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Snowva
Étudiant à l'académie


Inscrit le: 21 Mai 2006
Messages: 133

MessagePosté le: Jeu 14 Sep 2006, 5:08 pm    Sujet du message: Crash Répondre en citant

Hum Bonjour, je ne savais pas trop comment poster ça, alors je le mets ici. Il ne s'agit pas d'un fanfic, mais d'une nouvelle de SF que j'ai écrit moi-même.
Son nom est 'Crash'.

Pour aider à la lecture, quand les mots sont entre "...", ce sont des paroles, s'ils sont entre '...', ce sont des pensées.


Elle tirait, tirait, tirait un sac très lourd derrière elle, l'entraînant dans son sillage. Elle évita une femme en pleurs prostrée par terre, un gamin geignant après sa mère, des débris métalliques pour finalement mettre le pied en plein dans une flaque de liquide rouge. "Merde. Du sang!" Elle fit la grimace, secoua son pied et observa les environs.

"Quel est l'emmerdeur cosmique qui a fichu son énorme godasse en plein dans le hangar?" s'écria-t-elle, avant de reprendre son sérieux fissa. On mourrait dans tous les coins, par ici. Un vaisseau intergalactique s'était semble-t-il crashé à son arrivée dans le hangar. Et, sans l'ombre d'un doute, elle faisait partie de ses passagers. Elle regarda son sac, interloquée. "C'est à moi, ce truc de deux tonnes?" Elle réfléchit puis se pencha pour l'ouvrir en grand d'un mouvement fluide. Un flot de papier, d'objets métalliques et de cartes plastifiées en jaillit, comme crachés par le sac, et se répandirent à différents degrés dans le hangar. Les cris de lamentations firent soudain place à des cris de joie. Partout autour d'elle, on courrait après le fameux contenu volatile. De l'argent d'une dizaine de mondes civilisés différents.

"Oh, Jehmia suprême!" Cette prière sonnait comme un blasphème. 'Comment j'ai pu m'attirer autant d'ennuis d'un coup?' Son regard suivait la troupe d'élite de police qui arrivait au grand galop du fond du hangar. Elle grinça des dents en voyant leur armement. "Ils doivent me confondre avec une armée terroriste !" Les soldats s'arrêtèrent devant elle pour l'intimer de les suivre. Elle soupira et les suivit les mains dans les poches, tandis que deux armoires à glace se coltinaient le sac encore très lourd.

"Veuillez décliner vos noms, prénoms et adresse, svp" lui demanda le chef des forces d'élite. Ils étaient assis de part et d'autre d'une table, dans une petite pièce très éclairée sans ouverture visible. "Ok, ok..." Elle voulut s'éxécuter mais n'y parvint pas. Aucun nom familier ne lui venait en tête, aucun lieu, aucun souvenir en fait. Elle ouvrit la bouche vainement. "Alors, mademoiselle, c'est pour maintenant ou pour demain?" s'impatienta le gars qui n'avait, manifestement, pas l'habitude d'être poli. Elle ferma la bouche. Pour la rouvrir, hésitante. "Je n'ai comme qui dirait aucun souvenir de quoi que ce soit, m'sieur l'agent !" Elle savait qu'il ne la croirait pas. Ca ne rata pas. "Vous voulez me faire croire que vous avez oublié qui vous êtes? Pfff, très bien mademoiselle, votre puce n'a certainement pas perdu la mémoire, elle!" Il se pencha avec un sourire ironique vers son oreille, sourire qui disparut net lorsqu'il s'aperçut que ce qu'il cherchait ne s'y trouvait pas. Elle regardait les murs aux vitres teintées, inquiète. De quelle puce pouvait-il bien parler? Le soldat, blème, appuya sur le bouton de son micro. "Alerte maximale. Alerte maximale. Sujet suspect salle six. Je répète : Alerte maximale." 'Aïe, aïe, aïe, ça sent franchement le roussi', pensa t-elle. Elle regarda attentivement l’oreille droite du soldat. Ce qu'elle avait auparavant pris pour un bijou avait rudement l'air d'une puce miniaturisée. Elle s'indigna : "Depuis quand sommes-nous étiquetés comme des bovins ?" mais elle n'obtint qu'un geste nerveux de la main. Traduction : ‘Fermes la, t'es un putain de contretemps dans mon quotidien pé-père’. Elle gémit. Le fait de ne pas avoir de puce semblait assez grave pour faire rappliquer les autorités supérieures.

