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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Mer 12 Juin 2013, 12:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 41 : Qui veut tuer son fils ?


La mine de Goro était des plus circonspectes. Gin venait de terminer son récit et l’atmosphère n’était pas des plus joyeuses. Cela contrastait singulièrement avec le triomphalisme affiché, un peu trop rapidement, suite à la prise d’Ame.

Shiori et ses hommes étaient toujours en vie malgré l’échec essuyé contre Suna. Goro ne pouvait se permettre de perdre cette force de frappe qui avait réussi à infliger des dégâts non négligeables à une grande nation. La pilule était néanmoins difficile à avaler. Si seulement ils étaient déjà là… Mais le clan Habaki ne perd rien pour attendre. Idem pour les Anotsu et ce monde.

- Et tu n’as rien pu faire pour les sauver ? demanda Tomao.
- Quand je suis arrivé les petits avaient déjà été tués (dont un par Doku il me semble…). Les fidèles de Jashin étaient une dizaine environ.

Il fit mine de compter sur ses doigts, comme pour vérifier, avant de reprendre son récit :

- J’ai pu en éliminer deux mais pas assez vite pour arriver jusqu’à Doku et Hiroto. Je m’en veux terriblement.
- T’as pas la mine du type meurtri observa Joïchiro Kaguya.
- Vraiment ? demanda Gin tandis qu’un sourire malveillant s’affichait sur ses lèvres.
- Tout a été fait pour les sauver ? rebondit Tetsuo.
- Tout ? je ne sais pas… D’un certain point de vue ils étaient trop faibles pour s’en sortir par eux-mêmes. En cela ils portaient atteinte à l’organisation.
- Et donc ne pas trop se presser pour les secourir pouvait se justifier. C’est ce qui s’est passé ? interrogea Goro.
- Peut-être même que vous avez contribué à leur fin… ajouta Shiori.

Gin affecta une mine contrariée :

- C’est un bien vilain procès que vous me faites là. Je n’ai pas échoué dans ma mission et…
- Je crois que nous comprenons où tu veux en venir Gin le coupa Goro. « Vos agissements nuisent aux nôtres. Arrêtez avant qu’il ne soit trop tard » : que voulaient-ils dire ?

En entendant ces mots d’Otoki Gin avait d’abord pensé à une blague et demandé si on ne se moquait pas de lui. Devant la mine affichée par les partisans de Jashin il se rendit compte que ce n’était pas le cas. Il promit de transmettre le message tout en glissant qu’il était persuadé qu’ils sauraient s’occuper de tout ce petit monde restant : « je n’arriverai pas à porter tout le monde » avait déclaré Gin en regardant l’espoir s’éteindre dans les yeux des amputés et la colère, mêlée à l’impuissance, dans ceux de Doku et d’Hiroto.

- Viseraient-ils les mêmes choses que nous ? demanda Kaoru. Nous serions donc en concurrence avec eux ?
- L’intérêt pour les Bijûs ne fait pas partie des préceptes de Jashin avança Tetsuo qui l’avait lu dans un livre.
- Peut-être que leurs deux chefs ont une interprétation bien à eux de certains éléments. Et dans ce cas-là les moutons suivent leur berger.
- Vous le pensez sérieusement Joïchiro-sama ? Ils seraient à ce point…
- Ne les juge pas si vite Tetsuo. Certains ne sont pas si différents que ça de ces individus…

Goro ne releva pas cette remarque, préférant voir si d’autres hypothèses pouvaient se présenter.

- S’ils n’agissent que maintenant alors peut-être que ce sont nos agissements récents qui les dérangent.
- Bien observé Haruya.
- En approfondissant quelque peu cette hypothèse : cela pourrait être lié au Pays des Neiges.

Un raidissement affecta le corps de Goro. Maudit Shôkishi Anotsu. Tu serais encore en train de me jouer un mauvais tour ?

- Par quels moyens ? questionna Joïchiro. C’est à croire qu’aux yeux des Habaki les Anotsu sont derrière tout ce qui se passe.
- Vous les défendez ?

Joïchiro éclata de rire. Il n’avait guère envie de partir dans un nouveau débat sur la question. Il préférait un bon combat à une bonne discussion. Et se mesurer à cet Haneki, si la situation s’envenimait, n’était pas pour lui déplaire.

Shiori expliqua alors le sort que certains partisans de Jashin qui s’étaient aventurés au Pays des Neiges avait connu : ils étaient venus pour faire des adeptes. Mais leur prosélytisme ne trouva pas une oreille favorable en la personne de Shôkishi Anotsu. « Qu’on mette leur foi à l’épreuve » déclara-t-il à Hizamaru, déjà en charge des questions de justice.

C’est ainsi que les fidèles et leurs chefs – Mozen et Otoki – avaient été enterrés vivants sous une épaisse couche de glace. On raconte que Mozen et Otoki ont pu s’en sortir grâce à Oren, une jeune partisane de Jashin qui avait réussi à percer la glace à mains nues. Sur la trentaine de personnes, seules ces trois-là s’étaient échappés et avaient fui le Pays des Neiges.

- Alors pourquoi s’en prendre à nous ? questionna Tetsuo. Masato n’est pas là et…
- C’est une sanction indirecte répondit Haruya.
- Rapport à l’entrée du Pays des Neiges parmi les grandes nations ?
- Oui Joïchiro-san. Ils peuvent craindre qu’avec ce nouveau statut ils ne soient pourchassés partout et sans relâche.
- C’est une piste intéressante admis Goro. Il se peut aussi que ce soit à cause de nos projets et de la réaction des nations que nous soyons des gêneurs : circuler devient plus difficile, les frontières sont plus surveillées, etc. Cela peut contrarier leur plan sans passer par les Anotsu.
- Je ne vois pas d’opposition entre les deux idées mais une complémentarité répondit Shiori.


Un léger tremblement interrompit la conversation du Conseil. Un ninja du Jiyûhane pénétra précipitamment dans la salle et s’agenouilla :

- Goro-dono, c’est Masato. Il vient vers vous. Nous avons tenté de le capturer mais nous avons été…
- Voici que le loup pointe le bout de son nez observa Shiori.
- A la bonne heure ! clama Kaoru.
- Et… il est accompagné.

La mine de Goro s’assombrit ostensiblement. Ah oui ? Son père lui a donné les moyens de m’éliminer ? Le sang va couler aujourd’hui.

- Il vient peut-être au nom de l’alliance pour nous arrêter s’esclaffa Kaoru.
- Tais-toi lui intima Goro. Gin, va prévenir Tamura que Shisui nous accompagne.

Il s’exécuta sans discussion. Le Conseil an complet sortit de la pièce, à la rencontre de Masato. Sur le trajet qui les menait au fils de Shôkishi ils furent rejoints par les quatre épéistes aux ordres de Suigetsu, les hommes de Shiori ainsi que des membres de la garde personnelle de Goro. Shisui et Gin les attendaient à la sortie du bâtiment, avant de descendre la cinquantaine de marches qui les rapprocheraient, davantage encore, de Masato.

Une colonne de flammes bleues monta dans le ciel.

- C’est quoi ça ? s’interrogea tout haut Tomao.

Les flammes des glaces. Shôkishi Anotsu tu es venu ! fulmina Goro intérieurement. Il était à la fois furieux et excité par cette perspective : Nous allons voir qui aura finalement la peau de l’autre.

L’apparition de cette colonne attira les regards. Comme s’ils étaient absorbés par ce qu’ils venaient de voir. Mais les raisons de cette attraction différaient sensiblement entre les personnes, notamment Shiori et Haneki qui parlaient en messes basses :

- Le jutsu de Shôkishi… il est donc venu jusqu’ici ?
- Il a dû anticiper que votre père ne serait pas présent.
- L’occasion de lui montrer qu’il a fait une lourde erreur déclara Shiori les yeux emplis de haine.

- Voilà qui promet un beau combat sourit Joïchiro.
- Sans doute… répondit Tetsuo guère enchanté par une telle perspective.

Aussi qu’elle ne fut par leur surprise en voyant sortir de la forêt seulement trois personnes : Masato, un enfant avec une épée dans le dos et un autre, dont le capuchon recouvrait la tête.

- Ils ne sont que ça ? s’étrangla Kaoru visiblement déçu.
- C’est ça l’invasion dont vous parliez ? demanda Joïchiro en se tournant vers le ninja qui les avait prévenus.
- Je… je n’ai pas eu d’informations très précises. J’ai préféré vous avertir dès que…
- Et vous avez bien fait intervint Goro. Shôkishi Anotsu ne se couvrirait pas. Donc cette colonne serait le fait de Masato ? Pourquoi venir en si petit nombre ? Sont-ils des éclaireurs ?

Masato et les deux autres personnes qui l’accompagnaient s’arrêtèrent devant l’escalier qui menait au repaire de Goro. Une vingtaine de marches au-dessus d’eux se trouvaient le conseil des Ailes et les renforts. D’autres survinrent de la forêt : celles et ceux qui n’avaient pas été éliminés lorsque le trio en provenance du Pays des Neiges avait tracé sa voie.

- Voilà une manière bien singulière d’accueillir un de vos membres commença Masato.
- Un traître plutôt glapit Kaoru.
- Un homme mort rajouta froidement Shiori.
- Et accompagné d’un truc masqué et d’un gosse ! plaisanta Kasuki. Hey gamin tu vas te couper avec une telle arme : c’est pas un jouet.

Le gamin en question était plutôt un jeune adolescent âgé d’une quinzaine d’années. Il posa son sac à terre. Une épée plutôt imposante – relativement à sa taille lui barrait le dos. Ses cheveux étaient noirs, coupés courts et dressés sur la tête, comme ceux de son père. Il arborait une cicatrice au niveau de la pommette gauche – le signe d’un entraînement passé –, et ses yeux marron étaient dévorés par l’envie de progresser et d’améliorer son style.

Aussi, dès que Kasuki eut terminé sa phrase, Shinsuke leva la tête et dégaina son épée en la pointant dans sa direction :

- Tu veux qu’on vérifie si ton fendeur de heaumes sait couper autre chose que le vent ?
- Fais attention : j’ai été gentil avec toi mais si tu me provoques je…
- Au lieu de parler ramène-toi. Ou alors le gamin te fait peur ?

Ni une ni deux Kasuki bondit à sa rencontre. Shinsuke ramena son épée derrière lui et la projeta en avant pile au moment où la lame de Kasuki allait atteindre son crâne. La force de l’impact fut suffisante pour déséquilibrer Shinsuke quand Kasuki parvint à se récupérer. L’affrontement commençait et Kasuki menait la danse. Du moins au début.

Car plus les échanges de coups d’épées se poursuivaient, plus Shinsuke commençait à prendre l’ascendant sur son adversaire. Kasuki se retrouvait, peu à peu, réduit à se protéger des attaques de plus en plus précises de Shinsuke qui variait les attaques visant le haut et le bas du corps. Bon sang il exploite la moindre de mes ouvertures sans en laisser une seule. Et sa lame résiste remarquablement bien à mes coups. C’est à se demander si j’arriverai à l’ébrécher avant la fin de ce combat.

- Allez l’aider déclara Suigetsu.
- C’est lui qui s’est mis dans le pétrin répliqua Nagisa.
- Et puis intervenir dans un combat ce n’est pas…
- C’est un ordre !

Nagisa et Shion soupirèrent mais obtempérèrent. Ils arrivèrent juste à temps : Shinsuke venait de passer sous la lame de Kasuki et s’apprêtait à lui porter un coup à la gorge. Shion saisit Kasuki pour le repousser et lui éviter de recevoir l’attaque tandis que Nagisa la contra. La vue de ses compagnons redonna du courage à Kasuki :

- Tu vas goûter à notre trio petit. Pas sûr que tu apprécies !

Les trois épéistes se répartirent la zone d’attaque : Shion en face de Shinsuke, Kasuki à droite, Nagisa à gauche. Pas facile à éviter s’ils m’attaquent en même temps analysa Shinsuke. Shion se projeta dans les airs, tandis que les deux autres épéistes se jetaient sur leur adversaire commun… qui sourit. Si je ne peux pas tous les atteindre alors il ne me reste plus qu’à les utiliser l’un contre l’autre.

Shinsuke rengaina son épée. Je vais exploiter l’écart de temps entre leurs attaques. Ils n’ont vraiment pas travaillé leur synchronisation… quels amateurs ! Avec sa main droite il délesta Nagisa d’une de ses lames tandis que, de la gauche, il dévia le second sabre, de sorte que Nagisa se retrouva à frapper Kasuki qui arrivait sur eux. Ce dernier, surpris, tenta de parer mais Shinsuke le déstabilisa d’une balayette. Le pied sur le fendeur de heaumes la main gauche tenant fermement le bras de Nagisa, Shinsuke n’eut plus qu’à dévier le coup de Shion avec le sabre qu’il tenait dans la main droite.

Cet enchaînement avait produit son petit effet. Suigetsu estimait que ce gamin était peut-être meilleur qu’eux, et que cette démonstration ne les ferait pas remonter dans l’estime de Goro déjà irrité de les avoir vus rentrer bredouille de leur mission qui consistait à récupérer Orochimaru.

- Comment t’appelles-tu mon garçon ? demanda le chef des Ailes visiblement interpellé par le niveau de cet enfant.
- Pour Masato-sama c’est Shin. Pour vous ce sera Shinsuke-dono.

Les membres des Ailes le regardèrent ébahis.

- Tu ne manques pas de cran gamin lui concéda Joïchiro.
- Comment oses-tu t’adresser à Goro-sama sur ce ton ? lui demanda Tomao.

Ah la la je savais qu’il ferait une entrée de ce genre. Au moins il a retenu mon conseil de ne pas dire qu’il était le fils de Ryuichi pensa Masato.

- Dommage pour lui qu’il se retrouve bientôt orphelin d’un compagnon.

De violentes décharges de chakra émanèrent de Shiori. Le temps semblait venu de régler les comptes.

- Goro-sama j’ai bien votre accord ?
- Oui.
- Mais… commença Kaoru.
- Que le blanc-bec n’ait pas droit au Anotsu ouais je comprends mais moi… Vos manigances avec les Habaki je m’en cogne : Masato est…

Un regard de Goro en direction de Gin coupa le sifflet à Kaoru tandis que Joïchiro persistait dans son chantage et ne voulait pas reculer.

- Joïchiro-sama commença Shiori. Laissez-moi Masato et je vous promets que ce sera vous et personne d’autre qui pourrait affronter son père. Sa renommée est bien plus grande que celle de cet avorton.
- J’ai votre parole ?
- Oui.

Joïchiro fait un rapide signe d’acquiescement sans dissimuler sa déception. Pas le choix, je ne peux qu’accepter.

Voyant son adversaire désigné s’approcher Masato fit signe à Shinsuke de ne pas intervenir :

- Vous êtes sûr Masato-sama ? A deux on pourrait…
- Laisse Shin’. Protège notre troisième compagnon.
- Compagnon ? ce…
- Ce n’est pas le moment de discuter.

De son côté Shiori distribua rapidement ses ordres :

- Haneki, avec les hommes veillent à lui couper toute possibilité de retrait.
- Vous pensez que je vais fuir ?
- Ce ne serait pas la première fois que vous vous défilez devant vos responsabilités.

La main gauche, gantée, de Masato apparut au regard de tous. Il a donc trouvé une solution se réjouit Tetsuo en essayant de dissimuler sa joie.

- Ce n’est donc pas un manchot que j’affronterai.
- Vous seriez-vous retenue si je l’avais été ?
- Probablement pas. Yôton – La dissolution monstrueuse !

Un jet de lave émana de la bouche de Shiori et retomba sur Masato. Ce dernier la contra par un mur de glace.

- Yôton – l’éruption horizontale.

Un déluge de lave partit en direction de Masato. Comme si un cratère rejetait de la lave à haute vitesse. Le mur de glace allait être rapidement emporté par un tel jutsu.

C’est le moment de tester mon niveau. Masato ferma les yeux pour se concentrer et joignit les mains, comme s’il s’apprêtait à repousser la lave.

- Le brasier des glaces !

Des flammes bleues, dévorant ce qui se trouvait sur leur chemin émanèrent des mains de Masato et firent jeu égal, avant de commencer à prendre le dessus sur la lave.

Intéressant mais il est piégé désormais !

Masato remarqua qu’un clone de Shiori se trouvait derrière lui et qu’il venait d’en projeter un troisième dans les airs. [/i]Voilà une vraie attaque synchronisée, pour ne pas laisser le temps à l’adversaire de réagir.[/i] Les trois Shiori terminaient de composer des mudras :

- C’est terminé pour toi ! Yôton – Le triangle des limbes.

La lave recouvrit complètement Masato qui n’avait guère de chance d’échapper à un tel triangle. Non ! eut envie de crier Tetsuo. Il remarqua que le jeune qui accompagnait Masato n’avait pas bougé d’un pouce. Comme s’il n’était pas inquiet. Comment peut-il être là les bras croisés alors que Masato est recouvert de lave ?

Pauvre Masato. Être l’objet de toute l’attention de Shiori va te coûter la vie ! pensait, non sans une certaine délectation Kaoru.

Le magma fut vivement repoussé et reflua en direction des trois Shiori, révélant un rideau de flammes bleues entourant Masato.

Plus de doutes possibles il maîtrise le même jutsu que son père. Il a pu avoir cette foutue main gauche réalisa Goro.

- Tel père, tel fils commenta Shiori.
- On dirait que cet élément ne vous réjouit pas.

Shiori l’arrêta d’un geste :

- Au contraire. C’est un excellent entraînement : il s’agit d’excellentes informations pour pouvoir prendre la tête de celui qui dirige le clan Anotsu.

Mon père serait ravi de l’entendre pensa Masato mais il lui fallut bien vite se reconcentrer car Shiori était déjà repassée à l’attaque. D’abord supprimer ces clones.

- Hyôton – Rafales perforantes !

Une multitude de piques de glaces fut projetée à 360°. Elle concentrera toute son énergie pour se protéger donc les clones seront sacrifiés. C’est une technique classique mais qui a toujours fait ses preuves contre le multiclonage.

Effectivement Shiori sacrifia ses deux clones pour concentrer ses forces dans la création d’un bouclier de lave noire, pour encaisser cette attaque.

Tout en regardant l’affrontement Goro était de plus en plus intrigué par l’individu qui cachait son visage. Lors d’un échange de techniques entre Shiori et Masato Goro aperçut une langue passer sur les lèvres de cette personne. Pas doutes possibles, c’est lui. Voilà qui change certaines choses.

Il est plutôt bon. Pour l’instant il a bien résisté à mes attaques. Même si sans sa maingauche il serait probablement déjà mort. Ne te réjouis pas trop vite Masato, je te réserve une petite surprise. Tu mourras aujourd’hui même. Et tout en pensant à sa prochaine attaque, Shiori laissait le magma couvrir encore un peu plus la zone de combat. Un véritable brasier que lui disputaient toutefois de petites flammes bleues qui dansaient dans les airs mais se faisaient un peu plus nombreuses à chaque instant.

Continuer à éviter ses attaques ne servira à rien. Le sol est en train de devenir du magma ce qui limite mes mouvements. Il va falloir l’attaquer de front et le plus rapidement possible. Du chakra bleu se mit à entourer Masato, comme si les flammes de glaces se mettaient de nouveau à danser sur son corps.
Maintenant ! pensèrent les deux adversaires.

Shiori plaqua ses deux mains sur le sol : « Invocation – Le… »

Masato n’entendit pas la fin de la phrase. Le sol se mit à bouger, comme s’il prenait vie. La distance séparant Shiori et Masato se mit à augmenter à une vitesse telle que Masato ne devint bientôt plus, pour Shiori, qu’un point, perdu dans l’horizon. Qu’est-ce qui se passe ? se demandèrent-ils simultanément. S’il s’agit d’une attaque Dôton quel est son but ? M’éloigner n’est pas une bonne option vu la configuration du combat pensa Masato. Il n’a pas fait de mudras donc cela viendrait d’une autre personne ? Pourquoi la nuit est-elle déjà là ? s’interrogea Shiori.

- Vous êtes dans une illusion.

Masato et Shiori, tous les deux se trouvaient face à Shisui Uchiha.

- Mais comment ?
- Goro-sama m’a demandé de mettre un terme à ce combat. L’identité de la 3ème personne accompagnant Masato semble avoir produit un certain effet.
- Vraiment ? répondit Shiori. Et en quoi cela justifie-t-il qu’il interrompe ce combat ?
- Il vous le dira lui-même.

- Un genjutsu ? Vous pourriez me tuer et rendre service à tout le monde.
- Goro ne m’a pas demandé cela. Et tuer un libérateur n’est pas très charitable.

Masato exprima un regard complice.

- Vous avez donc pu…
- Votre geste est assez incompréhensible : me libérer, partir puis revenir…
- Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que ce monde a besoin de personnes qui œuvrent dans l’ombre…

Un sourire passa sur les lèvres de Shisui.

- J’espère que nous aurons le temps d’en parler à l’occasion Masato Anotsu.

Je l’espère aussi.

Quand les deux adversaires revinrent à eux les membres des Ailes étaient tous descendus à leur niveau. Kasuki se vantait de pouvoir faire plus de dégâts qu’eux avec son épée tandis qu’Haruya calculait déjà le coût des travaux à faire pour rebâtir certains bâtiments endommagés.

- Pourquoi être intervenu ? fulmina Shiori que ses hommes avaient rejointe.
- J’en déduis que le présent de mon père vous satisfait Goro-sama.
- Shiori regardez qui est là : Orochimaru ! s’exclama le chef des Ailes.

La femme rouge regarda en direction d’Orochimaru qui venait de relever sa capuche. Son allure de serpent et sa réputation n’étaient pas pour plaire à Shiori qui le regarda d’un air méfiant.

- Pourtant Shôkishi Anotsu a… commença-t-elle.
- Il n’avait pas le choix coupa Masato. Il risquait d’être démasqué par certains espions qui ont trop parlé aux oreilles de l’alliance. Un petit mensonge pour rendre l’histoire plus belle. Comme Goro voit des espions partout il devrait accorder un peu de crédibilité à cette idée. Surtout s’il pense que c’est un coup des Habaki…
- C’est un peu gros ! répliqua Shiori.

Mais c’est une belle histoire, qui peut plaire à Goro. C’est là l’essentiel comme me l’a rappelé mon père.

- Et vous n’avancez aucune preuve appuya Haneki qui n’avait pas lâché Masato du regard.

Goro était tellement obnubilé par Orochimaru qu’il semblait presque avoir oublié de quoi il était question.

- Et pour Murasaki ? demanda-t-il soudain.
- Il est mort. Son corps se trouve…
- J’enverrai des hommes pour vérifier. Avec Orochimaru.

Cela risque de compliquer les choses s’il se met à parler.

- Comme vous voudrez Goro-sama répondit Masato en s’inclinant.
- Car Orochimaru vous souhaitez travailler…

Le Sannin fit un signe de dénégation :

- Collaborer avec vous oui. Je ne travaille pour personne.

La magie d’Orochimaru semblait opérer sur Goro. Du moins en cet instant. Le chef des Ailes ne prit pas ombrage de cette remarque mais semblait amusé. Il est fidèle à sa réputation. Avec lui et ses capacités je serais moins dépendant de l’aide des autres… Ils me prennent pour un chien tout juste bon à leur préparer le terrain. Avec Orochimaru je vais leur montrer que je peux aussi leur gagner la guerre avant qu’ils ne débarquent !

- Il me faudra du matériel et une place au sein de votre organisation qui soit digne de mes capacités.
- Cela va un peu trop… commença Haruya
- Et siéger à votre conseil pour être au courant des grandes orientations et participer à la prise de décision. Je ne vais pas mettre mes talents en jeu si je n’ai pas voix au chapitre.

Shiori sourit. Vu comme il est retors il devrait être possible de négocier avec lui. Ce serait un bon allié même s’il faudra garder un œil sur lui et ses… pratiques.

- Le Conseil a suffisamment de membres répliqua Tomao. Des membres qui ont fait la preuve de leur loyauté envers Goro-sama et qui…
- Nul doute que Suigetsu sera disposé à me laisser sa place, de temps à autre bien sûr.

L’épéiste ne l’entendait pas vraiment de cette oreille et commença à protester. Il n’appréciait pas le petit jeu qu’Orochimaru était en train de mettre en place.

- Suffit intervint Goro. Orochimaru mérite bien qu’un siège lui soit octroyé. Le Conseil ne sera pas désorganisé par un membre de plus. En revanche, en ce qui vous concerne, Masato, c’est différent.

Tetsuo aurait bien voulu dire qu’il laissait sa place à Masato mais vu l’atmosphère qui régnait ce dernier lui fit signe de ne rien dire et Joïchiro lui avait mis la main sur l’épaule de manière à éviter qu’il ne commette une erreur.

- Je suis prêt à vous accepter sous mes ordres. Je suis sûr que vous ferez un excellent serviteur ! lança Kaoru. A moins que Tomao ne veuille de lui.

Kaoru se tourna vers Tomao. Ce dernier sourit. L’instant d’après son sourire s’était tordu en une grimace de douleur. Une épée était enfoncée au niveau du plexus. Du sang se mit à couler de sa bouche et il tomba les deux genoux à terre. Le coup était parti si vite que personne ne l’avait vu partir. Du moins personne qui n’aurait souhaité intervenir.

Kaoru se porta au chevet de Tomao, pour le relever et voir son état. Il était mort. Cette forme… pas d’erreur possible. L’épée de Kusanagi… Dans la seconde il se tourna en direction d’Orochimaru, les yeux emplis de colère.

- Voilà qui libère un siège pour Masato déclara le Sannin avec un sourire vicieux dont il avait le secret.
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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013, 12:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 42 : L'après sommet


Les délégations des différentes nations regagnaient en ordre dispersé leurs nations – ce qui permettait à Shôkishi de fournir à chacune un au revoir individualisé. Il se pliait du mieux possible à cet usage qui lui permettait de sonder, davantage encore, la motivation et les pensées de ses alliés. Il finissait de s’entretenir avec Mifune, pour s’assurer que le Pays du Fer ne chercherait pas querelle à Ryuichi, lorsqu’Hanada vint à sa rencontre.

- Que puis-je pour vous ?
- J’aimerais savoir si vos murs pourraient m’accueillir quelques jours de plus. A mon âge ce ne serait pas raisonnable de partir maintenant. De plus, j’ai bon espoir de le revoir si je demeure ici un peu plus.
- Vous êtes ici chez vous Hanada, restez autant que vous le désirez.
- Merci infiniment répondit l’érudit en s’inclinant.

D’un geste Shôkishi fit raccompagner Hanada dans ses appartements. Il profita de ce moment de calme pour monter sur les remparts et s’isoler, contemplant les montagnes et la neige qui se dressaient au nord.

- Votre regard devrait s’orienter vers le sud. C’est de là que vient la menace.
- Regarder dans une seule direction est le meilleur moyen de perdre une guerre.

Le second garde du corps de Shôkishi lors du sommet sourit en s’avançant :

- Me serait-il permis de m’entretenir avec vous ?

Le Seigneur du Pays des Glaces acquiesça. Le voir lui rappeler encore ce sommet. Moins de deux jours avait passé depuis la fin de la réunion et les décisions adoptées : intensifier les efforts pour éliminer les Ailes tout en essayant d’en savoir plus sur la menace étrangère, être vigilant vis-à-vis des jashinistes…

Avant le départ de Konoha Shôkishi leur avait demandé si la Racine pourrait poser problème :

- C’est justement pour qu’elle n’en pose pas que nous l’avons remise en route… avec certains contrôles avait répondu Tsunade visiblement surprise qu’il soit déjà au courant.
- Puissiez-vous dire vrai.

Akari salua Naruto qui était visiblement remis de leur première rencontre. Leur proximité toute récente n’avait échappé à personne même si le temps n’était pas à parler mariage.


- Accepter la requête d’un garde vous honore.
- Cessez donc ce petit jeu Haïtani. Ils sont partis, la comédie peut prendre fin.

En un instant la morphologie d’Haïtani changea. Ses cheveux courts laissèrent place à des cheveux bruns mi-longs, son teint blanchâtre devint une peau bronzée par le soleil tandis qu’un regard pénétrant remplaçait celui, emprunté, qui prévalait lorsqu’il était garde.

- Un sommet rondement mené Seigneur.
- En dévoilant votre identité j’aurais pu gagner davantage d’adhésion.
- Vous savez à quel point je déteste être dans la lumière répondit Haïtani avec un sourire. Et en ajoutant le fait qu’Akari ait sympathisé avec Naruto voilà qui ouvre certaines perspectives intéressantes…
- Ce sujet ne vous concerne en rien.
- Vous avez raison, mes excuses. Je sais que vous avez déjà fait des efforts en ma faveur.
- Beaucoup auraient souhaité que vous n’assistiez pas au sommet.
- Je ne les en félicite pas.

Une fois encore le sourire d’Haïtani ne trouva aucun équivalent du côté de Shôkishi. Je commence à en avoir l’habitude. C’est dommage qu’avec un tel esprit il ne soit pas plus drôle. Les autres généraux sont moins fins pour la plupart mais plus amusants.

- Les informations obtenues ne changent pas par rapport à ce que vous savez déjà n’est-ce pas ?
- En effet. Mais je peux choisir ce que j’irai raconter.
- Certaines personnes se demandent pourquoi vous nous aidez.
- Douteraient-elles ?
- Elles ne sont pas les seules. Un traître peut trahir toutes les parties qu’il sert.
- On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personnes une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois.
- Je n’ai pas de temps à perdre avec des idioties.

Le visage amusé d’Haïtani se ferma alors. Comme si un masque tombait et qu’il allait parler sérieusement.

- J’ai quelques projets en effet et…
- Vous faites partie des généraux de l’ennemi.
- Mais cela ne m’empêche pas de vouloir m’amuser.
- A nos dépens ? Aux leurs ? Seriez-vous au service d’un troisième larron ?

Un air légèrement acide se dessina sur la figure de l’interlocuteur de Shôkishi. Visiblement le temps des plaisanteries était passé et les piques du Seigneur du Pays des Neiges n’avait rien d’amicales. L’avaient-elles été un jour ?

- Je vous ai donné nombre d’informations en plus du produit pour le bras du Raikage. Vous savez ce qu’ils viennent chercher : les Bijûs si possible et les mains que vous et votre fils détenaient. Je ne parle pas de l’aide que je vous ai donnée pour que Sasuke Uchiha arrive à bon port. Et aussi pour votre…
- Je sais déjà cela le coupa Shôkishi. Vos actes passés importent moins que ceux à venir. Et il n’est pas dit que le Raikage soit vraiment apaisé par un nouveau bras.
- Les murs se plaignent déjà de cet événement…
- Ils ont aussi des oreilles. Vos petites manigances risquent d’être éventées.
- En tant que chargé du renseignement extérieur et intérieur j’ai quelques passe-droits : n’est-il pas pleinement légitime, avec une fonction comme la mienne, que j’aille cueillir les informations à la source ? Et puis avec mes capacités de déplacement personne ne se rend compte de mes petits allers et retours.
- Comme le fils de Goro…
- En moins dangereux pour ma santé. Mais cela ne vous réjouit peut-être pas.

Shôkishi n’esquissa même pas un sourire. Le vent s’était levé et les rafales semblaient buter sur ce visage que rien ne semblait perturber.

- Trop peu d’éléments sont utiles à l’heure actuelle. Où attaqueront-ils ? Mettront-ils toutes leurs forces dans la bataille ?
- Vous n’ignorez pas que poser trop de questions, se montrer très intéressé par certains sujets pourrait me compromettre.
- Ce n’est pas déjà le cas ? persista Shôkishi.
- Ceux qui ont essayé de me confondre s’en sont mordu les doigts. Enfin ils n’avaient plus de dents à ce moment-là…

Les deux individus marchaient le long des remparts. Comme si se déplacer les aidait à affermir leurs idées et à mieux sonder l’autre.

- La disparition de Goro ne les arrêtera pas. Avec les jashinistes cela pourrait…
- Ils représentant un contre-temps malheureux. Je n’exclus pas que vous soyez pour quelque chose dans la survie de certains…
- Je suis déçu que vous pensiez cela de moi.
- Hizamaru vous pendrait de grand cœur si je l’écoutais.
- Le Pays des Neiges a décidemment un sens de l’hospitalité bien à lui ironisa Haïtani.
- Vous ne niez donc pas votre implication dans la fuite des trois ?

Haïtani préféra ne pas répondre. Soit je vais davantage me compromettre soit tout cela n’est qu’un test. Il chercher à me mettre en difficulté pour pousser son avantage et ainsi pouvoir mieux m’utiliser.

- On en revient à l’idée de jouer sur plusieurs tableaux. J’ai peur de ne pas avoir votre talent en la matière.

Le compliment aurait pu être sincère que cela n’aurait pas ému davantage Shôkishi.

- Vos manigances ne dérangent pas mes projets du moins pour le moment. J’aurai probablement besoin de vous à un moment bien précis. Et là si vous ne répondez pas présent je vous promets que l’idée d’Hizamaru vous semblera une délivrance par rapport à ce que vous subirez.

Je veux bien vous croire vu vos actes passés.

- Attention, je vais finir par me convaincre qu’il vaut mieux que je retourne du côté de mon chef bien aimé.
- L’air offusqué vous sied fort mal. Voyez cela comme une occasion de montrer votre habileté.
- Pourrais-je avoir plus de renseignements ?
- En temps voulu, oui.

Akari survint dès que la phrase de Shôkishi fut terminée. Habillée simplement elle arborait une broche avec le symbole de son clan accroché au niveau de son cœur. Sa chevelure était déjà passablement embrouillée par le vent mais cela n’entamait en rien cette beauté simple qui émanait d’elle.

- Excusez-moi de vous interrompre mais je voulais vous parler de…
- Voulez-vous que je me retire ? la coupa Haïtani ne voulant pas entendre le motif de la conversation. Désolé Shôkishi mais je ne te donnerai pas ce motif de soupçon.

D’un regard Shôkishi lui signifia son congé. Haïtani salua Akari et son ex-interlocuteur et se retira rapidement. Rien n’est gagné avec lui et je me demande ce qu’il a en tête. La partie risque d’être très intéressante. Raison de plus pour ne pas rentrer tout de suite. J’ai l’impression que cette journée sera riche en informations.

- Que veux-tu ?
- Vous parler. Je sais que j’ai déjà abordé le sujet mais…
- Tu connais donc déjà la réponse.
- Père, je…

Elle cherchait ses mots. Du comportement d’Ichirô elle avait compris que parler à tort et à travers ne conduisait, bien souvent, à rien. De Masato elle avait appris le choix des mots et à ne pas céder sur certains points. De sa mère, elle gardait la volonté de préserver les siens. Et de…

- S’il te faut tant de temps pour t’exprimer, écris ton discours la prochaine fois.

Shôkishi fit mine de partir. Non ! S’il part avant que je lui ai parlé tout sera perdu. Elle le retint par le bras. Il se retourna, fixant sa fille dans les yeux. Tant de crainte et d’affection brillaient dans ce regard de jeune fille. Des sentiments qui ne semblaient pas rendre son père plus ouvert.

- Mon frère va mourir.
- Tout le monde meurt un jour ou l’autre.
- Vous pouvez allonger sa durée de vie en lui retirant cette mission d’agent double. Vous savez déjà tout ce qu’il y a à savoir et…
- Ton frère a accepté cette mission avec les risques qu’elle comporte. Il n’est pas le premier dans l’histoire de notre clan ni dans celui des ninjas à faire cela.
- C’est de votre fils dont vous parlez !
- Merci de me le rappeler répondit Shôkishi, glacial.

J’ai échoué. Il ne le sortira pas de là. J’ai essayé d’apprendre des membres de ma famille mais qu’est-ce que cela fait de moi ? Suis-je moi-même ? Ne dois-je pas trouver qui je suis par mes propres moyens ? Au besoin en m’opposant à mon père ?

- Il n’existe aucun moyen de vous faire revenir sur cette décision ? Ichirô pense que…
- Ses pensées ne font pas toujours honneur au clan Anotsu et au Pays des Neiges.
- Il pense, reprit Akari sans se démonter, que perdre Masato aurait un coût beaucoup plus élevé que celui de ne plus avoir d’informations en provenance des Ailes. Qui plus est Masato risque d’être encore moins libre de ses mouvements s’il parvient à intégrer Jiyûhane de nouveau.
- Sous-estimer Masato et ses chances de survie, cela ne te ressemble pas.
- Je veux qu’il vive !
- Crois-tu que je souhaite autre chose ? Pourquoi lui avoir adjoint Shinsuke ? Pourquoi Orochimaru ? Parce que je ne savais pas quoi faire d’eux ?
- Je…
- Cela permettra à ton frère de rentrer dans le rang. A lui de faire attention aux Habaki et aux autres pièges qui lui seront tendus.
- Et si vous vous trompiez ?

Akari n’aurait pas su dire si le regard de son père exprimait de la stupeur ou de la colère. Aucune réponse ne sortit de la bouche de son père mais ses yeux répondaient à sa place, avec un regard dur, impitoyable, qui ne cèderait rien. Le silence était comme une épée qui perçait un peu plus le cœur d’Akari à mesure que les secondes passaient. Inutile d’insister, je n’obtiendrai pas gain de cause.

- Merci de m’avoir écouté père. Me permettez-vous de me retirer ? demanda-t-elle la voix secouée par des sanglots naissants.
- Oui.

Il la suivit du regard tandis qu’elle s’éloignait, le visage marqué par ce dialogue et la prise de conscience de son échec.

- Notre fille file un mauvais coton. Arriveras-tu à la raisonner ?
- Je m’y efforcerai mon époux. Même si je ne peux que la comprendre. Si elle ne t’en avait pas parlé, je l’aurais sans doute fait.
- Réalisez-vous ce qui est en jeu ? La guerre éclatera, il faudra que vos fils et frères partent pour le champ de bataille et peut-être qu’ils n’en reviendront pas.
- Justement, pourquoi nous priver de sa présence avant que le combat ne débute ?

Le Seigneur du Pays des Neiges ne répondit pas. De telles considérations lui échappaient tant il avait été habitué, dès son plus jeune âge, à partir sur le champ de bataille, sans aucune garantie qu’il reviendrait en vie. « Notre clan doit progresser et je mettrai ma vie en jeu pour que nous nous rapprochions des Uchiha et des Senju » avait-il déclaré à son père, stupéfait de voir cette volonté inébranlable dans son fils.

La femme de Shôkishi passa devant son mari, s’arrêta pour l’embrasser sur la joue et descendit les marches, pour rattraper Akari. Elle avait à peine disparu de son champ de vision que Ryuichi arriva à toute allure. Il était là.

- Dois-je l’amener jusqu’à vous ?
- Inutile. Conduis-le à la salle du trône.
- Il n’est pas seul.
- Comme convenu.

En pénétrant dans la salle Shôkishi réalisa qu’Hanada était déjà présent, avec Haïtani. « Voilà une preuve de plus que je sais tenir parole » déclara ce dernier au Seigneur du Pays des Neiges qui ne répondit pas. Prenant place sur son trône, les mains jointes au niveau du menton il regarda ce nouvel arrivant :

- J’espère que votre voyage vous a apporté quelques satisfactions.

Sasuke leva les yeux vers lui. Le physique du frère d’Itachi n’avait pas changé. On pouvait remarquer ici et là quelques cicatrices mais il n’y avait rien de sérieux. Son regard semblait plus sombre qu’auparavant mais nullement animé par la haine.

- Hanada avait raison, ainsi que vous deux. Ce monde où j’ai grandi n’était qu’une partie d’un tout.
- Avez-vous pu obtenir des cartes ? s’empressa de demander Hanada.
- J’ai pu en obtenir certaines. Elles sont sur cette table.

Hanada se dépêcha de descendre les marches qui menaient au trône pour se rapprocher de ces trésors.

- De ce que j’ai pu entendre pas mal de choses ont changé pendant mon absence.
- En effet commença Haïtani.

Voyant que Shôkishi ne le coupait pas il se permit de faire un rapide résumé de la situation.

- Encore et toujours la guerre commenta le jeune Uchiha tandis que ses poings se serraient.
- Vous êtes très attendu. L’annonce de Shôkishi-dono lors du sommet a captivé l’assistance. Naruto Uzumaki, notamment, est impatient de vous revoir et a expressément demandé à ce que vous alliez à Konoha dès votre retour.

Un air amusé passa sur le visage de Sasuke. « Il n’a pas changé celui-là » prononça-t-il à voix basse.

- Avant votre départ j’aimerais bien que vous m’entreteniez de ce que vous avez pu voir.

Ce n’était pas une demande mais un ordre, Sasuke le savait. « Ma quête de vérité a progressé grâce à lui. Il prendrait mal le fait de ne pas être le premier informé. »

- Et ce souhait s’adresse aussi à vous, déclara Shôkishi à l’adresse des autres personnes venues avec Sasuke. Je suis sûr que vous avez bien des choses à nous apprendre.

Les réactions semblèrent favorables parmi les personnes aux pupilles rouges et les autres, dont certaines avaient les cheveux roux.
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MessagePosté le: Sam 22 Juin 2013, 12:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 43 : Les demoiselles de Konoha et la forêt des Nara


La nouvelle du retour prochain de Sasuke avait déclenché un certain émoi dans Konoha et réveilla quelques – brèves – rancœurs entre Sakura et Ino. Il en fallait toutefois bien davantage pour rompre leur amitié, surtout qu’Ino avait, sur les conseils de Sakura, commencé à stocker son chakra. Il n’était pas question pour la jeune Yamanaka de rester dans l’ombre de son amie et de ne pas arriver à avoir, elle aussi, un sceau sur le front. « Je n’échouerai pas ! » était son nindô du moment.

En ce jour de repos, qui suivait de quelques jours le retour de la délégation du Pays des Neiges, Sakura et Ino avaient décidé de passer du temps entre filles. Tenten et Hinata avaient été conviées à les rejoindre. Après un passage par quelques magasins nos quatre kunoïchis s’arrêtèrent aux bains publics. Naruto tenta de jeter un coup d’œil mais il fut rapidement repéré : le coup qu’il reçut lui fit rejoindre si rapidement le bâtiment du Hokage que Shino, en l’apercevant voltiger, se demanda si un tel moyen de déplacement n’était pas le plus sérieux concurrent de l’Hirashin. Il conclut toutefois que c’était trop périlleux en voyant Naruto s’encastrer dans le mur d’enceinte.

Une fois la séance des bains terminées, les quatre filles décidèrent de faire une petite promenade pour se dégourdir les jambes, parler… et ne pas être tentée de dépenser trop d’argent. « Sinon ma mère va encore me faire une scène » commenta Sakura.

- En ce moment il commence à y avoir des mûres dans la forêt du clan de Shikamaru. On devrait aller y faire un tour !
- Avons-nous le droit Ino ? l’interrogea Hinata. Si elle appartient au clan Nara…
- Ne t’en fais donc pas ! Ils ne vont pas nous trucider si nous leur prenons quelques fruits. Et en cas de problème mon père pourra toujours contrôler l’esprit de Shikaku pour nous blanchir.

Un sourire diabolique parcourut le visage d’Ino. Mieux valait faire ce qu’elle disait. Après tout, se balader en forêt devait être agréable par ce beau soleil. Elles n’allaient pas le regretter.

Il y avait bien des mûres. Suffisamment pour avoir une indigestion et le pourtour de la bouche passablement barbouillé. Ino déclencha une grande crise de rire en imitant les femmes qui se mettaient du rouge à lèvres. Un vrai moment de détente et de complicité comme les quatre kunoïchis n’en avaient connu que trop peu ces derniers temps. Se balader dans cette forêt les ravissait.

- On devrait faire cela plus souvent ! déclara Tenten, ravie.
- Un autre jour ou un autre endroit aurait été préférable.

Les quatre ninjas se retournèrent, telle une seule femme. Un homme se tenait derrière elles. Une espèce de fouet était noué au niveau de sa hanche gauche, il était plutôt maigre, les cheveux clairs, avec une cicatrice au visage. Et le symbole de Jashin en pendentif autour du cou.

- Vous êtes… commença Tenten.
- … un ennemi termina Sakura qui commençait déjà à faire craquer ses poings.

L’individu semblait étrangement gêné de devoir leur faire face. Il se grattait la tête comme pour mieux signifier qu’il ne savait pas trop quoi faire ni quoi dire.

- Désolé de vous importuner pendant ce moment de détente mais pourriez-vous rebrousser chemin et ne pas répéter que vous m’avez croisé ?
- Regardez son collier, murmura Hinata.
- Comme ce cinglé d’Hidan ! s’exclama Ino.
- Vous n’êtes donc pas ignares sur le sujet répondit l’individu, dont le visage s’attrista.
- Ce qui veut dire qu’elles en savent déjà trop tonna une voix féminine derrière lui.

Emergeant de l’obscurité de la forêt trois ombres – qui devinrent rapidement deux femmes et un homme à la vue de Sakura et de ses amies – se joignirent à l’intrus. L’un portait deux serpes à la ceinture, une autre des nunchakus quand la dernière ne portait aucune arme.

