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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Lun 10 Mar 2014, 1:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 81 : Propositions déraisonnables*


- Vous n’y pensez pas ! Ce serait une folie !
- Comme vous y allez Teuchi-san. Au contraire je crois que…

Teuchi ne laissa pas le temps à Naruto de finir sa phrase. Même s’il se trouvait dans le bureau du Hokage, dès qu’une idée touchait à son commerce, il oubliait toutes les hiérarchies existantes.

- Vous ne me proposeriez pas cela si vous connaissiez ma situation ! Les temps sont durs et je crains pour ma fille : quel avenir attend ma pauvre petite Ayame !
- Je crois que vous exagérez.
- Comment ?

- Tu n’aurais pas dû dire ça Naruto…
- Pourquoi Kurama ? Il en fait des tonnes alors que ma proposition est tout à fait sensée.
- On dirait que tu ne connais pas l’espèce bien particulière à laquelle appartient Teuchi : celle des restaurateurs, commerçants et artisans.
- Qu’a-t-elle de si spécial ?
- Tu vas voir.


Naruto n’allait pas être déçu : Teuchi se lança dans un long monologue qu’il ponctuait de temps à autre par des « vous voyez bien ! » qui amusait Naruto… et lui faisait perdre de vue le discours de Teuchi. Le Hokage trouvait en effet plus intéressant de parier avec son Bijû si Teuchi allait dire « vous voyez bien ! » à la phrase suivante.

Il y avait égalité (4 partout) entre Naruto et Kurama lorsque Shino frappa à la porte. Il pénétra en compagnie de Shikaku. Il fallait bien ça pour convaincre le vendeur de ramens !

Shikaku était passablement mal à l’aise. Ce genre de discussions l’insupportait : il préférait établir des stratégies, trouver des solutions à de vrais problèmes. Surtout en ce moment : c’était en quelque sorte le calme avant la tempête et il lui semblait préférable d’anticiper concernant de futures difficultés : la question des jashinistes, la haine entre les Anotsu et les Habaki, le Jiyûhane…

Dans ce cadre, l’idée de Naruto avait tout du problème inutile et sans solution. Surtout, pour Shikaku, Konoha avait d’autres chats à fouetter. L’interrogatoire des trois jeunes enfants n’avait rien révélé, en dépit des tentatives de Tadase pour les interroger seul. Shibi avait tenu bon et Koizumi, Renji et Shotaro étaient lavés de la plupart des soupçons qui pesaient sur eux. De la plupart car leur intrusion chez les Hyûga n’était pas résolue. Tadase aurait voulu exploiter plus avant cette faille mais l’arrivée de la sœur de Koizumi l’avait rendu plus patient : personne n’avait envie de se brouiller avec elle.

Encore heureux que Jin ne soit pas venu sinon cela aurait mal tourné pensa Shikaku. D’ailleurs, c’est curieux qu’il ait été absent…

Encore une question qu’il aurait bien voulu creuser mais il fut rappelé au problème du moment par une nouvelle envolée de Teuchi.

Naruto, pourquoi lui proposer cela maintenant ?

Faire déménager Teuchi pour le rapprocher du bureau du Hokage. Voilà le projet qui animait Naruto en ce moment. Ainsi il pourrait plus facilement s’approvisionner chez le restaurateur. Naruto avait même envisagé une campagne de pub’ pour inciter Teuchi à dire oui.

Pour le moment c’était non.

Le père de Shikamaru demanda pourquoi Teuchi résistait. Il ne tarda pas à regretter sa question et à se mordre la langue.

Teuchi replanta le décor apocalyptique qu’il avait dressé à Naruto. Il y avait trop de concurrence, il ne s’en sortait qu’à grand’peine. Les temps devenaient trop difficiles. Si Konoha voulait encore de ses ramens, il faudrait que le village lui octroie une protection contre certains concurrents qui cassaient les prix… au détriment de la qualité et de la santé du consommateur. Teuchi ne donnerait pas de noms mais il demandait de le croire.

Shino intervint alors. A ses yeux les résistances de Teuchi n’étaient pas fondées. Face à la concurrence, la question de la localisation importait. Et celle proposée par Naruto pouvait faire sens. Il prit alors une feuille de papier et traça une ligne. Sur cette ligne il fit apparaître différents traits, représentant les consommateurs.

Naruto lâcha à ce moment-là en essayant de donner un visage connu à chaque trait.

« En supposant qu’ils se répartissent d’une manière uniforme et que… »

Shino ne termina jamais sa phrase. Teuchi trouva cette manière de procéder peu réaliste, surtout lorsque Shino répondit qu’il considérait les ramens comme homogènes. Un véritable affront pour le restaurateur.

« Je ne vois pas ce que l’on peut tirer avec une telle démarche. C’est trop abstrait et simplifié. »

Shino répondit qu’à ce moment-là on pouvait supposer tout et son contraire. Pour commencer il fallait bien adopter un cadre simple, quitte à l’enrichir par la suite. Teuchi répliqua en vantant la connaissance pratique des restaurateurs. Shino fit remarquer que leurs connaissances ne les empêchaient pas de rejeter de temps à autre des déchets dans la rivière Nakano, ce qui tuait des insectes. Ils auraient sûrement continué pendant longtemps si Shikaku n’était pas intervenu :

« Pourquoi ne pas mettre en place un service de livraisons à domicile ? »

Shino se mordit la lèvre. C’était une solution à laquelle il avait pensé, sans développer l’idée.

- Ce serait une bonne idée, en effet Shikaku-sama.
- A voir car…

Teuchi se gratta la tête. Il n’avait jamais pensé à cela. Le transport pouvait porter atteinte à la qualité du produit, il ne fallait pas que les ramens arrivent froides. C’était une opération risquée.

« Peut-être qu’une subvention pourrait m’aider. Ainsi je créerai un ou deux emplois et… »

Shino douta de la sincérité de cette annonce et du bien-fondé des subventions, surtout en cette période où le budget n’était pas à l’équilibre. Shikaku approuva Shino et, voyant que Naruto ne réagissait pas vraiment, il invita Teuchi à retourner à son restaurant. Il serait prévenu dès qu’il y aurait une avancée sur le sujet.

Le restaurateur partit non sans leur demander d’aller voir la situation chez ses concurrents, que c’était une honte.

Shikaku n’avait jamais été aussi heureux de refermer une porte.

- Alors mon idée va se mettre en place ?! demanda Naruto qui ne savait pas vraiment l’issue de l’entretien.
- Hokage-sama, je crois que vous avez des dossiers un peu plus urgents à régler non ?

Naruto regarda Shikaku.

« Mais c’est bien sûr ! Merci de me le rappeler Shikaku. Je devais passer voir Sakura. »

Ce n’était pas vraiment à cela que Shikaku pensait. Le temps qu’il ouvre la bouche et Naruto avait disparu.

« Je vais donc voir cela avec Tsunade » soupira-t-il. Faire de Naruto un Hokage est une tâche de longue haleine. Je devrais sans doute en parler de manière approfondie avec Shikamaru car je ne sais pas si Naruto sera prêt quand je décèderai…

Quand il sortit de ses pensées, Shino avait déjà disparu.

Un appel de l’Anbu sans doute…


Naruto ne s’attendait pas à trouver Sakura dans cet état. Il avait frappé aux carreaux de sa chambre mais aucune réponse ne lui était parvenue. La fenêtre avait alors coulissé sous l’action du Hokage et il avait pénétré dans la pièce. Sakura était bien là. Sur son lit, les jambes repliées, les bras les entourant. Une image loin de celle qu’il imaginait.

« Sakura ? »

Elle leva la tête hors de ses genoux. Sa mine n’était guère brillante. Elle ne dormait pas beaucoup depuis sa sortie de l’hôpital. Surtout, son retour chez elle ne s’était pas bien passé. Son père avait voulu la faire rire avec une mauvaise blague qu’elle n’avait pas saisie.

Pire, sa mère était catastrophée : moins pour sa fille que pour le fait qu’elle ne serait pas grand-mère. Ses tirades sur le sujet avait agacé Sakura qui était sortie sans refermer la porte, ne rentrant que tard le soir.

Il est temps que j’aille vivre ailleurs. Que je ne sois plus chez eux.

- Alors Sakura quoi de neuf ? insista Naruto.
- Peu de choses commença-t-elle. Je crois que je vais chercher à habiter ailleurs.
- Vraiment ?
- Oui, prendre un peu d’indépendance, cela me fera du bien.

Naruto était surpris. Il sentait aussi que c’était le moment de soutenir sa camarade.

- Tu sais que si tu ne trouves pas tout de suite un endroit où dormir tu peux t’installer chez moi.
- Pardon ?
- Ben oui, enfin, je veux dire, je peux te dépanner.

Les yeux de Sakura regardaient Naruto avec une grande surprise.

Elle aurait sûrement préféré que ce soit Sasuke qui lui fasse cette proposition.

- Merci Naruto lâcha-t-elle. C’est très gentil.
- Je vais aussi demander pour voir les logements disponibles. En tant que Hokage je dois bien pouvoir trouver cela.
- Ne te sens pas obligé Naruto. Je peux me débrouiller seule.
- Je le sais mais…
- Tu n’es pas responsable de ce qui m’est arrivé.

Pourtant si.

