants ainsi que ceux présents aux alentours. Koki, dans l’obscurité et la panique où il se trouvait alors parvint à entendre, au-delà des cris d’horreur, quatre mots : le tombeau du désert. « C’était pas censé se passer comme ça bordel ! » fut sa dernière phrase.

Il n’était pas le seul à penser cela. Les discours qui leur avaient été servis auparavant leur promettaient des terres, une rémunération à vie pour avoir participé aux soulèvements des petits contre les grands. Beaucoup y avaient cru, se disant qu’ils n’avaient rien à perdre, que les commandants de cette organisation semblaient posséder un niveau qui les porterait vers la victoire. Mais leur absence au moment de l’assaut final avait semé le doute dans leurs esprits au fur et à mesure que le conflit se précisait. « Ils viendront dès que nous en éprouverons le besoin ! » leur avait affirmé un des généraux. A présent, son corps gisait sur le sol. Et ce n’était pas le seul.

Pourtant les premiers temps de l’assaut avaient plutôt été positifs pour les ailes de la libération. Profitant de l’effet de surprise, ils avaient pu s’enfoncer dans les différents pays. Etant 30 000 en tout (répartis de manière équivalente entre les cinq cibles) ils savaient qu’ils n’avaient pas l’avantage du nombre. « Mais en voyant les massacres que nous ferons ces faibles tourneront bien vite les talons et vous aurez le temps de piller, de reprendre ce qui vous appartient car oui nous avons tous le droit à la prospérité ! Et par vos actes vous convertirez certains de vos adversaires qui vous rejoindront. Ce ne sera pas facile mais j’ai confiance en vous ! » avait déclaré Tomao avant que les 30 000 ne se séparent, sous la direction de cinq « généraux de la libération ». Savamment endoctrinés ils avaient su faire avancer les troupes à marche forcée pour respecter un ordre essentiel : que les attaques soient simultanées. Ils avaient réussi sur ce point. C’était probablement le seul.

L’unité chargée d’envahir Kiri avait assez rapidement éprouvé les pires difficultés à débarquer. Beaucoup avaient péri noyés quand d’autres s’étaient enfoncés dans un brouillard dont ils ne ressortiraient probablement jamais.

La situation n’était pas meilleure sur les autres théâtres d’opération pour les ailes de la libération. Le mur d’enceinte et l’étroit passage conduisant à Suna, tout comme l’absence de soutien aérien avaient posé des difficultés insurmontables aux envahisseurs, rapidement dépassés par le sable de Gaara ou encore le poison des marionnettes de Kankurô. Au pays de la Terre, les techniques Doton avaient rapidement séparé les opposants, permettant au Tsuchikage de ne pas avoir à s’impliquer. Son fils avait d’ailleurs pris la tête des opérations en voyant la faiblesse de la menace. « Un Kage tel que vous n’a pas à se tracasser pour si peu. Sous 24 heures ils seront tous morts ou en fuite » avait dit Kistuchi. « Essaye au moins d’en capturer un ou deux » lui avait répondu son père. Pour l’instant il y avait une trentaine de prisonniers. Du côté de Kumo, les Bijûs Ball de Killer-Bee, la foudre noire, l’éclair fantasmatique (Raigen Raikouchû) ainsi qu’un terrain en partie montagneux et piégé en prévision du passage d’ennemis avaient décimés les adversaires du Pays de la Foudre. « Peut-être verrais-je le jour avant de mourir. Ce serait ma plus belle victoire » se disaient nombre de ninjas des ailes de la libération.

« Les ailes plient mais ne rompent pas ! Tenez vos positions ! » Telle fut la déclaration héroïque du général en charge de l’unité qui se cassait les dents sur les défenses du Pays du Feu. Shikamaru, dépêché sur place pour conduire les opérations avait rapidement trouvé une stratégie payante : tirer profit de l’environnement (forêt, rivière…) pour rapidement diviser les ennemis en groupes de plus petite taille, pénaliser leurs communications, tendre des embuscades… Le piège s’était refermé sur eux et le général ennemi, du haut d’une petite colline d’où il supervisait cette bataille ne pouvait que constater l’étendue de la défaite :

- Ne reculez pas sinon vous serez traîtres à la cause ! Les ailes ne finiront pas en cage !
- Sur ce point vous avez raison général.
- Que.. qui êtes-vous ? dit le général en se retournant.

Habillé d’un manteau blanc sur lequel apparaissait, en noir, un oiseau aux ailes déployées, l’individu regarda son interlocuteur avec un certain mépris avant de lui répondre :

- Un nettoyeur.
- M… mais c’est bien sûr ! Je vous reconnais. Vous faites partie de la garde personnelle de notre chef n’est-ce pas ? Si vous êtes là c’est pour nous aider en attendant que les commandants arrivent n’est-ce pas ? Et je vois qu’il y en a un autre avec vous ! En va-t-il de même sur les autres champs de bataille ?
- Oui.
- Alors allez-y, nettoyez-moi tout ça ! Avec les survivants nous entrerons dans Konoha et…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Les deux individus passèrent devant lui et, en l’espace d’un instant, composèrent de nombreux mudras, terminant par le signe du serpent. Il ne fallut pas longtemps pour que les soldats des ailes de la libération encore en vie sur le champ de bataille ne s’effondrent, comme foudroyés par un éclair invisible.

- Mais que… qu… qu’avez-vous fait ?
- Vous le voyez bien : les ailes de la libération ne se rendront pas. Être membre de cette organisation et être fait prisonnier sont incompatibles. La victoire ou la mort, ce n’est pas ce qui vous avez été dit ?
- Ce n’est pas possible… Vous êtes des nettoyeurs…
- …venus pour nettoyer le champ de bataille des vaincus. Notre cause est trop importante pour que la moindre information ne circule. Maintenant général, il est temps de rejoindre vos troupes.
- Je ne…

Ainsi finit le général de la division chargée de Konoha. Les ninjas de ce pays n’en revenaient pas. Les adversaires qu’ils affrontaient encore quelques secondes plus tôt reposaient sur le sol, inertes. Un sentiment de malaise et de peur s’empara des pourtant vainqueurs de cette bataille, même parmi les plus capés.

- Kakashi que s’est-il passé ? Serait-ce ma tornade herculéenne de Konoha qui…
- Non Gaï, je crois que l’explication est plutôt à chercher du côté des deux personnes qui viennent d’apparaître au sommet de la colline.
- Alors ce sont eux les responsables de tout cela demanda Naruto qui venait d’apparaître, sans attendre de réponse.
- Attends Naruto on ne sait rien d’eux il vaut mieux…

Mais Kakashi n’avait pas le temps de terminer sa phrase que Naruto interpellait déjà ces deux nouveaux venus :

- Hé, vous, là ! Vous nous attaquez sans respecter le délai de sept jours et c’est pour ce résultat ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
- Cet habit de lumière jaune : vous devez être le Hokage réceptacle de Kyûbi ?
- Lui-même.
- Je commence à comprendre pourquoi Tetsuo n’a pas pu s’empêcher de vous affronter. Vous semblez être un adversaire de tout premier plan.
- Arrête Doku. Nous ne sommes pas là pour ça. Le chef prendrait mal cette entorse à notre mission.
- Tu dois avoir raison Hiroto soupira l’autre. Il faut donc remettre notre combat à plus tard Hokage.

En l’espace d’une seconde Naruto avait comblé la distance qui les séparait et venait de se placer entre eux.

- J’en ai assez que l’on parte avant que je n’ai terminé. Compris ?

Les deux individus essayèrent de réagir mais Naruto évita le poing du premier, prit appui sur son épaule afin d’envoyer un coup de pied dans le visage du second puis saisir le premier afin de le jeter à terre. Les deux ennemis se récupérèrent sans difficulté.

- Impressionnant.
- Un taijutsu tout à fait acceptable.
- Et ce n’est pas fini !

Naruto se préparait à repartir à l’attaque mais les deux individus commencèrent à composer un mudra puis s’arrêtèrent, comme figés.

- Naruto il faudra un jour que tu arrêtes de foncer tête baissée. C’est épuisant pour les autres.

Shikamaru était un peu en contrebas et, voyant les individus se préparer à réaliser un jutsu, il avait utilisé la manipulation des ombres pour les immobiliser. Naruto en profita pour leur mettre un bon coup de poing à chacun... ce que Shikamaru n’apprécia pas beaucoup. Mais il tenait bon. Après le front c’est au tour de ma joue droite de me faire mal. Quelle semaine…

- Maintenant vous allez me dire pourquoi vous avez fait cela ?

Tout en posant la question, Naruto venait de créer un mini Rasen-Shuriken avec son index droit.

- Parce que telle était notre mission. La défaite était claire, il n’y avait pas de possibilité de retourner la situation à notre avantage. Dans ce cas mieux vaut la mort que le déshonneur d’être capturé.
- Leur mort !
- En effet répondit Doku avec un petit sourire.
- Comment avez-vous pu…
- Ces hommes auraient eu de belles récompenses en cas de victoire. Il est normal qu’en cas de défaite le prix à payer soit élevé.
- Mais vous vous écoutez ?! Comment vouliez-vous qu’ils gagnent ? Ils n’étaient pas assez nombreux.
- Une poignée de grains suffit pour cultiver un champ. Ou alors c’est de la mauvaise graine, inutile déclara Hiroto.
- Voilà des propos de personnes qui sont bien éloignées du terrain leur répondit Kakashi qui venait de les rejoindre.
- La réussite d’une mission passe avant tout. Il me semble que c’est une leçon que votre père a oublié…

Kakashi ne put se retenir de gifler Doku. « Ah vous n’allez pas vous y mettre vous aussi Kakashi ! » s’énerva Shikamaru tandis qu’il finissait de se rapprocher et d’augmenter son emprise sur ses deux proies.

- Bien, je crois que notre heure est venue.
- Tu ne crois pas si bien dire. Tu vois les ninjas qui arrivent ? Il s’agit de l’équipe chargée des interrogatoires. Ibiki Morino, cela te dit quelque chose ?
- Oui. Mais il lui faudra patienter pour nous avoir car c’est notre heure.
- Mais tu racontes quoi là ? lui demanda Naruto.
- A bientôt Hokage-sama lui dit Doku.

Une espèce de lumière blanche apparut alors et enveloppa les deux individus. La seconde d’après, elle avait disparu, emportant avec elle Doku et Hiroto.

- Ils commencent à m’énerver ces types, à disparaître tout le temps…

Naruto n’eut pas le temps de poursuivre que les ninjas chargés des interrogatoires venaient de les rejoindre et constataient qu’ils seraient au chômage technique pour le moment. Ils durent d’ailleurs rapidement s’écarter pour faire de la place à Raido qui avait un message urgent à transmettre :


- Hokage-sama ! D’après les premières transmissions radio’, il semble que le même événement s’est produit sur les autres champs de bataille. Des hommes sont apparus, qui ont éliminé tous les soldats ennemis. Et ils portaient un manteau blanc et noir.
- Bon sang mais qu’est-ce que cela veut dire ? Ils attaquent et voyant que la guerre est perdue ils se sabordent eux-mêmes ? interrogea Gaï.
- C’est un certain sens de l’honneur dit Shikamaru. Mais il semble leur avoir été imposé.

Sans s’être regardés, Shikamaru, Naruto et Kakashi pensèrent la même chose : L’hypothèse dont nous avons discuté avec Shikaku et qui a été retenue sort renforcée de cette victoire.
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MessagePosté le: Sam 26 Jan 2013, 12:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 6 : Les infiltrés



- Masato-sama je peux vous poser une question ?
- En rapport avec la mission ?
- Pas vraiment mais…
- Alors garde-la pour plus tard.

Tetsuo se renfrogna mais comprenait que la concentration devait être maximale pour cette mission. Il fallait récupérer ce que leur chef avait demandé et les informations récoltées lors de la visite précédente devaient garantir un succès total, surtout avec le faux conflit qui se déroulait en même temps.

- Nous y sommes.

Ils s’arrêtèrent devant l’invisible barrière qui prévenait le village de Konoha de la moindre entrée suspecte. Mais pénétrer dans le village n’était pas impossible : le champ protecteur entourant le village comportait quelques zones moins bien couvertes, où la perception des ninjas sensoriels était amoindrie. Il fallait alors dissimuler au maximum son chakra et passer exactement à l’endroit indiqué pour ne pas se faire prendre. Le contrôle du chakra devait donc être extrêmement précis et la moindre défaillance signifiait l’échec – au moins partiel – de leur mission.

Ils traversèrent la barrière invisible et patientèrent une dizaine de secondes. Pas de ninjas à l’horizon. Ils avaient dû réussir. A partir de là ils se faufilèrent dans Konoha sans attirer l’attention. Le village était en partie dépeuplé de ses forces par le conflit actuel mais Masato et Tetsuo remarquèrent qu’il restait les équipes de l’Anbu et que d’autres ninjas quadrillaient le village. Jusqu’ici tout va bien se dit Tetsuo alors qu’ils arrivaient en vue du bâtiment de l’Hokage. La ronde des Anbus leur laissait une dizaine de secondes pour pénétrer par la fenêtre qui avait été repérée précédemment par Masato.

En utilisant le Kinton, Tetsuo fit une ouverture suffisante pour qu’ils puissent passer. Une fois à l’intérieur, Masato colmata la brèche avec de la glace. Ils évoluèrent rapidement et silencieusement dans le bâtiment désert et arrivèrent devant une porte où était inscrit « Archives et documents ». A l’aide du Kinton, Tetsuo ouvrit la porte sans trop endommager la serrure. Ils firent quelques pas en direction d’une immense armoire où un sceau était aposé.

- Voilà donc le sceau dont Goro-dono nous a parlé ?
- Oui. Tu as celui pour le désactiver ?
- Bien sûr.
- Applique-le.

Il fallut attendre une bonne minute puis le sceau céda et les portes de l’armoire s’ouvrirent.

- Nous avons dix minutes avant que le sceau ne se réactive. Il va falloir faire vite.

Ils commencèrent à fouiller puis, au bout de trois minutes passées à chercher et à pester contre ces monticules de documents et rouleaux, Masato trouva ce pour quoi ils étaient là : le rouleau des techniques interdites. Il repéra deux techniques précises, sortit alors un rouleau de sa poche qu’il appliqua sur le parchemin.

- C’est bon les techniques sont copiées ?
- Oui. Tiens prends le rouleau et va faire le guet. J’ai encore deux-trois choses à faire.
- Mais je croyais que…
- Pour induire sur une fausse piste.
- D’accord mais…
- Ne discute pas. Sinon je ne répondrai pas à ta question.

Tetsuo sourit et sortit pour surveiller. Masato en profita pour appliquer un autre rouleau sur celui des techniques interdites. Il entendit tout à coup un petit bruit de pas :

- Tetsuo je t’ai dit que…
- Qui êtes-vous ?

Masato se retourna. Une femme qui s’agrippait à l’embrasure de la porte était présente. Il soupira :

- Vous travaillez ici c’est ça ?
- C’est-à-dire que oui...
- Et vous savez que je vais devoir vous tuer.
- Euh je…

Elle n’eut pas le temps de poursuivre. Masato fondit sur elle et la saisit fermement.

- Ne vous en faites pas. Avec le froid que je vais générer votre cœur va s’arrêter de battre et ce sera comme si vous vous endormiez. Aucune douleur.
- A l’aide je…

Elle tomba raide morte.

- Rien à signaler je… Mais c’est quoi ça ? fit Tetsuo en revenant de sa ronde.
- Le résultat de ta brillante surveillance.
- Désolé. Je… je m’excuse.
- Je termine et on s’en va.

Il retourna dans la pièce et récupéra le rouleau. Il a pu recopier l’essentiel. Il le rangea dans sa poche, remit en place le rouleau des technique interdites avant que le sceau ne soit de nouveau actif. Il fit des entailles sur l’armoire pour laisser croire à un insuccès et renversa quelques éléments, ouvrit quelques dossiers présents dans la pièce. Il fallait donner l’impression de précipitation et d’insuccès. Pas sûr qu’ils se fassent avoir pour autant.Ils venaient de refermer la porte quand ils tombèrent sur Moegi.

- Mais c’est pas possible ! râla Tetsuo.

Un kunaï lui répondit, qu’il évita, et Moegi tenta de s’enfuir. Elle glissa sur le sol.

- Je crois que tu viens de comprendre pourquoi j’ai recouvert cet étage d’une fine pellicule de glace. Cela pénalise les déplacements en plus d’effacer les empreintes. Mais ce n’est pas tout : cela permet de ne pas laisser de traces de sang. Ainsi ton cadavre pourra être déplacé ailleurs.

Moegi paniquait.

- Tetsuo occupe-toi d’elle pendant que je m’occupe du corps de l’autre f… Non, ce n’est pas pour tout de suite.

En se retournant Masato tomba sur Udon.

- Bien joué pour être arrivé dans le dos.
- Ne la touchez pas sinon je… tenta Udon en reniflant.
- Tu vas faire quoi ? Te moucher ? lui demanda Tetsuo.

Udon réfléchit. Il avait peur et ne savait pas trop quoi faire. Appeler à l’aide ne servait à rien. Moegi était en danger et il n’était pas question qu’ils lui fassent du mal. Il se mit alors à composer des mudras :

- Suiton: Mizuame Nabara

Une vague de ce qui semblait être du mucus déferla sur le sol, recouvrant la pellicule de glace.

- Mais c’est quoi ça ? questionna Tetsuo alors qu’il avait un pied pris dedans.
- Une technique Suiton que j’ai modifiée. En mêlant un peu de ma morve, cela rend la vague plus collante et même en recouvrant vos pieds de chakra, vous êtes pénalisés pour vous déplacer.
- Mais c’est dégoûtant !
- C’est efficace.

Trop heureux d’avoir réussi à piéger les deux ninjas, Udon pensait déjà que Moegi allait peut-être lui donner un baiser pour le remercier et l’appeler « Mon sauveur ». Il ne redescendit pas assez vite de son nuage pour éviter les multiples lames de métal qui le frappèrent. Renversé sur le sol et gravement touché, Udon gémissait de douleur, tandis que son sang se répandait.

- On dirait que ta technique ne protège pas contre les attaques à distance.
- Et si on utilise le Hyôton, je crois qu’elle ne sert plus à rien…

Tetsuo était encore empêtré dans la technique de Udon mais Masato évoluait déjà librement et s’approchait du jeune ninja à terre. Bon sang je vais y passer. Il va me découper en morceaux et… Udon était dans l’incapacité de se relever. C’est alors qu’une ombre sauta au-dessus de lui et cria « Rasengan ! »

- Trop lent.

Konohamaru avait eu beau courir de toutes ses forces avec son Rasengan dans la main droite, il s’était fait saisir le poignet au moment où il s’apprêtait à toucher son adversaire. Le Rasengan avait fini sa course dans le mur, créant une ouverture béante qui donnait sur le bureau de Shizune. Elle était absente.


- On va avoir encore combien de casse-pieds ? Pour une opération discrète, c’est en train de virer au fiasco remarqua Tetsuo.
- Plus besoin de prendre de gants désormais.

Masato relâcha Konohamaru. Ce dernier voulut saisir l’occasion pour contre-attaquer mais il reçut un coup de genou dans le ventre avant même d’avoir pu esquisser un geste. Dire que j’étais venu pour cacher des pétards dans le bureau de Naruto Niichan. J’aurais dû envoyer un clone plutôt que de foncer tête baissée en voyant Udon et Moegi en danger. Masato le saisit par le col et le projeta dans la pièce à côté.

- Tu m’excuseras de ne pas te ménager mais le temps tourne.
- Peuh tu parles au prochain Hokage fit Konohamaru en se relevant.

Intéressant ce gamin. Ses yeux n’affichent pas de peur mais la volonté de se battre. Pour l’instant du moins. Konohamaru fit un clone mais ce dernier eu à peine le temps d’apparaître qu’il s’évapora, embroché par un pic de glace. Sans clone, je ne peux pas utiliser le Rasengan. Mais peut-être que je peux m’en sortir autrement… Konohamaru utilisa un sexy jutsu mais ce fut son nez qui saigna, suite au coup de poing qu’il reçut. Le justu s’annula et Konohamaru eut beau adopter une posture défensive, son adversaire prit rapidement en défaut sa garde. Il fut frappé au visage, reçut des coups de pieds dans les côtés et une balayette jeta le candidat au poste d’Hokage au sol. Il voulut ramper à terre pour s’éloigner et se relever mais il sentit une pression au niveau du cou.

- On ne t’a jamais dit que ton écharpe était trop longue ? Cela peut-être un inconvénient.

Masato tira sur celle-ci et Konohamaru fut projeté en arrière et reçut le poing droit de son adversaire dans le ventre. Pendu par son écharpe, Konohamaru servit de punching-ball le temps de quelques enchaînements, avant que Masato ne le fasse passer par la fenêtre.

- Moi aussi je voulais jouer avec l’écharpé ! La gamine était trop faible.
- Ce n'est pas un jeu lui répondit Masato alors qu’une bonne partie de l’écharpe de Konohamaru lui était restée dans la main.

Les deux ninjas interrompirent leur échange et firent un pas de côté pour éviter une volée de kunaïs. De la fenêtre endommagée comme du couloir apparaissaient des ninjas Anbus.

- Vous feriez mieux de ne pas bouger.
- Tetsuo, on dégage de là.

Dans l’instant les deux ninjas forcèrent le passage en bousculant les Anbus présents dans le bureau et firent voler en éclats une autre fenêtre. Le temps de se réceptionner au sol et de lever la tête : un comité d’accueil les attendait. Tsunade les menait tandis que Konohamaru et ses camarades étaient acheminés vers l’hôpital de Konoha.

- Je présume que vous allez rembourser les dégâts ?
- Vous ne nous feriez pas crédit ? Ah non c’est vrai : avec toutes les dettes que vous…

Tsunade n’apprécia pas ce rappel et sauta en l’air pour écraser Tetsuo d’un coup de pied. Ce dernier évita l’attaque mais perdit l’équilibre vu les dégâts que fit Tsunade en touchant le sol. Cela permit à la kunoïchi de le saisir et de le projeter une bonne vingtaine de mètres en arrière à l’aide d’un crochet du droit.

- Tu disais ?

Tetsuo se releva plutôt mal en point.

- Vous le laissez seul contre notre Hokage?
- Je n’aime pas intervenir dans un combat. Il n’avait qu’à tenir sa langue. Et puis il faut bien vous occuper ninjas de l’Anbu.

Sans en dire plus, les yeux de Masato virèrent au blanc, comme si deux petites flammes couleur de glace animaient ses yeux. Il composa immédiatement des mudras :

- Hyôton : le labyrinthe de glace.

Du sol émana d’épais murs de glace, qui enfermèrent les Anbus dans une espèce de petit labyrinthe. L’objectif était de les séparer afin de pouvoir les éliminer plus facilement. Cet environnement les perturba et Masato, en circulant à travers les parois, abattit facilement les huit Anbus qui cherchaient la sortie et les trois autres qui avaient grimpé sur les parois pour sortir de ce labyrinthe après avoir échoué à les briser.

- Vous n’êtes pas habitués à vous battre sur des terrains hostiles.
- C’est ce qu’on va voir !

Yûgao venait des airs et dégaina son sabre. Elle trancha le pic de glace qui lui était destiné. Masato parvint néanmoins à déclencher plusieurs excroissances de glace qu’elle ne pouvait ni contrer ni éviter. Sa réception lui sera fatale.

- Mokuton : l’enceinte de bois !

Sauvée. L’intervention de ce ninja de l’Anbu, venait de contrer l’offensive de Masato.

- Yamato, vous êtes de retour parmi les Anbus ?
- On ne peut rien vous cacher.

Les trois adversaires étaient au sommet d’un des murs mais durent rapidement bouger. En effet, Tetsuo venait de percuter l’une des parois et de créer un effet domino qui abattit une bonne partie du labyrinthe. Si Tsunade avait libéré son Byakugô pour faire face aux attaques de son adversaire, ce dernier n’avait pas compris qu’elle pouvait ainsi contre-attaquer plus rapidement et que le corps-à-corps n’était pas une bonne idée. La voyant s’approcher alors qu’il continuait de lui envoyer des lames de métal, Tetsuo pensait qu’elle tomberait avant de l’avoir atteint.

C’était mal connaître les capacités de Tsunade qui, arrivée à hauteur de son opposant lui administra une leçon qu’il n’était pas prêt d’oublier : elle avait utilisé des scalpels de chakra – sans viser les points vitaux de Tetsuo –, afin de l’affaiblir et ainsi pouvoir le capturer pour l’interroger. Tetsuo avait ainsi perdu de sa lucidité au fur et à mesure que le nombre de ses blessures augmentait et n’avait pu éviter le dernier coup de Tsunade. Tout au plus avait-il constitué un bouclier de métal mal formé, qui n’avait pas été bien efficace.

- Voilà mon coéquipier bien amoché.
- Vous êtes le prochain ?

Masato rejoignit Tetsuo et lui glissa quelques mots : « Panse tes blessures et récupère quelques forces, je vais bientôt venir te chercher. » Sans plus attendre il se retourna et rejoignit Tsunade. L’affrontement commença. Il se bat bien mieux que l’autre. Il est plus réfléchi, laisse peu d’ouvertures. Il semble bien mieux me connaître et ne cherche pas à profiter des ouvertures que je peux lui laisser. Il va falloir jouer serré.

Voyant leur Hokage combattre, Yûgao et Yamato firent signe aux autres Anbus de se dispoer de manière à couper toute possibilité de retraire aux assaillants. Il va falloir abréger ce combat pensa Masato.

Il parvint à se rapprocher de l’endroit où était allé le reste de l’écharpe de Konohamaru, qu’il avait lâché au moment de se réceptionner. Il le glissa dans sa poche. Il lui fallait maintenant attendre qu’une occasion se profile pour appliquer son plan.

Profitant d’un crochet du droit de Tsunade, il évita le coup, bloqua ses bras grâce à deux clones de glace. Tandis qu’elle se débarrassait des clones, Masato prit appui sur l’un d’eux pour passer derrière Tsunade et nouer l’écharpe au niveau de ses yeux. Profitant de l’ouverture ainsi créée, il la blessa gravement en la tranchant depuis l’épaule droite jusqu’au rein gauche. Il lui cassa également les deux clavicules au moyen d’un marteau de glace. Il lui asséna un coup de pied afin de la mettre à genoux. Il s’approcha et ouvrit sa main droite. De très fins cristaux de glace se rassemblèrent pour former une épée.

Voyant cela, Yûgao et Yamato se joignirent au combat. Yûgao bloqua le coup d’épée avec son sabre pendant que Yamato éloignait Tsunade. Parfait.

Masato donna alors une impulsion sur le sol, ce qui fit apparaître une marche de glace derrière Yûgao. Elle s’entrava en reculant. Masato en tira profit et la frappa mortellement avec son épée au niveau du sternum. Couchée sur le sol, la bouche pleine de sang, Yûgao ne faisait plus un geste. Hayate je vais donc te rejoindre ?

« Yûgao ! » cria Yamato. Il lança son attaque d’étouffement par les ronces mais Masato gela le bois qui l’entourait. Il fit alors éclater le bois en de multiples morceaux, ce qui poussa Yamato à se protéger le visage. Masato en profita pour contre-attaquer et transpercer son adversaire au niveau du bas-ventre avec son épée. Il s’écroula sur le sol. Profitant de l’incrédulité chez les autres Anbus, Masato rejoignit Tetsuo. Quand il le releva, il ne put éviter le coup de Tsunade.

- Un rétablissement plus rapide que je n’avais prévu dit Masato en crachant du sang.
- Enfoiré je vais te…
- Il n’est pas trop tard pour sauver Yamato. Voulez-vous continuer l’affrontement où soigner un de vos hommes ? Qui plus est c’est le seul à posséder le Mokuton non ?

Tsunade le regarda, hésita, puis finit par rebrousser chemin tout en hurlant « Occupez-vous d’eux le temps que je soigne Yamato. » Mais le temps que les Anbus réagissent, Masato et Tetsuo étaient déjà en route.

- Tu as pu récupérer ?
- Un peu oui. Mais c’est moi où il commence à faire sombre ?
- C’est…
- Les paumes fracassantes !

L’intrusion du père de Chôji faillit surprendre le duo mais une protection de glace leur permit de ne pas être écrasés par les paumes.

- Tetsuo ne bouge pas.

Masato avait toujours ses flammes blanches dans les yeux. Il n’y avait pas que Chôza mais des membres du clan Inuzuka, Aburame ainsi que des Nara plus des ninjas de l’Anbu.

- Hyôton : Tempête de glace !

Une tempête et un blizzard de grande ampleur s’abattirent sur Konoha. Masato en profita pour créer un oiseau de glace, auquel il confia le parchemin qu’il avait « rempli » dans la salle d’archives et le laissa prendre son envol.

- Ne vous inquiétez pas, je vais me décupler comme ça je pourrais mieux voir et vous…

Chôza n’eut pas le temps de finir sa phrase ni de commencer à se décupler. Masato venait de le blesser au niveau de la gorge et du nombril.

- Dans la tempête, personne ne vous entendra crier.
- Enfl…

Ne voyant pas à cinquante centimètres, Tetsuo était comme paralysé et déclencha une lame de métal sur son avant-bras quand Masato l’attrapa par l’épaule. Ce dernier fut protégé par un bouclier de glace.

- Du calme, c’est moi. Allons-y maintenant.

Aveuglés par la tempête les ninjas de Konoha avaient du mal à se coordonner.