- Denji peux-tu m’expliquer pourquoi elles sont encore en vie ?
- Merci de révéler mon identité Yamada. Tu ne veux pas nous plus leur raconter ma vie ?
- C’est un supplice que personne ne mérite de connaître, avança, espiègle, Tatsu.
- Chacun renaît lorsque Jashin le prend sous son aile. Que veut dire un nom ? Nous sommes tous des enfants de Jashin.

Et voilà que Yamada part dans ses délires de fanatique. On n’est pas sorti de l’auberge soupira intérieurement Denji.

- On fait quoi de ces quatre-là ? interrogea Tatsu, qui s’était perchée sur une branche d’arbre.
- Nous n’avons pas reçu la mission de faire de nouvelles converties. La mort est donc ce qui les attend répondit Oren.
- Je n’aime pas me battre contre des femmes prévint Denji.
- Alors reste dans ton coin dégonflé ! Avec Tatsu on peut les éliminer.

Mais que font-ils là ? C’est pour Hidan qu’ils sont venus ? s’interrogea Sakura tandis que le différend entre Yamada et Denji se poursuivait. Elle regarda Ino et Hinata qui n’étaient pas rassurées par ces arrivées impromptues.

Tenten était restée sur la parole d’Oren aussi elle déroula rapidement un parchemin et dirigea une pluie de shurikens sur les quatre nouveaux venus. Tatsu repoussa ceux qui les visaient avec ses nunchakus.

- Je crois que je viens de trouver mon offrande à Jashin.
- Voilà au moins quelqu’un qui ne rechigne pas à suivre les ordres commenta Yamada en empoignant ses deux serpes. Voyons voir laquelle j’élimine en premier.

Un sourire se dessina sur le visage d’Ino :

- Désolé Sakura mais je crois que je reprendrais l’opération d’accumulation de chakra une autre fois. Les filles nous allons leur montrer ce que nous valons !
- O… oui répondit Hinata en activant son Byakugan et en se mettant en position d’attaque.

Oren fit signe de rapidement se débarrasser d’elles tandis qu’elle s’enfonçait plus profondément dans la forêt. Les animaux la regardaient bizarrement mais aucun ne fit un geste d’hostilité, comme s’ils pressentaient que tout acte hostile résulterait dans leur anéantissement. Au bout de quelques instants, Oren était arrivée à destination :

- Il va falloir dégager tout ce monticule pour le trouver soupira-t-elle.

Il y avait effectivement de quoi faire. Une multitude de pierres recouvrait complètement le trou où se trouvait la tête d’Hidan ainsi que les autres morceaux de son corps, plus ou moins éparpillés grâce au talent de Shikamaru. De la végétation avait essayé de pousser mais rien de très concluant, comme si le jashinisme n’était pas un très bon engrais. Oren serra son poing droit et l’écrasa sur les pierres. En un instant ces dernières devinrent poussière.

Un faible murmure se fit entendre. Ni une ni deux, Oren sauta dans le trou. Elle rencontra celui qu’elle était venu chercher. La tête d’Hidan était à moitié emportée – le résultat de l’explosion comme celui du temps qui avait passé.

- Enfin de l’aide ! C’est Kakuzu qui… Ah cette marque…

Hidan s’arrêta de parler et partit dans un rire dément en voyant le symbole de Jashin tatoué sur l’omoplate gauche d’Oren qui s’était tournée en croyant apercevoir une ombre.

- Ah ah ah… Alors Jashin a renforcé ses rangs ? Une bonne nouvelle ! Bon tu pourrais me dégager ? J’en ai marre de voir cette vermine me boulotter petit à petit ce qu’il me reste de tête. A terme je vais finir par ne plus avoir que des os !
- Navré Hidan-san : je ne suis pas là pour vous dégager, mais pour vous libérer.
- Libérer ? Tu veux dire quoi là ?
- Vous avez trahi Jashin en vous enrôlant dans une autre organisation.
- Mozen n’était pas contre et il m’a même dit…
- Son avis a changé. Vous faites partie d’un passé qu’il réprouve.
- Il veut rebâtir sa secte sur de nouvelles bases ?! Et donc m’éliminer car j’ai les mains trop souillées ?! Il pense se racheter une virginité de la sorte ?! Mais c’est lui qui est fou pas moi !
- Vous n’êtes pas habilité à contester ses ordres.

Oren sortit un parchemin de sa poche. Elle le posa sur le sol et le déplia soigneusement.

- Il a bien dressé sa fille pour qu’elle lui obéisse…

Elle ne prit pas garde aux insultes qui lui étaient adressées, se contentant de demander : « Une dernière parole ? »

- Je reviendrai et je vous ferai la peau à tous ! Jashin n’oubliera pas son fidèle soldat et sa colère sera sans limite.

Ces menaces, pas plus que les insultes qui avaient précédé et qui suivirent, ne touchèrent Oren. Elle composa des mudras avant d’appliquer les mains sur le parchemin :

- Rupture du pacte.
- Petite peste je te ferai souffrir tant et plus !

Du parchemin émana un ensemble de mains toutes plus sombres les unes que les autres. Elles recouvrirent ce qu’il restait de la tête d’Hidan et lui volèrent sa marque intérieure, celle qui liait les adeptes à Jashin et leur conférait différentes capacités qui se développaient au cours du temps... et pouvaient parfois tuer la personne. D’après la rumeur le risque était bien plus grand que ceux encourus par les personnes marqués par le sceau maudit.

- Puisses-tu trouver la paix là où tu te trouves désormais. Tu as servi Jashin mais ton heure était venue Hidan commenta Oren tandis qu’elle saluait la tête, désormais inanimée, et repliait le parchemin.

Une bonne chose de faite. Père et Mère seront contents. Il ne me reste plus qu’à récupérer les trois autres. J’espère que leur rituel d’après massacre sera terminé. Il ne faut pas trop traîner.

Elle fut surprise, dans le mauvais sens du terme, quand elle constata que ce n’était pas encore fini. Au contraire : les kunoïchis de Konoha offraient une très belle résistance, même si elles étaient blessées à divers endroits. Le fait qu’Ino et Sakura aient suivi l’entraînement de Tsunade les aidait grandement à éviter les blessures mortelles tout en veillant sur Tenten et Hinata.

Denji était adossé contre un arbre, les bras croisés. Il dût sentir la colère d’Oren car il se retourna et se retint de lui sourire pour éviter tout geste qui pourrait passer pour une marque d’insolence.

- Tu ne les aides pas ?
- J’ai déjà dit que je n’aimais pas me battre contre une ou des femmes.
- Donc si je te tuais maintenant tu ne résisterais pas ?
- Ce n’est pas de ma faute si Tatsu et Yamada ne sont pas fichus de s’en sortir rapidement. Cela leur apprendra à les sous-estimer.

Tatsu portait en effet un joli coup au niveau de l’épaule gauche, administré par Ino tandis que celui à l’épaule droite provenait de Sakura. Les coupures au niveau des jambes étaient le fait des kunaïs de Tenten. Yamada était aussi dans un état peu reluisant : la technique du poing souple d’Hinata lui avait infligé pas mal de dégâts en plus d’avoir perdu une de ses serpes suite à un nuage de poison d’Ino. Sa vue commençait à se troubler même s’il pouvait toujours se repérer à l’odeur du sang qui perlait via les blessures des kunoïchis.

- Vous jouez à celui qui mettra le plus longtemps à éliminer ses adversaires ? interrogea Oren.

Aucun des deux ne répondit. Leurs mouvements semblaient se ralentir, le signe que la fatigue se faisait sentir. D’ailleurs Yamada fut emporté par les paumes jumelles d’Hinata et se réceptionna mal sur le sol, s’écorchant le genou droit. Il jura en se relevant péniblement.

Pathétique pensa Oren. Faire les malins face à la lie des Ailes et ne pas être capables d’achever rapidement des gamines… C’est à se demander si Jashin choisit vraiment ses serviteurs.

- Shoshuryū - Technique des Dragons Jumeaux.

Les nunchakus de Tatsu eurent le plus grand mal à renvoyer la série d’armes qui fut projetée dans sa direction. Ils avaient fini par s’user et des fêlures de plus en plus importantes les parcouraient. Encore quelques attaques de ce genre et ils pourraient bien rendre l’âme. J’aurais dû me méfier en voyant qu’elle privilégiait autant le combat à distance. Elle n’est pas si bête que ça.

- Ôkashô !

Le coup de poing de Sakura projeta Yamada sur Tatsu. Cette dernière ne put rien faire, acculée qu’elle était par les vagues d’armes successives en provenance de Tenten.

- A toi de jouer Hinata !
- Qu’est-ce que… commença Tatsu.

Les deux jashinistes se trouvaient dans la zone d’Hinata, elle allait pouvoir leur administrer une nouvelle démonstration du Jûken.

- Les 32 poings du Hakke !

Dépassés, Yamada et Tatsu n’esquivèrent pas cinq coups sur les 32 d’Hinata. Cette attaque, bien que réussie avait coûté du chakra à la fille d’Hiashi mais ses yeux affichaient une détermination sans faille. Elle continua :

- Les 64 poings du Hakke !

La démonstration des talents du clan Hyûga jeta les deux adversaires au sol. La rupture était proche pour eux et ils n’arrivaient même pas à se remettre sur pied.

- Super Hinata ! crièrent ses trois camarades.
- Et pour finir : La Boule de fer géante !

Tenten invoqua une immense boule de fer, hérissée de piques de métal. C’est la fin pour nous pensa Tatsu. Se faire battre par des gonzesses quelle honte ! fulmina, impuissant, Yamada.

Si je n’y vais pas ils vont mourir. Oren se plaça devant les deux jashinistes et, d’un coup de poing, fit exploser la boule de fer, créant une déflagration en direction des ninjas de Konoha qui tentèrent de se protéger du mieux possibles des débris coupants qui se dirigeaient sur elles. Le Bakuton d’Oren était sans équivalent en ce monde et un don de Jashin pour l’aider dans sa tâche. « L’explosion est une déclinaison de la destruction souhaitée par Jashin » lui avait confié son père. « Sois digne de la confiance placée en toi. »

- Être obligée d’intervenir… Vous réalisez la honte pour notre religion ?
- Oui Oren-sama et nous vous remercions pour…
- Tais-toi Yamada. S’il te reste des forces pour parler alors tu aurais dû régler le problème plus tôt.
- Il nous a sous-estimées. Comme vous lui dit Sakura, sur un ton de défi.

Oren la regarda. Les quatre kunoïchis s’en étaient plutôt bien sorties, même si elles n’étaient pas toutes dans le même état.

- Votre amie aux cheveux blonds est touchée à la cuisse et celle avec le Byakugan semble fatiguée. Je ne suis pas sûre que vous soyez en position de force.
- C’est ce qu’on va voir lui rétorqua Sakura avec un sourire.

La fille d’Otoki et Mozen eut juste le temps de baisser la tête pour éviter le coup de fouet de Denji et ne pas être décapitée.

- Que fais-tu espèce de… lui crièrent Tatsu et Yamada.

Denji ne répondit pas et se mit à attaquer Oren. Ses attaques sont grossières. On dirait qu’il découvre son fouet pour la première fois et l’utilise comme un ruban. Est-ce que…

Oren regarda en direction d’Ino et la vit inconsciente, Hinata étant auprès d’elle. Je comprends mieux. Ce doit être une Yamanaka.

- Voler le corps d’une personne n’est pas très glorieux petite.
- Juste le temps de vous éliminer pas plus ! lui répondit Ino dans le corps de Denji.

Les coups de fouet ne réussirent pas à atteindre Oren et Ino éprouva de plus en plus de difficulté à se maintenir dans le corps de Denji. La technique de transposition s’arrêta dans la foulée. Ino revint dans son corps et avertit immédiatement ses coéquipières :

- Attention les filles je ne le contrôle plus.

Le visage de Denji avait passablement changé. Une colère noire bouillait dans ses yeux tandis qu’il réalisait ce qui venait de se passer.

- Je me tiens en retrait et vous osez m’impliquer dans ce combat ? Filles ou pas, cela n’a plus d’importance. Oren-sama je suis avec vous.
- Enfin une bonne nouvelle.

Sakura et Tenten se regardèrent. Les choses se compliquaient.

- Ino et Hinata nous allons essayer de vous faire gagner un peu de temps pour que vous récupériez. Venez nous prêter main forte dès que possible !

Elles approuvèrent d’un signe de tête. La décision de Sakura était la plus raisonnable même si du un contre un n’était pas une configuration qui lui plaisait particulièrement. Tenten lui confia alors quelques mots à l’oreille.

- Tu es sûre que…
- Fais-moi confiance !

Sakura se mit alors en position de faire la courte échelle à Tenten et la projeta en l’air :

- Souryū Tensakai !

Tenten déplia un gros parchemin. Elle invoqua plusieurs dizaines d’armes qu’elle dirigea vers Denji et Oren.

- Je m’en occupe.

Denji empoigna son fouet ferma les yeux, prit une profonde inspiration et il entra en action. C’était comme si son fouet était vivant : il frappait à gauche, à droite, en haut, en bas, partout où Denji le dirigeait. Et, à chaque fois il faisait mouche et brisait une arme. Rien à voir avec ce qu’Ino avait essayé de faire quand elle contrôlait son esprit.

Tenten se réceptionna et voulut sortir un autre parchemin mais Denji se rapprocha rapidement et déplia son fouet pour l’empêcher d’attaquer de nouveau.

- Voyons voir comment tu vas te débrouiller si je t’empêche d’utiliser ton attirail.

Denji s’avança davantage et le piège qu’avait posé Tenten sur le sol se déclencha : du sol surgirent des shurikens et des kunaïs mais le fidèle de Jashin les repoussa sans aucune difficulté. Il faudrait que j’arrive à le séparer de son fouet.

Sakura avait l’avantage de ne pas avoir à désarmer son adversaire vu qu’Oren n’utilisait pas d’armes. Mais elle ne rigolait pas pour autant tant il lui fallait éviter le moindre contact avec son adversaire. Elle peut sans doute réduire en poussière un humain. Autant éviter le contact direct. L’élève de Tsunade se recula de quelques pas, mordit son pouce et appliqua sa main sur le sol :

- Invocation !

Katsuyu apparut. Sakura grimpa sur sa tête et, après l’avoir remercié d’avoir répondu à son appel, lui confia son plan.

- Bien reçu Sakura.

La limace géante n’impressionnait pas du tout Oren. Elle s’avança et quasi-instantanément, Katsuyu jeta de l’acide dans sa direction. Oren évita le premier jet mais les rafales d’acide suivantes finirent par l’atteindre et elle vit son bras se dissoudre. Puis elle disparut dans un nuage de fumée.

- Un clone ! Attention Katsuyu…

Oren se trouvait juste devant l’invocation de Sakura. La main déjà posée sur la limace.

- C’est terminé pour vous deux.
- Maintenant ! cria Sakura.

Katsuyu se décomposa en une multitude de limaces, empêchant ainsi Oren d’exécuter sa technique. Je l’ai eue ! Katsuyu a parfaitement exécuté le plan. C’est l’invocation parfaite contre ce type d’adversaire pensa Sakura plutôt fière de son plan.

Trois limaces se dirigèrent vers Tenten, Ino et Hinata tandis que Denji avait cessé le combat en voyant Oren submergée par une masse de limaces.

- Dissous-la Katsuya-sama !
- Oren-sama ! cria Denji.
- C’en est trop !

La masse de limaces qui recouvrait Oren explosa. Le souffle de l’explosion souleva un grand nuage de poussière, empêchant de voir à plus de quelques pas. La plaisanterie a assez duré. Je ne voulais pas faire de dommages à cette forêt mais il faut en finir. Mais ce n’était pas facile de le faire sans rien faire aussi elle dut patienter. Aucune attaque ne fut lancée contre elle.

La poussière se dissipant quelque peu, Oren aperçut Denji :

- Tu vois quelque chose ?

Ce dernier ne répondait pas et semblait comme figé. Oren se tourna vers Tatsu et Yamada.

- Où sont-elles passées ?

Eux non plus ne répondaient ni ne bougeaient.

- Vous avez perdu votre langue en plus d’être des guerriers pitoyables ?

En fixant son regard sur Tatsu, Oren remarqua qu’elle semblait porter un masque noir au niveau de la bouche. Il en allait de même pour Yamada. Et sans doute pour Denji. Ce ne sont pas des masques réalisa-t-elle soudain. Cette ombre qui court sur leurs corps c’est…

- Tu comprends un peu trop tard murmura une voix.

Oren essaya de bouger : elle avait les jambes bloquées et plusieurs mains d’ombre remontaient le long de son corps pour l’étreindre mais sans lui couper – pour le moment – la respiration.

- Vous n’étiez pas au courant qu’il fallait nous demander avant de pénétrer dans cette forêt ? demanda Shikamaru en s’avançant, tandis que son ombre resserrait son emprise sur Oren.

Shikaku ainsi que d’autres membres du clan Nara étaient aussi présents. Les quatre kunoïchis de Konoha n’étaient plus seules.
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MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013, 10:20 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 44 : L’hospitalité de Konoha


La manipulation des ombres entravait encore leurs mouvements lorsque les Nara les confièrent à Ibiki Morino et à ses hommes. « Je t’assure qu’ils nous diront tout ce qu’ils savent » annonça le responsable de la section d’interrogatoire et de torture de Konoha à Shikaku. Le chef du clan Nara hocha la tête, sûr du travail d’Ibiki et des résultats à venir. Ce dernier fit signe à ses hommes de passer à l’action, pour prendre le relais des Nara qui se retiraient. Des sceaux furent apposés sur les jashinistes : il devenait impossible pour eux d’utiliser leur chakra.

- On n’a pas le droit de contacter notre avocat ? demanda Yamada tandis qu’ils étaient transférés vers leur lieu de détention et d’interrogatoire.

En guise de réponse il reçut un coup de coude dans l’estomac et une balayette le jeta à terre.

- As-tu d’autres questions de ce genre ? lui demanda Ibiki, le visage fermé.
- Ça se pourrait répondit, sans se démonter, Yamada.

Son insolence lui valut d’avoir deux doigts fracturés. Visiblement, Ibiki Morino ne goûtait pas vraiment l’attitude de son prisonnier et ses yeux révélaient une certaine impatience à interroger ses prisonniers. Et il avait trouvé celui qui allait passer en premier. De fait, Yamada pénétra dans la salle d’interrogatoire dès qu’ils furent arrivés. La lumière blafarde de la pièce donnait à voir une table, une chaise en bois et des fauteuils un poil plus confortables sur lesquels les interrogateurs prendraient place. Quatre individus accompagnèrent Ibiki et les portes se fermèrent. On rentre dans le vif du sujet se dit Yamada. Quels instruments vont-ils utiliser ? Est-ce qu’ils pensent vraiment arriver à faire parler des disciples de Jashin ?

Pour que le prisonnier ne décède pas trop rapidement, le sceau bloquant le chakra était retiré avant que la personne ne soit interrogée. Ainsi, le questionné pouvait résister plus longtemps, ce qui permettait à Ibiki d’obtenir des résultats bien meilleurs. Il était arrivé à cette conclusion après une longue pratique et, en la matière, il faisait office de référence.

Yamada fut fermement attaché à la chaise en bois et l’interrogatoire débuta :

- Qui êtes-vous et que venez-vous faire ici ?
- A moins d’être aveugle en plus d’être idiot vous savez qui nous sommes. Pour la deuxième question, ben, on avait envie de se balader et…

Le poing d’un des hommes d’Ibiki s’écrasa sur la joue gauche de Yamada et le fit virevolter.

- Tout peut se passer autrement si tu coopères.
- Vous me faites le coup du méchant et du gentil ?
- Non lui répondit Ibiki. Si tu veux sortir d’ici en vie tu ferais mieux de parler.

Avec son regard et le ton qu’il prend on dirait bien qu’il est sérieux. Mais ma foi en Jashin est plus forte !

- Mourir pour Jashin est un honneur.
- Souffrir aussi ?

Sans attendre de réponse, Ibiki Morino invoqua la chambre des tortures. Lui-même et Yamada se retrouvèrent dans une cage aux barreaux métalliques. Le fidèle de Jashin était attaché aux bras et aux jambes, sans pouvoir esquisser le moindre mouvement. Face à lui le responsable des interrogatoires commença à actionner les chaînes qui maintenaient Yamada, de manière à tendre progressivement ce dernier.

- Vous avez oublié de m’attacher une extrémité les gars ! Et d’après ce que les femmes me disent c’est elle la plus dangereuse.

L’arrogance de Yamada disparut après quelques heures passées dans cette cage. Les questions incessantes de Morino, les sceaux d’eau qu’il reçut, les injections pour lui éviter de perdre conscience, les tentatives d’étranglement, les menaces voilées, tout cela produisit un cocktail qui commença à briser la résistance mentale du partisan de Jashin.

- Allez tous en enfer, jamais Jashin ne vous pardonnera…

Petit à petit Yamada était écartelé, délicatement. Morino ne s’arrêta qu’au moment où les os de Yamada allaient sortir de leurs cavités. Ses hurlements de douleurs parvinrent jusqu’aux oreilles des trois autres jashinistes qui étaient enfermés, à quelques pas de là.

- C’est Yamada ?
- Qui veux-tu que ce soit d’autre Tatsu ?
- Bah une imitation ou…
- Silence dans la cellule ! glapit une voix de surveillant.

Enfermés dans leur cellule, les membres de Jashin n’auraient pas su dire depuis combien de temps ils avaient été arrêtés ni depuis combien de temps Yamada était interrogé. Les secondes semblaient s’écouler très lentement, et comme ils étaient dans une pièce ne comportant aucune ouverture et allumée en permanence il leur était impossible d’avoir des repères temporels, surtout qu’ils dormaient peu. Parler entre eux était donc un moyen de garder une certaine tenue et conscience.

- Tu veux nous faire croire que tu ne sais rien de plus ?
- Je vous le jure, je ne sais rien d’autre. Je ne suis… qu’un membre de base de l’organisation.

Ibiki fit disparaître son invocation. Deux de ses hommes empoignèrent Yamada et le réinstallèrent sur son siège, sans l’attacher.

- Peut-être qu’au lieu de fracturer les doigts il vaut mieux les couper.
- Pardon ?

La parole d’Ibiki fit courir un frisson le long du dos de Yamada. Il va me couper les doigts un par un ! C’est un vrai malade ce type. Est-ce que je dois raconter des bobards pour qu’ils me laissent ?

L’homme qui empoignait Yamada par l’épaule gauche plaqua alors la main gauche du prisonnier sur la table d’interrogatoire tandis qu’un autre se rapprochait, une lame de scalpel à la main.

- Avec ce genre d’outils, on se balade dans le corps humain comme dans du beurre.
- Arrêtez je vous ai dit la vérité : nous sommes un groupe au service de Jashin. Nous sommes venus ici pour relever Hidan et c’est tout. Je ne connais pas les autres objectifs, je les découvre au fur et à mesure.

La lame s’abaissa.

- Non ! hurla Yamada.

Seul le bout de l’ongle du majeur avait été entaillé. Le jashiniste tremblait désormais. Il avait peur. Il est à point celui-là. Il va démoraliser les autres ce qui devrait faciliter les prochains interrogatoires.

- Ramenez-le.
- C’est terminé ? demanda Yamada.
- Pour l’instant répondit Ibiki avec un sourire.

Deux hommes traînèrent Yamada jusqu’à la cellule. A peine fut-il jeté au sol qu’un index se dirigea sur l’autre membre masculin du groupe des jashinistes :

- Tu es le prochain.

La nouvelle ne faisait pas particulièrement plaisir à Denji. Il se promit de trancher tous ces individus dès qu’il remettrait la main sur son fouet.

- Non, ce sera moi intervint calmement Oren.
- Et pourquoi ?
- En tant que chef j’en sais plus que mes subordonnés, et je ne tiens pas à ce que d’autres subissent vos mauvaises manières.
- Les jashinistes auraient un cœur ? Tu vas pouvoir aller en parler avec Morino-sama.

Oren sortit de la cellule. Le sceau qui bloquait l’utilisation du chakra fut retiré et elle fut poussée en direction de la salle d’interrogatoire. Pour y accéder, il fallait gravir quelques marches. Elle gravit la première, son pied buta sur la seconde et il fallut qu’un ninja la rattrape.

- Merci, je ne demandais pas mieux qu’un contact avec vous.

De la salle d’interrogatoire, Ibiki entendit une explosion. Oren avait utilisé le corps du ninja comme une bombe. Le galant imprudent avait fini pulvérisé aux quatre coins de la pièce. Elle bloqua immédiatement les portes qui permettaient d’accéder à la cellule où ils se trouvaient. Cela ne les retiendra pas longtemps mais assez pour nous permettre de filer.

Elle saisit le ninja qui lui avait retiré le sceau et lui ordonna de retirer ceux de ses camarades. Il refusa catégoriquement. Oren fit exploser son bras gauche.

- Et maintenant ?

Voyant qu’il refusait tout en gémissant elle le laissa tout en le délestant de sa jambe droite et en lui faisant exploser le genou gauche. Elle se dirigea vers un autre ninja que le spectacle avait paralysé d’effroi.

- Tu vois ce qui va t’arriver si tu ne fais pas ce que je te dis ?

Il obtempéra, tétanisé par la vue de son camarade en train de se vider de son sang. Les trois jashinistes libérés récupérèrent leurs armes – en plus ou moins bon état – et filèrent rapidement en faisant exploser les portes qui les séparaient de l’air libre.

- Un joli coup Oren-sama articula Yamada quand ils furent en dehors du bâtiment.
- Je t’ai déjà dit qu’au lieu de parler tu ferais mieux de garder tes forces.

Il fallait rapidement mettre le plus de distance possible entre eux et Konoha. Avec les autres affaires en cours ils ne devraient pas envoyer trop d’unités à notre poursuite au cas où le Jiyûhane se manifeste. Filer rapidement devrait les dissuader de mener une chasse trop importante.

- Tatsu tu ouvres la voie, Yamada tu la fermes, Denji devant moi. L’objectif est d’être rapide donc on évite les combats sauf si nous sommes acculés. Compris ?

Trois têtes opinèrent et les quatre se mirent en route tandis que des Anbu et des ninjas de Konoha sortaient du bâtiment. Ils étaient soulagés quand ils franchirent le mur d’enceinte de Konoha et commencèrent à s’enfoncer dans la forêt. Toutes leurs forces étaient placées dans la vitesse et à ce petit jeu-là les ninjas de Konoha avaient du mal à suivre le rythme. Comme si Jashin les poussait et leur donnait la volonté et les forces dont ils manquaient.

Konoha était maintenant un point en arrière quand Tatsu fit signe au groupe de s’arrêter. Elle avait repéré un groupe de plusieurs dizaines de personnes qui marchaient en direction du village caché. Ils n’étaient qu’à une dizaine de mètres des jashinistes perchés sur des branches et ne semblaient pas avoir noté leur présence. Ce groupe avançait d’un pas relativement tranquille.

- On fait quoi ?
- Pas le temps de se battre Denji, on trace sans se préoccuper d’eux.
- Cela pourrait toujours faire quelques offrandes pour Jashin… Ils n’ont pas l’air bien terribles et puis cela donnera une leçon à ces enfoirés des interrogatoires.
- Tatsu non !

Mais elle avait déjà fondu sur le groupe avant qu’Oren ne puisse la retenir. Une femme sortit du groupe et se plaça dans le champ d’attaque de Tatsu. Elle avait des pupilles rouges et trois tomoes. Ce serait pas le sharingan ça ? se demanda Tatsu alors qu’elle s’approchait et que ses nunchakus n’étaient plus qu’à quelques dizaines de centimètres de son adversaire. Elle n’avança pas davantage et se figea sur place.

- Cette conne, elle est tombée dans un genjutsu ! vociféra Yamada.
- Et les ninjas à nos trousses se rapprochent. Oren que fait-on ?

Elle ne disait mot. Affronter le sharingan ici n’était pas bon, surtout s’il y en avait plusieurs. Et on ne sait rien des capacités des autres membres de ce groupe. Ils étaient trop affaiblis et si les Anbus se joignaient à la fête les jashinistes ne feraient pas long feu.

- On file, laissez Tatsu.

Aucune protestation n’émana de Denji ou de Yamada. Ils foncèrent. Certains membres du groupe au sharingan essayèrent de les arrêter mais Denji les tint à distance grâce à son fouet et Yamada avec ses serpes même s’il fut contré par un jeune homme qui maniait fort bien un katana. D’ailleurs il suivit les jashinistes avec quelques membres de son groupe.

- Yamada surveille nos arrières ordonna Oren. S’ils se rapprochent à moins d’une dizaine de mètres tu me préviens.

Il acquiesça. La fuite était la meilleure issue. Si leur mission était réussie ces contre-temps ne feraient pas plaisir à Mozen et Otoki mais peu importait en cette heure. La secte de Jashin n’était pas menacée.

Tatsu ne sait rien commentait Oren, intérieurement. Ils pourront bien l’interroger autant qu’ils le voudront, ce qu’elle pourra raconter ne nous nuira pas. Konoha ne saura rien de plus que les maigres informations avouées par Yamada. Seul Denji connaît certains éléments d’importance. Oren le regarda, lui qui ouvrait la route désormais. Il faudra peut-être le tuer.

La distance avec leurs poursuivants semblait augmenter. Enfin une bonne nouvelle. Ils décidèrent donc de faire une petite halte, le temps de reprendre leur respiration et de se situer géographiquement.

- En poursuivant sud-est ce devrait être bon.
- Tu es sûr de toi Denji ?
- Je…
- Taisez-vous.

Le visage d’Oren était traversé par le doute. Quelque chose n’allait pas. Même si on pouvait entendre quelques grognements et bruits de pas d’animaux il y avait autre chose.

- Nous ne sommes pas seuls.
- Je ne sens aucune présence et…
- La ferme Yamada.

Une lame de vent s’abattit sur l’arbre où ils étaient stationnés, séparant Yamada de Denji et Oren. Il utilisa ses serpes pour s’accrocher au tronc qui tombait, afin de disposer de bons appuis pour se réceptionner au sol. C’est là qu’il sentit une douleur intense dans le bas du dos. Comme un coup de poignard dans les reins. Putain mais c’est quoi ce truc…

Yamada tourna la tête et vit un kunaï planté dans le bas de son dos. Il était chargé de chakra qui, en se diffusant dans son corps l’empêchait de se mouvoir convenablement. Oren et Denji étaient déjà partis.

- Ils ne sont pas tombés dans le piège consistant à vouloir te secourir. Faut-il les féliciter ou s’inquiéter de ce manque de solidarité entre vous ?

Un individu avec un masque représentant une créature à quatre yeux apparut devant Yamada.

- Et une nouvelle prise pour la Racine déclara une autre voix, provenant d’une personne portant un masque de chien.

La poignée d’individus qui entouraient maintenant Yamada portaient tous un masque. A une exception près, qui arborait un bandeau frontal masquant – partiellement – une cicatrice. Cette personne, qui semblait vraisemblablement être le chef s’adressa à Yamada :

- Nous ne sommes pas aussi gentils qu’Ibiki Morino. Envahir Konoha et tenter de s’enfuir, cela équivaut à une condamnation à mort si tu n’as pas d’informations intéressantes à donner.

Un des hommes de la Racine appuya sur le kunaï logé dans le bas du dos de Yamada. En dépit de son appartenance à Jashin, il ne put s’empêcher d’hurler de douleur.

- Faut toujours attendrir la viande avant de la cuisiner lui murmura-t-il.
- C’est là qu’elle révèle tout sa saveur enchaîna un autre.

Mayu Shimura fit signe d’arrêter.

- Emmenez-le.
- Bien Mayu-sama.
- Cet individu est à moi.

Les hommes de la Racine regardèrent en direction de celui qui venait d'intervenir. Il venait d’apparaître, à leur gauche. Yamada le reconnut sans peine : c’était celui qui avait paré ses coups de serpes avec son katana. A mesure qu’il s’avançait Yamada pouvait distinguer plus nettement ses cheveux noirs hérissés, avec une teinte bleue, et des yeux couleur onyx. Non, ils n’étaient plus onyx désormais mais rouges, avec trois tomoes. Lui aussi il a le sharingan. Et il n’en a même pas eu besoin pour contrer mes coups.

L’atmosphère sembla instantanément se tendre. La vue de ces pupilles semblait ne pas plaire aux hommes qui avaient arrêté Yamada.

S’ils ne sont pas alliés mais adversaire alors j’ai peut-être une chance de me tirer de là. Continuez à vous regarder et cela va me permettre de tenter une sortie. A peine Yamada esquissa-t-il un geste que le possesseur du sharingan le rejoignit et, du plat de sa lame, l’assomma.

Ce déplacement rapide sembla rendre encore plus nerveux les hommes de la Racine. Visiblement ils attendaient que le fils de Danzô leur dise quoi faire contre cet Uchiha qui avait tué leur ancien chef. Trois autres personnes arrivèrent, qui étaient aux trousses des jashinistes depuis l’altercation qui avait vu Tatsu succomber à un sharingan.

Mayu Shimura jeta rapidement un regard sur les trois nouveaux venus mais ses yeux semblaient absorbés par le meurtrier de son père. Il pouvait entendre les hommes d’Ibiki qui se rapprochaient. Si seulement ils avaient pu arriver un peu plus tard. La mâchoire bloquée, le nouveau chef de la Racine articula cinq mots, sur un ton trahissant une haine larvée :

- Te revoilà donc, Sasuke Uchiha.
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MessagePosté le: Mar 02 Juil 2013, 11:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 45 : L’avenir de Kumo


L’arrivée du Raikage à Kumo suscita une grande attention, notamment parce que les ninjas présents remarquèrent qu’il avait récupéré son bras gauche. « Les paris vont pouvoir reprendre pour savoir si le Boss démolira un mur avec son poing droit ou gauche » suggéra, malicieusement, Darui à Shi. Mabui, qui venait les accueillir, sourit à cette suggestion tout en considérant que mieux valait ne pas évoquer ces paris au Raikage. Il ne goûtait pas vraiment à ce type de jeux donc mieux valait ne rien lui dire à propos d’une reprise à venir des paris.

Cette question ne fut donc nullement abordée lorsque le Raikage lui demanda de la rejoindre dans son bureau. A le voir Mabui comprit qu’il était plein d’énergie et d’idées. Ce qui n’est pas toujours bon signe. J’espère qu’il ne veut pas déclarer la guerre aux Pays des Neiges. De guerre, il ne fut pas question mais elle allait avoir pas mal de travail à effectuer :

- Mabui demande immédiatement à nos forgerons de me forger trois nouveaux anneaux pour mon bras gauche.

Elle nota immédiatement l’information sur son bloc-notes.

- Pardonnez ma curiosité mais comment avez-vous…
- Un « cadeau » du Pays des Neiges.

La formule lapidaire du Raikage était en accord avec sa mine, qui venait, subitement, de s’assombrir. Retrouver un bras lui faisait plaisir mais l’identité de celui qui avait permis ce miracle atténuait grandement sa joie. Que faudra-t-il lui donner en retour ? avait rapidement pensé le Raikage. Je n’ai pas pu m’opposer à ce qu’il reçoive un Bijû et il est fort probable qu’il souhaite pousser son avantage plus loin encore.

Le retour à Kumo avait ainsi été plutôt frais et les échanges avec le Daimyô réduits au strict minimum, ce dernier ayant compris que Ae n’était pas disposé à parler des conséquences immédiates du sommet. Garder le silence pendant tout le trajet était cependant difficile, même pour le Raikage. Aussi ce dernier anima quelque peu la conversation en pestant contre Shôkishi : « Rien n’a été fait pour Samui et son frère. Et on dit que sa parole est d’or ! » Le Daimyô lui avait alors fait calmement observer que cela nécessitait, pour le Pays des Neiges, d’entrer en contact avec les trésors de Kumo :

- Shôkishi Anotsu souhaite probablement que les relations entre nos deux pays soient meilleures avant d’entamer cette mission.
- C’est bien son genre à ce couard !
- Je pense plutôt qu’il n’est pas sûr à 100% du succès de l’opération sinon il aurait déjà tenté quelque chose – à l’instar de ce qu’il a fait avec votre bras.

Le Raikage avait haussé les épaules. Tant que ce point n’était pas réglé cela pourrait fournir un argument contre d’éventuelles demandes supplémentaires de la nouvelle grande nation. Le Seigneur du Pays des Neiges avait déjà fait part de son souhait de récupérer le Bijû à quatre queues et cela avait été acté à la fin du sommet, qui avait procédé à une réallocation des sept Bijûs en possession de l’alliance. Le fait que Shôkishi Anotsu ne demande qu’un Bijû avait surpris mais les murmures avaient rapidement cessé suite à un mot de sa part : « Vous ne devez pas être habitués à ce que l’on s’en tienne strictement aux termes d’un accord. »

Arrivés à Kumo, le Raikage et le Daimyô se séparèrent. Ae assura qu’il allait rapidement s’occuper des principaux dossiers en attente. « Je vous fais confiance » lui répondit le Daimyô.

- Autre chose Raikage-sama ?
- Oui, fais venir Bee et ses deux élèves. Je dois leur parler le plus rapidement possible.
- C’est en rapport avec le dossier sur les Bijûs ?

Ae sourit et dit oui de la tête. Mabui était toujours informée en temps et en heure de tout ce qui concernait Kumo. Darui lui avait ainsi fait une rapide synthèse de la situation dès qu’il était arrivé.

- Je veux voir si l’un des deux a le cran pour accueillir Nibi.
- Je les fais prévenir immédiatement.
- Ce sera tout. Merci Mabui.

En sortant du bureau du Raikage Mabui croisa Omoi et Karui qui déambulaient dans les couloirs. Elle leur confia donc la mission de ramener Bee et ses deux élèves.

- Vous les trouverez au col d’Unraï.
- Si Bee n’a pas filé ! ajouta Karui avec un sourire.
- Ils sont donc en train de s’entraîner ajouta Omoi, pensif.
- Et alors qu’est-ce que ça fait ?

Omoi suça un peu son inamovible sucette et la fit passer du coin droit au coin gauche de sa bouche. Sa mine semblait inquiète ou, du moins affichait une certaine préoccupation.

- Imagine, Karui, que nous arrivons alors qu’ils s’entraînent avec des armes. En les appelant ou en leur faisant signe, cela peut en perturber un. Sa garde sera donc moins bonne et il risque de se retrouver blessé par notre faute.

Karui leva les yeux au ciel tandis que Mabui se demandait pourquoi Omoi pensait toujours à des choses comme ça. Mais elles n’étaient pas au bout de leur surprise :

- Mais ce n’est pas ce que je redoute le plus.
- Ah bon ? demanda Mabui, à moitié sérieuse.
- Le pire c’est si Bee utilise ses lames. Si nous arrivons et qu’une des lames arrive dans notre direction que faire ? En général Bee les charge de chakra pour qu’elles soient plus efficaces. Il nous faudra donc la dévier. Imaginons qu’elle parte en direction d’une des montagnes, eh bien elle pourrait l’endommager. Et dans le cas d’une montagne déjà fragilisée, ou alors si la lame atteint une faille sismique, on pourrait ainsi créer un tremblement de terre et faire s’écrouler une montagne voire plus s’il y a un effet domino.

Il était regardé comme une créature curieuse par Mabui et Karui. Omoi cogite trop, mieux vaut qu’il soit au combat là où la seule chose qu’il a à penser est d’éliminer son adversaire pensa Mabui. Et encore même dans une telle situation il est capable d’imaginer tout un tas de scénarios plus improbables les uns que les autres.

- Dire qu’après toutes ces années passées ensemble t’arrives encore à me surprendre par tes raisonnements. Allez viens Omoi.
- Karui tu ne réalises pas que…

Un coup de poing de Karui sur la tête d’Omoi mit un terme à ses élucubrations… du moins pour le moment. Ils saluèrent Mabui et partirent en direction de Killer Bee. Mabui les regarda s’éloigner. Je me demande comment Samui parvenait à ne pas perdre ses nerfs avec ces deux-là. Samui…

Lorsque Karui et Omoi arrivèrent au col d’Unraï Bee était bien là, en train d’entraîner deux jeunes personnes qui n’avaient pas seize ans. La première était une jeune femme à la peau blanche et au regard d’émeraude. Elle avait de longs cheveux raides et bruns rassemblés en une natte. Et elle perdait du sang : son arcade sourcilière gauche était touchée. Sans doute n’avait-elle pas réussi à parfaitement esquiver une des attaques de l’abeille tueuse.

La deuxième personne était un jeune homme à la peau noire et rasé de près. Sa coiffure était très atypique car il lui manquait une bonne partie du côté droit. La perte semblait récente et devait certainement être à mettre au crédit de Bee qui, décidément, ne ménageait aucunement les deux jeunes.

Il en fallait toutefois beaucoup plus pour les faire renoncer à affronter Bee. La partie était d’ailleurs loin d’être facile pour lui. Les attaques de ses adversaires étaient précises et, surtout, parfaitement synchronisées.

- Vas-y Jinta ! cria la jeune fille.
- Compris Isao.

Jinta envoya une poignée de shurikens marqués et chargés de chakra en direction de Bee. Samehada encaissa l’attaque, tout en absorbant, au passage, le chakra contenu dans les shurikens. A toi de jouer Isao.

Profitant de ce que Samehada bouchait une partie du champ de vision de Bee Isao bondit derrière lui et exécuta une technique Katon. Bee eut tôt fait d’empoigner Samehada pour découper la boule de feu en deux.

- Désolé pour t’avoir encore une fois brûlée ma bébé ! s’excusa Bee.
- Plutôt que de vous excuser vous feriez mieux d’abandonner le prévint Jinta.

Bee était bloqué, il ne pouvait plus faire un geste. Jinta avait posé un sceau sur Samehada. Un sceau particulier qui se formait grâce à l’impact combiné des différents shurikens. S’il était fixé sur un objet, le sceau se transmettait à la première personne qui entrait en contact avec lui. Son pouvoir de pétrification n’était pas à négliger et l’abeille tueuse pouvait tout juste tourner légèrement la tête.

- Ils vont gagner ! s’exclama à voix basse Karui.
- Tu sais bien qu’avec Bee rien n’est simple. Par exemple il pourrait…
- On ferait mieux d’observer le coupa Karui pour éviter un long exposé d’Omoi.

Jinta et Isao fondirent sur Bee, le sourire aux lèvres :

- Figé comme vous l’êtes nous allons vous désarmer et vous mettre hors combat en trois secondes !

Les deux jeunes s’élançaient avec une jolie victoire à l’esprit. Notre première ! pensa Isao. Ils relâchèrent donc leur attention et réagirent trop tardivement quand le sol se fissura devant eux et que les tentacules de Bee apparurent. Jinta et Isao furent ainsi cueillis et empêchés de bouger par cette ruse de l’abeille tueuse qui eut ainsi tout le temps nécessaire pour briser le sceau dont il avait été victime.

- Vous avez triché Bee-sama vous aviez dit que vous n’utiliseriez pas les pouvoirs d’Hachibi ! s’emporta Isao.
- Je l’ai dit ? Je ne sais plus. Tout ce que j’sais c’est que vous avez perdu !

Bee les relâcha délicatement. Karui et Omoi profitèrent de cet arrêt pour rejoindre le groupe de trois pour transmettre le message de Mabui. Bee les empoigna tous les deux et les montra en exemple à Isao et Jinta :

- Si vous travaillez dur vous arriverez à être comme eux c’est sûr !
- Être un type qui fait des théories bizarres sur ce qui peut se passer ? demanda Jinta.
- Être colérique et coller des pains à ceux qui m’entourent ? questionna Isao.

Omoi et Karui se reculèrent de surprise.

- Hey j’suis pas comme ça ! pesta Karui qui commençait à montrer le poing.
- Pour ma part je pense que réfléchir à ce qui peut se passer est un bon…
- C’est bon on a compris Omoi, pas besoin d’une de tes divagations pour confirmer son propos.
- Mais je…

Les deux élèves de Bee éclatèrent de rire.

- Nous voulions vous taquiner, ne le prenez pas mal s’il-vous-plaît. Nous savons à quel point vous êtes forts commença Isao.
- Et notre but est d’atteindre votre niveau conclut Jinta.
- Alors vous avez encore du boulot ! s’exclama Karui.

L’échange se poursuivait et allait déboucher sur un petit affrontement Karui-Omoi contre Isao et Jinta quand Omoi se rappela du motif de leur visite et décida de reporter le combat :

- Le Raikage souhaite vous voir tous les trois donc pour le combat il faudra....

Il ne poursuivit pas en voyant la moue sur les visages des trois concernés.

- Mon frère veut nous parler alors que nous sommes bien occupés. On ne peut pas faire ça plus tard car là c’est vraiment rasoir !
- Il a récupéré son bras gauche Bee-sama.

La nouvelle annoncée par Karui arrêta Bee. Il semblait avoir du mal à y croire.

- Mon frère a récupéré son bras fétiche ? Mais quelle affiche !
- C’est le Seigneur du Pays des Neiges qui…
- Oh.