Naruto restait marqué par ce qui était arrivé à sa camarade. C’était une faute qu’il ne se pardonnait pas. Il retrouverait ce Masato et lui ferait payer. Surtout, il devait veiller sur Sakura, essayer de trouver quelque chose pour la soulager. D’où ses visites régulières pour s’assurer que tout allait bien, voir si elle ne manquait de rien.

Justement, aujourd’hui, Naruto avait une idée :

- Tu sais Sakura, j’ai pensé à quelque chose…
- Quoi donc ?
- Ben… commença Naruto en rougissant. Tu sais, avec Sasuke, vous pourriez… mais vu que… Je pensais à…

Naruto avala sa salive avant de finir sa phrase : « une mère porteuse. »

Sakura eut l’impression d’avoir été giflée. Involontairement bien sûr, Naruto ne pensait pas à mal mais cette seule idée la bouleversait. Si Sasuke veut des enfants… Une mère porteuse… Pourquoi des enfants… Masato, ma captivité… Cette douleur… Je suis Sakura…

Les réflexions se bousculaient. Sakura pensait aussi qu’avoir un enfant n’était pas la marque de la réussite pour un couple. Qu’elle n’en aurait peut-être jamais voulu de toute façon. Après tout, un enfant est-ce vraiment ce qu’elle désirait plus que tout ?

Ne peut-on pas vivre en aimant l’autre et sans avoir pour autant un enfant ?

Voyant la mine de Sakura Naruto conclut qu’il avait encore gaffé. Il fallait rattraper le coup. Et vite.

- Sakura, tu n’aurais pas envie de sortir ?
- Pardon ?
- Pour t’entraîner ? Je suis un peu rouillé et je me disais qu’on pourrait…

Le visage de Sakura sembla s’éclairicir. Naruto n’aurait pas su dire si le sourire qui apparaissait était le même faux sourire qu’elle avait jadis lancé à Saï mais il voulait croire qu’il était honnête.

- Bonne idée. On se retrouve au terrain d’entraînement là où a eu lieu le test des clochettes ?
- D’accord !
- Pars devant, je dois me changer.
- Reçu !

Sakura enfila ses vêtements de kunoïchi. Elle se sentait mieux. Elle terminait de nouer son bandeau quand une voix se fit entendre à son oreille :

« Une mère porteuse… quel dommage de ne pas porter soi-même l’enfant. Le premier contact n’est pas le même. »

Sakura fit deux pas de côté. Un individu se tenait auprès d’elle. Elle ne l’avait pas senti approcher. Depuis combien de temps était-il présent ? Elle n’aurait su le dire.

- Calmez-vous, je ne vous veux aucun mal.
- Je ne vous crois pas…

Sakura fixa son interlocuteur avant de terminer sa phrase d’un ton méprisant : « … Mayu Shimura. »

Le dédain n’affectait pas Mayu. Trop habitué. Il se contenta de poursuivre son propos :

- Comme je vous le signalais, je ne vous veux aucun mal.
- Partez, avant que je ne m’énerve.
- Ce n’est pas le moment d’endommager votre chambre, même si vous voulez vivre ailleurs. Votre famille ne roule pas vraiment sur l’or et…

Sakura fit craquer ses poings.

Elle a envie de se défouler, d’évacuer toute cette colère qu’elle a en elle.

« Je ne vous servirai pas de punching ball, mais j’ai quelques informations… »

Sakura s’élança et fut immédiatement mise à terre par deux ninjas de la Racine.

- Vous êtes aveuglée par la colère, votre attention est faible. Ce serait un jeu d’enfants de vous tuer.
- Alors qu’attendez-vous ?

Mayu sourit.

« Je n’aime pas tuer. Et vous avez un entraînement avec le Hokage pour pallier ces défauts. »

Le chef de la Racine la contempla quelques secondes, alors qu’elle était toujours maintenue fermement au sol.

« Vous m’êtes plutôt sympathique en plus. »

Sakura prit la remarque comme une offense. Mayu en fut honoré. Il fit signe à ses ninjas de la relever, tout en ne la laissant pas libre de ses mouvements.

- Savez-vous pourquoi vous êtes tombée sur Masato ?
- Il cherche à venger Akari Anotsu. Ils devaient être proches.
- On peut le formuler ainsi.
- Ce n’est pas cela ? Ils n’étaient pas amoureux ?
- A ce stade peu importe. Le plus important est de savoir pourquoi elle est morte. Et qui a trempé dans cette affaire.
- Vous le savez ?
- J’ai quelques pistes.

Un air de méfiance parcourut le visage de Sakura.

Les informations de la Racine ne sont jamais appréciées commenta Mayu. Elles n’en sont pas fausses pour autant. Le village serait surpris s’il savait ce qu’il doit à cette organisation.

- Différentes personnes ont pris part à ce qui est arrivé à cette pauvre fille. Pour certains cet événement avait pour but d’écarter Akari de la liste des prétendantes pour le bras de Naruto.
- J’ai entendu Masato évoquer cette idée.

Alors tu accepteras encore plus facilement la suite.

« Et il se trouve que, parmi les personnes présentes, il y aurait eu un membre du clan Hyûga. »

Les yeux de Sakura s’écarquillèrent de surprise.

- Hyûga mais… pourquoi ?
- Je crois que la fille aînée d’Hiashi ferait bien aux côtés de Naruto non ? Le clan Hyûga est un clan important mais qui n’a pas vraiment été à ce niveau du pouvoir. Le temps passe, l’envie demeure. Et là, alors que l’opportunité se présente, voir une autre voler la vedette…

Sakura était toute chamboulée. Et d’autant plus méfiante.

- Vous voulez me faire croire que c’est le clan Hyûga qui est responsable de mon état ?
- Non. Mais si un de ses membres a participé c’est qu’il était au courant. En prévenant le Pays des Neiges ou Konoha, il aurait évité le regrettable incident qui est arrivé à Akari. Et votre agresseur n’aurait sans doute pas croisé votre route.

Sakura regarda Mayu :

- Mon maître m’a toujours appris qu’avec des si…
- Votre maître est une personne sage. Et sans enfant. Enfin…

Le chef de la Racine sourit ironiquement. Sakura ne comprenait pas à quoi il faisait référence.

« Si cette voie vous intéresse tant mieux. Après tout, si Sasuke veut des enfants… Cette Karin je crois, semble attachée à lui… »

Sakura détourna la tête. Elle était dégoûtée par ce rappel. Parfois elle se surprenait même à penser à l’Uzumaki en train de rire en pensant à son malheur. Alors elle l’aurait frappée si fort que Karin serait sortie de Konoha.

Elle imaginait sans difficulté la scène lorsque Mayu reprit la parole :

- J’ai jugé opportun de vous informer de la situation. Toutefois, rien n’est officiel…
- Bien sûr. Comme ça je n’ai aucun moyen de savoir si c’est vrai…
- C’est vrai insista Mayu. Mais les preuves seront difficiles à récolter. Pourquoi croyez-vous que trois enfants traînaient du côté du quartier du clan Hyûga ?

Cette fois-ci ce fut Mayu qui regarda Sakura avec mépris.

Elle n’avait même pas pensé à cela… Navrant.

L’idée trottait toujours dans la tête de Sakura tandis qu’elle s’entraînait avec Naruto. Elle ne pouvait pas lui en parler. Peut-être une autre fois. Pour l’instant elle voulait se fatiguer, éprouver les limites de son corps. Il avait été meurtri mais cela n’enlevait rien à ses capacités. Elle comptait bien le prouver et se le prouver.

Mayu et ses hommes observaient l’entraînement. Il valait le coup d’œil car, bien qu’équipiers, Sakura et Naruto ne se faisaient aucun cadeau. Visiblement le Hokage travaillait à stabiliser une fusion entre son mode ermite et son mode Kyûbi. De quoi mieux encaisser les coups de Sakura, qui n’avait rien perdu de sa force.

Elle se donne à fond cette petite pensa Mayu. Elle a beaucoup de choses à évacuer.

- Vous pensez qu’elle utilisera ces informations Mayu-sama ?
- Peut-être Kinoto.
- Cela pourrait se retourner contre vous et…
- Du calme Amane, tout est sous contrôle.

Les deux ninjas de la Racine s’excusèrent. Ils ne voulaient pas contester les ordres de Mayu. Amane avait toutefois du mal à se satisfaire de la réponse de son chef :

- Excusez-moi d’insister mais…
- Kinoe, Yamato je veux dire, est de retour parmi nous. La Racine retrouve peu à peu son rang. Cette histoire avec Akari Anotsu doit servir à notre renouveau.
- Mais si jamais Tadase parle, voire les trois gosses... cela pourrait être gênant.
- Les accidents permettent d’éviter ce type de gênes conclut Mayu.

Les ninjas de la Racine approuvèrent. Leur chef avait la situation bien en main.

Tout en regardant l’entraînement se poursuivre et, alors que le soleil déclinait et éclairait le visage de Mayu, ce dernier ajouta, un sourire aux lèvres :

« Si on ne sème jamais on est sûr de ne rien récolter. Mais en déposant quelques graines ici et là, nous pouvons nous assurer quelques belles moissons. »



* Le début de ce chapitre, concernant Teuchi, est directement inspiré d'une proposition d'Ared' dans le sujet commentaires. Merci à lui !
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Mat
Jûbi


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MessagePosté le: Lun 17 Mar 2014, 4:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 82 : Dernière danse


« Suis-moi comme mon ombre. »

Depuis cette phrase, Shinsuke et Masato n’avaient pas échangé un mot. Le premier suivait le second. A son grand regret, il n’avait pas encore eu à utiliser son épée. Masato ouvrait la voie, indiquant les lieux où passer sans risquer de se faire repérer.