- Est-ce que l’odorat des Inuzuka peut les repérer ? Que fait Chôza ? Pas moyen des les attraper avec la manipulation des ombres !
- Avec ce froid on les sent à peine.
- Ils vont nous échapper !

Déjà Masato et Tetsuo venaient de traverser le champ protecteur, faisant fi d’être repéré. Tetsuo avait du mal à suivre la cadence mais il fallait mettre le plus de distance possible pour ne pas être poursuivi.

- Merci Masato-sa…
- N’utilise ta langue que si elle te fait avancer plus vite !

Tetsuo se tut pendant le reste du trajet. Alors qu’ils approchaient de la frontière entre le pays du Feu et le Pays de l’Herbe, il dit quand même :

- Oh mince !
- Quoi ?
- On a oublié de prendre des ramens chez ce Ichiraku pour savoir si elles sont meilleures que celles que nous fait Jizo.
- J’aurais dû te laisser là-bas.
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Jûbi


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MessagePosté le: Dim 27 Jan 2013, 1:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 7 : Les déménageurs de l’extrême



En parvenant dans la salle où était exposé le Pot de purification ambré, Joïchiro ne put s’empêcher de bâiller. « C’est trop facile ! » déclara-t-il à la femme rouge. Le nombre de ninjas présents à Kumo avait été réduit, du fait de leur déploiement contre les troupes ennemies qui avaient pénétré sur le territoire. Les deux membres des Ailes de la Libération n’avaient donc pas eu à forcer pour se faufiler jusqu’à leur objectif. Shiori avait néanmoins dû réfréner les ardeurs de Joïchiro qui ne pensait qu’à aller s’offrir un deuxième round avec le Raikage. « Vos bras ont une autre mission aujourd’hui » lui avait-elle répondu. Cela semblait suffire. Pour l’instant.

Ils s’approchèrent du piédestal où le Pot était entreposé. Joïchiro le gravit et remplaça le Pot par un faux réalisé suite aux informations recueillies lors de leur première visite. « Devoir trimballer cette copie a été la partie la plus difficile de la mission ! » Il venait de redescendre et de poser le Pot à terre lorsque sept ninjas de Kumo firent irruption dans la salle. Le Pot possédait une alarme silencieuse, placée dans la toile sur laquelle était posée le Pot. Ce dernier ayant été déplacé et la copie étant plus légère, une variation du poids avait été noté et l’alarme s’était déclenchée.

- Ces manteaux, vous faites partie des Ailes de la Libération !
- Oui. C’était là la question des condamnés ?
- Comment ?
- Yôton : Yokai no Jutsu

Une vague de lave engloutit les sept ninjas. Deux d’entre eux essayèrent d’utiliser des techniques Suiton pour arrêter la lave avant qu’elle ne les recouvre mais ce fut sans effet. Ils furent dissous en l’espace d’un instant.

- Ils étaient à moi !
- Rassurez-vous Joïchiro, voici de quoi vous satisfaire…

Nurui, Kayui, Yurui et F venaient de débarquer. Omoï et Karui les suivaient.

- Les deux épéistes sont pour moi ! dit Joïchiro et sans attendre il se précipita à leur rencontre.

S’il fonce sur nous et qu’il nous rate, il risque de rentrer dans le mur. Cela pourrait provoquer un éboulement qui pourrait être dangereux. Et si cet éboulement a lieu sur une faille sismique, il se pourrait qu’un tremblement de terre survienne. Kumo serait alors rayé de la carte parce que nous n’avons pas su l’arrêter. C’est inquiétant… pensa Omoï.

- Omoï arrête de penser et prépare-toi à calmer ce débile ! Prends sa droite !

Karui sortit son katana et visa l’épaule gauche, Omoï la jambe droite. En ciblant ces deux endroits, leur adversaire serait pris au dépourvu et devrait privilégier la défense de sa jambe, laissant à Karui la possibilité de le blesser et de réduire ainsi ses capacités offensives.

- Technique de Kumo : double découpe !

Après avoir touché leur adversaire à l’épaule et à la jambe, Omoï et Karui se retournèrent. Ils ne purent que constater l’inefficacité de leur attaque combinée. Les os de Joïchiro avaient en effet poussés et l’avait protégé aux deux endroits ciblés par ses adversaires.

- Si vous n’avez que ça à me proposer…

Joïchiro fondit sur Karui. Cette dernière tenta de le toucher à la tête mais une protection osseuse arrêta sa lame. Il lui arracha son katana des mains. Elle voulut réagir en lui collant un crochet du droit mais sa main fut blessée par les multiples os qui sortirent de la joue de Joïchiro. Ce dernier la saisit par le poignet, lui infligea un coup de genou au visage, un coup de poing dans le ventre et la projeta de l’autre côté de la salle. Omoi la récupéra et la posa au sol.

- Ne relâche pas ton attention petit !

Joïchiro était dans les airs et utilisa les phalanges perforantes. Omoï dévia celles qui le menaçaient lui et Karui et tenta à nouveau de toucher Joïchiro.

- Ton épée n’est pas assez tranchante !

Il va falloir que je fasse passer mon chakra dans ma lame. Je n’ai pas d’autres idées en tête. Omoï aperçut l’épée de Karui et la prit. Je te la rends très bientôt. Il se mit en garde.

- Multiplier les épées ne fera qu’accroître ton incompétence !

Joïchiro fit pousser un os de son épaule et l’arracha. Il était temps de croiser l’os avec Omoï. Celui-ci fit passer son chakra Raiton dans les deux lames. Joïchiro visa l’épaule gauche mais Omoï parvint à dévier l’attaque avec le katana de sa main droite. Il utilisa alors celui de la main gauche pour le viser au ventre… et le toucher. Joïchiro recula. Omoï avait réussi non seulement à couper une partie des os que son adversaire avait fait apparaître sur son ventre mais en plus, il avait pu lui infliger une blessure. Pas assez importante pour lui faire abandonner le combat. Joïchiro sourit :

- C’est mieux ! Pour la peine, je vais te faire une petite danse. La Danse du Saule !

Joïchiro avait fait sortir des pointes osseuses de ses coudes, épaules, genoux et paumes et se mit à effectuer des enchaînements d’une telle vitesse qu’Omoi fut rapidement dépassé. Il ne parvenait pas à suivre les attaques et il sentit le bout de son nez saigner, tout comme ses avant-bras.

- Et c’est parti pour un autre tour !

Joïchiro repartit pour une série d’enchaînements mais Omoï ne fut pas touché et Joïchiro stoppa son attaque pour constater ce qui clochait.

- Ta danse est pourrie, je vais te montrer celle de Hachibi !
- Bee-sama !

Il est venu pensa Omoï tandis que Joïchiro réalisait que ses pointes osseuses avaient été découpées par des lames qui jonchaient le sol.

- Rapide et précis. Tu as sauvé ton équipier sans le blesser et je n’ai pas réalisé ce qui se passait immédiatement.
- Tes os dépassaient et je les ai limés. Tiens-toi prêt car je vais te défoncer !

Ils se lancèrent tous les deux dans des enchaînements de coups. Joïchiro causa quelques blessures à Killer-Bee mais celui-ci sut protéger ses points vitaux. Il parvint même à réaliser un enchaînement lame plantée dans le bras et coup de pied dans la gorge avant que Joïchiro n’ait pu durcir ses os. Rapide et ses mouvements sont irréguliers, ce qui complique toute anticipation se dit Joïchiro tandis qu’il retirait la lame de son bras et qu’il le transformait en un bélier osseux. C’est parti, voyons comment tu vas te comporter contre ça !

Bee esquiva les premiers coups puis il empoigna Samehada, se recouvrit du manteau de Hachibi et frappa le bélier osseux. Les os le composant se brisèrent, à la grande surprise de Joïchiro. Je comprends. Pour durcir ses os il a besoin de chakra. En l’aspirant, Samehada amoindrit leur résistance et ainsi Bee-sama a pu briser toutes les excroissances qui formaient ce bélier pensa Omoï. Bien joué maître Bee.

- Joli coup. Briser mes os de cette façon. Cela me pousse à passer au niveau suivant pour le durcissement. La Danse du Camélia et du Mélèze !

Killer-Bee eut cette fois-ci du mal à faire face au katana osseux de son adversaire ainsi qu’aux os qui émanaient de tout son corps. Joïchiro parvint à planter son katana dans le pied de Bee, ce qui immobilisa ce dernier et permit à son adversaire de lui infliger plusieurs blessures. Bee tomba à genoux.

- Déjà fini ?
- Non mon ami car j’ai une infirmière qui m’apprécie !

Samehada venait de rejoindre Bee et ses blessures guérissaient à vue d’oeil. Il se remit debout et renvoya le katana osseux à son adversaire.

- Oh oh, c’est intéressant. Mais je vais laisser de côté ce petit canif et passer à autre chose.

Joïchiro jeta son katana par terre et passa sa main derrière la tête. Il en sortit sa colonne vertébrale.

- Ce mec utilise sa colonne comme une arme. Cela risque de faire du vacarme !

Killer-Bee se mit en Version 2. Les deux adversaires s’observèrent l’espace d’un instant puis foncèrent au contact l’un de l’autre.

- La Danse de la Clématite à grandes fleurs !
- Lariat !

Le contact fut d’une violence inouïe. Il déboucha sur un match nul. La colonne vertébrale fut brisée mais la dureté des os était telle qu’elle infligea à Bee une profonde blessure à l’épaule gauche. Tu aurais dû être plus vigilant Bee. En plus Samehada ne semble plus en mesure de te soigner. – Ouais Hachibi mais ce type, c’est pas de la gnognotte.

- Même si je n’ai que le bras droit tu vas avoir les foies.

Joïchiro utilisa les phalanges perforantes que Bee évita.

- On va voir comment tu t’en sors avec ça : La danse des Fougères arborescentes !

Joïchiro plaqua ses mains au sol et une multitude de pointes osseuses jaillirent. Omoï vint prêter main forte à Bee mais ce n’était pas suffisant pour repousser la quantité de pointes qui jaillissaient du sol. Samehada vint à leur aide en se plaçant entre eux et les pointes.

- Merci ma belle !
- Gui gui…


- Ne me dites pas que vous avez besoin d’un coup de main ?
- Ils sont résistants ces bougres mais je les aurais. Et de votre côté ?
- Ma collection de statues est terminée.

F, Nurui, Kayui et Yurui étaient devenues des statues de lave noire. La femme rouge aimait procéder par petites touches : d’abord recouvrir les extrémités pour ralentir la cible puis la recouvrir entièrement.

- Alors occupez-vous du Pot, car il est en train de filer…

Shiori regarda en direction du piédestal. Karui avait pu récupérer et reprendre son katana. Elle avait empoigné le Pot et quittait la salle. Mais le pot était lourd et encombrant. Elle eut juste le temps de sortir pour devoir s’écarter afin d’éviter une projection de lave.

- Si tu pouvais me remettre ce pot, je t’en serais très reconnaissante.
- Parle à mon cul !
- Quelle vulgarité.

Karui saisit son katana et tenta de la trancher à distance. Son coup vint entailler une paroi de lave que Shiori venait de faire apparaître.

- Je vais faire de toi une belle statue.

La lave entoura Karui. Elle essaya de trancher la lave mais cette dernière se reformait aussitôt le coup porté. Je suis finie.

- Ranton : Laser Circus !

Shiori dut interrompre son offensive et produire plusieurs protections afin de ne pas être touchée par les lasers de Darui.

- Tiens bon. Le boss et les renforts ont été prévenus. Il reste encore quelques poches de résistance mais ils seront vite là.

Un grand fracas accompagna ses paroles. Un mur du bâtiment où le pot était exposé céda en partie et Joïchiro se réceptionna un genou à terre. Bee avait utilisait la transformation partielle pour augmenter le volume de son poing droit et adresser un coup à Joïchiro qui avait traversé les rangées d’os.

- Cela devient enfin intéressant !

Les yeux de Joïchiro brillaient de l’envie de se battre. Il va finir par m’emporter dans la tombe avec lui se dit Shiori. Elle profita du petit moment d’arrêt, provoqué par l’arrivée de Joïchiro pour se rapprocher de Karui, esquiver son coup de katana et la séparer du Pot. Elle créa alors un dôme de lave pour recouvrir ce dernier. Maintenant il faut trouver un moyen de sortir d’ici.

- Elbow !

Shiori eut à peine le temps de se décaler d’un pas pour éviter le coup du Raikage enveloppé de son armure de Raiton.

- Shikaku avait raison. Vous cherchez bien autre chose !
- Allez savoir.
- Vous allez me rendre le Pot.
- Je n’aime pas le ton que vous prenez avec moi dit Shiori alors que dans ses yeux des lueurs rouges apparaissaient.

Le Raikage fixa Shiori. L’instant d’après il était derrière. Elle avait prévu cela et un mur de lave la protégeait. Mais le Raikage se trouvait maintenant à sa droite, puis à sa gauche, puis devant... Finalement la lave constitua un dôme de protection recouvrant Shiori. Et maintenant Raikage ? Vous ne savez pas d’où je vais pouvoir vous attaquer mainte…

Le sol sous ses pieds venait de s’ouvrir : le poing du Raikage apparut et elle ne put éviter le Lariat. Le dôme de lave s’effaça, laissant apparaître le Raikage et Shiori, à genoux, complètement sonnée et avec une blessure profonde au thorax.

- Co… comment avez-vous…
- J’ai déjà perdu un bras contre des flammes, pas question de recommencer l’opération.

Cela ne sent pas bon se dit Joïchiro qui avait récupéré le Pot au moment où les deux dômes de lave avaient disparu. Si je dois ramener le pot et elle cela va être dur de leur échapper. Va falloir remettre la petite en route ou bien l’abandonner. Joïchiro rejoint Shiori et le Raikage, tandis que les autres ninjas de Kumo se rapprochaient. Il utilisa les phalanges perforantes ainsi que la danse des Fougères arborescentes pour faire reculer le Raikage et maintenir à distance les autres assaillants le temps de parler à sa coéquipière.

- Shiori-sama vous allez bien ?

Elle avait du mal à se relever.

- J’ai connu mieux mais cela devrait aller.
- Bon, pour sortir de ce guêpier, vous avez un plan ?
- Peut-être…

Peut-être ? C’est quoi cette réponse ? Elle n’y est plus. Elle n’a pas la gnac. Bon, je la laisse ou pas ? Allez, je vais la provoquer et voir ce qui se passe. T’as intérêt à te ressaisir !

- C’est sûr ou pas ?

Elle se mit debout et, encore chancelante, composa des mudras :

- Yôton : L’éruption volcanique !

Shiori venait de créer une colonne de lave qui, en retombant, visait les ninjas de Kumo, ce qui permit de les éloigner. Mais le Raikage, avec sa vitesse de déplacement, restait une menace pressante.

- Et maintenant ?

Le sol se mit à trembler et un cri retentit. Bee venait de se transformer en Hachibi et préparait une Bijû Ball.

- Voilà notre chance.

Shiori créa un mur de caoutchouc autour d’eux. Joïchiro ne comprenait pas ce qu’elle voulait faire.

- Ce ne sera jamais assez résistant contre une telle attaque.
- Yôton : Boule élastique.

La boule recouvrit Shiori, Joïchiro et le Pot. La Bijû Ball fut lancée et frappa de plein fouet le mur de caoutchouc. Ce dernier se déforma sous la pression du choc et donna une formidable impulsion à la Boule élastique qui décolla dans le ciel sous le regard incrédule de tous les ninjas de Kumo.

- Il fallait y penser à cette variante du lance-pierre.
- Merci. J’ai consommé la quasi-totalité de mon chakra pour créer ce mur et cette boule et les rendre assez résistants pour assurer notre sortie.
- Elle restera dans les mémoires ! Mais l’atterrissage ne risque pas d’être un peu rude ?
- Je compte sur vous afin que le pot et moi-même en sortions intacts lui répondit Shiori avant que les flammes de ses yeux ne s’éteignent et qu’elle perde connaissance.


Dernière édition par Mat le Mer 13 Fév 2013, 1:21 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 29 Jan 2013, 12:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 8 : Naruto sur tous les fronts



- Les travaux de remise à neuf sont terminés ?
- Depuis ce matin. Il faut dire qu’il n’y avait pas grand-chose à réparer, surtout si on compare avec l’attaque de Pain.
- Mais sur le plan humain il n’en va pas de même.
- Naruto tu…
- Non c’est bon. Désolé, j’étais ailleurs.

Réunis dans le bureau de Naruto, ce dernier, Tsunade et Kakashi attendaient Shikamaru. Le temps que leur échange se termine et on frappa à la porte.

- Entrez fit Naruto.
- Désolé pour le retard. J’étais en communication avec mon père et cela a duré plus que prévu. Je crois que nous tenons quelque chose.

Shikaku était parti pour Kumo afin de s’entretenir avec le Raikage et étudier de plus près l’intrusion des deux ninjas. Il avait contacté son fils afin qu’ils recoupent leurs informations et puissent en tirer des hypothèses immédiatement exploitables. Les recherches pour retrouver la trace des intrus s’étaient soldées par un échec de tous les côtés. Peut-être étaient-ils au Pays du Son, peut-être celui de l’Herbe, de la Pluie, tous à la fois ? Impossible d’affirmer quoi que ce soit.

- Alors qu’est-ce qu’on a ? demanda Naruto.
- Rien n’a été volé. La salle des archives a été ouverte, il y a des entailles sur l’armoire mais son contenu est intact. Des documents ont été consultés mais ils sont de nature secondaire.
- Pourtant ils n’étaient pas là pour plaisanter ajouta Tsunade.
- Ils auraient donc volé le Pot à Kumo et c’est tout ? interrogea Naruto.
- A première vue oui. Les informations en provenance des autres grands villages indiquent qu’aucune intrusion n’a été repérée. Ils n’ont fait face qu’aux conflits signalés à la fin du dernier sommet. Et tous les soldats ennemis sont morts. Aucun prisonnier n’a pu être fait suite à l’apparition de personnes similaires à celles que nous avons vues à la fin de la bataille. D’après les autopsies pratiquées, les soldats auraient été abattus grâce à un poison foudroyant diffusé dans leur corps. Mais nous ne savons pas encore comment ils l’ont ingéré ni pourquoi nous n’avons pas été affectés.
- Ils contrôlent scrupuleusement leurs informations observa Tsunade. Cela doit cacher un projet d’importance.
- Possible. Mais revenons à ce qui s’est passé ici. Comme je le disais on pourrait penser qu’ils ont fait chou blanc…
- Ou qu’ils veulent faire croire à un échec proposa Kakashi.
- En effet. Mais comment en être sûr ? C’est là que j’ai eu une idée : l’archiviste qui a été tuée, peut-être avait-elle pu voir quelque chose avant de mourir. J’ai donc demandé à Inoichi de pénétrer dans son esprit pour voir si on pouvait récolter des informations.
- Mais elle était morte non ? demanda Naruto.
- Depuis peu. Il a donc pu accéder à quelques bribes, les dernières images qu’elle a vues n’est-ce pas ? déclara Tsunade.
- Tout à fait. Inoichi n’a pas pu accéder à quelque chose de très précis, il y avait beaucoup de flou et plus le temps passait plus les images se dégradaient. Mais il a pu affirmer ceci : l’armoire était ouverte.
- Mais pourtant le sceau… commença Naruto.
- Ils ont dû utiliser un sceau de désactivation. Pendant une période limitée ils ont pu accéder au contenu de l’armoire. Mais ils n’ont rien volé. Donc ils ont recopié ou appris par cœur les informations qu’ils recherchaient.
- C’est ce que nous pensons Kakashi. Inoichi n’a pas pu voir avec précision l’armoire mais il semble que plusieurs rouleaux étaient ouverts. Nous n’en savons pas plus.
- Mais ce n’est pas négligeable dit Tsunade. Si on croise cela avec le vol du Pot, cela devrait délimiter les choix possibles non ?
- En effet. D’après ce que m’a dit mon père, le Raikage suggère qu’avec le Pot les Ailes de la Libération pourraient tenter de sceller Naruto voire Killer-Bee. Bref une idée autour des Bijûs et des réceptacles.
- Mais il leur manquerait les techniques de scellement non ? Elles ne sont pas dans la pièce qui a été visitée…
- Ils n’ont pas eu le temps d’y accéder en effet Tsunade-sama.
- Il faut donc chercher ce qu’ils pouvaient rechercher en lien avec un scellement dans le Pot. S’ils scellent, ils doivent vouloir le réutiliser par la suite. Hum…
- Le Tsuchikage avait aussi parlé d’autres sources de puissance pendant le dernier sommet avança Naruto. Peut-être faut-il se pencher sur cette idée. Ils ont déjà essayé de nous mener en bateau lors de leur guerre, peut-être veulent-ils continuer.
- Mais qu’est-ce que le Tsuchikage avait exactement en tête ? demanda Kakashi. Il faudrait lui demander et voir si cela pourrait coller.

Naruto, laisse-moi prendre la parole. Les yeux de Naruto virèrent au rouge et sa voix se fit plus rauque :

- Je crois qu’il avait en tête d’autres créations du Sage. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il n’a pas créé uniquement neuf Bijûs. Avant de nous créer il avait déjà donné la vie à de nombreuses créatures.
- Mais sont-elles encore en vie ? Peuvent-elles représenter une menace sérieuse ? demanda Shikamaru.
- Je crois me rappeler que tu as rapporté à Naruto une parole de ton père, à propos des légendes, qui étaient surfaites. C’est en partie vrai. Mais le Jûbi était fidèle à sa réputation, tout comme Madara Uchiha. Il en va de même pour ces créations.
- Mais nous n’avons pas vraiment de légendes précises à leur sujet dit Kakashi. Certes il y a des récits à propos de créatures « extraordinaires » mais cela remonte à l’époque du Sage et à ses fils. Par la suite, leurs traces se perdent.
- Peut-être cette organisation cherche-t-elle à raviver certaines créatures et le Pot, ainsi que ce qui a pu être pris ici servent de protections si jamais elles se révélaient incontrôlables. Mais je ne suis qu’un démon renard, pas un brillant esprit comme vous autres. Je divague peut-être…
- Si tu as pris la parole Kurama, c’est que tu estimais que ça en valait la peine non ?
- Le ninja copieur est également rusé. Mais je n’ai plus rien à ajouter, je vous repasse Naruto.

Tsunade, Kakashi et Shikamaru le remercièrent, ainsi que Naruto, d’être intervenu. C’était une piste nouvelle et elles méritaient de profondes investigations.

- Avec ces éléments je vais contacter le Tsuchikage et fouiller nos archives. Je vais aussi en parler aux autres nations et à mon père. Si besoin, je me permettrai peut-être de solliciter Kurama si cela ne te dérange pas Naruto ?
- Tout ce qui peut permettre de mettre la main sur ces types est une bonne chose. Il faudra juste que Kurama veuille bien te parler…
- Je compterai sur toi pour le convaincre !

Shikamaru prit congé et repartit au travail.

- Je vais aussi y aller dit Kakashi. Je vais passer à l’hôpital voir Yamato et Chôza. Et je crois aussi que j’irai voir Ebisu…

Yamato avait pu être sauvé par Tsunade mais il devait quand même passer quelques jours à l’hôpital. Il s’était trouvé mal à l’enterrement de Yûgao et des autres ninjas de l’Anbu, aussi passait-il quelques jours en observation. Chôza avait été sérieusement touché mais il était en bonne voie pour se remettre complètement. Il avait déjà commencé à toucher aux paniers que lui apportait Chôji, au grand dam des infirmières.

- Merci Kakashi-sensei. J’irai voir Konohamaru.

Kakashi salua et sortit.

- Tu veux aller le voir tout de suite ?
- Je ne sais pas. Quelles sont les horaires à éviter ?
- Sa jambe cassée lui fait mal. Ses côtes vont mieux mais sa luxation à l’épaule l’empêche de trop bouger. Toutefois ce n’est pas cela qui m’inquiète le plus.
- Son état d’esprit ?
- Oui. Il n’a parlé qu’à ses coéquipiers et dit « Désolé » à Ebisu. Pour le reste il ne fait pas des phrases de plus de cinq mots.
- Je comprends ce qu’il ressent.
- Je n’en doute pas. Quand je lui ai dit que tu passerais, après l’avoir ausculté, ses yeux se sont illuminés. Tu restes un modèle pour lui. Mais ce combat lui a aussi montré qu’il avait encore beaucoup de chemin à parcourir.
- Surtout quand son rêve est de devenir Hokage.
- Allez, va et ne traîne pas trop : j’ai encore pas mal de documents à te faire… Reviens je n’ai pas fini !

A l’écoute du mot « documents » Naruto avait immédiatement ouvert la fenêtre derrière lui pour sauter dans le vide. La partie administrative ne lui plaisait guère même s’il devait en passer par là. Une fois au sol il adressa un grand sourire à Tsunade et fila à toute allure.

- On ne le changera pas.

Naruto avait décidé de passer par les toits pour rejoindre l’hôpital : cela lui permettait de ne pas être arrêté par des habitants et aussi de retrouver l’atmosphère de son enfance, quand il courait par les toits pour échapper à Iruka, à Kakashi. Konohamaru étant dans une chambre au troisième étage, Naruto ouvrit la fenêtre et pénétra dans la pièce.

- Bonjour Konohamaru !
- Hokage-sama.
- Tu m’appelles comme ça maintenant ?
- Oui, je ne suis plus votre rival mais un ninja, un ninja ridicule.

Konohamaru essaya de se retenir mais les larmes coulaient le long de ses joues. Et vu les traces, ce ne sont pas les premières.

- Le Konohamaru que je connais ne se laisse pas décourager par des blessures. Il repart encore plus fort !
- Ce Konohamaru là, il était naïf et imbécile. Il faisait des blagues et vous…
- Arrête de me vouvoyer s’il-te-plaît. Qu’est-ce qu’il y a ?

Naruto s’assit sur le lit de Konohamaru et plongea son regard dans le sien. Troubles, peine, colère, impuissance, voilà un mélange bien néfaste pour toi. Il va falloir que je te sorte de cette spirale.

- J’ai échoué. Je n’ai pas su protéger mes amis. Comment peut-on être Hokage si on ne peut pas sauver ceux qui vous sont chers ?

La phrase interpella Naruto au plus profond de lui-même. Il prit une petite inspiration avant de répondre.

- Parfois on fait face à plus fort que soi. Certains auraient pu s’enfuir pour s’en sortir sain et sauf. Toi tu es resté et tu as combattu pour sauver tes amis.
- Pour quel résultat ?
- Ils sont en vie et…
- Udon ne sera plus jamais ninja ! cria Konohamaru alors que les larmes coulaient de plus belles. Et Moegi elle… elle a été blessée et sérieusement. Comment pourra-t-elle jamais vouloir refaire équipe avec moi ? Ah il est beau le petit-fils du 3ème Hokage, il sait protéger son équipe ! Si je n’avais pas voulu pénétrer dans le bâtiment pour cette histoire de pétards rien ne serait arrivé et ils seraient sains et saufs !

Naruto ne savait pas quoi répondre. C’était une nouvelle tragique qui avait bouleversé bon nombre de shinobis. Tsunade encore affaiblie du combat avait dû prendre du repos après avoir soigné Yamato. Sakura, Ino et Shizune avaient donc procédé aux opérations pour les blessés restants. Shizune avait soigné Chôza, Ino avait sauvé l’œil droit de Moegi mais Sakura n’avait rien pu faire pour Udon. La colonne vertébrale avait été trop gravement touchée par les lames de métal. Il resterait paralysé pour le reste de ses jours. Tsunade avait rassuré Sakura en lui disant qu’il n’y avait rien à faire et Naruto lui-même était allé la voir pour la remercier de tout ce qu’elle avait tenté. Ayant participé au dernier conflit et soigné de nombreux blessés elle semblait plutôt bien prendre la chose, même si elle s’en voulait intérieurement de ne pas pouvoir en faire plus.

- Parfois on ne peut rien faire pour protéger ses camarades et certains s’en vont sans qu’on ne puisse rien faire. Je n’ai pas réussi à ramener Sasuke. Mais cela m’a servi à devenir plus fort…
- Mais ce n’est pas pareil ! Sasuke n’est pas parti à cause de toi. Udon est dans cet état par ma faute ! Les ninjas qui se fichent de leurs compagnons sont pires que des déchets : et j’en fais partie.
- Et tu t’arrêtes là ?
- Comment ça ?

Konohamaru était surpris par le ton et la question de Naruto. Il était devenu plus froid, son regard était devenu plus sérieux et son visage s’était fermé.

- Tu as eu un équipier gravement blessé et une autre sérieusement donc tu préfères abandonner ? C’est ça pour toi être un shinobi ? Un shinobi c’est quelqu’un qui souffre et qui sait utiliser cette souffrance pour devenir meilleur. Si tu ne supportes pas l’idée de voir tes camarades blessés alors fais en sorte de t’améliorer, d’être encore plus performant. C’est comme ça que tu les protègeras et que leur souffrance n’aura pas été inutile.
- Je…

Bravo Naruto tu as arrêté ces larmes. Tu deviens doué pour les discours. A ce rythme, tu vas finir par faire de l’ombre au discours de mobilisation que Gaara avait prononcé et qui avait tellement marqué les esprits. – Oh ça va Kurama, tu es un peu trop moqueur en ce moment. Va falloir qu’on remette les choses au point si ça continue !