- C’est celui qui a ordonné la mort de la mère de Yugito et des autres ninjas qui étaient partis au pays des Neiges non ?
- Tout à fait Hachibi ! T’as pas une mémoire de chauve-souris !
- On dit une mémoire de poisson rouge mais passons. C’est curieux comme geste.
- Je ne te le fais pas dire ; mais c’est une nouvelle qui me fait plaisir !
- On verra si tu penseras la même chose quand tu recevras ses crocs de fer…


- On devrait se mettre en route. Maître Raikage n’aime pas attendre leur signifia Omoi.
- Alors l’entraînement est fini. Isao et Jinta demain on reprend la partie !
- D’accord Bee-sama.

Les doigts du Raikage avaient tellement tapoté le bureau en attendant que l’on pouvait voir des creux apparaître. Il n’avait jamais aimé attendre aussi l’accueil que reçurent Bee, Isao et Jinta fut assez explosif :

- Vous êtres en retard !
- Désolé frérot mais aujourd’hui on a fait du bon boulot !
- Vous avez donc bien récupérer votre bras ! s’exclama Isao.
- En effet.

Les paris vont reprendre pensa Jinta. Je vais peut-être pouvoir enfin me payer ce katana dont j’ai tellement envie…

- Pourquoi souris-tu ? lui demanda le Raikage.
- Pour rien, la vue de ce bras me fait plaisir, tout simplement.
- Entrons dans le vif du sujet déclara le Raikage en se levant. Nous allons récupérer Nibi. Il nous faut donc un réceptacle.

Les deux jeunes se regardèrent. Si le Raikage leur disait cela à eux alors c’est qu’ils devaient être concernés par le sujet.

- Bee vous entraîne et vous êtes nos deux jeunes éléments prometteurs. Le choix se fera donc entre vous deux sauf si cela vous pose un problème. Bee qu’en penses-tu ?
- Les deux sont des bons frérot ! Choisir ça va être chaud ! L’une est plate comme Karui et forte comme Darui ! L’autre ne rape pas mais peut-être aussi dangereux que Zabuza !

Isao regarda sa poitrine et trouva le jugement de Bee sévère. Jinta fit la moue car il ne se trouvait aucun point commun avec le démon Zabuza, un déserteur de Kiri qui plus est.

Ae soupira :

- Les rimes ne permettent pas de rendre un jugement compréhensible…
- Pourtant l’essentiel est là : ces deux jeunes c’est comme toi et moi !

Comme toi et moi Bee, vraiment ? Si c’est le cas alors quel que soit le réceptacle il aura quelqu’un à ses côtés qui pourra remplir le trou dans son cœur pour devenir un aussi bon réceptacle que tu ne l’es.

- Je pense qu’Isao fera un bon réceptacle.

La prise de parole de Jinta surprit les trois autres personnes. Jinta se retirait donc de lui-même de l’équation pour ne plus laisser qu’Isao. Ce choix étonnait et les questions fusèrent rapidement :

- Si tu crains d’être mis en compétition avec Isao et que cela altère vos rapports…
- Non maître Raikage ce n’est pas ça.
- Alors pourquoi dis-tu cela ? As-tu peur pour elle ou pour toi ? demanda Bee.
- Il n’aime pas trop les chats donc avoir le deux queues lui aurait peut-être provoqué une allergie déclara Isao, en souriant.
- Ma décision est irrévocable trancha Jinta. Isao est tout à fait qualifiée pour cela si elle le désire.

Ae se tourna vers elle :

- Tu connais les dangers que cela comporte, qu’il faudra te former et...
- J’accepte de devenir un réceptacle Raikage-sama, c’est une grande marque de confiance et je suis sûr qu’avec Bee-sama pour m’encadrer, tout se passera bien.
- Soit. Tu ne veux pas nous donner les raisons de ton refus Jinta ?

Ce dernier regarda le Raikage avant de se tourner vers Bee et Isao.

- Oui car une fois devenue réceptacle je vais être bien plus forte que toi Jinta ! Il va falloir t’accrocher.

Jinta sourit et répondit :

- Un réceptacle a toujours besoin d’un protecteur. Je deviendrai Raikage pour veiller sur toi.
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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Sam 06 Juil 2013, 11:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 46 : Une excellente nouvelle


L’étau se resserrait autour des Ailes. Les grandes nations menaient une traque impitoyable et bon nombre des soldats de bas niveau de l’organisation étaient tombés au cours d’embuscades. Cela compliquait les missions de ravitaillements et le Jiyûhane venait de recevoir une correction non loin de Kiri.

Cependant, il n’y avait pas de quoi perturber véritablement Goro. Les pertes ne concernaient que des ninjas de seconde zone, sa garde personnelle était quasiment intacte. Qui plus est, avec Orochimaru à ses côtés il nourrissait l’objectif d’une vaste armée de corps Edo Tensei, ce qui inquiétait un peu plus encore certains membres de son conseil. L’arrivée d’Orochimaru avait décuplé l’appétit de Goro qui n’avait pas bronché lors du meurtre de Tomao. Les protestations de Kaoru n’avaient trouvé aucun écho. « C’est une triste fin pour lui mais il n’avait qu’à tenir sa langue » avait seulement constaté le chef des Ailes.

Orochimaru, justement, devait revenir sous peu de la frontière entre Iwa et le Pays des Neiges, où le corps de Murasaki était supposé se trouver. La suspicion était importante envers Masato et ce dernier aussi ce retour et ses conséquences immédiates revêtaient une certaine importance. Depuis son retour, le fils de Shôkishi s’était vu confier des missions de bas niveau : entraînement des ninjas, évaluer les stocks, renforcer les défenses immédiates… Tout était mis en place pour qu’il ne s’éloigne pas et il était souvent flanqué de Gin ou des épéistes, afin de surveiller ses moindres faits et gestes.

« Mais à part ça tout est censé aller pour le mieux et Goro ne doute pas de nous » glissait Masato à Shinsuke tandis qu’ils s’entraînaient seuls. Le jeune garçon souriait et redoublait d’acharnement. « Si vous voulez je peux vous débarrasser de cette surveillance en un clin d’œil ! » lui répondait Shinsuke. Masato lui rendait son sourire et profitait de ce moment de flottement pour prendre à revers la garde de Shinsuke, qui n’en était que plus furieux de s’être déconcentré.

« Voici Orochimaru ! » s’écria Tetsuo tandis qu’il s’entraînait en compagnie de Joïchiro, Masato et Shinsuke. Il a pris son temps ! pensa Joïchiro. Il aurait pu être là il y a au moins deux jours. Mais peut-être qu’il voulait chauffer ses écailles au soleil avant de revenir.

Accompagné de trois médecins de Goro ainsi que de trois membres de la garde personnelle de Goro le Sannin salua Masato et les trois autres personnes avant de pénétrer dans la demeure des Ailes. Bien qu’en apparence imperturbable, Masato avait quelques interrogations en tête. Même si Kabuto a fait du bon travail pour maquiller le corps, Orochimaru peut me trahir. Quoi qu’il dise, Goro semble approuver. Est-ce que les avertissements de Père sauront tempérer les ardeurs du serpent ou bien il a encore du venin à cracher ?

Le retour du Sannin fut l’occasion de réunir immédiatement le conseil du Jiyûhane. Il y avait déjà eu des demandes en ce sens, mais Goro avait refusé : « Nous nous réunirons quand Orochimaru sera revenu. A ce que je sache nous ne sommes pas cernés. » Personne n’avait osé insister.

Aussi c’est avec une certaine impatience et une forme de soulagement que le Conseil se réunit. Enfin un bilan pourrait être fait et des décisions d’importance être adoptées. Haruya ouvrit, comme souvent, le conseil :

- Les derniers événements ne nous sont pas favorables commença-t-il. A Kiri, la leçon a été sévère. Moins que lors de la fausse attaque mais la majeure partie des hommes ont été éliminés.
- A leur décharge, nous ne nous attendions pas à ce que les épéistes soient si faibles lança Joïchiro.

Ces paroles sonnèrent comme un affront aux oreilles de Suigetsu.

- J’avais entendu dire que le clan Kaguya avait un certain niveau. Après vous avoir vu, je comprends mieux pourquoi Kimimaro était le seul survivant de votre clan…

Une phalange perforante traversa le crâne de Suigetsu, qui explosa en une flaque d’eau, avant de se recomposer. De sa main droite il forma le pistolet à eau si redouté du clan Hôzuki.

- Tu crois vraiment qu’avec une goutte d’eau tu vas me faire mal ?
- Cela vaut la peine d’essayer.
- Joïchiro, ce n’est pas bien d’être si agressif envers Suigetsu déclara Orochimaru d’un ton doucereux. Cela pourrait vous mettre en danger.
- Ce n’est pas demain la veille qu’il me découpera avec son morceau d’acier. Et je persiste : il n’a pas la carrure pour diriger son groupe. ‘Y’a qu’à voir le fiasco avec les ninjas de Konoha.
- Ce n’est pas sur mes mains qu’il a du sang d’enfants…
- Joïchiro n’est pas le seul dans ce cas prolongea Shiori d’un ton vénéneux et en pointant ses yeux sur Masato.

Et d’autres à cette table ont du sang d’un des nôtres pensa Kaoru en dirigeant son regard sur Orochimaru. Tu peux te passer la langue sur les lèvres autant que tu le souhaites, un jour ou l’autre je te ferai la peau et je l’afficherai sur un des murs de cette salle.

Suigetsu profita de ce petit écart par rapport aux objectifs de ce conseil pour se reconcentrer et retrouver son calme. Joïchiro tu n’as pas voulu que nous parlions du guerrier noir à Goro. Cela risquait de nous exposer inutilement avais-tu dit mais ne voulais-tu pas plutôt dissimuler un possible lien entre le guerrier noir et Masato ? Ou alors tu es un homme du guerrier noir ? Ce petit secret pourrait bien atterrir dans l’oreille de Goro si tu continues à mettre en doute ma place.

Goro en avait visiblement assez entendu et fit signe d’arrêter de parler.

- Cet assaut sur Kiri devait vous permettre, au minimum, de mettre la main sur une des épées qui vous manque. Hiramekarei je crois. Pourquoi ne l’avez-vous pas prise ?
- Choujuurou devait avoir les dents plus pointues que Suigetsu et cela lui a fait peur déclara Kaoru, méprisant.
- Ce petit gars était redoutable. Sur ce point on ne peut pas en vouloir aux épéistes. Son machin quand il le libère il fait des dégâts.

Cette intervention de Joïchiro surprit Suigetsu. Peur que je ne parle à Goro ou bien tu estimes vraiment que l’épéiste de Kiri est bon ?

- Il sera encore moins aisé de s’emparer de Samehada. Peut-être faut-il attendre que vous et vos épéistes ayez progressé avança Goro.
- Avec un meilleur soutien nous aurions réussi. N’envoyer que Joïchiro avec nous c’était un peu mince, même s’il a pu enfoncer les défenses de l’ennemi.

Haruya fit la moue en entendant cette dernière phrase. Elle visait Goro trop directement. D’un regard celui-ci fixa Suigetsu et de petits éclairs de Ranton commencèrent à apparaître.

- Et sinon Orochimaru-sama, comment s’est passé votre expédition ? demanda Tetsuo pour changer de sujet.

Les éclairs disparurent et le regard de Goro, après s’être attardé un instant supplémentaire sur Suigetsu se dirigea vers Orochimaru.

Le Sannin regarda Masato, un mince sourire sur le visage, avant de se tourner vers Goro. Si tu veux me faire payer pour la défaite reçue c’est le moment idéal.

- Le corps était bien à l’endroit indiqué commença le Sannin. Mais, vous nous avez menti Masato.

Ce dernier ne bougea pas. Les regards venaient de se braquer sur lui et ne le lâchaient pas. Le moindre mouvement pouvait être interprété comme le signe d’un malaise, d’une gêne et donc d’une culpabilité qui signifierait en une fraction de seconde sa condamnation à mort. Ou bien il serait torturé. Ce qui revient à peu près au même vu les méthodes employées conclut Masato.

- Pourrait-on en savoir plus sur les conditions de ce mensonge ? avança Kaoru. Dire que c’est à cause de lui que Tomao est mort. Je me ferai une joie de t’exécuter toi aussi.

Par sa question Kaoru avait devancé Shiori qui dissimulait relativement bien son impatience d’en savoir plus. Ses yeux s’étaient réveillés en entendant le mot « mensonge ». Goro restait impassible. Pour le moment. Il fit signe à Orochimaru de poursuivre.

- Vous nous avez dit avoir tué Murasaki en lui portant un coup derrière la nuque, vers la 5ème vertèbre.

Masato acquiesça. Et tu vas nous apprendre qu’il ne s’agit pas de Murasaki ?

- En fait le coup porté a atteint la 4ème et légèrement la 5ème.

Le visage de Shiori passa d’un extrême à l’autre. Joïchiro retint un sourire quand Tetsuo était visiblement soulagé. Si c’est cela alors Masato ne craint rien. Pour l’instant.

- C’est tout ? demanda Shiori.
- L’état de décomposition du cadavre correspond à l’horaire donné et il était bien à l’endroit indiqué.
- Vous parlez de mensonge pour ça ? Vous n’avez rien trouvé de plus fondamental ? s’impatienta la femme rouge.
- La précision importe. Pour le reste, d’après les éléments fournis par votre chef, il s’agit bien du corps de Murasaki. Si mon avis ne vous satisfait pas vous pouvez demander aux autres personnes qui…
- Shiori ne remettait pas en question vos compétences intervint Goro. Comme vous avez parlé de mensonge elle s’attendait à quelque chose de plus… important. Et moi aussi.

Le regard de Goro sembla trahir une pointe de colère. La première depuis l’intégration du Sannin dans le Jiyûhane. Il y a un début à tout pensa Tetsuo. Se pourrait-il que le petit jeu d’Orochimaru commence à l’agacer ? s’interrogea Masato.

C’est bien joli mais cela ne nous fait pas avancer constata Haruya. Il est temps d’entrer dans le cœur du sujet.

- Les récentes déconvenues illustrent une certaine faiblesse peut-être par manque de main d’œuvre.
- Bah faut dire que certains sont assignés à résidence appuya Joïchiro.
- Et c’est regrettable ! s’exclama Tetsuo.

Voyant que les regards s’étaient portés sur lui il ne se décomposa pas comme il en avait l’habitude auparavant. Au contraire, il poursuivit :

- Masato a donné des gages. Il n’est pas un traître. Aussi il doit nous aider sur le terrain plutôt que de rester ici. Nous ne sommes pas en position de mettre sur la touche nos forces vives.
- Et si à la première occasion il filait ? interrogea Shiori.
- Je l’en empêcherai.
- Toi ? commença Suigetsu.
- Oui, moi.

Kubikiri Bôchô vint s’enfoncer dans le sol, à quelques centimètres de la jambe de Suigetsu. Tetsuo avait progressé dans sa maîtrise du Kinton. Et il voulait aider Masato même si un doute commençait à apparaître dans son cœur. Il y avait un peu de jalousie vis-à-vis de Shinsuke mais c’était surtout ses entretiens avec Shiori qui le perturbaient.

Elle avait voulu lui parler peu après le départ de Masato. D’abord réticent, Tetsuo avait fini par accepter.

- Vous voulez que je le haïsse comme vous ?
- Non, tu ne pourras jamais le haïr comme je le hais lui avait répondu Shiori, honnêtement.
- Alors que me voulez-vous ?
- Tetsuo tu es jeune et influençable. Et je pense qu’il en a profité.
- La plus profiteuse semble être vous.

Shiori avait laissé filer les piques verbales de Tetsuo pour lui expliquer le passé qui la liait à Masato. Qu’elle ne trouverait le repos qu’une fois ce dernier mort, pour venger sa sœur, son mari et ses enfants qui avaient tous été tués par la même personne. La description qu’elle lui fit de la scène le toucha profondément, même s’il essaya de le dissimuler du mieux qu’il le pouvait.

- Tout ceci est vrai ?
- C’est la pure vérité Tetsuo. Tu peux demander à Masato mais je doute que…
- Je lui ai déjà demandé. Il a avoué mais ne m’avait pas donné plus de détails.
- Tu comprends mieux pourquoi j’espère.

Ils avaient reparlé du sujet, mais de manière brève par la suite, Tetsuo finissant par tirer les conséquences de l’approche tentée par Shiro :

- Pourquoi me dire cela ? avait-il finit par lâcher.
- Il viendra un moment où tu devras faire un choix. Un moment où j’aurai besoin de toi. Je voulais donc te donner tous les éléments pour que tu fasses le bon choix.
- Vous me demandez, à terme, de trahir Masato ?
- De rendre la justice. Le clan Habaki n’oublie pas qui l’a aidé. Réfléchis et n’hésite pas à venir me trouver si tu as besoin d’en parler de nouveau.

Depuis le retour de Masato Tetsuo avait pris ses distances avec Shiori. Mais il continuait de s’interroger sur ce qu’il devait faire. Quelle voie suivre ? Est-ce que Masato finirait ou non par le laisser tomber ? Mais elle essaye peut-être de me manipuler donc je dois rester vigilant.

- Pour le moment les attaques des grandes nations n’ont touché que des hommes « d’en-dessous ». N’est-ce pas Haruya ?
- En effet Goro-sama. Il n’en va pas de même pour les jashinistes.

Goro fit un geste d’agacement.

- Qu’ont-ils encore fait ?
- On m’a informé, juste avant le conseil, que quatre membres de votre garde ont été éliminés hier. Avec les deux précédents cela porte le nombre à six.

La mine de Goro s’assombrit. Les partisans de Jashin avaient tenu parole : le Jiyûhane n’avait pas arrêté ses activités ; les jashinistes avaient donc continué à les harceler, attaquant des groupes voire pillant certains convois.

- Il faut régler ce problème trancha Goro. Et le plus vite possible. On ne peut pas encore affronter les grandes nations et les jashinistes de front.
- Oui, appuya Kaoru. Et les laisser continuer à nous défier n’est pas bon pour notre réputation.
- Et cela rassurerait les hommes. Jashin commence à faire peur dans leurs rangs intervint Haruya.
- Un chef qui n’arrive pas à protéger ses hommes n’est pas un chef glissa Orochimaru.

Si le mot avait été prononcé par une autre personne, une décharge de Ranton l’aurait jeté à terre. Et il aurait pu passer quelques heures à être torturé. Là, Goro répondit sans colère ni rancœur :

- Ce n’est pas faux. Il faudrait donc mettre des personnes sur leurs traces.

Goro passa sa main dans sa barbe.

- Ce serait l’occasion de remettre Masato dans le circuit.

Les yeux de Shiori s’écarquillèrent. Masato était également surpris par cette déclaration.

- C’est une idée admit Joïchiro.
- Qu’en pensez-vous Masato ?
- Je ferai ce que vous souhaitez Goro-sama.
- Mais si jamais il… commença Shiori.
- Avec Shisui cela devrait empêcher toute fuite.
- Le sharingan sait soumettre bien des volontés confirma Orochimaru.

Les échanges se poursuivirent et le conseil aboutit rapidement à la constitution de la formation suivante : Masato traquerait les jashinistes accompagné de Shisui, Tetsuo, Joïchiro et Gin que Goro ajouta de son propre chef. Masato suggéra que Shinsuke l’accompagnerait ce qui ne sembla pas perturber Goro.

Shiori proposa de se joindre à cette équipe mais elle essuya un refus : « Ils sont assez nombreux comme ça. Je sais que la parité homme-femme n’est pas respectée mais il n’est pas nécessaire que vous participiez à cette mission » lui répondit Goro.

Elle sortit furieuse de la réunion. Peu à peu Masato risque de retrouver les bonnes grâces de Goro. Qu’en sera-t-il de l’accord avec mon père ? Haneki, qui l’attendait dehors et l’accompagna jusqu’à ses appartements nota immédiatement sa mauvaise humeur :

- Cette réunion s’est donc mal passée ?

Shiori lui exposa en détails le déroulement de la séance. Haneki grimaça en même temps qu’il ne parvenait pas à s’empêcher de sourire.

- Vous voulez rappeler à Goro les engagements le liant à votre père ?
- Ce serait un faux pas. N’oublions pas que Suna n’est pas tombé.

Haneki approuva. L’échec était difficile à encaisser pour lui aussi. Il était hors de question de risquer nos vies davantage. Goro ne le mérite pas. Et puis…

- Il va falloir renforcer notre emprise sur Tetsuo. Et peut-être approcher plus directement Orochimaru.
- C’est une bonne idée Shiori-sama. Toutefois, peut-être est-ce un peu précipité.
- Te faut-il plus de détails sur l’attitude de Goro ? Il…

Haneki tendit un papier à Shiori.

- Voici peut-être de quoi vous tranquilliser et vous faire retrouver le sourire.

Elle saisit le papier et le déplia. Elle le parcourut rapidement. Elle relut le document une seconde fois. Puis une troisième. Elle n’y croyait pas.

- Cela vient…
- De votre père. Il semble que Goro ait préféré ne pas vous en parler pour éviter toute « fuite ».
- Trop aimable à lui répondit Shiori, piquée.

Le doute effleura quand même son esprit. C’est trop beau pour être vrai. Une telle démarche, à cette période. C’est insensé et… inespéré. Un don du ciel !

- L’information est sûre ? Goro se méfie et il ne serait pas impossible que ce soit un piège de plus. Il n’a envoyé personne pour nous aider à Suna. Et puis croire que…
- C’est un risque mais votre père ne veut pas laisser passer une telle occasion. Un coup tordu de Goro impliquerait une réaction du clan Habaki et en ce moment...
- Les jashinistes, les Anotsu, les Habaki… cela ferait beaucoup contre lui.
- En effet Shiori-sama. Le refus que vous avez essuyé peut donc se comprendre.

Elle approuva, d’un signe de tête. Voilà qui pourrait bien inverser le cours des événements. Le clan Habaki revient dans la partie.

- Il faudrait des nouvelles de ce genre plus souvent avança Haneki.
- On dirait que le vent commence à tourner en notre faveur sourit Shiori.

Par la fenêtre elle regardait la cour, où Masato et Shinsuke s’entraînaient. Profite bien de ces derniers instants de répit. L’enfer t’attend.
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Mat
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MessagePosté le: Jeu 11 Juil 2013, 12:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 47 : Plus on est de fous plus on crie


Ils étaient sept. Les leaders des clans Uchiha et Uzumaki que Sasuke avait amenés n’avaient pas souhaité participer à cette réunion, préférant superviser l’installation de leurs clans dans l’ancien quartier des Uchiha. « Tu défendras nos intérêts mieux que nous, Sasuke. Tu connais ces personnes. Nous nous entretiendrons avec les autorités de ce village plus tard. D’abord il nous faut nous installer et rénover ces bâtiments laissés à l’abandon. »

Sasuke ne discuta pas leur décision. Il n’avait aucune envie de les forcer. Le frère d’Itachi se retrouvait ainsi dans une vaste salle du bâtiment de l’Hokage, entouré des deux Hokages, de Shikaku, de Mayu Shimura et des deux conseillers. La participation des nouveaux venus à la capture des deux jashinistes avait déjà marqué de manière positive leur arrivée. Naruto mourrait d’envie de les rencontrer et de leur parler, lui qui avait assisté à un accueil des plus formels.

- Sasuke je suis si heureux que tu sois de retour parmi nous !

La parole du Hokage était sincère et Sasuke ne put retenir un sourire en entendant le propos de son ami. « Je crois que tout le monde ne partage pas ton avis, Naruto. »

Mayu Shimura s’empressa de confirmer le propos de Sasuke :

- Sans l’arrivée de ces personnes, la Racine aurait pu arrêter les quatre jashinistes. Les deux personnes capturées étaient les plus faibles et, par conséquent, les moins intéressantes pour Konoha.
- Les quatre fuyards avaient dépassé Konoha depuis un moment quand ils sont entrés en contact avec Sasuke et son groupe nota Shikaku. Pourquoi ne pas être intervenu plus tôt ?
- Nous voulions voir si les jashinistes ne bénéficiaient pas d’appuis à Konoha. Si c’était le cas ils devaient recevoir de l’aide rapidement après leur sortie du village.
- Vous n’attendiez pas plutôt qu’ils entrent en contact avec Sasuke et blessent voire éliminent certains membres de son groupe ?

La question jeta un froid dans la salle. Les deux conseillers, notamment, se sentaient plutôt mal à l’aise. Mais l’interrogation ne fit nullement dévier le chef de la Racine :

- Cette question est mal formulée Tsunade-hime. Nous voulions voir si une interaction entre eux pouvait avoir lieu. Parmi ce groupe il pouvait y avoir des éléments de mèche avec Jashin.

Naruto bondit de sa chaise, hors de lui :

- C’est donc sciemment que vous n’avez rien fait !
- Les traîtres sont parfois plus proches de nous qu’on ne le pense glissa Mayu. Pour le savoir il faut parfois agir de manière un peu téméraire. Je ne croyais pas que cela vous déplairait.
- Recommencez un coup comme celui-ci et je vous assure que la Racine sera enterrée pour de bon.
- Pas de précipitations Hokage-sama intervint Koharu. Dans le fond, la Racine voulait évaluer le niveau de ces nouvelles personnes. Si elles se faisaient battre par des fuyards affaiblis, elles ne représenteraient pas un grand apport pour Konoha.
- Et s’ils se révélaient puissants, cela ferait un bon motif pour les soupçonner. Dans les deux cas la situation ne semble pas leur être favorable.

La remarque de Shikaku laissa Koharu sans réponse. Il fallait qu’il soit de la partie celui-là ! Tu commences à prendre trop d’importance Shikaku, tu es trop intelligent.

- Et vous n’avez même pas prévenu Saï de votre intervention ?
- Navré Naruto-sama mais j’ai oublié. Dans le feu de l’action je perds parfois le sens des priorités.

La légère pointe d’insolence dans la voix de Mayu fut la goutte de trop pour Naruto qui, en un éclair, le plaqua contre le mur d’en face, un kunaï sous la gorge.

- Hokage-sama ! s’exclama Homura. Que faites-vous donc ?
- Ce type n’est pas net et ne respecte pas notre accord. C’est peut-être bien vous le traître ici.
- Naruto-sama vous perdez votre sang froid.
- Et vous Mayu vous allez perdre votre sang.

- Naruto, relâche-le. Tu sens ces chakras à proximité ? Ce doit être des hommes à lui. Et puis si tu le tues cela te vaudrait bien des ennuis. Même l’emprisonnement !
- Je m’en fiche Kurama, ce type ne vaut pas mieux que son père et…
- C’est comme ça que tu comptes accueillir Sasuke et les nouveaux venus ? En te faisant enfermer ? C’est ton titre de Hokage qui est en jeu là !


- Naruto ça suffit ! lui intima Tsunade.

La remarque de Kyûbi était juste. Naruto relâcha Mayu et retourna s’asseoir.

- L’incident est clos. Nous pouvons reprendre lâcha Naruto.
- Comment vous sentez-vous ? demanda Koharu à Mayu.
- Il me faudra peut-être un arrêt de travail répondit-il avant de poursuivre, d’un ton encore plus acide, mais ce sont les risques lorsque l’on a affaire à un Hokage inexpérimenté.
- Vous mettez en doute la légitimité de Naruto ?
- Non Shikaku, ce n’était pas mon intention.
- Alors retirez votre phrase si vous ne voulez pas que je vous fasse traverser la fenêtre.

Vu le regard de Tsunade Mayu obtempéra et s’excusa auprès de Naruto. La discussion reprit dans une ambiance un peu moins tendue.

- Ils n’ont donc pas voulu venir ?
- Oui Tsunade-sama commença Sasuke. Les deux clans souhaitent disposer rapidement de leurs logements. Comme l’ancien quartier de mon clan a été laissé à l’abandon ils ont du travail et ont préféré se mettre immédiatement à la tâche.
- Et qui les a autorisés à…
- Nous coupa Tsunade en se désignant ainsi que Naruto. Ces personnes sont venues de très loin et auront beaucoup de choses à nous apprendre. Elles ont décliné notre offre d’hébergement temporaire – le temps que le quartier soit remis à neuf –, pour s’en occuper.

Koharu n’appréciait pas de ne pas avoir été consultée mais elle n’en dit pas davantage.

- Vouloir s’en occuper eux-mêmes cela mériterait d’être surveillé. Le quartier des Uchiha abrite des secrets et…
- Aucun qui ne menace Konoha Homura-sama répliqua Sasuke. Et ils comptent bien faire appel aux artisans du village pour les aider.
- Et au-delà de la remise en état, à quelles fonctions seront-ils affectés ? questionna Koharu. S’ils n’ont que des informations à donner ils ne devraient pas rester longtemps or leur installation suggère le contraire. Konoha n’a pas à entretenir des personnes oisives.
- Ils sont de très bons ninjas… intervint Sasuke.
- C’est à nous d’en juger, avec nos critères… répliqua la conseillère.
- Et ils sont prêts à donner tous les gages de bonne volonté. Ils occupaient différentes fonctions auparavant et pourront être très utiles au village poursuivit le jeune Uchiha.
- Leur présence ici est un grand atout abonda Tsunade.

Les deux conseillers n’en étaient visiblement pas convaincus. Mais leur influence s’était quelque peu réduite depuis leur premier différend avec Naruto. La dynamique était clairement du côté du Hokage, héros de la dernière guerre et reconnu par tous, plutôt que du côté de deux conseillers qui n’avaient pas démérité en tant que ninjas mais dont les liens avec Danzô et l’influence sur le troisième Hokage suscitaient de temps à autre des commentaires peu élogieux.

- Ils sont partis depuis longtemps. Que savent-ils de l’histoire de leur clan ?
- La mémoire est quelque chose d’important à leurs yeux Homura-sama. Ils connaissent très bien l’histoire de leur clan respectif, leurs liens avec le Sage. Je leur ai expliqué ce qui s’est passé récemment et…
- On peut donc douter de leur impartialité intervint Mayu.
- Laissez Sasuke continuer !

Le fils de Danzô se tut suite à la remarque de Naruto. Il est si rapide qu’il pourrait bien me toucher avant que mes hommes ne puissent intervenir.

- Ils connaissent donc bien l’histoire de leur clan. S’ils sont partis c’est parce qu’ils ne partageaient pas les vues de leurs chefs. Plutôt que de faire la guerre aux Senju une partie des Uchiha est parti. Et une partie des Uzumaki a préféré quitter le Pays des Tourbillons car ils pressentaient un danger.
- Des lâches et des voyants quel apport pour Konoha ! tonna Mayu.

Sans laisser le temps à quiconque de le couper, il ajouta :

- Vous donnez un quartier à des étrangers et les laissez entrer sans aucune mesure de sécurité ?
- Des Anbu patrouillent pour s’assurer que tout se passe bien.
- Je confirme le propos de Shikaku déclara Sasuke.

Le jeune Uchiha prit un certain plaisir à voir Mayu manifestement embarrassé. Il n’était pas le seul à cette table.

- J’espère que la surveillance sera constante et que ce sont des personnes de valeur qui ont été affectées.
- Je peux vous le garantir répondit Tsunade avec un sourire satisfait.
- Il reste un problème.
- Lequel ?
- L’emblème des Uchiha reste présent sur l’immeuble de la police, vu le nombre de Uchiha présents, mieux vaudrait le retirer pour ne pas leur donner de mauvaises idées.

La provocation ne laissa pas Sasuke insensible. Il serra le poing tandis que son regard croisait celui du chef de la Racine. « Vouloir entrer dans la police de Konoha est une mauvaise idée pour les Uchiha ? » Sasuke était à la limite d’activer ses sharingans.

- La discrimination ne permet jamais la paix observa Shikaku qui tenta d’apaiser les esprits.
- La police de Konoha n’a plus besoin des Uchiha.
- Elle s’est organisée sans eux corrigea Shikaku. Rien n’interdit aux membres ayant les capacités et les qualités requises de l’intégrer.
- Pour qu’un nouveau coup d’état soit tenté ?
- Je vous croyais moins pessimiste que cela Mayu lança Tsunade.

L’échange de regards entre les deux individus ne contenait pas la moindre trace de cordialité. Mamie Tsunade me dit de me calmer mais à la voir elle est à deux doigts d’en coller une à Mayu. C’est pas juste ! pensa Naruto.

- C’est sans doute parce que je n’ai pas reçu l’enseignement du 3ème Hokage. Aimer la paix au point de vouloir toujours privilégier le dialogue, voilà qui a failli conduire Konoha dans le gouffre.

Le 5ème Hokage se retint de ne pas faire voler la table en éclats. Il commence à parler comme son père. Le signe qu’il arrive au bout de ses arguments ? pensa la Godaime.

- Nous trouverons bien de quoi les occuper intervint Koharu. Pour peu que des hommes de Konoha les observent, tout devrait se passer pour le mieux.
- Une fois encore les Uchiha doivent être surveillés ?

Sasuke était visiblement las de ce soupçon permanent. Tant que ces deux-là seront présents il y aura toujours une menace qui planera. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de venir ici.

- On dit parfois que l’histoire se répète intervint Homura. Autant prendre quelques précautions.
- Une telle démarche ne leur donnera pas envie de nous aider ni de nous révéler ce qu'ils savent sur l’ennemi situé par-delà les mers analysa calmement Shikaku. Ils ont fait un grand geste en venant vers nous, cela mérite que nous en fassions également un.
- Si cela ne leur convient pas, ils peuvent toujours repartir. A ce que je sache, Konoha est resté une grande nation, même sans les Uchiha plaça Mayu d’un ton sec.
- Je suis de l’avis de Shikaku. Nous n’avons rien contre eux déclara Naruto.

Il se leva de sa chaise, les deux mains appuyées sur la table :

- Une guerre est proche, nous avons des ennemis à combattre. Ce n’est pas le moment de voir le mal chez toute personne qui souhaite nous aider.
- Vu le passé de certaines de ces personnes la prudence est la meilleure alliée glissa Mayu en regardant Sasuke.
- Votre père… commença le jeune Uchiha.
- A toujours voulu le meilleur pour Konoha poursuivit Koharu.
- Même si ses méthodes étaient parfois un peu rudes admit Homura.
- Eh bien souhaitons que Mayu ne poursuivent pas dans la voie de son père intervint Tsunade qui souhaitait recadrer le débat.
- Sinon il risquerait de connaître le même sort glissa Naruto à voix basse.
- Qu’avez-vous dit ? lui demanda Koharu.
- Que si le fils suivait la même voie que le père Konoha n’hésiterait pas à mettre un terme définitif à ses agissements.

- Bien joué gamin ! Comment dire la même chose mais avec des mots acceptables.
- Je progresse Kurama ne l’oublie pas !


Ni Mayu ni les conseillers ne répliquèrent à cette mise en garde. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. se persuada Mayu. La Racine surveillera ces étrangers et je ne manquerai pas de rapporter les moindres faits suspects.

- Sasuke, Konoha souhaite vraiment être le plus accueillant possible envers les membres des deux clans et toi-même.
- Je ne mets pas en doute la volonté des Hokages. Mais celle des conseillers et de la Racine.
- Fais-nous part de ce dont ils ont besoin.
- Et les informations en rapport avec l’ennemi ? questionna Homura.
- Chaque chose en son temps répondit posément Tsunade. Se précipiter est le meilleur moyen de ne rien obtenir et de les braquer. Personne à cette table ni dans le village ne souhaite cela je me trompe ?
- Si vous me permettez de me retirer débuta Mayu, la sécurité de Konoha est un travail permanent.

Son départ fut accepté. Naruto aurait même voulu l’accompagner personnellement jusqu’à la porte du bâtiment pour être sûr qu’il ne soit plus dans les parages mais il n’en fit rien. Mayu se retira sans un regard, pour personne. Il avait à peine fait quelques pas en dehors de la salle qu’Ibiki Morino, accompagné de deux de ses hommes, vint à sa rencontre.

- Vous venez me remercier pour la capture d’un des fuyards ?
- Non répliqua froidement Ibiki. Je viens à propos de leur fuite.
- Vous souhaitez que je vous donne des conseils pour renforcer votre sécurité ?

La question ne provoqua aucune réaction corporelle chez Ibiki. Sur le même ton que précédemment, il répondit :

- Non. Si les jashinistes ont pu s’enfuir c’est à cause d’un des hommes présents dans la pièce, qui est entré en contact avec celle qui maîtrisait le Bakuton.
- Vous voulez que la Racine enquête sur sa famille pour savoir s’il n’est pas en lien avec Jashin ?
- Arrêtez de noyer le poisson Mayu.

L’atmosphère semblait se tendre irrésistiblement dans ce couloir et les hommes d’Ibiki commençaient à se rapprocher de Mayu. Le chef des interrogatoires de Konoha poursuivit :

- Trois éléments émergent de ce que m’ont raconté les survivants et de l’autopsie de ce qu'il reste du corps du malheureux ninja : quand je désigne une personne, aucun de mes hommes n’est habilité à discuter mon ordre. Pourtant la personne qui est sortie de la cellule n’était pas celle que j’avais désignée ; d’autre part s’approcher d’un prisonnier et entrer en contact corporel avec lui est formellement interdit. Tous mes hommes savent cela.
- Cela ne fait que deux éléments constata Mayu.
- Le troisième est une conjecture : l’homme qui a désigné Oren n’a pas été retrouvé et celui qui a été éliminé par elle n’était pas membre de mon unité.
- Vous seriez infiltrés ? Ce serait assez ironique...
- Nous pensons à une infiltration de la part de la Racine prononça une voix derrière Mayu.

Le fils de Danzô se retourna. Shikaku était là, l’épaule droite appuyée contre le mur. Sur celui d’en face, adossé et lisant un livre se trouvait Kakashi Hatake.

- Je me disais bien qu’Ibiki n’avait pas pu arriver à une telle analyse seule. Deux cerveaux supplémentaires n’étaient pas de trop.

Le chef du service des interrogatoires ignora la saillie.

- Vous êtes donc bien impliqué dans cette histoire ? questionna Kakashi qui avait levé le nez de son livre.
- J’ai peur de devoir vous laisser messieurs.

Trois hommes masqués apparurent. Un chat, un chien et un oiseau. Trois hommes de la Racine qui tenaient à distance les hommes d’Ibiki.

- Si vous voulez bien nous laisser passer, la Racine a à faire.
- Pas question.

A peine sa phrase terminée, Shikaku utilisa la manipulation des ombres. Son ombre s’allongea et se divisa en une multitude de mains noires qui bloquèrent les mouvements des hommes de Mayu.

- A cette distance n’espérez même pas pouvoir bouger le petit doigt.

Kakashi avait rangé son livre et se trouvait derrière Mayu un kunaï placé au niveau de la gorge de ce dernier.

- C’est la deuxième fois que cela m’arrive aujourd’hui.
- Votre travail va devoir attendre que vous ayez répondu à nos questions.

Aucune trace de crainte ne se lisait sur le visage de Mayu. Il regarda Shikaku droit dans les yeux et déclara, à l’adresse de ses trois interlocuteurs :

- J’ai une idée qui pourrait nous être profitable à tous. Pour cela j’aimerais m’entretenir avec l’individu masculin que nous avons remis à Ibiki.
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MessagePosté le: Mer 17 Juil 2013, 12:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 48 : L’équipe de choc


Le groupe de jashinistes n’avaient pas fait long feu. De la trentaine de personnes qui avait croisé Tetsuo, Gin, Joïchiro, Shisui, Shinsuke et Masato ne restait plus qu’une dizaine, plus ou moins amochées. Ces survivants avaient détalés en voyant les autres se faire éliminer en quelques minutes. Gin tenait le dernier jashiniste encore en vie et entre les mains des hommes du Jiyûhane.

- Ces ninjas-là sont décevants. Pas de résistance, juste de la peur. Les vrais disciples de Jashin valent mieux que ça.
- Pose-lui des questions. C’est un domaine où ils peuvent être meilleurs que les vrais.
- Il n’en vaut pas la peine, Masato.

En un geste de Gin, la gorge de celui qu’il tenait fut tranchée. La tête de la personne semblait ne plus tenir, désormais, que par les os de la colonne vertébrale.

- Voyez, même en me retenant je le tranche jusqu’à ce niveau. Faible, faible.
- Tu devais lui poser des questions pas l’exécuter sommairement ! fulmina Tetsuo.
- Pas besoin de poser des questions. Les autres ont fui dans cette direction indiqua Gin du doigt. Il n’y a qu’à les suivre et les interroger.
- Nous n’avons pas le choix… En route ! intima Masato.

La présence de Gin mettait passablement mal à l’aise Tetsuo. Les autres l’étaient peut-être également mais ne le montraient pas. Le manipulateur du Kinton n’avait jamais adhéré à l’explication fourni par Gin de la mort des deux gardes de Goro. Soit il n’a rien fait soit il les a tués lui-même. J’en suis sûr !

Tetsuo était encore en train de penser à Gin quand ils arrivèrent dans un petit village. En vérité il s’agissait de moins de dix maisons situées dans une clairière. On entendait le bruit d’une rivière à proximité.

- Par là la voie est dégagée et il n’y a rien. J’pense pas qu’ils aient pu nous distancer beaucoup analysa Joïchiro. Cela veut donc dire qu’ils…
- … se cachent dans le village termina Masato.

Ce dernier fit signe à Shisui d’analyser les traces présentes sur le sol et dans les environs pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Shinsuke et Tetsuo allèrent interroger quelques personnes qui s’étaient éloignés en voyant les six arriver. Gin s’adossa au mur d’une habitation tandis que Joïchiro et Masato passaient en revue les habitations.

Tetsuo et Shinsuke revinrent rapidement vers Masato et Joïchiro :

- Alors Tetsuo ?
- Avec les manteaux des ailes ils sont tous au courant de notre appartenance. Ils disent qu’ils ne veulent pas d’ennuis.
- Ils ont donc vu des personnes passer ?
- Aucun n’a voulu répondre. Y’en a même un qui a fait mine de saisir une pioche pour nous menacer. Mal lui en a pris.

Shinsuke sourit. Il avait dégainé son épée et trancher en deux le manche de la pioche. « La prochaine fois c’est toi que je découpe si tu nous menaces. Compris ? » Le villageois n’avait pas demandé son reste et avait filé s’enfermer dans sa maison.

Masato se mordit la joue intérieure droite. Ils ne coopèreront pas. Nous allons devoir nous montrer insistants et leur mettre la pression pour qu’un craque et accepte de dire ce qu’il sait. Cela risque de nous exposer à une contre-attaque des jashinistes.

- Rien de surprenant à cela. Cette terre doit voir passer bien des jashinistes, j’en mettrai des mains à couper déclara Gin.
- Pas les tiennes ?
- C’est plus amusant de jouer avec celles des autres Joïchiro-sama.

Les yeux emplis de malice de Gin étaient la meilleure preuve qu’il avait déjà dû se livrer à un tel jeu macabre. Ce n’était pas pour les rassurer tant la malice de Gin semblait mauvaise. Avait-il été ajouté par Goro pour liquider certaines des personnes ici présentes ? La question traversait pas mal d’esprits en cet instant.

Shisui arriva à point nommé pour que la mission revienne au centre des préoccupations :

- Leurs traces s’arrêtent aux premières maisons. Ils n’ont pas pu les effacer complètement en si peu de temps. Ou alors ils ont des complices dans ce village.
- Dans les deux cas on ne nous dit pas la vérité affirma, glacial, Gin.
- Ces personnes sont autant terrifiées par les jashinistes que par nous-mêmes analysa Masato.
- Je pourrais les terrifier encore plus et ainsi les faire parler affirma Joïchiro.
- Un exemple ne sera pas suffisant, il en faudra plusieurs, et rapidement poursuivit Gin.

Masato réfléchit. Le temps joue contre nous. Interroger prendra trop de temps et reprendre la traque à zéro ne nous vaudra que des ennuis. Il sourit. Dans une telle situation mon père encerclerait les maisons et y mettraient le feu, pour faire sortir les jashinistes ou les faire brûler vifs.

- C’est une bonne idée, Masato.

Le fils de Shôkishi regarda Gin, interloqué. Il lit dans mes pensées ? Je n’ai pas parlé.

- A propos de quoi ?
- Votre solution pour trouver nos fuyards. Mettre le feu aux maisons est le moyen le plus rapide de les faire sortir. Et de donner une leçon à celles et ceux qui ne veulent pas parler.
- Comment avez-vous…
- Je lis cela dans vos yeux. Passer un tel regard sur les maisons pour évaluer leur constitution, etc. bien souvent c’est pour y mettre le feu.

Masato ne sut pas quoi dire. J’espère qu’il ne lit pas en moi comme dans un livre ouvert sinon je suis un homme mort. J’entends encore les remarques de père sur le fait que mon visage indique trop de choses et que je dois travailler cela…

Tetsuo fut le premier à réagir :

- Il y a des enfants et des femmes qui…
- T’es de quel côté Tetsuo ? On va finir par se poser des questions et croire que t’es un infiltré de la bonne conduite ! le tança Joïchiro.
- Et puis tu as tué des ninjas et des civils je me trompe ? En quoi cela est-il différent ? lui demanda Gin.
- Là il s’agit de les brûler et…
- Ce sera donc encore plus rapide et il n’y aura pas à se salir les mains. Vraiment, une très bonne idée Masato-sama.

Tetsuo regarda Masato droit dans les yeux, comme pour lui demander s’il comptait vraiment faire cela. Il n’avait pas le choix.

- Shisui, peux-tu utiliser une technique Katon et…
- Pas de problème.

Shisui exécuta des mudras et envoya une boule de feu sur une maison. Ses habitants commencèrent à sortir.