L'entrée fracassante d'un autre soldat le lui confirma. Bingo! Celui-ci faisait partie de la haute, élancé, svelte et moins baraqué, mais le sous-estimer aurait été une erreur. Il semblait du genre à se glisser dans votre chambre la nuit pour vous tuer dans votre sommeil. "Chouette, tout va de mal en pis", grinça-t-elle entre ses dents. Le nouvel arrivant vira presto le garde de sa chaise et l'y remplaça au pied levé. Une fois que l'autre eu quitté la pièce, il ouvrit un dossier qu'il avait à la main. C'est seulement à ce moment qu'il leva sur elle des yeux surgis droit de l'enfer. Ou du paradis. 'Enfin, des yeux qui vous filent des frissons dans le dos', se reprit-elle intérieurement. Elle se tendit sur sa chaise, mal à l'aise et complètement paumée. Son regard ne la lâchait pas, comme s'il l'analysait à l'oeil nu. ‘Ce gars m'a déjà vu’, pensa-t-elle. Ses yeux n'exprimaient aucune surprise, ils semblaient même briller d'un sombre amusement. Il savait quelque chose sur elle qu'elle-même ignorait, c'était sûr.

Il tendit vers elle une main gantée, tenant une photo en couleurs. "Connaissez-vous cette personne ?" demanda-t-il doucement. Elle regarda, sentant des remous dans sa mémoire vide. Une femme aux cheveux violets flottant derrière elle était en train de se frayer un passage parmi des gardes d'élites à coup de laser. Son visage lui sembla familier. Elle interrogea le soldat du regard. "Qui-est-ce? Elle me dit bien quelque chose, mais impossible de mettre le doigt dessus... " Il sourit sans répondre et lui tendit une plaque rectangulaire. Quand elle il posa les yeux, elle y vit un regard anxieux dans un visage en tout point semblable à celui de la photo, à ceci près que les cheveux étaient courts et noirs. Un miroir. "Qu'est ce que...!" Elle ne trouvait plus les mots. C'était elle, en train de se battre comme une pro contre la soldatesque? Non, impossible. Et pourquoi aurait-elle coupé et teint ses magnifiques cheveux?

Elle bafouillait, incrédule, quand un regard lancé par le type la paralysa. "Vous voulez insinuer que ce serait moi, sur cette photo sortie d'on ne sait où, et que j'ai changé de coupe de cheveux afin de passer inaperçue après mes ennuis avec la garde ?" Lui, une lueur d'amusement dansant toujours dans ses yeux d'opale, lui répondit du tac o tac, parfaitement détendu. "Je n'insinue pas, ce sont les faits. Ces photos proviennent des archives concernant la catastrophe humanitaire survenue il y a deux mois." Il se pencha vers elle, ses yeux plantés dans les siens. "Celle que VOUS avez déclenché." Un lourd silence s'installa tandis qu'elle hoquetait de frayeur, d'incrédulité et de colère tout à la fois. ‘Ce type est malade, il me prend pour Godzilla version mouchoir de poche, j'ai pas l'âme d'une tueuse !’ Elle tournait et retournait ses révélations dans sa tête.