- Mais c’est une voie très dure. Peut-être te conduira-t-elle au poste de Hokage. Ou peut-être pas. Quoique, cet objectif ne t’intéresse plus d’après ce que tu dis… Je vais y aller, il se fait tard.

Naruto se leva du lit et se dirigea vers la fenêtre mais Konohamaru l’interpella.

- Une minute !
- Oui, qu’est-ce que…

Konohamaru venait de descendre de son lit. Il s’était plus ou moins agenouillé par terre et venait d’abaisser la tête.

- Je te demande de m’excuser. J’ai…
- Tu n’as pas à t’excuser Konohamaru. C’est normal de traverser une mauvaise passe. L’essentiel est que tu en sortes le plus vite possible et renforcé. Notre monde est impitoyable et ce n’est pas parce que nous avons gagné la guerre contre l’Akatsuki que tout va pour le mieux.
- Oui Naruto Niichan.
- Va voir tes coéquipiers dès que possible. Tu as sûrement beaucoup de choses à leur dire.
- Tu peux compter sur moi !

Naruto ouvrit la fenêtre, passa une jambe puis s’arrêta. Konohamaru était en train de se réinstaller tant bien que mal. Mais il avait appelé une infirmière via une pression sur un bouton.

- Avant de partir, j’aimerais te poser une question Konohamaru.
- Bien sûr ! Tout ce que tu veux !
- C’est l’homme qui utilise le Hyôton qui t’a mis dans cet état ?
- Oui. J’ai voulu le toucher avec un Rasengan mais il m’a saisi le poignet. Après il a enchaîné les coups et… il a déchiré mon écharpe quand il m’a projeté par la fenêtre. C’est avec elle qu’il a pu piéger Tsunade-sama et…
- Ne t’en fais pas, on t’en trouvera une autre. Remets-toi vite !
- Promis dit Konohamaru en séchant les larmes qui venaient de réapparaître.

J’espère que cette éclaircie dans son regard sera durable. Ce n’est pas évident ce qui lui arrive. pensa Naruto alors qu’il arrivait aux portes du bâtiment de l’Hokage. Il commençait à monter les marches quand il aperçut Hinata qui les descendait :

- Bonjour Naruto. J’étais passé à ton bureau mais tu étais absent.
- Salut Hinata. Que se passe-t-il ?
- Hé bien fit-elle en rougissant très légèrement, on pourrait peut-être en parler dans un endroit plus… tranquille.
- Pas de problème.

Naruto prit Hinata dans ses bras et en quelques bonds ils furent sur la terrasse du bâtiment.

- C’est mieux là ?
- Oui, merci. Désolé de t’avoir demandé cela mais…
- Ne t’en fais pas. T’as toujours été un peu coin… euh timide je veux dire. Alors de quoi voulais-tu me parler ?
- Je… Je sais qu’avec les derniers événements tu es bien occupé mais je me demandais si tu serais libre après-demain après-midi.
- Euh faut que je vois ça mais normalement oui, je dois pouvoir me libérer. Pourquoi ?
- Ce sera la date anniversaire de l’attaque de Pain. Aussi je… (Hinata se mit à rougir de manière plus prononcée.) Comme c’est là que nous… enfin que je…

C’est marrant son texte à trous. Tu crois qu’elle fait cela exprès pour que tu complètes ? – Kurama !

- Comme c’est ce jour-là que tu as avoué tes sentiments pour moi tu souhaites marquer l’occasion c’est ça ?
- Oui je… je sais que cela peut sembler stupide.
- Mais non, au contraire c’est très mignon comme attention Hinata. Rendez-vous en début d’après-midi devant le terrain d’entraînement où on s’était parlés avant que je n’aille affronter Neji. C’est bon pour toi ?
- J’y serai.

Hinata salua Naruto, fit quelques pas pour partir puis revint lui déposer un baiser sur la joue. Elle n’ajouta pas un mot et quitta la terrasse. Je ne te savais pas aussi perspicace avec les femmes, gamin. Tu me surprends. – Tu m’étonnes. Voilà une excuse en béton pour que Tsunade me fiche la paix ce jour-là !
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MessagePosté le: Ven 01 Fév 2013, 1:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 9 : C'est reparti



- Avec le lourd tribut que nous avons payé, il est inadmissible que nous n’ayons aucune compensation.
- La guerre a été un échec lui répondit Goro.
- Non. Vous souhaitiez perdre ce conflit ! Les effectifs étaient limitées, les formations mal préparées, certains de vos hommes ne sont pas intervenus sur le champ de bataille. Non seulement notre force de frappe était amoindrie mais en plus vous avez fait intervenir des hommes pour éliminer les survivants !
- Il fallait éviter que les prisonniers ne révèlent d’informations compromettantes.
- C’est une solution bien radicale.
- Vous donnez des leçons à notre chef sur un ton bien impertinent. Qui plus est, votre présence ici signifie que vous avez déserté le champ de bataille. Je me trompe ?

En disant cela les yeux de Shiori avaient commencé à prendre leur couleur rouge, signe que ses interlocuteurs risquaient de passer un mauvais moment.

- Oui nous sommes partis avant l’arrivée de vos « nettoyeurs ». Il semblerait que cela nous ait sauvés la vie.
- Plutôt rallongée d’un court instant.

Le petit groupe de plaignants n’eut pas le temps de répondre à Goro. Ils entendirent le mot « Yôton » et un des ninjas fut englouti sous une vague de lave. Les autres eurent le souffle coupé et le regard horrifié. Aucune attaque ne fut tentée : ils furent dissous sur place par l’apparition d’une flaque de lave à leurs pieds. Leurs cris de douleur ne firent sourciller aucun des visages présents aux côtés de Goro, assis sur son trône d’or situé sur une estrade à laquelle on pouvait accéder en montant sept marches.

- Bien, voilà qui devrait réchauffer l’atmosphère.
- Remarque judicieuse mon seigneur fit Tomao.
- Alors, est-ce que d’autres individus ont des récriminations à faire contre notre seigneur ? demanda Kaoru. Votre survie est le signe que vous avez été lâches aussi vous devriez vous estimer heureux que l’on vous laisse une seconde chance et que vous ne finissiez pas comme ce groupe de chiens !
- Nous, nous avons quelque chose à dire.
- Comment ?

Un petit groupe de ninjas portant des masques s’avança.

- Nous appartenons au peuple Hannya, du Pays des Bois. Nous avons connu des difficultés avec Konoha aussi votre proposition nous avait intéressée. Mais devant le début du combat nous avons préféré ne pas gaspiller nos vies et nous sommes retirés. De telles façons ne sont pas à mettre à votre crédit Goro-dono.
- Poursuivez lui répondit ce dernier.

Goro regardait son interlocuteur dans les yeux. Sa main gauche tenait sa tête tandis que d’un mot ou d’un signe de la droite il pouvait décider de la vie ou de la mort de ses interlocuteurs.

- Notre position est simple et elle ne devrait pas vous surprendre. Notre implication, même partielle mérite une récompense. Si vous ne nous offrez rien, nous irons en parler aux Kages. Ils seront sûrement disposés à nous offrir une récompense pour les informations que nous pourrions leur livrer.
- Il ne manque pas de cran celui-là ! s’exclama Kaoru.
- Il faut lui reconnaître cela, en effet. Mais je crains de répondre par la négative.

Goro abaissa sa main droite. Shiori lança sur eux plusieurs boules de lave. Encore sa manie de vouloir faire des statues ? se demanda Joïchiro. Ces boules furent arrêtées par un mur de glace. Shiori se tourna immédiatement vers Masato qui venait de retirer la main qu’il avait appliquée sur le sol.

- Pourriez-vous m’expliquer votre geste ?
- Oui comment osez-vous intervenir ? lui fit Tomao.
- C’est un acte de la plus haute trahison ! abonda Kaoru.

Tetsuo ne comprenait pas bien ce qui se passait mais Joïchiro intervint :

- Il n’a sans doute pas fait cela sans raison. Laissez-le se justifier, cela vous évitera bien des ennuis fit-il à l’adresse des deux derniers.
- Peuh il ne m’impressionne…
- Tais-toi Kaoru intervint Goro. Masato voudriez-vous m’expliquer le sens de votre intervention ? Vos succès vous pousseraient-ils à contester mes ordres désormais ?

Goro avait tourné la tête pour le fixer. Une mauvaise réponse et Masato-sama risque de se faire éliminer. Que faire si jamais cela tourne mal ? Pourquoi a-t-il fait cela ? s’interrogeait Tetsuo.

- Bien au contraire, c’est pour augmenter les chances de succès d’une certaine mission que j’ai sauvé la vie de ces hommes.

Il s’avança et se pencha vers l’oreille de Goro pour lui murmurer quelque chose. Les yeux de ce dernier s’illuminèrent.

- Mais c’est bien sûr ! Quelle brillante idée. Oui, oui c’est très bien pensé. Haruya ?
- Oui mon seigneur ?
- Donne une récompense bien méritée à nos amis du Pays des Bois.
- Mais…
- Fais ce que je te dis ! Mes amis veuillez pardonner ma faute de tout à l’heure. Masato, un de mes plus brillants commandants m’a rappelé à quel point vous étiez précieux. Aussi vous recevrez 1 000 000 de ryos.
- Un million de… s’étrangla Haruya.
- Pourquoi une telle générosité après avoir voulu nous éliminer ?
- C’est très simple : voyez ce million comme la moitié de ce que vous pouvez obtenir si vous participez à une nouvelle mission.
- Un piège ?
- Pas le moins du monde. Vous serez accompagnés par certains de nos commandants. C’est une mission de la plus haute importance pour les Ailes de la Libération. Et vos connaissances nous seront très utiles.
- Et si nous refusons ?
- Cette fois-ci je ne vous protègerai pas de la lave qui fondera sur vous lui répondit Masato.
- Alors nous acceptons. Mais avec méfiance. Ne vous moquez pas de nous cette fois-ci.
- N’ayez crainte : Haruya accompagne nos braves guerriers pour leur donner la récompense. Joïchioro, peux-tu accompagner Haruya ? Une fois ceci fait, indiquez leur leurs quartiers et retrouvez-nous dans la salle de réunion.
- A vos ordres.

Les ninjas du Pays des Bois quittèrent la salle en compagnie d’Haruya et de Joïchiro. Les cinq autres commandants suivirent Goro par la porte située derrière le trône, afin de rejoindre plus rapidement la salle de réunion. Goro s’approcha de Masato et le tira à part.

- Une idée lumineuse mon ami.
- Vous auriez eu la même la seconde d’après.
- Peut-être. Vous êtes vraiment intelligent en plus d’être un excellent guerrier.
- Vous me gênez.
- Non, non. Si tout le monde suivait votre exemple nos plans avanceraient mieux que prévu et plus facilement.

Le regard de Goro s’arrêta l’espace d’un instant sur Shiori. Sa mission à Kumo aurait donc été en deçà de ses attentes ? Pourquoi donc ? Quel jeu joues-tu Goro ?

- Tout s’est bien déroulé malgré tout.
- Certes, certes mais vous m’êtes de plus en plus précieux.

Moi ? Ou alors quelqu’un en rapport avec moi ?

- Vous vous égarez dans trop d’éloges.
- Bien sûr que non. Vous savez je pense que vous mériteriez d’intégrer ma garde personnelle. Vous êtes sûrs en plus d’avoir d’impressionnantes capacités.

Voilà donc l’appât avec lequel tu veux me ferrer ? C’est en rapport avec la prochaine mission ? Que vas-tu me demander ?

- C’est trop d’honneur que d’envisager cette possibilité.
- Elle pourrait se réaliser. Mais nous en reparlerons après la mission que je souhaiterais vous confier. Ah, voilà Haruya.

Joïchiro arriva peu après. Ils prirent tous place autour de la table. Quatre membres de la garde personnelle de Goro prirent place à côté de lui, debouts. Pourquoi sont-ils ici ? se demandèrent les sept commandants.

- Ne vous inquiétez pas. Mes gardes sont là uniquement pour vous expliquer quelques éléments en vue de nos prochaines missions.
- En quoi consisteront-elles ? demanda Joïchiro. Plus d’infiltration j’espère !
- Ne vous inquiétez pas Joïchiro vous allez pouvoir vous divertir. Comme vous le savez nous avons récupéré deux techniques interdites ainsi que le Pot de purification.
- Oui.
- Ces éléments sont nécessaires pour l’étape suivante qui va démarrer sous peu. Nous avons eu un moment de doutes, je ne vous le cache pas, lorsque mes scientifiques ont commencé à se mettre au travail il y a une semaine. Mais une divine surprise nous a permis de faire un bond prodigieux.

Le regard de Goro se fixa alors, l’espace d’un instant, sur Masato puis repartit balayer la salle.

- Tout est donc pour le mieux ? demanda Tomao.
- Oui.

Goro fit un signe de la main et un des membres de sa garde personnelle déplia une carte sur la table.

- Vous voyez cet emplacement dans le Pays du Feu ?
- Oui lui répondirent les sept individus.
- Voilà le prochain endroit où vous vous rendrez en compagnie du Pot.
- Il s’agit de sceller quoi ? lui demanda Joïchiro.
- Une partie d’un démon à neuf queues.
- Kyûbi ? Mais je le croyais en Naruto déclara Tetsuo.
- Tu n’y connais rien gamin ! Il n’a qu’une partie du démon. Rapport à ce qu’a fait son père fit Kaoru.
- Comment pouvez-vous être sûrs que le démon s’y trouvera ? lui demanda Shiori.

Goro jubilait. Ses commandants étaient suspendus à ses paroles, encore que certains émettaient déjà des hypothèses : j’espère que le Kyûb résistera : ce sera un bon adversaire ! se disait Joïchiro ; compte-t-il tous nous envoyer là-bas ? se demandait Shiori ; va-t-il jouer avec le Dieu de la Mort ? se demanda Masato.

- C’est simple. Nous allons faire en sorte de libérer la partie de Kyûbi présente dans le Dieu de la Mort. En la libérant, elle devrait retourner là où elle a été scellée. Vous serez donc là pour l’accueillir et l’enfermer dans le pot.
- Il me semble que ce pot exige que la chose ou personne à sceller réponde à son prénom. Si Kyûbi connaît cette arme, il n’est pas sûr qu’il soit très coopératif.
- Bonne remarque Masato. Mais voici qui devrait vous aider. Approche-toi.

Parmi les quatre gardes l’un d’entre eux s’approcha. Il semblait un plus jeune que Tetsuo, avait les cheveux coupés aussi courts que Goro et son visage possédait certains traits du chef, notamment au niveau de la démarche plutôt raide. Il était plutôt maigre et semblait montrer certains signes d’affaiblissement.

- Voici mon fils : Hikawa.
- Bonjour fit ce dernier d’une voix un peu empruntée.

Il va servir d’appât pour Kyûbi ? se demanda Joïchiro. Il est un peu trop maigre pour pouvoir combattre un tel démon. Quelles facultés possède-t-il pour compenser cela ? s’interrogea Shiori.

- Mon fils possède des facultés très intéressantes. Notamment, dans le cas qui nous occupe, en télépathie. Vous avez dû entendre parler des Yamanaka à Konoha ? (Les commandants firent un hochement de tête.) Eh bien mon fils leur ressemble sur certains points : il peut infiltrer l’esprit d’une personne et la contrôler. Il contrôlera donc Kyûbi le temps de lui faire dire « oui ».
- Ce sera un atout majeur pour nous répondit avec empressement Tomao.
- Et un immense honneur de travailler avec votre fils abonda Kaoru.

Hypocrites ! Je suis sûr qu’ils n’en pensent pas un mot pensa Tetsuo.

- Permettez-moi une question mon seigneur : je comprends ce que vous venez de dire mais il reste quand même un obstacle : comment libérer Kyûbi ? Le Dieu de la Mort n’a pas la réputation d’être généreux.

Le sourire de Goro s’élargit encore un peu plus. Il était vraiment fier de ce petit jeu où il détenait toutes les réponses. Il impulsait le rythme de la discussion, il était le maître du jeu. Il adorait être dans cette position.

- En effet Shiori. Mais il peut le devenir pour peu que l’on sache comment lui parler.

A l’adresse d’un des gardes il dit : « Faites-le entrer. » Le garde s’inclina, fit les quelques pas séparant sa position de la porte et l’ouvrit. Un individu pénétra dans la pièce. Il avait les cheveux sombres, la démarche assurée. Son visage laissait apparaître certaines craquelures et ses pupilles étaient rouges, avec trois tomoes.

- Lui ! s’exclama Joïchiro.
- Impossible il est… s’étouffa Kaoru.

Goro ne plaisante pas. Il a sorti le grand jeu. Voilà un atout de premier choix. pensa Masato.

- Un Uchiha dit, pour sa part, Tetsuo.
- Pas n’importe quel Uchiha, Shisui Uchiha dit le Mirage compléta Shiori.
- Un maître en matière de genjutsu, sans doute le meilleur dans son domaine. Et un shinobi des plus redoutables fit Goro sur un ton plein de satisfaction. C’était la pièce qui nous manquait. Nous avons pu l’avoir aussi le Dieu de la Mort devrait se montrer coopératif face à ses pupilles. N’est-ce pas Shishui ?
- Oui, il me sera possible de le contrôler.
- Bien. Cela rassemble toutes les pièces du puzzle. Pour l'invocation du Dieu de la Mort Shishui nous a déjà permis de trouver un "volontaire". Il va de soi que ces informations sont de la plus haute importance. N’en parlez à personne si vous voulez rester dans l’organisation et en vie.
- Une dernière question mon seigneur : nous irons tous pour capturer Kyûbi ?
- A la réflexion non Tomao. Ce serait risqué de nous affaiblir alors que certains survivants pourraient être à l’affût et vouloir nous jouer un mauvais tour.
- Très sage décision lui dit Haruya.
- Aussi je souhaite que les ninjas du Pays des Bois soient accompagnés par Masato, Tetsuo, Joïchiro, Tomao et Kaoru. Haruya et Shiori vous resterez là. Vous avez deux jours avant de vous mettre en route. D’après les estimations de nos scientifiques, il vous faudra une journée pour atteindre le point de rendez-vous en avançant de manière à ne pas être repéré. Qui plus est la nuit devrait être couverte, ce qui facilitera vos mouvements. Vous arriverez pile au moment où Kyûbi devrait être libéré.
- Pourquoi me garder en réserve ? Je peux être utile commença Shiori.
- Possible. Mais votre excursion à Kumo aurait pu mal tourner et puis je crains que vous ne perturbiez certaines personnes, aussi vous resterez là. Vous pouvez disposer.

Shiori se leva furieuse et quitta la salle en premier. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond. C’est une forme de désaveu qu’il lui impose alors que rien ne semble le justifier d’après ce que je sais. Il y aurait un rapport avec Shisui ? s’interrogea Masato.

Les participants à la réunion se retiraient en saluant tandis que les membres de la Garde de Goro restaient comme figés sur place. Shisui aussi ne bougeait pas. Avant qu’il n’ait quitté la salle, Masato fut de nouveau approché par Goro :

- Sans la femme rouge vous serez plus libre d’agir. C’est mieux pour vous non ?
- Je me plie aux ordres de mon seigneur.
- Bien, fort bien. Profitez de ces moments de repos pour bien vous préparer. Kaoru a insisté pour mettre sur pied le plan de route aussi il sera plus ou moins le cerveau de l’opération même si je sais qu’en cas de problèmes vous prendrez la relève.
- Si vous me le permettez ce sera avec un grand honneur. La réussite de la mission est prioritaire.
- Oui. Réussissez-la et vous aurez chacun une belle récompense lui fit Goro avec un petit sourire.

Vraiment ? pensa Masato. Là-dessus il salua Goro et les autres personnes restantes et regagna ses quartiers. Sur le chemin il croisa Tetsuo et Joïchiro :

- Alors quel sera le plan ? demanda ce dernier.
- Kaoru s’en occupe d’après ce que m’a dit Goro-dono.
- Il n’est pas stupide mais pourquoi pas vous ? demanda Tetsuo.
- Il semble avoir insisté.
- Peuh il cherche à tirer la couverture à lui !
- Bien envoyé petit ! J’aime bien ton franc-parler mais fais attention. Avec nous cela passe, avec d’autres tu risques d’avoir des ennuis.
- Et je lui ai déjà fait la remarque Joïchiro-san. Sois plus posé Tetsuo. Evite de réagir à vif.
- Oui Masato-sama, j’essayerai. Que faisons-nous maintenant ?
- Ce soir c’est quartier libre. Nous nous entraînerons demain avant de nous réunir avec Kaoru et les autres pour parler du plan.

Tetsuo salua ses deux interlocuteurs et parti rejoindre ses quartiers. Masato et Joïchiro restèrent seuls.

- Vous êtes arrivés après Haruya, ne me dites pas que vous ne pouvez plus le suivre. Ce serait préoccupant pour la mission.
- Ne vous inquiétez pas pour cela lui fit Joïchiro en rigolant. J’avais une petite chose à faire. Ce Shisui c’est du sérieux.
- Oui.
- Et l’arme qui va plier le Dieu de la Mort pourrait aussi se retourner contre nous ?
- Goro nous a dit que nous étions importants. S’il arrive à mettre la main sur de tels ninjas on risque en effet de ne plus lui être très utile. On ne sait toutefois pas ce qu’il veut faire avec Kyûbi.
- Mouais. Il faudra donc faire attention après avoir réussi cette mission. Bon c’est pas tout mais j’ai quelques femmes à aller voir…
- Passez une bonne soirée Joïchiro-san.
- Vous aussi.

Joïchiro partit avec un petit sourire que Masato ne savait comment interpréter. Il poussa la porte et pénétra dans ses quartiers. Ils se composaient d’une grande chambre spacieuse avec un bureau et une bibliothèque bien fournie, une pièce dédiée à ses vêtements et une autre pour sa toilette. Il remarqua immédiatement que le livre posé sur son bureau avait été déplacé. Il l’examina et vit qu’un message avait été glissé. Comment a-t-il pénétré ici ? Qu’est-ce que c’est ? Il déplia le message et commença à le lire. Arrivé à la moitié il se fit la réflexion : Voilà qui explique certaines choses.

Puis il termina la lecture du message et ses yeux s’écarquillèrent quelque peu avec la lecture des dernières lignes. Il roula le message en boule et le serra dans son poing. Peu à peu le message se transforma en fins copeaux de glace qui disparaissaient lorsqu'ils touchaient le sol.

- Il va falloir jouer serré.


Dernière édition par Mat le Mer 13 Fév 2013, 1:23 pm; édité 2 fois
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Mat
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MessagePosté le: Dim 03 Fév 2013, 1:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 10 : Rendez-vous



La réunion des ninjas du Pays des Bois, de Hikawa, Tetsuo, Kaoru, Tomao, Joïchiro et Masato faisait craindre des problèmes de coordination. Aussi Kaoru avait-il décidé que les déserteurs du premier conflit s’occuperaient prioritairement de sécuriser la zone où Kyûbi devait apparaître. Les cinq commandants protègeraient Hikawa, le temps que celui-ci contrôle l’esprit du démon pour permettre son scellement. Joïchiro ne voulait pas porter le Pot encore une fois. Kaoru avait essayé de s’imposer mais il avait rapidement dû revoir sa position en voyant les os sortir du corps de Joïchiro. Tomao et Tetsuo se chargeraient de transporter le Pot et Joïchiro avait accepté, suite à d’intenses négociations, de s’en occuper une fois que Kyûbi serait scellé à l’intérieur.

Goro réunit le groupe avant qu’il ne se mette en route pour lui dire combien il était important et que cette mission couvrirait ses membres de gloire… s’ils réussissaient bien sûr. Il posa sa main sur l’épaule de son fils et lui murmura des encouragements : « Tout repose sur toi. Tu y arriveras. Ne me déçois pas et fais honneur à notre cause. » « Je tâcherai d’être à la hauteur père » lui avait-il répondu en inclinant la tête. Masato interpella toutefois Goro avant que celui-ci ne leur donne le signal du départ.

- Me serait-il permis de m’entretenir avec Shisui ?
- C’est pas le moment pour ça ! tonna Kaoru.
- Pourquoi donc ? fit Goro. Vous pensez qu’il peut vous apprendre des éléments intéressants pour votre mission ?
- Oui.

Il se rapprocha de Goro de sorte à ne pas être entendu des autres ninjas.

- Shisui était de Konoha. Avoir des informations de sa part permettrait de s’assurer que les ninjas du Pays des Bois n’essayeront pas de nous jouer un mauvais tour.
- Vous ne leur faites pas confiance ?
- Plus réduit est le nombre de personnes de confiance, plus grande est l’espérance de vie.
- Sage précepte. Je le fais appeler. Venez, vous serez mieux pour parler à l’écart.

Goro décréta alors que le départ était légèrement différé, le temps d’un rapide entretien avec Shisui pour finaliser certains détails du plan. Kaoru n’osa pas protester contre le chef. Shiori observait la scène à distance. Sa colère était retombée. Du moins pour le moment.

Masato et Goro s’éloignèrent d’une vingtaine de pas. Shisui arriva dans l’instant.

- Je vous laisse messieurs. Dix minutes devraient suffire non ?
- Ce sera parfait Goro-dono.

Tu t’éloignes mais je sais que tu vas tout écouter à travers la personne qui contrôle Shisui. Tu ne perdras pas une miette de la conversation.

- Merci de m’accorder un peu de temps Shisui-sama.
- Je n’ai pas vraiment le choix.
- Vous avez le sens de l’humour. Tenez, pourriez-vous jeter un œil à ce document ? Il synthétise les informations données par les ninjas du Pays des Bois à propos de l’endroit où Kyûbi apparaîtra.

Shisui parcourut le document.

- Cela me semble correspondre au lieu.
- Pas de mauvaises surprises à attendre ?
- Les informations sont conformes à mes souvenirs. Mais j’ai été absent depuis quelques années…
- Pas suffisamment pour ne pas avoir entendu parler du clan Hyûga j’espère ?
- Non, bien sûr que non.
- Est-il vrai que les membres de la branche secondaire ont un tatouage représentant un oiseau en cage ?
- En effet. Ce tatouage permet aux membres de la branche principale de les contrôler si jamais ils ont des actes répréhensibles. Et une fois mort, ce sceau scelle le Byakugan.
- Il y aurait donc une certaine ironie si un de leurs membres intégrait les Ailes de la Libération.
- Probablement. Shisui sembla esquisser un très mince sourire
- Toutefois il me semble qu’une autre particularité des Hyûga était leur lien avec un certain Hiro.
- Hiro ?
- Oui, un ninja assez particulier. Hiro le libérateur il me semble que c’était son surnom. D’après ce que j’ai entendu les Hyûga lui avaient attribué un logement. Il semble qu’Hiro l’ait aménagé pour en faire une sorte de zoo. Et les habitants de Konoha allaient le visiter. Il faut dire qu’il avait réussi à dresser plusieurs animaux : autruches, singes, oiseaux, tigres, etc. Une vraie ménagerie qu’il parvenait à faire tenir dans un espace réduit. On raconte que les animaux étaient heureux et que cela apportait du bonheur aux habitants.
- Cette histoire ne me dit pas grand-chose… Quoiqu’il me semble que mon père m’en avait parlé. Mais cela remonte à une certaine période non ?
- Oui. Il me semble que c’était du temps du second Hokage.
- Tobirama Senju ? Et il a accepté cela ?
- Il s’y serait même rendu à plusieurs reprises. Cependant, en captivité, les animaux conservaient une certaine tristesse. Un jour Hiro a décidé de rendre la liberté à ceux qui restaient. Il les libéra dans un ordre précis, qui n’a pas été bien compris à l’époque : d’abord le bœuf, puis l’oiseau, enfin le singe, puis le cochon, le chien, le tigre, le rat et enfin le serpent.
- Bœuf, oiseau, singe, cochon, chien, tigre, rat et serpent. C’était peut-être l’ordre dans lequel il les avait acquis ?
- Je n’ai pas la solution à ce mystère. Si vous la trouvez je serai ravi de l’entendre. Oh, Kaoru fait de grands gestes. Il est temps d’y aller. Merci pour cet échange. Bonne chance.
- C’est vous qui en aurez le plus besoin.

Masato salua Shisui et rejoignit le reste de l’équipe.

- C’est bon ? Tu voulais que Shisui te foute dans un genjutsu ou quoi ? On va être en retard !
- Il n’y aura qu’à forcer l’allure. Les imprévus doivent souvent être intégrés au plan que l’on élabore.

Kaoru bougonna mais l’apparition de Goro qui donna le signal du départ coupa court à tout échange. Il fallait maintenant rejoindre le point indiqué sur la carte. Et les ninjas du Pays des Bois devaient indiquer les chemins sûrs pour arriver sans être repéré. L’objectif était d’agir le plus vite possible pour que l’apparition de Kyûbi dans le paysage soit réduite au minimum, pour que Konoha n’ait pas le temps de réagir. Une vraie course contre la montre. D’où le fait que Kaoru n’était pas très satisfait de partir en retard sur le programme établi.

- Il y aura moyen d’arriver à l’heure fixée ?
- Ne vous en faites pas.
- Si vous mentez je vous…
- Et si vous continuez à me parler sur ce ton je m’arrangerai pour que vous ne reveniez pas vivant. Nous sommes associés dans cette mission. Il n’y a pas de subordonnés.

Et pour la deuxième fois, Kaoru bougonna.