- Une par une c’est trop lent. Je vais accélérer le mouvement.

Gin réalisa des mudras et une bourrasque de vent amplifia le feu et le porta sur les autres bâtiments.

- Gin ce n’était pas la peine. Avec le Fûton le feu…
- Emportera tout le monde oui. C’est le prix à payer pour avoir refusé de coopérer. Soyez sûrs que Goro approuverait.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que des cris parviennent aux oreilles des six. Des cris de personnes qui brûlaient, essayaient de fuir la fournaise qui se développait. Le feu semblait dirigé par le vent et fermait toutes les issues possibles. Les personnes étaient piégées, qu’elles soient ou non dans leur maison.

Aux cris de douleurs et d’horreur s’ajoutèrent des lamentations, des personnes qui imploraient qu’on les sauve. Shinsuke n’était pas très emballé par le spectacle tandis que Tetsuo avait envie de regarder ailleurs.

- Ne détournez pas les yeux ! Ce serait de la faiblesse leur indiqua Joïchiro.
- N’oubliez pas que ce monde ne fait aucun cadeau et qu’il vaut mieux être dans notre position que la leur ajouta Gin.

Un message pour couper l’envie de trahir Goro ? pensa Masato. C’est pour cela que tu as été ajouté à notre groupe ?

Une femme parvint à s’extraire du déluge de flammes. Elle sortit, le corps en grande partie brûlé et se dirigea vers Gin.

- Mes enfants… vous les avez… tués… Vous…

La vie l’abandonnait et sa voix semblait s’évanouir en même temps qu’elle parlait. Mais ses yeux posaient sur Gin un regard haineux. Comme si elle allait se jeter sur lui et lui dévorer le visage. Elle tenta de se rapprocher mais une lame de vent horizontal lui perça le ventre et elle s’étala sur le sol, la vie quittant son corps.

- Je crois que cette femme avait rendez-vous avec la mort.

Le sourire malveillant de Gin suscita chez Tetsuo l’envie de lui demander en quoi devait-il tuer cette femme. Un craquement et une déferlante de Suiton attirèrent son attention. L’eau venait d’engloutir le feu et trempait les pieds des hommes de Goro. Deux personnes venaient d’apparaître. Un homme et une femme qui se tenaient devant ce qu’il restait des premières bâtisses à présent calcinés.

- Un petit feu et en voilà d’autres qui rappliquent observa Joïchiro. J’espère que vous êtes meilleurs que les avortons que…

Il n’eut pas le temps de terminer que la femme combla la distance qui les séparait et le frappa avec la pointe de ses doigts au cœur, à la gorge et aux artères fémorales. L’instant d’après elle était de retour auprès de l’homme. Le symbole de Jashin était tatoué sur la paume de sa main gauche.

Les ninjas des Ailes étaient surpris par la vitesse, la rapidité avec laquelle les coups avaient été portés. Voilà quelqu’un de plus amusant pensa Gin en l’observant.

- En un clin d’œil elle a… commença Tetsuo.
- Ouais elle est plutôt rapide la petite.

Joïchiro n’avait rien et était toujours sur pied. Ses os s’étaient durcis pour encaisser les coups.

- Vous êtes encore en vie parce que je ne me suis qu’échauffé.
- Tu ne manques pas d’aplomb gamine !

Les yeux noisette de cette femme d’une vingtaine d’années ne laissaient pas Joïchiro indifférent. Son visage marqué par un petit grain de beauté au niveau de la joue gauche et ses cheveux noirs mi-longs rendaient cette fille appétissante pour le survivant du clan Kaguya.

- Dans quelques années tu feras une conquête d’une nuit de choix.
- C’est un compliment ? D’ici là vous serez morts.
- Suffit, Nao.

L’homme qui se tenait à côté d’elle n’avait pas décroisé les bras depuis son arrivée. Les deux mots qu’il venait de lâcher mirent fin à l’échange. Il se tourna vers les quatre jashinistes toujours en vie et qui s’étaient réfugiés dans le village. Ce geste permit aux hommes de Goro d’apercevoir le symbole de Jashin tatoué au bas du cou, sur la droite.

- Tuez les blessés et rentrez.
- Bien Hajime-sama.

Il ne restait plus personne à éliminer. Aussi ils partirent sur le champ mais Shisui était déjà devant eux, pour leur barrer la route. Nao se posta devant les quatre jashinistes :

- Je m’occupe de lui.
- C’est ce qu’on va voir répondit Shisui.

Hajime n’avait toujours pas décroisé les bras ni ne regardait ce qui se passait dans son dos. Son regard était rivé sur les cinq personnes qui lui faisaient face. Et la colère semblait parcourir l’ensemble de son corps.

- Vous êtes ignobles.
- Un barbecue géant est toujours une bonne chose pour marquer les esprits débuta Gin. Et puis Jashin n’est pas particulièrement connu pour être un Dieu miséricordieux.
- Il ne le sera pas avec vous, je peux vous le garantir.

Un grondement se fit entendre. Gin essaya de trancher Hajime à distance mais sa lame de vent fut absorbée par une barrière d’eau. Barrière d’eau qui encaissa aussi les phalanges perforantes de Joïchiro. Hajime évita aussi les lames de métal que lui adressa Tetsuo et qui n’arrivèrent pas non plus à toucher Nao, très attentive à ce qui se passait du côté de son coéquipier, tout en évitant de croiser Shisui du regard.

- Anticipez mes mouvements en regardant mes jambes est astucieux, mais insuffisant pour espérer me battre.
- Je n’aurais pas à te battre. Tu vas devoir aller aider tes amis sous peu.
- Comment ?

Un nouveau grondement se fit entendre. Il était plus proche et plus fort que le précédent. Joïchiro se recula quelque peu et fit signe à Masato qu’il allait utiliser son sort de renaissance pour faire sortir de terre une créature dont il avait le secret. Il faudrait le couvrir le temps qu’il réussisse. Joïchiro n’eut pas le temps d’aller au bout de sa technique. Le grondement était identifié : un mur d’eau de plusieurs dizaines de mètres était sorti du lit de la rivière située à proximité du village. Hajime avait réussi à les occuper le temps que sa technique soit pleinement opérationnelle.

- J’espère que vous savez nager. Quoique, ce ne sera sans doute pas suffisant pour vous en sortir. Nao, on dégage de là !

Shinsuke tenait fermement son épée mais pensait qu’il lui serait difficile de trancher cette gigantesque vague en un coup. Tetsuo commença à rassembler du métal pour bâtir une digue. Mais les premiers éléments furent balayés par ce tsunami.

Gin penchait la tête sur la droite, comme pour estimer la hauteur de la vague qui allait s’abattre sur eux dans quelques instants.

- On va se mouiller prédit-il.

Masato relâcha le sceau de sa main gauche et serra le poing. Une vague en mouvement c’est autre chose que les murs de glace du Pays des Neiges. Il faut que j’essaye sinon nous allons mourir.

- Je vais tenter quelque chose.

Déjà une ombre noire les recouvrait et une bruine commençait à les tremper. Le plus dur était à venir. La vague était sur eux. Et elle les engloutit.
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MessagePosté le: Sam 20 Juil 2013, 12:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 49 : Premiers contacts


Le revoir mettait Sakura mal à l’aise. Néanmoins, elle n’avait pu refuser la demande de Tsunade : aller au quartier Uchiha et remettre à Sasuke un document à l’attention des leaders des deux clans. « En t’y rendant de ma part, cela te donne la meilleure justification possible pour voir Sasuke » avait glissé Tsunade, en souriant. Les joues de Sakura s’étaient légèrement empourprées et elle avait réussi à articuler un « Bien Tsunade-sama » qui masquait un remerciement sincère.

Comme elle avait dû se rendre immédiatement sur place, Sakura n'avait pas tergiversé pour savoir si elle devait porter une autre tenue que celle, habituelle, de ninja, si ses cheveux étaient bien coiffés... et autres éléments susceptibles de différer sa rencontre avec Sasuke. D’après ce que m’a dit Naruto, Sasuke n’a pas vraiment changé physiquement. Je ne pense pas qu’il m’ait oublié, bien qu’il soit parti depuis un moment. Peut-être que je pourrai lui demander s’il est libre… un de ces soirs.

Sur le chemin, Sakura croisa Ino qui lui adressa un sourire espiègle. Je sais où tu te rends ma petite Sakura. Et j’espère que ces retrouvailles se passeront bien.

Sasuke était bien présent dans l’ancien quartier de son clan. Il sortait de la maison de Fugaku et de Mikoto, où il s'était établi. Le quartier ressemblait à une véritable ruche, où l’activité battait son plein : des personnes manipulaient des planches, d’autres des marteaux et des clous, certains rabotaient des poutres, nettoyaient des sols et passaient des commandes que d’autres notaient avant de partir en ville pour les ramener.

Le village avait, dans l’ensemble, bien accueilli ces nouveaux venus : en plus de porter le même nom que le Hokage, le symbole des Uzumaki figuraient un peu partout à Konoha aussi le clan bénéficiait d’un a priori favorable. Les Uchiha n’étaient pas stigmatisés non plus, bénéficiant de rumeurs circulant depuis la fin de la guerre sur les dessous de l’affaire qui avait valu au clan d’être éliminé. Et leurs commandes de matériel, de nourriture étaient bonnes à prendre pour les commerçants et artisans du village.

Quoique la Racine demanda à tous de faire preuve de la plus grande vigilance à leur égard les villageois n’étaient ainsi pas méfiants et la police de Konoha affichait toujours le symbole des Uchiha. Son chef, Shibi Aburame, était d’ailleurs venu s’entretenir avec les Uchiha et les Uzumaki dès leur arrivée. « La Police de Konoha est à votre service et mettra tout en œuvre pour satisfaire vos demandes. » Son sang froid avait rassuré et rassurait beaucoup de monde à Konoha. Le chef du clan Aburame apparaissait comme l’homme de la situation tant la police avait besoin de personnes posées et réfléchies. Et la contribution des autres clans au bon fonctionnement de la police renforçait cette tendance.

L’ambiance était donc plutôt bonne lorsque Sakura interpella le fils de Mikoto :

- Bonjour Sasuke.

Elle accompagna son propos d’un petit geste de la main droite pour le saluer.

- Sakura...

Entendre son prénom lui rappelait leurs retrouvailles, au repaire d’Orochimaru – en compagnie de l’équipe Kakashi –, alors qu’elle avait empoigné Saï par le col, pensant qu’il allait les trahir de nouveau. Les choses étaient bien différentes aujourd’hui : Saï n’était pas là, trop occupé à servir de relais entre les Hokages et la Racine de Mayu Shimura ; Naruto aurait bien voulu venir mais en tant que Hokage il avait certaines obligations dont il ne pouvait se délester ; et Yamato n’était toujours pas remis de la mort d’Uzuki Yugao. Le survivant des expériences d’Orochimaru songeait, de temps à autre, à changer de vie. Kakashi, son senpaï, avait été chargé de le sonder en profondeur. Konoha ne pouvait pas vraiment se permettre de perdre son seul utilisateur du Mokuton.

Sakura pensait à cette nouvelle configuration de l’équipe Kakashi lorsqu’elle tendit un rouleau en direction de Sasuke :

- Tsunade-sama m’a chargé de te remettre ceci. Il s’adresse aux leaders des clans Uchiha et Uzumaki, suite à l’échange d’hier soir.
- Elle n’a pas perdu de temps. Ce sera fait.

Sasuke s’approcha de Sakura et saisit le rouleau en même temps qu’elle le lâchait. La coordination était parfaite. Elle ne put s’empêcher de sourire et, lorsque leurs regards se croisèrent, elle crut en apercevoir un sur le visage de Sasuke.

- Je suis contente que tu sois rentrée, Naruto est heureux et...
- Il me l’a dit lorsque nous nous sommes rencontrés. Dommage que tout le monde ne partage pas sa position. Enfin, c’est sans doute normal vu ce qui s’est passé par ici.

Sasuke fixa sa maison et son regard se durcit. Sakura ne comprenait que trop bien là où il voulait en venir et cela bloquait son envie de s’adresser ouvertement à celui qu’elle aimait.

- Malgré cela tu es revenu commença-t-elle. Vous serez d’une grande aide.
- Toujours utiles en temps de guerre. Mais après...
- Tu comptes repartir ?

Sakura était suffoquée. Alors que je le revois enfin il songe déjà à partir ? Est-ce moi qui provoque cette réaction de sa part ? Aurait-il mieux valu que j’évoque un autre sujet ? Souhaite-t-il déjà mettre un terme à notre échange ?

- Je ne sais pas. Rétablir le clan Uchiha n’est peut-être pas un projet viable. Mon frère ne souhaitait pas forcément cela et...
- Reste, s’il-te-plaît. Tu n'as pas voulu m'emmener ni la première ni la seconde fois alors si tu pars ce sera encore une fois sans moi.

La coéquipière de Sasuke se rapprocha et lui prit la main. Le jeune Uchiha était surpris mais il ne fit aucun mouvement pour se dégager. Il ne serra pas non plus la main de Sakura comme celle-ci l’avait, secrètement, espéré.

- Tu te souviens quand tu es parti de Konoha, ce que je t’ai dit à ce moment-là ?
- Je me souviens de ce que je t’ai répondu.

Le visage de Sakura se figea. La gifle – peut-être involontaire – qu’elle venait de recevoir n’était toutefois pas suffisante pour la faire reculer. « Sakura, t’es lourde », voilà ce que tu m’avais dit. Moi aussi je ne l’ai pas oublié. Quitte à l’entendre à nouveau autant faire en sorte de le mériter. Au moins je serai fixée une bonne fois pour toute.

- Je pense toujours ce que je t’ai confié. Tu es la personne que j’aime le plus au monde Sasuke. Rien n’a changé. Je t’aime.

En guise de réponse, ce fut le silence, comme s’ils avaient été coupés du reste du monde en cet instant. Sakura fit progresser ses mains au niveau du torse de Sasuke et s’appuya légèrement dessus. Il ne bougeait pas. Elle approcha alors ses lèvres des siennes. Encore un peu et le contact serait établi.

- Hey Sas’ke ‘y’a Azusa et Noboru qui veulent te voir. Rapport aux canalisations ou au temple Nakano, j’sais plus.

Sasuke se retourna. Cette voix... elle me dit quelque chose pensa immédiatement Sakura. Par-dessus l’épaule de Sasuke elle regarda la personne qui venait de parler et la reconnut dans l’instant : rousse, en train d’ajuster ses lunettes et la main gauche posée sur la hanche. Karin était là. Que fait-elle ici ? Elle a suivi Sasuke ? Depuis combien de temps ? Les questions fusaient dans l’esprit de Sakura. Elle ne savait plus quoi dire. Les mots refusaient de sortir de sa bouche si bien qu’elle se contenta d’un vague signe de la main pour saluer Karin.

- Je n’ai rien interrompu au moins ? demanda, d’un air faussement ingénu, Karin.
- Dis-leur que j’arrive lui répondit Sasuke.

Il se tourna vers Sakura :

- Je dois y aller. On se verra plus tard.

Pourquoi pas ce soir ? brûla-t-elle de lui demander mais elle n’osa pas parler à voix haute. Elle se contenta d’acquiescer d’un signe de tête. Sasuke rejoignit Karin et s’éloigna en sa compagnie. Sakura ne manqua pas de voir Karin s’accrocher au bras de Sasuke et poser sa tête sur son épaule. Ses espoirs étaient en chute libre mais remontèrent en flèche en apercevant Sasuke se dégager de Karin avant de tourner au coin de la rue.

- Tu pourrais être un peu plus doux avec moi se plaignit-elle. Je t’ai quand même bien aidé !
- Que veulent-ils au juste ? demanda Sasuke.

Karin ne voulut pas répondre et garda le silence jusqu’à ce qu’ils arrivent devant Azusa Uchiha et Noboru Uzumaki. Elle était le bras droit du leader du clan Uchiha et lui un proche du chef des Uzumaki.

- Merci d’être venu aussi vite Sasuke.
- De quoi avez-vous besoin ? Karin n’a pas été très loquace.
- Pourtant nous lui avions expliqué... commença Noboru en dirigeant son regard sur Karin.

Celle-ci s’empourpra avant de répliquer et de se perdre en justification : ce n’était pas de sa faute, Sasuke avait encore une fois été méchant avec elle ce qui était injuste vu tout ce qu’elle avait fait pour lui. Elle semblait ne plus vouloir arrêter son déballage quand elle lâcha une petite bombe :

- Sasuke devrait m’épouser ! Voilà qui scellerait l’union entre nos deux clans.

Azusa et Noboru se regardèrent. Un mariage voire plusieurs était une idée qui circulait mais elle n’en était qu’à l’état embryonnaire. Se marier dès leur arrivée pourrait être mal interprété par les autorités de Konoha et donnerait du grain à moudre à certains. Les deux regardèrent Sasuke dont la réaction indiquait clairement que ce n’était pas la chose la plus plaisante qu’il ait eu à entendre aujourd’hui.

- Je crois que c’est un peu prématuré avança Azusa sur un ton amical. Nous ne sommes pas encore pleinement installés donc le temps des mariages viendra plus tard.
- C’est une position sage s’empressa d’ajouter Noboru.

Karin ne répondit pas. Elle était partie pour bouder sans quitter Sasuke des yeux pour autant.

- Je profite de l’occasion pour vous remettre ce parchemin, de la part des Hokages.
- La réunion qui s’est tenue hier avec nos chefs semble leur avoir donné des idées plaisanta Azusa en voyant l’épaisseur du rouleau.
- Je le fais transmettre de ce pas indiqua Noboru.

Il appela un jeune garçon qui portait un tourbillon au dos de sa veste à manches courtes. Ce dernier prit le rouleau que lui céda Azusa et disparut dans l’instant.

- Revenons au sujet de ta présence ici. Nous voudrions savoir deux choses : la première concerne le temple Nakano. Il est en passe d’être reconstruit mais quelque chose nous a surpris.

Ils ont donc déjà repéré la dalle qui permet d’accéder à la pièce secrète.

- L’imposante dalle ?
- En effet Sasuke. Elle ne semble pas être là par hasard.
- Cette dalle permet d’accéder à certains secrets du clan Uchiha. Mais vous les connaissez sans doute...
- Si nous pouvions y accéder ce serait une bonne chose. La stèle s’y trouve toujours je me trompe ?
- En effet. Qu’est-ce qui peut bien les intéresser ? Veulent-ils ressusciter le projet de Madara ou bien cet endroit recèle des secrets que j’ignore ?

Noboru faisait des signes d’approbation même s’il ne comprenait pas forcément tout ce dont il était question.

- Que puis-je pour le clan Uzumaki ? demanda Sasuke en se tournant vers Noboru, qui n’attendait que cela.
- Oh, trois fois rien. Vous nous aviez parlé d’un temple à proximité d’ici et nous aurions voulu savoir où il se trouvait, pour pouvoir nous y rendre.

Sasuke accepta de conduire les Uzumaki à l’endroit recherché. Servir de guide n’était pas ce qu’il préférait mais ces personnes n’étaient pas familière avec le Pays du Feu, ni les autres nations de ce continent. Les seules personnes qui possédaient quelques connaissances sur la géographie du Pays du Feu et ses environs se comptaient sur les doigts d’une main : une vieille femme du clan Uchiha qui avait accepté de venir pour revoir les terres de son enfance avant de mourir et un couple Uzumaki qui, bien qu’à un âge avancé, avaient conservé une belle vitalité : la réputation de longévité et de vigueur du clan de Kushina était bien fondée et avait résisté au changement de continent.

Peut-être parce que les Uzumaki n’étaient pas arrivés en terrain totalement inconnu. Les Uchiha avaient été les premiers à partir et dans les deux cas Shôkishi Anotsu leur avait fourni de précieux renseignements pour arriver à bon port. Les raisons de ces départs étaient assez simples, comme ils l’expliquèrent à Sasuke.

Du côté des Uchiha, les pertes subies contre les Senju avaient suscité des désertions voire des trahisons avec des utilisateurs du sharingan rejoignant le clan d'Hashirama. Alors que trop de sang avait déjà été versé, une trêve fut conclue entre les deux clans. De là était né Konoha.

Madara, ce n’était un secret pour personne alors, n’était pas satisfait par la situation. Et il n’était pas le seul. Néanmoins, plutôt que de rester certains Uchiha décidèrent de partir, pour aller s’établir sur un autre continent. « Vous croyez vraiment qu’il y a quelque chose par-delà la mer ? » leur avait demandé Madara tandis qu’ils se préparaient à partir. « Oui. Nous croyons les informations de Shôkishi Anotsu » lui avaient-ils répondu.

Cette cinquantaine d’Uchiha avait même proposé à Madara de les suivre, pour conduire le clan dans l’établissement de son propre territoire. Le meilleur ennemi d’Hashirama avait refusé : « Je crois qu’il existe une autre voie » leur avaient-ils répondu alors qu’ils allaient prendre la mer. Il ne semblait pas affecté par la nomination toute récente d’Hashirama Senju au poste de Hokage – situation qui avait accéléré le départ de cette partie du clan Uchiha.

Shôkishi Anotsu n’avait pas menti et une terre leur était apparue, après une navigation de quelques mois. D’abord regardés comme des créatures bizarres, les Uchiha avaient dû combattre pour conquérir un territoire où s’établir. Les premiers temps avaient été difficiles mais, par la suite, l’arrivée des Uzumaki les aida grandement : la collaboration entre les deux clans leur avait permis de se tailler une solide réputation et d’occuper une place importante dans un monde finalement pas si différent de celui qu’ils avaient quitté.

Les Uzumaki avaient appris la mort de Madara aux Uchiha ainsi que d'autres nouvelles – la communication avec l’autre continent étant quasiment inexistante – lorsqu’ils les avaient rejoints. Ces ninjas avaient quitté le Pays des Tourbillons car ils pressentaient qu’un malheur allait survenir : les talents des Uzumaki suscitaient trop de convoitises et Konoha ne pouvaient plus assurer leur protection. La suite avait validé leurs craintes, ce qu’ils apprirent lors de l’arrivée de Sasuke et de Karin.

L’ancienne geôlière d’Orochimaru avait accompagné Sasuke suite à un échange entre ce dernier et Shôkishi. Celui-ci lui avait recommandé d’emmener Karin : ce serait un signal positif à l’égard des Uzumaki. Certaines mauvaises langues avaient prétendu que le Seigneur des glaces ne voulait pas garder un tel tempérament sous son toit durant l’absence de Sasuke mais elles ne révélèrent jamais leur identité. La crainte d’être coupées, sans doute.

Le duo formé par Sasuke et Karin avait reçu un bon accueil bien que la présence d’Haïtani ait suscité des réticences chez les Uchiha et les Uzumaki. Que le responsable du renseignement du Faucon accompagne en personne ces deux-là pouvait indiquer qu’ils étaient à son service. Et comme Haïtani s’était rapidement éclipsé – une habitude chez lui – l’intégration de Sasuke et de Karin ne se fit pas sans quelques heurts.

D’abord méfiants, les Uchiha et les Uzumaki avaient écouté le récit de Sasuke et de Karin. Après quelques semaines où chaque partie put jauger l’autre certains acceptèrent de retourner sur la terre de leurs ancêtres. La plus grande partie refusa, toutefois, arguant que ces histoires ne les concernaient pas et que, s’il devait y avoir une guerre, ils ne prendraient position que pour le côté qui leur ferait la meilleure offre.

Cette attitude avait surpris et presque choqué Sasuke mais Azusa l’avait pris à part pour lui expliquer. « Il ne faut pas les juger trop rapidement. Tu les regardes avec les yeux d’un ninja de Konoha alors qu’ils descendent de personnes qui ont quitté volontairement ce village pour s’établir ailleurs. Rien ne leur a été offert. Dans leur situation, aurais-tu réagi différemment ? » Sasuke avait repensé à la colère qui l’animait suite à la mort d’Itachi, une soif insatiable qui l’avait conduit à tuer Danzô.

- Je comprends Azusa-sama.
- Alors nous pouvons vous suivre sans crainte. Et ne vous inquiétez pas : ce ne sont pas des bras cassés qui vous accompagnent. Nous savons nous défendre.

Sasuke n’en doutait pas. Il avait eu l’occasion de les voir s’entraîner et en avait même affrontés. Le niveau était bon, même si leur formation différait de celle dispensée à Konoha. Le jeune Uchiha les avait impressionnés en dévoilant un bras de Susanô pour éliminer des brigands venus harceler les Uchiha et les Uzumaki. En réalité des espions venus observer ce qui se passait.

- Pour qui travaillaient-ils ?
- Peut-être pour Haïtani ou bien une autre personne. Probablement quelqu’un qui participera à l’attaque qui se prépare contre Konoha et les autres villages ninjas.
- Pourquoi ne pas les attaquer ici ? Ils ne sont visiblement pas encore au point...

Azusa l’avait rapidement arrêté. Son regard était doux mais adoptait une certaine fermeté.

- Les affronter ici serait le meilleur moyen de tout perdre. Nous vous aiderons s’ils attaquent Konoha, mais il est hors de question de leur faire la guerre ici et maintenant.

Sasuke ne mit pas longtemps à comprendre qu’un accord devait être là-dessous. Azusa le confirma à demi mots :

- Oui, nous sommes liés au Faucon sur ces terres. Il nous a aidés à conquérir notre territoire aussi nous ne pouvons pas l’affronter ici.
- Il doit être fort vu les réactions suscitées par la présence du seul Haïtani.
- Il l’est. Et il compte déployer ses ailes sur ton continent désormais. Il regarde en direction de Konoha.
- J’ai passé un pacte avec les faucons. Il ne devrait pas être trop difficile de dompter celui-ci.

Azusa sourit.

- Ce n’est pas un faucon comme les autres. Mieux vaut que tu ne l’approches pas.
- Il détient les clés de ce continent ?
- Plus ou moins. Cette terre est divisée en plusieurs pays et l’influence du Faucon s’étend sur une très grande partie. Mais il a des ennemis.
- Ils pourraient être une ressource contre lui ?

La question de Sasuke avait également été posée par Tsunade aux chefs des clans Uchiha et Uzumaki. La réponse avait été la même que celle que fit alors Azusa à Sasuke :

- L’ennemi de mon ennemi n’est pas toujours mon ami. C’est à double tranchant : ils accepteraient sans doute d’affronter le Faucon mais par la suite pourrait bien vouloir prendre Konoha. Le Faucon ne se presse pas car ce sujet le préoccupe : en concentrant des forces contre vous il s’affaiblit ici. Et vu le niveau de certains de ses ennemis, c’est une manœuvre risquée.

Ils n’avaient pas pu parler davantage car des Uzumaki venaient de débouler et souhaitaient parler à Sasuke :

- D’après ce que nous a dit Karin, il y aurait des vestiges Uzumaki près de Konoha ?
- En effet, des masques sont disponibles et…
- Des masques ? C’est intéressant ça…

L’intérêt manifesté alors se retrouvait dans la demande que venait de formuler Noboru. Voir ces masques et le temple faisaient partie des choses à faire sous peu pour les Uzumaki, en même temps qu’un passage au Pays des Tourbillons. Noboru ne put toutefois pas satisfaire sa curiosité car le jeune garçon qu’il avait envoyé revint :

- Le message a été lu. Ils voudraient vous voir tous les trois le plus rapidement possible.

Karin protesta vivement :

- Et moi alors ? Je compte pour des prunes ?
- Bien sûr que non lui indiqua Noboru. Si vous voulez bien m’accompagner, j’en serais ravi.

Le groupe de quatre se dirigea alors vers la bâtisse du quartier choisie pour abriter les chefs des clans. Le mari d’Azusa était le chef du clan Uchiha tandis qu’une femme dirigeait le clan Uzumaki.

J’espère que cela n’augure rien de mauvais pensa Sasuke en marchant. Il scruta le ciel. Oniisan est-ce que je fais les bons choix en ce moment ? Le vent se levait et les nuages s’amoncelaient. Un orage n’allait pas tarder à éclater.
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MessagePosté le: Mer 24 Juil 2013, 11:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 50 : Fin de partie


Tetsuo fut le dernier à reprendre ses esprits. Le tsunami avait tout emporté. Il ne restait que des débris là où, auparavant, se trouvait le village. Les corps calcinés voguaient désormais ailleurs, hors du champ de vision de l’utilisateur du Kinton. Les seules personnes visibles étaient les cinq autres ninjas de son groupe, éparpillés dans les quatre directions.

Shisui avait laissé Nao s’échapper pour tenter d’atténuer la vague géante en constituant une digue au moyen d’une technique Doton. Il était toutefois trop tard pour réussir une telle entreprise – a fortiori seul – et il avait encaissé de lourds dégâts. Il avait déjà fini de se régénérer et repérait la piste suivie par les jashinistes quand Tetsuo l’aperçut, à sa droite.

A sa gauche se trouvait Joïchiro. L’approche de la vague avait suscité une réaction de défense typique des Kaguya : la constitution d’une imposante armure d’os afin d’être rivé au sol pour ne pas être emporté et protéger par là même ses organes vitaux. Le pari s’était révélé gagnant : seulement quelques os cassés et qui avaient été promptement remplacés.

Derrière Tetsuo, et finissant de sécher grossièrement leurs vêtements, se trouvaient Masato et Shinsuke. Le coup porté par Masato avec sa main gauche avait percé la vague mais le trou fut trop rapidement comblé pour le protéger complètement. Shinsuke avait planté son épée dans le sol et tenté de s’abriter en s’accroupissant derrière sa lame ce qui lui avait plutôt bien réussi.

Surtout, l’action de Masato avait permis de ralentir quelque peu la vague. Du coup, l’abri de métal de Tetsuo résista mieux que prévu, quand bien même il finit par céder et fut emporté sur une petite dizaine de mètres. Le plus gros de la vague était passé et il n’avait pas fini noyé.

Mais celui qui s’en est le mieux sorti, c’est encore lui. Devant Tetsuo, assis sur un tronc d’arbre monstrueux arraché par la vague se trouvait Gin. Après avoir vu Shisui emporté, Gin avait concentré son chakra vent pour trancher la vague. Mais pas de n’importe quelle manière : l’incision avait coupé la vague en deux, laissant un espace tout juste suffisant pour que Gin puisse s’y engouffrer et finir sans dommage. Il n’a même pas pensé à nous, pas une seconde !

- Faire reculer les Ailes, voilà qui n’est pas courant commenta Gin avec son sourire habituel.
- Une attaque Suiton de cette ampleur… Cet Hajime ne doit pas être n’importe qui analysa Shisui.
- Enfin un adversaire digne de ce nom murmura Gin.
- C’était ma réplique ! protesta Joïchiro.
- Si vous êtes en état de polémiquer, j’en déduis que tout le monde est en bon état ?

Tout le monde répondit par l’affirmative à Masato. Il faut reprendre la route, et vite. Ils ne s’attendent pas forcément à ce que nous ayons survécu, donc ils seront moins vigilants et laisseront des traces.

Sans même que Masato ait à prononcer un mot Shisui indiqua la direction qui lui semblait la plus vraisemblable. La route est donc connue. Il me reste à attribuer une place à chacun.

- Shisui, tu ouvriras la voie. Joïchiro en second. Tetsuo tu fermes le rang.
- Et pour moi ? demanda Gin.
- Eclaireur.

Le garde de Goro leva les yeux vers Masato et sourit. « Exactement ce qu’il me fallait. »

Les regards des deux hommes se croisèrent. Lui demander d’assurer nos arrières serait le meilleur moyen de voir l’ennemi débarquer. Le laisser courir devant est risqué mais moins que de l’avoir parmi nous.

Avant de partir, Masato leur demanda de boire et de manger car les pauses seraient rares. Il fallait que tout le monde soit au maximum et ne connaissent pas de fringales au moment crucial. Le repas express fut englouti en quelques minutes. Ils reprirent la route, sans jeter un regard vers les ruines calcinées qu’ils laissaient derrière eux. Il fallait faire vite pour ne pas perdre leurs traces. La forêt les engloutit et ce n’est que quelques heures plus tard – alors qu’ils avaient perdu de vue Gin depuis un bon moment – que Shisui leur fit signe de s’arrêter.

La forêt se terminait et laissait place à un terrain plus accidenté : un chemin montagneux qui se résumait à un sentier parsemé de pierres de toutes les tailles et de toutes les formes.

- L’endroit rêvé pour se faire des entorses plaisanta Joïchiro.
- Un terrain parfait pour placer des runes explosives et de nombreux pièges difficiles à détecter.

Tout juste Shisui. J’espère que tes talents et ton sharingan nous permettrons de passer car en gelant la voie, cela pourrait les alerter de notre présence réfléchit Masato.

- On peut compter sur vous pour passer sans encombre ?
- Oui Tetsuo, je devrais arriver à dégager une voie…

Shisui s’interrompit et se tourna en direction du sentier. Gin venait de réapparaître. Il leur indiqua de ne pas faire de bruit et de dissimuler leur présence.

- Deux personnes sont un peu plus haut dans le sentier. Elles ont pris à droite derrière le gros rocher pointa Gin. Je n’ai pas pu les approcher de trop près mais vu leur manière de progresser elles connaissent les lieux.
- Jashinistes donc ?
- C’est fort probable Joïchiro-sama.

La fête continue pensa Masato en faisant signe à tout le monde de se disperser pour les rattraper le plus vite possible.

- Heureusement que vous êtes là Oren-sama. Je ne me rappelle pas de tous les pièges placés ici.

Les deux disciples de Jashin ne progressaient pas bien vite. Non seulement ils étaient fatigués par leur longue fuite depuis Konoha mais le sentier était si bien truffé de pièges qu’il valait mieux prendre son temps pour éviter de perdre un membre ou deux pendant la traversée.

Oren se contenta d’un signe de tête, en guise de réponse. Elle n’avait pas envie de parler. Qu’est-ce qui peut bien la contrarier ?

- Vous croyez que Mozen-dono nous pardonnera ?
- Pourquoi serait-il en colère ? répondit Oren. La mission a été menée à bien.
- Tatsu et Yamada ont été…
- Ils ne savaient rien de compromettant pour nous.
- Ces gens de Konoha… commença Denji en serrant la poignée de son fouet.
- Décidément ce village est au centre de bien des attentions.

Denji et Oren s’écartèrent du sentier dès qu’ils entendirent les premières syllabes.

- Encore toi ?
- Nos destins doivent être liés répondit Gin avec un sourire en direction d’Oren.
- Et tu n’es pas venu seul grommela Denji.

Les deux jashinistes ne pouvaient que constater la présence des cinq autres ninjas des Ailes en arrière de Gin.

- Vous comptez les protéger aussi bien que vous avez laissé tuer les deux autres ?

Gin fit un signe de dénégation à l’adresse d’Oren et de ses équipiers.

- Ne l’écoutez pas, elle ment.

Je le savais ! Cette ordure n’a rien fait pour les sauver fulmina intérieurement Tetsuo.

Même si c’est faux, voilà qui ne va pas arranger notre travail d’équipe. Il faut en finir au plus vite avec eux. Plus cette mission durera plus nos relations avec Gin risquent de se dégrader pensa Masato.

Une mince distorsion dans l’air avertit Gin :

- Les renforts sont déjà là.

Nao et Hajime venaient de rejoindre Oren et Denji.

- Encore vous ? pesta Nao.
- Vous n’avez visiblement pas compris la dernière fois débuta Hajime.
- Si tu crois que nous faire prendre un bain nous effraie tu t’es gouré de métier le moqua Joïchiro.

Le regard d’Hajime promettait à Joïchiro une fin des plus douloureuses. C’est alors que Shisui bondit dans le ciel et lança de nombreux kunaïs, dans toutes les directions.

- Il se prend pour l’éclair jaune ou quoi ? plaisanta Denji. A moins qu’il n’ait essayé de nous viser.
- Imbécile ! l’incendia Nao. Ce n’était pas du tout son objectif. S’il a fait cela c’est…
- … pour nous compliquer la tâche termina Oren.

L’action de Shisui avait été rapidement comprise. Ses équipiers lui dirent simplement « merci » mais cette formule de politesse masquait une reconnaissance bien plus grande. Il a marqué toutes les pierres et lieux qui ne sont pas pièges et ce dans un rayon plutôt étendu analysa Tetsuo. De sorte que nous ne nous marcherons pas dessus lors des affrontements et les jashinistes ne pourront pas les retirer rapidement, ce qui leur enlève un gros avantage évalua Masato.

Finalement ce Shisui se révèle très utile réfléchit Gin. La fête n’en sera que plus folle !

- L’acte de votre Uchiha indique que vous n’êtes pas là pour négocier.
- Une simple garantie, au cas où les choses tournent mal avança Masato.
- Qu’êtes vous venus faire par ici ? demanda Oren.
- Eliminer les disciples de Jashin. Plutôt, la tête de l’organisation.

Denji et Oren se mirent en position de combat. J’ai comme l’impression qu’ils ne nous livreront pas leurs chefs réfléchit Masato.

- Et cela commence avec vous termina Gin.

Les oppositions se répartirent au bon vouloir des jashinistes. Nao fondit sur Joïchiro dont la lame émanant de la paume de sa main manqua d’emporter l’œil gauche de la jashiniste qui, en retour, frappa Joïchiro au niveau du cou sans parvenir à atteindre son artère, bien protégée par des calcifications.

- Tu tapes un peu plus fort que la dernière fois.
- Et cela te plaît ?

Joïchiro retira sa colonne vertébrale et la fit claquer dans les airs. Son regard amusé se porta sur Nao : « C’est le moment de danser, ma jolie. »

Le binôme Tetsuo–Shisui se chargeait d’Oren. A cause de son Bakuton elle représentait une adversaire particulièrement gênante sur un tel terrain. Elle pouvait détruire plusieurs pierres à la fois et donc effacer les marques faites par Shisui. Tetsuo, par ses lames et piques de métal, ne devait pas laisser le moindre instant de répit à Oren et l’obliger à adopter une posture défensive. Cela permettrait à Shisui de baliser le terrain pour que Tetsuo soit toujours dans une zone sûre, en même temps qu’il pouvait tenter de prendre Oren à revers, voire la plonger dans un genjutsu.

Le combat était toutefois loin d’être déséquilibré. La fille de Mozen et d’Otoki leur résistait sans difficulté et savait quoi faire face à un utilisateur du sharingan. Par ses micro-explosions et sa connaissance du terrain, elle parvenait à se ménager systématiquement une fenêtre de temps suffisante pour agir et non pas simplement réagir.

Gin se retrouvait face à Hajime. Une situation qui semblait le ravir.

- Ton attaque Suiton au village était pas mal du tout. Inférieure à mon Fûton toutefois.
- Nous allons voir en direct qui s’en sortira cette fois-ci.

Hajime retira sa veste et la rejeta en arrière. Je vais me battre sérieusement. Le corps de mon adversaire sera une belle offrande pour Jashin.

Vagues du chaos contre tornades perforantes, le duel était parti et promettait d’être sans merci.

Le dernier jashiniste, Denji, affronta donc Masato et Shinsuke. Ses attaques au fouet étaient particulièrement efficaces à mi-distance. Aussi Shinsuke tâchait de l’occuper au corps-à-corps, avec son épée, tandis que Masato visait les pieds de Denji pour perturber ses déplacements et le forcer à regarder à deux endroits à la fois.

L’affrontement était plutôt bien engagé en faveur des deux ressortissants du Pays des Neiges. C’est précisément quand ils eurent l’impression que la victoire se précisait qu’un cri d’oiseau perça le ciel. Masato l’aurait reconnu entre mille. Un faucon pèlerin. Probablement l’oiseau le plus rapide de tout le Pays des Neiges et la propriété de mon grand-père maternel. Qu’est-ce que cela signifie ?

L’oiseau vint se poser délicatement sur l’avant-bras gauche de Masato. En dépit de ses serres, il les disposait de manière à n’entailler que très légèrement la chair du fils de Shôkishi. Le résultat d’un long entraînement. Un message était attaché à sa patte. Le temps que Masato le remarque et il était déjà trop tard pour lui : Denji s’était porté à son niveau, son fouet prêt à lui emporter un membre ou la vie :

- Je ne sais si je dois ou non remercier ce volatile qui vous occupe un bras mais en combat il faut savoir profiter de la moindre opportunité.

Masato était piégé. Le fouet, assemblé telle une lame, fusa en direction de sa poitrine. Un bruit métallique retentit.

- On dirait que c’est à mon tour de veiller sur vous.

Shinsuke était juste devant Masato. Son épée avait contré le coup de Denji.

- Je vous couvre le temps que vous fassiez le nécessaire. Ne traînez pas !
- Merci Shinsuke.

En donnant une impulsion dans le sol, le jeune épéiste fit reculer Denji et, dans le même mouvement, tâcha de le blesser à l’épaule. Il fallait absolument l’empêcher d’attaquer et le mettre à bonne distance de Masato. Je devrais y arriver sans trop de problèmes. Et peut-être bien que je le tuerai sans l’aide de Masato-sama.

L’oiseau repartit immédiatement après que Masato ait détaché le message. Il n’attend donc pas de réponse de ma part. J’espère que ce n’est pas une invitation pour un mariage ou la dernière bonne blague d’Ichirô. Il déplia le petit rouleau.

- C’est bon ? l’interrogea Shinsuke toujours occupé à bloquer les attaques de Denji.

Pas de réponse. Une douleur grandissante se lisait sur le visage de Masato. S’il tenait encore debout, une simple pichenette aurait suffi pour le mettre à genoux.

- Masato-sama qu’y a-t-il ? demanda Tetsuo, à qui la scène n’avait pas échappé.

Cette nouvelle interrogation sembla le ramener, partiellement, parmi les ninjas des Ailes. Masato se tourna vers eux, qui continuaient le combat. Il plia le message qu’il venait de recevoir dans son poing gauche. Ses yeux étaient vides et ne savaient où se fixer. Dans un effort qui parut surhumain, Masato articula trois mots, d’une voix éteinte, tel un murmure porté par le vent : « On rentre Shin’. »
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MessagePosté le: Dim 28 Juil 2013, 11:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 51 : L’avenir et le présent


- Le Rasengan m’a alors permis de retourner l’attaque du troisième Raikage contre lui.
- Vous avez réussi à percer son bouclier ultime ? demanda une jeune fille aux nattes brunes.
- Il a été scellé après ? demanda, dans la même seconde, un jeune garçon portant des lunettes de soleil.
- En effet.

La classe d’Iruka buvait littéralement les paroles de Naruto. Il faut dire que le récit de son combat mêlait les principaux ingrédients attendus d’un ninja : utiliser au mieux ses capacités, être attentif au moindre détail, ne pas tout faire seul mais faire confiance aux autres. Une belle application de ce que l’Académie leur enseignait et qu’ils pouvaient trouver, parfois, trop abstrait.

- Vous êtes trop fort maître Hokage !

Le cri du cœur du garçon au premier rang était perceptible dans le regard des autres élèves. Une légende vivante se dressait devant eux bien qu’elle n’ait pas encore son visage gravé dans la roche. Le devis apparaissait un peu salé aussi Tsunade avait demandé à l’artisan de revoir ses tarifs. Mais ce dernier, le seul dans les environs à pouvoir réaliser cela, n’était pas pressé de réviser son prix à la baisse.

Profitant de l’enthousiasme de ses élèves, Iruka prit la parole, afin d’éviter que les énergies ne se dispersent :

- Avant de devenir aussi fort, Naruto est passé par les bancs de cette salle. Il a suivi la même formation que vous.

Mieux vaut ne pas trop développer là-dessus Iruka-sensei pensa Naruto en se remémorant les innombrables bêtises faites en compagnie des autres élèves de sa promotion. Et les mauvaises notes, qui revenaient avec une fréquence remarquable.

- Vous étiez assis à quelle place ? demanda un garçon portant les marques du clan Inuzuka.
- Ici je crois indiqua Naruto du doigt.

La jeune fille assise à la place désignée vit fondre sur elle nombre de regards envieux.

Ce n’était peut-être pas une bonne idée de le dire signifia Iruka à Naruto. Ce dernier se reprit dans l’instant :

- Peut-être pas en fait. Je ne sais plus vraiment où je me mettais avança-t-il en se passant la main derrière la tête. Maître Iruka doit le savoir.

Le professeur vit tous les regards se braquer sur lui. Au moins je suis la cible de toute leur attention à présent.

- Je vous le dirai en fin d’année, si vous obtenez tous de bons résultats.

Un torrent de protestations déferla en direction d’Iruka et c’est le moment que choisit Naruto pour annoncer son départ de la salle :

- Je crois que je préfère vous laissez régler cela Iruka-sensei.
- Déjà ? Alors revenez nous voir bientôt maître Hokage ! crièrent les enfants avant qu’Iruka ne leur demande de se taire.

L’enthousiasme de ces jeunes enfants fit plaisir à Naruto. L’avenir du village était là et il semblait motivé. Je ne comprends toujours pas pourquoi Shikamaru parle de roi à leur sujet. Il faudra peut-être que je me penche un peu plus sur le shôgi…

Quand le calme fut revenu, Iruka remercia le Hokage de cette visite inopinée. A dire vrai, Naruto n’avait pas fait cela par hasard : visiter l’Académie était non seulement une bonne chose, de par sa fonction, mais, surtout, cela lui permettait de sortir de son bureau et de se promener dans le village et ses environs. C’était un luxe de plus en plus rare.