Leur plan était simple : avancer le plus loin possible dans Ame sans éveiller l’attention. Pour l’instant ils avaient réussi.

« Où allons-nous Masato-sama ? » finit par demander Shinsuke en murmurant.

Masato s’arrêta. Du regard il indiqua à son jeune équipier la plus haute tour de la ville.

« Eiichirô Habaki devraient s’y trouver. C’est là que les dirigeants d’Ame résident. »

Ils reprirent leur route, à toute allure, sans faire de bruit. Quelques gouttes apparurent, puis plusieurs. Masato s’arrêta.

Cette pluie… permet-elle de repérer les intrus comme du temps de Pain ? Si c’est le cas nous allons rapidement être débusqués.

Voilà une information qu’il n’avait pas pensé à récolter avant de pénétrer dans la ville. Elle lui faisait cruellement défaut. Arrêter un individu pour lui demander attirerait tout de suite l’attention sur eux. Il faudrait faire sans.

Ils repartirent après cette brève halte. La tour se rapprochait. Il la voyait grandir, de plus en plus. Un kunaï se planta alors dans le sol. Ce n’était pas un kunaï ordinaire : il avait un parchemin.

Une explosion eut lieu.

« N’allez pas plus loin ennemis du Pays de la Pluie. »

Le regard de Masato croisa celui du ninja qui venait de parler. Il se trouvait plusieurs pas devant lui, sur un bâtiment plus élevé.

C’est terminé pour la discrétion se dit Shinsuke. Au moins en passant par les toits nous avons pu nous enfoncer suffisamment dans la ville. Notre objectif n’est plus très loin.

- A qui ai-je l’honneur ? demanda Masato.
- Naoichi. Je dirige cette escouade.
- Pourrais-je parler à un de vos chefs ?

Les ninjas d’Ame éclatèrent de rire. Naoichi avait le teint irrité.

Il doit être plus qu’un chef d’escouade pensa Shinsuke. Masato a dû le vexer sans faire exprès. Même sans cela je ne pense pas qu’il réponde positivement à notre demande.

- Je suis aussi un des dirigeants d’Ame.
- Mes excuses pour cette offense involontaire. Masato poursuivit immédiatement : pouvez-vous me conduire auprès d’Eiichirô Habaki ?
- Pourquoi serait-il ici ?

Un sourire parcourut le visage de Masato.

- C’est le sauveur d’Ame. Je doute qu’il en parte si facilement. Surtout s’il a vent que je m’y dirige.
- Que lui voulez-vous ?
- Cela concerne de vieilles histoires de famille. Rien de très intéressant pour vous.

Naoichi n’apprécia pas. « Non » articula-t-il.

Il fit un signe aux ninjas qui l’entouraient et ils se mirent tous en position de combat.

« Vous ne m’avez pas bien compris… » débuta Masato.

Les ninjas d’Ame s’avancèrent à sa rencontre. Trois pas plus loin et la moitié était au sol, blessée aux jambes par de fines lames de glaces que Masato leur avait lancé. Leurs points vitaux n’avaient pas été touchés.

« … Si vous ne me conduisez pas à lui je vais devoir le trouver moi-même. Et cela risque d’occasionner quelques pertes dans vos rangs. »

Il regarda de nouveau Naoichi. Ce dernier composa immédiatement des mudras.

« Suiton – Dragon aqueux ! »

La créature fonça en direction de Masato avant de s’immobiliser. Elle était recouverte de gel.

« Utiliser une technique Suiton contre moi est une mauvaise idée. »

Le dragon fit demi-tour en direction de Naoichi et des siens. Ils durent sauter de côté pour éviter le choc qui endommagea sérieusement le bâtiment où ils se trouvaient.

Il a retourné mon dragon aqueux grâce à son Hyôton. Quelle erreur j'ai commise !

Masato fit un pas en direction de Naoichi, une pluie de shurikens de papier se dirigea sur lui et Shinsuke. Ce dernier se protégea grâce à son épée ; Masato évita les shurikens en réalisant quelques pas parfaitement coordonnés.

- Ayaka que fais-tu là !?
- Je suis venu t’aider. Et je ne suis pas seule.

En finissant sa phrase elle regardait ses deux adversaires. De nouveaux ninjas avaient fait leur apparition. Outre des ninjas d’Ame, se trouvaient des ninjas du clan Habaki. Ils étaient faciles à repérer avec leur tenue rouge.

- Enfin ! s’exclama Shinsuke. Masato-sama, on fait un pari pour savoir qui en abbatra le plus ?
- Si tu veux.

Les yeux de Masato étaient fixés sur ce rouge. Tous ces kilomètres n’avaient pas été effectués en vain. Eiichirô était par là. Il en avait la certitude.

Il ne me reste plus qu’à le faire sortir de sa cachette.

« Eiichirô sors de là ! Sinon je tue tous ces hommes ! »

Des éclats de rire parcoururent les rangs des Habaki. Naoichi ne participa pas à ces rires. Ce type qui maîtrisait le Hyôton ne lui disait rien de bon.

« Evacuez vos blessés ninjas d’Ame ! » déclara Masato.

Ayaka fit signe et les blessés furent évacués. Ni Masato ni Shinsuke ne tentèrent de s’en prendre à eux pendant la manœuvre.

Rikuo, un jônin en charge des troupes Habaki se porta à la hauteur d’Ayaka et Naoichi.

« On s’en occupe. Vous nous appuyez. »

Elle opina de la tête. C’est sans doute une bonne chose qu’ils prennent les choses en main.

Rikuo bondit et se plaça à la tête de ses hommes. Ils entouraient les deux intrus.

- C’est toi leur chef ? demanda Masato.
- Oui lui répondit Rikuo.
- Où est Eiichirô ?

Son interlocuteur sourit. « Tu devrais te rapprocher, je ne t’entends pas bien de là où tu te trouves. »

Les Habaki tombèrent sur Masato et Shinsuke. Ce dernier emporta six jambes avec son premier coup d’épée. Masato abattit deux ninjas en les visant à la carotide. Maintenant ils devaient tout donner, frapper pour tuer.

Sôri nous espérons ne pas vous décevoir pensèrent ses deux élèves.

Le troisième ninja éliminé par Masato tomba après avoir reçu une lame de glace dans l’œil droit. Un autre essaya de le surprendre par derrière avec son katana. Masato se baissa, effleura le sol de sa main et une pique de glace émergea, qui transperça l’assaillant au niveau du ventre. Le temps que son katana touche le sol et deux nouveaux Habaki rejoignaient la catégorie des ninjas décédés aujourd’hui : le premier vidé de son sang après que Masato lui eut sectionné l’artère fémorale, le second blessé au cœur par trois lames de glace.

Il se débrouille bien pensa Rikuo. Mais cela ne va pas durer. Il abaissa la main.

Quatre ninjas se présentèrent, entourant Masato. Il évita leurs kunaïs et abattit le premier avec une lame en pleine gorge. Il pivota sur lui-même et tua le second en lui enfonçant le kunaï qu’il tenait à la main droite dans le ventre. Une perturbation dans le vent lui indiqua qu’une attaque se préparait. Il sauta en l’air et évita une vague de lave.

L’assaillant n’eut pas le temps de réaliser un deuxième jutsu : une lame de glace lui trancha l’oreille gauche. Il hurla. Sa main sur son oreille blessée, il vit Masato devant lui. La tête du malheureux vola dans les airs en se détachant du reste du corps.

Des sacrifices nécessaires. Tu es tombé dans le piège Masato Anotsu.

Ces quatre ninjas avaient atteint leur objectif : attirer l’attention de Masato pour qu’il évolue dans un périmètre restreint. De quoi laisser le temps à trois autres ninjas de préparer un jutsu d’emprisonnement.

Le survivant affichait ainsi un large sourire lorsqu’il vit son adversaire bloqué.

« Alors qu’est-ce que ça fait d’être pris au piège ? »

Il n’eut pas de réponse. Des plaques de terre se refermèrent sur Masato.

« Doton – La geôle de terre. »

- Bien débuta Rikuo. Maintenant, Anotsu, c’est la fin pour toi. Allez-y.
- Oui Rikuo-sama.

Les trois ninjas qui avaient réalisé le justu réalisèrent un mudra de plus.

« Doton – Compression infernale. »

La prison de terre se comprima.

« Non ! »

C’était le cri du cœur de Shinsuke. Sa lame était déjà trempée de sang et il était légèrement blessé à l’épaule gauche. Il avança en direction du piège où son coéquipier était tombé, tout en tranchant sans ménagement la moindre personne qui l’approchait.

- Ne t’en fais pas petit déclara Rukio avec mépris. Tu ne vas pas tarder à le rejoindre.
- Je ne crois pas.

Rukio se retourna. Masato était derrière lui.

« Comment as-tu… » commença-t-il. « Substitution ? »

Son adversaire ne répondit pas. Tout autour d’eux, un mur de glace se dressait. Rukio essaya de fuir mais buta contre la paroi.

- Nous serons mieux pour discuter, le temps que Shinsuke élimine tes hommes.
- Je ne te dirai rien.

Le visage de Masato afficha une certaine contrariété. D’un geste, une lame de glace apparut dans sa main droite. Rukio n’esquissa pas le moindre geste que sa jambe gauche fut emportée. Il tomba sur le sol. Aucun son ne sortit de sa bouche.