Mais les ninjas du Pays des Bois tinrent parole. Ils arrivèrent en fin de journée, alors que le soleil commençait à se coucher. Ils avaient su éviter les patrouilles, avancer sans être repérés. Ils avaient même un peu d’avance sur l’horaire ce qui leur permit de se reposer quelques instants et de parcourir rapidement le lieu du regard.

Il était entouré de montagnes de différentes hauteurs. Elles étaient toutes parcourues de forêts mais l’endroit où ils se trouvaient été dégagé. Comme une espèce de désert où les pieds reposaient sur de la roche, pas sur de la végétation. Cette dernière avait certes commencé à reprendre ses droits mais le vert demeurait rare. Sur le sol, on pouvait apercevoir des empreintes gigantesques, non-humaines.

- Probablement des traces laissées par Kyûbi fit Masato à l’adresse de Tetsuo.
- Le Kyûbi que l’on va sceller sera moins grand non ?
- Normalement oui. Les proportions restent toutefois à définir.
- En tout cas laissez-moi le temps de m’amuser un peu avec lui ! Je l’occuperai le temps que le fils du chef ne le contrôle.
- Je crois que personne n’est assez fou ici pour se mettre entre vous et votre proie Joïchiro-san.

Celui-ci se tourna vers Masato et, en voyant le sourire de ce dernier, sourit également. Il sortit un long katana osseux de la paume de sa main.

- Ce sera pour l’échauffement.
- Tenez-vous tous prêt fit Kaoru, dans cinq minutes cela devrait commencer. Ninjas du Pays des Bois surveillaient bien la zone, nous comptons sur vous.

Ces derniers étaient dispersés tout autour pour surveiller d’éventuels passages et éliminer les intrus. Je me demande si nous aurons une promotion s’interrogea Tomao. Les choses sérieuses commencent. Les prochaines minutes seront déterminantes pensa Masato. J’ai peur de ne pas y arriver se dit Hikawa, entouré de quatre commandants mais frissonnant. Je mènerais cette mission à bien et montrerais au chef que je vaux autant que ce Masato ou que cette Shiori se persuada Kaoru. Dire que Jizo ne nous a même pas fait de portions spéciales pour cette mission pensa pour sa part Tetsuo alors qu’il finissait sa ration.




Le temps semblait ralentir aux yeux d’Hinata. Que la matinée avait passé lentement ! Elle avait eu le temps de penser à plusieurs reprises à annuler ce rendez-vous avec Naruto. Mais Hanabi l’avait poussée à ne pas renoncer. Si elle faisait marche arrière, elle irait le dire à Hiashi et à leur mère voire aux coéquipiers d’Hinata. Cette dernière avait donc renoncé à annuler. Et puis Naruto était Hokage, annuler serait une offense faite à l’individu le plus fort du village. Et qui ne le laissait pas indifférente.

Elle décida de ne pas trop modifier son style vestimentaire vu que Naruto n’aurait probablement pas modifié le sien. Mais elle décida de s’attacher les cheveux, afin d’introduire un petit élément de nouveauté et voir la réaction de Naruto.

Son cœur battait à tout rompre lorsqu’elle arriva au lieu du rendez-vous. Il faisait bon, un vent tiède balayait son visage et les souvenirs de ses échanges avec Naurto à cet endroit (« j’aime bien les filles dans ton genre », « je vais mettre une râclée à Neji »…) remontaient à la surface, lui permettant de se détendre et de sourire. Mais après s’être repassée sept fois la scène, Hinata commença à trouver le temps long. Est-ce que Kakashi-sama aurait déteint sur Naruto au niveau de la ponctualité ? A-t-il été convoqué ? Si c’est le cas il m’aurait fait prévenir. Serait-il avec une autre ? Hinata fut tout à coup interrompue dans ses pensées par l’arrivée de celui qu’elle attendait.

- Désolé pour le retard Hinata. Tsunade m’a confié pas mal de boulot et elle s’est aperçue que je voulais m’esquiver…

En finissant sa phrase Naruto passa sa main sur le haut du crâne. Une bosse était visible.

- Alors il aurait mieux valu reporter notre…
- Oh ne t’en fais pas. Un clone me remplace. Je ne reviens pas sur ma parole !

Hinata ne put s’empêcher de sourire en écoutant ces mots. Naruto n’avait pas changé.

- Naruto je voulais te…
- Oh maître Hokage ! Voulez-vous superviser notre entraînement s’il-vous-plaît ?
- Dites oui, avec vos conseils nous progresserons en un rien de temps.

Des apprentis ninjas de l’académie étaient venus s’entraîner. Et en voyant la silhouette de Naruto, ils n’avaient pas pu s’empêcher de se porter à sa hauteur.

- Mais arrêtez les gars ! Vous voyez pas qu’il est avec sa copine. Foutez-lui la paix. Ah la la les garçons, ça ne comprend jamais rien du premier coup.

Une jeune fille venait ainsi de saisir ses deux coéquipiers par les oreilles et de les éloigner du petit couple.

- Aidez-nous Hokage-sama c’est une vraie furie. Elle va nous faire mal.
- Et en plus elle n’est même pas jolie !
- Qu’est-ce que tu viens de dire ?

C’est un entraînement assez musclé qu’ils subissent pensa Naruto. Cette fille me rappelle Sakura. Je leur souhaite qu’elle tape moins fort.

Voyant d’autres apprentis au loin Hinata suggéra à Naruto de trouver un endroit plus calme. Ils essayèrent les bancs vers la rivière mais des habitants demandèrent des autographes au Hokage. Ils tentèrent de se promener dans les rues mais là encore Naruto fut sollicité et, sortant de sa boutique, Ino jeta un regard amusé sur ces deux-là qui embarrassa quelque peu Hinata.

- On ne va quand même pas s’enfermer pour être tranquilles !
- Mais Naruto ce…
- Attends, j’ai une idée. Suis-moi.

Il prit la main d’Hinata et ils s’échappèrent par les toits. Hinata ne savait pas trop où voulait l’emmener Naruto. D’ailleurs ce dernier lui banda les yeux pour lui faire une surprise. Elle sentit le vent se faire un peu plus violent quand ils s’arrêtèrent. Elle avait le sentiment d’être sur un sommet mais n’en était pas sûre. Et elle n’avait pas voulu utiliser le Byakugan.

- Ici on devrait être tranquilles !
- La vue est magnifique. Merci Naruto.

Il sourit de bon cœur, content d’avoir eu une bonne intuition. Ils se trouvaient sur le sommet du visage de pierre de Minato. Le village leur apparaissait en totalité. Naruto pensa, l’espace d’un instant, à son père qui, à cette place, avait téléporté une Bijû Ball de Kyûbi quand ce dernier avait été libéré par Obito.

- Ton visage sera bientôt érigé à côté de celui de Tsunade ?
- Ah oui. Le tailleur qui s’en occupe doit venir prendre des mesures bientôt.

Ils parlèrent ainsi de différent sujet et alors que le soleil commençait à disparaître, Naruto fit remarquer à Hinata qu’elle avait une nouvelle coupe de cheveux. Elle lui demanda ce qu’il en pensait. Naruto haussa les épaules et dit qu’il aimait bien. Mais le plus important c’était qu’Hinata se sente bien ainsi coiffée. Elle rougit un peu.

- Je ne sais pas toi Hinata mais je commence à avoir faim. On se fait un petit saut chez Ichiraku ?
- Naruto tu… tu m’invites à aller manger avec toi ?
- Ben ouais. Enfin si tu veux.

Tu proposes donc tu vas te retrouver à payer l’addition gamin. Fais gaffe à ce qu’elle prend sinon ton porte-monnaie risque de s’alléger sérieusement déclara Kyûbi.

Mais Naruto n’eut pas le temps de répondre à son partenaire. Un hurlement retentit et une kunoïchi débarqua sur le visage de pierre de Minato. La mère de Kiba.

- Enfin j’ai pu te trouver. Kiba ne sera pas content de s’être fait battre par sa mère.
- Tsunade s’est aperçue que ce n’était pas moi ? Pourtant mon clone est…
- Peu importe. Elle nous a chargés de te retrouver et de te donner ceci.

Tsume lui tendit un message. Naruto le parcourut. Il fronça les sourcils et la mine apaisée et souriante qu’Hinata avait pu contempler pendant une bonne partie de leur rendez-vous s’était évanouie.

- Ces informations sont sûres ?
- Le cinquième Hokage se porte garant de la véracité des propos qui ont été retranscrits. Elle a déjà pris des dispositions.
- Même pour le passage qui la concerne ?
- Euh je…
- Laissez, c’était une plaisanterie de ma part. Rapportez à Tsunade que je me mets en route. Merci.

Alors que Tsume repartait avec son chien ninja, Naruto s’illumina : le mode Kyûbi était de sortie. Il se tourna vers Hinata, qui semblait avoir compris que leur rendez-vous était terminé :

- Désolé Hinata mais je dois y aller.
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Mat
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MessagePosté le: Mar 05 Fév 2013, 1:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 11 : Une capture mouvementée



- Le voilà !
- On a remarqué Kaoru. Allez c’est à moi de jouer ! On se retrouve tout à l’heure.

Kyûbi était apparu à l’endroit prévu et à l’heure dite. Il était plus petit que sa forme complète mais il conservait une taille qui impressionnait – voire horrifiait – certains des ninjas présents. Pas Joïchiro qui était déjà parti occuper le démon à neuf queues. Je commence à croire qu’on ne rentrera pas en vie se dit Tomao. Son regard inquiet croisa celui, assuré, de Kaoru. Ne sois pas effrayé Tomao. Tu es un homme et un commandant des Ailes de la Libération. La peur n’a pas droit de cité semblait dire ces yeux. Kaoru regardait la bête et ramenait ses cheveux noirs, qui lui couvraient le front, derrière les oreilles. Ses yeux marrons semblaient captivés par la scène qui se déroulait et son visage, élancé et marqué par une cicatrice qui lui barrait la joue gauche, était dévoré par l’ambition. Je réussirai se répéta-t-il plusieurs fois.

- Il va falloir sceller ça ?
- En effet. Mettez-vous en condition Hikawa-sama. Moi, Kaoru, j’assurerai votre protection avec les autres commandants. Nous veillerons sur votre corps pendant le temps où vous serez dans l’esprit de Kyûbi.
- B… bien fit le fils de Goro tandis qu’un frisson le parcourait.

Joïchiro n’avait pas laissé le temps à Kyûbi de réaliser sa nouvelle situation. Il avait tenté de le blesser avec son katana osseux et le renard à neuf queues avait répondu en essayant de le croquer. Le survivant du clan Kaguya avait esquivé la gueule de la bête en se faufilant sous son corps.

- On va voir si tu apprécies : La danse des mille os.

Le corps de Joïchiro se couvrit entièrement de pointes osseuses. Il se projeta en l’air et tenta de blesser Kyûbi au niveau de l’abdomen. Ce dernier utilisa plusieurs queues pour se protéger mais rugit de colère car les coups de Joïchiro avaient réussi à entailler ses queues. Il sortit de sous l’animal, prêt à lancer une nouvelle attaque. Kyûbi releva sa patte, prêt à écraser ce gêneur.

- Maintenant !

Kyûbi reposa sa patte. Il se mit à parler :

- Faites vite je ne tiendrai pas…
- Kyûbi fit Tomao à côté du Pot.

Pas de réponse.

- Kyûbi.
- Il m’a expulsé dit Hikawa en se relevant derrière Tomao.
- C’est la merde réagit Tetsuo.

Kyûbi les balaya tous d’un hurlement. Tetsuo résista tant bien que mal en s’agrippant à des griffes de fer plantées dans le sol ; Tomao et Kaoru furent projetés dans la forêt en compagnie du Pot tandis que Joïchiro et Masato avaient combiné leurs techniques pour se protéger contre cet assaut. Le démon renard repéra immédiatement celui qui avait tenté de s’infiltrer dans son esprit : Hikawa. Il avait été séparé des autres et était allongé par terre : la violence du choc lui avait fait perdre connaissance. Le renard à neuf queues abattit sa patte avant droite sur lui.

- Kinton : le bouclier des cieux.

De multiples piliers de métal se constituèrent à partir du sol, s’entrecroisèrent tels des serpents pour former un bouclier à 10 mètres de haut et protéger ainsi Hikawa. Mais ce n’était pas suffisant. Ma technique n’est pas assez puissante pour arrêter son coup. Je l’ai à peine ralenti. En forçant un peu pour terminer son geste, Kyûbi abattit cette construction. La patte s’écrasa sur le sol.

- Vous allez bien Hikawa-sama ?
- Je… je suis mort ? répondit-il en revenant à lui.
- Non, vous êtes toujours parmi les vivants.
- Masato-sama vous m’avez sauvé ?
- Oui. Mais j’ai été un peu trop lent.
- Que voulez-vous…

Hikawa n’en dit pas plus. Il venait de voir le bras gauche de Masato. Il lui manquait toute une partie de l’avant-bras. Sa manche était déchirée et du sang coulait abondamment.

- Vous avez été touché.
- Ne vous inquiétez pas. L’essentiel c’est que vous soyez en vie. Le succès de la mission dépend de vous.

Joïchiro et Tetsuo les rejoignirent tandis que Kaoru et Tomao ressortaient, avec le Pot, de la forêt où Kyûbi les avait projetés. Voyant la situation, ils posèrent leur encombrant bagage.

- On se charge de distraire Kyûbi les gars ! Prêt Tomao ?
- Oui.

Tomao abandonna rapidement sa position aux côtés de Kaoru pour se placer sous Kyûbi. Pendant le temps de son déplacement il avait composé les mudras et malaxé le chakra nécessaires à la réalisation de sa technique. Sitôt positionné en dessous de la créature, il l’exécuta :

- Fûton – Pression ravageuse.

L’attaque toucha Kyûbi et réussit à le projeter quelque peu dans les airs. L’essentiel était de lui faire perdre un minimum l’équilibre. Juste le temps pour Kaoru d’enchaîner :

- Raiton – Obscurité factice.

De multiples éclaires fondirent sur Kyûbi. Il ne put pas tous les éviter et certains le frappèrent, de sorte que son pelage n’en sortit pas indemne.

- On dirait que le renard n’aime pas la foudre le plaisanta Kaoru, guère rassuré pourtant de constater le peu de dégâts infligés à son adversaire.

Pendant que Kaoru et Tomao se chargeaient de Kyûbi, Joïchiro constata la blessure de Masato.

- Bordel c’est pas possible ! Tetsuo couvre-moi.

Joïchiro déchira un morceau de sa veste et fit un garrot à Masato.

- Merci Joïchiro-san.
- Ouais ben remotivez le gosse. Il a droit à un deuxième essai. Mais s’il foire faut pas qu’il s’attende à ce que je sacrifie une de mes mains pour lui !
- Pouvez-vous couvrir Tomao et Kaoru le temps qu’ils viennent ici avec le Pot ?
- On doit pouvoir.

Joïchiro et Tetsuo rejoignèrent les deux ninjas qui affrontaient Kyûbi.

- Prenez le pot et rejoignez les deux autres. Vos attaques sont pas mal.

Surpris du compliment inhabituel de Joïchiro les deux ninjas restèrent figés un instant.

- Secouez-vous les miches ! (A Tetsuo : ) Tu peux l’occuper quelques instants ?
- Pour que vous puissiez tous fuir ?
- Fuir ? Tu plaisantes ! La mission n’est pas annulée. Le sous-sol contient quelque chose d’intéressant. Mais j’ai besoin d’un peu de temps. Tu y arriveras ?
- Comptez sur moi !

Tetsuo se redressa et vit Kyûbi prêt à former une Bijû Ball. C’est mauvais ça. Il jeta un coup d’œil à Masato qui avait posé sa main restante sur le sol et répondit à son regard par un hochement de tête. Voilà donc l’occasion de mettre en pratique ce qu’on a tenté à l’entraînement.

- Hyôton : naissance de l’iceberg.
- Kinton : le poing d’acier.

Un iceberg émana du sol sur lequel prit appui le point formé par Tetsuo. Kyûbi reçut ainsi un uppercut qui dirigea sa gueule en direction du ciel, où la Bijû Ball se perdit. Tetsuo regarda en direction de Masato et lui adressa un sourire.

- Voyez Hikawa-sama ils vont affaiblir Kyûbi. Dès que vous sentez une ouverture, allez-y et criez oui tout le temps.
- Mais je, je…
- Vous ne voudriez pas que ces hommes se fassent tuer pour rien si ?
- Je…
- Hikawa-sama si vous échouez vous ferez honte à votre père qui vous a confié une mission importante.
- Merci pour cette réflexion Kaoru. Très pertinente en cet instant. Occupe-toi du Pot plutôt. (A Hikawa : ) Regardez : ils combattent Kyûbi et lui résistent. Cela devrait vous donner une ouverture où vous pourrez contrôler plus facilement son esprit.
- Sans doute mais…
- Concentrez-vous et sentez quel moment sera le bon.
- Je vais essayer.

Tetsuo parvenait plutôt bien à occuper Kyûbi. Il se surprenait lui-même. La défaite contre Tsunade ne l’empêchait pas de se battre, bien au contraire.Il n’avait ni peur ni appréhension en affrontant ce démon. A terme je vais devenir comme Joïchiro-sama ? A toujours rechercher des adversaires puissants. Les paroles de Masato après leur deuxième intrusion à Konoha l’avait sans doute aidé à ne pas se dévaloriser. Et peut-être le fait d’avoir vu Masato amputé lui donnait des ailes : Il ne peut pas trop m’aider cette fois-ci alors je n’ai pas le droit à l’erreur. C’est l’occasion de montrer que j’ai progressé et retenu ce qu’il m’a appris.

- Kinton : les cent milles pointes de métal !

De multiples pointes de métal se formèrent devant Tetsuo et fondirent, telles des balles, sur Kyûbi. Il essaya de se protéger avec ses queues mais rugit à cause des entailles et des blessures infligées par cette attaque.

- C’est bon. Je ne vous ai pas fait trop attendre au moins ?
- Non non, on commençait même à se raconter nos derniers souvenirs de vacances !
- Alors à moi de jouer. Shikotsumyaku : Renaissance.

Une bonne partie du sol de la zone d’affrontement commença à se fissurer. C’était comme si quelque chose voulait en sortir. Kyûbi se recula tandis que Tetsuo se rapprochait de Joïchiro.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Une petite surprise spéciale clan Kaguya.

Les fissures faites dans le sol s’élargirent et émergea brutalement un immense squelette d’une créature des temps passés. Une créature du Sage ? se demanda Masato. Elle possédait quatre pattes, était un peu plus petite que Kyûbi, avec une minuscule queue, des incisives qui débordaient de sa mâchoire et une crâne qui faisait penser à une espèce de félin.

- Allez en route mon petit. On va lui montrer ce qu’il en coûte de se frotter à Joïchiro Kaguya !

Malgré sa forme de squelette, la créature était diablement agile, et rapide. Elle évita les coups de pattes de Kyûbi en zigzaguant à droite et à gauche et parvint à le mordre au niveau du cou. Le démon renard rugit et d’un coup de patte arracha la tête de la créature. Mais elle continuait à se mouvoir et mit un coup terrible dans le flanc gauche de Kyûbi. Le coup fut tel que le renard se coucha.

- C’est le moment Hikawa-sama !

Le démon renard ne se relevait pas.

- Kyûbi ! Kyûbi ! Kyûbi ! répéta Tomao la main gauche posée sur le Pot.
- Oui.

Le corps de Kyûbi fut alors aspiré par le Pot et scellé en un instant tandis qu’Hikawa retrouvait ses esprits.Le squelette animé de Joïchiro s’effondra. Rapidement, tout le monde se rassembla vers le Pot et Hikawa.

- Bravo le félicita Kaoru. Grâce à vous la mission est un succès. Et c’est très bon pour moi.
- Merci fit Hikawa en même temps qu’il répondait aux autres marques de sympathie témoignés par les autres commandants. Il semblait épuisé et un peu plus maigre qu’au début de la mission.

Joïchiro semblait lui aussi fatigué. Utiliser cette technique réclamait pas mal de chakra. Plus que ce qu’il pensait.

- Une technique impressionnante que celle que vous avez utilisée.
- Je ne vous le fait pas dire. Mais si j’avais su comment cela allait se dérouler, je l’aurais utilisée dès le début.
- Masato-sama, il faut s’occuper de votre main intervint Tetsuo.
- Il y a plus urgent pour l’instant.
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MessagePosté le: Sam 09 Fév 2013, 12:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 12 : On s’en va sans dire au revoir ?



Dès que Tsunade avait reçu le message, elle avait immédiatement informé tous les ninjas d’élite disponibles. Shikaku étant sur le chemin du retour elle avait confié la direction des opérations à Shikamaru, en lui indiquant d’inclure Naruto dans ses plans. Il n’était pas là mais serait rapidement prévenu et ne tarderait pas à débouler là où les Ailes de la Libération devaient se trouver.

Shikamaru avait alors demandé à la quarantaine de ninjas sous ses ordres d’avancer avec précaution car l’ennemi avait sans doute disposé des éclaireurs. En effet les ninjas du Pays des Bois surveillaient les environs de la zone où le démon renard apparaîtrait. Il avait donc fallu les éliminer avec discrétion, ce que la manipulation des ombres, le Raïkiri et la technique de transposition Yamanaka avaient permis. Ils se rapprochaient du point indiqué quand une lumière jaune les dépassa. Tu ne nous attendras donc pas Naruto ? pensa Kakashi.

Dès qu’il avait ressenti au loin le chakra de Kyûbi Naruto avait immédiatement accéléré l’allure. Pas le temps de discuter du plan à suivre. Griller la politesse aux autres ninjas de Konoha était obligé afin d’arriver le plus vite possible et voir ce qui se passait.Par quel miracle ont-ils réussi à ramener la partie de moi-même que le 4èmeHokage avait scellé? – Je te promets que nous allons leur poser la question. Naruto s’était posé au sommet d’un arbre, au moment où le scellement dans le Pot avait eu lieu.


- Il est bien tard pour mener une telle opération, qui plus est dans un territoire dont vous n’êtes pas ressortissants.
- Nous espérions que vous n’arriveriez pas aussi vite.

Naruto remarqua immédiatement la main manquante de Masato.

- Il semblerait que votre opération ait connu quelques ratés.

Hikawa baissa immédiatement les yeux.

- Chaque mission comporte des risques. Perdre un membre est peu de choses vis-à-vis de la prise que nous avons faites.
- En effet Masato approuva Kaoru, ce qui lui valut un regard noir de Tetsuo.

Là-dessus, les derniers survivants des ninjas du Pays des Bois rejoignirent les Ailes de la Libération.

- Les autres ont été éliminés par des ninjas de Konoha.
- On est encerclés donc ?
- Oui, cela fait peu de doute.

Kaoru commença à réfléchir. Il avait anticipé un encerclement mais pensait que les ninjas du Pays des Bois maintiendraient une route sûre pour pouvoir s’échapper. Visiblement il fallait trouver autre chose.

- Joïchiro prenez le Pot. Tomao occupe-toi du fils de notre chef. Tetsuo tu vas nous ouvrir la voie pendant que les ninjas du Pays des Bois feront diversion. Masato…
- Hors de question que nous soyons utilisés comme chair à canon.
- Vous n’aviez qu’à mieux nous couv…
- Suffit, ce n’est pas le moment de vous disputer fit Masato avec un ton impérieux.

Il se tourna vers Kaoru, et lui murmura quelques phrases.

- Ce n’est pas ce que j’avais…
- C’est pour vous permettre de vous échapper d’ici. A toi de gérer la suite.

Masato posa sa main sur le sol.

- Hyôton : Le tunnel de glace.

Devant lui apparut un tunnel d’un rayon de trois mètres. Il semblait s’étendre loin derrière les montagnes, en direction du Nord. Masato eut du mal à se relever mais refusa l’aide proposée par Tetsuo. Que de chakra consommé pour cette technique. Il ne va pas m’en rester beaucoup pour la suite.

- Empruntez ce tunnel et vite !
- Et vous Masato-sama ?
- Je reste pour les retarder. La protection du Pot est prioritaire.
- Je peux…
- Va avec eux Tetsuo.
- Mais vous…
- Je suis manchot et après ? Il me reste assez de force pour les retenir. Je vous rejoindrai.
- Je refuse.

Tetsuo se plaça devant Masato, prêt à faire face à Naruto.

- C’est toi qui a blessé Udon et Moegi n’est-ce pas ?
- Le morveux et la gamine ? Ça se pourrait…

Naruto serra les dents et fondit sur lui. L’échange de coups fut très rapide mais Tetsuo résista au coup de pied de Naruto en amortissant le choc grâce à ses mains. Et il recula juste à temps pour éviter la patte de chakra qui, émanant de Naruto, avait cherché à le saisir.

- Vous voyez je peux…

Tetsuo s’écroula par terre. Masato venait de lui administrer un coup derrière la tête. Il le souleva et le lança en direction de Joïchiro qui le saisit d’une main.

- Ma course va être plus chère si j’ai un supplément à transporter.
- Je vous rembourserai pour le désagrément.
- J’y compte bien !

Les autres ninjas avaient déjà pénétré dans le tunnel. Joïchiro fut le dernier à y pénétrer, en jetant un petit regard en arrière vers Masato.

- Et vous croyez que je vais les laisser partir ?

Naruto passa Masato en un instant mais se fracassa contre le mur de glace qui venait de couvrir l’entrée du tunnel.

- J’ai bien peur que ce tunnel n’accepte plus personne.
- Je vais démolir ce…
- Naruto ! On s’occupe des fuyards. Occupe-toi de ce type. Chôji, Ino, Tenten, Kiba et Shino surveillez ses arrières.

Shikamaru et le reste des troupes passèrent. Masato ne fit pas même un geste pour les arrêter.

- Vous les laissez passer ?
- Je n’ai aucune chance de les retenir dans mon état. Et puis ils se casseront sans doute les dents sur le tunnel et reviendront bredouilles.
- Ne sous-estime pas les ninjas de Konoha dit Naruto alors qu’il formait un Rasengan dans sa main droite. Tiens, de la part de Konohamaru !

Masato parvint à éviter Naruto mais c’est alors qu’une main de chakra prolongea celle de Naruto et son Rasengan. Masato ne put que minimiser les dégâts qu’il reçut dans le ventre. Il fut projeté contre un arbre mais ce furent des morceaux de glace qui s’écrasèrent contre l’écorce.

- Un clone. Bien joué l’esquimau !
- Il vous reste quelques progrès à faire dans l’attribution de surnoms.

Masato et Naruto s’observèrent. Puis ce fut l’échange de coups. Masato arriva à bloquer le coup de poing de Naruto et se servit du coude de son bras gauche pour arrêter le coup de pied qui suivit. Plusieurs mains de chakra tentèrent alors de saisir Masato mais il parvint à les éviter. La douleur devient trop importante. Je n’arrive pas à réfléchir correctement.

Du sol, une autre main de chakra apparut, qui entoura Masato et permit à Naruto de réaliser un enchaînement coups de pieds coups de poings qui se termina par la projection de son adversaire au sol. Masato se releva mais resta un genou à terre. Sa main droite fouilla dans sa poche et en tira un kunaï qu’il utilisa pour se blesser au niveau de l’épaule gauche. Mais pourquoi fait-il cela ? Il aggrave son état. – Il ne fait pas cela sans raison Naruto. La douleur provoquée par la perte de sa main doit être trop importante et le perturber. Aussi il a choisi de s’administrer une blessure non mortelle, afin de détourner le circuit de la douleur : pour un moment il ne souffrira plus de sa main manquante. Ino s’apprêtait à informer Naruto sur ce sujet mais ce dernier lui fit signe que ce n’était pas la peine.

C’est temporaire comme solution mais cela va un peu mieux. Je peux y voir un peu plus clair.

- Vous avez la réputation d’être rapide Hokage.
- En effet.
- Alors j’espère que vous allez apprécier cela : Hyôton : les miroirs assassins.

De multiples miroirs émergèrent du sol, notamment autour des cinq autres ninjas chargés de surveiller les alentours. Il n’y en a pas beaucoup. J’espère que cela sera suffisant. Sinon l’économie de chakra que j’ai voulu réaliser sera inutile.

- Qu’est-ce que c’est que ça ? se demandèrent les cinq ninjas et Naruto.
- Le principe est adapté de ce que vous avez pu voir en affrontant Haku. Je peux me déplacer rapidement à travers ses miroirs. Donc je peux atteindre vos amis et les blesser, peut-être mortellement. Serez-vous assez rapide pour détruire ses miroirs ou alors vous parviendrez à m’intercepter ?
- Espèce de…

Mais Masato avait déjà disparu. Les autres ninjas restèrent sur leurs gardes. Ils essayaient de surveiller tous les miroirs qui étaient à proximité.

- Sans Byakugan, difficile de regarder partout à la fois.

Et en disant cela, Ino fut blessée à la jambe gauche.

- Enfoiré dit Naruto en rejoignant Ino et en réduisant en morceaux un miroir.
- Trop lent.

Et Tenten fut blessée au ventre en dépit de la volée de kunaï et autres armes qu’elle envoya pour se défendre. Masato ramassa un katana avant de disparaître dans un autre miroir.

- Arrête ça ! lui cria Naruto.

Masato apparut derrière Shino et le transperça avec le katana.

- Shino !
- Pour une fois que tu te rappelles de qui je suis Naruto, je ne vais pas te le faire regretter.

Shino retourna à 180° la partie haute de son corps et saisit Masato.

- Je vois, tu es…
- Un clone dit Shino qui se tenait derrière son adversaire.

Le clone se décomposa en insectes qui recouvrirent Masato.