- Qu’ils sont bruyants ces gosses ! J’espère que t’en auras jamais des comme ça.
- Jaloux qu’ils n’aient pas acclamé ton nom, Kurama ?
- La prochaine fois je prends ta place et je leur fais jouer au roi du silence à ma manière.
- Les bâtiments de l’Académie n’y survivraient pas…


Naruto avait comme projet d’aller voir Sasuke mais il fut arrêté par Kiba, qui se plaignait de sa mère. Une fois expédiés le maître et son chien, Naruto tomba sur Ino. N’ayant pas trop de clients à la boutique de fleurs, elle avait visiblement envie de parler et coinça Naruto par ses questions sur Hinata. Elle devrait rejoindre la section d’Ibiki Morino se convainquit le fils de Kushina avant de prendre congé.

A peine était-il sorti du magasin de fleurs que Shino se présenta devant lui. Il lui demanda pour la nième fois s’il n’éprouvait toujours aucun remord pour avoir laissé de côté un camarade lors de la mission pour récupérer Sasuke.

- Alors ?
- Tu n’es vraiment pas quelqu’un de rancunier Shino...

Naruto était bloqué mais Kyûbi lui suggéra un bon moyen de faire diversion : il demanda à Shino quel était ce type d’insecte qui était derrière lui. Le temps que Shino se retourne et Naruto s’était enfui… pour s’asseoir dans l’herbe, au terrain d’entraînement.

- Mais c’est Naruto !
- Oh je vois : tu es venu pour t’entraîner avec Lee pour savoir lequel de vous deux est le plus endurant !
- C’est-à-dire Gaï-sensei que je ne suis pas vraiment…

Il était toutefois trop tard pour discuter : Gaï avait le poing levé et Lee des flammes dans les yeux en pensant qu’il allait s’entraîner avec Naruto.

- C’est à croire qu’ils se sont donné le mot pour me tomber dessus les uns après les autres.
- Attention Naruto, si tu commences à voir des complots partout tu vas finir chef de la Racine.
- Ca ne risque pas d’arriver !


L’entraînement commença donc. Après une heure qui en sembla cinq à Naruto, ce dernier réfléchit à un moyen de s’éclipser. Il esquiva un coup de Lee qui, en touchant le sol, souleva un nuage de fumée. Ni une ni deux, Naruto se clona et laissa à sa copie le plaisir de finir la séance. Si je reste plus longtemps en leur compagnie je vais mourir. Ils ne sont vraiment pas humains ces deux-là !

Le Hokage commençait à se demander si quitter son bureau était, finalement, une bonne idée quand il croisa Hinata, juste après qu’il ait franchi les portes de Konoha.

- C’est reparti pour les phrases à trous gamin ! On fait le concours de celui qui trouvera le plus de mots ?
- Kurama il y a vraiment des fois où tu n’es pas sympa’.


Les deux ninjas se saluèrent et Hinata demanda à Naruto s’il ne voulait pas boire quelque chose, car il avait l’air fatigué. Il accepta de bon cœur et la suivit à son domicile.

Arrivés devant les habitations du clan Hyûga, Naruto constata que de nombreux Hyûga aménageaient l’entrée et préparaient une espèce de parcours conduisant à l’intérieur de la demeure d’Hiashi. Tout en supervisant le travail en cours, ce dernier surveillait l’entraînement de Neji et d’Hanabi. Il intervenait de temps à autre pour recadrer sa fille cadette, dont les gestes étaient imprécis et maladroits par rapport à ceux de Neji.

Naruto et Hinata s’installèrent dans un coin – après avoir été salués par toutes les personnes présentes –, pour assister à la suite de l’entraînement. Des rafraîchissements leur furent servis par la mère d’Hinata. Ils commencèrent à parler de ce qu’ils avaient fait depuis leur retour du Pays des Neiges, puis évoquèrent les missions confiées au village, ce qui fut l’occasion de parler de la composition des équipes :

- Comment t’arrives à supporter Kiba et Shino ?
- Oh ils sont gentils. En fait ce qui est un peu… bizarre c’est d’être toujours ajouté à des équipes déjà existantes. Comme Kurenaï-sensei n’est pas encore revenue…
- D’ailleurs c’est un peu fort intervint Hiashi. Qu’elle élève son enfant il n’y a rien à dire. Mais, à ce moment-là, il faudrait attribuer un nouveau sensei à l’équipe d’Hinata.

Il n’était pas le premier à aborder le sujet. Tsume avait posé la question à Tsunade et Shibi avait, discrètement, demandé à Naruto s’il comptait faire quelque chose à ce propos. Il fallait trouver quelqu’un mais le Hokage n’avait pas envie de se pencher là-dessus maintenant. Procrastiner était la meilleure option aujourd’hui.

- Vous avez raison Hiashi-sama, j’essayerai de faire avancer les choses.
- Merci maître Hokage. Il serait dommage qu’Hinata – qui a su relever nombre de défis – soit entravée dans sa progression par l’absence d’un chef d’équipe.

La jeune fille était touchée par ces gentilles paroles. Depuis la guerre, son père avait continué à s’adoucir à son endroit, ce qui ne l’empêchait pas de continuer à pointer des insuffisances dans son Juken et à la trouver trop renfermée. La saison des cadeaux n’existait pas chez Hiashi Hyûga.

- En parlant de chef, vous organisez quelque chose vu l’activité déployée par les membres de votre clan ?
- Rien ne vous échappe Hokage-sama. Ce soir le clan Hyûga organise une réunion pour que les principaux clans de Konoha définissent une ligne commune vis-à-vis des Uchiha et Uzumaki.
- Une réunion d’importance.
- Tout à fait, d’ailleurs je dois vous quitter pour vérifier si tout est bien en place désormais.

Hiashi salua et s’éloigna, laissant Neji et Hanabi poursuivre seuls leur entraînement. Naruto observa quelques instants puis décida qu’il était temps pour lui d’y aller :

- Je vais partir avant que mamie Tsunade ne découvre que je suis là.
- Tu t’en vas déjà ?
- Tu souhaitais que je reste davantage ?

Hinata rougit en entendant la phrase de Naruto. Oui j’aimerai que tu restes plus.

- Ce serait bien si… si on pouvait de nouveau… sortir. La dernière fois nous avions été…

Les yeux d’Hinata se fixèrent un instant sur Naruto avant de retourner fixer le sol.

- J’avais dû écourter la fin vu que les Ailes étaient dans le coin.
- Et depuis nous n’avons pas eu le temps de… terminer ce que nous avions commencé.

- Elle va te mettre le grappin dessus si tu ne réagis pas !
- Cela te gênerait ?
- Je pense surtout au jour du mariage : s’il lui faut trois plombes pour dire oui, autant que tu fasses un clone qui imitera son apparence et nous fera gagner du temps.


Les réflexions de Kurama piquèrent quelque peu Naruto, ce qui se refléta sur son visage. Hinata en conclut qu’elle avait dû être trop aventureuse. Après tout il est Hokage et moi… Une future chef de clan qui fait un peu moins honte à son père.

- Peut-être que tu n’en pas tellement envie finalement. Désolé si j’ai…
- Non non Hinata, ce n’est pas cela.
- D’accord Naruto-kun, je te crois.

Mito Uzumaki mentait moins mal, gamin…

- Alors quand est-ce que l’on pourrait se voir… réfléchit Naruto en se grattant le menton.

Demain soir imploraient les yeux d’Hinata.

- Quand est-ce que cela te conviendrait ?

Ne s’attendant pas à cette question, Hinata bafouilla des réponses que même Kyûbi ne parvint pas à comprendre. Il conseilla à Naruto de demander à la fille d’Hiashi de passer par l’écrit mais le Hokage dit à Hinata de ne pas se presser en posant sa main sur son épaule. Ce geste fit rougir davantage la jeune fille en même temps qu’il la rassurait.

Naruto partit en lui parlant de la semaine prochaine comme créneau possible et Hinata sembla répondre par un « Oui ».

La scène n’avait pas échappé à Hiashi qui prit à part Hinata dès que Naruto fut parti.

- Tu devrais être plus entreprenante avec lui.
- Mais père, c’est-à-dire que…

Hinata se mit à rougir.

- Ce n’est pas en rougissant que tu arriveras à tes fins. Au mieux cela te vaudra le surnom « tomate », comme Kushina, mais ce n’est pas le meilleur moyen de te rapprocher de lui.
- Bien…

Arrivée dans sa chambre, la jeune fille repensait aux propos de son père et à Naruto tandis que la réunion des chefs de clans débutait. Elle se déroulait à sept : Tsume Inuzuka, Shibi Aburame, Shikaku Nara, Chôza Akimichi, Inoichi Yamanaka, Hiashi Hyûga et Kurusu Sarutobi. Ce dernier était un shinobi d’une quarantaine d’années, ni gros ni maigre et il arborait une barbe épaisse mais soigneusement entretenue. Il avait été élu chef de clan suite au décès d’Eitarô, le père de Konohamaru. L’enquête menée par le clan Sarutobi avait conclu au suicide bien que Shibi, Inoichi et Shikaku ne furent pas convaincus et soupçonnèrent qu’Eitarô avait joué – et perdu – avec Mayu Shimura. Mais vu son comportement après la mort de Konohamaru, c’était peut-être une bonne chose et cette affaire fut mise de côté, Kurusu participant de manière constructive à la vie de Konoha.

Après avoir débattu de quelques points relatifs à la vie quotidienne au village et vis-à-vis du prochain examen de sélection des chûnins la question des clans fut abordée.

- Il ne faut pas donner l’impression de se braquer déclara Shibi. Nous devons les accueillir… si besoin au sein de ce conseil.

Une telle ouverture pour des individus que personne ne connaissait… les clans de Konoha avaient aussi un statut à tenir et à faire respecter.

- Cela poserait inévitablement la question des unions… Comme celle avec le Hokage débuta Kurusu.
- Naruto est promis à Hinata, n’est-ce pas Hiashi ?
- Rien n’est officiel mais c’est l’idée, en effet, Chôza.
- Il semblerait que la fille de Shôkishi ait fait forte impression au Hokage avança Inoichi.

Hiashi abattit son poing sur la table. Cette affaire ne lui avait pas plu et il comptait bien le faire savoir au Pays des Neiges s’il avait l’occasion de s’y rendre ou de recevoir un de ses émissaires.

- Shôkishi Anotsu veut infiltrer Konoha ? Sa fille n’en fera pas davantage auprès de Naruto. Hinata va se remuer pour verrouiller le sujet et assurer la position du clan Hyûga.
- Sans même parler du Hokage, il faudra penser à des unions avec des membres de nos clans respectifs.

Shikaku marquait un point. Il serait difficile de rester clos vis-à-vis de ces nouveaux venus, non seulement si des amours se déclaraient mais aussi pour les intégrer et se rapprocher d’eux dans le même mouvement.

- Si besoin le clan Aburame pourra ouvrir la voie.
- Et le clan Inuzuka également.

Des éleveurs d’insectes et des dresseurs de chiens. Je ne sais pas s’ils vont bien prendre un tel geste se demanda Inoichi. Dans la lancée de cette réflexion, il aborda le sujet de préoccupation du moment :

- Qu’en est-il des rumeurs de la Racine ?
- Qui dit rumeur dit manque de preuves avança Kurusu. Mayu Shimura fera tout pour alimenter la suspicion mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat – et je dis cela sans vouloir plaire à Tsume.

La mère de Kiba sourit à ce bon mot.

- Les informations que j’ai récoltées ne montrent aucune activité anormale de leur part intervint Shibi.
- Mais ils ne sont pas d’ici avança Chôza. Ils descendent de personnes qui, pour les Uchiha, sont parties parce qu’elles ne voulaient pas de la trêve avec les Senju et d’autres, les Uzumaki, qui sont parties avant que le Pays des Tourbillons ne soit rayé de la carte.
- Le passé conduirait donc à privilégier les Uzumaki d’abord ? demanda Inoichi.
- Naruto appartient à leur clan et…
- Désolé de t’interrompre Chôza mais les Uchiha et les Uzumaki ont énormément collaboré de l’autre côté de la mer. Si leurs raisons de départ sont différentes, actuellement, il me semble difficile de les distinguer.
- Kurusu a probablement raison conclut Shikaku. A l’heure actuelle il faut récolter des informations pour voir si des différences sont à l’œuvre ou s’ils suivent la même ligne.

Cette stratégie quelque peu attentiste, visant à récolter des informations plutôt que d’établir des certitudes reposant sur du sable, était la plus sage. Mais elle collait mal avec l’image des clans principaux de Konoha : attendre était un signe de faiblesse, même si l’attente était la meilleure option.

- Quels sont les risques ? demanda Tsume. Qu’ils soient de mèche avec les envahisseurs ?
- Outre cette possibilité, commença Shikaku, ils peuvent aussi être en lien avec le Pays des Neiges. C’est Shôkishi Anotsu qui a fait partir Sasuke et Karin et, selon toute vraisemblance, il a aidé les Uchiha et les Uzumaki le désirant à prendre la mer.
- Les deux ne reviennent pas au même ?
- C’est une possibilité Chôza, pas une certitude.

Les mines des personnes présentes affichaient une certaine gravité. Le risque d’un soulèvement potentiel n’était pas pour plaire à quiconque, surtout vu le passé du village. Ce n’était pas le moment de courir le moindre risque ni de jeter les braises d’une guerre civile alors que ces personnes étaient venues pour aider et que leurs chefs avaient fait bonne impression aux Hokages.

- A combien évaluez-vous le risque Shikaku ? demanda Hiashi.
- Avec le peu d’informations dont nous disposons, 25%.
- Mayu Shimura vous donnerait du 80% ! s’exclama Chôza.
- 90% s’il est dans un bon jour ironisa Inoichi.
- Dans tous les cas la probabilité n’est pas nulle constata Shibi.

L’instant de légèreté venait de retomber aussi rapidement qu’il était survenu. L’heure était au choix.

- Que décidons-nous ?
- Hiashi, faut-il décider vraiment maintenant ? Je sens que nous risquons de faire une erreur en allant trop vite. Et mon flair ne m’a jamais trahi jusqu’à présent.
- Tsume, nous devons parler d’une voix unie et claire. Cela ne date pas d’hier et doit se poursuivre. Pour nos clans, pour le village. Le problème qui se pose est inédit, certes, mais il faut y faire face maintenant.

Les propos d’Hiashi et Tsume étaient justes tous les deux. Que fallait-il faire ?

- On pourrait les inviter à manger lâcha Chôza dont l’estomac gargouillait légèrement. Un repas permet d’en apprendre beaucoup et de sortir du cadre formel des rencontres.

Que ce soit l’estomac ou le cerveau de Chôza qui se soit exprimé, l’idée surprit et plut. C’était un geste d’ouverture (et peu onéreux si les chefs des Uchiha et Uzumaki n’avaient pas l’appétit des membres du clan Akimichi). Cela permettait de créer une ambiance plus ouverte, idée qui était justement celle que voulait amener les sept chefs.

- Organiser un repas de bienvenue en quelque sorte réfléchit à voix haute Shibi.
- Quelqu’un souhaite-t-il s’y opposer ?

Personne ne refusa l’idée.

- Trouvons également un lieu neutre pour cela. Rien ne sert de les placer dans une demeure d’un des clans de Konoha.
- J’allais le dire Shikaku ! s’exclama Kurusu, avec bonne humeur. C’est un geste parfait pour leur tendre la main.
- Et la reprendre s’ils nous trahissent prolongea Shibi.
- Exactement termina Shikaku.
- Dans ce cas peut-on compter sur le Hokage ? Il reste toujours le ninja le plus imprévisible de Konoha… avança Inoichi.
- Certes mais Naruto a quelque chose bien à lui. Il donne envie de le suivre, de marcher à ses côtés. C’est mon fils qui m’a confié cette idée. Au début je ne voyais pas très bien ce qu’il voulait dire. C’est en ta compagnie que j’ai compris, lors de l’attaque de Pain. Je crois que Naruto fera ce qu’il y a de mieux pour le village. Je mettrai tout en œuvre pour l’aider.
- Nous aussi déclara Hiashi.

Naruto éternua.

- Tiens, est-ce qu’on parle de moi en ce moment ?
- Je ne sais pas Hokage-sama répondit Shizune.

Ce n’était vraiment pas sa préoccupation du moment. L’assistante de Tsunade n’était pas vraiment enchantée de faire des heures sup’ au domicile de Naruto même s’il n’avait plus rien à voir avec le capharnaüm de sa jeune époque. Des efforts de la part du Hokage ainsi que les actions héroïques d’une femme de ménage rendaient l’appartement habitable. J’aurais dû accompagner Izumo et non rester auprès de Tsunade pensa Shizune en pénétrant dans l’appartement.

N’ayant pas reparu à son bureau, Tsunade avait dépêché Shizune au domicile de Naruto. « Pas question qu’il remette cela à demain ! » Naruto avait donc trouvé Shizune et Tonton devant sa porte. Il les avait invités à entrer tout en jetant un œil suspicieux à Tonton. S’il fait la moindre saleté, Kurama, tu as le droit de le rôtir !

Le temps de refermer la porte et Shizune avait soumis au Hokage les affaires à régler : d’abord, il lui fallait approuver des nominations au sein de l’Anbu. Naruto accepta.

- Quand même, j’espère qu’ils ne vont pas trop se la jouer !
- Ne vous inquiétez pas.
- C’est fini ?
- Presque.

Naruto grimaça. Travailler à domicile ne lui plaisait pas vraiment. Il dut pourtant se faire violence et traiter d’autres dossiers avant, qu’enfin, Shizune ne prononce les mots magiques :

- Voici le dernier dossier.
- Enfin !
- C’est une demande émanant du clan Uzumaki. Tsunade l’a consultée et a déclaré que la décision finale vous revenait.

Le Hokage lut le parchemin. « Je crois que je ne peux pas refuser » déclara-t-il avec un petit sourire.
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 7:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 52 : L’encre de ses yeux


Shinsuke dormait profondément lorsqu’ils atteignirent les portes de la capitale du Pays des Neiges. La figure de Masato était légèrement émaciée : sur le trajet, il avait systématiquement donné la plus grande partie de sa nourriture à Shinsuke, se contentant du minimum : manger pour continuer à avancer. Ils n’avaient dormi qu’une poignée d’heures par nuit ce qui avait fini par avoir raison du fils de Ryuichi, qui terminait le voyage sur le dos de Masato.

Leur départ précipité avait valu plusieurs blessures à l’utilisateur du Hyôton, heureusement sans gravité. L’annonce qu’il fit provoqua la stupeur chez toutes les personnes présentes. Les jashinistes comprirent rapidement qu’il valait mieux rester en retrait et les laisser régler cette affaire pour éliminer à moindre frais ceux qui resteraient encore debout.

Car, après avoir tenté d’arrêter Masato, en pensant qu’il avait parlé trop vite, les Ailes s’étaient employées à le stopper d’une manière peu diplomatique :

- Vous vous rendez compte que vous êtes désormais un déserteur donc un traître à l’organisation ? l’interrogea Joïchiro.
- Shinsuke, pars devant et ne te retourne pas.

Le jeune épéiste n’avait pas bronché. Et si Gin essaya de l’arrêter, il se retrouva la tête plaquée contre le sol et le bras droit derrière le dos. « Il n’a rien à voir avec cela. Laisse-le ou je te déboîte l’épaule. »

Le désir de Masato avait été exaucé et les quatre ninjas des Ailes lui avaient fait face :

- Masato-sama j’ai juré de vous arrêter si vous tentiez quoi que ce soit. Shiori avait raison… déclara Tetsuo visiblement choqué mais prêt à affronter son ancien coéquipier.
- Les mots sont sans importance à présent. Repartez lutter contre les jashinistes.
- Vous savez parfaitement qu’on ne peut pas ! hurla Tetsuo.
- Nous allons enfin voir de quoi vous êtes capable Masato jubila Gin.

Le fils de Shôkishi n’avait pas de temps à perdre mais aucune impatience ne se lisait sur son visage. Celui-ci était miné par une douleur sourde mais cela ne perturbait pas (encore) sa concentration. Je ne peux pas mourir ici. Il me faut rentrer au plus vite.

Joïchiro fut le premier adversaire mis hors combat. Masato évita sa lame d’os, gela sa protection osseuse qui éclata sous l’effet du froid et profita d’une ouverture pour balayer Joïchiro et le jeter dans le vide. Shisui tenta de toucher Masato en enflamment ses kunaïs, voire de croiser son regard mais le poing gauche de Masato, entouré de chakra bleu, le sépara en deux. Gin entailla Masato sous l’œil gauche et au niveau du rein droit, avec ses lames de vent, ce qui donnait l’impression que ce dernier pleurait des larmes de sang. Ce tableau arracha un sourire à Gin avant qu’il ne réalise que ses jambes étaient bloquées dans la glace. Un coup derrière la nuque lui fit perdre momentanément connaissance.

Masato allait partir mais des piques de métal s’arrêtèrent à quelques centimètres de son cou et de ses yeux.

- Un pas de plus et vous perdez la tête.
- La raison ne me servira plus à grand-chose désormais.

Tetsuo ne goûta pas vraiment la tentative d’humour et s’emporta :

- Bordel mais qu’est-ce qu’il vous arrive. Battez-vous ou mourrez…

Les piques décapitèrent Masato qui se décomposa en un tas de glace. Un clone il… Tetsuo s’effondra sur le sol, le coup reçu dans le bas ventre lui ayant fait perdre connaissance.

Masato effectua ensuite une violente attaque avec son Kekkei Totâ qui balaya le sentier. Le souffle de l’explosion repoussa violemment les jashinistes, avec une force qui approchait celle du tsunami déclenché par Hajime. Avec un peu de chance ils retrouveront tous leurs esprits en même temps et pourront continuer à s’entretuer.

Shinsuke fut rassuré de revoir Masato, quand ce dernier le retrouva en contrebas :

- J’ai cru qu’ils allaient vous avoir.
- C’est vrai que mon futur n’est pas des plus joyeux mais quand même…
- Que s’est-il passé Masato-sama ? Pourquoi partir ?

Shinsuke n’eut pas de réponse mais il voyait une forme de détresse dans le regard de son aîné. Il ne posa plus de questions et avança, donnant tout ce qu’il avait pour retarder le moins possible Masato. Il s’est passé quelque chose de grave aux Pays des Neiges. Mais quoi ? Un problème au Nord ? Un coup d’état ? Vu le visage de Masato cela a l’air grave. Est-ce que Kabuto aurait retourné sa veste et éliminé son père ? Shinsuke retournait le problème dans tous les sens et finissait par avoir une série d’hypothèses longue comme la lame de l’épée de son père lorsqu’il s’endormait.

La fin du voyage avait été difficile. Aussi Masato le déposa dans sa chambre, délicatement, sans le réveiller. Tu as donné tout ce que tu avais, ton père peut être fier de toi.

Puis, il passa par ses appartements. Le temps de se jeter un peu d’eau sur le visage et il était déjà reparti, en direction du lieu qui l’avait aimanté depuis le sentier où il avait reçu le message. Masato écarta sans ménagement les servantes qui voulaient le faire patienter et s’engouffra dans la pièce.

Il s’agissait d’une vaste chambre qui exhalait nombre d’arômes délicats. Akari avait toujours eu du goût pour tout ce qui touchait aux parfums et au-delà. Le soleil perçait à travers la fenêtre et jetait une lumière douce sur le lit, où Akari était assise, de dos. Les voiles de son lit à baldaquins masquaient le haut de sa tête.

- Qui est là ?
- Un frère venu pour toi.
- Masato ? fit Akari en se retournant.

Ce fut comme un heurt en pleine poitrine. Masato resta d’abord immobile, pétrifié, puis il avança doucement, les jambes coupées par ce qu’il voyait. Qui a pu faire cela ? pensa Masato en baissant la tête. Non, ce n’est pas possible. Je dois être dans un rêve : je me suis endormi sur la route donc je ne suis pas encore arrivé à destination. Bien qu’il essaya de s’en convaincre, plus il se rapprochait de sa sœur et plus le rêve ressemblait à la réalité. Une affreuse réalité.

Du regard bienveillant et affectueux d’Akari ne restait rien. Une balafre barrait son visage au niveau des yeux. Le noir était son quotidien désormais. Tant de fois un regard suffisait pour nous comprendre. Ses yeux m’ont inspiré, encouragé, donné de la force pour m’améliorer. Ils ont tant apporté autour d’eux. J’y ai tellement puisé, dans ce regard, qui était l’encre me permettant d’écrire nombre de belles pages.

Le drame ne s’arrêtait pas là, comme le découvrit Masato en s’immobilisant à quelques pas de sa sœur. La chevelure de cette dernière avait été taillée grossièrement, de sorte que seules quelques mèches de cheveux blonds restaient présentes sur son crâne. Pour finir, ses seins avaient été tranchés. Des pansements et des bandes débordaient de sa chemise. Une vision d’horreur. La prédiction d’Oogama Sennin… Elle était en deçà de la vérité…

- Tu ne parles pas ? demanda Akari inquiète du silence qui régnait dans la pièce.
- Que s’est-il passé ? parvint à articuler Masato d’une voix faible, à genoux devant sa sœur et prenant ses mains dans les siennes. Même là il avait l’impression que les mains de sa sœur avaient été dégradées.

Akari respira doucement et, imprimant une légère pression sur les mains de Masato répondit :

- Je… J’ai voulu négocier avec Goro, pour toi.
- Akari, tu…
- Je lui avais fait parvenir un message. Il avait répondu et fixé un rendez-vous au Pays de l’Herbe. Avec des hommes je m’y suis rendu mais sur la route nous avons été attaqués. J’en ai tué, tu peux me croire ! Mais ils étaient trop nombreux et finalement ils m’ont…

Akari n’en dit pas plus et Masato imagina sans peine ce que silence signifiait. Ils n’auront reculé devant rien.

- Ces hommes étaient membres des Ailes ? demanda Masato dont les yeux se coloraient de haine.
- Je ne sais pas. Ils n’avaient pas vraiment de signes distinctifs. Tout est allé si vite.

Elle fit une pause avant de terminer :

- Ryuichi m’a récupéré quelques heures plus tard, d’après ce qu’il m’a dit. J’avais perdu connaissance. Il m’a emmené chez un médecin pour que je puisse être en condition de rentrer chez nous.

Chaque phrase d’Akari était une lame qui perçait le corps et le cœur de Masato. C’est ma faute, je n’aurais pas dû prendre à la légère son attitude. Une faute impardonnable.

- Pourquoi avoir fait cela Akari ?

Masato serra fortement les mains de sa sœur à cet instant.

- Je voulais te protéger. Si Goro voulait de l’argent, des informations j’étais prête à les lui fournir.
- Tu serais passée pour traître à la nation ! Tu aurais été…
- Peu importe si je pouvais te sauver.

J’espère que père n’a pas eu vent de cela. Probablement que non. Sinon il l’aurait laissée là où elle était. Et elle serait morte à présent.

- Ma sœur je suis là et…

Masato avait du mal à trouver quoi dire. Sa gorge était sèche. Il aurait voulu la disputer comme jamais, voire la frapper pour ce geste insensé qu’elle avait eu. En même temps son état lui donner envie de l’étreindre à tout rompre et de ne plus jamais la laisser loin de lui. Ce fut d’ailleurs l’option qu’il choisit. Et Ichirô dans quel état se trouve-t-il ?

- Ichirô était là il y a quelques instants. Il tombait de sommeil à force de me veiller aussi il est parti dormir un peu.

Akari avait toujours été douée pour savoir à quoi pensait Masato. Elle ajouta :

- J’aimerais tant te revoir… Tu te souviens de cette phrase ?
- Comment pourrais-je l’oublier ?
- Je crois que je ne te verrai jamais plus.

Masato relâcha son étreinte. Il aurait pleuré s’il avait pu mais en ce moment ses réactions corporelles étaient comme bloquées. Akari l’enserra et lui murmura une phrase à l’oreille. La stupéfaction laissa rapidement place à l’abattement et à l’incompréhension sur le visage de Masato :

- Akari mais… pourquoi…
- Masato…

Akari ne termina pas sa phrase et se prit la tête dans les mains. Elle était prise comme d’une grosse migraine qui la faisait gémir. Elle cria, comme si elle venait de se réveiller d’un mauvais rêve.

- Akari est-ce que ça va ? lui demanda Masato en la tenant doucement par les épaules.
- Qui êtes-vous ?
- Mais Akari c’est…

Elle le repoussa vivement et Masato tomba du lit. Akari lui lança des lames de glace qu’il détruisit grâce à sa main gauche.

- Akari je…
- Vous vous êtes infiltré ici pour me faire du mal ? lança-t-elle en préparant une nouvelle salve.
- Mais non je…
- Ce que vous m’avez fait ne vous a donc pas suffi ?

Ne me dites pas que... Des piques de glace jaillirent du sol et Masato dut s’éloigner de sa sœur et reculer jusqu’à se trouver aux portes de la chambre.

- Partez !!! Mon frère vous tuera !

Ce cri de haine fut le coup de grâce. Il sortit de la chambre et referma la porte. Les cris semblaient diminuer.

- Nous voulions vous prévenir Masato-sama commença une des servantes qu’il avait bousculée mais qui était resté présente. Depuis son retour elle a des moments…d’absence. Elle ne sait plus qui lui parle, où elle se trouve et pense qu’on veut lui nuire.
- Désolé de vous avoir éconduite Sakurako. Je…
- Je comprends tout à fait… Masato-sama ?

La tête lui tournait et il tomba sur le sol. Trop de choses venaient de se passer. La douleur était trop forte et il avait trop peu dormi. Il se réveilla quelques minutes après, tandis que Sakurako lui appliquait une serviette humide sur le visage. Il but trois gorgées d’eau sucrée, s’appuya sur la servante pour se relever et, brinquebalant, se dirigea vers la salle du Conseil.

Ryuichi était à l’entrée. En un échange de regards tout était dit. Masato le remerciait et l’épéiste aussi, pour lui avoir ramené son fils, en même temps que le Guerrier Noir s’en voulait de ne pas avoir pu empêcher Akari de partir, et d’être arrivé trop tard.

- Masato-sama votre père…
- Ma visite ne lui fera pas plaisir mais j’aimerais bien entrer.

Ryuichi fit la moue.

- Je ne sais pas si c’est le bon moment. La nouvelle de votre retour ne l’a pas vraiment empli de joie.

Il aurait sans doute préféré que je revienne dans un cercueil.

- Je m’en doute, mais je dois assister à ce conseil.

Des soldats s’approchèrent. Des hommes d’Hizamaru. Le justicier du Pays des Neiges tient à ce que toutes les lois soient respectées ? ironisa intérieurement Masato.

- Masato-sama, le conseil se tient et personne n’est habilité à pénétrer dans la salle sauf demande d’une des personnes présentes dans ladite salle.

Ryuichi les regarda comme s’ils tombaient du ciel. Il leur fit signe de déguerpir, qu’il s’occupait de la situation. Mais les hommes ne partaient pas.

- Je n’ai rien contre vous mais dressez-vous entre cette porte et moi et la seule femme que vous serrez dans les bras aujourd’hui sera glacée et portera une faux.

Une violente décharge de chakra conclut la menace de Masato et son regard fermé indiquait aux individus qui lui faisaient face qu’il ne plaisantait pas. Ryuichi avait un air contrarié, trouvant que toute cette histoire risquait de mal tourner. D’un côté j’ai fait affûter ma lame donc ce serait bien de pouvoir l’essayer, de l’autre Masato n’est pas vraiment un individu que je souhaite affronter.

- Vous avez entendu le monsieur ? Allez faire le tour du bâtiment pour voir si tout est bon.
- Mais Ryuichi-sama il…

Le regard de Ryuichi se ferma et il posa la main sur la poignée de son épée. « Faites ce que je vous dis. C’est encore moi qui commande ici non ? »

Les hommes s’éloignèrent en jetant un regard suspicieux sur Masato. Ryuichi attendit qu’ils soient hors de vue pour glisser à son interlocuteur : « Je dirai que j’étais allé voir mon fils. »

Le Guerrier Noir se mit de côté et regarda ailleurs. Masato poussa les deux portes permettant d’accéder au Conseil. Toutes les personnes présentes le regardèrent. Aucun sourire ne s’affichait.

- Masato tu es…
- Je sais où je suis et qui je suis mon oncle. Le conseil ne m’est pas interdit aux dernières nouvelles.

Il regarda en direction de son père. Shôkishi Anotsu laissa échapper un regard qui pronostiquait une triste réception à son fils. Oseras-tu me congédier devant tes hommes ? Masato prit néanmoins place à la table – où des sièges étaient inoccupés – et la séance reprit presque normalement.

« Donc la livraison du Bijû sera pour bientôt » lança Isaku. Les cheveux châtains et le visage souriant, c’était un homme finement musclé, d’une vingtaine d’années. Il avait la peau bronzé, comme nombre de personnes affectés au nord du Pays. C’était un peu l’homme à tout faire de Shôkishi Anotsu et il faisait toujours des merveilles.

- Ce sera l’occasion de tester le sceau des Uzumaki commenta Shôkishi.
- Et pour les autres pays ? Il faudrait être les premiers à…

Aran ne termina pas sa phrase. Les visages des personnes présentes lui indiquaient qu’il fallait passer à autre. Aussi l’arrivée prochaine de Yonbi ne suscita pas d’autres commentaires. L’attention des personnes et la tension naissante allaient pouvoir s’exprimer sous peu. Yuji Anotsu annonça alors le prochain thème, d’une voix sensiblement émue qui l’empêcha de terminer sa phrase :

- Vient ensuite Akari Anotsu et…

Isaku fut le premier à parler. Il fit part de sa compassion et prononça quelques phrases très appréciées. Kozue, le responsable des affaires étrangères déclara que l’information ne s’était pas encore vraiment répandue et qu’il n’en avait pas informé les cinq autres grandes nations.

Hizamaru fut le premier à ouvrir véritablement le débat :

- Du point de vue judiciaire, non seulement elle a désobéi aux ordres de notre seigneur mais en plus elle était prête à livrer des informations à l’ennemi.

Ils sont donc au courant de cet élément se dit Masato. Ce n’est pas très rassurant pour la suite. Il regarda en direction de son père, qui ne bougea pas d’un cil, les doigts en pointe sous son menton.

- Néanmoins, amenda Magatsu, le chef des services de renseignement, aucune information n’a été transmise vu la tournure des événements.
- C’est ce qu’il semblerait. Il n’empêche : toute transgression mérite sanction.

La réplique ne se fit pas attendre, bien qu’elle ne vint pas de Magatsu :

- Son état actuel ne vous suffit pas ? Vous voulez encore meurtrir son corps… ou bien en profiter comme ses bourreaux ?

Masato regretta ses paroles une fois qu’elles furent prononcées. Mais il était trop tard.

- Comment osez-vous… s’emporta Hizamaru qui rougissait à vue d’œil.
- Faites preuve de compréhension. La justice est aveugle et parfois ce n’est pas un avantage intervint Haïtani.
- De quel droit intervenez-vous ? Vous ne devriez même pas…
- Souhaitez-vous faire part de votre indisposition à celui à qui je dois ma présence ici ? Il préside cette table.

Shôkishi Anotsu balaya cette dispute d’un revers de main.

- Des indices sur les responsables ? demanda Isaku.
- Peu malheureusement commença Magatsu. Les principales options sont : les jashinistes, les Habaki, les Ailes ou un coup monté entre les deux derniers.
- Pour les jashinistes, il aurait fallu qu’ils interceptent le message non ?
- Ou qu’ils fassent parler des personnes au courant Yuji-sama. Les jashinistes ont fait mal aux Ailes ces derniers temps. Et puis il y a la possibilité d’une mauvaise rencontre… conclut Isaku.
- La sauvagerie plaiderait pour les jashinistes. Mais c’est même un peu trop et les autres n’ont pas été tués de manière si sauvage analysa Magatsu.
- Donc les Habaki…
- Ils ont tous un mobile trancha Hizamaru.
- Tous paieront lança Masato.
- Ils ne doivent pas être les seuls.

La voix claire et impérative de Shôkishi imposa un silence religieux au conseil. Masato ne sut s’il était visé par son père mais cette phrase le surprit, en même temps qu’elle le mettait mal à l’aise.

- Que voulez-vous dire ?

Ce fut Yuji qui répondit à Masato :

- L’état de ta sœur est instable. Tu as pu le constater par toi-même non ?
- Elle a tué deux servantes et un garde à cause de ses crises à répétition. Cela fait des frais calcula le financier Aran.
- Sans compter les plaisanteries et autres calembours qui seront faits.
- N’est-ce pas secondaire ? interrogea Haïtani.

Hizamaru ne répondit pas.

- Elle est capable de parler et… débuta Masato.
- Pour une durée limitée corrigea Hizamaru.
- Un quart d’heure de lucidité par jour ce n’est pas suffisant commenta Shôkishi.
- Vous parlez de votre fille !
- Crois-tu que la perte de ses cheveux et de ses seins me l’ait fait oublier ?

Masato se tut. Visiblement sa voix portait encore moins que d’habitude en ce jour. Il ne serait pas entendu. Peut-être devrais-je me taire jusqu’à la fin du conseil, aller voir ma mère et mon frère et revenir seulement vers mon père après.

Haïtani regarda en direction de Masato. Son regard exprimait une certaine compassion, bien qu’il fut difficile de savoir si elle était sincère ou intéressée. Comprenez-vous ce qui est en train de se jouer jeune prince ? Il est déjà trop tard pour arrêter ce qui est en marche.

- Elle a tué et mis en danger le Pays des Neiges analysa froidement Hizamaru. Nous avons perdu des hommes valeureux dans cette opération fantaisiste. Akari Anotsu a causé des dommages à sa nation.
- C’était pour me sauver ! la défendit Masato dans un cri mêlant l’amour pour sa sœur et la colère.
- Ton cas sera étudié en temps voulu coupa sèchement Shôkishi.

Masato le regarda, l’air interdit. Aucun mot ne lui vint à l’esprit pour répondre. Il avait presque l’air d’un homme blessé à mort. Les mains entrelacées au niveau de la bouche, le Seigneur du Pays des Neiges allait conclure ce dernier point de la séance et le conseil, par la même occasion.

« Ils s’en sont pris à ma fille. Elle a désobéi à mes ordres et nos ennemis espèrent sans doute causer quelques dommages au Pays des Neiges. Dévoiler une quelconque faiblesse et nous abaisser vis-à-vis des autres nations. Quelle erreur ! » s’exclama Shôkishi dont les yeux s’animaient. Il poursuivit : « Au contraire, cet événement sera de nature à montrer notre force et à imposer le respect à nos partenaires. »

Shôkishi Anotsu avait parcouru les visages des membres de son conseil un à un pendant qu’il parlait, comme pour mieux juger de leur fidélité et sonder leurs pensées. Il s’arrêta sur celui de son fils, à qui sa dernière phrase s’adressait : « Tueras-tu ta sœur ou bien dois-je m’en charger ? »
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MessagePosté le: Sam 03 Aoû 2013, 10:28 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 53 : Coup de foudre et jashinisme


Le combat s’annonçait plus équilibré à quatre contre quatre. Shisui avait retenu ses adversaires le temps que Tetsuo et Gin se relèvent et que Joïchiro soit revenu de sa petite promenade en contrebas. L’escalade semblait l’avoir stimulé : « Avec un tel échauffement je suis prêt ! » lança-t-il une fois de retour parmi ses coéquipiers.

Les jashinistes étaient plutôt contrariés qu’il n’y ait pas eu de perte du côté des Ailes. Pourquoi les a-t-il seulement assomé ? Eux les auraient tués tous les deux. Pourquoi tant de clémence ? s’interrogeait Oren.

- Qu’est-ce que cela fait de se faire trahir ? les moqua Nao.
- Mal répondit Tetsuo le visage affecté par ce qui venait de se produire. Vous allez essuyer notre colère.
- Je demande à voir…

Elle fondit sur Tetsuo la paume de la main prête à lui fracasser la paume d’Adam mais son bras fut retenu à quelques centimètres du but. Joïchiro la rejeta en arrière.

- Pas de préliminaires ?
- Réussir à m’empêcher de le tuer. Impressionnant, vieil homme.
- Et ce n’est que le début des surprises.

Denji, Oren et Hajime se retrouvaient donc contre deux membres des Ailes.

- Shisui, tu t’occupes du type au fouet, les deux autres sont pour moi.
- Je n’aime pas que l’on décide qui va combattre protesta Denji en lançant son fouet en direction de Gin.

Shisui empoigna la lanière de l’arme de Denji. Il tenait fermement et même si Denji bougeait le fouet de manière à ce qu’il entaille sa main Shisui tenait bon. De toute manière, même s’il perdait sa main, elle se régénèrerait. Cette particularité va réclamer toute mon attention. En plus il n’est pas mauvais en genjutsu et avec ce sharingan… Tout cela ne m’est pas très favorable.

Denji hésitait sur la marche à suivre. Shisui profita de cette inaction pour tirer sur la lanière et projeter son adversaire à l’écart et éviter qu’Oren ou Hajime n’interviennent. Denji n’affronterait pas Gin tout de suite.

- Seul contre les deux plus puissants ?
- J’aime les défis répondit Gin en souriant.
- Tu ne souriras plus d’ici peu tonna Hajime. Jashin sera enchanté d’avoir une telle offrande.
- Même si elle sera en petits morceaux.

Oren plaqua sa main au sol et généra une explosion. Gin balaya les éclats de pierres par une rafale de vent émanant de son corps.

- Il va falloir faire beaucoup mieux !
- C’est prévu indiqua Hajime.

De l’eau se mit à ruisseler sur le sol puis forma rapidement un cube, avec Gin en son centre. Une nouvelle prise pour la prison aqueuse. Enfin un peu d’action s’enthousiasma le jashiniste. Il commença par essayer de se déplacer mais remarqua que ses mouvements étaient ralentis dans un tel environnement. Qui plus est ses coups ne semblaient pas altérer la structure de cette geôle.

- J’espère que tu es fort en apnée sinon tu vas rapidement mourir.

La parole d’Hajime ne parvint pas clairement à Gin. Peu importait en vérité. Si je ne peux rien faire de l’intérieur, alors il faut frapper de l’extérieur. Et ne pas compter sur mes coéquipiers.

- Ce sera suffisant pour le retenir ?
- Ne vous en faites pas, Oren-sama, je vais ajouter quelques suprises.

Hajime appuya sa main sur la surface de la prison aqueuse et des requins apparurent. Zut se lamenta Gin. Je pensais attendre tranquillement ici la fin des combats mais si des requins viennent sur moi je dois réagir. Même à travers l’eau Oren et Hajime aperçurent le visage de leur adversaire s’animer.

- Cela ne me dit rien de bon.

Oren avait raison. Les nuages se mirent à défiler et de petites tornades se formèrent sur le sol. Surtout, une plus importante se dressa pile à l’endroit où se trouvait la prison aqueuse.

« Il arrive à utiliser son chakra même dans de telles circonstances » constata Hajime. Le tourbillon fit exploser la prison aqueuse, jetant les requins sur le sol.

- La pêche a été bonne aujourd’hui. Et si j’avais échappé à la douche la première fois ce n’est pas le cas ce coup-ci. Je sentais si mauvais que cela ?

Le sourire de Gin, à la fin de cette phrase contrastait avec la mine de ses adversaires. Sa maîtrise du Fûton compliquait les choses. Oren et Hajime devait rapidement trouver un moyen de retourner cette force contre lui.

« Si vous ne faites rien, alors c’est à mon tour de passer à l’offensive. » Tout se passa très vite : les petites tornades qui étaient apparues fusionnèrent et, dans le même mouvement, Gin sortit un rouleau d’invocation qu’il plaça au centre de la tornade.

- Fûton : La tornade meurtrière.
- Oren-sama, baissez-vous !

Hajime établit une barrière d’eau pour les protéger mais elle fut rapidement taillée en pièces par les projectiles qui émanèrent de la tornade. Gin y avait placé un rouleau invoquant des shurikens Fuma, des kunaïs, etc. En somme un petit arsenal qui était dispersé par les vents de la tornade. Mais pas n’importe comment : grâce à son chakra, Gin avait un contrôle très fin du tourbillon comme de ce qu’il contenait. De sorte qu’il pouvait diriger les projectiles et intensifier la force du vent.

La barrière d’eau ne fit pas long feu et, en dépit des protections aqueuses qu’Hajime dressa, il encaissa de lourds dégâts, chaque projectile qui le frôlait semblant le démembrer. « Tu pourras t’amuser à essayer de recoller ses morceaux toi qui es si forte pour faire exploser » suggéra Gin à Oren tandis qu’un nouveau projectile était lancé dans sa direction. Il stoppa sa course dans un rocher, à quelques pas de Denji.

Celui-ci ne savait plus quoi tenter. Ses attaques au fouet étaient inefficaces. Maudit sharingan, il lit sans difficulté les mouvements de mes attaques. Qu’est-ce que je peux faire ?