« Tu ne veux rien dire ? »

Aucune réponse.

La main droite de Rukio lui fut ôtée et vint tapisser de sang une partie de la paroi de glace.

« Toujours rien ? »

Rukio sourit avant d’éclater de rire.

- Eiichirô te tuera. Je savoure d’avance ce que tu vas subir avant de mourir.
- Alors nous nous reverrons bientôt ?
- Bien sûr ! Les Habaki auront la peau de tous les Anotsu !

Masato décapita Rukio.

Shinsuke se battait bien. Il avait supprimé une bonne trentaine de ninjas. Mais voilà que d’autres arrivaient en renfort. La fatigue commença à apparaître dans ses membres. Il avait travaillé la vitesse avec Sôri, pas l’endurance.

Je suis peut-être parti trop fort. Et j’en paye le prix maintenant.

Il se jeta sur un ninja, contra son sabre avec son épée avant de frapper. Manqué. Le ninja avait pu esquiver le coup. Le fils de Ryuichi releva son épée alors que son adversaire sortait un kunaï et le lancer en direction de l’œil de son adversaire.

Un kunaï surgit alors et contra cette attaque. La seconde d’après une lame de glace vint blesser l’opposant de Shinsuke à l’épaule droite.

- Tu commences à fatiguer ? Alors je vais remporter notre pari.
- Comptez pas là-dessus !

Ragaillardi par cette petite frayeur, Shinsuke repartir de plus belle au combat. Tuer ou être tué, se battre pour protéger sa vie et celle de Masato. En ces instants il avait le sentiment d’avoir trouvé sa voie, de savoir ce qu’il faisait là, pourquoi il était ici. Une curieuse sensation de bien-être parcourait son corps.

Ce doit être de ça dont mon père me rabâchait les oreilles sans cesse. Quand je le reverrai je pourrais lui dire que j’ai trouvé ce dont il me parlait.

Tout en combattant Shinsuke ne put s’empêcher de regarder comment s’en sortait Masato. Il avait du mal à en croire ses yeux. Il lui semblait que les autres ninjas se battaient au ralenti. Ou alors c’était Masato qui accélérait encore et encore ? Il se déplaçait si vite.

La tête de l’un volait et n’avait pas encore atteint le sol que, déjà, deux autres ninjas étaient tués, l’un touché à la tête, l’autre transpercé dans le dos après que Masato ait traversé sa garde. Deux pas pour avancer et Masato évitait une lame, pour mieux la geler et l’immobiliser sur le sol afin de briser la nuque de son adversaire.

Depuis combien de temps avaient-ils commencé à se battre ? Ils l’ignoraient. Y avait-il eu beaucoup de renforts ? Impossible à dire. Toutefois, à un moment Shinsuke arrêta sa lame. Il jeta un œil sur ce qui l’entourait.

Le sol était jonché de cadavres. Le sang se mêlait à la couleur rouge des vêtements des Habaki. De sorte que, même si la pluie se mêlait au sang, elle n’avait aucune chance de faire disparaître cette couleur rouge qui inondait le sol. Loin d’être inexpérimenté, le jeune épéiste eut quand même un haut-le-cœur léger. C’était l’odeur de la mort qui se faisait sentir. Celle du champ de bataille qu’il découvrait jour après jour.

Et, au milieu des cadavres, se trouvait Masato. Lui aussi s’était arrêté. Il respirait fort et semblait plutôt marqué par les efforts marqués. Mais il était toujours debout. Le sang maculait son visage. Son regard semblait communiquer avec toutes les vies qu’il venait de prendre.

Il leva la tête en direction du ciel. La pluie tombait, à grosses gouttes. Il sourit. L’averse faisait disparaître le sang sur son visage.

- Shin’… commença-t-il.
- Oui Masato-sama ?


Les trois dirigeants d’Ame étaient horrifiés par ce qu’ils venaient de voir. Du haut de leur tour, ils n’avaient rien manqué de l’opération de Rukio.

- Comment un tel individu peut-il exister ? demanda Ayaka.
- Il est… fort. Très fort admit Konta qui avait assisté à tout depuis la tour qui abrita Pain par le passé.
- Vous me laissez prendre les choses en main ?

Ils se retournèrent. Eiichirô Habaki.

- Vous ne deviez pas vous en occuper avec Rukio ? Il a échoué et…
- Ne vous en faites pas. J’ai la situation bien en main. Cette affaire va être rapidement réglée. Au moins vous avez pu vous exercer contre un adversaire d’un… assez bon niveau.

Après ce qu’il vient de nous montrer tu penses quand même le battre Eiichirô ? Pour mieux nous impressionner et nous montrer que ton clan a des ressources inépuisables ? Naoichi aurait aimé qu’Eiichirô lui réponde.

« Je peux aller au bout ? »

Ils n’avaient pas vraiment le choix. D’un mouvement de tête ils lui dirent oui.


« On rentre. »

Shinsuke n’en revenait pas. Il demanda à Masato de répéter. Ce dernier le fit. Ils allaient rentrer au Pays des Neiges.

- Pourquoi Masato-sama ?
- Nous avons pris assez de vies pour aujourd’hui. Et des vies qui ne méritaient pas d’être perdues. Ces ninjas d’Ame… Rentrons. Je vengerai Akari. Mais pas comme ça. J’espère que tu ne trouveras pas mon geste lâche ma sœur. Je trouverai comment te venger, je t’en donne ma parole.

Les deux ninjas du Pays des Neiges s’éclipsèrent. Il leur fallait quitter rapidement Ame et le Pays de la Pluie.

Merci de ne pas avoir emporté Masato dans la folie remercia Shinsuke. Tout va bien se passer maintenant.

Le jeune épéiste avança au niveau de Masato. Ils avançaient côte-à-côte. Il lui sourit. Masato aussi.

Un éclair zébra le ciel, Masato et Shinsuke s’arrêtèrent. Ils ne pouvaient plus avancer. Sur les toits, devant eux, derrière eux : des hommes, des femmes vêtus du rouge du clan Habaki. Combien étaient-ils ? Difficile à dire. Plusieurs centaines. Peut-être un millier. A cette heure le nombre importait peu. A la faveur d’un second éclair Masato vit Eiichirô Habaki. Et à ses côtés, Shiori.

- Je vous trouve enfin commenta Masato.
- Je ne sors que pour les grandes occasions répliqua abruptement Eiichirô.
- Comme ma mort ?

Le chef des Habaki sourit. Son visage affichait un air comblé. Il était sûr de triompher aujourd’hui. Son allure contrastait avec celle de sa fille dont les yeux brillaient de l’envie de mettre à terre l’Anotsu meurtrier.

- En ce jour moi Eiichirô Habaki je te condamne Masato Anotsu pour le meurtre de ma fille, de son mari et de ses enfants. As-tu quelque chose à dire ? Ne t’en fais pas Masato, je ferai subir bien pire à ton père.
- J’ai le droit à un avocat ?

Des rires parcoururent l’assistance.

« On fait quoi là Masato-sama ? »

Shinsuke avait peur. Par le passé, Masato avait toujours fourni une réponse à Shinsuke. Cette fois rien ne vint. Comme une apparition soudaine, sa première entrevue avec Sôri lui revint en tête. Une parole surtout, résonna :

« Quand tu penseras en avoir terminé alors tu relâcheras ta garde, même si ce n’est qu’un instant. Alors tu risqueras de tout perdre. »

Sôri-sensei, déjà, vous aviez compris ?

Masato aurait voulu entendre sa voix, ne serait-ce que pour avoir une réponse. Il savait qu’à cette heure il n’entendrait rien. Sôri n’était pas là.

« Masato-sama, que fait-on ? » insista Shinsuke. Sa question trahissait une panique grandissante.

Eiichirô Habaki fit un geste. Tous les ninjas présents se jetèrent sur les deux intrus.
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MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014, 2:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 83 : Il ne rentre pas ce soir


« Ce paysage vous inspire ? »

Il se retourna à une vitesse telle qu’Haïtani faillit être décoiffé.

Visiblement il n’aime pas qu’on le surprenne. Peut-être qu’à son époque cela ne se pratiquait pas et ils se parlaient tous de face… Les oreilles du Faucon esquissèrent un petit sourire à cette pensée.

- Que voulez-vous ?
- Voir si tout se passe bien. Ces montagnes qui se présentent à votre regard sont si attirantes que l’on pourrait avoir envie de se perdre dans ce paysage qui défile.
- Ce n’est pas mon cas.

Haïtani ne put s’envisager de scruter son interlocuteur. En dépit de son teint pâle et des marques sur le visage – caractéristiques de l’Edo Tensei – quelque chose de plus émanait de lui. Haïtani ne savait pas encore de quoi il s’agissait.

Et pour une fois la légende est plutôt dans le vrai. Du moins au sujet de son allure.

Il portait une armure de plaques, assez similaire à celle que possédait Madara, par le passé. Ses sourcils étaient taillés et deux marques apparaissaient, au-dessus de ses yeux. Son abondante chevelure aboutissait à deux mèches qui encadraient son visage. Chaque mèche était entourée par un bandage.

- Pourquoi m’avez-vous ramené ? demanda soudain le nouveau venu. Et qu’est-ce que c’est que ce corps ?
- Ce n’est pas de mon fait.
- Vraiment ? Qui est responsable alors ?