- Ils vont aspirer tout ton chakra. Tu devrais être plus coopératif après.

Masato essaya de bouger mais il sentait que ses forces le quittaient. Ces insectes sont très efficaces.

- Super Shino à moi le coup de grâce ! Akamaru on y va : Les doubles crocs lacérants !

Kiba et Akamaru foncèrent en direction du tas d’insectes. « Ne leur fais pas de mal ! » lui cria Shino. Le maître et son chien se fracassèrent sur un tas d’insectes qui avaient été recouverts de glace. Se relevant difficilement car sonné, Kiba ne comprenait pas. Alors le nuage d’insectes qui avait été figé par la glace explosa et parmi les éclats émergea Masato, les yeux animés de flammes blanches et recouvert une enveloppe de chakra de la même couleur.

- Je crois que c’est moi qui ai fait le plus de mal aux insectes. Désolé.
- Les paumes fracassantes !

Masato eut le temps de s’échapper par un miroir avant que les poings de Chôji ne s’abattent sur la zone.

- C’était juste pour nous Chôji !
- Il a quand même réussit à partir fit ce dernier.
- Cette technique… tu es le fils de la personne que j’ai blessé ?
- Exactement. Alors amène-toi.
- Oui, tu auras du mal à te déplacer.
- Que…

Chôji essaya de bouger mais n’y parvint pas. En disparaissant sous le poids de l’impact les miroirs de glace avait adopté une forme solide qui s’était immédiatement durcie suite au contact des pieds de Chôji ainsi que Kiba, Akamaru et Shino. Masato disparut dans un miroir à proximité et réapparut dans le dos de Chôji. Il ne put que l’effleurer. Le toucher aurait signifié la perte de son bras droit à cause du Raïkiri de Kakashi qui frôla le dos de Chôji. Masato recula pour mieux éviter l’attaque. Naruto apparut alors dans son dos :

- On dirait que j’ai été le plus rapide.

Et d’un crochet du droit il jeta son adversaire au sol. Pourquoi ne pas avoir utilisé un Rasengan voire une de ses variantes ? – Il y avait des camarades à proximité. Hors de question qu’ils soient blessés par ma faute.

Masato se releva et constata que la place s’était remplie. Plusieurs ninjas autres que Kakashi étaient présents et aidez les autres à se relever, administrez les premiers soins.

- Que faites-vous là Kakashi-sensei ? La mission…
- A été accomplie. Shikamaru se dirige vers Konoha avec le reste de nos troupes. Le Pot est entre leurs mains aussi nous sommes vite venus te prêter main forte.
- Il semble que la chance soit de notre côté dit Naruto en regardant Masato.
- La chance et les capacités de vos ninjas.

- Tu le sens depuis le début du combat Naruto n’est-ce pas ?
- Quoi donc ?
- Il n’y a pas de sentiments négatifs, haineux en lui. Aucune animosité quand il attaque.
- Oui, c’est étrange. Même dans sa manière de parler on ne sent aucune méchanceté. Cela me fait penser à certains membres de l’Akatsuki que nous avons rencontrés.


Naruto regarda Masato et pensa à ces ninjas croisés par le passé. Il leur ressemblerait donc, mais jusqu’où ?

Masato fit un rapide bilan de la situation : Kakashi n’a parlé que du Pot. Soit les autres sont morts soit ils ont pu s’en sortir. Même dans ce second cas de figure ils ne reviendront pas. Donc aucun soutien possible. Je suis épuisé et ma douleur au bras est revenue. La suite va être compliquée. Dans mon état, une percée serait suicidaire. Il ne me reste qu’à abattre ma dernière carte.

- Il semble que vous ayez remporté cette manche-là. Bravo à vous. Je ne sais pas si nous aurons l’occasion de nous revoir.
- Tu penses vraiment arriver à t’enfuir dans ton état ?
- Je l’espère Hokage.

Tout en disant cela, l’enveloppe de chakra qui l’entourait disparut. Son corps se mit à prendre une couleur blanche, qui ne suggérait rien de bon pour ses adversaires. Naruto il ne faut pas rester là !

- Reculez, mettez-vous tous à l’abri hurlèrent Naruto et Kakashi
- Hyôton : la bombe à froid.
- Kamui !

L’explosion provoqua un immense souffle mais Kakashi parvint à en envoyer une très grande partie dans la dimension de son Kamui. Il fallut attendre quelques instants pour que le souffle glacé de l’explosion qui n’avait pu être aspirée se retire. Laissant voir plusieurs étendues du sol qui avaient été recouvertes de glace.

- Merci Kakashi.
- De rien Naruto. Pour une fois que c’est moi le sauveur.
- Il s’est fait exploser ? Comme Deidara.
- C’est cela qui m’inquiète. Deidara s’en était sorti. Et vu son discours, ce type n’excluait pas de survivre.

Chôji s’était approché de l’épicentre de l’explosion.

- Regardez, on dirait un trou dans le sol. Il est recouvert de glace mais semble assez large pour accueillir un corps.
- Pas le tien en tout cas fit Kiba.
- Répète un peu !
- Vous êtes des camarades. Vous n’avez pas à vous battre intervint Shino.

Kakashi s’approcha de l’endroit dont Chôji parlait.

- Il a raison. Aurait-il utilisé la technique de la taupe furtive ? Si c’est le cas, peut-on l’intercepter ?
- Il est affaibli donc dangereux et la nuit est sombre. Je ne veux pas avoir de pertes alors que la mission est réussie. Nous n’avons pas pu en capturer mais ce n’est pas grave. Nous aurons d'autres occasions.

Masato sortit de sous terre. Il était épuisé. Il va falloir faire attention aux patrouilles éventuelles et la route est encore longue. Et ma blessure… Rentrer va vraiment s’annoncer compliqué Il fut interrompu dans ses pensées par une lumière blanche, vive, qui l’engloutit après l’avoir ébloui. Qu’est-ce que c’est que ça ? Un genjutsu ? Quand il ouvrit les yeux il se trouvait à côté d’Hikawa. Les autres commandants étaient présents mais aucun ninja du Pays des Bois. Ils étaient tous dans un assez mauvais état : Kaoru semblait fatigué, Tomao avait été blessé à la jambe droite et grimaçait de douleur, Joïchiro n’avait pas vraiment récupéré des efforts fournis contre Kyûbi. Seul Tetsuo donnait l’impression de pouvoir encore tenir debout.

- Hikawa vous a téléporté jusqu’à nous.
- Hikawa ?

Ce dernier lui adressa un sourire. Il semblait très affaibli. C’est comme s’il perdait de sa vitalité. Quels sont donc les risques qu’il encoure en utilisant ses capacités ?

- Merci Hikawa-sama pour m’avoir ramené à vos côtés.
- C’est la moindre des choses vu ce que vous avez fait pour moi.

Il dit cela sur le ton de la plus pure sincérité. Mais Kaoru interrompit l’échange naissant :

- Nous n’avons plus le Pot. Que fait-on ?
- Tu veux repartir à l’assaut de Konoha peut-être ? lui fit Joïchiro. La seule chose à faire est de rentrer, surtout vu l’état dans lequel nous nous trouvons.

Personne n’osa contredire Joïchiro. Tetsuo regardait Masato mais son regard ne semblait porter aucune colère. Il avait compris qu’il avait fait cela pour le protéger, parce qu’il n’était pas encore prêt à se frotter à de tels adversaires. Ils se mirent donc en route silencieusement pour rentrer auprès de Goro et lui apprendre leur échec. Ils s’en étaient sortis mais le plus dur était à venir.
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MessagePosté le: Mer 13 Fév 2013, 12:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 13 : Projets de voyages



Sitôt arrivé à Konoha, Shikaku avait rapidement été mis au courant de la réussite de la mission conduite par son fils : le Pot volé à Kumo avait été récupéré et il contenait la partie de Kyûbi que le 4ème Hokage avait scellée. Il n’avait pas été possible de capturer un ou des membres des Ailes de la Libération en dépit de vaillants combats mais l’essentiel était là : cette organisation venait de connaître une cuisante défaite. Il faut faire fructifier cette victoire pour mettre à bas la menace représentée par cette organisation se dit immédiatement Shikaku. A cette fin et après avoir remercié les ninjas qui l’avaient suivi, il se dirigea vers le bâtiment de l’Hokage où il était attendu.

- Tout le monde parle de toi dehors. Et en bien.
- Cela montre que j’ai fait quelques progrès depuis la première mission que Tsunade m’avait confiée. Et que j’ai su apprendre de tes paroles.
- Allez Shikamaru raconte comment tu as fait pour les avoir demanda Naruto avec insistance.
- Si tu y tiens : ce tunnel posait problème : il s’étendait en longueur et même avec le Byakugan il n’était pas possible de voir à l’intérieur. Donc essayer d’arriver à sa fin le plus vite possible était risqué : peut-être que les fuyards allaient sortir avant. J’ai donc demandé à Neji de surveiller si d’éventuelles ouvertures apparaissaient. Ensuite j’ai demandé à Gaï et Lee de partir devant, le plus vite possible pendant cinq minutes. Lee a proposé 10 minutes et Gaï 15 mais avec Neji nous avons pu leur expliquer que l’objectif était d’aller le plus loin possible en 5 minutes uniquement. Ils ont fini par accepter et sont partis… avant que je n’aie terminé mon explication. Heureusement j’avais fait équiper tout le monde de transmetteurs et de micros pour pouvoir communiquer en cas de séparation. J’ai pu leur expliquer la fin : faire s’effondrer le tunnel à l’endroit qu’ils auraient atteint. L’issue étant bouchée nos adversaires seraient obligés de sortir. C’est ce qui s’est passé et comme ils étaient en partie marqués par leur combat contre Kyûbi nous n’avons pas eu trop de mal à leur tendre des pièges pour leur subtiliser le Pot. Mais il n’a pas été possible de les capturer car celui qui manipule le Kinton (un certain Tetsuo) a permis aux siens de s’enfuir… avant de les rejoindre.
- ‘Y’a pas à dire mais t’es un bon Shika’ ! Je comprends mieux pourquoi Temari est folle de toi.
- Arrête de dire des bêtises Naruto !

Shikaku sourit. Il a vraiment su s’adapter en peu de temps au défi qui lui était proposé. Tu es bien un Nara. Peut-être même le meilleur de notre clan. Mais Shikaku garda ses pensées pour lui et s’adressa à Tsunade pendant que Naruto et Shikamaru se chamaillaient.

- Vous avez gagné à la loterie pour pressentir que quelque chose de grave allait se dérouler ?
- Nous avons été prévenus.

Shikaku regarda Tsunade, surpris. Elle poursuivit :

- Oui, un message est arrivé. Le voici.

Elle tendit le message à Shikaku qui le saisit et le lut.

- Une demande de règlements de dette ? Et…

Le message se terminait par ces mots : « Surveillez le lieu où le 4ème Hokage a achevé son combat contre Kyûbi. Il se peut que certaines Ailes s’y trouvent dès ce soir. »

- Et le mot est signé de… lui ?

Shikaku regarda Tsunade puis Kakashi. De multiples interrogations fusaient dans sa tête maintenant qu’il connaissait l’identité de l’auteur du message. Ce message pose plus de questions qu’il n’en résout pour nous.

- En effet c’est étrange qu’il nous donne une telle information. Kakashi est allé informer les deux conseillers qui ont été très surpris eux aussi. Le daimyô ne souhaite pas intervenir et nous laisse réagir comme nous l’entendons.
- Il était au courant, ce qui peut laisser penser qu’il a au minimum des contacts avec cette organisation.
- Voire qu’il joue sur les deux tableaux. C’est bien le genre du personnage dit Kakashi, le nez plongé dans la nouvelle série qui faisait fureur : Confessions d’une kunoïchi volage.
- Oui. Il nous informe pour que nous portions un coup aux Ailes de la Libération…mais cela ne nous dit pas ce qu’elles voulaient faire de Kyûbi. Se doter d’un réceptacle ? L’utiliser comme monnaie d’échange ? Cela soulève beaucoup de questions.
- Et il n’est pas à exclure qu’il ait quelques réponses.
- Alors son message serait une invitation ? Il anticipe que nous allons vouloir le rencontrer.
- Mais je ne crois pas qu’il viendra à nous.
- Alors c’est moi qui irais à lui ! dit Naruto.
- Naruto tu…
- Je ne sais pas qui est le type dont vous parlez. Mais s’il peut nous aider alors je vais aller le trouver avec mon équipe mamie Tsunade.

Le cinquième Hokage s’apprêtait à demander un délai de réflexion mais Kakashi referma son livre et intervint :

- Je suis d’accord. Il ne faut pas écarter cette piste. Nous pourrions obtenir de précieux renseignements. S’il s’est adressé directement à nous, autant le rencontrer avant qu’il ne change d’avis.
- Il fixera son prix : rien n’est gratuit avec lui.
- Kurama ? C'est toi qui parles ?
- Oui. Le gamin ne sait pas à qui il va parler. Moi-même je ne le connais que très peu. J’ai entendu des propos d’Hashirama à son sujet ce qui ne me rassure pas vraiment, surtout vu le tempérament de Naruto…

Les yeux de Naruto redevinrent bleus.

- Qu’est-ce qu’il a mon tempérament dattebayo !

Je te laisse le soin de le deviner le moment venu.

- Naruto, tu feras une halte à Iwa. Le Tsuchikage pourra te fournir des informations précieuses sur ton interlocuteur pour que tu évites… de trop gaffer. De tous les Kages en place c’est lui qui le connaît le mieux. Il faut dire que leurs pays ont une frontière commune.

Naruto réfléchit en se grattant derrière la tête :

- Avec Suna donc je vais voir Gaara ?
- Mais non crétin ! Révise ta géographie ! C’est le Pays des Neiges dont il est question.
- Ah oui, cela me rappelle quelque chose…
- Shikamaru, tu accompagneras Naruto.

Il regarda son père qui venait de prononcer cette phrase puis Tsunade qui approuva d’un hochement de tête.

- Pourquoi?
- Je connais le personnage aussi j’aimerai bien savoir ce que tu vas penser de lui après l’avoir rencontré.
- Je m’occupe de transmettre les informations aux personnes concernées pour que votre voyage se passe bien. Shizune ! Au travail !

Je sens que c’est Shizune qui va se taper tout le boulot. Dire qu’elle me rabâche sans cesse qu’un Hokage ne doit pas se décharger sur d’autres personnes… pensa Naruto.

- Autre chose. Vous êtes cinq pour le moment : l’équipe Kakashi et toi Shikamaru. Je veux que vous preniez d’autres ninjas avec vous pour que vous formiez deux équipes. On peut laisser Shikamaru choisir ses trois équipiers je pense ?
- Pas de problème mamie ! On part quand ?
- D’ici deux jours. Le temps de bien préparer votre plan de voyage et d’avoir reçu confirmation. Il ne servirait à rien de vous faire partir s’il refuse de vous recevoir.

Naruto avait déjà filé pour préparer ses affaires une fois que le mot « jours » était arrivé à ses oreilles. Shikamaru se retira pour former son équipe. Shikaku se retrouva seul avec Kakashi, Tsunade et Shizune qui commençait à remplir les messages.

- Il faudra aussi savoir ce que l’on va faire du Pot et de son contenu. Cela risque de poser problème et de susciter des convoitises s’ils veulent le reprendre.
- J’en ai parlé avec le Raikage pendant que j’étais à Kumo Kakashi. Il voulait le reprendre à cette organisation. Mais s’il est en notre possession et vu son contenu il patientera.
- Je préviendrai les autres Kages. Mais cela ne nous interdit pas de penser à ce que nous allons faire de cette partie de Kyûbi. Nous devrons sans doute avoir une conversation avec Naruto… et son coéquipier intérieur quand ils reviendront.

Shikaku et Kakashi approuvèrent.

Si l’ambiance était malgré tout à une certaine satisfaction du côté de Konoha, l’atmosphère était lourde dans la salle où les Ailes de la Libération tenaient conseil. Goro avait attendu leur retour à une des terrasses du palais. En les voyant arriver, il avait d’abord souri. Mais en constatant l’absence du Pot, il avait quitté la terrasse et fait dire par un de ses gardes qu’une réunion se tiendrait dans deux heures. Le temps pour ses « vaillants commandants », selon l’expression rapportée, de se débarbouiller.

- C’est tout ce que vous avez à dire ? Ils étaient trop bien organisés ?

Goro ne décolérait pas. Il tentait de garder son calme mais ses poings étaient prêts à s’abattre sur la table à chaque fin de phrase.

- Konoha nous a été supérieur cette fois-ci. C’est une défaite qui n’était pas prévue mais il faut admettre qu’ils ont gagné à la loyale fit Masato avec une légère grimace.

Il était assis à droite de Kaoru, à proximité de Goro. Des soins lui avaient été donnés en hâte, pendant les deux heures qui précédaient la réunion, pour désinfecter la plaie et lui donner des anti-douleurs.

- Cinq commandants contre une partie de démon et pourtant le résultat est décevant constata Shiori avec un très léger sourire.

Décevant car Kyûbi n’a pas été ramené ou parce que je n’y ai laissé qu’une partie de mon bras ? se demanda Masato.

- Il y a eu des complications fit Kaoru en fixant, l’espace d’un instant, son regard sur Hikawa. Et puis deux malades ont fait s’écrouler le tunnel alors que nous fuyons. Des ninjas maîtrisant l’ouverture des verrous psychiques !
- Sans doute Gaï Maïto et son disciple. Il n’en demeure pas moins que vous étiez en charge du plan.
- Masato m’a dit de passer par le tunnel.
- Et après ? Aviez-vous une meilleure idée ?

Kaoru ne répondit pas. Il y eut un silence pesant.

- Je devrais tous vous éliminer.

Les gardes de Goro esquissèrent un mouvement mais, dans l’instant, Joïchiro lança des pointes d’os qui les frôlèrent. Une conflagration généralisée était imminente.

- Du calme ! fit Goro en abattant ses poings sur la table. Il va falloir récupérer cet objet.
- Ne confiez pas le plan à Kaoru cette fois plaisanta Joïchiro.
- Peuh Masato n’a pas fait mieux.
- Il a sauvé mon fils.

Là-dessus Kaoru fut séché. Il fallut que Tomao vienne à sa rescousse :

- Nous avons tous contribué à le sauver.
- Il n’empêche qu’avec la perte des ninjas du Pays des Bois cela fait un vilain coût pour nous calculait déjà Haruya.
- Sors de tes chiffres lui demanda Kaoru. Goro-dono je peux reprendre le Pot. Avec Shisui et Shiori je pense que…
- Ils serviront pour d’autres projets.
- Bien sûr Goro-dono. C’est à vous qu’il revient de décider qui est le mieux adapté pour accomplir vos projets. D’ailleurs, si je peux me permettre, vous devriez envisager un nouveau poste pour un ancien commandant manchot désorm…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase car un poing de glace venait de s’écraser contre sa joue droite et de le jeter par terre.

- Où voyez-vous un manchot très cher ?

Tout l’avant-bras gauche manquant de Masato était constitué de glace. Il déplia sa nouvelle main avant qu’elle ne disparaisse, par la suite, sous forme de petits morceaux de glace.

Kaoru se releva en prenant appui sur son siège.

- Je n’oublierai pas ce geste dit-il.
- Pourquoi réagir de la sorte à des provocations inutiles ? Ce n’est pas ce que j’attends de vous Masato, le réprima Goro.
- Navré, j’ai réagi avec excès. Je te présente mes excuses Kaoru. J’ai écouté de mauvaises voix.
- Votre petit doigt semble mal vous conseiller en ce moment lui suggéra Shiori.
- Un autre de mes doigts voudrait vous dire bien des choses.

Joïchiro éclata de rire en pensant qu’il s’agissait d’une remarque salace ; Tetsuo et Tomao votèrent intérieurement pour le majeur et craignaient que la situation ne dégénère ; Goro pensa qu’il s’agissait du pouce pour le passer sur la gorge et se demandait si un tel geste servait ou non ses intérêts ; Kaoru paria pour l’index destiné à indiquer un lieu de combat et misait déjà sur Shiori. Il va y avoir un siège de libre sous peu. ; Haruya pensa à l’annulaire pour signifier un mariage ou des fiançailles mais ne comprenait pas trop le pourquoi d’un tel geste. Shiori ne chercha pas à savoir de quel doigt il était question. Elle fit mine de repousser son siège mais Goro intervint immédiatement :

- Il suffit. La réunion est levée. Regagnez vos quartiers. Nous reparlerons de tout cela plus tard. Masato vous restez là.

Les autres personnes sortirent. Kaoru jeta un regard malveillant à Masato tandis que Shiori sortit sans le regarder. Tetsuo hésitait à rester mais il fut poussé vers la sortie par Joïchiro qui lui murmura : « C’est une réunion à huis clos. Vaut mieux pas s’incruster. » Il ne restait donc plus que Masato, le chef, son fils et sa garde. S’il veut m’éliminer c’est le bon moment.

- Cette perte est malheureuse fit Goro en regardant l’avant-bras gauche de son commandant. Mais je ne pense pas que cela vous rende impotent n’est-ce pas ?
- Je suis droitier.
- Bien. Vous gardez votre place au Conseil quoiqu’il en soit. Votre coup d’œil est précieux. Merci pour avoir sauvé la vie de mon fils.

Il n’y a que mon coup d’œil qui est précieux désormais ? Si c’est le cas, cela pourrait bien me servir.

- Oui merci Masato-sama dit Hikawa qui semblait avoir retrouvé des couleurs.

C’est l’occasion. Masato salua Hikawa pour le remercier et s’adressa à Goro :

- Comme il y a d’autres bons voyants (mais qui ne vous égale pas) au sein du conseil je souhaiterais abuser de votre confiance pour prendre congé.
- Vous envisagez de nous quitter ?

Les yeux de Goro s’étaient faits scrutateurs. On dirait qu’au premier mot de travers il va lancer sa garde sur moi.

- Il ne s’agit pas d’une séparation. Disons que cette brève absence pourrait m’être bénéfique (Masato mit ce qui lui restait du bras gauche en évidence) et, en plus, cela permettrait de régler un problème qui semble vous préoccuper.
- Lequel ?
- J’ai entendu dire que vous doutiez d’un de vos chercheurs. Vu ma blessure j’aurais besoin d’être suivi le temps qu’elle cicatrise. Et je me demandais si Murasaki ne pourrait pas m’accompagner.

Un méchant sourire apparut sur le visage de Goro.

- J’imagine que votre voyage ne sera pas de tout repos.
- En effet, il n’est pas sûr que je revienne vivant.
- De même pour Murasaki. Ce serait une perte malheureuse.

Goro soupçonnait Murasaki, un de ses scientifiques, de jouer double jeu et d’avoir fourni des renseignements aux grandes nations. L’échec rencontré lors de la capture de Kyûbi le confortait dans cette idée. Mais il ne pouvait pas s’en débarrasser ni le faire interroger par Shisui. Il faisait partie des personnes qu’ils avaient confiées à Goro. Autant dire que soupçonner et en éliminer une ne serait pas bien vu. Aussi ne pouvait-il le renvoyer. Mais si Murasaki disparaissait au cours d’une mission... Rien ne pourrait être prouvé. Il est bon dans son domaine mais aucunement irremplaçable. Goro frotta sa barbe poivre et sel avec sa main droite tandis qu’il réfléchissait.

- C’est une idée. Vous n’en profiterez pas pour passer à l’ennemi ?
- Un manchot n’intéresse pas beaucoup de monde.
- Vous n’êtes pas n’importe quel manchot.
- C’est vrai. Je ne suis pas un manchot menteur. Si je ne reviens pas c’est que j’aurai été tué. Ai-je votre autorisation ?

Goro laissa passer un petit silence avant de se prononcer :

- Faites-en bon usage.
- Merci Goro-dono. Si vous le permettez je vais aller me restaurer. A cette heure Murasaki devrait aussi être présent. Cela me permettra de lui annoncer la nouvelle. Si vous m’autorisez à la lui révéler.
- Oui. Plus vite vous serez parti plus vite vous nous reviendrez.

Masato salua Goro, Hikawa ainsi que la garde présente et quitta la salle de réunion pour se diriger vers le réfectoire. C’était une vaste pièce éclairée en permanence et qui servait à manger à toute heure. De longues tables la remplissaient avec au choix, des bancs ou des chaises – les sièges étant réservés au chef et à sa garde. En entrant, il fallait aller sur sa droite pour prendre de quoi manger. Jizo était le cuisinier en chef. Très pointilleux, toujours le sourire aux lèvres cet individu métis, originaire de Kumo, était d’une propreté maniaque pour lui comme pour sa cuisine (et mieux valait jouer le jeu pour ne pas avoir à subir une leçon sur l’importance de l’hygiène, les bactéries que l’on pouvait attraper si on ne se lavait pas les mains avant de manger, etc.) et était apprécié de tous.

En pénétrant dans la salle Masato fut l’objet de nombreux regards. Certains étaient curieux, d’autres cherchaient confirmation de la rumeur qui circulait sur la perte de sa main, et on pouvait voir chez quelques-uns des regards de défi. Ma place les intéresse. Et la piètre performance que je m’apprête à réaliser pour découper ma viande va les renforcer dans leurs prétentions. Il saisit un plateau, des couverts, un verre et se fit servir. Jizo officiait.

- Désolé Masato-sama mais la viande n’est pas vraiment réussie. Du coup ce sera un hachis. Cela vous convient-il ?
- Oui.

Il adressa un regard à Jizo pour lui exprimer sa gratitude. Une fois son plateau garni, Masato le porta à une main, en faisant très attention de ne rien renverser. Il aperçut Murasaki à une table : étant très lent à manger il finissait souvent seul à table. Une chance pour moi.

- Bonjour Murasaki. Puis-je m’asseoir à cette table ?
- Bien sûr Masato-sama. Cette perte est donc vraie.
- Tu en doutais ?
- J’espérais une fausse rumeur oui. Surtout quand j’ai appris qu’il s’agissait de vous. Protéger le fils de notre chef vous fait honneur. Mais à cause de votre Kekkei Genkai, les greffes organiques ne marchent pas si je ne me trompe. Il va falloir vous tourner vers des prothèses mécaniques.
- Les greffes organiques ne résistent pas à l’utilisation du Hyôton...
- Alors il va falloir vous habituer à une main mécanique. Cela devrait pouvoir se faire assez vite. Reste à prévoir le temps de rééducation et…
- Je n’ai pas fini ma phrase que déjà je suis bon pour faire des bras de fer au sens propre !
- Oups, désolé.
- Je disais que la glace conduit à un rejet dans la grande majorité des cas.
- La grande majorité ? Non la totalité ?
- Il existe en effet un certain type de transplant qui n’est pas rejeté automatiquement.
- Vraiment ?

L’information avait piqué la curiosité de Murasaki. Ses grands yeux bleus semblaient supplier Masato d’en dire plus. Au moins cela devrait aider à mieux faire passer la pilule.

- Oui, on peut trouver un greffon adapté.
- Si c’est le cas je serai ravi de réaliser l’opération.
- Pour arriver jusqu’à lui nous allons devoir marcher un peu.
- Nous ?
- Oui, car tu vas venir avec moi.
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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2013, 11:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 14 : Départs croisés



- Pourquoi je ne peux pas venir ? Murasaki n’est pas un guerrier donc je pourrais vous être d’un grand secours.
- Inutile d’insister Tetsuo. Goro a accepté ma requête mais t‘ajouter est impossible : il ne voudra pas perdre un autre commandant. Valide, qui plus est.
- Pourquoi vous ne m’avez pas inclus ?
- Tetsuo…

Masato referma son sac où il avait placé le nécessaire pour son voyage. Le préparer avec une seule main avait pris plus de temps que prévu aussi il était possible que Murasaki soit déjà en train de l’attendre. Il embrassa ses quartiers du regard. Peut-être pour la dernière fois. Il s’approcha de Tetsuo, les bras croisés et dont les yeux fixaient le sol. Il posa sa main droite sur son épaule gauche et leurs regards se croisèrent.

- Tel que tu me vois je suis un homme mort. Avec une main en moins je ne suis plus très utile à Goro et inutile de te dire que certains profiteraient bien de l’occasion pour me régler mon compte.
- Mais vous avez une main de glace ! Celle avec laquelle vous avez frappé Kaoru.
- Ce n’est qu’un pis-aller. Elle réclame pas mal de chakra et au contact prolongé de la glace, la chair peut geler, d’où le risque de devoir m’amputer davantage encore. Il faut que je parte.
- Et vous aurez besoin d’un ange gardien !

Masato sourit en entendant cette expression.

- Tu as une place à tenir. Et je ne suis pas sûr de revenir vivant. J’ai parlé à Joïchiro : la manière dont tu t’es battu contre Kyûbi lui a plu. Il n’est pas facile mais c’est une personne honnête. Il ne te jouera pas de mauvais tours et ce sera un bon partenaire d’entraînement. Fais juste attention à ne pas devenir aussi tête brûlée que lui et à ne pas courir autant après les femmes.

Tetsuo rougit à cette évocation. Mais il ne resta pas muet pour autant :

- Si vous risquez de ne pas revenir alors vous voulez bien répondre à la question que je voulais vous poser avant notre seconde entrée à Konoha ?

Quand il a une idée en tête celui-là, il ne la lâche pas.

- Pose ta question.
- Ce qui circule à propos de votre différend avec Shiori est-il exact ? Avez-vous vraiment...