Il essaya de jeter des kunaïs en même temps qu’il actionnait son fouet mais Shisui avait toujours un temps d’avance. Si ses yeux peuvent suivre ce que je fais, alors s’en prendre à son corps est la meilleure solution pour ralentir ses mouvements. Voir mais ne pas pouvoir agir, voilà une situation frustrante.

Denji fonça sur son adversaire. Il avait son plan en tête et était persuadé de le mener à bien. L’espace d’une seconde il croisa le regard de Shisui avant de lancer son fouet que l’Uchiha essaya de parer. Contre toute attente le fouet s’enroula autour de son bras. De son autre main, Denji lança un parchemin explosif.

A cette distance, Shisui ne put éviter l’explosion. La position défensive qu’il avait adoptée pour faire face à l’impact lui coûta une jambe. Il tenta de se relever mais il était trop tard : Denji l’avait enserré avec son fouet.

- Avec ton corps tu pourras te régénérer même si je te réduis en petits morceaux ?
- Je ne te conseille pas d’essayer, tu pourrais te faire mal.
- Vraiment ?

Denji fit circuler le chakra dans son arme et commença à pressurer son adversaire. Des craquements d’os se firent entendre et Denji sentit une vive douleur. Il parvint néanmoins à garder le contact du fouet.

- Je sens la douleur que je t’inflige. Je ne pensais pas que mon don, en se développant, me rapprocherait d’Hidan.

Une certaine interrogation se lisait sur son visage. C’était la première fois qu’il ressentait cela.

- Je t’ai prévenu, tu vas…
- La ferme !

Denji continua et la douleur devint terrible, insupportable à un point tel qu’alors que Shisui était sur le point d’être réduit en morceaux, Denji lâcha son fouet, ses os étant en bonne partie rompus. Sa vue se troubla et tout se mit à bouger autour de lui. Comme si sa tête était secouée. Il se vit pris dans son propre fouet.

- La douleur que tu t’es infligée involontairement a pu te faire sortir de mon genjutsu.
- Que…

Le jashiniste venait de comprendre. Il n’avait jamais eu Shisui. Plongé dans un genjutsu il s’était lui-même emprisonné dans son fouet et s’était infligé le châtiment. Il n’était plus en état de combattre.

- Je te laisse le temps de dire une dernière prière pour ton Dieu.
- Merci.

Denji pria et lorsqu’il releva les yeux, Shisui lui trancha la gorge avec un kunaï.

Au même instant, Nao mettait un peu de distance entre elle et ses deux adversaires. Depuis quelques enchaînements, elle se trouvait moins rapide. Elle avait beau donner de fausses pistes, viser au dernier instant, elle se faisait contrer. La jeune femme repartit à l’assaut de Joïchiro, visant sa tête, mais, si le chakra chargé dans sa main frôla la tempe gauche de son opposant, ce dernier lui envoya un coup de coude dans le dos qui la fit s’étaler sur le sol.

Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je suis plus lente qu’au début du combat alors que j’ai encore pas mal de chakra. Nao regarda en direction de Shisui, qui essuyait la lame de son kunaï. Elle n’était pas dans une illusion. L’Uchiha n’avait pas jeté un genjutsu sur elle. Pourquoi est-ce que je ralentis alors ?

Tetsuo laissa échapper un sourire en voyant la mine de Nao.

- Tu n’as toujours pas compris ce qu’il t’arrive ?

Comment a-t-il deviné ? Il est au courant ?

Le membre des Ailes ouvrit sa main. De la poussière se forma, qui se concentra pour prendre la forme d’une boule de métal grosse comme le poing.

- De la poussière de métal constata-t-elle.
- Exactement.

Nao regarda ses bras. Une fine poussière était présente sur sa peau. Elle gesticula pour l’enlever mais rien ne changea.

- Tu es une combattante au corps-à-corps et la vitesse est ton atout. Te ralentir c’est te rendre plus vulnérable. Chaque fois que tu t’approches de moi, tu franchis un voile de poussière et un peu de métal se dépose sur toi. Peu à peu, sans que tu ne t’en rendes compte, tu te retrouve lestée, comme si tu portais des poids d’entraînement.

L’enfoiré ! Je ne pensais pas qu’il maîtrisait le Kinton à ce point ni qu’il était assez malin pour analyser son adversaire et établir une telle stratégie. Nao était toutefois loin de baisser les armes :

- Il me suffit de te tuer ou de t’épuiser pour que cette poussière disparaisse. Cela doit te coûter pas mal de chakra je me trompe ?
- Seulement si je fais ça.

Nao mit un genou à terre. Tetsuo venait d’augmenter la masse de la poussière de métal qui se trouvait sur son adversaire. Je vois. Pas le temps d’attendre. Je dois porter un coup fatal maintenant ou je vais vraiment y passer. La jashiniste concentra toutes ses forces dans son corps et partit en direction de Tetsuo. Elle visa le ventre pour mieux s’écarter par la droite, au dernier moment. Tetsuo avait formé des griffes de métal qui éraflèrent le dos de Nao lorsqu’elle le frôla. Elle prit alors appui sur un rocher et se propulsa sur son adversaire, le chakra concentré dans les doigts de sa main droite pour toucher l’aorte thoracique.

« Que tu es lente. » Tetsuo griffa l’air d’un geste de la main et les griffes de métal blessèrent Nao au bras droit avant de la faire rouler sur le sol. Elle se releva ; Tetsuo était dans son dos. Nao sentit le froid du métal qui lui transperça le corps au niveau de la rate. Elle baissa la tête et vomit du sang. Quand elle la releva, Joïchiro était devant elle, un katana osseux dans la main.

- Tu arrives au bout du chemin.
- Se faire battre par des hérétiques, c’est rageant.

Nao sourit avant que sa tête ne vole à plusieurs pas de là. La lame de Joïchiro n’avait pas eu Masato mais elle ne resterait pas immaculée aujourd’hui.

- Finalement, vous n’êtes que des petits religieux de pacotille persifla Gin tandis que Shisui, Joïchiro et Tetsuo le rejoignaient.
- Ainsi vous avez éliminé Denji et Nao.

Le regard fermé d’Hajime indiquait qu’il était passablement contrarié par cette situation. Très mal en point suite à l’attaque de Gin, ce quatre contre deux n’augurait rien de bon pour les fidèles de Jashin. Mais un miracle…

- Je me ferais bien une autre femme aujourd’hui !
- Joïchiro vous…

Mais Gin ne put terminer sa phrase. Le Kaguya avait faim de combat. Un combat en un contre un cette fois. Oren ne se déroba pas : protégée par Hajime elle était en bonne condition pour se battre.

Au premier contact Oren fit exploser le katana osseux de Joïchiro. Celui-ci bondit en l’air et, tout en préparant sa réception au sol utilisa les phalanges perforantes contre Oren. Elle les évita remarquablement.

Joïchiro se réceptionna au sol et c’est là qu’il comprit son erreur. La garce elle l’a piégé…

Une explosion retentit et quelques instants d’attente furent nécessaires avant que l’on puisse de nouveau voir quelque chose.

- Vous vous êtes rappelé trop tard que le Bakuton s’applique aussi à la matière.

Joïchiro était à genoux le corps en partie brûlé, l’autre recouvert d’os qui avaient résisté à l’explosion. Son regard était inanimé. « Le clan Kaguya vaut mieux que ça ! » lança Tetsuo. « Vous êtes toujours en train de vous vanter et vous baissez déjà les bras Joïchiro-sama ? »

Ces propos semblèrent réveiller le ninja à moitié mort. Il se redressa et fit signe à Oren de s’approcher. Celle-ci ne se fait pas prier. Les gestes de Joïchiro étaient tellement ralentis qu’elle n’eut aucun mal à les éviter et à plaquer sa main sur son abdomen.

- Cette explosion aura raison de vous. Adieu.
- Maintenant Tetsuo.

Les bras de Joïchiro se refermèrent sur Oren. Elle tourna la tête et vit Tetsuo, une lame de métal flottant à ses côtés. Il s’est sacrifié pour m’avoir. En se laissant blesser il m’a fait baisser ma garde juste ce qu’il fallait pour me piéger.

- Faire intervenir une autre personne dans un combat, vous n’avez aucun honneur.
- Celui de gagner et c’est la seule chose qui compte murmura Joïchiro.

Il est trop fort, je n’arrive pas à me dégager. La lame de métal était à une dizaine de centimètres d’Oren quand elle fut contrée par un marteau. Tetsuo dut se baisser pour éviter une hache, qui lui frôla le haut du crâne.

- Quelle vigilance mon garçon. Nombre de ninjas se sont faits avoir par une attaque de ce genre.
- Père… murmura Oren.

Mozen et Otoki venaient d’arriver sur le champ de bataille. Oren saisit le marteau pour se dégager de l’emprise de Joïchiro, qui tomba sur le sol.

- Pourquoi êtes-vous venus ? s’inquiéta Hajime en se tenant l’épaule gauche. Il ne faut pas vous exposer…
- Du calme le rassura Otoki. Nous aurions pu envoyer d’autres fidèles mais aujourd’hui est un jour spécial. Nous allons faire une rencontre.
- Une… rencontre ?
- Oui confirma Mozen.

Les membres des Ailes ne comprenaient pas grand-chose à ce langage. Tetsuo pensait qu’il s’agissait de Masato mais ce dernier devait être loin vu qu’il avait parlé de rentrer. Ou alors il nous a piégé ?

- La seule rencontre que vous allez faire aujourd’hui est celle de la mort. Je ne sais pas si elle valait un déplacement se demanda Gin.

En quelques mouvements Otoki se déplaça près des corps des jashinistes décédés. Elle posa leur main sur leur cadavre et quelque chose sembla émerger, qui pénétra dans la chaire d’Otoki. Mozen, de son côté, absorba le fouet de Denji et la technique de Nao. Les rôles des deux chefs apparaissaient clairement : à Otoki l’apposition de la marque et la récupération de celles des fidèles tombés ; à Mozen le don de l’arme. Tout jashiniste décédé voyait son arme absorbé par Mozen, même à distance. En cela il avait un avantage sur sa femme qui devait être en contact avec le corps pour récupérer la marque, ou bien recourir à un intermédiaire qui absorberait la marque via un rouleau qui serait restitué à Otoki. Comme cela devait se passer pour Hidan.

- Il est l’heure énonça Mozen.

Un flash de lumière blanche illumina alors le lieu où les belligérants se trouvaient.

- Le voilà.
- Il semble qu’il ne soit pas seul nuança Otoki.

Trois silhouettes se dessinèrent. La lumière était si vive qu’il était impossible d’en voir davantage. Puis elle disparut, permettant de mettre un nom sur ces trois apparitions.

- Goro, quelle surprise s’étonna faussement Gin.

Le maître des Ailes ne releva pas la familiarité de Gin et se contenta de balayer le terrain d’un regard.

- Masato et le jeune épéiste ? demanda-t-il.
- Partis. Il a reçu un message et a tourné les talons l’informa Shisui.
- Il devait avoir une bonne raison sourit méchamment Goro.

Son visage laissait filtrer un mélange de colère et de satisfaction. Une satisfaction difficile à interpréter. Est-il satisfait du départ de Masato, auquel cas il sait pourquoi il est parti ? Ou bien il est content de voir que nous avons éliminé des jashinistes ? Tetsuo aurait donné cher pour que Goro lui réponde immédiatement.

Le chef des Ailes était accompagné d’Orochimaru et de son fils Hikawa. Ce dernier les avait téléportés ici et son corps n’était ni amaigri ni affaibli. Orochimaru avait bien travaillé sur son corps. Il lui avait implanté des cellules d’Hachibi, qu’il avait obtenues à Kumo et cultivées dans son laboratoire. Le fils de Goro disposait ainsi d’une importante réserve de chakra, pour utiliser au mieux ses capacités sans mettre en danger sa vie. C’était la première fois qu’il utilisait ses pouvoirs avec d’autres personnes. Un test réussi haut la main et qui satisfaisait visiblement Goro.

- Le maître de ces hérétiques jubila Otoki.
- Comme prévu ajouta Mozen.
- Je vous retourne le compliment. Et maintenant, c’est le moment de mourir.

Le Ranton de Goro s’abbatit sur les jashinistes mais Mozen dévia l’attaque en lançant sa hache en l’air.

- La foudre frappe les points élevés. Il faudra trouver mieux.

Mozen, dans la foulée, projeta d’autres armes en direction de Goro. Celui-ci amortit le choc grâce à son brouillard électrique.

- Tes pouvoirs sont inefficaces par rapport à ceux de ma foi.
- Serais-tu prêt à miser ta vie là-dessus ? lui demanda Goro.

De gros nuages noirs s’approchaient. Cette évolution défavorable n’échappa pas à Oren qui fit signe à son père. « Ne sois pas inquiète mon enfant, Jashin veille sur nous. »
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Jûbi


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MessagePosté le: Mer 07 Aoû 2013, 3:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 54 : De battre son coeur s'est arrêté


Sa mère et son frère échouèrent également face à la volonté inflexible du Seigneur du Pays des Neiges. Tsugumi Anotsu fut la première, à la suite du conseil, à essayer d’infléchir la décision de son mari :

- Pourquoi nous infliger cela ? Tuer ton enfant…
- As-tu oublié notre position ? Si je montre de la clémence pour ma fille alors qu’elle a menacé les intérêts du pays et coûté la vie à plusieurs personnes, qu’est-ce que l’on pensera de moi ?
- Que tu es père avant d’être seigneur.
- Que je suis faible et incapable de gouverner.

La Reine du Pays des Neiges ne masqua pas sa désapprobation. Elle tenta une autre approche, qui rencontra rapidement la même opposition :

- Tu passeras pour quelqu’un de cruel. Et la cruauté n’aide pas à gouverner longtemps.
- Je suis ma justice. C’est par elle que je suis parvenu là où je suis aujourd’hui.
- Il faut parfois savoir évoluer…
- J’ai évolué : quelques années auparavant j’aurais demandé à Ryuichi de l’éliminer sur le champ. Là elle a eu un délai.
- Quelle générosité…

L’ironie de la reine ne passait pas mieux que celle des autres personnes. Shôkishi la regarda d’un air qui lui suggérait de partir si elle n’avait rien à ajouter.

- Et si j’avais été à sa place ?
- Ce n’est pas le cas que je sache.

Elle était sortie blessée mais ne laissa rien paraître. Les années passées au côté de son époux lui avaient apprise à ne pas laisser filtrer ses émotions, pour que personne ne puisse lire en elle. En cet instant, l’effort relevait de l’exploit et elle ne garda pas son masque longtemps après avoir rejoint ses enfants.

En apprenant le résultat de l’entretien, Ichirô baissa les bras. Il ne servait à rien d’aller parler à son père. Mieux valait veiller sur Akari. Avec Masato, ils se relayaient à son chevet. Ses crises ne faiblissaient pas. Leur irrégularité était un réel problème et ils étaient toujours à proximité, pour éviter qu’une servante ne soit blessée.

Juzo confessa qu’il ne pouvait pas faire grand-chose sur ce cas, à son grand regret. Kabuto fit un peu mieux : il prépara des mixtures qui diminuaient la fréquence des crises. Au-delà il n’avait rien à proposer. Sauf à jouer au petit jeu des greffes. Un jeu particulièrement dangereux vu qu’il ne disposait pas d’informations complètes sur le clan Anotsu.

- Elle ne retrouvera donc jamais la vue ? demanda Masato tandis qu’il parlait à Kabuto, à l’extérieur de la chambre.
- Tenter une greffe dans ces conditions équivaut à jouer à pile ou face. Et encore, il n’est pas dit qu’elle ait 50% de chances de réussite.
- Pour améliorer cela il faudrait accéder à l’historique médical de notre clan.
- Un dossier des plus sensibles. Vous comprendrez que je n’ai pas demandé à votre père.

Sa réponse est des plus simples à imaginer. Masato avait envie de changer de sujet :

- Je suis surpris de ne pas voir Murasaki. Est-il dans les parages ?

Kabuto regarda Masato d’un air interloqué. Il ajusta ses lunettes avec le majeur de sa main droite avant de répondre :

- Murasaki n’est plus ici.
- Officiellement oui. Votre faux cadavre a fait forte impression.
- C’est son cadavre qu’Orochimaru a examiné. Vous ne le saviez pas ?

Il n’avait pas l’air de mentir. Masato le salua et partit sur le champ trouver son père. Ce dernier se trouvait dans son bureau. La pièce baignait en partie dans la lumière du jour et comportait quatre bibliothèques imposantes ainsi qu’un bureau en bois massif sur lequel trônait, entre autres choses, le symbole du clan Anotsu : une tête de dragon en acier. Shôkishi était en train d’écrire et leva à peine la tête lorsque son fils survint :

- Kabuto dit-il la vérité ? Murasaki a été tué ?
- J’aurais aimé que tu l’apprennes dans d’autres circonstances.

Son père chercha du regard Kabuto mais l’ancien bras droit d’Orochimaru avait préféré ne pas venir pour éviter la colère de Shôkishi.

- Pourquoi ? Vous deviez le…
- Il nous avait appris tout ce qu’il savait.
- Orochimaru devait…
- Le serpent a toujours du venin à répandre. Mieux valait ne prendre aucun risque. Et maintenant que tu n’es plus à ses côtés…

Le regard du Seigneur des glaces se durcit. Il lâcha sa plume et rassembla ses mains sous son menton.

- Vous me reprochez d’être revenu ?
- Je reproche à ton grand-père et à ta mère de s’être mêlés de cette affaire. Même ton frère avait compris qu’il ne fallait pas te prévenir. Résultat des courses : tu n’as aucun espoir de retourner auprès de Goro.

Il respira, comme pour donner plus de poids à la phrase qui allait suivre :

- Qu’est-ce que je vais pouvoir faire de toi ?
- Me tuer comme ma sœur ? répondit Masato du tac au tac.
- Pourquoi pas conclut froidement Shôkishi.

Sans laisser le temps à son fils de répondre, il se leva en direction d’un coffre, situé contre un mur, à côté du bureau. Il l’ouvrit, plongea ses mains dedans pour en extraire un linge plié qu’il déposa sur son bureau. Relevé, le linge révéla une épée à une ou deux mains, longue et brillante. Aucun doute n’était permis.

- Mais c’est…
- Glace. L’épée la plus célèbre de notre clan. C’est avec elle que ta sœur trouvera la paix.

En imaginant la scène, Masato recula. Ce ne fut pas du goût de son père, qui poursuivit :

- Elle t’a demandé de mettre un terme à ses jours. Pourquoi lui refuser ?

La stupeur se lut sur le visage de son fils. Comment le sait-il ? Ces mots, murmurés par Akari lorsqu’il l’avait retrouvé dans sa chambre, la première fois, revenaient à ses oreilles et se faisaient encore plus suppliants en cet instant.

- Parce qu’avant, ceux qui lui ont fait cela doivent payer.

Cette réponse imprévue de Masato eut le mérite de surprendre le Seigneur du Pays des Neiges, même s’il dissimula parfaitement son sentiment derrière son visage impassible.

- Chaque chose en son temps. Tout le monde paie ses dettes un jour ou l’autre. Tu peux me croire.
- Je ne mets pas votre parole en doute mais votre jugement.

Shôkishi Anotsu préféra ne pas revenir sur la fin de la phrase :

- Ta sœur tenait une pièce d’or dans sa main droite lorsque Ryuichi l’a récupérée. Magatsu a déjà envoyé des hommes pour savoir à qui elle pouvait appartenir.
- La belle affaire. Justice sera rendue quand elle sera morte. Elle ne verra pas ces salauds.
- Elle est aveugle.

La remarque de son père ne le fit pas rire. Bien au contraire. Faisant indirectement écho aux paroles d’Hiazamaru lors du conseil, un événement encore tout frais dans la tête de Masato, elle fut la goutte d’eau de trop :

- Vous voulez l’éliminer car non seulement son état vous dérange mais en plus cela remet en question vos projets. Elle aurait pu épouser un beau parti. Un Kage je me trompe ? Maintenant cela ne se fera pas. Et elle déshonore notre clan. Aussi, plutôt que de la garder, de faire preuve d’un semblant de solidarité et de compassion vous voulez l’éliminer. Pour qu’il n’y ait pas de tâches dans le clan Anotsu. Vous procédez comme avec Murasaki. Et vous appartenez à l’alliance des grandes nations !

La voix de Masato était allée en se durcissant. D’abord presque tremblotante elle avait pris une certaine assurance pour terminer dans des accents de colère froide que n’auraient pas renié son père si ce n’est l’exclamation finale. Il n’avait pas bougé, écoutant son fils sans sourciller. Il ne répondit pas, laissant les secondes s’écouler. Cela ne suffit pas à mettre le jeune prince mal à l’aise, comme tant de fois par le passé. Shôkishi rompit le silence avec une simple question : « Prends-tu cette épée ou non ? »

Masato empoigna Glace, son fourreau, et sortit de la pièce. Les choses sont claires. Je pars avec Akari ce soir. Il s’entretint avec sa mère et son frère dès son arrivée dans la chambre d’Akari. Ils désapprouvèrent :

- Tu vas être considéré comme déserteur mon fils.
- C’est de la folie !
- Mère je sais que c’est risqué mais je ne pense pas que ma position puisse être pire. Et puis il s’agit d’Akari. Elle doit vivre.
- Permets-moi de…
- Non Ichirô. Tu restes là. Il ne sert à rien que nous y allions tous les deux.
- La colère de ton père, es-tu prête à aller jusque-là ?
- Cela fera une personne de plus qui voudra ma tête. Peut-être devrais-je en informer les Habaki, les jashinistes et les autres grandes nations. Ils s’uniraient pour me mettre la main dessus et tous les conflits seraient réglés !

Son frère sourit, pas sa mère. Elle connaissait trop bien son mari et imaginait déjà des journées pénibles pour ses deux enfants.

Est-ce que cela figurait dans la prédiction d’Oogama Sennin ? se demanda Masato en regardant sa sœur. La jeune aveugle les entendait, sans pouvoir les observer. Elle saisissait parfaitement ce qui se jouait. Pourquoi faire cela mon frère ? Tu veux te faire tuer avec moi ? C’est une belle idée mais tu n’as pas à mourir pour moi. Je suis responsable de mes actes. J’ai voulu œuvrer par moi-même. Et j’ai commis de lourdes erreurs.

- Dis Akari ça te dirait d’aller voir si la neige n’est pas plus blanche ailleurs ?
- Dans mon état je ne pourrais pas skier. Mais une petite ballade, pourquoi pas répondit-elle avec un faible sourire. Il ne m’écouterait pas de toute façon.
- Alors t’as intérêt à bien manger pour ne pas connaître de fringales !

Le soir venu Masato sortit avec Akari. Ils connaissaient parfaitement les rondes des gardes vu le nombre de soirées qu’ils avaient passées à faire le mur. C’était une nuit de pleine lune, mais beaucoup de nuages défilaient, qui masquaient, à intervalles réguliers, sa lumière. De quoi faciliter le départ des deux Anotsu.

Le plus discrètement possible Masato fit avancer Akari, lui indiquant les marches, les pièges sur le sol. Ils progressaient lentement mais sûrement. Ce n’était pas suffisant. Les lumières de la ville étaient encore visibles quand ils furent interceptés. Ryuichi, Isaku et Magatsu leur barraient la route dans une zone entourée de forêts.

- Vous n’êtes pas venu seuls en plus. Donc fuir en forêt n’est pas une option. Il faut les affronter de face.
- Les forces spéciales sont à proximité Masato-sama confirma Magatsu.
- Vous ne pouvez pas l’emmener.
- Je sais bien Isaku, mais parfois on agit bêtement.

Glace jaillit de son fourreau. Il n’y avait pas de temps à perdre. Les blesser devrait suffire à nous dégager la voie. Avec une petite avalanche en prime, les forces spéciales seront perturbées juste ce qu’il faut pour que nous puissions les semer. Il y a un relais non loin d’ici avec des traîneaux, ce qui sera parfait pour progresser rapidement.

- Akari tu restes là. Si tu entends quelqu’un s’approcher et qu’il ne prononce pas notre mot secret, tu utilises le Hyôton.
- D’accord Masato.

Pour plus de sécurité, Masato dressa autour de sa sœur un bouclier de glace. « Comme ça tu seras protégée le temps que je règle ce problème. » Elle n’osait trop rien dire vu la situation.

« Je m’en occupe » annonça Ryuichi à Isaku et Magatsu. « Que personne n’intervienne. C’est entre lui et moi. » Le Guerrier Noir dégaina son épée. Sa lame était probablement deux fois plus longue que Glace et trois fois plus large. Un monstre d’épée du meilleur acier et qui n’avait jamais failli dans les combats où Ryuichi l’avait convié. La lumière de la lune éclairait son tranchant, ce qui provoqua un léger frisson chez Masato. S’il me touche je suis fichu. Physiquement je ne tiendrai pas aussi longtemps que lui. Tout se passe vraiment pour le mieux…

- Je ne suis pas un grand bretteur mais peut-être que certaines de vos leçons me seront utiles.
- Je vous le souhaite. Ne voyez rien de personnel là-dedans Masato-sama.

Il ne fallut que quelques foulées à Ryuichi pour que, grâce à son allonge, il puisse toucher Masato. Ce dernier ralentit le coup de son adversaire en élevant plusieurs piliers de glace qui freinèrent la lame, avant d’éclater sous la violence du choc.

- Ingénieux comme système admit le bretteur.
- Merci. Je ne vais pas pouvoir faire cela tout le temps. S’il se battait à 100% je ne suis même pas sûr que les piliers auraient vraiment ralenti son coup.

La stratégie de Masato était simple : il lui fallait tenir Ryuichi à distance et tâcher d’utiliser la neige à son avantage. En théorie c’était le bon plan. En pratique, en revanche… Ryuichi mariait superbement l’agilité et une haute taille, ce qui lui permettait de frapper même à bonne distance de son adversaire.

Masato réalisa rapidement que sa démarche ne tiendrait pas longtemps. Il fallait aller au contact. Et prier pour ne pas perdre un membre ou deux trop vite.

A sa première approche, il parvint à dévier la lame de Ryuichi grâce à sa main gauche, qui s’était couverte de chakra jaune sous la menace. Génial, voilà que l’équilibre entre les deux chakras commence à flancher. Mais cette fois-ci c’est à mon avantage. Si cela avait été avec la droite, elle aurait été emportée lors du contact. Un salto arrière et deux pas de recul lui permirent de mettre un peu de distance avec le Guerrier Noir avant de repartir à l’assaut.

Cette fois-ci il visa le haut de l’épaule gauche de Ryuichi. Dans la seconde Glace fut contrée. Il manie son épée avec tant de facilité qu’on croirait qu’elle est en bois. Masato recula d’un pas et fit un mouvement de bas en haut pour tâcher d’entailler son adversaire à partir du rein droit. Là encore son coup fut contré. Ryuichi en profita pour avancer, avec son épée, afin de déséquilibrer Masato. Celui-ci réagit en jetant de la neige, avec son pied droit, en direction du visage de Ryuichi. Il ne ferma les yeux qu’un instant mais cela suffit à Masato pour se dégager et s’éloigner en glissant sur la neige.

- Assez retors.
- On fait avec ce que l’on a sourit Masato.

Le fils de Shôkishi concentra alors son chakra pour utiliser la neige. Elle prit la forme de plusieurs tentacules, prêts à fondre sur Ryuichi, pour le saisir ou, du moins entraver ses mouvements. Quelques coups d’épées plus loin les tentacules étaient découpés en petits morceaux et se reformaient tandis que Ryuichi fondait sur Masato.

Il déclencha un blizzard, pour empêcher le Guerrier Noir de le localiser trop facilement. Lentement et avec un bruit de pas léger, Masato progressa vers Ryuichi. Il tenta de le prendre par derrière mais celui-ci abattit alors violemment sa lame, manquant d’emporter la jambe droite de Masato.

- Faites attention, je ne vous vois pas mais je vous entends approcher.

Il faut porter un coup rapide et décisif. Si je le blesse à une main, il sera amoindri pour se battre. Cela pourrait suffire.

Ryuichi avait fermé les yeux, les deux mains sur la poignée de son épée. Sa concentration était extrême. Masato confectionna deux boules de glace. Il jeta la première derrière Ryuichi, la seconde à sa gauche et, avant que la seconde n’ait totalement atteint le sol, il se présenta face à Ryuichi. C’est là que tout se joue !

Glace fusa sur la poignée de l’épée de Ryuichi. Elle ne rencontra que du métal. Ryuichi tenait son épée à une main et Masato avait visé là où la seconde aurait dû se trouver. Bon sang il a anticipé ! Le Guerrier Noir saisit alors la lame de Glace dans sa main libre et la leva. Masato ne lâcha pas prise. Il reçut un coup monstrueux du plat de l’épée de Ryuichi qui l’envoya s’encastrer dans un épais monticule de neige.

- On dirait que Ryuichi s’amuse bien constata Isaku.
- C’est le mot. Il s’amuse. Il aurait dû conclure cet affrontement il y a déjà pas mal de temps.
- Il souhaite battre son adversaire sans libérer son corps ou son épée. Cela peut se comprendre non ?
- Mouais. Shôkishi-dono risque quand même de lui passer un savon.
- Ce ne sera pas la première fois…

Je dois avoir une ou deux côtes cassées. Et encore il n’a pas frappé de toutes ses forces sinon je serais aplati comme une crêpe en ce moment. Masato sortit du monticule et se secoua. Ryuichi nota immédiatement que son regard avait changé. Il va m’attaquer sérieusement cette fois-ci.

Le sceau sur la main gauche de Masato se retira. Il planta Glace dans le sol afin d’avoir les deux mains libres. Du chakra bleu l’entoura. Les mudras furent rapidement composés : « Les flammes des neiges ! »

Face au déferlement de chakra, Ryuichi comprit qu’il allait devoir passer au niveau supérieur. Une forme de poussière noire émana de son épée. Elle semblait s’animer et des inscriptions apparaissaient sur sa lame. Cela devrait suffire pour contrer cette attaque. Il ne maîtrise pas aussi bien ce Kekkei Totâ que son père.

Les flammes dévorèrent rapidement l’espace qui les séparait de Ryuichi et fondirent sur lui. Elles se rassemblèrent en une espèce de torrent ardent. Il les trancha en deux en un coup puissant, de haut en bas. Masato avait prévu cela. Profitant de la lune cachée par les nuages il avait empoigné son épée dès la fin de sa technique et se trouvait à moins d’un mètre de Ryuichi. Maintenant ! Glace fendit l’air en direction de l’abdomen de Ryuichi. J’évite les points vitaux et il sera hors combat. Courage Akari, tiens bon !

Une ombre apparut devant Masato. La neige se couvrit de sang.

Le temps semblait suspendu, comme si l’ombre entourant les personnes présentes en cet instant ne voulait pas se retirer. Comme si cette scène devait, à jamais, être baignée dans le noir. Les nuages finirent par reprendre leur course et la lumière de la lune baigna de nouveau le lieu où ils se trouvaient.

- Qu’est-ce que c’est que ça ?! cria Masato.

Akari lui faisait face, la lame en partie enfoncée dans le corps, à quelques centimètres du cœur. Ryuichi ne bougeait pas et les marques sur son épée disparaissaient peu à peu. Tout le monde semblait immobilisé par la scène qui venait de se dérouler. Guidée on ne sait comment, la sœur de Masato était venue s’interposer.

Elle essaya de bouger et cracha du sang.

- Idiote ! Ne fais plus rien, je vais retirer l’épée et tenter de refermer la plaie. Ryuichi vous allez…
- Masato, ce n’est pas la peine.

Akari empoigna la lame de l’épée avec sa main droite et l’enfonça plus profondément en elle. Les yeux de Masato s’écarquillèrent devant cette image. Sa sœur continua jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment proche pour poser son front contre celui de Masato et sa main gauche dans les cheveux de son frère. Elle souriait. Il était interdit.

- Désolé de t’infliger cela. Pour exécuter l’ordre qui t’avait été donné, il aura fallu que j’y mette du mien.

Du sang s’écoula encore de sa bouche.

- Tais-toi. Je…
- Si, il faut que je parle, ce sont mes dernières paroles, et elles sont pour toi.

Une envie de fuir parcourut Masato. Ce réflexe de lâche lui fit horreur, presque autant que la scène qu’il avait devant les yeux. Alors il demeura face à sa sœur. Elle parlait avec une voix douce et faible. Comme les dernières lueurs d’un feu qui va s’éteindre sous peu.

- Merci pour avoir voulu me sauver. C’est mieux ainsi : tu n’auras pas failli aux yeux de notre père et tu as encore beaucoup de choses à faire.
- Tes assassins vont…
- Ne t’enfonce pas dans la vengeance, j’ai fauté par naïveté.
- Akari, je…

Elle sourit et son regard mort semblait dire une infinité de choses à son frère. La main dans ses cheveux se retira pour saisir la lame de l’épée et la diriger vers son cœur.

« Arrête !! Ne fais pas ça !! » hurla-t-il. Ses forces l’avaient abandonné. Il était incapable de résister au geste de sa sœur et il voyait la lame progresser doucement. « Mon cœur continuera à irriguer les gens que j’aime mon frère. » Son sourire demeurait et, dans un dernier soupir, elle l’enserra et lui murmura à l’oreille : « Même si le monde s’écroule, nous resterons toujours ensemble, Masato. » Elle se tut et tomba, comme au ralenti, se dégageant ainsi de la lame.

Glace fut jetée un peu plus loin et Masato se mit à genoux dans la neige. Il étreignit le corps encore chaud de sa sœur. A la lumière de la lune il put voir ses mains pleines de sang. L’amour, la haine, la douleur, le plaisir, la mort, la vie, tout était là. Il hurla comme jamais. Un cri qui résumait tout. Un cri mais aucune larme. En cet instant les pleurs n’avaient pas droit de cité.

Ryuichi et les autres, qui s’étaient éloignés pour les laisser seuls en cet instant se rapprochèrent.

- Masato-sama nous sommes désolés de cette conclusion commença Isaku.

Il lui fit signe de ne pas continuer. Il ne pouvait ni ne voulait plus rien entendre. En ce moment nombre de projets lui traversaient la tête : ramener sa sœur avec l’Edo Tensei ; amener son cadavre et le mettre sous les yeux de son père avant de le frapper jusqu’à en avoir les os des mains brisés ; partir à la recherche de ceux qui avait mis sa sœur dans cet état ; savoir s’il était possible de retourner dans le passé pour empêcher sa sœur de vouloir négocier avec Goro. Masato n’eut pas le temps d’en entamer un seul.

Il se réveilla dans son lit. Ryuichi l’avait emmené après qu’il ait perdu connaissance sur le chemin du retour. Il se redressa et contempla ses mains. Bien qu’elles eussent été lavées avec le plus grand soin il avait encore l’impression d’y voir du sang, celui de sa sœur. Ce n’est qu’en relevant les yeux qu’il vit son père, assis à côté du lit, les mains jointes et l’œil scrutateur :

- Je ne pensais pas que tu exécuterais mon ordre si rapidement.

Son père savait sans aucun doute qu’il n’avait rien fait et qu’Akari s’était empalée volontairement sur Glace. Masato lui répondit sur un ton acide :

- Pour un tueur d’enfants, ce n’est pas grand-chose d’éliminer sa sœur.
- C’est exact.

Le ton de Masato ne sembla pas piquer son père. C’est à ce moment que Masato réalisa qu’ils n’étaient pas deux mais trois dans la chambre. De l’autre côté du lit se trouvait une femme, aux yeux bleus et aux longs cheveux blonds et raides. Son regard d’acier n’avait pas grand-chose à envier à celui de Shôkishi. Si elle est là alors nous n’allons pas parler chiffons.

- Toujours en vie à ce que je vois. Tes adversaires doivent vraiment être nuls pour ne pas arriver à tuer un homme de ton niveau.
- Sans doute Mikasa. Le froid du nord est devenu trop dur aussi vous préférez vous réfugier au sud ?

La chef de l’armée du nord du Pays des Neiges sourit tandis que ses yeux auraient bien dévoré tout cru Masato. Mon père lui a peut-être demandé de me tuer. Elle doit y penser, d’où son sourire.

- Je suis là sur demande de ton père. Et aussi pour protester parce que je n’aurais plus Isaku aussi souvent.
- Vraiment ?
- Il sera le prochain réceptacle de Yonbi annonça Shôkishi.

Masato regarda son père, à peine surpris par cette nouvelle. Celui-ci fit de même, comme pour mieux évaluer l’état de son enfant et anticiper sur ses réactions futures. « Il est temps que nous parlions de ta situation mon fils. »


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MessagePosté le: Sam 10 Aoû 2013, 1:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 55 : La vengeance dans la peau


Mikasa occupait, depuis 15 ans maintenant, le poste de commandant général de l’armée du nord. Âgée de 35 ans, elle était surnommée la « Reine des neiges », non pour en faire la concurrente de Tsugumi Anotsu mais pour ironiser sur sa froideur. La version féminine de Shôkishi Anotsu en somme. Inutile de dire que les langues qui s’étaient approchées un peu trop près de son oreille pour la plaisanter avaient été coupées, dans des proportions variables. Le surnom avait survécu malgré tout.

Elle avait accueilli plusieurs fois Masato et ses frère et sœurs. Il n’oublierait jamais leur première rencontre. C’était alors un jeune homme de 16 ans et ils s’étaient rencontrés au Fort de la Fin, la construction la plus au nord du Pays des Neiges, qui verrouillait l’accès aux montagnes situées après. Mikasa l’avait fait monter sur le chemin de ronde, pour contempler l’impressionnante chaîne de montagnes qui se dressait devant eux.

Le temps jeter un œil au paysage et Masato avait basculé dans le vide. D’une lourde tape dans le dos, Mikasa l’avait fait passer de l’autre côté du mur. Se réceptionnant tant bien que mal, le jeune prince n’avait pas compris le pourquoi de ce geste. « Ton père m’a demandé de t’endurcir. Donc pour les 100 prochains jours tu vivras au-delà du fort. Si tu es un peu futé tu trouveras de quoi manger et où te loger. » Dans la foulée, elle lui avait lancé son sac, qui avait manqué de lui fracasser le crâne.

- Et en cas de problèmes ?
- Alors je serai la dernière personne à t’avoir vue en vie. Ravie de t’avoir connue.

Elle avait tourné les talons en agitant sa main droite en signe d’adieu et Masato avait passé 100 jours hauts en couleurs dans les montagnes du nord. Entre la faune locale, les tempêtes imprévisibles, les avalanches – dont Masato soupçonnait Mikasa et ses hommes de les déclencher –, cette survie en milieu hostile n’avait pas été une partie de plaisir, surtout les premiers temps consacrés au repérage ce nouvel environnement, à trouver des postes abrités pour se loger et des zones de nourriture. Plus d’une fois il pensa mourir.

Rétrospectivement, il estimait que ce séjour lui avait beaucoup appris sur lui-même, sur ses capacités comme sur ses limites. Toutefois, à son retour dans la capitale, Masato avait lu dans les yeux de son père qu’il ne s’était visiblement pas assez endurci.

- C’est pour une nouvelle session dans les montagnes ? On passe à 200 jours et sans sac cette fois-ci ?
- Presque répondit Mikasa.

Shôkishi Anotsu déplia une feuille qu’il tendit à son fils sans ajouter un seul mot.

- Me voilà membre du Bingo Book. Le portrait est assez mal fait évalua Masato en inclinant le document dans différentes directions. Je suis le seul ?
- Les plus connus des membres des Ailes y figurent. Tu as la plus grosse prime.
- Alors je ne suis pas si nul que Mikasa ne le laisse entendre.

La plaisanterie arracha un sourire à la Reine des neiges. Aucun à Shôkishi :

- Cela veut dire qu’Eiichirô Habaki est derrière cela. Surtout quand on voit la prime de sa fille.
- En clair, les chasseurs de primes vont me courir après.

Le Seigneur du Pays des Neiges approuva d’un bref signe de tête qui dissimulait mal un léger agacement. Il n’aimait pas que l’on perde du temps à évoquer des évidences.

- Certains auront peut-être des informations sur qui a fait quoi à...
- Je t’ai déjà dit d’oublier cela le coupa son père.

Les mains de Masato agrippèrent le drap. Le bref instant de relâchement, hors de ce qui venait de se produire par-delà les murs de la capitale, venait de disparaître. Je vois où vous voulez en venir. Mais je n’ai aucune envie de vous obéir en ce moment. Il quitta son lit pour se diriger vers la fenêtre. Il cherchait du regard le lieu où Akari était morte, où sa vie – peut-être leurs vies ? – avait pris fin.

- Mikasa se plaint de la perte d’Isaku ; elle est ici et vous me dites de renoncer à venger la mort de ma sœur. Donc vous voulez que j’intègre ses rangs.
- Je pensais que cette conclusion te serait venue plus rapidement à l’esprit.
- Désolé Mikasa mais en ce moment mon cerveau est un peu embrouillé lui répondit Masato en se retournant.
- Pas au point de te faire prendre de sottes décisions j’espère.

Shôkishi, toujours assis, tournait le dos à son fils quand il parla. Rapidement, sa tête se tourna et deux prunelles glacées fixèrent Masato. Il continua :

- Il faut te faire oublier, le temps que cette affaire se règle et que les Ailes soient éliminées. Le conflit à venir nécessitera une mobilisation de toutes nos forces. T’inclure alors posera moins de problèmes.
- Est-ce Haïtani qui vous a suggéré cette idée ?

La question ne plut pas au Seigneur des Glaces. « Je suis capable de réfléchir sans lui » répondit-il, cassant. Masato regretta sa phrase et sa formulation. Je l’ai vexé, involontairement en plus. Je crois que je ferais mieux de m’échapper par la fenêtre car cela n’est pas bon signe pour la suite.

- D’ailleurs, en parlant des oreilles du Faucon, je ne l’ai pas vu dans les parages demanda Mikasa.
- Il a dû partir précipitamment. Une « affaire urgente » selon ses dires.
- Le Faucon s’est rendu compte qu’il était un peu trop bavard avec vous ?
- Il doit faire face à quelques difficultés.

Le visage de Shôkishi était prêt à afficher un sourire, mais il n’en fit rien.

- Un peu de répit en perspective ? interrogea la chef de l’armée du nord.
- Le Faucon pourrait aussi décider de nous attaquer plus tôt évalua Masato.
- Ce serait risqué de sa part. Et tu n’as pas à te préoccuper de ces questions.
- Je sais, je ne dois penser qu’au nord.

Il prononça cette parole en soupirant, comme fatigué par tout ce qui s’était accumulé, lassé de devoir encore une fois plier devant son père. « Akari mérite-t-elle une telle fin ? » lui souffla une voix à l’intérieur de sa tête. Masato affecta de ne pas avoir entendu. C’est la même voix que celle qui s’est signalée lors de ma maîtrise de la main. Il regarda cette dernière, ce qui n’échappa pas à son père :

- Elle te parle ? Tu peux lui imposer le silence si tu ne veux pas finir fou. Tout est affaire de volonté.
- Ce sera une bonne amie de discussion au nord. De mémoire les gens là-bas ne sont pas très loquaces.
- Ils savent tenir leur langue avança Mikasa avec un sourire sinistre.
- Un séjour dans le nord te serait profitable, à tout point de vue relança Shôkishi.

Ce n’était pas une proposition mais un ordre, Masato le savait parfaitement. Revoir Glace à côté du siège où son père était assis lui rappelait le dernier en date qu’il avait exécuté – qu’Akari avait exécuté à sa place. Plus jamais ça se promit-il, sans forcément y croire.

- Mikasa quelle est la situation au nord ?
- L’hiver vient lança-t-elle. De curieux murmures parcourent les collines et les montagnes, d’après ce que nous racontent nos équipes d’éclaireurs.

Masato regarda son père :

- Je sais que vouloir me protéger vous coûte. Mais je dois écarter votre proposition.
- L’heure n’est pas à une vendetta. Motivée par des raisons personnelles qui plus est.
- Les troupes du nord peuvent se débrouiller sans moi. Je n’ai pas besoin de beaucoup d’hommes.
- Tu n’en auras aucun.

Une tension parcourut le corps de Masato. Il serra les poings. Il ne fallait pas être grand clerc pour anticiper l’attitude de son père. Il connaissait d’avance la réponse. Encore une fois il se heurtait à un bloc de glace. Cependant, cela faisait toujours aussi mal, surtout sur un tel sujet.

- Trop de choses sont en jeu en ce moment pour que nous dispersions nos forces. Je pensais que tu l’avais saisi. Tu me déçois.
- Ce doit être une spécialité des Anotsu.

Le regard de son père fusa telle une flèche partie d’un arc. Il y eut quelques secondes de silence avant qu’il ne réponde :

- Tu veux te venger ? Fais-le. Mais tu ne le feras pas pour le Pays des Neiges. Ni pour les Anotsu.
- Merci de votre écoute père. Mikasa.

Masato les salua avant de retirer le collier que lui avait donné son père, avec une main en guise de pendentif. Il se sépara aussi de l’insigne du clan Anotsu qu’il avait dans sa poche ninja, qui était sur le chevet. Les deux objets furent posés sur la commode, en face du lit. Avant de sortir, il ajouta :

- Faut-il aussi que je me tranche la main gauche pour vous la remettre ? Un manchot pour venger une aveugle cela ferait une jolie chanson.