Haïtani sentit tout à coup un poids peser sur lui, comme si une main l’enveloppait et le poussait vers son interlocuteur. Il se téléporta et réapparut un peu plus loin sur le balcon.

- Nous ne sommes pas encore assez intimes pour nous prendre dans les bras l’un de l’autre voyons.
- Rapide. Mais…
- Je vous ai ramené parce que votre frère l’a été, Indra.

Le fils aîné du Sage regarda sur sa droite. Shôkishi venait d’apparaître sur le balcon. Le vent balayait sa cape mais il évoluait sans aucune difficulté. Isaku l’accompagnait.

S’il est là, alors cela signifie qu’il a maîtrisé son Bijû. Une bonne nouvelle pour le Pays des Neiges. Mais on ne la lira pas sur le visage de Shôkishi plaisanta Haïtani.

- Mon frère ? demanda Indra.
- Vous l’avez oublié ? Ah si ce n’est pas malheureux que les liens fraternels soient si peu solides.

Un visage furieux fixa Haïtani. La provocation n’était pas très bien passée.

- C’était un imbécile articula froidement Indra. Il n’a rien compris au fonctionnement de ce monde. L’amour pour apporter la paix. Quel idiot.
- L’amour est un sentiment puissant. Il ne fait pas de vous un faible…
- Vous croyez à ces…
- Il serait sage de remettre ces réflexions à plus tard.

L’interruption de Shôkishi ne plut pas à son invité.

- Vous êtes qui ?
- Le Seigneur du Pays des Neiges répondit Isaku. Vous devriez lui montrer plus de respect.

En guise de réponse Indra le fixa quelques instants. « Toi… Tu as le 4 queues. »

Isaku était surpris qu’Indra le sache si vite. Ce dernier fixa ses interlocuteurs avant de poursuivre.

« Sceller les Bijû. La pratique se perpétue donc. » Il eut un rire bref. « Mon frère… mon père… voyez un peu ce monde. Et vous avez cru pouvoir lui apporter la paix avec vos belles idées. Quelle erreur. »

Il se déplaça à la limite du balcon. Sa main se tendit. Le sol se mit à trembler.

Isaku allait bouger mais Shôkishi plaça sa main gauche devant lui.

« Je m’en occupe. »

Le Seigneur du Pays des Neiges s’avança. Le fils aîné ne semblait pas affolé. Le sol continuait à trembler. Tout en s’avançant, le sceau entourant la main droite de Shôkishi s’évaporait en petites fumées noires.

- Veuillez ne pas endommager mon territoire.
- Sinon quoi ?
- Même un corps immortel peut être vaincu.
- Vraiment ?
- Rares sont ceux qui peuvent résister à cette main.

Shôkishi tendit sa main droite, pour qu’Indra puisse la voir.

« Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? »

La surprise se lisait sur le visage de l’aîné.

« Cette main… Cette croix… »

Indra arrêta de parler. Le passé le rattrapait.

- Vous êtes…
- Un de ses descendants. Shôkishi Anotsu.
- Je vois.

Indra sembla décrotiquer la main avec ses yeux. Le sol s’arrêta de trembler.

- Vous vous l’êtes greffée.
- Je peux vous écraser aussi bien qu’il l’a fait.

Le défi se lut, un instant, dans les yeux de l’aîné. Il hésita toutefois. Déjà parce qu’il ne connaissait pas son environnement. Le désavantage du terrain était une mauvaise chose. Surtout, cette main lui inspirait une certaine crainte.

Je ne sais pas jusqu’à quel point il la maîtrise. Mieux vaut être prudent.

Les souvenirs remontèrent à la surface. Le Sage n’avaient pas été le seul personnage extraordinaire ayant foulé le sol de cette terre. Outre sa mère, Kaguya Ôtsutsuki‎‎, d’autres figures étaient apparues. Elles avaient toutefois moins marqué les esprits, parce qu’elles n’étaient pas le réceptacle de Jûbi et avait moins voyagé que le Sage, dans son souhait de voir la paix régner sur le monde. Les mémoires l’avaient retenu, éclipsant d’autres figures notables.

Parmi celles-ci figurait l’ancêtre des Anotsu. Il avait d’ailleurs connu le Sage et échangé avec lui ainsi qu’avec ses fils.

Il régnait sur un vaste pays de l’autre côté de la mer, là où les Uchiha et les Uzumaki s’étaient réfugiés. Il était fort mais ne possédait aucun talent extraordinaire. Ce n’est qu’après un certain événément qu’il devint une légende… oubliée par la suite.

Un jour deux émissaires lui demandèrent audience. La guerre grondait entre les deux fils du Sage. Il devait choisir son camp. Que fallait-il faire ?

Il ne le savait pas. Il écouta ses conseillers, sa femme, toute personne sensée. In fine la décision lui revenait. Les guerres il en avait connues. Il voulait la paix. Son peuple aussi. Quelle cause fallait-il embrasser ? Le temps lui faisait défaut.

Une jeune oracle vint alors le trouver. Elle avait eu une vision. Il devait gravir la plus haute montagne des environs, à mains nues. Arrivé au sommet il trouverait la réponse à sa question.

- Et si je ne le fais pas ?
- Indécis vous serez. Vous prendrez une décision mais toute votre vie vous vous demanderez si elle était la meilleure. Cela vous rongera.

Il se lança dans l’escalade le lendemain.

Les pierres étaient tranchantes. Plus il avançait plus ses mains étaient blessées. La douleur était affreuse. Il ne renonça pas. Il mit trois jours à arriver au sommet. Là il put voir ses mains étaient : transpercées, en forme de croix. Ce qui arriva ensuite disparut de sa mémoire. Quand il se réveilla il était au bas de la montagne. Il se sentait différent. Les plaies affligeant ses mains s’étaient refermées. Une cicatrice en forme de croix apparaissait là où elles avaient été blessées. Quelque chose avait changé.

De retour chez lui, sa décision était prise. Il partit à la guerre… contre les deux fils du Sage.

Il les fit battre en retraite.

Ce succès retentissant lui valut de la renommée… et plus de travail. Il était souvent absent pour tenir ses terres, voire les agrandir car nombre de petites régions limitrophes désiraient sa protection et voulaient s’intégrer dans son pays.

Ses absences étaient nombreuses. Il ne pouvait faire autrement. « La justice que je sers ne prend pas de vacances » aimait-il à rappeler. Et il consacrait une grande partie de son temps à rendre justice, à se battre pour elle. Juste : il employait tous ses talents à l’être.

Bien des années après, alors qu’il avait terminé d’administrer la justice, il alla voir sa femme et son dernier né. Il prit sa femme dans ses bras et caressa sa chevelure.

Elle hurla de douleur et se dégagea. Ses cheveux brûlaient. Voyant la scène son fils prit peur et vint se blottir dans les bras de son père. Lui aussi se mit à brûler. Une partie de son visage s’embrasa.

Les médecins firent ce qui était en leur pouvoir mais son fils serait défiguré à vie. Pour sa femme, la racine des cheveux avait été attaquée. Il n’était pas sûr qu’ils repoussent un jour.

Ses mains avaient puni sa femme et son fils. Il ne comprenait pas pouruqoi. Sa justice avait-elle faillit ? L’oracle vint de nouveau le trouver et lui dit de lire dans son cœur. « Comprends le passé. Alors tu saisiras pourquoi ta justice a opéré aujourd’hui. »

Il comprit. Cet enfant n’était pas de lui. Ses absences étaient trop fréquentes. Sa femme l’avait mis en garde.

Pour toute réponse, il se trancha les mains et partit pour un nouveau continent, de l’autre côté de la mer. Les Anotsu virent le jour loin de la terre d’origine de leur ancêtre.

- C’est un lourd héritage que vous portez lança Indra.
- Mes épaules ne m’ont jamais trahi.
- Alors pourquoi me ramener ? Si vous êtes comme lui alors…
- Les temps changent. On ne gagne plus une guerre seul.

Ils descendirent du balcon pour se diriger dans une salle de réunion. Tout en avanaçant ils échangeaient :

- Pourquoi devrais-je vous suivre ?
- Parce que je peux contrôler vos mouvements avec ce jutsu qui vous a ramené à la vie.
- Oh vraiment ? Je trouverai un moyen de briser ce contrôle.
- Surtout, c’est une seconde chance que je vous offre.
- Pardon ?
- Vous avez été un incapable pendant votre vie. Voici une occasion de montrer ce que vous valez vraiment.

Indra accusa le coup. Qui était ce type pour oser lui parler ainsi ? En même temps il avait en partie raison.

- Et si j’étais meilleur que vous ?
- Ma place vous reviendra répondit tout de go Shôkishi.

Il est sérieux ? s’interrogea Haïtani. Un mort qui dirige des vivants… Voilà qui ne serait pas banal. Mais je vois plutôt Shôkishi réduire Indra en poussière plutôt que de lâcher sa place. Ou alors j’ai mal cerné le bonhomme…

Arrivés dans la salle, Isaku présenta les personnes déjà présentes. La reine était là également. La discussion dura longtemps. Tout le monde était debout : le Seigneur du Pays des Neiges n’aimait pas que les réunions se déroulent systématiquement autour d’une table. Trop de confort.

Il exposa, comme à son habitude, succintement les faits qu’ils jugeaient dignes d’intérêt quand les autres personnes présentes développaient. Tout cela finit par ennuyer Indra.