Tetsuo ne finit pas sa phrase, passablement gêné. Je ne veux pas donner l’impression de le juger. Je n’aurais peut-être pas dû poser la question. Mais il m’avait assuré d’y répondre plus tard.

- Qu’en penses-tu, toi, de ce qui est dit ?
- C’est à vous de répondre à ma question.
- Oui.
- Mais… pourquoi ?
- Il faut parfois commettre des actes répréhensibles quand on sert certaines causes. Je ne suis pas le premier et je ne serai pas le dernier. Cela n’excuse pas mon acte, j’en suis bien conscient.
- Vous avez fait cela en y étant obligé ou…
- J’ai répondu à ta question.

Masato prit son sac, le visage légèrement marqué par la fin de son échange avec Tetsuo, et passa la porte. Ce dernier était gêné et ne voulait pas qu’ils se quittent sur ce différend. Aussi il courut pour sortir de la chambre et dire à Masato :

- Je surveillerai vos quartiers ! Personne n’y mettra les pieds et vous le retrouverez dans l’état où vous l’avez laissé.
- Merci. Et si tu veux jeter un œil à la bibliothèque n’hésite pas. Mais attention à ne pas abîmer les livres !
- Promis.

Le petit sourire de Masato à la fin de cet échange s’évapora quand il vit Shiori s’avancer vers lui. Elle vient peut-être m’offrir un bouquet de chrysanthèmes pour me souhaiter bonne chance.

- Ne me dites pas que vous venez aussi vous proposer pour m’accompagner.
- Un manchot n’est pas très attirant. J’espère que votre voyage vous permettra d’accomplir des miracles à ce sujet.
- Nous voilà d’accord sur une chose.
- J’espère que cela n’est pas un mauvais présage… surtout pour Murasaki.
- Tout voyage a ses risques.
- C’est vrai fit Shiori alors que ses yeux se coloraient très légèrement. Mais je ne veux pas vous retenir plus longtemps. En venant j’essayais de trouver une phrase que vous pourriez méditer pendant votre voyage, pour vous rendre votre politesse de la dernière fois. Mais en voyant à quel point la glace conserve je me demande si vous ne devriez pas réviser votre position à propos du feu. A bientôt commandant.

Ils se saluèrent et Masato passa Shiori. Tout en s’éloignant il sentait que les yeux de Shiori le suivaient. J’ai attendu jusqu’à présent aussi je peux patienter jusqu’à ce que tu reviennes. Si possible en n’étant plus manchot car il n’est guère glorieux de vaincre un handicapé. Mais reparaîtras-tu ? Je ne t’attribue pas le défaut d’être lâche mais je me trompe peut-être. Si tu tentes de fuir Goro te pourchassera. Partir d’ici est vraiment une solution curieuse, surtout que tu connais le penchant de ce soi-disant chef à imaginer des conspirateurs partout. Que vas-tu donc bien pouvoir faire ?

Alors que Masato approchait du point de rendez-vous, il vit que Goro et cinq de ses gardes étaient présents et entouraient Murasaki. Shisui était un peu à l’écart.

- Alors Shisui, avez-vous des nouvelles à propos de cette énigme laissée par Hiro ?
- Je n’ai pas eu le loisir de creuser la question pour l’instant. Vous partez?
- Oui et en ce moment j’envierais presque votre corps actuel : dans ma situation votre bras serait déjà en train de se recomposer. Cependant d’autres inconvénients m’empêchent de vous jalouser.
- S’être sacrifié pour se retrouver utilisé n’est en effet pas une situation enviable.
- C’est peut-être cela le message de Hiro : libérer ce qui semble être prisonnier pour toujours.
- Je ne le savais pas philosophe.
- Est-ce une leçon de philosophie ?

Ils échangèrent un regard et Shisui lui souhaita « Bon courage ». Il va m’en falloir. Masato rejoignit son coéquipier de voyage en saluant Goro.

- On y va Murasaki ?

Murasaki n’était pas très motivé. Il avait été trouver Goro suite à l’annonce de Masato et Goro lui avait dit que c’était une bonne opportunité pour voir du pays : « Qui plus est, Masato aura besoin de soins et tu es parfaitement qualifié pour cette tâche. Tu es la bonne personne, à tout point de vue. » Il n’avait pas osé insister car cela pouvait paraître suspect et Murasaki frémissait rien qu’en pensant au sort fait à Joji. Déjà, le fait d’aller trouver Goro pouvait sembler suspect. Et en effet, leur entrevue avait fourni des arguments à ce dernier dans son idée que Murasaki transmettait des informations à l’ennemi.Est-il casanier ou bien s’éloigner le privera d’avoir accès à certaines informations et donc de remplir un rôle d’espion ? s’était demandé Goro. Mieux vaut éviter de prendre le moindre risque avait conclu son raisonnement intérieur.

- Oui soupira Murasaki. En route.
- Faites bon voyage mes très chers. Revenez-nous vite car nous n’allons pas chômer pendant votre absence et il serait dommage que vous ne rentriez qu’une fois tout terminé.

Ou comment me faire comprendre que j’ai intérêt à me dépêcher de revenir si je ne veux pas perdre ma place dans votre conseil. conclut intérieurement Masato avant de répondre à Goro :

- Nous ferons aussi vite que possible.
- A bientôt Goro-dono.
- Bon vent à vous.

A peine étaient-ils partis qu’Haruya rejoignit Goro, encore à l’extérieur, et regardant les deux partants s’éloigner.

- Alors Haruya, où en sont les contacts avec les anciens partisans de Hanzô ?
- Ils ont répondu positivement et sont d’accord pour nous aider à nous infiltrer.
- Fort bien. Autre chose ?
- Eh bien… Vous êtes sûr de vouloir les laisser prendre le contrôle du Pays de la Pluie ?
- Oui. L’essentiel est d’envoyer un signal : ce Pot va coûter cher aux grandes nations si elles ne veulent pas le rendre. Qui plus est Ame s’était plus ou moins rangé derrière Konoha depuis la fin de Pain. Ce sera un très bel exemple. Hiroto, Doku.
- Oui mon seigneur répondirent les deux membres de sa garde.
- Vous serez du voyage.
- Merci Goro-dono.
- Konoha va rapidement comprendre qu’on ne me vole pas impunément.


Justement, à Konoha, le départ était imminent. Rassemblés devant la porte principale du village, les deux équipes allaient partir d’ici peu. L’enthousiasme de Naruto était contagieux quand bien même un peu atténué par une mauvaise réflexion de Saï sur le gros sac de voyage de Sakura qui serait inversement proportionnel à sa poi… Naruto avait pu lui mettre la main sur la bouche avant qu’il n’ait fini. Ce qui n’avait pas empêché Sakura de chercher à remercier Saï pour son bon mot. Sur quoi Kakashi avait apaisé les esprits et s’était demandé s’il devait ou non reprendre ses bonnes vieilles habitudes d’arriver toujours en retard, pour éviter ce genre de scènes.

L’équipe de Shikamaru était moins agitée. Il avait choisi d’emmener Ino, Neji et Shino. Chôji avait décliné la proposition de Shikamaru car il préférait rester au chevet de son père, qui finissait de se remettre. « Le Tsuchikage t’en saura peut-être gré vu les économies qu’il réalisera sur la nourriture » avait pensé Shikamaru, contrarié que son partenaire de toujours lui fasse faux bond. Chôza avait poussé Chôji à revenir sur sa décision car il se sentait quasiment remis. Mais il était têtu et n’était pas revenu sur sa position. « Ce ne sera pas pareil sans toi Chôji » avait fini par lui dire Shikamaru. « Nous aurons d’autres occasions de rattraper cela, ne t’en fais pas » lui avait répondu son ami.

Sur le chemin qui conduisait aux portes du village Naruto avait croisé Hinata : elle lui avait souhaité bonne route. « Je serais vite de retour ! » lui avait-il répondit. Sur quoi Hinata pensait que Naruto était impatient de rentrer car il voulait l’inviter de nouveau ou alors parce qu’il avait sans doute quelque chose d’important à lui dire… Hanabi l’avait tirée de ses rêveries en lui demandant ce qu’elle faisait là, plantée au milieu de la rue.

- Le Tsuchikage vous attend à Iwa. Il vous accompagnera probablement pour la suite, afin de faciliter la prise de contact.
- Très bien Tsunade-baa chan ! Cap sur Iwa ! proclama Naruto le bras droit tendu en direction du ciel. C’est parti !

Naruto s’apprêtait à foncer puis se tourna vers les autres.

- C’est par où ? demanda-t-il en souriant, le bras droit derrière la tête.
- Je crois que je vais ouvrir la voie fit Kakashi.
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MessagePosté le: Mer 20 Fév 2013, 12:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 15 : Certains n’avaient jamais vu la neige


Ils avaient mis un peu moins de deux jours pour atteindre la frontière entre Iwa et le Pays des Neiges. La faute aux patrouilles du Pays de la Terre qui les avaient forcées à ralentir et à se dissimuler pour ne pas être repérés aux frontières ni à l’intérieur du Pays. Une dernière halte sur les terres du Tsuchikage avait eu lieu à quelques kilomètres de la frontière avec le Pays des Neiges, dans un petit village où Masato avaient acheté de la nourriture en plus – Murasaki consommant davantage que prévu. Il s’était d’ailleurs assez vite assoupi une fois assis dans le magasin. Il n’est pas vraiment habitué à marcher autant et en si peu de temps. Mais cette fois, sa sieste me sera utile. Masato voulait en effet s’entretenir seul à seul avec le propriétaire du magasin, qui l’avait reconnu dès son entrée. Ils passèrent alors dans l’arrière-boutique, sa femme surveillant Murasaki.

- Avez-vous été suivi ?
- Non. Votre couverture ne craint rien.
- Notre Seigneur a été prévenu de votre arrivée ?
- Pas vraiment. Aussi si vous pouviez lui envoyer un message je vous en serai très reconnaissant.
- Je le préviendrai dès votre départ. Mais faites vite. Selon certaines rumeurs, le Hokage viendrait le rencontrer. Des préparatifs sont en cours et notre Seigneur se dirigera bientôt vers son palais du Sud pour accueillir ses hôtes.
- Merci pour l’information, nous partons sur le champ. Pour ce que je vous ai pris, je vous dois ?
- Rien. Allez réveiller votre compagnon de route et filez. La route est encore longue.

Masato réveilla Murasaki et ils s’en allèrent dans l’instant. Le propriétaire du magasin sortit pour les voir s’éloigner et quand ils commencèrent à disparaître de son champ de vision, il retourna dans son arrière-boutique et rédigea immédiatement un message : « Masato est passé par mon magasin et il est bien manchot. Plus important : il n’est pas seul. Un dénommé Murasaki l’accompagne. A première vue il ne représente pas une grande menace. Votre serviteur dévoué. »

Il attacha le message placé dans un rouleau à la patte d’un oiseau de glace puis ouvrit sa fenêtre et l’oiseau s’envola. Peut-être aperçut-il Masato et Murasaki quand ils commencèrent à s’aventurer sur les terres du Pays des Neiges. A cette époque de l’année, le sud du Pays n’était pas recouvert par le manteau blanc, aussi Masato et Murasaki avaient-ils pu emprunter bon nombre de raccourcis afin de ne pas être repérés et d’avancer plus vite.

Mais après une demi-journée de marche Murasaski avait stoppé net et demandé à faire une pause. Ils s’arrêtèrent donc à côté de ruines, qui éveillèrent sa curiosité :

- Qu’y avait-il à cet endroit ? Une guerre a ravagé cette zone ?
- Ce ne sont pas les seules ruines que compte ce pays. On les appelle « les ruines des prétendants ». Par le passé, quand le dirigeant actuel a pris la suite de son père, certains ont cru voir là une opportunité pour le renverser et prendre le pouvoir. Mal leur en a pris. Eux, leurs familles, leurs partisans, en somme toutes les personnes qui avaient été impliqués de près ou de loin dans cette affaire ont été massacrées. Le nouveau Seigneur a aussi fait détruire leurs demeures. Un Pain avant l’heure dans sa méthode de règlement des différends. Il a tenu à ce que les ruines demeurent pour avertir les ambitieux du sort qui était réservé aux traîtres. D’ailleurs, ici, on utilise parfois le terme « prétendant » pour rappeler à l’ordre quelqu’un qui se voit trop beau, etc.
- Quelle triste histoire. Ces hommes avaient peut-être de bons motifs ?
- Bons ou pas ils ont commis une grosse erreur : sous-estimer la jeune puissance en place. Ils ont servi d’exemples, tragiques certes. Mais c’est ainsi que se gouverne ce pays, voire d’autres : non avec de belles paroles mais avec des actes.
- Vous approuvez cela ?
- Le sort fait aux vaincus de notre organisation est-il bien différent ?
- A y réfléchir…
- C’est avec ce genre de propos que tu as été soupçonné de trahison soupira Masato.
- Que je… quoi ?
- Tu n’as pas encore compris pourquoi je t’ai emmené avec moi ?

Murasaki fut estomaqué. Que Goro le soupçonne pourquoi pas mais de là à vouloir le tuer. Il avait toujours été loyal. S’il avait du mal à retenir certains propos il n’était pourtant pas un traître.

- Alors vous allez me tuer ? Goro vous en a donné l’ordre ? Ou alors vous voulez me tester pour voir si je m’enfuie car je suis un traître ?
- Je te promets qu’aucun mal ne te sera fait. Simplement, abandonne l’idée de retourner auprès des Ailes de la Libération : pour Goro je t’ai tué et tu n’existes plus.

Ils reprirent leur voyage en silence. Murasaki se posait beaucoup de questions : pouvait-il faire confiance à Masato ? N’était-ce pas un piège ? Devait-il s’enfuir ? Mais il ne connaissait pas le pays aussi il se perdrait rapidement et serait vite retrouvé. Peut-être dois-je lui faire confiance, au moins lui accorder le bénéfice du doute. Il aurait pu me tuer dès notre départ.

En s’enfonçant davantage dans le pays, les premières neiges les entourèrent. Ils durent se couvrir pour continuer à avancer. Murasaki regardait émerveillé ce nouvel environnement.

- C’est la première fois que tu vois de la neige ?
- Oui.

Murasaki en ramassa pour en avaler. Cette sensation de frais le fit frissonner. Mais c’était un frisson agréable, non provoqué par la peur. Même si ça n’a pas de goût c’est meilleur que les glaces que j’ai pu manger jusque-là. Quel calme. Et ce paysage est joli avec ces montagnes. Je pourrais peut-être vivre par ici. Il fut interrompu dans ses pensées par une boule de neige qu’il reçut derrière la tête.

- C’est en général le prélude à une bataille de boules de neige.
- J’en avais entendu parler Masato-sama.

Masato n’eut pas le temps de répliquer : une épée venait de le transpercer dans le dos et il pouvait voir de ses yeux la lame couverte de sang. Paniqué, Murasaki surveilla les alentours mais il se tournait à peine qu’une lame vint se plaquer contre sa gorge. « Tu ferais mieux de ne pas bouger. » Deux ninjas enveloppés d’un manteau blanc, qui les rendait difficilement repérables dans ce paysage, venaient d’apparaître. A y regarder de plus près, Murasaki remarqua qu’il devait s’agir de femmes, cheveux blonds pour l’une, bruns pour l’autre. De jolis visages mais qui avait l’air dangereux. Sont-elles aussi dangereuses que Shiori ? se demanda-t-il.

- Alors Nanao elle est pas bien notre attaque ?
- Impec’ Sei, ils n’ont rien vu venir.

Nanao s’adressa à Masato, qu’elle avait transpercé :

- J’ai évité tes points vitaux donc vaudrait mieux que tu nous dises ce qu’on veut savoir sinon… dit-elle en tournant légèrement la lame.
- Vous n’avez pas changé, toujours à frapper avant de récolter des informations.
- T’es qui toi ? D’où tu nous connais ?

Masato ne répondit pas et il se décomposa en plusieurs blocs de glace.

- Merde un clone. Cet enfoiré nous a eues. Surveille l’autre Sei !

Nanao analysa rapidement son environnement pour repérer le moindre piège tandis que ses cheveux bruns se dispersaient dans toutes les directions à cause du vent qui se levait. Masato apparut devant elle, sans arme à la main.

- Je ne suis pas là pour me battre. Visiblement vous ne m’avez pas reconnu.

Masato s’apprêtait à se découvrir mais Sei crut à une attaque aussi elle jeta Murasaki au sol avec un coup de poing dans le ventre et rejoignit Nanao :

- Il veut pas parler, tant pis pour lui. T’es prête Sei ?
- Ouais.
- La danse des lames !

Elles se placèrent l’une derrière l’autre, avec dans chaque main un poignard recouvert de chakra. Leur déplacement était tellement synchronisé qu’on avait l’impression qu’une seule personne fondait sur Masato. Mais une ombre apparut, par le haut, qui les plaqua au sol. En relevant la tête, cette ombre se découvrit. Elle n’était pas inconnue à Masato : une haute taille, des plaques de protection, une longue cape noire équipée dont la capuche était baissée, des cheveux noirs coupés courts et en l’air, avec une petite mèche qui retombait sur le front ce ne pouvait être que lui. Surtout, un élément avait fini de le convaincre : en plus des armes dont il pouvait être équipé, une épée gigantesque lui barrait le dos.

- Un peu plus et vous alliez vous attirer des ennuis les filles.
- Ryuichi-sama pourquoi être intervenu ? lui demandèrent-elles en se relevant.
- Votre accueil pour Masato n’est pas très cordial.
- Masato… ?

Elles le regardèrent et rougirent de gêne.

- Désolé Masato-sama, on ne vous a pas reconnu et nous avons agi de manière un peu précipitée.
- Merci de ne pas avoir tué mon camarade de voyage. Ça va Murasaki ?

Murasaki se relevait, la main droite posée à l’endroit du coup reçu.

- Oui, oui, ça peut aller. Je vous rejoins.

Pendant qu’il s’approchait, Ryuichi s’adressa à Masato :

- Quel bon vent vous amène ?
- Ceci répondit Masato en dévoilant le reste de son avant-bras gauche et quelques autres sujets. Me serait-il possible de voir le Seigneur ?

Ryuichi prit une mine à moitié surprise en voyant le handicap de son interlocuteur. Il doit déjà être au courant. Les nouvelles vont vite décidemment.

- Oui mais va falloir se dépêcher car il part pour le Sud d’ici peu. Une rencontre…
- Je suis au courant.
- Et vous voulez être présenté à lui incognito je présume. Personne ne doit savoir ?
- En effet.

Ryuichi sourit.

- En route vers le patron !


Le petit groupe de cinq partit ainsi en direction du Nord. Pratiquement en même temps que cette rencontre, une entrevue assez houleuse s’était tenue chez les Ailes de la Libération :

- Un contre temps regrettable donc.
- Tout n’est pas perdu. L’estomac du Dieu de la Mort est désormais vide. Cela devrait vous satisfaire.
- Cette partie-là a été menée à bien. Il n’empêche que cette partie de Kyûbi aurait été bien utile. Les chercheurs semblaient avoir bien avancé pour parvenir à relier cette réserve de chakra à votre fils, permettant une exploitation optimale de ses capacités… pour notre plus grand profit.

Il est très bien informé pensa Goro. A travers l’écran il sentait néanmoins un ton de reproches. Cet échec lui déplaisait et il devait aussi irriter son interlocuteur, toujours englouti dans la pénombre. Une partie de son visage était néanmoins visible, qui laissait voir un œil marron, au regard perçant, et une partie de visage tout en finesse et en muscles. De fines mèches de cheveux noirs bouclés tombaient sur son front.

- En effet, cela risque de retarder le plan initial.
- Que projetez-vous de faire avec un commandant en moins ? D’ailleurs pourquoi Murasaki a-t-il été envoyé avec lui ?
- Les nouvelles vont vite fit Goro, sa mine s’obscurcissant.
- Je me tiens informé. Il ne vous est pas toujours possible de tout nous dire aussi voyez cela comme un bon moyen pour vous économiser.
- C’est trop d’honneur. Murasaki devait voir du pays.
- Visiter ses sous-sols par exemple ?
- Il doit soigner Masato. Ce dernier veillera à ce qu’il ne lui arrive rien.
- S’il veille sur lui comme sur votre fils peut-être. Toutefois, il n’est pas sûr qu’il ait envie de sacrifier son autre main… Mais, après tout, c’est de vos hommes qu’il s’agit : vous les gérez comme vous l’entendez.

Mais il est clair que cela ne vous plaît pas. Tant pis. Vous n’avez pas le choix. Ces hommes qui composent ma garde sont sous mon autorité pleine et entière, ne vous déplaise. Et avec Shisui et quelques autres de mon conseil vos menaces lointaines ne sont pas aussi efficaces que vous le croyez.

- Vos conseils sont toujours d’une grande aide.
- Laissons-là les compliments. Vos projets sont encore bien obscurs de mon point de vue. Cette descente sur Ame et les suites que vous prévoyez… J’espère qu’à notre prochaine entrevue vous me ferez la lumière sur certains points. A très bientôt.

L’écran s’éteignit. Goro semblait perplexe.

- Vous n’avez pas été ménagé alors que vous œuvrez pour la victoire des Ailes.
- C’est ainsi mes fidèles. Il faut parfois accepter d’être réprimandé. Mais cela n’invalide pas nos projets, vous l’avez entendu.
- Oui Goro-dono.
- Nous allons pouvoir rassembler nos autres éléments et partir pour Ame. La pluie va de nouveau être rouge sur ce pays
- Pour la plus grande gloire de notre communauté lui répondirent en chœur ses gardes.
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MessagePosté le: Sam 23 Fév 2013, 1:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 16 : Un Seigneur pas comme les autres ?



- J’ai faim.
- On sait, cela fait trois plombes que tu nous casses les oreilles avec ça le réprimanda Sakura.
- Ce n’est pas de ma faute… J’ai faim.
- Naruto, comme nous sommes des amis, je peux te tutoyer non ? Je l’ai lu dans un livre.
- Oui Saï, pas de problème.
- T’es lourd.

Saï prononça sa phrase avec un petit sourire à l’adresse de Naruto. Ce dernier fut un peu piqué par la remarque. Il se contenta de répondre :

- Il n’empêche que j’ai quand même faim…

Naruto n’en pouvait plus. Cela faisait une dizaine de kilomètres que son estomac n’arrêtait pas de gargouiller. Je crois que je mangerai tout ce qui me tombera sous la main se disait-il en imaginant différentes sortes de plats. Rien que d’y penser il salivait. Aussi dès qu’il avait vu apparaître, au loin, le village caché d’Iwa il n’avait pas hésité à demander à tout le monde d’accélérer.

La première chose qu’il dit au Tsuchikage, après l’avoir rapidement salué, fut qu’il avait très faim. En entendant les bruits de son estomac, le Tsuchikage avait décidé de différer légèrement leur entretien, le temps pour les deux équipes de Konoha de se rafraîchir et se sustenter. Elles avaient été installées dans de très jolies suites qui jouxtaient le bâtiment du Kage. Les huit ninjas avaient ainsi pénétré dans de belles pièces meublées dans un style très sobre, couleur ocre, dont les fenêtres permettaient de voir les grandes artères du village.

Les ninjas de Konoha en avaient profité pour se laver, se changer et… manger. Naruto s’étant précipité sur la nourriture en entrant il avait fallu se battre pour que chacun conserve une part convenable. Encore heureux que Chôji ne soit pas là. Ce qui est proposé suffirait tout juste pour un de ses goûters pensèrent simultanément Shikamaru et Ino. Naruto en était au dessert lorsque le Tsuchikage, accompagné de son fils et de sa petite fille, était venu leur parler. Il prit place au milieu des ninjas de Konoha.

- Je pense que quelques informations préalables sur la personne que nous allons rencontrer peuvent être utiles. Tsunade me l’a d’ailleurs demandé.
- Oui Tsuchikage lui répondit Kakashi. J’ai beau avoir entendu parler de lui, ce n’est pas le cas des autres ninjas ici présents, notamment le Hokage.
- Mouich en echet je…
- Ne parle pas la bouche pleine c’est malpoli !

Naruto engloutit ce qu’il avait dans la bouche suite à la remarque de Ino avant de reprendre :

- Je voulais dire que je ne sais pas de qui il s’agit et qu’il en va de même pour mes camarades. Donc si vous pouvez nous en dire ce sera super sympa’ Papy….
- Mon père m’a dit qu’il l’avait déjà rencontré dit Shikamaru pour empêcher Naruto de terminer sa phrase.
- En effet jeune Nara. Ils se sont rencontrés pour quelques parties de shôgi entre autres...
- C’est un joueur ? Cela risque de rendre l’entrevue plus compliquée observa Neji.
- Un joueur peut se prendre à son propre jeu s’il pense que ses interlocuteurs ne jouent pas dans la même catégorie que lui.

La remarque de Shino fit sourire certains et en rendit d’autres perplexes, notamment Naruto. Il regarda Shino d’un air interloqué. On va jouer ? Mais à quoi ? – Naruto… Il y a des fois où tu es aussi lourd en pensées qu’en paroles.

- Alors qui est cet individu ? demanda Sakura.

Le Tsuchikage sourit, prit une petite inspiration et commença :

- Le Seigneur du Pays des Neiges a été renommé par de nombreuses personnes en Seigneur des Glaces. Et ce n’est pas pour faire un bon mot comme vous vous en rendrez compte. Il appartient au clan Anotsu (dont est issu le clan Yuki) qui maîtrise le Hyôton. Ce clan s’est illustré pendant l’époque agitée qui précède la mise en place du système actuel. On peut dire que ce clan occupait la 3ème place dans la hiérarchie officielle, derrière les Senju et les Uchiha. Avec l’implantation de ces deux clans à Konoha, le clan Anotsu s’est installé au Pays des Neiges, pour le plus grand déplaisir de certains mais c’est une autre histoire.
- Il appartient donc à un clan qui possède une certaine réputation observa Neji.
- Mais il a lui-même contribué à la réputation de son clan fit Kurotsuchi avec un petit sourire.
- Comment ça ? lui demanda Ino.
- Kurotsuchi, si tu n’y vois pas d’inconvénients je vais poursuivre fit le Tsuchikage. Le plus important arrive. Même si le Pays des Neiges n’était pas une des cinq grandes nations, il y avait malgré tout une division entre un Daymio et l’équivalent du « Kage » chez nous. Le père du seigneur actuel occupait cette dernière fonction.
- Bigre si c’était son père il doit être vachement vieux ! Plus que vous non ?
- Naruto, ce ne sont pas des choses à dire lui fit remarquer Kakashi. Tsuchikage veuillez…
- Il n’y a pas de mal Kakashi-san. Oui il est d’une ancienne génération. Mais il ne fait pas son âge, vous vous en apercevrez assez vite. J’y reviendrai. Donc le chef de ce clan à l’époque était son père et il s’est retrouvé à la tête des forces ninjas du Pays des Neiges qui étaient composées des ninjas du clan Anotsu et d’autres unités disparates. Peu de temps après, sentant sa fin proche, il lui a laissé la place. La première décision du nouveau chef fut radicale : jugeant que la division Daimyo/ « Kage » était néfaste car le Daimyo outrepassait son rôle, il le déposa et occupa ainsi les deux fonctions.

Les visages de ses interlocuteurs furent interpelés par la dernière phrase. Cela renforça leur attention pour les propos du Tsuchikage.

- Un tel acte n’a pas dû lui valoir que des amis.
- En effet Neji-san. Sa décision alimenta des mécontentements, et une tentative de coup d’état fut organisée – où étaient impliqués plusieurs clans (en dehors du clan Anotsu), la famille du Daimyo déchu voire quelques appuis extérieurs.
- Comment cela a-t-il fini ? le questionna Saï.
- Ce soulèvement fut écrasé dans le sang. Toutes les personnes impliquées et leurs familles ont été supprimées.
- Rien qu’avec son clan ? lui demanda Shikamaru.
- Oui. Il est très doué pour faire la guerre. C’est pour cela qu’il a survécu, à l’instar de Madara et d’Hashirama aux multiples batailles auxquelles il a pris part. Ses ennemis l’ont sous-estimé et ont payé cher cette erreur.
- Ni la force ni le fait ne peuvent fonder le droit. Comment ont réagi les autres nations ? demanda Shino.
- Hashirama l’a rencontré pour lui dire qu’il désapprouvait son geste… Mais il n’y a pas eu d’interventions des cinq grandes nations.
- Pourquoi ? fit Naruto.
- Une intervention aurait pu être mal perçue : le nouveau système en place était jeune donc il y avait encore une certaine instabilité. Et les grandes nations avaient les Bijûs, donc si elles intervenaient, cela pouvait être vue comme une ingérence, ce qui était très maladroit répondit Kakashi. Personne ne voulait d’une nouvelle guerre.
- En effet, mais ce n’est pas tout : le Daimyo favorisait l’esclavage, et avait d’autres pratiques assez douteuses. Il y avait des raisons pour motiver l’acte du clan Anotsu.
- Des actes durs pour le bien de son village et de son pays commenta Saï. Ce Seigneur doit beaucoup tenir à ses habitants
- Si ces faits étaient avérés pourquoi personne n’est intervenu avant ? questionna Shikamaru.
- Agir contre un Daimyo est souvent délicat… Les différends devaient se régler entre eux. Mais les discussions traînaient.
- Il a donc fait ce que les Daimyos n’ont pas osé faire trancha Shino.
- Donc tacitement son acte a été approuvé fit Naruto visiblement mal à l’aise. A-t-il eu raison d’agir ainsi ? Renverser une personne légitime mais qui agit mal afin d’imposer une meilleure politique ?
- La période était alors troublée. Ne portez pas de condamnations ni de jugements hâtifs. Surtout en sa présence.