La Reine des neiges voulut le retenir mais Shôkishi lui fit signe de ne rien faire.

Masato sortit la tête haute mais sa seule envie était de pleurer. Il n’en eut pas le loisir. Mikasa venait de franchir le palier de la porte, moins d’une minute après lui. Elle le salua brièvement, d’un regard semblant dire « Tu mets les pieds dans une belle galère, imbécile… » et partit. Son père resta, ce qui était très inhabituel. Il avait repris Glace de même que les objets posés par son fils. Dans le même mouvement, il se rapprocha de lui :

- Seul tu te feras tuer.
- Avez-vous oublié ma main gauche ?
- Elle ne légitime pas ta démarche s’agaça son père. N’as-tu donc rien appris ?
- L’éternelle question…

Depuis leur plus jeune âge leur père et leur entourage leur avait parlé de leur ancêtre. Un grand seigneur qui vivait de l’autre côté de la mer, à l’est, sur les terres où se trouvaient les Uchiha, les Uzamaki et le Faucon. Certains récits en faisaient l’équivalent du Sage des Six Chemins de par ses facultés et ce qu’il avait accompli. Il était venu ici après s’être tranché les deux mains qui avaient été gardés précieusement et dont Shôkishi et Masato étaient les derniers porteurs.

Shôkishi reposa alors ses questions :

- Pourquoi a-t-il commis un tel acte ? Quelle conclusion en tirer ?
- Il a tranché ses mains après avoir réduit en cendres sa femme et son fils car ils ne respectaient pas sa vision de la justice : c’était un enfant illégitime qu’elle avait...
- Je sais l’histoire coupa son père. Qu’est-ce que cela nous apprend ?
- Que la justice à tout prix n’est pas toujours la bonne voie. Hizamaru dirait sans doute le contraire…

Le visage de Shôkishi indiquait clairement qu’une fois encore son fils était passé à côté de quelque chose d’important. Mais cette mauvaise réponse de plus intervenait à point nommé dans la situation présente :

- Et cette conclusion ne contredit pas ta démarche ?
- Akari vaut bien une contradiction. Ou valait, si vous préférez.
- Tu n’as toujours rien compris, c’est pitoyable.

Son père le planta là. Il fit quelques pas, s’éloignant de la chambre puis s’arrêta. Il tourna légèrement sa tête, de sorte que son œil droit fixe son fils que pas un seul mot ne lui échappe :

- Tâche de prendre tes précautions pour que cette main gauche ne revienne pas à nos ennemis quand tu te feras tuer.

Il partit sans rajouter un mot. Toujours aussi encourageant. Et voilà encore de la visite.

Ryuichi venait de croiser le Seigneur du Pays des Neiges et d’échanger un signe de tête. Shinsuke l’accompagnait. A l’instar du visage de Masato, la tristesse était présente sur le sien.

- Je dois maintenant affronter le fils et le père ?

Ryuichi sourit. « Je ne pensais pas que vous vouliez m’affronter de nouveau. J’accompagne mon fils cette fois-ci. »

Shinsuke leva les yeux vers Masato : « Je viens avec vous. » Une franche détermination apparaissait dans ce regard, qui avait éclipsé la tristesse présente quelques secondes auparavant.

- Shin’, là ce n’est plus du sérieux c’est dangereux. Pas seulement parce que tout le monde nous courra après. Il ne s’agit pas de tuer mais de torturer, pour obtenir des informations. Couper des membres pour faire des exemples. C’est une plongée dans des eaux sombres, dont on sort difficilement indemne.

Pensait-il que cela suffirait à dissuader le jeune épéiste ? Naïvement oui. C’était sa vengeance et il ne voulait pas entraîner quelqu’un d’autre avec lui. Surtout qu’il ne savait même pas s’il la mènerait au bout où s’il tomberait en cours de route. Mon père a peut-être raison… Il balaya cette pensée de son esprit, aidé en cela par la parole de Shinsuke :

- Akari a toujours été comme une grande sœur pour moi. Tout le monde l’aimait ici.

Une larme roula sur la joue de Shinsuke. Il empoigna l’épée qu’il avait dans le dos et la pointa en direction de Masato. « Je viens avec vous. Ne m’obligez pas à vous prendre en otage. »

Masato regarda en direction de Ryuichi, les bras croisés et adossé contre une fenêtre :

- Vous allez devoir courir vite si vous voulez lui échapper et ne pas devenir son otage.
- Il risque sa vie Ryuichi.
- S’il meure, c’est qu’il n’était pas assez fort pour accomplir ce qu’il souhaitait. Je ne m’oppose pas à ce qu’il parte, j’en ai parlé avec lui. Il a de bonnes raisons. Et vous ?

Il vise aussi juste avec son épée qu’avec ses mots. Masato sourit tristement :

- C’est une mission de fou. Le clan Anotsu ne me suivra pas.
- Vous vous y attendiez de toute manière je me trompe ?
- Oui.
- Alors faites ce que vous avez à faire. Votre père ne vous pourchassera pas, il est beaucoup trop occupé pour cela. Et, qui sait, peut-être que vous faites ce qu’il aimerait réaliser s’il n’occupait pas sa fonction. Il a certaines obligations et doit tenir son rang. Vous avez moins de contraintes.
- Puissiez-vous dire vrai…

Le Guerrier Noir regarda alors Masato d’un regard profond, pénétrant, comme pour évaluer sa volonté mais aussi le mettre en garde :

- Si vous n’y arrivez pas, rentrez avant de vous enfoncer trop loin. On se relève d’un échec, pas de la haine qui vous domine.
- Je compte bien revenir en vie. Ne serait-ce que pour prendre quelques leçons d’épée supplémentaires sous votre direction.
- Avec plaisir jeune prince. Mon fils, arrête-le si tu sens que tout cela va trop loin.
- Oui père répondit Shinsuke. J’espère ne pas avoir à en arriver là car rien ne dit que j’y arriverai.

Ils allaient donc repartir sous peu, sans Orochimaru cette fois-ci et pour une destination encore mal identifiée. Etait-ce le bon moment ? Se perdraient-ils en route ? Valait-il mieux attendre des nouvelles de Magatsu ? Ces interrogations furent balayées par une voix, à l’intérieur de Masato : « Ces interrogations vous empêcheront d’avancer. Ne vous inquiétez pas, je vous aiderai. Nous n’aurons aucun repos avant que ces individus n’aient payé pour ce qu’ils ont fait à votre sœur. »


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MessagePosté le: Jeu 15 Aoû 2013, 7:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 56 : Livraisons à domicile


Cinq équipes de quatre ninjas partirent simultanément de Konoha ce jour-là. Chacune avait en sa possession un ou deux objets où étaient scellés les Bijûs distribués aux cinq autres nations. Avant de les extraire des restes de la statue de l’hérétique, Naruto, Killer Bee et leurs partenaires – Kurama et Hachibi – s’étaient longuement entretenus avec eux. Tout serait fait pour que la cohabitation avec le réceptacle mais aussi au sein du village se passe bien. L’heure n’était plus aux Jinchûrikis parias. Après l’alliance des grandes nations, il était l’heure pour chacune d’entre elles d’accepter les hôtes comme des ninjas à part entière. Si besoin il avait été convenu que des réunions régulières aient lieu pour faire le point sur la situation de chacun.

Les sept réceptacles concernés acceptèrent, comprenant que la situation exigaient qu’ils soient de nouveau enfermés. « Je vous promets qu’une fois le conflit réglé, vous retrouverez votre liberté. Nous ne pourrons pas vous extraire directement mais à la mort de votre réceptacle, vous ne serez plus jamais scellés. » Le propos de Naruto se voulait fort et sincère mais à la question « Et si d’autres conflits se présentent ? » il n’avait su quoi répondre et c’était Bee qui avait botté en touche par quelques rimes plus ou moins bien choisies.

Faire contre mauvaise fortune bon cœur, voilà quel était l’état d’esprit des Bijûs. La démarche adoptée était particulièrement fastidieuse car, Konoha ne possèdant pas un utilisateur de Rinnegan, il fallait extraire les démons à queue les uns après les autres, via un ninjutusu particulièrement élaboré et qui rassemblait la fine fleur des ninjas de l’alliance en la matière. Le savoir de Kumo, d’Iwa, de Konoha, de Kiri et de Suna était essentiel. Et le Pays des Neiges apporta également, de manière surprenante, des renseignements utiles pour que tout se passe bien.

Chacune des cinq équipes de quatre avaient un ninja du pays concerné, pour disposer d’une personne connaissant le terrain et ainsi éviter tout ennui, pouvoir utiliser des chemins peu fréquentés. Les Ailes comme les jashinistes constituaient toujours une menace réelle et ils ne pouvaient qu’être attirés par une prise d’un tel niveau. Le plus grand secret entourait donc l’exécution de cette mission. Et elle se déroula pour le mieux.

La remise du démon à une queue eut lieu trois jours après le départ de l’unité conduite par Temari – qui avait passé quelques heures avec Shikamaru à Konoha, de quoi alimenter pas mal de discussions. Le choix du réceptacle avait été arrêté et porterait sur un garçon du nom de Koga. Âgé de 14 ans, il avait obtenu la meilleure évaluation parmi les candidats potentiels – Gaara n’ayant pas souhaité devenir de nouveau le réceptacle d’Ichibi. Le Kazekage allait néanmoins superviser la formation du jeune garçon, en compagnie d’Ebizou.

Chôjuuro avait amené à bon port les 3 et 6 queues, ce qui lui avait valu les remerciments de la Mizukage – un geste qui le faisait encore et toujours rougir. Ao ne se privait pas de le sermonner, lui rappelant qu’un ninja devait rester impassible en toutes circonstances. Deux ninjas convenaient parfaitement pour servir de réceptacle : Sanbi serait scellé dans Sôji, un garçon de 16 ans tandis que Rokubi serait scellé dans une fille de 17 ans, Rika. Ces deux éléments du Pays de l’Eau avaient été préparés dès leur plus jeune âge à devenir réceptacle un jour. Ils étaient les plus qualifiés. « De quoi renforcer notre pays en attendant de récupérer nos épées » avait murmuré le Daimyô à l’oreille de Mei Terumi en voyant arriver l’équipe menée par Chôjuuro. La promesse de Shôkishi Anotsu n’avait pas été oubliée même si ce dernier les avait prévenus qu’il faudrait se montrer patients.

A Iwa, le Tsuchikage finissait d’entraîner Hachirô, lorsque Kitsuchi et son équipe apportèrent les démons à cinq et sept queues. Ce village apparaissait comme le grand gagnant dans la réallocation des Bijûs mais ce geste n’était pas innocent : Iwa jouxtant le Pays des Neiges, mieux valait avoir un Pays de la Terre puissant au cas où Shôkishi Anotsu devrait être rappelé à l’ordre. Le Daimyô avait néanmoins écrit au Pays des Neiges pour les assurer de ses meilleurs sentiments et qu’il était hors de question de faire pression sur un allié. Le frère de Shôkishi avait accusé réception du message, sans aucun commentaire.

Pour le malheur d’Ônoki, Kitsuchi n’arrivait pas à maîtriser le Jinton. Il était capable de mêler les trois affinités mais ses attaques restaient rudimentaires et de faible ampleur. Cela ne remettait pas en question son accession au poste de Tsuchikage – son père lui déléguant de plus en plus le pouvoir – mais demeurait un échec difficile à avaler. Surtout que Kurotsuchi ne s’était jamais montrée très assidue aux leçons de son grand-père et préférait s’exercer en secret à maîtriser le Jinton. Les montagnes d’Iwa en portaient la trace. Ônoki avait finalement jeté son dévolu sur Hachirô, un jeune ninja doué et impatient d’en apprendre plus. C’est un peu le petit-fils que je n’ai jamais eu pensait Ônoki en le voyant s’exercer.

Il n’aurait, en revanche, jamais voulu de Fuu et de Mugen comme petits enfants. Les deux démons à queues allaient trouver à qui parler avec ces deux énergumènes d’accord sur un point : qu’ils étaient en désaccord sur tout. Fuu était une fille de 15 ans, bavarde et espiègle, qui, en dehors des missions, passait son temps à se disputer avec Mugen. C’était un ninja de 19 ans, les cheveux en pétard, souvent mal rasé et incroyablement têtu. Le faire changer d’avis relevait de l’exploit. Certains racontaient même que ce n’était pas Gaara mais Mugen qui avait incité le Tsuchikage à changer, de peur de devenir aussi borné que lui.

Pourquoi donc ces deux ninjas avaient-ils été choisis ? Ce qui avait décidé Ônoki était simple : en dehors de leurs chamailleries ils étaient deux très bons ninjas, fidèles à Iwa. Ils n’avaient jamais démérité et n’avaient même pas tremblé quand on leur avait annoncé qu’ils étaient retenus pour devenir des réceptacles. « J’aurai droit à plus de nourriture ? » avait simplement demandé Fuu. « Je pourrai me battre avec mon Bijû quand je le voudrai ? Et je pourrai m’en servir contre l’autre gamine ? » étaient les deux seules questions posées par Mugen.

L’équipe de Kumo arriva avec une demie-journée de retard, Bee ayant fait exprès un détour pour leur montrer à quel point le rap en montagne était une activité pleine et entière, permettant de bénéficier d’un écho très intéressant pour produire des redites dans les chansons. Le Raikage n’avait pas apprécié et Bee en avait été quitte pour un Lariat modéré. Modéré car, même si le Raikage était furieux du mauvais tour joué par son « frère », il avait besoin de lui. Les préparatifs étaient en place pour que le démon chat soit scellé en Isao dans la foulée.

Le temps de s’assurer que tout allait bien et un départ pour l’île de la tortue était prévu, où Bee devait prendre en charge la formation d’Isao et s’assurer qu’elle maîtrise parfaitement son Bijû. Ils ne seraient pas seuls car, en plus des ninjas chargés de la logistique, de l’intendance et de la surveillance du site, Jinta ne serait pas loin. Il était du voyage non seulement pour qu’Isao ne se sente pas seule mais aussi pour parfaire sa formation en compagnie de Darui qui, suite à des entraînements et des discussions avec le Raikage, avait décidé de lui apprendre ses techniques Ranton, notamment la foudre noire.

Dans leur chambre commune, les deux ninjas étaient à la fois excités et quelque peu apeurés :

- Tout se passera bien Isao. Bee-sama va faire de toi un réceptacle accompli en moins de deux !
- Je l’espère. Tu sais, j’ai peur. Ces histoires à propos d’Hachibi voire, rarement, de Nibi qui se déchaînaient…

Jinta se rapprocha et posa sa main sur l’épaule d’Isao :

- Les démons à queues ne sont plus pareils, Raikage-sama nous l’a dit. Ils parlent entre eux et ils veulent nous aider. Ce devrait donc être plus facile que par le passé. Il vaut mieux d’ailleurs sinon une fille ne deviendrait jamais réceptacle !

La provocation de Jinta ne laissa pas Isao de marbre et elle le renversa sur son lit, commençant une contre-attaque à base de chatouilles qui eut rapidement raison du jeune ninja :

- Je me rends, mais ce n’est pas juste ! Toi tu crains moins.
- Alors range ton machisme au placard sinon la prochaine fois ce sera pire !

Isao fit profil bas en souriant :

- Je ne serai pas loin avec Darui-san. Nous reviendrons ici encore plus forts !
- Et cela te rapprochera de ton rêve ?
- Devenir Raikage ?
- Tu en as un autre ?

Oui, que tu ne perdes jamais ton sourire Isao.

- C’est un secret. Mais j’ai aussi une corvée : veiller sur toi. Donc il faut au moins que je sois Raikage pour cela !
- En tant que réceptacle et partenaire je devrai aussi veiller sur toi tu sais.
- C’est bien ce qui m’inquiète le plus plaisanta-t-il.

Et c’était reparti pour une nouvelle séance de torture pour Jinta. Un instant de répit bienvenu pour ces deux ninjas.

L’ambiance était très différente au Pays des Neiges. Ichirô Anotsu arriva à l’heure dite et laissa les autres ninjas remettre le démon à queues à son père. Il courut jusqu’à l’appartement de son frère, qui ne s’y trouvait pas. Sa mère lui apprit qu’il était parti avec Shinsuke plusieurs jours auparavant.

Il a fait exprès de m’envoyer à Konoha pour que je ne me joigne pas à son expédition ! fulmina Ichirô. Ce dernier attendit que les ninjas quittent son père pour aller se restaurer afin de lui demander des comptes :

- Vous avez fait exprès de me confier cette mission ?
- A quoi bon poser la question si tu connais la réponse ?
- J’aurais pu arrêter Masato et…
- Tu as accompli ta mission. Ne va pas tout gâcher en recommençant à vouloir tout faire.
- Mais je…
- Je dois superviser le scellement de Yonbi en Isaku termina Shôkishi.

Il ne rajouta pas un mot et quitta son fils, furieux de rester planté là. Je te retrouverai Masato. Je refuse que tu sois le seul à rendre justice à Akari !

Konoha n’avait pas de réceptacle à recevoir mais le village n’était pas moins animé. Naruto rencontrait les membres du clan Uzumaki présent à Konoha, afin de discuter plus en détails du message qu’il avait approuvé. La réception se déroulait dans un des bâtiments du quartier Uchiha, aménagé spécialement pour l’occasion et qui mêlait les symboles des deux clans. Après une réception générale, une entrevue plus intime eut lieu dans une petite pièce richement décoré, où figurait les chefs des clans Uzumaki et Uchiha, Naruto et Shikaku. Il avait été dépéché par Tsunade pour éviter que Naruto n’en fasse trop ou ne s’engage sur des sujets glissants. « Je ferai de mon mieux Tsunade-sama même si avec Naruto je ne peux rien garantir… »

« Vous acceptez donc notre proposition maître Hokage ? » demanda Gaiya Uzumaki, la chef du clan à Naruto une fois qu’ils furent tous installés. Gaiya était une kunoïchi de 33 ans, avec les cheveux auburn coiffé en chignon et des yeux verts qui étaient tour à tour séducteurs et perçants. Ses formes attiraient nombre de regards mais elle avait aussi la réputation de castagner toute personne commettant un geste déplacé, à son endroit comme à celui d’un membre de son clan. Un peu comme ma mère avait pensé Naruto en écoutant ce récit.

- Oui répondit le Hokage à la question posée. Il est tout à fait normal que vous souhaitiez vous rendre au Pays des Tourbillons. Le temple près de Konoha n’est qu’un petit aperçu du clan Uzumaki.
- Merci. Nous craignions qu’un tel geste de notre part ne soit mal interprété, comme si nous voulions fuir, prendre contact avec d’autres…

Elle parle franchement pensa Shikaku ou alors c’est un calcul : évoquer le plus mauvais scénario en premier pour nous donner ensuite le rôle d’accusateur.

- Ne vous inquiétez pas, cela ne pose pas de problème. J’ajouterai même…

Shikaku regarda Naruto. Visiblement ce qui allait suivre n’était pas prévu.

Naruto je sens que tu vas dire une bêtise… lui souffla intérieurement Kyûbi.

- … que comme je n’y suis jamais allé, je viendrai avec vous ! Voir le pays où est né ma mère voilà un chouette voyage qui me permettra sans doute d’en apprendre plus !

L’assemblée était stupéfaite. Sauf Gaiya :

- C’est un honneur de vous compter parmi nous. Votre présence nous fera accélérer les préparatifs et nous permettra de bénéficier de votre protection. Nous ne pouvions pas rêver mieux.

Naruto sourit en se passant la main derrière la tête. Shikaku retira sa main droite de son visage, pour masquer son incrédulité et se mit à réfléchir. Comment vais-je pouvoir présenter cela à Tsunade sans recevoir le bureau par la figure ? Il m’a eu sur ce coup-là.

Il est vraiment le ninja le plus imprévisible de Konoha pensa Sasuke, qui venait de se glisser dans la salle, avec un léger sourire aux lèvres.
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MessagePosté le: Sam 17 Aoû 2013, 2:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 57 : Sacrée soirée


Il était près de onze heures du soir à Konoha et Hiashi était encore dans son bureau. Sa femme lui avait apporté, deux heures auparavant, une collation qui avait été consommée entre deux dossiers. Le chef du clan Hyûga était un homme toujours occupé. Et c’était sans doute une bonne chose ce jour-là car il put accueillir Tadase Hyûga dans son bureau. C’était un jônin de 37 ans, l’allure élancée, avec une cicatrice au niveau du menton. Un ninja particulièrement dévoué à Hiashi, partisan d’une ligne forte et prêt à tout pour que le clan Hyûga demeure la première force de Konoha.

Il s’assit sur un geste d’Hiashi.

- Enfin Tadase tu réapparais. Nous commençions vraiment à nous demander où tu étais passé. Surtout que ta justification était des plus lapidaires…
- Navré Hiashi-sama. J’ai mis du temps à revenir pour être sûr de ne pas être suivi et de ne laisser aucune trace.

Le père d’Hinata était surpris. Le propos de Tadase était des plus inhabituels. Sur le qui-vive, il était attentif aux moindres bruits et gestes en provenance de l’extérieur de la pièce. Pourquoi prendre tant de précautions ? Il n’était donc pas partie voir des femmes ? Qu’est-ce qu’il me cache ?

- Est-ce les cris que l’on entend de temps à autre qui te dérangent ? Ils viennent de la taverne la plus proche. Je ne sais pas ce qu’on y fête mais cela dure depuis un bon moment.
- Les cris me dérangent parce qu’ils me rappellent ceux que j’ai entendu lors de ma mission.
- Pourrais-tu en dire plus ? Cela ne me dit rien qui vaille. Une expédition punitive ? Pas contre un Uchiha ou un Uzumaki j’espère.

Le regard d’Hiashi commandait à Tadase de parler dans les plus brefs délais. Il s’éxécuta, tout en parlant à voix basse, par petites phrases :

- Vous souvenez-vous de vos paroles à propos d’Hinata ? Que son mariage avec Naruto pourrait être compromis ?
- Oui répondit Hiashi que ce dossier irritait rapidement. J’ai déjà fait savoir à Hinata qu’il faudrait qu’elle se remue. Il en va des intérêts de notre clan.

Un sourire passa sur les lèvres de Tadase, immédiatement suivi par une gêne évidente :

- Vous pouvez être rassuré. Akari Anotsu ne tournera plus autour du Hokage. A part s’il aime les femmes sans sein et aveugle.
- Pardon ?

Le Byakugan offrait une excellente vision et l’audition d’Hiashi était non moins excellente. Pourtant il lui fallait réentendre le propos de Tadase. La fille de Shôkishi Anotsu serait défigurée et amputée de la sorte ?

- Rien n’a circulé pourtant… commença Hiashi.
- Ce n’est pas quelque chose dont le Pays des Neiges souhaite se vanter.
- Comment sais-tu cela ? Les rumeurs vont bon train par les temps qui courent et…
- J’ai accompagné ceux qui l’ont mise dans cet état.

Les yeux d’Hiashi s’écarquillèrent. Il se leva de son bureau et jeta ses yeux, Byakugan activé, dans ceux de Tadase :

- Tu as fait quoi ?
- Je n’ai pas pris part aux sévices qui lui ont été infligés. D’ailleurs lui ôter ses cheveux, la violer… tout ça me débecte. Je n’ai fait qu’utiliser mon Byakugan pour les avertir à l’avance de l’arrivée d’Akari et de ses hommes. Le reste…
- Qui a fait ça ? Comment as-tu fait pour en être ?
- J’ai quelques contacts utiles. Être un Hyûga ouvre pas mal de portes. Toutefois, comme ce n’est pas forcément très légal, mieux vaut peut-être que vous n’en sachiez pas trop, pour ne pas être trop impliqué dans cette affaire qui…

Hiashi lui imposa le silence. Un torrent d’idées traversait sa tête. Akari Anotsu hors course c’est bon pour ma fille. Cependant, Shôkishi Anotsu ne laissera pas passer cela. Si jamais il apprend qu’il y avait un Hyûga dans les parages notre clan risque gros. Faire cela à un allié, à cet allié qui plus est… Le clan Hyûga risque de tout perdre.

- Qu’avez-vous dit Hiashi-sama ? Je n’ai pas entendu le mot que vous venez de prononcer.
- Démence. De la pure démence. Réalises-tu la portée de ton geste ? Tu engages tout le clan par cet acte. Le Pays des Neiges réagira, peut-être pas tout de suite mais il réagira. Et il n’y aura pas de pitié pour celles et ceux qui ont pris part à cette opération.
- Ne vous inquiétez pas Hiashi-sama, j’ai des noms en tête et je vous les donnerai pour que le clan soit épargné et passe même pour un grand allié des Anotsu.
- Tout croit que cela le calmera ? Connais-tu la malédiction du Seigneur des Glaces ? Tous ceux qui l’ont défié ont péri.
- Il y a un début à tout Hiashi-sama. On peut s’en sortir…
- Une guerre pourrait éclater entre le Pays du Feu et celui de…
- Vous y croyez ? Il y a des ennemis à l’intérieur et à l’extérieur. Ce n’est pas le moment pour l’alliance de vérifier la pureté de ses membres mais de se préparer aux combats. Les envois de Bijûs en sont la preuve.

De tels calculs étaient déjà présents à l’esprit d’Hiashi. Cela pourrait marcher. De toute façon nous ne gagnerons rien en ébruitant cette affaire. Ne rien dire et voir quels atouts nous pouvons jouer pour être du bon côté au bon moment voilà ce qu’il est sage de faire. Le passé est passé même si c’est triste pour cette Akari.

- Ne parle de tout ceci à personne. Nous sommes les deux seuls au courant ?
- Oui. Je l’ai fait pour vous, personne d’autre n’a besoin de savoir.

Je pourrai donc le liquider si besoin et cette affaire n’ira pas trop loin. Du moins si nous sommes vraiment les deux seuls au courant. « Bien, tu peux disposer Tadase. »

Ce dernier s’inclina et allait sortir quand Hiashi déclara à son endroit : « Ne refais plus jamais un coup comme celui-ci sans me consulter. Sinon... » Le chef du clan Hyûga accompagna son dernier mot d’une violente pulsion meurtrière qui donna des sueurs froides à Tadase qui ressortit hésitant et chancelant quelque peu.

Mayu Shimura l’attendait, quelques pâtés de maisons plus loin, dans l’ombre d’une rue sans issue. L’entrevue serait brève, chacun n’ayant aucun intérêt à être vue en compagnie de l’autre :

- Il n’a pas très bien réagi commença Tadase.
- Il ne voit pas ce que tu viens de lui faire gagner. Laisse-lui le temps.
- Je me demande quand même si c’était une si bonne idée que ça.
- Les Hyûga sont des ninjas importants. Avec cette pupille tu étais le ninja qui manquait pour mener à bien cette opération. Et les Anotsu ne sont pas des enfants de chœur. Chaque clan a perdu des membres sous les coups de ces glaciers sur pattes.
- C’est vrai.
- Tiens-moi au courant de la suite.

Ils se séparèrent et tous les deux pensèrent aux éclats de voix qui provenaient d’une taverne. A croire que l’on fête de nouveau la fin de la dernière guerre pensa Tadase en rentrant chez lui. La taverne en question était celle indiquée plus tôt par Hiashi Hyûga. Elle était toujours en pleine effervescence :

- Ouoh Neji voici une promotion exceptionnelle ! s’exclama Gaï.
- Neji-san je te présente toutes mes félicitations.
- Bravo Neji, je suis contente pour toi.

Le cousin d’Hinata ne savait pas vraiment quoi dire. Sa promotion parmi les membres de l’Anbu le satisfaisait mais fêter cela avec son équipe pouvait lui coûter cher, surtout vu l’antécédent entre Gaï et Lee qui avait détruit une taverne il y a quelques années. Pour parer à toute éventualité, Neji avait donc offert à son équipe une tournée de la villageoise de Konoha. Un alcool médiocre mais très abordable.

- C’est de la villageoise de Konoha ?
- Oui Gaï-sensei. Aïe, il risque de mal le prendre.
- Très bonne idée Neji ! Il faut savoir s’endurcir le corps et l’estomac comme le foie en font partie. Consommer cet alcool est donc formateur pour nous tous.

Et Gaï descendit son verre d’un trait, suivi dans la seconde par Lee. Si l’ambiance était bonne, le chûnin semblait contrarié. Gaï le remarqua rapidement :

- Qu’y a-t-il Lee ? Le succès de Neji te rend triste ?

Lee regarda son sensei dans les yeux :

- Je dois avouer que je suis un peu jaloux. Neji est un génie ! Je dois progresser davantage encore pour le rejoindre dans l’Anbu !
- Tu n’as jamais semblé intéressé par cela lui fit observer Tenten.
- Peut-être mais là je sens mon sang bouillir. Et puis porter un masque cela doit être génial !
- Lee il faut quand même que tu sois prêt à ne plus porter ta tenue d’entraînement déclara, gravement, Gaï.
- Vous avez raison sensei ! Ce sera difficile. Je mettrai des poids d’entraînements verts sous mon costume d'Anbu ! Pour ne pas l’oublier. Et je la porterai dès que je ne serai pas en mission.

Encore leurs histoires de fous pensa Neji. Mettre des poids verts, je n’ose pas imaginer ce qu’il fera à son masque d’Anbu…

« Devenir plus fort je dois. » Lee réfléchit, regarda autour de lui : il y avait cinq Uchiha présents, qui buvaient sans attirer l’attention sur eux. Les yeux de Gros sourcils s’illuminèrent :

- J’ai trouvé Gaï-sensei !
- Quoi donc ?
- Allez ils sont repartis dans leurs délires grimaça Tenten en levant les yeux au ciel. Neji, on devrait peut-être y aller. Désolé que cette soirée de fête soit…
- Ne t’en fais pas Tenten. Avec eux on commence à avoir l’habitude non. Regardons au moins ce qu’ils ont en tête.

Tenten sourit et ils n’allaient pas être déçus par ce que Lee envisageait.

- Si je parviens, comme vous Gaï-sensei, à ne pas succomber au sharingan alors je serai pris dans l’Anbu non ?
- Oh oh Lee ! Quelle brillante idée ! Je suis sûr que tu intègrerais l'Anbu sans problème !
- Je vais m’y mettre immédiatement ! Patron, apportez-moi votre alcool le plus fort.

Les visages de Gaï, Neji et Tenten prirent une mine très inquiète.

- Lee pourquoi de l’alcool ? demanda Gaï qui se rappelait encore la mauvaise soirée passée avec Lee suite à sa maîtrise de la fleur de Lotus.
- Avec la technique de l’homme ivre je pense que je ne tomberai pas dans un genjutsu ! Gaï-sensei, puis-je vous demander d’aller voir les Uchiha pour leur demander si l’un d’entre eux accepterait de tester cela ?
- T’es vraiment pas normal comme type déclara Tenten. Gaï-sensei vous…

Il était déjà parti demander aux Uchiha. Quelques minutes plus tard, il se retourna vers son équipe, le pouce levé et un sourire éclatant aux lèvres.

- Pourquoi avoir accepté Azusa-sama ? Vous…
- Il faut être poli avec les ninjas de Konoha. Et puis ce n’est pas n’importe qui…
- L’Ornithorynque endimanché… pouffa un troisième homme.
- Vous vous laissez abuser par des surnoms ? Cet homme pourrait vous battre tous les quatre tant il est expert en taijutsu.
- Azusa-sa…
- Suffit. Soyez encore méprisants et vous en répondrez. Le clan Uchiha n’a pas besoin de tels comportements.

Les quatre hommes baissèrent la tête. Mieux valait ne pas discuter avec Azusa Uchiha quand sa voix prenait un tel accent. Ils ne virent donc pas le patron se présenter à la table de l’équipe Gaï :

- Pas de bêtises hein ?
- Ne vous inquiétez pas, j’ai la situation sous contrôle affirma Gaï.
- Niveau alcool il ne me reste plus grand-chose ce soir. Le tout venant a été consommé. Vous voulez vous risquer sur le bizarre ?

Lee opina de la tête.

- Lee, je dois goûter avant, pour m’assurer qu’il sera bon pour toi. Neji et Tenten vous aussi !
- Mais Gaï-sensei.
- Une équipe où seuls deux membres boivent et pas les autres n’est pas une équipe. Ensemble jusqu’au bout.
- Mais pas pour tout… commença Tenten.

Elle n’eut pas gain de cause. Le patron remplit quatre verres.

- Il a l’air assez curieux évalua Tenten en le sentant.
- Il date du Premier Hokage, du temps des grandes heures. Seulement on a dû arrêter la production, y'a des clients qui devenaient aveugles. Oh, ça faisait des histoires.
- Vraiment ? interroga Neji.
- Bah oui : les Hyûga avaient râlé mais surtout les Uchiha : il paraît que c’était cet alcool qui était responsable de leur cécité quand ils développaient leur pupille, ou un truc dans le genre.
- On en apprend partout et tous les jours ironisa Neji.

L’équipe Gaï but une bonne gorgée. Ils se mirent tous à tousser.

- Faut reconnaître, c'est du brutal !
- Tu as raison Tenten, il est curieux évalua Neji qui n’était visiblement pas pressé d’en reprendre une gorgée.
- J'ai connu une kunoïchi du Pays des Neiges qu'en prenait au petit déjeuner raconta Gaï. Faut quand même admettre que c'est plutôt une boisson d'homme.
- J'lui trouve un goût de pomme dit Lee.
- Y’en a répondit le patron.

Lee tendait déjà son verre pour en avoir une seconde ration. Le temps que Neji et Tenten terminent péniblement leur verre en en renversant, discrètement, une bonne partie sur le sol en priant pour que l’alcool n’attaque pas le plancher, et Lee en était déjà à son sixième verre. Il voyait trouble. Au septième tout tournait autour de lui et il se leva en titubant.

« Cela va être à vous de jouer Azusa-san glissa un Uchiha. » Azusa s’était déjà levée et approchée de la table des quatre. Elle activa son sharingan. « Bonne chance à vous ! » l’encouragea Gaï. « Je suis là en cas de problème. »

Le patron et les autres invités n’étaient pas rassurés mais ils n’eurent pas le loisir de s’exprimer : en voyant cette pupille rouge, Lee avait déjà commencé à s’énerver : « La pupille des génies, qui copient tout ce qu’on fait pour faire mieux. Tout va voir ce que j’en fais ! »

Le coup de poing de Lee passa à côté et le déséquilibra, de sorte qu’il roula sur le sol. Azusa sauta sur une chaise vide et Lee la détruisit d’un coup de pied. « Arrête de bouger comme ça ! » Lee leva ses deux poings qui retombèrent. Sa tête était penchée vers le sol. Il ne pouvait la relever sinon il pressentait qu’il allait vomir.

Mine de rien il se défend bien. Ses mouvements sont désordonnés et même le sharingan a du mal à bien les lire. Et sa tête fixé au sol…

Lee bougea au niveau d’Azusa, porta les mains au niveau de la bouche et baissa la tête au moment où le coup de pied de l’Uchiha allait l’atteindre. Il vomit sur le sol au grand dam du patron : « Et qui va me nettoyer ça ? » Personne ne lui répondit car le combat s’intensifiait. Les coups désordonnés de Lee n’étaient pas pour plaire à Azusa et ses vomissements ponctuels rendaient le sol glissant. Il releva la tête. Maintenant ! pensa Asuza.

Elle tenta de plonger Lee dans une illusion. Il la regardait, immobile. Elle avait réussi.

« Qu’est-ce tu m’regardes toi ?! » Lee déclencha la tornade enivrée de Konoha qui emporta trois tables et deux Uchiha qui s'étaient approchés un peu trop près.

- Bon on a vu qu’il pouvait résister au genjutsu, on peut en rester là ? implora Tenten.
- Je crois évalua Gaï, même si c’est un peu frustrant. Je vais aller l’arrêter.

Gaï se plaça devant Lee et le tint par les épaules.

- Lee tu as réussi.
- Ah, Gaï… Vous croyez vraiment que je vais me faire avoir par une transformation aussi grossière ?
- Quoi ?

Lee écarta les mains de Gaï, perdit l'équilibre et glissa sur le sol tout en envoyant un coup de pied dans le bas-ventre de son sensei. Avec tant de force que Gaï réalisa, involontairement, une nouvelle entrée pour la taverne. Azusa tenta de s’approcher de Lee mais il était reparti de plus belle et commença à s’attaquer aux poteaux soutenant la charpente. Le pire était à craindre.

- Tenten on l’arrête maintenant !
- Compris.

Les deux coéquipiers de Lee se jetèrent sur lui et, si Tenten reçut le pied de Lee dans la figure, elle lui asséna un coup de bâton si puissant en retour qu’il se calma immédiatement.

Il était toutefois trop tard et de grands craquements se firent entendre. L’établissement en bois commençait à s’effondrer. Des bouts de plafond tombèrent, des morceaux de charpente également. Sortir était la meilleure option. Et vite si possible.

Toutes nos économies vont y passer s’il faut reconstruire tout cela pensa Neji. Ou pire : Gaï-sensei est capable de nous faire reconstruire l’établissement au cours de nos entraînements. Tenten pensait la même chose aussi le regard qu’elle échangea avec Neji était plein de complicité et de crainte quant à un éventuel entraînement de la sorte.

Ils n’étaient pas encore tous sortis quand les craquements diminuèrent. Intrigué le patron risqua un coup d’œil dans sa taverne bien amochée. Il vit que, du sol, venait de pousser des racines qui soutenaient les poteaux démolis et soutenir la charpente qui menaçait de tomber.

« Oh oh, voilà l’œuvre d’un de nos meilleurs charpentiers ! » s’exclama Gaï qui avait lui aussi regardé l’intérieur. « Il va quand même falloir régler la petite facture des alcools et de… » commença le patron de la taverne.

Gaï ne l’écoutait déjà plus. Repérant une ombre qui dessinait un individu retirant sa main du sol il l’interpella avec le pouce levé : « Merci Yamato ! »

Le meilleur rival de Kakashi se rapprocha de Yamato. Il a bien changé. Ce n’était pas lui. Ou alors il avait rapetissé, changé de visage. Devant Gaï, son équipe, les Uchiha et et les autres rescapés de l’établissement se tenait un jeune garçon, d’environ dix ans, la peau légèrement bronzée, les yeux noirs et des cheveux de la même couleur mais coupés courts.

« Je dois être encore bien saoul » marmonna Lee, tout cabossé. Il était à demi-allongé et réveillé, tenu par Tenten pour lui pencher la tête si jamais il avait envie de vomir. « Car je vois un petit garçon qui maîtrise le Mokuton comme Yamato-sama. »
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MessagePosté le: Mer 21 Aoû 2013, 11:48 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 58 : Elle (n’) a (pas) fait un bébé toute seule


La nouvelle de l’intervention du jeune garçon à la taverne allait se répandre comme une traînée de poudre dans Konoha, voire au-delà. Fort heureusement, à cette heure avancée de la nuit, la plupart des habitants dormaient, limitant de facto la diffusion de cette information. De quoi laisser un peu de temps aux autorités pour prendre les devants.

Après avoir raccompagné le jeune garçon, Kakashi se rendit immédiatement au bâtiment de l’Hokage. Ils étaient tous là : Tsunade, Shizune (et Tonton), Shikaku et les deux conseillers. Même Naruto était présent, tiré de son lit par trois membres de l’Anbu. Ses yeux peinaient à s’ouvrir, le signe qu’il n’était pas encore bien réveillé. Les six finissaient de converser sur la version officielle concernant le jeune garçon : un ninja orphelin recueilli à Konoha sur ordre de Tsunade, qui avait décelé en lui un fort potentiel lors de ses voyages dans les différents pays.

- Je l’ai raccompagné chez lui déclara Kakashi en fermant la porte derrière lui.
- A-t-il compris que son geste était risqué ? demanda immédiatement Koharu.
- Il devait pourtant se montrer prudent abonda Homura.

La réaction des deux conseillers attira immédiatement le regard de Kakashi et de Shikaku sur leurs personnes. Il n’y a que cela qui les préoccupe ? s’interrogea Kakashi. Leur propos indique qu’il le connaisse. Y a-t-il un lien avec Danzô ?

- J’ai comme l’impression que nous ne sommes pas sur un pied d’égalité à propos de ce garçon.
- En effet Shikaku répondit Koharu. Et c’est peut-être mieux ainsi.

L’ancienne équipière du 3ème Hokage ne put s’empêcher d’ajouter cette phrase, comme pour mieux souligner qu’Homura et elle demeuraient deux piliers essentiels à Konoha. Les jeunes veulent peut-être faire bouger les choses mais sur certains dossiers nous avons encore une longueur d’avance se persuada Homura.

Naruto bâilla à s’en décrocher la mâchoire. Il ne couvrit sa bouche qu’à la fin du bâillement. Visiblement les échanges allaient trop vite pour lui.

- Il est temps de les informer, conseillers.
- Si c’est le moment opportun faites, Tsunade.

Homura la regarda d’un air qui était loin d’être enjoué. Que la 5ème Hokage intervienne suscita de nouveaux questionnements chez Shikaku et Kakashi. Elle aussi est au courant ? Cela a un rapport avec elle ? Directement ou non ? s’interrogea, intérieurement, Kakashi. Conseiller un Hokage tout en ignorant certaines données, voilà une mission des plus dangereuses. Et c’est souvent notre lot réfléchit Shikaku.

Tsunade prit une profonde inspiration. Shizune la regardait d’un air compréhensif et inquiet tout en serrant Tonton dans ses bras. J’espère que ce ne sera pas un moment trop dur pour vous Tsunade-sama. Tôt ou tard il aurait fallu en parler. Est-ce vraiment le bon moment ?

- Seuls les conseillers et Shizune étaient au courant pour ce garçon et ses… facultés.
- C’est le fils de Yamato ? demanda Naruto qui commençait à émerger.
- Je le connais et il ne m’en a jamais parlé ni laissé un indice qui laisserait croire qu’il est père répondit Kakashi.
- Le résultat d’expériences ? interrogea Shikaku. Orochimaru aurait continué ses petites affaires, ou alors un autre shinobi versé dans la génétique ? Mais alors pourquoi cet enfant se trouve-t-il à Konoha, et parmi les orphelins ?

La mine de Shikaku contrastait avec le léger sourire des conseillers. Alors Shikaku, qu’est-ce que cela fait de ne pas savoir ? se demandait Koharu. C’est plus difficile d’étaler ton intelligence et tes solutions ingénieuses dans une telle situation. Tu es bien moins précis en ce moment.

« Ce garçon… » commença Tsunade. « Il s’appelle Abayama. Il est mon fils. » Elle articula chaque mot lentement, en détachant chaque syllabe d’une voix qui allait en s’éteignant. Comme si chaque mot prononcé lui coûtait un peu plus, au fur et à mesure que la phrase avançait.

Les regards de Kakashi et de Shikaku se tournèrent vers Tsunade, incrédules. Même Naruto avait été secoué par cette nouvelle et était désormais alerte et réveillé. « Mamie, qu’est-ce que tu racontes ? »

Elle ne s’embête pas Tsunade ! Jiraya a dû s’en retourner dans sa tombe. Ou, plutôt, dans le lac d’Ame… persifla Kurama visiblement de mauvais poil à cette heure de la nuit. Une mauvaise humeur qui semblait également poindre en Naruto.

Tsunade entreprit de leur expliquer :

- Il y a une dizaine d’années, comme vous le savez j’écumais les salons de jeux, je buvais. J’allais de ville en ville. Pour oublier, ne pas penser au passé qui me poursuivait. Un soir, Yamato est venu. Il voulait en savoir plus sur Hashirama. Mieux cerner son identité, pouvoir se définir autrement que comme un clone du premier Hokage : tels étaient les motifs de celui dont la seule qualité, aux yeux de beaucoup, est d’être issu de l’adn de mon grand-père.

Elle s’arrêta de parler. Shizune lui apporta un verre d’eau. La Sannin accusait le coup. Elle reprit son discours alors que personne n’avait osé poser la moindre question : « Nous avons parlé, longuement. Je lui ai dit tout ce que je savais à propos d’Hashirama. Cela ne lui a pas rendu le sourire. Il était triste, passablement perdu. Il m’a fait penser à ma situation. Nous avions consommé pas mal d’alcool. Je ne sais plus comment nous en sommes arrivés là mais… nous avons… passé la nuit ensemble. » Les trois derniers mots furent prononcés d’une voix presque inaudible tant le volume sonore de Tsunade avait diminué.

- Coucher avec un individu issu des gènes de son grand-père. On tient un gros dossier pour la psychanalyse là !
- Kurama… Ce… Ce n’est pas le moment pour ça. Et puis euh… c’est quoi la psychanalyse ?

Le reste était facile à deviner aussi personne ne posa de questions sur l’acte en lui-même. « Pourquoi ne pas avoir gardé l’enfant ? » demanda Naruto, secoué par cette annonce. « Vous n’avez rien dit à Yamato ? » questionna Kakashi.

Shizune répondit à la place de Tsunade, qui avait visiblement besoin de se remettre de cette révélation :

- Tsunade-sama n’était pas en condition pour élever un enfant. Elle s’est efforcée de ne plus boire pendant la grossesse mais elle ne voulait pas l’élever. Je l’ai aidée à accoucher et elle m’a chargée de trouver un foyer pour cet enfant.
- Vous avez cautionné ça ? s’emporta Naruto. Cet enfant, vous l’avez laissé dans l’ignorance de ses parents, de ses origines. Comment avez-vous pu faire une telle chose ?