Mon frère est sur cette terre. Où est-il en ce moment ? Sait-il que je suis ici ? Lui aussi a une seconde chance…

- Vous pensez à retrouver votre frère ? l’interrogea Haïtani.
- Qu’est-ce qui vous le fait croire ?
- Votre regard. Vous êtes absent. Et cela a le don d’énerver votre bienfaiteur.

Shôkishi affichait en effet un regard plus froid qu’au départ. Cela amusa intérieurement Indra.

Cet Haïtani a la langue bien pendue. Il pourrait être amusant à écouter. Il doit savoir pas mal de choses…

Magatsu pénétra alors dans la salle.

« Désolé d’interrompre vos échanges Shôkishi-dono, mais un message est parvenu. » Il marqua un temps d’arrêt avant de poursuivre : « Il est de la plus haute importance. »

Le Seigneur du Pays des Neiges fit un signe de tête et Magatsu s’avança prestement. Il était inquiet. Son visage comme son allure trahissait un malaise, une gêne grandissante. Il remit son message et croisa le regard de son seigneur. Il repartit sans attendre de réponse.

Mais on dirait bien qu’un mot de Shôkishi lui aurait fait le plus grand bien se dit Haïtani.

Shôkishi lut le message. Pas un changement n’affecta son visage ou son corps. Le propos devait être court estima Haïtani, car la lecture ne dura que quelques secondes. Shôkishi regarda sa femme et il sembla hésiter à lui transmettre le message.

« Que se passe-t-il donc ? » lui demanda-t-elle.

En guise de réponse il finit par lui tendre le message.

Voilà qui doit être important pensa Haïtani en observant la scène. Pour qu’il hésite et mette même la reine dans la confidence… une déclaration de guerre ? Un débarquement inopiné du Faucon ? Quand même j’aurais été prévenu…

La reine défaillit. Son visage se déformait alors qu’elle lisait le message. Elle regarda son mari. Aucune réaction de ce dernier.

« Et maintenant ? Qu’attends-tu pour agir, enfin ? Ses murs ne protègent personne ! Ils sont un tombeau ! »

Elle jeta le message au sol et regarda son mari, ses yeux s’emplissant de larmes et de colère.

Son visage était impassible. Il ne répondit pas.

« Le Seigneur du Pays des Neiges n’a donc rien à dire ? Bien. Moi Tsugumi Anotsu je vais prendre les choses en main. »

Sa voix tonnait dans la pièce. La colère était perceptible. Il n’y avait pas que cela. Autre chose pointait : comme l’envie de sortir de la place où elle avait été trop longtemps confinée. Comme si ce message avait réveillé quelque chose en elle. Un déclic.

Elle quitta son mari pour fixer ses prunelles sur Isaku.

« Isaku, va me chercher Magatsu. Convoque aussi mon père et préviens Mikasa que je veux la voir le plus rapidement possible. Se croiser les doigts et attendre ce n’est pas pour moi. Préviens aussi nos alliés. »

Isaku jeta un coup d’œil en direction de Shôkishi. « Est-ce que vous approuvez ce geste ? » semblaient demander ses yeux.

Rien n’apparut.

« Tu vois bien que mon époux n’a rien à rajouter. Va Isaku. »

Devant le manque de réaction de Shôkishi Isaku quitta la pièce.

- Tu agis trop vite lâcha Shôkishi.
- C’est toujours mieux que de ne rien faire.
- Tu parles sans savoir.
- Tu sais tellement de choses… Regarde où cela nous conduit.
- Je ne pense pas que ce type d’échanges soit profitable à notre auditoire.

Tsugumi fit mine de lui tourner le dos, et, en avançant vers la sortie répondit :

- Eh bien je te laisse en leur compagnie. Moi j’ai à faire.
- Faire appel à l’alliance est une mauvaise idée.
- L’union fait la force.
- Sauf si on accumule les faiblesses.
- La tienne est patente.

En disant cela Tsugumi Anotsu s'immobilisa et fixa son mari. Shôkishi la regarda droit dans les yeux. Elle sortit sans attendre sa réponse.

Indra se garda de commenter cette scène irréelle pour toutes les personnes présentes. Elles avaient toutes compris que le moindre commentaire, le moindre geste en cet instant leur vaudrait un voyage pour la légion du Nord dans le meilleur des cas.

Shôkishi se déplaça jusqu’à une fenêtre. La neige se mettait à tomber.

Il faudrait peut-être lui suggérer que sa femme a senti la neige, d’où son emportement s’amusa Haïtani. Pour une fois, je ne serai pas celui qui fera ce bon mot. Cela pourrait me valoir bien des tracas.

Hizamaru rompit le silence :

- Que devons-nous faire ? On ne peut quand même pas arrêter la reine.
- Elle a besoin de se défouler et sa colère était sans doute saine commença le frère de Shôkishi. Le message a provoqué sa réaction. Laissons-la faire.
- Vous vous inquiétez trop messieurs commença Haïtani. Les ordres de la reine ne seront pas transmis.

Shôkishi ne dit rien. Un silence qui, sur le coup, valait approbation.

Il devait miser sur cela depuis le début. Ce type est vraiment curieux. Pour un peu je favoriserai bien la fuite de quelques ordres de la reine. Pour voir ce qu’elle souhaite faire. Cette pensée amusait Haïtani, même si elle était risquée. Heureusement qu’il ne lit pas dans les pensées sinon j’aurais été condamné à mort 20 fois depuis mon arrivée ici.

- J’ai autre chose à faire que de voir vos divergences Shôkishi commença Indra. Si votre femme contredit vos ordres alors…
- Ma femme est la reine. Elle peut intervenir. Si vous êtes perturbé par cela alors mieux vaut retourner parmi les morts.

Indra fixa Shôkishi. Ses pupilles en spirale n’annonçaient rien de bon. Il tendit sa main en avant.

« Shinra… »

Un trou apparut à la place de la fenêtre où Shôkishi observait la neige. Ce dernier n’avait pas encaissé le coup. Il était déjà au niveau d’Indra et d’un coup de poing de sa main droite, il arracha le bras gauche du fils du Sage.

- Un pouvoir de destruction toujours aussi impressionnant commenta ce dernier.
- Je croyais le Shinra Tensei plus puissant.
- Je me suis retenu. Je ne voulais pas que la facture à régler soit trop élevée pour vos finances.

Les deux individus se jaugeaient.

- Un bras qui se reconstitue… Ce corps est pratique.
- N’en abusez pas. Sinon je vous détruirai pour de bon.

Le fils aîné du Sage sourit. « J’accepte de vous suivre. Pour le moment. »

Kabuto n’aura pas à intervenir pour contrôler Indra alors. Enfin, pour le moment comme dit l’autre. Reste à bien le contrôler ce binoclard… Ce doit être pour ça que Ryuichi n’est pas là. Il a dû préparer Kabuto à faire bon usage de sa capacité à contrôler Indra analysa Haïtani.

Les échanges se poursuivirent. Le froid pénétrant dans la salle refroidissait l’ambiance mais personne ne proposait de changer de salle.

A l’exception de Shôkishi et d’Indra, les regards des autres individus fixaient, de temps à autre, le message jeté pour Tsugumi. Son contenu suscitait beaucoup de convoitises. Shôkishi n’en avait toutefois pas parlé donc s’en saisir, voire le lire était risqué.

« Essayons d’éviter que ce message ne se perde dehors. »

Victime de sa curiosité, Haïtani avait trouvé un joli prétexte pour saisir le message, tout en faisant mine de le rapporter au Seigneur du Pays des Neiges. Les paroles cessèrent quelques secondes en voyant ce geste.

Par un des coups d’œil dont il avait le secret, Haïtani embrassa le message du regard. Il était court en effet. Aucune signature ne le concluait mais on devinait sans mal son auteur.

Voilà qui devrait précipiter les choses analysa rapidement Haïtani en s’avançant vers Shôkishi. Il ne put s’empêcher de regarder une seconde fois le message. Comme pour mieux s’assurer du propos. Il eut l’impression d’entendre la voix de son auteur prononcer chaque mot qu’il relisait :

« Quatre moins deux, Anotsu. Quatre moins deux. »
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MessagePosté le: Mar 08 Avr 2014, 3:26 pm    Sujet du message: f Répondre en citant

Chapitre 84 : Rêve ailé


Dès qu’il fermait les yeux il revoyait la scène. Toujours les mêmes personnes. Toujours les mêmes paroles. Toujours la même conclusion. Et ce sang qui coulait et qui semblait ne jamais vouloir s’arrêter.

« Laisse-les tranquille Indra, ils n’ont rien à voir ! » criait-il encore et encore.

Son frère ne l’écoutait pas et invariablement, sa lame s’abbatait sur ses otages avant qu’Ashura n’aient pu les atteindre.

« Voyez votre leader ! » s’enflammait Indra. « Qui pourrait faire confiance à un homme qui n’est pas capable de protéger les siens ? Sa propre chair ? » Un ricanement accompagnait ces phrases, si blessantes à entendre.

« Je vous vengerai tous les deux » répétait alors Ashura. Une ombre grandissante masquait alors le soleil. Son frère venait d’activer son armure. Sa forme finale. Selon les dires d’Ashura, il s’agissait de Susanô, le Dieu des tempêtes.

« Il est venu prendre ta tête mon frère ! »

Alors que les soutiens d’Ashura reculaient, effrayé par la taille et la puissance de cette créature, il avançait. Il n’avait pas peur. Il n’avait plus peur. Il venait de perdre sa femme et son plus jeune fils. Un enfant qu’il ne verrait jamais grandir.