L’auditoire du Tsuchikage moins son fils, Kurotsuchi et Kakashi était visiblement interpellé par ce cas de figure. Comment fallait-il considérer cette personne ? Un héros ? Une personne assoiffée de pouvoir ? Un « seigneuricide » ? se demanda Ino.

Je peux te dire que les discussions avec Hashirama et Tobirama ont été animées. Mito a assisté à une partie de l’entretien et Hashirama lui a raconté la fin. Tobirama avait connu ce clan (d’où sa fourrure blanche sur son manteau) aussi il était un peu gêné pour se prononcer. Il y est quand même allé de son petit commentaire selon lequel ce clan était peut-être possédé par je ne sais quel mal et que « les glaçons pourraient bien fondre même en hiver », ce qui a failli provoquer un conflit… Du coup Hashirama a recentré sa position et Konoha n’est pas intervenu. Les autres pays ont suivi sa décision. Mito lui a confié par la suite qu’elle n’avait senti aucun mauvais sentiment chez cette personne. « Alors je n’ai pas dû prendre une mauvaise décision ! » lui avait répondu Hashirama en rigolant. Un vrai phénomène celui-là. Un peu comme toi…

- Depuis cette affaire le Pays des Neiges entretient des rapports commerciaux avec toutes les nations ainsi que des relations diplomatiques mais juste ce qu’il faut. Ce pays a l’air florissant et ne se mêle, officiellement, pas des affaires extérieures.
- Le courrier envoyé à notre endroit doit donc être considéré comme une rupture ? interrogea Kakashi.
- Il veut revenir dans la partie ? compléta Neji.
- Il ne l’a jamais vraiment quitté fit malicieusement le Tsuchikage. En tout cas je suis persuadé que c’est un signe. Il ne laisse rien au hasard. Et s’il a accepté de vous rencontrer c’est bien qu’il a quelque chose en tête.
- Il pourrait être lié aux Ailes de la Libération ? demanda Shikamaru. Le fait qu’il nous ait prévenus indique qu’il a des connexions avec eux.
- Jeune Nara je serai tenté de te dire non. Je ne le vois pas associé avec des individus de cette espèce…
- Avoir des contacts à l’intérieur de cette organisation est aussi une possibilité compléta Kakashi. D’ailleurs un des ninjas des Ailes utilise le Hyôton, un certain Masato.
- Oui j’ai entendu vos informations à ce sujet. Un ninja redoutable à ce qu’il semble.

Naruto fit un signe de tête pour confirmer.

- Mais il est peut-être mort avança Ino. Il était dans un mauvais état et…
- Je suis sûr qu’il est encore en vie lui répondit Naruto, en la regardant droit dans les yeux.
- Hum, ce prénom ne me dit rien. Le clan Anotsu a eu différentes ramifications donc peut-être ce ninja est-il issu du clan Yuki ou d’un autre et il chercherait alors à se venger ? C’est un mobile qui serait compatible avec certaines des idées des Ailes de la Libération.
- En effet Tsuchikage. D’un autre côté, l’informateur éventuel peut aussi être inconnu de nous. Il y a pour le moment trop de possibilités pour pouvoir privilégier une seule piste admit Shikamaru.
- La pluralité est un défaut si on ne parvient pas à la maîtriser.
- Sans doute Shino fit Naruto (avec un air dubitatif) qui enchaîna : et donc ce vieux il fait pas son âge ?
- Oui, c’est là une des particularités de ce clan : comme les Uzumaki ils ont une extraordinaire longévité. Du moins pour certains d’entre eux : arriver à un certain niveau de maîtrise de leur affinité, la glace retarde prodigieusement le vieillissement de leur corps.
- Je comprends que vous les enviez vu l’état de votre dos !
- Bien envoyé ! fit Kurotsuchi.
- Espèce de petite… Sur ce, je crois vous avoir dit tout ce que j’avais à vous dire. Nous allons pouvoir nous… Aïe.

En se levant Oonoki venait de se bloquer le dos. Le craquement avait été entendu par tous et le Tsuchikage se tenait les vertèbres du bas.

- Si vous voulez, avec Ino nous pourrions voir s’il est possible de faire quelque chose fit Sakura.
- Oh vraiment ? Ce ne serait pas de refus car j’ai mal et nous avons du trajet à faire. Mais cela ne risque pas de nous mettre en retard ?
- Nous ferons vite. Et puis, c’est la moindre des choses pour vous remercier de votre hospitalité.

Le Tsuchikage accepta et alors que Sakura et Ino s’apprêtaient à l’accompagner pour examiner son dos Saï demanda à Ino si s’occuper du Tsuchikage était un moyen d’oublier qu’elle n’avait pas de petit ami (il avait lu ça dans un livre) et Naruto fit un regard plein de sous-entendus à Sakura. Dans les deux cas les kunoïchis n’apprécièrent pas vraiment.

Deux heures plus tard, Naruto et Saï avaient quelques bosses sur la tête mais les ninjas de Konoha étaient prêts. Du côté d’Iwa, Kitsuchi restait sur place, le Tsuchikage était accompagné de Kurotsuchi, Akatsuchi et Daiki un jônin d’Iwa d’une quarantaine d’années, rasé de près et dont le crâne montrait déjà certaines zones dégarnies.

- On devrait mettre une petite journée pour atteindre le lieu du rendez-vous fit le Tsuchikage.
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MessagePosté le: Mar 26 Fév 2013, 12:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 17 : Coup de froid



- Que devient votre fils Ryuichi ?
- Il court à droite et à gauche. L’autre jour il avait une mission à effectuer. Il m’avait assuré qu’il serait de retour d’ici un jour. Je ne l’ai revu qu’après une semaine. En chemin il en avait profité pour en accomplir d’autres.
- C’est une belle source de revenus pour le pays alors fit Masato en souriant.
- Le patron ne s’en plaint pas, en effet ! D’ailleurs il lui a demandé de partir dans le Sud en vue de l’entrevue à venir.
- De quoi l’occuper à plein temps.
- C’est sûr. Mais il va falloir que je lui trouve quelque chose de consistant pour qu’il se calme un petit peu fit Ryuichi tandis que son regard croisait celui de Masato.

Ils venaient de s’arrêter devant une imposante double porte en chêne sur laquelle était gravée une scène de combat représentant des hommes maniant la glace contre d’autres individus maniant des armes voire ce qui ressemblait à des flammes.

- Quelle belle gravure observa Murasaki.
- Si elle vous plaît alors faites le tour du palais. Vos yeux seront servis. Sur ce.

Ryuichi poussa les portes et laissa pénétrer les deux invités avant d’entrer à son tour.

- Seigneur, ils sont là. (A l’adresse de Masato, plus bas : ) bonne entrevue.
- Merci pour tout Ryuichi lui dit Masato.

Masato et Murasaki s’avancèrent davantage dans la salle tandis que Ryuichi sortit et referma les portes. La pièce était d’une taille respectable, chaude et très lumineuse, grâce à la présence d’un plafond où le verre se mêlait à la pierre. La chaleur ambiante commençait à donner des envies de somnoler à Murasaki. Sur les murs de la salle se trouvaient différents tableaux représentant des paysages, des portraits voire des scènes de repas. Au centre une large table en chêne massif qui accueillait 12 chaises plus deux aux extrémités avait été recouverte de nappes en soie blanche. Sur ces nappes se trouvait des assiettes, des couverts et de la nourriture. Et à côté de la table et de dos, se trouvait le Seigneur du Pays des Neiges. Il se retourna vers ses deux invités.

Il n’a pas changé fut la première pensée de Masato en le voyant. On lui donnerait à peine la quarantaine tant son allure le situait dans la force de l’âge. Il portait des vêtements sur mesure mêlant le clair et le sombre et on pouvait apercevoir une mince chaîne d’or à son cou où le symbole de la balance pendait. Une cape était jetée sur ses épaules et tenait par une broche où apparaissait le symbole du clan Anotsu : une tête de dragon composé de sept piques pour le sommet du crâne, d’où partait les contours du visage de la créature. Les cheveux du Seigneur du Pays des Neiges étaient coupés courts et une mince barbe, impeccablement taillée, couvrait le bas de son visage. Un visage de marbre, qui ne laissait transparaître aucune émotion et où prenaient place deux yeux qui pouvaient – à l’instar de ses propos – vous pétrifier tant ils semblaient pénétrer jusqu’au plus profond de votre âme et lire en vous.

- Vous devez avoir faim dit-il en indiquant la table. Servez-vous.

Murasaki se précipita et remplit une assiette. Masato prit place à ses côtés et grignota un peu de viande et quelques légumes. Le Seigneur s’assit en face d’eux et se servit une coupe de vin qu’il ne toucha pas.

- Merci de nous recevoir Shôkishi-dono fit Masato.
- Je dois reconnaître que je ne m’attendais pas à vous voir, encore moins aussi nombreux.

Sur un regard de Masato Murasaki comprit qu’il devait se présenter dans l’instant :

- Je suis Murasaki, je travaille dans la même organisation que Masato-sama.
- Vous travaillez pour Goro ?
- Oui, enfin…
- Vous avez des doutes ?

Cela commence bien. Masato ressentait au ton de la voix de Shôkishi qu’il n’était pas surpris de les voir mais que cette configuration ne lui plaisait pas. Shôkishi n’aimait pas perdre son temps en palabres donc les réponses vagues de Murasaki risquaient fort de l’irriter.

- Hifumi ? prononça Shôkishi.

La porte du fond s’ouvrit instantanément.

- Seigneur ?
- Veille à ce que notre invité ne manque de rien. Je dois m’entretenir avec Masato.
- Bien lui répondit-elle.
- Si vous voulez bien me suivre. Ne craignez rien Murasaki, nous serons très vite de retour.

Shôkishi et Masato se levèrent. Murasaki avait un regard inquiet mais Masato lui murmura dans l’oreille : « Ne crains rien. Mange et reste tranquille. »

Ils sortirent par les portes situées en face de celles ouvertes par Ryuichi. Ils évoluèrent alors dans une grande galerie parsemée de sculptures et où des torches flambaient.

- C’est très gentil de venir me voir, surtout lorsque je suis attendu dans le Sud.
- Ce ne sera pas long et vous ne serez pas en retard pour votre entrevue.
- Pourquoi l’avoir emmené ici ?

On entre dans le vif du sujet se dit Masato. Le ton de la voix de Shôkishi s’était fait plus impérieux.

- Goro considère à tort que Murasaki est un traître qui a donné des informations aux grandes nations. Je suis censé le tuer mais il ne le mérite pas. Il pourrait être utile ici…
- Vous décidez donc de l’utilité des personnes et les affectez où bon vous semble ? lui rétorqua Shôkishi avec une certaine acidité.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire…
- Sans doute. Pourquoi êtes-vous venus ?
- Pour ceci.

Masato tendit son moignon gauche vers Shôkishi.

- Qui a fait ça ?
- Un démon à neuf queues.
- En quel honneur ?
- J’ai protégé un jeune qui était censé le maîtriser. Le fils de Goro.
- Cette perte en valait vraiment la peine ? Je ne savais pas que Goro méritait tant d’égards de votre part.
- C’était un enfant et je…
- Peu importe. Les faits sont là.

Manifestement Shôkishi ne tenait pas à consacrer beaucoup de temps à cette entrevue. Masato pensait d’ailleurs qu’il devait déjà avoir pris connaissance de ce qui lui était arrivé. Les informations circulaient vite. Il a peut-être été au courant de mon accident avant même que je ne réalise la perte de ma main.

Shôkishi poursuivit :

- Et donc vous êtes revenu ici en pensant trouver un emploi pour les manchots ?
- Non. Je compte bien retourner auprès de Goro. Et avec deux mains.
- Par quel prodige ?
- Vous possédez une main gauche qui pourrait me convenir.

Le regard de Shôkishi se fit glacial. L’espace d’un instant Masato pensa que tout était perdu et qu’il devrait rebrousser chemin. Ses propos sont durs mais ses silences mortels. Le Seigneur répondit néanmoins, non sans une certaine dureté, après quelques trente secondes qui semblèrent une éternité pour Masato :

- Rien que ça ?
- Vous avez la main droite dit Masato en jetant un regard en direction du bras droit de Shôkishi. Pourquoi me refusez la gauche ? En avez-vous besoin ?

Shôkishi leva alors sa main droite. Contrairement à la gauche, elle était recouverte d’un très mince gant noir qui était constitué d’une multitude de fines lanières de tissus, associées l’une à l’autre sans qu’aucune trace de couture ne puisse être détectée.

- Vous connaissez les risques encourus ?
- Oui, j’en suis bien conscient.
- Et vous pensez être à la hauteur ?
- Je n’ai pas le choix répondit Masato.
- Il existe des greffes mécaniques qui…
- Pas question d’être mi-homme mi-ferraille. Vous croyez que si j’avais pu faire autrement j’aurais fait ce voyage ? Je n’ai pas d’alternatives. J’ai besoin de cette main pour retrouver mes pleines capacités, voire plus… Il est hors de question que je reste manchot pour le restant de mes jours.

Le regard de Shôkishi se fit moins dur. Il méprisait la faiblesse, Masato le savait parfaitement. Aussi le discours qu’il venait d’entendre avait réussi non pas à l’amadouer, mais à le rendre un tout petit peu mieux disposé à l’égard de la demande formulée.

- Toute chose a un prix. Contre cette main que me proposez-vous ?
- Je pensais que le rouleau des techniques interdites que je vous ai fait parvenir pouvait être suffisant.
- Ce rouleau achète la survie de Murasaki.
- Seulement ?
- Avez-vous oublié les autres gestes que j’ai faits envers Goro ? Il me semblait vous en avoir informé.

Masato ne pouvait rien rétorquer à cela. Oui c’est Shôkishi qui avait donné l’Adn de Shisui à Goro ainsi que quelques autres renseignements de premier plan. Tout cela avait servi les projets de Goro et ce dernier s’était alors montré plus conciliant envers Masato. Et c’est peut-être pour cela que Goro m’a laissé partir. Le fait d’avoir sauvé son fils a-t-il pesé quelque chose ?

- D’ailleurs comment avez-vous fait pour me transmettre ce message ? Vous avez un espion sur place ?

Shôkichi se retint de sourire mais son regard semblait amusé par cette question. Parce qu’elle est stupide ou alors parce que vous pensez que j’ai déjà des éléments de réponse en tête ?

- Ce n’est pas l’objet de notre échange. Cette main vous intéresse donc ?
- Oui fit Masato d’un ton catégorique.
- Alors j’espère que les serpents ne vous font pas peur fit Shôkichi tandis qu’un mince sourire passa sur ses lèvres. Regagnez la salle. Un rouleau vous y attend avec toutes les informations dont vous aurez besoin pour cette mission. Réussissez et vous aurez ce que vous voulez.
- Bien. Il ne me reste plus qu’à récupérer Murasaki et à partir.
- Changez-vous et prenez ce dont vous avez besoin. Je n’ai pas à vous affecter quelqu’un pour ces tâches n’est-ce pas ?
- En effet.

Masato salua Shôkishi et fila en direction de la salle où Murasaki l’attendait. Il croisa Yuji, le frère de Shôkichi, qui l’étreignit. Ils échangèrent rapidement quelques mots et Masato poursuivit sa route, tandis que Yuji rejoignait son frère.

- Tout est prêt pour ton départ. Penses-tu qu’il réussira à le ramener, dans son état ?
- Il est mon fils.
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MessagePosté le: Dim 03 Mar 2013, 2:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 18 : Effondrements


La pluie s’abattait sur Ame no Kuni depuis plusieurs jours. Dans la plus haute tour de la capitale, les trois dirigeants du pays étaient réunis et leurs mines étaient sévères. Naoichi n’arrêtait pas de triturer ses cheveux, Konta relisait les dernières nouvelles et Ayaka tentait de lutter contre sa manie de se ronger les ongles dès qu’elle était stressée. Ils dirigeaient le Pays depuis la mort de Konan. Cette dernière les avait convoqués avant de partir affronter Tobi et ses paroles avaient été on ne peut plus claires : « Si je ne suis pas de retour d’ici 24 heures c’est à vous que reviendra la tâche de diriger ce pays. » Ils avaient voulu l’accompagner mais devant son refus ils s’étaient résignés, souhaitant de tout cœur qu’elle revienne.

Les 24 heures étaient passées et elle n’était pas revenue. Son corps avait été retrouvé dans l’eau, entouré de quelques origamis gorgé d’eau. Des funérailles dignes d’un Kage lui avaient été décernées. « Le travail de Pain comme de son ange n’a pas été vain. Nous ne devons pas trahir leur héritage ! Il faut se battre pour conserver notre autonomie et renforcer nos jeunes liens avec Konoha » avait déclaré Konta à la fin de son discours célébrant la disparue et ceux qu’elle avait rejoints. L’enthousiasme avait soulevé le cœur des habitants et depuis le Pays de la pluie semblait vivre dans la paix et la tranquillité. Du moins jusqu’à maintenant.

- Alors Konta ?
- Cela m’a l’air sérieux Naoichi. Ces partisans de Hanzô… ils ne lâcheront donc jamais ?
- Il faut les repousser le plus vite possible.
- C’est ce qu’on essaye de faire Ayaka mais ils ont l’air de…

Konta n’eut pas le temps de finir sa phrase. Une explosion venait de retentir dans Ame. Sans attendre une seconde les trois se jetèrent du haut de la tour pour rejoindre le lieu de l’explosion. Konan-dono nous mourrons pour que votre héritage soit préservé pensèrent intérieurement les trois ninjas. A quatre pâtés de maison ils virent trois bâtiments en ruines. Sur ces ruines se trouvaient plusieurs individus, certains assis, d’autres debout. Ces intrus étaient entourés de ninjas d’Ame valides et d’un nombre important de cadavres de leurs équipiers. Voyant les trois dirigeants s’approcher, un des individus jeta un cadavre à leurs pieds. Le message était clair.

- Qui êtes-vous ? demanda Konta.
- Nous sommes venus vous présenter vos nouveaux chefs fit Goro en désignant des hommes portant des masques à oxygène, symbole des partisans de Hanzô.
- Ils ont donc trouvé des alliés. A croire que les pourritures s’attirent fit Naoichi.
- Votre propos est désobligeant jeune homme lui fit observer Shiori.
- Vous êtes les Ailes de la Libération, je reconnais vos manteaux. Dans vos tracts vous disiez vouloir œuvrer à plus de justice entre les grandes et les petites nations alors pourquoi…
- Vous êtes des alliés de Konoha non ? Donc des ennemis lui répliqua froidement Goro.
- Et tu n’as aucun droit de remettre en question ce que Goro-dono a décidé compléta Doku.
- Vous êtes impardonnables.

Naoichi avait la voix tremblante de colère. Dans l’instant, les autres ninjas d’Ame présents entourèrent leur trio de dirigeants.

- Nous allons vous aider à éliminer ces types Naoichi-sama ! Pour le salut d’Ame tous avec moi !
- Attendez, vous ne savez pas de quoi ils sont capables leur hurla Konta.

Peine perdue. Certains commencèrent à composer des mudras, d’autres à sortir leurs kunaïs mais tout ce petit monde fut rapidement arrêté. Une volée de piques de métal transperça la majeure partie des ninjas qui étaient parti à l’assaut. Assis sur un bloc de pierre, Tetsuo avait agi sur un geste de Goro. Les ninjas qui arrivèrent à se protéger tant bien que mal et à ne pas être mortellement blessés se replièrent auprès de Konta, Naoichi et Ayaka.

- Enfoiré ! lui dit Naoichi.
- Tu n’as qu’à venir m’affronter pour venger ces morts.
- Ce n’est pas glorieux de battre des types comme ça ! bougonna Joïchiro.

Si une des personnes présentes ici s’ennuyait c’était bien lui. Joïchiro arborait sa mine boudeuse, caractéristique des combats qui ne l’intéressaient pas. Les premiers ninjas qu’il avait éliminés avant d’entrer à Ame lui semblaient faibles. Trop à ses yeux. Et ce n’est pas les quelques morts qu’il avait faits dans la ville qui le feraient revenir sur sa position. Cela n’a aucun mérite de battre des bambins. Il avait ainsi les bras croisés, bien décidé à ne pas prendre part à ce combat, espérant secrètement qu’un adversaire de valeur allait émerger.

- Ah oui ? Alors prenez ça ! Suiton – La déferlante mortelle.

Une vague gigantesque apparut après les mots de Naoichi. Devant sa taille et son amplitude les anciens partisans de Hanzô commencèrent à reculer. Tetsuo tourna simplement la tête pour la voir avancer. Joïchiro resta de marbre tout comme Shiori et les autres tandis que Goro fit signe qu’il allait s’en occuper.

- Ranton – Turbulences.

Une colonne rouge entoura Goro et s’éleva au-dessus de lui avant de se déployer en un nuage sombre qui balaya la vague. Elle fut renvoyée vers son utilisateur. Naoichi était stupéfait.

- Les shurikens de papier !
- Ranton – Vague de brouillard électrique.

Les shurikens d’Ayaka furent détruits au moment où ils entrèrent en contact avec un épais brouillard sombre d’où émanait des éclairs et qui dissimulait Goro ainsi que toutes les personnes à proximité de lui. J’ai moi aussi échoué se dit Ayaka.

- Je pensais m’échauffer un peu avec vous mais je me suis trompé. Tetsuo, finis…
- Me serait-il permis d’accroître ma collection de statues Goro-dono ?
- Hé ! l’interpella Tetsuo.
- Si vous le souhaitez Shiori-sama alors je ne veux pas vous en priver. Tetsuo, cela ne vous dérange pas ?

Tetsuo jeta un regard à Shiori puis haussa les épaules.

- Vous me revaudrez ça Shiori-sama ?
- Comptez sur moi.

Shiori s’avança vers ses nouvelles proies. Les ninjas d’Ame se tenaient prêts à en découdre mais Konta fut le premier à déclarer :

- Ils sont trop forts pour nous. Repli général. Il vaut mieux rester en vie et poursuivre le combat plus tard que mourir aujourd’hui. Repliez-vous c’est un ordre !

Les ninjas d’Ame regardèrent en direction de Naoichi et Ayaka qui approuvèrent d’un signe de tête.

- Voilà une sage décision. Mais je crains qu’elle ne vienne un peu tard commenta la femme rouge.

Les adversaires de Shiori avaient commencé à s’enfuir mais la distance qu’ils avaient pu mettre entre eux était bien trop faible pour lui échapper. La trentaine de personnes qui quittaient le champ de bataille fut bientôt couverte par une ombre qui ne laissait rien présager de bon.

- Yôton – La prison de lave noire.

De la lave solidifiée était venue les recouvrir, formant un dôme sans ouverture de plusieurs mètres de haut dans lequel Shiori pénétra.

- Elle tient à nous épargner le spectacle de leur fin. Quelle délicate attention observa Hiroto.
- Ou alors elle a tellement honte d’éliminer de tels sous-fifres qu’elle préfère faire cela dans le noir.
- Joïchiro vous ne serez pas un peu plus joyeux en ce jour ? lui demanda Goro.
- Si ça avait été du temps du gars avec le Rinnegan je me serais amusé. Mais là…
- Vous auriez peut-être dû accompagner Kaoru et les autres. Quoi que…

Tetsuo en prononçant ces mots venait d’apercevoir Kaoru, Tomao et Shisui ainsi que d’autres membres de la garde de Goro, accompagnés d’autres ninjas équipés de masques à oxygène.

- Alors, fit Goro, comment s’est passé votre mission ?
- Les opposants ont été éliminés. Leurs communications avec l’extérieur ont été coupées donc il ne devrait pas y avoir d’aides en provenance de l’extérieur.
- Bien. Cela vous laissera le temps de continuer à nettoyer les environs et de recruter dans les rangs de ces rebelles pour reformer les vôtres n’est-ce pas ?
- Tout à fait lui répondit le chef des pro-Hanzô. Ainsi les autres nations seront mises devant le fait accompli et vu les soucis que vous leur posez, elles ne réagiront sans doute pas.
- C’est fort probable en effet répondit Goro avec un petit sourire.

Et même si c’était le cas, cela servirait ses intérêts. Je n’arrive pas à croire qu’ils soient aussi naïfs ces types. Ceux qui sont en train de se faire éliminer par Shiori valaient bien mieux pensa intérieurement Tetsuo. Mais son visage trahissait un peu ses pensées, aussi Hiroto l’interrogea :

- Quelque chose ne va pas Tetsuo-san ?

La mine d’Hiroto n’inspirait rien de bon à Tetsuo mais Joïchiro intervint :

- Il est habitué à s’entraîner avec moi ces derniers temps. Alors c’est normal qu’il tire cette tête vu le niveau des opposants. Ils ne valent pas un Joïchiro à l’échauffement !
- Dans ce cas veuillez pardonner ma question fit Hiroto tandis que ses yeux continuaient à fixer Tetsuo.

Il va se prendre une pluie de métal sur la tête s’il continue à me fixer ainsi.

Le dôme de lave se fissura et vola en éclats au moment où cette pensée traversait la tête de Tetsuo. Shiori en sortit tandis qu’on pouvait apercevoir de nombreuses statues de lave, dans différentes positions : agenouillée, de dos, faisant face, le poing levé… On pouvait presque deviner le visage qu’ils avaient affiché avant d’être figés par la femme rouge.

- Cela n’a pas duré beaucoup. Et en plus vous nous avez privé de ce spectacle lui fit Doku.
- Le temps n’est pas à l’amusement mais à l’installation de nos alliés à la tête du Pays de la Pluie répliqua Shiori.
- Bien dit Shiori-sama, accompagnons donc nos amis jusqu’à leur nouveau quartier général, pour être sûr qu’ils ne courent plus aucun risque.

Tout le monde se rangea derrière Goro. Tandis que des bruits de murs, de vitres qui s’effondrent retentissaient à intervalles irréguliers, le groupe se mit en route. Tomao, visiblement marqué et mal à l’aise vint au niveau de Goro. Son visage affichait un léger sentiment de terreur.

- Goro-dono puis-je vous dire un mot ? lui fit-il à voix basse.
- Bien sûr. Vous n’avez pas l’air bien.
- Je… C’est à propos de Shisui.

Goro fronça les sourcils. Shisui était sous le contrôle de Tamura et ce dernier n’avait pas l’air blessé ou inquiet.

- Que voulez-vous dire ?
- Il… il les a tous tués, en un instant. C’est pas normal. Il les a à peine regardés et pouf l’instant d’après ils se sont entretués voire il les a éliminés en quelques mouvements. C’est pratiquement impossible de suivre ces gestes. Comme si ses ninjas ennemis n’avaient été qu’un mirage qu’il aurait dispersé en quelques secondes.

Goro comprit visiblement quel était le trouble de Tomao. Ce n’est pas une question de contrôle de l’Edo Tensei. Pendant une seconde il m’a fait peur.

- Tel est le niveau de Shisui Tomao. C’était un ninja d’élite avec une pupille exceptionnelle.
- Je… Oui vous avez raison. Désolé de vous avoir fait perdre du temps.

Tomao ralentit pour rejoindre Kaoru, qui couvrait les arrières du groupe. Goro se tourna vers sa résurrection préférée :

- D’après ce que j’entends tu as fait un excellent travail.
- J’ai fait ce qu’on attendait de moi.
Goro regarda alors en direction de Tamura et lui fit un signe de tête auquel celui-ci répondit en saluant.

- Continuez ainsi.


Le ciel ne semblait pas porter la trace de la moindre éclaircie au Pays de la Pluie. A Konoha il était bleu. Mais ce beau temps apparent ne pouvait agir sur son moral. Udon était dans sa chambre, sur son lit. Par la fenêtre il pouvait voir les nuages qui passaient mais son regard était davantage fixé sur les deux grosses béquilles qui lui servaient à se déplacer quand il n’était pas dans un fauteuil roulant. Quelle vie passionnante que la mienne désormais.

Ses parents étaient au petit soin pour lui alors il n’avait pas à se plaindre d’être maltraité. Bien au contraire. Il ne croyait pas aux divagations de Konohamaru pour qui il pourrait remarcher un jour. D’ailleurs Konohamaru cherchait de son côté un « truc » pour qu’il puisse de nouveau courir avec lui. Et puis Udon était attendu dans l’équipe pour accomplir de nouvelles missions ! « Pour l’instant tu es en retrait et nous avançons. Mais tu nous rattraperas et alors notre trio fera à nouveau parler de lui. » Cette phrase de Konohamaru lui avait beaucoup plu, il devait se l’avouer. Avec Moegi son coéquipier passait souvent le voir. Au moins une fois par jour. Ebisu au moins tous les deux jours s’il n’était pas en mission. Udon appréciait ces moments en même temps qu’ils lui renvoyaient l’image de celui qu’il était et qu’il ne serait plus jamais.

Moegi lui témoignait beaucoup plus d’affection qu’avant, certes, mais c’est plus par obligation que par spontanéité s’était dit Udon, à la réflexion. Son quotidien à lui était transformé. Il avait fait connaissance de cette autre partie du monde ninja rarement mise en avant : les estropiés, tous ceux qui avaient été ninjas mais qui, suite à un accident grave ne l’étaient plus. Il en croisait souvent quand il allait à l’hôpital ou dans ce groupe de soutien pour les grands blessés. Il était le plus jeune parmi eux aussi ces personnes l’avaient chaleureusement accueilli.