"Je crois savoir ce que vous pensez. Vous vous dites que vous n'auriez jamais fait ça. Mais n'avez-vous pas perdu la mémoire?" Il la fixait toujours fermement, et ironique avec ça. Elle dénigra de la tête, puis après réflexion acquiesça de mauvais coeur. "Qu'est-ce qui vous fait croire que dans votre passé oublié, vous avez été blanche comme neige? De toute façon, dans votre cas le doute n'est pas permis. Nous avons même des échantillons d'ADN vous appartenant, prélevés lors de ces évènements." Il se leva. Le piège s'était refermé, et elle était fichtrement bien coincée dedans. Elle refusait cependant d'admettre les faits qu'il jugeait indiscutables. Elle n'était pas du genre casse-cou fanatique. Pour quelle raison aurait-elle déclenché un désastre planétaire? Sans oublier qu'elle n'avait pas l'ombre d'une connaissance dans le domaine des armes et du combat en général.

Elle se raccrocha à cette idée pour ne pas sombrer. "Alors c'est comme ça qu'ils détruisent les gens, les gars de l'élite policière? Ils vous accusent des actes les plus terrifiants puis vous manipulent comme des jouets? J'en ai ma claque!" Elle se leva à son tour et vint se planter devant lui. Il la dépassait d'une trentaine de centimètres, aussi dut-elle lever la tête pour le fixer en retour. "Tout ce que vous m'avez montré, c'est une photo qui pourrait tout aussi bien être truquée et un miroir. Vous avez sans doute besoin d'un prétexte pour récupérer le fric que contient mon sac ! Et bien, prenez-le ! " Elle fit un geste de la main. "Pour les ennuis qu'il m'a rapporté, c'est aussi bien d'en être débarrassée. Maintenant, si vous n'avez rien de plus solide comme preuves, je vais partir d'ici et bye bye messieurs les policiers!".

Elle se dirigea vers la porte mais il s'interposa souplement. Elle faillit tambouriner son torse de poings rageurs, mais se retint afin de sauvegarder sa dignité, plissant le nez de fureur contenue. Il sourit et plia ses genoux pour que leurs visages soient à la même hauteur. "Je suis navré. Vous n'avez rien fait, c'est vrai, mais celle que vous étiez l’a fait. Elle a intentionnellement effacé sa mémoire en sachant qu'on hésiterait à condamner une femme amnésique, belle de surcroît. Mais c'était compter sans moi. Je l'ai bien connue avant, aussi ai-je demandé à être muté dans ce service afin de régler son cas quand elle réapparaîtrait. Je savait qu'elle serait aussi fourbe en actes qu'en sentiments."

Ses mots résonnèrent dans sa tête, et elle le regarda attentivement, horrifiée. Il l'avait connue avant, comme elle s'en doutait, mais elle était loin de penser qu'il avait pu l'aimer. Mais son expression en disait long sur la nature de leurs relations antérieures et la manière selon laquelle elles s'étaient terminées. ‘Il veut se venger !? Ce genre de gars ne doit pas avoir pour habitude de se faire plaquer !’ Elle réfléchissait à grande vitesse, cherchant un moyen pour échapper à la vengeance de l'amoureux trahi, oublieuse des autres accusations qu'il avait porté sur elle. Il lui prit la tête entre les mains. Son sourire s'était fait féroce, torve et ses yeux jetaient des éclairs de reproche. Il la serra à lui faire mal, ses sourcils de plus en plus froncés. Ses mains, son corps étaient recouverts, elle s'en rendit compte, d'une combinaison intégrale. Même son visage était couvert d'une fine pellicule brillante. Le jour se fit dans son esprit.

"De quel type de catastrophe m'accuse-t-on?" Un doute la tenaillait, du genre tenace et de mauvais augure. "Une maladie hautement contagieuse et mortelle s'est répandue sur le monde civilisé où tu habitais. C'est toi qui as achevé tous les malades avant qu'ils n'en contaminent d'autres..." Elle secoua la tête. 'Je n'y crois pas', se répétait-elle. "...Au début, c'était pour toi une corvée douloureuse, te contraignant à tuer ceux avec qui tu avais toujours vécu, afin que d'autres ne périssent pas. Ceux que tu tuais étaient déjà condamnés, sans espoir de retour."