Le fils cadet du Sage serra le poing droit.

« Indra, tu m’as enlevé les miens. Tu n’as pas hésité une seule seconde. »

Le conflit n’en avait été que plus redoutable. Les deux frères s’étaient entretués peu de temps après. Indra promit à son frère que sa mort ne résoudrait rien, que ses descendants continueraient le combat.

« Les miens aussi » avait répondu Ashura alors que ses forces l’abandonnaient. « Et à la fin, nous gagnerons. »

Je ne sais pas si je suis aussi sûr de cette idée aujourd’hui.

Dès son réveil, il avait demandé où il se trouvait. Les personnes présentes lui avaient répondu : « Sur une terre que vous connaissez. Celle où vous et votre frère avaient mordu la poussière contre un troisième homme. »

Ashura se demandait maintenant pourquoi l’avait-on fait revenir. Et pourquoi ici ? Ses réincarnations successives lui permettaient d’avoir une vague idée de ce qui s’était passé depuis sa mort. Il demeurait toutefois des zones d’ombre.

Aussi c’est avec un certain soulagement qu’il entendit un jeune homme lui annoncer que son maître allait le recevoir. Il fut alors conduit à l’extérieur. Le soleil était visible mais la chaleur n’était pas insupportable. Un léger vent

Sous des arbres, une table richement sculptée et des chaises. Sur l’une d’elle se trouvait un homme. Plutôt jeune jugea Ashura. Une chevelure bouclée assez abondante, des yeux bleu pénétrant. Il devait sans doute être le chef.

En s’approchant, Ashura découvrit qu’à un arbre, se trouvait adossé un autre homme. Plus âgé et les bras croisés. Une moustache noire, un regard dur et un cache-œil masquant le gauche. Ce n’était pas du tout le même profil. Et l’épée qui figurait à sa gauche, même rangée dans un fourreau indiquait clairement qu’il était tout disposé à se battre.

Son garde du corps probablement.

- Je suis enchanté de vous accueillir Ashura-sama.
- C’est à vous que je dois d’être de retour à la vie ?
- En effet répondit le Faucon tout en invitant Ashura à s’asseoir.

Ce dernier hésita. Il préférait rester debout.

- Lorsque le maître propose, vous vous exécutez.
- Kagimura voyons…

Ashura fixa l’œil du Faucon. Ostensiblement il demeura debout, faisant face au Faucon, placé à l’autre bout de la table.

- … si notre invité ne veut pas s’asseoir, il est inutile de le forcer termina le Faucon.

Kagimura ne répondit pas. Il continuait à fixer Ashura d’un œil mauvais.

- Veuillez l’excuser. Il est parfois un peu brutal lorsqu’il s’exprime.
- Comment avez-vous fait pour me ramener parmi les vivants ? demanda tout de go Ashura.

Le Faucon fut surpris, un instant, par cette question directe. Puis un fin sourire parcourut ses lèvres.

- Ce n’est pas très compliqué. Nous avons dans nos rangs quelques génies qui aiment bien travailler sur le sang, l’adn. C’est comme un jeu de pistes pour eux. Alors en leur fournissant du sang de parents lointains, ils peuvent parfois faire des miracles.
- Vous créez un corps à partir du sang seulement ?
- Vous vous doutez bien que non. Il faut aussi un corps humain, en vie, pour ramener une personne.

Ashura recula d’un pas.

- Donc si je me tiens là devant vous, c’est que des personnes sont mortes !
- Oui répondit sans hésitation le Faucon.
- Je ne peux admettre cela.

Le sol se mit à trembler. Le regard d’Ashura était noir de colère. De quoi donner encore plus envie à Kagimura d’intervenir. La main sur la garde de son épée, il n’attendait plus qu’un signe de son chef pour trancher le fils du Sage.

- Lorsque le fait accuse le résultat l’excuse commença le Faucon. Des morts, certes, mais qui ont permis votre retour.
- En quoi cela excuse leur disparition ?
- Avec votre retour, c’est une ère de paix qui s’ouvre.

La colère d’Ashura retomba quelque peu. Il était désormais plus intrigué qu’énervé.

« Que voulez-vous dire ? »

Le sourire sur le visage du Faucon indiquait clairement que c’était la question qu’il attendait.

- Instaurer la paix entre les personnes. C’était le rêve de votre père si je ne me trompe. Et le vôtre. Pour l’atteindre vous misiez sur l’amour, la coopération.
- Oui.
- Nous voulons la même chose. Mais notre façon de voir n’est pas admise. Sur ces terres mais, plus grave encore, de l’autre côté de la mer. Là où votre père a déployé le plus d’efforts pour que la paix règne.

Ashura se rapprocha. Le Faucon parlait lentement, d’une voix claire et chaleureuse. Elle était envoûtante. Cela l’attirait en même temps qu’il se méfiait.

Il parle bien. Trop bien. Il doit avoir quelques idées derrière la tête. Veut-il m’utiliser comme arme ? Je sens bien que mes mouvements peuvent être restreints. Mais s’il pense pouvoir me contrôler, il risque d’être surpris.

- Je ne souhaite pas vous contrôler. Faire de vous une machine Ashura-sama. Surtout, ce ne serait pas possible. Votre force est trop importante pour pouvoir être contrôlée.
- Pourquoi me dites-vous cela ?
- Parce que c’est à ça que vous pensez en ce moment.
- Vous en êtes sûr ?
- Mon intuition ne me trahit jamais.

Ashura restait méfiant. Et Kagimura commençait à trouver le temps long. Vu la tournure prise par la discussion il n’aurait sans doute pas l’occasion d’utiliser son épée aujourd’hui. Cela le chagrinait et renforçait sa mauvaise humeur.

- Qu’attendez-vous de moi ?
- Rien. Nous nous proposons plutôt de vous épauler, que vous soyez notre guide.
- Pardon ?
- Votre réputation, votre niveau. Tout cela vous destine au devant de la scène. Vous avez acquis un niveau d’exception alors que vous êtes parti de bas. Avec vos résurrections vous avez pu voir le monde, ce qui n’allait pas. Cela fait de vous la personne la plus qualifiée pour œuvrer à la paix.

Vraiment ? Ashura doutait de la sincérité de ce qu’il venait d’entendre.

- Si tel est le cas pourquoi vous occuper de ce qui se passe ailleurs ? Ici, la paix règne ?
- Non admit le Faucon. Nous faisons tout notre possible d’ailleurs le reste de mes généraux se bat contre nos ennemis. Ils sont nombreux.
- Alors pourquoi…

Le Faucon leva le bras, pour indiquer qu’il n’avait pas oublié la question posée.

- C’est très simple. Votre frère aussi est de retour.
- Indra ? Comment savez-vous…
- Je vous l’ai dit, mon intuition ne me trahit jamais.

L’interlocuteur du Faucon était maintenant dans un état de profonde réflexion. Mon frère aurait lui aussi été ramené. Pourquoi ?

Il sentait sa présence. Impossible d’expliquer comment mais au fond de lui il percevait que le Faucon ne mentait pas.

- Vous voulez vous occuper de lui tout de suite ?
- Le risque est grand qu’il ne débarque ici et rallie nos ennemis à sa cause. Alors il sera difficile de l’arrêter. Et vous connaissez ses idées…
- Les personnes qui l’ont ramené désirent la même chose que lui ? Je me suis réincarné dans un jeune garçon qui…
- Je sais l’interrompit doucement le Faucon. Il n’empêche : Indra est de retour. Je ne sais pas s’il sera en mesure de l’arrêter aussi mieux vaut lui porter secours s’il compte effectivement l’affronter.
- Vous en doutez ?

Le Faucon ne répondit pas mais son regard indiqua à Ashura que Naruto ne s’oppose pas à Indra.

- Pourquoi emprunterait-il la même voie que mon frère ? persista Ashura. Il n’y a rien au bout de cette voie.
- L’amour peut engendrer la haine. La coopération peut donner de mauvais résultats si les personnes ne se font pas confiance. Ce jeune garçon traverse des moments difficiles. La force peut alors sembler plus séduisante. Une meilleure solution.

Le doute se lut sur le visage d’Ashura. Les bras croisés il doutait visiblement de cette version des faits.

- Vous n’y croyez pas ?
- La folie de mon frère n’emporte pas…
- Pourtant n’y avez-vous pas succombé vous-même ?

La question du Faucon, lancée à toute allure bloqua le fils du Sage. Il ne répondit pas tout de suite. Plusieurs secondes passèrent.

- Je… Je n’ai…
- Après la mort de votre femme et de votre fils. Toutes ces batailles, ces morts. L’amour était-il toujours de rigueur ? Ne l’avez-vous pas dirigé contre votre frère et ses partisans ?

Ashura baissa la tête.

- C’est possible murmura-t-il.
- N’en ayez pas honte ajouta le Faucon. On ne peut toujours tendre la joue lorsqu’on vous frappe. Je ne voulais pas me moquer. Moi-même j’ai le même rêve que vous. Et pour l’atteindre il est parfois difficile de s’en tenir à son idéal de conduite, à ses principes.

Le Faucon termina en souriant. Certains auraient pu prendre cela comme une marque d’insolence. Ashura y vit un signe d’hônneteté. Il avait besoin de réfléchir.