Mais cet univers réussissait surtout à le déprimer et à lui faire regretter que l’attaque qui l’avait mis dans cet état n’ait pas pu l’emporter une bonne fois pour toute, plutôt que de lui prendre seulement ses jambes. On parle beaucoup des anciens Hokages, des héros disparus en mission, morts à la guerre et j'en passe. Mais qu'en est-il des blessés ? Des invalides ? Ils n'ont pas droit à leur stèle alors que ne plus être ninja est aussi un type de mort.

Soudain, il se rappela ce qu’il avait entendu au sujet de Lee, quand ce dernier avait été grièvement blessé par Gaara : son sensei lui avait affirmé que si l’opération échouait, s’il ne redevenait pas ninja, alors il mourrait avec lui. Maître Ebisu n’avait rien dit de tel. Je ne dois sans doute pas en valoir la peine.

Il prit ses béquilles et se déplaça lentement vers son armoire où était entreposée son ancienne poche de ninja. Il en sortit un kunaï qu’il manipula. Si tranchant… A cet instant il entendit des voix au rez-de-chaussée : Konohamaru et Moegi parlaient avec ses parents. Sans y prêter plus d’attention il approcha la lame de sa gorge. Pour que ce monde que j’ai devant les yeux disparaisse à tout jamais.
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MessagePosté le: Mer 06 Mar 2013, 12:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 19 : Valse des températures


Ses yeux n’arrêtaient pas de briller. En pénétrant dans la résidence du Seigneur du Pays des Neiges Naruto regardait partout, stupéfait de voir une demeure aussi grande. Située sur une petite colline, elle surplombait un village comptant un petit millier d’habitants. Quand on lui avait appris que cette résidence était plus petite que celle présente dans la capitale du pays, plus au nord, Naruto n’y avait d’abord pas cru, tout en se jurant d’aller la voir un jour prochain.

Naruto ne te laisse pas trop émerveiller sinon l’entretien risque de ne pas très bien se passer pensait Kakashi. Aussi avait-il délégué Shikamaru qui, craignant la même chose que son aîné était allé lui toucher quelques mots avant qu’ils ne rencontrent Shôkishi. « Ne t’en fais pas Shikamaru. Je suis peut-être jeune mais je suis conscient des enjeux. Tout se passera bien ! » lui avait répondu Naruto avec son sourire habituel. Shikamaru lui avait quand même glissé une petite note qu’il avait rédigée, pendant que le Tsuchikage se faisait soigner par Sakura et Ino, pour que Naruto ait en tête les principales informations données par Oonoki.

Notre petit groupe avait été accueilli par un jeune homme, prénommé Ichirô. C’était le fils du Seigneur. Ses longs cheveux blonds flottaient dans le vent tandis qu’il les attendait aux portes d’entrée du palais. En croisant ses yeux bleus Ino n’avait pas pu s’empêcher de confier à Sakura qu’il était bien joli celui-là ! Elle lui avait répondu par un petit sourire. Saï avait vu la scène et se demandait si ce type en disant la même chose que Saï à Iwa aurait échappé aux coups d’Ino. Il en avait parlé à Shino qui lui avait répondu : « Si le fait accuse la beauté ne saurait l’excuser que dans la mesure où les troubles qu’elle produit font perdre de vue la récrimination originelle. Même là l’effet peut n’être que temporaire. » Sur quoi Saï s’était dit qu’il devrait lire d’autres livres, en rentrant à Konoha, pour arriver à comprendre son camarade.

Ichirô, accompagné de plusieurs servants et servantes, les avait installés dans une jolie pièce où de belles tapisseries de couleurs chaudes pouvaient être observées. Une cheminée était allumée et permettait de faire chauffer la nourriture qui leur était destinée, afin de prendre une petite collation avant l’entretien. Pour ce dernier Ichirô avait indiqué que les Kages pouvaient venir accompagnés d’une seule personne. C’était le souhait du Seigneur. Ichirô les informa que dès qu’ils seraient prêts ils n’avaient qu’à ouvrir la porte et il les mènerait auprès de son père. Les servantes et servants étaient là pour satisfaire leur moindre demande.

Après un rapide échange entre deux bouchées, le Tsuchikage avait décidé de ne pas introduire de personnes de son village, au grand dam de Kurotsuchi, afin de permettre à Kakashi et Shikamaru d’être présents.

- Si ton père a voulu que tu le voies, ce serait dommage de t’en priver.
- Merci beaucoup pour votre geste Tsuchikage-dono.
- Pff tu défavorises ta propre petite fille pour un ninja de Konoha ! Tu as bien changé grand-père. Vivement que mon père te remplace : lui il me fera passer en premier !
- Kurotsuchi, mange et tais-toi.

Elle s’était levée, furieuse, pour aller à la fenêtre. De là elle avait aperçu un jeune garçon qui courait aux quatre coins de la ville. Il semblait donner des ordres à différents ninjas, sans doute dans le but de veiller à la sécurité de tous.

Une petite quinzaine de minutes plus tard, les deux Kages accompagnés de Shikamaru et Kakashi étaient présentés au Seigneur du Pays des Neiges. Celui-ci les attendait, seul, dans une vaste salle comportant quelques tableaux dont l’un qui représentait un homme jugeant deux autres. Cet homme était debout, devant un trône où le symbole de la balance était incrusté dans le dossier. Debout, les mains dans le dos il balaya rapidement ses quatre invités du regard, comme pour mieux mettre un nom sur leur visage, et les invita à s’asseoir. Son fils resta debout à proximité de la porte.

C’est vrai qu’il ne fait pas si vieux que ça se dit Naruto en prenant place. Je lui donnerais peut-être un peu plus que maître Kakashi mais pas davantage. Mamie Tsunade a trouvé son alter-ego masculin…

Shôkishi présidait et d’un côté de la table se trouvait Naruto et Kakashi, de l’autre Oonoki et Shikamaru.

- La route a-t-elle été bonne ?
- Oui, mon dos n’a pas souffert lui répondit le Tsuchikage.
- C’est heureux.
- Merci de nous recevoir Seigneur des Glaces fit Naruto.

Shôkishi lui jeta un regard qui fit comprendre au Hokage qu’il avait eu un mot malheureux. Idiot ! C’est un surnom qui lui a été donné. Tu fais l’inverse de ce qui est écrit dans le message que tu as lu ou quoi ? – Ok, c’est ma faute. Pas la peine de m’engueuler de la sorte Kurama. Je vais vite rattraper le coup !

- Il n’y a pas de quoi articula froidement Shôkishi. Qu’en est-il des dettes de votre cinquième Hokage ?
- Pardon ? lui fit Kakashi.
- Le message que je vous ai envoyé faisait état des sommes qu’elle doit au Pays des Neiges insista Shôkishi. Il serait fâcheux qu’elle ne vous en ait pas parlé.
- Elle a mentionné cet élément mais…
- Donc, quelles échéances de remboursements ont été établies ?
- J’ai bien peur de ne pouvoir vous répondre admit Kakashi.
- Sixième Hokage, avez-vous autant de mal à retenir les vrais titres que les sommes dues ?

Naruto resta silencieux.

- Je crains que cet entretien ait pris un mauvais départ tenta le Tsuchikage.

L’atmosphère s’était singulièrement tendue. Un malaise semblait parcourir les quatre invités de Shôkishi.

- Si je peux me permettre commença Shikamaru. Konoha ayant activement participé à la dernière guerre qui a permis de sauver l’ensemble du monde shinobi, je me demande si cela n’éponge pas les dettes de notre Hokage.
- Vous le croyez vraiment ? Tenez regarder ce qu’elle doit répondit Shôkishi en tendant un papier à Shikamaru.

Elle a vraiment réussi à tout dépenser ? Avec les intérêts appliqués… Les femmes sont vraiment une plaie quand il est question d’argent.

- Je vous laisse trouver une solution à ce problème. Comme vous êtes du clan Nara je ne doute pas de vos capacités. Encore que la jeunesse peut parfois décevoir…

Ichirô prit le commentaire pour lui et baissa la tête. Shikamaru allait répondre à propos de ces questions d’argent mais Oonoki fut le plus prompt :

- Shôkishi-sama méfiez-vous de la jeunesse. On pense en savoir plus qu’elle mais elle finit par vous surprendre…
- Je vois où vous voulez en venir le coupa Shôkishi. On m’a rapporté comment vous aviez été recadré au sommet du Pays du Fer. Par le Kage de Suna si je ne me trompe.
- Oui. Même si ce n’était qu’un blanc-bec il a su trouver les mots pour me faire réaliser les erreurs que j’avais commises.
- Il est vrai qu’il avait de qui tenir : son père a judicieusement réglé le différend avec Kiri en sacrifiant Pakura. Konoha a agi de même en sacrifiant le père du jeune Hyûga présent sous ce toit lors du différend avec Kumo.
- Ce n’est pas la vraie version répliqua Kakashi.
- Vous avez raison : officiellement c’est Hiashi Hyûga qui est mort.
- Je vous interdis de parler ainsi des vies de Gaara et de Neji ! explosa Naruto.

Ichirô fit un mouvement mais son père l’arrêta d’un geste.

- Parce que vous avez réussi à leur faire prendre un autre chemin ? A les sortir des ténèbres où ils étaient n’est-ce pas ?

La voix de Shôkishi s’était tout à coup faite un peu moins dure. Comme si sa curiosité s’était éveillée suite à la réaction de Naruto. Il aime qu’on lui résiste ? s’interrogea Shikamaru.

- Si on veut.
- J’ai aussi plus ou moins pratiqué cela par le passé. Vouloir aider des individus égarés. Mais quand ils complotent et essayent de m’éliminer j’avoue ne pas tendre la main comme vous mais serrer le poing.
- Et cela donne les ruines des prétendants ? le questionna Kakashi.
- Entre autres. C’est le Tsuchikage qui vous en a parlé ?
- Oui.
- Ceci dit, n’allez pas croire que notre pays vit en autarcie. Nous avons toujours eu une grande tradition d’hospitalité.
- Au point d’accueillir Sasuke Uchiha ? l’interrogea immédiatement Naruto.

Ichirô aurait pu jurer que son père allait sourire. Mais ce ne fut pas le cas. Son visage prit un air où l’on pouvait à peine déceler de l’amusement.

- Ce nom ne me dit rien.
- Et est-ce que votre hospitalité va jusqu’à fournir des informations voire des hommes à certaines organisations ? Kakashi avait son œil droit fixé sur Shôkishi.
- Les flux d’informations peuvent parfois être captés par des personnes tierces, cela nous concerne tous. Pour ce qui est des hommes et de certaines organisations, je crois qu’il va vous falloir préciser votre propos.

Pourrait-il soupçonner que Masato est mon frère ? pensa Ichirô tandis que son père, pendant un bref instant le regarda en lui signifiant de ne rien laisser paraître qui pourrait donner des indices aux quatre personnes avec qui il dialoguait.

- Parmi les membres de Jiyûhane se trouve un ninja qui utilise le Hyôton. Aussi nous aurions souhaité savoir si cela vous disait quelque chose.

Shôkishi regarda Kakashi dans les yeux sans sourciller ni trahir la moindre gêne.

- Comme vous n’êtes pas sans le savoir, le clan Anotsu a plusieurs branches. Je ne sais pas grand-chose à propos de cet individu. Il semble aussi y avoir une personne maîtrisant le Yôton dans l’organisation que vous mentionnez : vous allez enquêter sur la famille de la Mizukage peut-être ?
- Mais pour avoir les informations que vous nous avez fournies, on peut penser que vous avez un ou des espions à l’intérieur de cette organisation. Ou bien il s’agit de captages miraculeux ? fit Shikamaru.

Je suis curieux de voir comment vous allez vous sortir de cette question père se dit Ichirô.

- Les miracles n’arrivent que si on les provoque. Tout le monde peut être un informateur. Avouez quand même que, si j’avais un informateur au sein de cette organisation les soupçons se porteraient immédiatement sur cet utilisateur du Hyôton. Ce ne serait pas une manœuvre très habile vous ne trouvez pas ?
- Alors vous pourriez faire appel à d’autres personnes au sein de cette organisation tenta Kakashi.
- Ou des personnes qui fournissent cette organisation. Les possibilités sont vastes. Et se tenir informé ne signifie pas que l’on approuve. Le 3ème Hokage se tenait informé des faits et gestes de la Racine. Je ne crois pas qu’il approuvait ses actes. Qui plus est, les informations que j’ai pu vous donner vous ont plutôt favorisé il me semble.

Papa tu as gagné combien de parties de shôgi contre lui ? s’interrogea Shikamaru.

- En effet admit le fils de Sakumo.
- Mais cela ne vous interdit pas de les avoir informés eux aussi. Ils semblaient bien connaître les villages cachés persista Shikamaru.
- Dont le mien compléta le Tsuchikage.

Shôkishi se raidit. Sa main droite se serra et on aurait pu jurer qu’il allait écraser son poing sur la table. Mais ce ne fut pas le cas. Si une colère froide semblait bien présente en lui, il répondit sur un ton acide, sans hausser nullement la voix :

- Jouer double-jeu ? C’est vous qui me parler de ça, Oonoki ? Mû a tenté différentes manœuvres pour étendre sa zone d’influence sur ce Pays et vous n’aviez pas l’air de désapprouver les actes de votre aîné, quand bien même cela a coûté la vie à plusieurs personnes qui m’étaient chères. Vous en ai-je tenu rigueur ? Idem pour Konoha : Tobirama a été bien accueilli ici, et quand ce pays a connu de graves difficultés, le Pays du Feu n’est pas intervenu pour nous aider. Ce fut presque l’inverse. Pourtant vous êtes mes invités aujourd’hui.

Il termina sa phrase en jetant un regard glacial à ses deux interlocuteurs.

- Le passé est souvent troublé admit Oonoki.

Un bloc de glace, comme nous l’avait annoncé le Tsuchikage pensa Kakashi en regardant son interlocuteur.

- Le présent aussi répondit Shôkishi. D’ailleurs la pluie pourrait bien se teinter de rouge au Pays qui la connaît si bien. Vous devriez faire attention…
- Encore une information pour nous ? fit Shikamaru.
- Une information à analyser. Je vous laisse cette partie.
- Et en échange que demandez-vous ? l’interrogea Kakashi. La gratuité pour ce genre d’informations est très rare.
- Le jeune Nara a eu un mot juste tout à l’heure. Vous avez gagné la dernière guerre, ce qui nous profite à tous. Aussi cette information supplémentaire permet de montrer que moi aussi je contribue à la paix. Les dettes de votre Hokage pourront être révisées à l’occasion…

Ce changement d’attitude, c’est bizarre. Je crois que c’est le moment que j’entre vraiment en scène.

- Que souhaitez-vous réellement ? interrompit Naruto.
- Pardon ?
- Jouer au petit jeu du « je donne une information par-ci par-là, je souffle le chaud et le froid » cela ne marche qu’un temps. Or vous avez plutôt l’air de jouer à long terme vu votre durée à la tête de ce pays.

Shôkishi ne répondit pas. Visiblement il semblait attendre que Naruto en dise plus. Tâche de ne pas te rater gamin l’encouragea Kurama.

- D’après ce que j’ai compris vous n’êtes pas très porté sur le devant de la scène. Nous donner des informations, répondre à l’affirmative à notre demande de rencontre, nous accueillir chez vous et là nous parler du village d’Ame. Ne me dites pas que ce n’est que pour cette histoire de dettes. Je suis peut-être jeune mais je ne suis pas un idiot. Si vous nous dites cela c’est soit parce que vous allez nous éliminer à la fin de cette entrevue – et si vous faites ça c’est vous l’idiot – soit parce que vous voulez quelque chose en retour. Donc autant tout mettre sur la table maintenant.

Un sourire quasiment indétectable passa sur le visage de Shôkishi. Kakashi, Shikamaru et le Tsuchikage félicitèrent Naruto d’un regard. Naruto tu as marqué un très gros point pensa Oonoki ; tu es bien le fils de Minato le félicita intérieurement Kakashi ; je me demande si mon père ne voulait pas plutôt me faire assister à votre échange à tous les deux. Bravo camarade se dit Shikamaru.

- Tsuchikage vous n’étiez peut-être pas vraiment dans le faux à propos de la jeunesse.
- Vous allez me faire rougir.
- Alors, votre réponse ? fit mine d’insister Naruto.

Le regard de Shôkishi balaya alors l’ensemble des participants. C'était comme s'il voulait prendre une photo de leur physionomie avant son propos, pour pouvoir ensuite juger de l’effet produit par ce qu’il allait dire. A vous de jouer Père. Ils sont allés exactement dans votre sens.

- C’est très simple : je veux que le Pays des Neiges soit reconnu officiellement comme la sixième des grandes nations. Qu’il soit traité sur un pays d’égalité vis-à-vis des cinq autres grands pays. Et pour marquer cela, quoi de mieux qu’un Bijû cédé à ce nouvel entrant ?
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MessagePosté le: Mer 13 Mar 2013, 11:39 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 20 : Du gel et des larmes


Il n’avait pas desserré les mâchoires depuis sa tentative ratée avec le kunaï. Avait-il trop attendu ? Mal visé ? Il n’aurait pu le dire. Il se rappelait d’être tombé au sol et d’avoir entendu des bruits de pas se rapprochant rapidement de sa chambre, accompagnés de cris. Ensuite c’était le trou noir avant son réveil dans une chambre d’hôpital, des pansements et une bande autour du cou et les bras marqué par un sceau qui l’empêchait de les porter vers n’importe quel point vital. Je ne risque pas d’avoir une nouvelle occasion de sitôt.

Ses parents avaient d’abord cru qu’il avait glissé alors qu’il manipulait un kunaï. Mais bien vite l’hypothèse d’une tentative de suicide avait été privilégiée et Udon ne démentait pas vraiment. Il avait légèrement entaillé l’aorte mais ses cordes vocales n’avaient pas été touchées.

Konohamaru avait pris cela comme un échec personnel et il était là en train de développer une nouvelle solution pour son ami : dès que Naruto serait de retour il lui demanderait de parler au Tsuchikage. Si ce dernier pouvait enseigner à Udon comment s’alléger, alors il pourrait voler et ainsi il ne serait plus gêné pour se déplacer.

- Et ainsi tu pourras redevenir un ninja ! Alors qu’est-ce que tu en penses ?
- Konohamaru, laisse-moi s’il-te-plaît.

Surpris par sa réponse le petit fils du 3ème Hokage resta comme figé sur place. Il voulait argumenter davantage mais, sur un signe de tête de Moegi, il sortit.

- Tu peux y aller aussi Moegi.
- D’accord Udon. Je repasserai te voir un de ces jours.

Avant de sortir Moegi lui déposa un baiser sur le front et, en fermant la porte, elle lui jeta un regard inquiet. Il avait aussi été acide avec Ebisu, même si ce dernier était le premier à être venu le voir. Il ne souhaitait rencontrer personne, ni maintenant ni jamais. Enfin, c’est ce qu’il voulait croire.

Je ne suis même pas foutu de réussir mon départ ! se dit Udon avant de se laisser gagner par les larmes. Le sceau serait retiré dès qu’il aurait convaincu qu’il ne pensait plus mettre fin à ses jours. Mais il n’y a pas besoin d’appartenir au clan Yamanaka pour se rendre compte que je ne souhaite pas vivre plus longtemps.

Il fut interrompu dans ses pensées par de légers coups sur la porte de sa chambre.

- Je ne veux voir personne.

La porte s’ouvrit néanmoins. Qu’est-ce qu’elles font là ?

- Désolé de te déranger mais nous avons eu toutes les deux l’idée de venir prendre de tes nouvelles.
- Cinquième Hokage, Tenten…

Udon ne savait pas quoi dire. Il ne s’attendait pas du tout à cela. Il anticipait une éventuelle visite de Naruto, une fois revenu de son entrevue mais là…

- Pourquoi êtes-vous venues ? Vous devez être…
- Occupées ? C’est le lot de tout le monde. Mais en tant que Hokage et médecin, je dois veiller sur tout le monde. Surtout quand une personne traverse une période difficile.
- J’ai eu un coup de moins bien et…
- Pas avec moi. Je n’ai peut-être pas de chance au jeu mais je sais déchiffrer la physionomie d’une personne. Tu es impatient de ne plus être entravé pour mettre fin à tes jours.
- …
- Mais en faisant cela tu oublies une chose importante : la peine créée par ta disparition. J’ai perdu des êtres chers et la douleur provoquée ne peut-être égalée par aucune douleur physique. Tu as perdu tes jambes, mais ta mort, pour tes amis, pour ta famille, pour le village engendrera une somme de peine qui sera bien supérieure à celle que tu éprouves. Rester en vie alors qu’une personne chère nous quitte est une situation des plus pénibles, comme si on nous prenait une partie de notre cœur, pour ne jamais vraiment nous la redonner.

Tsunade avait parlé avec une voix emplie d’émotions. Udon connaissait son histoire aussi il ne put que baisser la tête et articuler, lentement :

- Merci Hokage de vous être déplacée pour moi. Vos mots… ils… je crois que je comprends ce que vous voulez me dire. Je suis… désolé.
- Je suis sûr que tu as compris. Tu es un ninja intelligent Udon. Je dois malheureusement retourner travailler. Porte-toi bien. Merci, Tenten, de m’avoir laissé débutée.
- De rien Hokage-sama.

Tsunade sortit en regardant longuement Udon dans les yeux. Elle est sincère et s’inquiète vraiment pour moi.

- Je sais qu’on ne se connaît pas bien mais quand j’ai appris ton « accident » j’ai voulu te voir.
- Pour me dire la même chose que la cinquième Hokage ?
- Non. Je n’ai pas connu les mêmes épreuves qu’elle. C’était plus pour te dire qu’être handicapé est une source de souffrances mais être dans l’ombre de ses coéquipiers aussi. Donc je crois que je comprends ce que tu ressens.
- Ah oui ?
- Oui. Dans mon cas je rêvais de devenir une kunoïchi comme Tsunade-sama. C’était mon rêve. Mais je suis loin de l’avoir réalisé. D’ailleurs je n’y arriverai sans doute jamais.
- Pourquoi ? lui demanda Udon, curieux de la réponse.
- Je suis en retrait dans mon équipe, par rapport à Neji, Lee ou Gaï. A leur manière ce sont tous des génies qui s’entraînent sans relâche, notamment les deux derniers. J’ai bien quelques talents mais face à eux je ne fais pas le poids.
- Mais tu es une experte dans l’utilisation des armes ! Et tu es…
- Valide je sais. Mais cela n’empêche pas de souffrir. De se dire qu’on ne vaut rien. Et parfois la douleur ressentie est importante qu’elle peut prendre le pas sur l’envie de vivre.
- Oui, on se sent inutile et comme un poids pour les autres.
- En effet. Nous sommes dans une position proche : nous devons tous les deux revoir nos rêves. En trouver de nouveaux pour continuer à avancer.

Tenten le regardait avec des yeux brillants. Ceux d’Udon le devinrent également.

- Les ninjas ont le droit de pleurer ? demanda-t-il tandis que des larmes roulaient sur ses joues.
- Je crois que oui lui répondit Tenten tandis qu’elle utilisait un mouchoir pour essuyer leurs larmes.

Cette fille gagnerait à être davantage connue pensa-t-il.


Si Udon avait finalement desserré les mâchoires, un autre tenait bon. Depuis leur départ Murasaki n’avait pas prononcé plus de dix mots. Certes il était toujours en vie et nullement diminué. Il n’avait pas été exécuté comme le souhaitait Goro mais quand même ! Se rendre au Pays des Neiges l’avait passablement fatigué, et il avait fallu repartir dans la foulée. Il n’était pas habitué à se déplacer autant mais là c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder l’éprouvette : partir à la recherche d’Orochimaru, un des ninjas les plus dangereux que cette terre ait pu porter, c’était une folie dans son esprit. Je ne me suis pas enfui, je lui fais confiance et voilà comment je suis remercié. En plus il va peut-être me livrer à Orochimaru : il a dit qu’aucun mal ne me serait fait mais il pouvait jouer sur les mots ! J’aurais dû filer à la première occasion mais non, le gentil Murasaki il suit partout.

- Merci de ne pas parler Murasaki. On peut avancer plus vite ainsi.

Masato ne plaisantait pas, il fallait vraiment forcer l’allure. La recherche d’Orochimaru n’était pas si aisée. Les informations de Shôkishi étaient plutôt vagues, normal vu le personnage à capturer. Et c’est bien son genre de ne pas dire tout ce qu’il sait avait pensé Masato en finissant de lire le rouleau.

Une fois arrivés au Pays du Riz, il avait ainsi fallu « interroger » plusieurs ninjas après en avoir tabassé un nombre plus important encore afin d’obtenir quelques renseignements. Des renseignements parfois erronés et qui les avaient conduits dans quelques traquenards dont ils s’étaient tirés. La route de notre duo n’était pas de tout repos. Surtout que le docteur n’était pas très versé dans l’art du combat.

- Il va falloir que tu mettes en pratique ce que tu as appris par le passé. Je ne peux garantir à 100% ta protection. Surtout au vu de ce qui nous attend.
- S’il le faut… Et je vais devoir me battre dès maintenant ?
- Cela va dépendre de l’accueil que nous allons recevoir.

Ils s’arrêtèrent devant les portes d’un établissement dénommé « Au repos du guerrier ». Une taverne mal famée tristement célèbre dans le coin pour ses règlements de compte qui se finissaient dans le sang. En poussant la porte d’entrée une puissante odeur d’alcool mêlée à des restes de nourriture les saisit. Ils s’assirent à une table en bois à l’image de l’établissement : plutôt bancale et mal nettoyée, avec quelques traces de sang séché. Plutôt un coupe-gorge qu’un salon de thé pour dames de bonne compagnie. Mais le dernier ninja que j’ai interrogé m’a affirmé que l’on trouverait dans ce rade des informations de première qualité pensa Masato.

Celui qui devait être le patron de cet établissement s’avança vers ses deux nouveaux clients, tout en passant un léger coup de chiffon sur la table :

- Qu’est-ce que je vous sers ?
- Orochimaru.

Un mauvais sourire parcourut le visage du tenancier.

- Désolé mais on n’a plus ça ici.

Masato détruisit la table sur laquelle il était installé, avec Murasaki, à l’aide de sa main droite. Il se leva et saisit son interlocuteur par le col.

- Ce n’est pas ce que nous avons entendu en venant. Il paraît que votre établissement est un paradis du renseignement.
- T’as pas compris ce qu’il vient de te dire ? lui lança un individu, installé avec d’autres ninjas, à une table voisine. On sait pas. Maintenant si t’as plus rien à demander, casse-toi. Et oublie pas de payer pour la table.
- On devrait peut-être… commença Murasaki.
- Hey les gars, regardez-ça ! Un manchot ! Alors tu cherches Orochimaru pour qu’il te remplace ta main ?
- Ou alors c’est peut-être parce qu’il a un intérêt pour les serpents, va savoir.
- Voire pour des trucs pas très nets gloussa un autre.
- Ben alors tu dis plus rien mon mignon ? T’as perdu ta langue aussi ? Pas de main, pas de langue. Qu’est-ce qu’il va nous rester à te retirer ? Ton argent peut-être.

L’atmosphère s’était singulièrement électrisée. Une tension régnait dans la pièce et la grosse dizaine de nukenins présents avaient les yeux fixés sur les deux nouveaux venus. Nul doute qu’ils avaient déjà en main des kunaïs ou toute autre arme tranchante. Mais leurs velléités commencèrent à vaciller tandis que la température de la pièce commençait à baisser et que les respirations dessinaient de la vapeur blanche.

- Mensonges et menaces ne font pas bon ménage messieurs.

Deux flammes blanches dansaient dans les yeux de Masato. Il s’approcha de la table d’où émanaient les premières invectives. Il se plaça à la gauche de la personne qui lui avait suggéré de partir.

- Sais-tu ce qu’est une douleur fantôme ?
- Fan’ quoi ? Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

Le cri déchira la salle. Masato venait de geler le bras gauche du ninja et d’en écraser une partie sur la table. Des éclats de petits cristaux rouges se répandirent dans une partie de la taverne.

- Maintenant tu pourras ressentir un peu de mon quotidien. D’autres candidats ? Allons messieurs, un manchot vous fait peur ?

Masato saisit un deuxième individu qui tenta de se débattre. Il le transperça d’un pic de glace et jeta le corps par terre. Les autres nukenins sortirent précipitamment de l’établissement mais le dernier d’entre eux trébucha sur une plaque de verglas. Il chuta lourdement sur le sol. Il n’eut pas le loisir de se relever car Masato s’assit sur lui.

- Où est Orochimaru ?
- Je ne sais pas je… aaaaaaaaaah
- Je viens de geler ton pied droit. Tu as 10 secondes pour changer d’avis ou tu ne pourras plus jamais courir.
- D’accord, d’accord. Je ne sais pas grand-chose mais cela vous sera peut-être utile.
- Je te le souhaite lui répondit Masato.

Il retira la glace du pied droit et laissa passer un peu de temps pour que le ninja ressente à nouveau son pied, que la circulation se rétablisse.

- Il paraît qu’Orochimaru se trouve au Nord-Est d’ici. A environ une journée de marche, voire deux. Il aurait aménagé un ancien repaire où il continuerait ses recherches. Je ne sais rien de plus, je vous le jure.

Masato le releva et le regarda droit dans les yeux :

- Tu viens de trouver un emploi de guide. En route.
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