Les yeux bleus de Naruto ne lâchaient pas Tsunade. Son regard était implacable.

- Je menais une mauvaise vie, j’étais incapable de m’en occuper Naruto. Tu l’as vu quand tu…
- Ce n’est pas une raison ! Je…

Kakashi posa la main sur l’épaule de Naruto, pour qu’il se calme. Ce n’est pas le moment que nos Hokages se disputent. Les conseillers en profiteraient pour attiser les divisions et jouer l’un contre l’autre.

- Naruto vous êtes encore jeune pour comprendre les enjeux entourant un tel sujet.
- Apprenez-moi donc Homura-san. Et moquez encore une fois ma jeunesse et je vous assure qu’il y aura un conseiller en moins demain.

Ce fut Koharu qui répondit au Hokage :

- A l’époque non seulement Tsunade n’était pas dans les meilleures dispositions mais, surtout, elle était une Sannin. Ce statut pouvait lui valoir de la considération mais aussi des ennemis. Surtout vu ses dettes de jeux…
- Et pourquoi quand Mamie est devenue Hokage elle ne l’a pas reconnu ?
- Et pourquoi n’avoir rien dit à Yamato ? insista Kakashi qui n’avait toujours pas eu de réponse à sa question.
- Yamato est un Anbu. Ce n’est pas toujours une bonne chose qu’un ninja ait de la famille. Cela peut conduire à des décisions… discutables. Peut-être Sakumo aurait-il agi différemment s’il n’avait pas eu de fils.
- Laissez mon père en dehors de ça conseillère.

Le regard de Kakashi persuada Koharu de se taire. Le petit silence qui suivit permit à Tsunade de reprendre la parole. Elle en avait encore la force :

- Quand je suis devenue Hokage j’ai demandé à Shizune de faire amener l’enfant ici – avec l’accord des conseillers – et j’ai gardé un œil sur lui, pour le voir grandir, le visiter discrètement. Tous les jours Shizune m’informe de ce qu’il fait de sa journée.
- Mais pourquoi ne rien lui dire ? persista Naruto. A croire que Konoha a un goût pour les orphelins.
- J’ai fait ce qui était le mieux pour lui. Ne me juge pas Naruto.
- Grandir seul, sans ses parents, vous trouvez que c’était le mieux ?
- En tant qu’Hokage son fils serait une cible toute désignée intervint Shikaku. Il y avait la menace d’Orochimaru, de Danzô, de l’Akatsuki. Vous avez alors décidé de ne rien faire. Tant qu’il ne montrerait pas ses talents cachés, tout se passerait bien pour lui.

La 5ème Hokage acquiesça du regard. « Je ne pouvais tout simplement pas lui dire. » Une larme roula sur sa joue.

- Et maintenant ? demanda Naruto. Vous allez lui dire la vérité ou bien il deviendra un ninja formidable si on le laisse encore croire qu’il est orphelin ?

Les souvenirs de son enfance remontaient à la surface. Naruto n’était pas prêt à accepter ce geste de Tsunade. Même la réponse de Shikaku était inacceptable à ses yeux. Est-ce un des effets du système shinobi ? Faut-il vraiment tout jeter pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais ?

- Je pense que Naruto veut savoir si des dispositions spéciales doivent être prises. Avec cette entrée en matière remarquée, la Racine voudra l’intégrer dans ses rangs. Et des questions sur ses origines vont se poser.
- Vous irez parler à Yamato, Kakashi. Shikaku, vous l’accompagnerez. Faites-lui comprendre que je m’occupe de l’enfant, qu’il n’a pas à l’approcher. Surtout vu son état. Ce qui s’est passé entre nous n’était qu’une erreur entre deux esprits alors perturbés.
- C’est un peu dur pour lui commença Kakashi.
- S’il ne veut entendre raison, amenez Inoichi avec vous et qu’il efface sa mémoire.

La détermination de Tsunade prenait le pas sur son émotion. Elle parlait désormais en tant qu’Hokage disposée à faire tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la sécurité au village. Il n’était pas question que Yamato vienne alimenter les problèmes potentiels qui pourraient survenir avec Abayama.

- Bien Tsunade-sama déclara Shikaku en regardant Kakashi. Nous avons une marge de manœuvre Kakashi, mieux vaut ne pas la gâcher en essayant de négocier avec elle. Elle n’est pas en l’état actuellement.
- Le jeune garçon devrait… commença Homura.
- Je veillerai sur lui coupa Naruto. A défaut d’avoir des parents il aura un grand frère.

Tout le monde regarda Naruto. Cette intervention était pour le moins inopinée. Aïe aïe aïe, il nous rejoue le coup qu’il a fait chez les Uzumaki craignit Shikaku

- Vous ? interrogea Koharu en le raillant légèrement.
- Oui, moi. Je ne pense pas qu’il ait besoin d’une grand-mère ou d’un grand-père répliqua Naruto en regardant les deux conseillers avec un sourire en coin.

Petit… pensa Koharu sans oser aller au bout de sa pensée, de crainte qu’elle ne se lise un peu trop facilement sur son visage.

- Vous n’avez pas vraiment d’expérience en la matière analysa Homura. Vous allez attirer l’attention sur lui en vous occupant de lui. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
- En plus vous n’avez jamais dirigé ni formé de jeunes ninjas. Il y avait bien Konohamaru mais…

Koharu ne termina pas sa phrase. La pique avait fait mouche et Naruto était sur la défensive, comme frappé par la remarque de la conseillère.

- Oh Naruto tu vas laisser la vieille bique et le vieux barbu te faire la leçon ? Si tu veux je prends ta place et je leur réponds.

- Il y a un début à tout se reprit Naruto.
- Et ce n’est peut-être pas le meilleur moment ni la bonne personne pour commencer compléta Homura.
- Pourquoi ne pas me le laisser ? intervint Kakashi. Il va bientôt terminer à l’académie donc je pourrais prendre son équipe sous ma direction.

Les deux conseillers fixèrent le fils de Sakumo. Cette intervention ne leur plaisait pas et ils ne se privaient pas de l’exprimer dans leur regard.

- Kakashi a une grande expérience en la matière. De plus, Naruto pourrait suivre cette équipe pour apprendre comment s’occuper d’une équipe de genins. Cela justifierait qu’il veille sur Abayama.
- Si vous le dites Shikaku. Vos raisonnements sont bons, en général lâcha Koharu.
- Qu’en dites-vous Tsunade ? demanda Homura.

La 5ème Hokage approuva d’un signe de tête. Ce fut le signal du départ pour les conseillers qui en avaient, visiblement, assez entendu. Ils prirent congé en saluant brièvement les membres de cette réunion exceptionnelle.

- Au fait, le prochain examen de sélection pour les chûnins est pour bientôt non ?
- En effet Naruto. Dans quelques mois se tiendront les épreuves l’informa Shikaku.
- Abayama pourra y participer ?

Tsunade tressaillit légèrement à cette idée. C’est un ninja donc il doit participer à cet événement. Je ne peux pas m’y opposer. Même si j’aimerai pour lui une autre vie que celle de ninja.

- Possible répondit Kakashi. Cela dépendra de lui et de son équipe. D’ailleurs que deviennent les jeunes ?
- Iruka s’en plaint intervint Shizune. Ils sont parfois un peu trop dissipés mais il a déjà signalé quelques profils intéressants.
- Il ne doit pas se tromper déclara Naruto. Quand j’y suis allé j’ai moi aussi ressenti quelque chose chez certaines et certains élèves. L’épreuve se déroule où déjà ?

Naruto se souvenait d’une discussion qu’il avait eue avec Shikamaru sur le sujet mais il était incapable de mentionner le pays qui devait accueillir l’épreuve. Surtout qu’il n’était pas bien sûr de la dénomination exacte des nations autres que celle du Feu.

Tsunade se chargea de lui répondre :

- Pour célébrer l’entrée du Pays des Neiges parmi l’alliance il a été décidé que l’épreuve aurait lieu là-bas. Une grande première.
- Sauf si Shôkishi Anotsu en décide autrement. Faire pénétrer des ninjas de différentes nations sur son territoire ne lui a jamais vraiment plu.
- En effet Shikaku. Peut-être qu’il a changé. Ou alors l’épreuve se déroulera dans un désert de glace tel qu’il n’y aura aucune information sensible qui pourrait être dévoilée.

Ils échangèrent un sourire… et espérèrent que les oreilles du Seigneur du Pays des Neiges ne sifflent pas trop en ce moment.

Naruto repensa à sa visite dans ce pays et aux monts enneigés qu’il avait aperçus alors qu’il était dans la capitale. Le visage souriant d’Akari lui revint aussi en mémoire ce qui fit le légèrement rougir. Mais pourquoi je pense à elle ?

- Hey Naruto, tu t’inscris ? Même si tu es Hokage tu n’as toujours pas pu repasser l’épreuve. Je suis sûr que l’on pourrait établir un nouveau record ! On éclate tous les participants dès la première épreuve et hop on a le diplôme en poche.
- Bonne idée Kurama, je vais en parler à Kakashi et aux autres.


- Tu penses à quelque chose Naruto ? l’interrogea Shikaku qui avait remarqué la mine interrogative du Hokage. J’espère que ce n’est pas encore une nouvelle idée bien à lui.
- Oui : il faudra prévoir des écharpes pour nos ninjas. S’ils prennent froid pendant cet examen ils ne pourront pas se donner à fond.
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Jûbi


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MessagePosté le: Dim 25 Aoû 2013, 12:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 59 : Ne rentre pas chez toi ce soir


Ils arrivèrent à la nuit tombée. L’endroit n’avait pas changé d’un poil depuis leur départ pour Konoha. L’étroit passage entre deux falaises rocheuses s’élargissait pour déboucher sur un espace ouvert, où les habitations des partisans de Jashin étaient localisées. Certaines étaient en pierre, d’autres prenaient place dans la roche et leurs ouvertures se confondaient facilement avec l’entrée de grottes, pour la plupart piégées. Un vrai labyrinthe pour qui n’étaient pas familiers avec ces lieux. Et ce n’étaient pas les quelques lanternes disposés ça et là qui aidaient à se repérer tant la luminosité produite demeurait faible.

- Nous voilà arrivés Tatsu.
- Pas trop tôt. Je n’en peux plus.

Elle s’assit à même le sol, passant la main dans ses cheveux bruns qui avaient quelque peu poussés et soupira. Le calvaire touchait à sa fin. Les séances d’interrogatoires avaient été dures, très dures. Mais Yamada avaient réussi à les faire s’évader à la grande stupéfaction de Tatsu qui ne comprenait pas très bien comment il s’y était pris pour les faire sortir sans être repérés. Peut-être est-il plus observateur que je ne le crois. Il aura noté des informations lors de notre première évasion, qui lui auront servi pour celle-là.

- Vous voici de retour parmi nous.

Tatsu se releva immédiatement et salua, tout comme Yamada. Otoki sortait d’une des ouvertures présentes dans la roche. Ses yeux verts luiaisaient comme jamais, ce qui interpella les deux jashinistes, sans qu’ils sachent ce que cela signifait.

- Oren et Denji sont déjà là ? Ils vous ont expliqué ce qui nous est arrivé ?
- Oui Yamada. Cependant, Denji n’est plus parmi nous. Il est mort, tué par les Ailes.
- Ces enfoirés ! Maintenant que je suis de retour je vais…
- Tu ne feras rien si je ne t’en donne pas l’ordre.

La voix claire et perçante de Mozen précédait son apparition dans la lumière des lanternes. Son visage était fermé. Il doit être furieux que nous ayons été capturés deux fois pensa Tatsu. La réputation des jashinistes s’en trouve affectée, d’où sa colère. C’est quand même un peu fort de sa part ! Nous avons quand même réussi à nous échapper de ce qui est sans doute le plus puissant des villages cachés !

- Veuillez me pardonner Mozen-sama. Mes mots ont dépassé ma pensée. Je ne ferais rien sans vous demander l’autorisation.
- Vraiment ?
- Bien sûr.

Mozen arrêta d’avancer. Ses yeux fixèrent Yamada puis Tatsu. « Nous avons perdu Denji et Nao il y a peu. Deux bons éléments. Vous avez été capturés lors de votre évasion et maintenant vous réapparaissez devant nous. Sans avoir été suivis. N’est-ce pas Hajime ? »

La silhouette de ce dernier se dessina aux côtés de Mozen. Il acquiesça d’un signe de tête.

- Pouvez-vous donc m’expliquer par quel miracle vous avez réussi à deux là où vous avez échoué avec Oren et Denji ? L’emprisonnement à Konoha aurait-il des vertus insoupçonnés ?
- Mozen-sama vous croyez que… commença Tatsu.
- Je crois en Jashin. En ce qui vous concerne je sais.

Tatsu se recula d’un pas mais son dos heurta quelque chose. Un corps. Elle se retourna et, tout en laissant échapper un petit cri de surprise, vit Oren. Yamada jeta rapidement un regard pour savoir de quoi il retournait.

- A deux vous aviez peut-être plus de chances de passer. En théorie. Konoha ne se ferait pas avoir deux fois commenta Oren. Surtout, cette première évasion était un peu trop belle. Comme si certains jashinistes devaient partir car ils n’entraient pas dans certains plans.
- Oren-sama comment pouvez-vous…
- Laisse Tatsu. On va régler ça rapidement. La foi ça ne se discute pas.

Yamada empoigna ses deux serpes et se mit en position de combat. Hajime était déjà derrière lui. « Suiton – Les lames des profondeurs ».

De l’eau émana du sol. Elle prenait la forme de geysers jaillissant à plusieurs endroits et de manière irrégulière, tout autour de Yamada. Les jets étaient soumis à une telle pression qu’ils pouvaient blesser voire tuer. L’utilisateur de serpes ne tarda pas à le réaliser.

Une brusque éruption à sa droite le fit reculer tandis qu’un second geyser était apparu à sa gauche. Yamada ne put le contrer avec sa serpe et il perdit son bras gauche. Tout s’était passé si vite qu’il vit d’abord son bras gauche au sol avant d’hurler de douleur. Cet instant de déconcentration le fit trébucher sur ce sol irrégulier. Il lâcha sa serpe pour se réceptionner avec la main droite et éviter ainsi de se fracasser le crâne. Dans l’instant le pied d’Hajime le plaqua au sol. « Au moindre mouvement, tu perds ton autre bras. » Yamada ne broncha pas.

Tatsu n’avait pas bougé. La scène qui venait de se produire immobilisait tout son corps. Elle craignait que la même punition ne s’abbatte sur elle alors qu’elle n’y était pour rien. C’est Yamada qui m’a fait sortir. Je ne savais rien donc je n’ai pas dit grand-chose. Je n’ai pas trahi. Des larmes commençaient à rouler sur ses joues. « Tu fais bien de rester immobile. Un geste envers Yamada pourrait être vu comme un acte de complicité. » Ce murmure d’Oren à son oreille acheva de la persuader qu’il fallait être une statue.

Mozen se rapprocha de Yamada maintenant qu’il était maîtrisé.

- Alors Otoki ?
- La marque de Jashin est perturbée. Cela confirme ma première impression lorsqu’ils étaient en approche. La perturbation est le fait de Yamada.
- Uniquement ?
- Uniquement.

Le chef des jashinistes s’accroupit et s’adressa au tout juste nouvel amputé :

- Quel marché as-tu accepté ? Parle et ta mort sera rapide. Mens et tes membres te seront ôtés un à un. Tout sera fait pour que tu restes en vie jusqu’au bout.
- Mozen-sama je vous jure que…
- Hajime.

Ce dernier sortit kunaï et coupa l’auriculaire droit de Yamada. Un cri suivit et il tenta de se débattre. C’était inutile : Hajime avait renforcé sa prise et Yamada ne pouvait se dégager.

- Faut-il encore quelques doigts en moins ?
- Mozen je…
- Impoli en plus ? Changeons Hajime.

Le gros orteil du pied gauche se détacha du corps de Yamada. Un nouveau cri de douleur s’éleva dans la nuit.

- Penses-tu que tes cris arriveront jusqu’à Konoha ?
- J’ai… Je n’ai pas eu le choix Mozen-sama je…
- Et bien qu’y a-t-il ?

Yamada essaya de parler mais plus rien ne sortait de sa bouche.

« Hajime, ouvre-lui la bouche. » Mozen remarqua qu’un sceau avait été appliqué sur la langue.

- Je vois. Si tu évoques le sujet cela bloque ton système nerveux. Tu ne peux rien dire ni écrire. Pas pratique tout cela.
- Mozen-sama il ne vous regarde pas.

Les yeux de Yamada étaient fixés sur autre chose. Mozen regarda dans sa direction et comprit. Un certain appaisement apparut sur son visage.

- Merci fidèle partisan de Jashin pour ce dernier effort. Tu as mérité une belle mort. Hajime.
- Bien Mozen-sama.

La tête de Yamada vola sous l’effet d’un nouveau geyser. Hajime relâcha sa prise et s’éloigna de ce qu’il restait de Yamada. Otoki s’approcha et absorba la marque de Jashin encore présente sur cet amas de chair. Mozen vint ensuite, pour récupérer les serpes.

- Il est…
- Mort oui Tatsu. Il avait trahi Jashin.

Oren la prit dans ses bras pour la rassurer et l’apaiser. Elle ne courait plus aucun risque à présent. Elle la conduisit dans ses quartiers et la surveilla jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Elle mit un certain temps à le faire et la nuit était désormais bien avancée lorsqu’Oren rejoignit ses parents dans une salle dédiée à des entretiens en petit comité de quatre ou cinq personnes.

- Elle s’est endormie. J’ai laissé un homme pour surveiller.
- Parfait ma fille répondit Otoki.
- Qu’a donc voulu dire Yamada ?


- Son regard était fixé sur des racines qui sortaient du sol.

Le poing de Mozen se serra alors qu’il finissait sa phrase.

- Un coup de… commença Oren.
- Oui, la Racine de Konoha. Il voulait sans doute utiliser Yamada pour qu’il récolte des informations voire qu’il leur permette d’accéder jusqu’ici.
- Ou bien une alliance ? interrogea Otoki.
- Nous n’allons pas faire alliance avec tout le monde rétorqua Mozen. Et cette manière de procéder est bien cavalière. Jashin n’approuve pas.
- Peut-être qu’une alliance avec eux serait moins dérangeante que celle avec les Ailes.

La remarque d’Oren lui valut un regard foudroyant d’Otoki.

- Tu oses contester les…
- Laisse. Elle ne me conteste pas en public, ce qui est l’essentiel.

Il adoucit sa voix :

- Il faut parfois faire des alliances qui ne plaisent pas. C’est un gros coup et nous avons perdu de bons éléments récemment. Le temps que nous renforçions nos troupes serait trop long pour nous attaquer à eux seuls. Avec les Ailes…
- Vous leur faites confiance ? Ils pourraient en profiter pour…
- Nous prendrons les dispositions nécessaires. Jashin se vengera mais sa vengeance doit d’abord se diriger sur ceux qui ont commis les plus grands crimes. Goro et les siens auront leur punition. C’est une question de temps.

Et quelle sera la nôtre ? s’interrogea Oren. Faire des alliances est le fait des hérétiques. Jashin ne fait pas d’alliance. Il intègre ou il supprime. Père est-ce vraiment les desseins de notre Dieu que vous servez ?

- Es-tu satisfaite de la réponse ? demanda Otoki sur un ton vénéneux. Ou bien souhaites-tu des explications supplémentaires ?
- Je comprends l’idée de s’allier avec des ennemis de Jashin pour éliminer un ennemi plus important. Et je ne l’approuve nullement.
- Fort bien déclara Mozen d’un ton qui se voulait apaisant. Tu dois être fatiguée ma fille. Va donc te reposer.
- Merci père.

Oren salua ses parents et regagna ses quartiers : une pièce unique creusée dans la roche avec un lit confortable – le privilège de la fille de Mozen – une table, une chaise, un meuble pour ranger ses affaires et une grande bassine pour se laver. Elle se coucha sans l’utiliser, toute habillée. A moitié endormie, elle repensa au jeune garçon qui était parti en compagnie de l’autre membre des Ailes. Il avait du style avec son épée même s’il y avait du déchet. Il pourrait faire une bonne recrue si l’occasion se présentait. Shin’, je crois qu’il se nommait ainsi.

- Shin’ ? Oh Shin’ ? Nous sommes arrivés. Tu peux descendre.
- Merci Masato-sama.

Le fils du Guerrier Noir decendit du dos de Masato. De nouveau il avait été porté. Parce qu’il avait atteint ses limites. Le rythme était à peine moins élevé que celui adopté lors de leur départ pour retrouver Akari. Pas facile pour le jeune bretteur. Toutefois, ce soir, ils ne dormiraient pas à l’extérieur mais dans une auberge. Ils pourraient ainsi se décrasser et manger un repas chaud. Un véritable luxe depuis leur départ du Pays des Neiges.

Ils avaient réussi à pénétrer dans le Pays de l’Herbe sans être repérés ou, du moins, sans tomber dans une embuscade. Masato avait poussé leur chance jusqu’à cette auberge. C’est risqué mais Shinsuke ne peut pas suivre un tel rythme. Autant le ménager. Nous n’en sommes qu’au début. « Oui jeune prince, le tout début. Et vous avez déjà dû ralentir le rythme pour qu’il puisse suivre. Votre quête risque d’être ralentie. Seuls nous ferions peut-être un meilleur travail… »

- Quelque chose ne va pas Masato-sama ?
- Rien d’important Shin’.

Masato secoua la tête une fois qu’il eut répondu, comme pour mieux chasser cette voix qui se faisait un peu plus insistante chaque jour. Je n’ai pas besoin de ça. Comment faire pour la rendre silencieuse ? Le prix serait-il de renoncer à rendre justice à ma sœur.

« Je vous aiderai à lui rendre justice, je vous le promets. »

Shinsuke se chargea de prendre une chambre et de demander à ce qu’un repas chaud leur soit monté. L’aubergiste accepta sans broncher en voyant que ses deux clients payaient d’avance.

Ils montèrent au premier étage de l’établissement. Au fond du couloir de droite se trouvait leur chambre. La porte s’ouvrit sans grincer et ils allumèrent la lumière. Ils n’étaient pas seuls.

Sur un fauteuil à côté de la fenêtre de la chambre et face à la porte d’entrée se tenait un homme d’une soxantaine d’années. D’allure plutôt frêle, il avait une chevelure fournie où le blanc l’emportait. Il avait rasé sa barbiche de sorte que son visage était parfaitement lisse. Les quelques rides présentes ne le vieillisaient pas, bien au contraire. Une incroyable vitalité émanait de cet homme.

- On entre vraiment ici comme dans un moulin annonça-t-il.
- Y a-t-il seulement un endroit où vous ne puissiez rentrer maître ?

Le vieil homme regarda Masato et sourit brièvement. Shinsuke n’en croyait pas ses yeux.

- Sôri-sama c’est bien vous ?
- J’ai donc tant vieilli que méconnaissable je suis devenu ?
- Oh non ! désolé, je ne voulais pas vous vexer.
- Pourquoi êtes-vous là Sôri-sensei ?

La question un peu brutale de Masato lui valut un regard à demi-interrogatif de Shinsuke et toute l’attention de son maître. Cela trahissait peut-être une certaine émotion. Celui qui l’avait formé quand il était jeune, qui lui avait appris pratiquement tout ce qu’il savait se tenait là, devant lui. Voilà bien longtemps qu’il ne l’avait revu. Sôri avait pour habitude de disparaître de temps à autre pour voyager, méditer. On prétendait aussi qu’il s’était mis à écrire. Tous ces sujets n’intéressaient pas Masato en cet instant.

- Serais-tu méfiant à mon endroit ?
- Ai-je des raisons de l’être Sôri-sensei ?
- Voir des ennemis partout c’est le propre de ton père ou de cet Hizamaru. Je croyais que tu avais échappé à cette tendance un peu pénible.

L’atmosphère se tendait dans la pièce. Shinsuke alla refermer la porte, espérant, sans savoir pourquoi, que cela normaliserait le dialogue.

- C’est une simple visite de courtoisie lâcha Sôri. D’ancien maître à son plus brillant élève.
- Brillant ? Même en ce moment ?
- Contrarier les projets de ton père n’est-ce pas être brillant ? Ou alors tu es fou mais je n’ai pas encore envie d’y croire.

Un sourire complice réunit les trois personnes présentes dans la chambre. Une certaine cordialité se substituait à la tension du début. Ils parlèrent donc légèrement de sujets variés avant que Sôri ne recentre la discussion :

- Je continue à être informé de tes faits et gestes.
- Le contraire m’eut étonné sensei.
- Certains ne sont pas très réjouissants. Par exemple on dit que, depuis ton départ, tes pupilles sont régulièrement recouvertes par ces flammes bleues. Shinsuke peux-tu confirmer ?

Ce dernier n’osa répondre mais ne démentit pas. Oui, elles apparaissent alors même que Masato-sama n’a pas désactivé le sceau sur sa main.

Cette observation contraria Masato, même inconsciemment. Voilà sans doute pourquoi Shinsuke tenait à monter la garde ces derniers jours pour que je me repose. Il n’est pas à l’aise et je ne devrais pas l’être non plus.

« Ne les laissez pas vous troubler avec leurs questions. Leurs craintes sont sans fondement. »

- A peine parti et ton regard est déjà bien sombre.
- Ce n’est rien sensei. Juste…
- Juste quelque chose qui est en train de te posséder.

La remarque de Sôri agaça Masato même s’il ne laissa rien paraître. Il moque mon père mais son attitude n’est pas très différente de la sienne. Moins cassante sans doute mais le but est le même.

- Vous voulez me trancher la main gauche pour y mettre un terme ?
- Je t’ai appris beaucoup Masato, pour que tu sois autonome. C’est à toi de prendre les décisions.

Oui sensei. Vous n’avez pas dévié de votre ligne. Je vous admire pour cela. Comme mon père vous avez suivi une voie sans vous en écarter. Il me sera difficile d’être tel que vous.

« Il se fait tard » décréta Sôri. « Vous devez manger et vous reposer. » Il se leva pour partir et alors il croisa le regard de Shinsuke, pas tout à fait rassuré. Il s’arrêta, comme pour ne pas avoir de regrets en taisant un sujet d’importance, et s’adressa à Masato :

- Quand tu penseras en avoir terminé alors tu relâcheras ta garde, même si ce n’est qu’un instant. Alors tu risqueras de tout perdre.
- Je dois donc rester toujours sur mes gardes ?
- La voie que tu as choisie te l’impose. Du moins si tu veux la suivre jusqu’au bout.
- J’ai l’impression d’avoir droit au complément de la prophétie d’Oogama Sennin.

Sôri sourit à cette évocation. « Je n’ai pas ses talents. Utilise ce que nous avons pu te dire du mieux possible. Peut-être que cela vous sauvera tous les deux. On peut avoir de bonnes intentions et malgré cela commettre des erreurs. » Il n’alla pas plus loin car Masato comprenait très bien de qui il était question.

- Merci Sôri-sensei. Ce sont de bons conseils. Nous essayerons de les suivre avec Shin’.
- Oui ! merci à vous Sôri-sama.

Il les salua, ouvrit la porte pour sortir. Au seuil de celle-ci, juste avant de la refermer, Sôri se tourna vers Masato :

- Va faire un tour aux Nectars du Palais. C’est à peine plus propre que le Repos du Guerrier mais certaines informations s’y trouvent.
- Merci pour cette indication maître. Je suis content de vous avoir revu. Le jeu de pistes va donc très bientôt commencer.
- Ne pense pas t’être débarrassé de moi Masato répondit Sôri en refermant la porte, nous nous reverrons. Et peut-être plus tôt que tu ne le penses.
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MessagePosté le: Jeu 29 Aoû 2013, 2:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 60 : Le Faucon, la Veuve Noire et le soleil


Revenir sur les terres du Faucon lui procurait systématiquement un sentiment double : le plaisir de se trouver là où il avait passé la majeure partie de son existence ; la crainte qu’il soit accusé de trahison et exécuté pour avoir comploté avec les personnes dont il devait tirer des informations. Haïtani avait un poste exposé, il le savait parfaitement. Dès qu’il était devenu les oreilles du Faucon – la personne chargée de fournir tous les renseignements pertinents au chef – la crainte et l’excitation d’être toujours sur le fil du rasoir ne l’avaient plus quitté. Il jouait toujours un jeu dangereux, mais cela lui plaisait. Je me demande quelle serait ma vie sans cela. Sans doute bien morne et inintéressante.

Il poursuivit ses réflexions tout en pénétrant dans un palais aux colonnes de marbre avec, pour emblême, un faucon aux ailes déployées. Ses ailes recouvriront-elles le monde entier ou bien à vouloir voler trop haut et trop loin le Faucon se les brûlera ? Les Ailes aussi ? Ce trait d’humour provoqua un sourire sur son visage qu’il effaça bien vite en pensant à la mine qu’aurait faite Shôkishi Anotsu en entendant un tel propos. Il m’aurait sans doute demandé si je n’avais pas mieux à faire.

Tout en évoluant dans des salles et couloirs richement dotés et décorés il saluait ses gens, apprenait les dernières nouvelles et quelques indiscrétions dont il avait, pour la plupart, déjà connaissance. Quoique c’est toujours positif d’avoir des confirmations.

Haïtani passa dans ses appartements pour se changer. Il laissa ses vêtements du Pays des Neiges sur le lit – ils seraient rapidement nettoyés et prêts à resservir – pour enfiler ceux du Faucon. Cette tenue-là était d’un blanc immaculé, avec un faucon aux ailes déployées de couleur or figurant sur la poitrine. Une cape fixée par des broches d’or parachevait cette tenue d’apparat. Qu’il est plus facile de salir que de maintenir propre. J’ai encore du mal à comprendre comment le Faucon a pu accepter de porter ça quand nous ne sommes pas sur le champ de bataille.

La salle de Conciliation était déserte lorsqu’Haïtani y pénétra. Elle accueillait la fine fleur des autorités dépendant du Faucon, chacune veillant jalousement sur ses prérogatives. Les conseils se révélaient alors particulièrement animés et cela relevait du miracle (ou du divin selon certains) que le Faucon parvienne systématiquement à concilier des points de vue antagonistes et irréductibles les uns aux autres. Un homme de synthèse doublé d’un stratège hors pair. Ajouté à ses autres capacités, le Faucon est un individu terrifiant. Haïtani sourit en pensant cela et remarqua qu’une porte-fenêtre était ouverte. Elle donnait sur une terrasse.

- Tu es en retard gronda une voix dès qu’Haïtani fut dehors.
- Pile à l’heure au contraire. Ne pas être en avance n’implique pas que je sois en retard mon bon Kagimura. Selon mes critères en tout cas.

Un regard dédaigneux répondit à Haïtani. L’atmosphère était toujours électrique entre les deux hommes. Les cheveux noirs et plaqués en arrière, Kagimura allait sur ses cinquante ans. Une moustache de la même couleur et impeccablement taillée renforçait l’impression de dureté qu’il dégageait. Un cache-œil masquait le gauche mais ceux qui l’avaient pris pour un handicapé l’avait payé de leur vie. L’épée portée à sa gauche le signalait : Kagimura était une fine lame, peut-être la meilleure du pays. Haïtani se demandait même si Ryuichi s’en sortirait contre lui. Un combat qui vaudrait le détour. J’espère pouvoir y assister !

Kagimura était l’œil du Faucon ; Haïtani ses oreilles et bras droit officieux. Les autres membres de la garde rapprochée n’étaient pas présents. « Où se trouve notre maître Kagimura ? Ton œil est plus efficace que les miens quand il s’agit de le repérer. »

Un coup de menton répondit à sa question. Kagimura n’avait pas relevé la remarque ironique d’Haïtani, ce qui chagrinait quelque peu ce dernier. Il s’en remit rapidement : à l’autre bout de la terrasse se trouvait le Faucon. Haïtani s’avança et mit le genou à terre.

- Merci d’être venu Haïtani.
- Les ordres de mon maître sont impératifs.

Les lèvres du Faucon affichèrent un sourire. Il avait laissé pousser ses cheveux depuis leur dernière entrevue. Ils étaient fins et bouclaient assez rapidement si on leur en laissait le temps. Leur couleur claire faisait parfois croire qu’ils étaient blancs, lorsque le soleil frappait le visage du Faucon. Pour le reste il avait un corps finement musclé qu’il entretenait avec grand soin. Son visage était parfaitement rasé et ses yeux étaient d’un bleu à noyer bien des cœurs et des hommes. Si beau qu’on dirait qu’il n’est pas humain pensa, amusé, Haïtani avant de se ressaisir :

- Les autres ne sont pas là ? Les complications qui ont précipité mon retour sont à l’origine de ces absences ou bien Kagimura a fait jouer sa lame, impatienté par mon retard ?
- Je pense que tu connais déjà la réponse répondit doucement le Faucon.
- De manière peu claire. Qui affrontons-nous ? Les Uchiha et Uzumaki ne devraient pas…

Une explosion retentit au loin. Bien que le théâtre du conflit soit très éloigné, ils purent apercevoir un champignon de poussière qui s’éleva dans le ciel tandis que le souffle de l’explosion, même fortement atténué par la distance, parvint à Haïtani et fit voler les cheveux du Faucon. Une légère brise qui n’avait rien d’apaisante.

« Il ne fallait pas qu’elle se donne la peine de répondre à ma question » ironisa Haïtani. « La Veuve Noire aime décidément faire parler d’elle. » Un léger agacement passa sur le visage du Faucon lorsqu’il se retourna pour fixer son interlocuteur.

- Elle continue à résister. Pire, elle avance.
- Cette reprise d’activité est curieuse nota Haïtani. Et ses pouvoirs sont…
- Un sérieux problème. J’envisage un traité pour la calmer un peu le temps de mettre la main sur les Bijûs et le reste.
- Des ressources suffisantes pour la battre sans aucun doute.
- J’espère qu’il en faudra moins que cela pour la mater. N’oublie pas qu’elle n’est pas la seule menace.

C’est vrai pensa Haïtani. Nous sommes en position de force et pourtant la menace est partout. Le monde du Pays des Neiges et des autres nations apparaîtrait presque comme un havre de paix en comparaison de cet endroit.

« Qu’en est-il de vos petites affaires ? » La question du Faucon interrompit Haïtani dans ses pensées et il remarqua bien vite que les deux prunelles de son leader ne le lâchaient pas. Mieux valait ne pas mentir. Haïtani afficha donc un sourire contrarié en répondant :

- La jeune fille de Shôkishi a été tuée.
- Vous l’avez vue ?
- Je connais le Seigneur du Pays des Neiges. Quand il veut la mort d’une personne il l’obtient.
- Et donc ?
- Masato risque de partir à la chasse aux coupables. Il n’en sortira pas vivant. Les Habaki profiteront de l’occasion pour l’abattre, peu importe ce que cela leur coûtera.

Le visage du Faucon laissa paraître une contrariété teintée d'amusement :

- C’est ennuyeux. Vous deviez essayer de le rallier à notre cause.
- Je m’y suis employé mais en étant rappelé à vos côtés à un tel moment...
- Amateur persifla Kagimura qui s’était quelque peu rapproché.
- Masato Anotsu est une pièce importante dans notre dispositif. Le perdre maintenant serait vraiment regrettable.

Une brève mais violente décharge d’énergie s’échappa du Faucon. La contrariété se faisait plus vive. Haïtani allait devoir trouver rapidement une parade. Les colères de son chef étaient rares et peut-être moins froides que celles de Shôkishi Anotsu. Elles n’en étaient pas moins redoutables et personne ne voulait en être l’objet. Pas même Haïtani.

- Si Kagimura a mieux à proposer envoyez-le à ma place.
- Je pourrais, en effet. Je pense néanmoins que tu dois avoir une autre solution à me proposer.

Le regard désormais amusé du Faucon déstabilisa quelque peu Haïtani. Il était habitué à ces changements d’attitude bien qu’elles produisirent systématiquement chez lui un certain malaise. C’est avec le même sourire qu’il décide parfois de la vie ou de la mort d’une personne. J’espère qu’il ne réfléchit pas à un tel sujet en ce moment car la personne concernée risquerait d’être moi.

- En supposant que mes prédictions se réalisent, les développements de l’autre côté de la mer pourrait conduire la Veuve Noire à délaisser ce front.
- La retrouver sur des terres que nous connaissons mal n’est pas un avantage intervint Kagimura.
- Certes, mais si elle met de l’animation là-bas elle attirera l’attention des autres nations. De quoi nous préparer le terrain.
- Exactement majesté.

Le Faucon s’éloigna de quelques pas. Il avait besoin de réfléchir à ce nouveau plan. Kagimura en profita pour démolir cette idée en trois phrases et soutenir qu’il y avait mieux à faire. Il n’eut pas le temps de donner sa version car le Faucon revint vers eux. Sa réflexion était terminée.

- C’est un pari risqué. Je vois de nombreux éléments qui vont contre ton idée Haïtani.
- Je suis prêt à y répondre.
- Je n’en doute pas. Avant tout, es-tu sûr qu’elle bougera ?
- Je vais aller lui demander.

Il disparut en saluant le Faucon et en adressant un clin d’œil à Kagimura.

- Je ne lui fais pas confiance. Méfiez-vous.
- Tu n’as jamais fait confiance à personne Kagimura. Peut-être à moi et encore.
- Haïtani a une trop haute opinion de lui-même. Son idée est...
- Ne t’en fais pas. J’ai déjà intégré les actions d’Haïtani à mes plans.

Le sourire affiché par le Faucon avait quelque chose de terrifiant mais rassurait Kagimura. Continue à jouer à ton petit jeu Haïtani. Tôt ou tard tu seras pris la main dans le sac. Et là tes talents oratoires ne te sortiront pas d’affaire et c’est moi qui prendrait ta tête.

Un frisson parcourut l’échine d’Haïtani quand il arriva sur le champ de bataille qu’il avait observé, de très loin, sur la terrasse. Il ressemblait à un terrain lunaire, parsemé de cratères de taille variable. La grande différence était qu’ici des corps d’humains entiers ou en morceaux étaient dispersés. Le plus gros cratère était encore devant. Et elle était là, au milieu de ce décor de désolation, tandis que les troupes du Faucon s’étaient repliées.

Haïtani fit une rapide courbette en s’avançant à sa rencontre :

- C’est un plaisir de vous rencontrer. Vous avez fait du chemin depuis que je...

Sans un regard pour lui, la femme concentra de l’énergie dans sa main. Des atomes s’agglomérèrent pour former une petite sphère. D’un geste, la sphère commença à se déformer, tel un Rasengan mal maîtrisé, et l’énergie contenue en elle fut relâchée.

Une explosion de faible ampleur relativement à ce qu’elle pouvait produire, mais suffisante pour tuer toute personne prise dans son rayon, se déclencha. Haïtani jugea plus prudent de se téléporter à bonne distance avant de réapparaître, l’air contrarié :

- Je pensais que vous seriez un peu plus reconnaissante envers moi. Je vous ai conduite jusqu’ici.
- Et c’est pour cela que vous êtes toujours en vie.

Quelle amabilité. En même temps elle a de qui tenir… Leurs regards se croisèrent. Elle doit avoir dans les 30 ans, et elle est belle. C’est presque une récompense pour ceux qu’elle a tué d’être parti en regardant un tel visage. De longs cheveux noirs, un visage fin et des formes qui se devinaient sous son habit : sans être l’équivalent féminin du Faucon la beauté de la Veuve Noire était manifeste. Mieux valait garder ses distances avec elle toutefois car elle avait des arguments qui ferait fuir n’importe qui.

Le pouvoir du soleil dans la paume de sa main. La spécialité de la Veuve Noire – confirmée par la présence d’un tatouage représentant un soleil et des éruptions solaires – terrifiait beaucoup de monde et avait pris la vie à plus de personnes encore. Concentrer l’énergie solaire – personne ne savait si elle pouvait faire de même avec une autre source d’énergie – pour la relâcher à sa guise et comme elle le voulait. Telle était la faculté de l’adversaire du Faucon qui aurait sans doute ridiculisé la plupart des utilisateurs du Bakuton d’après ce qu’avait entendu Haïtani.

Elle l’avait maîtrisé patiemment car, comme pour le Jinton d’Ônoki ou encore les flammes bleues de certains Anotsu, il fallait trouver un juste équilibre. Trop concentrer d’énergie et elle vous pétait à la figure, emportant votre vie. Pas assez et l’explosion était ridicule. Oui, elle avait mis du temps mais elle avait réussi.

Qui plus est, contrairement à d’autres, la maîtrise de ce pouvoir ne générait pas chez elle un vieillissement accéléré des cellules qui abaissait drastiquement la durée de vie. Grâce à certaines spécificités génétiques elle parvenait à annuler ces effets secondaires. Elle est décidément pleine de surprises pensa Haïtani en voyant ce physique intact.

Comme pour beaucoup d’autres, le surnom Veuve Noire était à l’origine une mauvaise plaisanterie pour résumer la difficulté – réelle ou supposée – à la satisfaire. Désormais ce surnom faisait frémir beaucoup de monde, et ne signifiait pas qu’elle tuait ses maris mais plutôt qu’elle faisait de nombreuses veuves. Une menace des plus sérieuses pour le Faucon.

A ses côtés se trouvait la « main de Dieu », Kariya. Un individu d’une quarantaine d’années, portant une moustache et une barbiche de couleur brune. Son surnom lui venait de ses talents à l’épée. Il n’avait pas réussi à tuer Kagimura mais ce dernier non plus n’avait pu emporter la vie de son adversaire au cours de leurs différentes oppositions. Un sacré client lui aussi, à l’aise avec une, deux épées ou n’importe quel objet tranchant.

- Souhaitez-vous encore défigurer le paysage ? Je repasserai plus tard si c’est le cas.
- Qu’un des hommes du Faucon vienne me voir seul est suspect. Un piège, probablement.
- Même s’il s’agit de moi ?
- Surtout s’il s’agit de vous.

L’air faussement scandalisé d’Haïtani amusa Kariya, pas la Veuve Noire. Elle dépliait et repliait sa main gauche, comme si elle était impatiente de déclencher une nouvelle explosion. Haïtani tenta une autre approche :

- En quel honneur cette offensive ?
- Il fallait dérouiller mes hommes et moi-même. Et cela envoie un message à tout le monde. Je suis là et il faut compter avec moi.
- Pourquoi contre nous ? Je suis sûr que d’autres auraient été ravis d’accueillir votre message.
- Je pensais que les forces du Faucon arriveraient à me satisfaire. Je me suis trompée finit-elle avec un méchant sourire.
- Kagimura voulait prendre votre tête aujourd’hui.
- Quel dommage que l’œil du Faucon n’ait pas aussi eu des jambes pour venir jusqu’à moi.

Excellent ! Je rapporterai bien cette réflexion à Kagimura pour voir sa tête.

« Plutôt que de me poser des questions, je pense que vous auriez intérêt à répondre à celle-ci : que faites-vous ici ? » La question, tranchante et prononcée sur un ton impératif ramena rapidement Haïtani au sujet de sa visite.

- J’étais venu voir comment cela se passait pour vous. J’aime bien admirer les choses de mes propres yeux.
- Autant d’informations pour le Faucon.
- Pas toujours.
- Vous avez vu ce que vous vouliez ?
- Je crois répondit Haïtani avec une certaine malice.
- Et pour repartir en vie, que m’offrez-vous ?

La Veuve Noire rabattit une mèche de cheveux derrière son oreille gauche tandis que Kariya commençait à faire glisser sa main au niveau de son épée. Je pense être assez rapide pour éviter son coup en me téléportant. Mais vouloir le vérifier aujourd’hui ne serait pas une bonne idée.

- Je ne pensais pas qu’observer une jolie personne devait me coûter quelque chose.
- Vous êtes donc un bien piètre espion. Ou responsable des renseignements si vous préférez.
- Ce dernier titre plaît davantage à mes oreilles.
- A votre oreille corrigea Kariya. Vous n’allez pas tarder à en perdre une.
- Et vous préférez me faire la surprise plutôt que de me dire laquelle vous allez m’ôter. Vous êtes trop prévenant.

L’ironie d’Haïtani ne dissimulait pas sa gêne. Il était persuadé de s’en sortir indemne. Le seul problème qui le poussait à rester était qu’en revenant sans aucune confirmation auprès du Faucon, il risquait de se faire tirer les oreilles. Peut-être aussi amicalement que ce que lui proposait Kariya. Je vais devoir donner plus d’informations que je ne pensais en fournir pour un premier contact. Dommage.

- Alors Haïtani ? Vous avez la langue bien pendue d’habitude. L’auriez-vous finalement perdue ?
- Pas le moins du monde Kariya, je cherche la bonne formulation.
- Faites vite lui intima la Veuve Noire.

Déjà des atomes commençaient à s’associer et à donner naissance à un début de sphère dans sa main droite. La concentration n’était pas encore critique mais une réponse rapide était souhaitable.

« Aimeriez-vous avoir des nouvelles de votre frère, Hanako Antosu ? »

Les atomes se dispersèrent.
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