Elle leva les yeux sur lui, attendant la suite. Car il y en avait forcément une. On ne la recherchait pas pour ça, elle savait qu'il y avait pire. "Oui, tu as rendu service à l'humanité, bien que certains t'ai alors qualifiée de barbare. C'était cependant ton devoir en tant que gouverneur." Plus rien ne pouvait la surprendre, à présent. "C'est à cette époque que nous nous sommes connus, et, croyais-je, aimés." Son regard de tigre blessé était insoutenable. "Une fois tous les gens que tu aimais morts, tu devint froide, tuant sans état d'âme. Tu me trompais chaque soir avec un nouvel amant, lequel mourrait mystérieusement le jour d'après."

Elle le fixa, et la mémoire lui revint. Putain de destin. Lui racontait, tel un ange vengeur. "Et soudain on découvrit pourquoi le fléau ne s'arrêtait pas, malgré tous les massacres." Ils se levèrent simultanément, se tournant autour, s’épiant en position de boxeurs. Il pointa un doigt accusateur vers sa poitrine, martelant sa sentence : "C'est TOI! Tout est de TA faute! TU es porteuse saine de cette maladie. Au lieu de l'endiguer, TU l'as répandue, la refilant à tes proches que tu achevais ensuite. TU es une monstrueuse bactérie à forme humaine !!" Ses yeux exorbités brûlaient de haine et de chagrin, des larmes auraient coulé si ses yeux n'avaient été protégés par la combinaison.

"En ce moment même, tous les rescapés du crash sont mis à mort, par mesure de sécurité, ainsi que les soldats. Parce que je t'aimais, on m'a autorisé à t'achever moi même. De toute façon, il sera bientôt trop tard pour moi, la maladie a atteint son stade final." Il défit son vêtement, découvrant un corps dévoré de lèpre. La combinaison avait une fonction inverse à celle qu'elle avait supposé. Elle protégeait les autres de son détenteur malade. Son cou devenait peu à peu gris, de plus en plus vite maintenant que le cerveau était à portée. Cette maladie commençait toujours par dévorer le corps par les pieds. Il poussa un bouton sur la paroi, et un gaz se répandit peu à peu dans la pièce hermétiquement close.

Quand les flammes commencèrent à les dévorer, il la prit dans ses bras et murmura : "Je t’aimais, Pandore..."

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Saitake
Chuunin


Inscrit le: 11 Mar 2006
Messages: 513
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MessagePosté le: Jeu 14 Sep 2006, 5:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

je poste ici puisque je crois comprendre qu'il n'y aura pas de suite.


Dès le début, j'ai pensé à Gunmm par le fait que ce soit un héros féminin. alors, tout a bien commencé. Puis, surtout, tu as un style qui accroche bien, tu manies bien le suspense sans qu'on soit pour autant perdu ou là à se poser de trop de questions. Les sentiments introspectifs aussi sont bien rendus.

En somme, j'aimerais en lire d'autres de ta part Wink

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Snowva
Étudiant à l'académie


Inscrit le: 21 Mai 2006
Messages: 133

MessagePosté le: Jeu 14 Sep 2006, 6:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci bien Saitake. Pas de problème majeur alors, selon toi?
En effet il n'y aura pas de suite. Merci d'avoir la patience de me lire.
J'aime beaucoup le sujet de l'amnésie ainsi que la Science Fiction qui permet tout ce qui est imaginable.
Tu parles de Gunnm, j'adore ce manga, et je n'y avais pas du tout pensé quand j'ai écrit ce texte, mais c'est le même genre d'univers en effet. Rien ne s'invente, tout se recycle?
Cette nouvelle fut ecrite d'une traite selon une inspiration, puis un peu modifiée au niveau du 'style' grammatical, pour être plus fluide.
Bref.
A bientôt pour de nouvelles pages.

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