« Bien sûr. Allez où bon vous semble. Le territoire est sûr et sous ma protection. Tout le monde est averti et honoré de votre présence. Nous nous reparlerons lorsque vous le souhaiterez. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas. »

Après avoir remercié, Ashura se retira rapidement.

- Les serres du Faucon se sont refermées sur lui ? demanda Kagimura.
- C’est possible.
- Pour un individu de sa trempe il n’est pas si fort que ça mentalement.

Le Faucon tourna la tête en direction de Kagimura.

- Il est mort en entraînant son frère, en se disant que son rêve ne serait jamais réalisé. Pourquoi crois-tu qu’il s’est réincarné ? Parce que son âme ne trouvait pas le repos.
- C’est ça d’avoir des idées insensées !

Un regard glacial se braqua sur l’épéiste.

- Je pense que tu te trompes articula froidement le Faucon.
- Ah ? commença Kagimura légèrement inquiet.
- Nous vivons pour des idées. Dans notre cas ce sont nos rêves qui nous poussent et nous font avancer. Des idées insensées… c’est le point de vue de quelqu’un qui ne connaît pas les motivations de celui qu’il juge.
- Le seul point de vue qui tient est celui du vainqueur.
- Soit le mien ?

Le Faucon fixa intensément Kagimura. Son regard était amusé mais on lisait aussi très clairement la volonté de réduire en charpie quiconque s’aviserait à le contester. Tel était le Faucon. Une personne charmante et charmeuse… qui pouvait vous écraser en un instant.

- Pas celui d’Haïtani en tout cas grommela Kagimura.
- Son absence te pèse ?
- Je ne comprends pas qu’un type comme lui occupe un tel grade. Les autres d’accord mais lui…

Kagimura fit mine de s’éloigner pour laisser le Faucon seul mais il sentit une force qui le retenait. Doucement mais fermement.

« Tu n’as pas répondu à ma question. Est-ce bien mon point de vue qui prévaut ? »

Une goutte de sueur perla sur le front de Kagimura.

« Oui, c’est le vôtre. »

Le Faucon sourit et l’épéiste put s’éloigner.

N’empêche que s’il se trompe et que cet Ashura se révèle être un ennemi c’est moi qui devrais m’en charger.

Ashura avait marché longtemps. Il n’aurait pas su dire combien de temps au juste. Il se trouvait devant le vide. La forêt s’arrêtait là. Devant lui se déroulait un paysage vallonné, avec une rivière, quelques maisons. Au loin il lui sembla entendre des murmures, des bruits. Un ensemble de sons qu’il connaissait bien : ceux de la guerre.

Il s’assit, le dos contre un arbre. Cette musique qu’il entendait faiblement lui rappelait beaucoup de souvenirs. Sans s’en rendre compte, le sommeil le gagna. Il se revit face à son frère. Toujours la même situation.

Son frère était un haut d’un ravin. Il tenait la femme et le jeune fils de son frère attaché, à ses côtés. Ashura était seul, comme son frère le lui avait demandé. Ils n’étaient pourtant pas vraiment seuls : leurs partisans n’étaient jamais bien loin, mais dissimulés dans les environs.

« Renonce et ils auront la vie sauve » annonça son frère en levant sa lame.

Je n’arriverai pas à temps pour les sauver !

« Si, vous pouvez les sauver. »

Une lumière apparut alors. Si intense qu’elle aveugla tout le monde.

« Si vous êtres trop loin pour les sauver, laissez les ailes du Faucon vous porter jusqu’à vos proches. »

Un faucon s’était posé à côté d’Ashura. C’était de lui que provenait cette lumière. Sans réfléchir, comme guidé par une puissance supérieure, Ashura prit place sur le faucon. En un instant il avait rejoint ses proches. Indra n’avait pas pu esquisser le moindre geste, leur faire le moindre mal. Il était comme paralysé par la scène qui se déployait.

« Cette fois-ci ils repartiront avec moi vivant mon frère ! »

Le fils cadet du Sage ouvrit les yeux. Il avait pleuré pendant son sommeil.

Ce n’était donc qu’un rêve…

Le Faucon était en train de manger lorsqu’Ashura vint le trouver. Un servant allait intervenir pour lui dire qu’on ne pouvait déranger son maître pendant qu’il soupait mais le Faucon l’arrêta d’un mot.

L’invité du Faucon s’avança.

- Souhaitez-vous partager mon repas ?
- Avec ce corps je n’ai pas besoin de manger.
- Certes mais techniquement vous le pouvez.

Le regard d’Ashura n’était pas arrêté sur la nourriture. Même pas sur le Faucon. Il voyait au-delà.

Son rêve. Il croit de nouveau dans son rêve.

- Je revois souvent une scène. Une scène où je perds des êtres chers.
- Regrettable admit le Faucon.
- La dernière fois qu’elle m’est apparue, un faucon est venu m’aider. Et j’ai pu les sauver.
- Serait-ce un présage ? demanda le Faucon en croisant le regard de son interlocuteur.

Ashura s’approcha de lui. Sa mine était décidée, aucune hésitation ne se lisait sur son visage. « Quel est votre plan ? »

Son interlocuteur sourit. Ses lèvres s’entrouvirent et, d’une voix douce et calme il débuta un échange qui allait se poursuivre fort tard par sept mots : « Voici ce que j’ai en tête. »
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MessagePosté le: Jeu 17 Avr 2014, 2:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 85 : Konoha s’agrandit


En dépit de son jeune âge, Abayama commençait à donner du fil à retordre à Kakashi. En accord avec Naruto, le ninja copieur se chargeait de la supervision de l’enfant de Tsunade et de Yamato, ce qui conduisait fréquemment à de petites oppositions sur les terrains d’entraînement. Une manière comme une autre de voir si le jeune ninja progressait bien.

C’était le cas. Ce jour-là, dans la forêt entourant Konoha, Kakashi n’avait pas eu le temps de lire. Il avait même dû relever son bandeau, son sharingan n’étant pas de trop pour voir les branches qui tentaient de le saisir.

Sa maîtrise du Mokuton ne le place pas encore au niveau d’Hashirama mais il n’est pas loin d’égaler Yamato. Et il se pourrait bien qu’il ne me montre pas tout…

A la fin de cette pensée, une branche le saisit au poignet gauche et le tira en l’air. Kakashi essaya de générer un Raïkiri avec sa main droite mais elle fut instantanément entourée de racines. D’autres vinrent pour bloquer le rival de Gaï aux jambes… et même le cou.

Comme ça je ne peux même pas utiliser Kamui pour me libérer. Bien pensé.

« Alors Kakashi-sensei qu’en dites-vous ? » souffla Abayama qui se trouvait devant son professeur. Il était visiblement marqué par l’effort fourni. Employer le Mokuton demandait une maîtrise précise de deux affinités, ce qui l’épuisait assez vite.

« Pas mal… Mais ne bouge pas sinon… »

Un kunaï se tenait sous la gorge du genin. Le Kakashi qui était bloqué par le Mokuton disparut dans un petit écran de fumée.

- Un clone… depuis quand ?
- Le début. Tu t’es bien battu Abayama.

Kakashi abaissa la lame. Son élève sourit mais son visage affichait une déception grandissante. S’être fait avoir de la sorte ne lui plaisait pas.

Je dois encore progresser, m’améliorer.

- Ne t’inquiète pas poursuivit Kakashi. Tu as une grosse marge de progression et c’est normal. Je suis sûr que maintenant il sera encore plus difficile pour moi de parvenir à te battre.
- Sans doute… Mais vous restez hors d’atteinte pour le moment Kakashi-sensei. Et puis vous ne vous battez pas à fond.

Kakashi sourit en baissant son bandeau. Ils parlèrent encore quelques instants avant que le ninja copieur ne prétexte une mission urgente.

Toujours la même petite vieille à aller aider. C’est suspect… Aurait-il une petite amie ?

- On se voit demain ?
- Avant que vous ne partiez Kakashi-sensei, j’ai une question… enfin… plutôt un problème.

Voyant la mine d’Abayama le jônin jugea que sa lecture devrait attendre.

- Qu’y a-t-il ? Aurait-il été approché par la Racine ?
- Pourquoi n’ai-je pas de parents ? Est-ce parce qu’ils ne m’aimaient pas ? J’ai été abandonné donc peut-être sont-ils encore en vie. Ils ne voulaient pas de moi ? Je les ai déçus ?

Kakashi ne répondit pas tout de suite. Il était surpris que la question tombe de la sorte. Beaucoup d’éléments se bousculaient dans son esprit. Je ne peux rien te dire sur leur identité. Tsunade juge que c’est mieux pour toi, Yamato a vu sa mémoire effacée… Les années passant, ta mère lèvera sans doute le voile. Si Naruto ne le fait pas avant. Ou une autre personne moins bien intentionnée…

- Tu sais Abayama, ils…
- Je ne suis pas de Konoha. Pourtant j’ai été conduit ici. Pourquoi ? A cause du Mokuton ? Ou alors c’est parce que quelqu’un ici sait quelque chose ? J’ai peut-être de la famille ?
- Si tu…
- A moins que je ne sois le résultat d’une expérience, comme cela a pu être pratiqué dans le passé.

Une larme apparut au coin de l’œil du genin.

- Que te dit ton cœur ?
- Je… je ne sais pas.
- Tu n’es pas un résultat d’expérience affirma Kakashi. Ta famille est ici. Peu importe qui sont tes parents et ce qu’ils sont devenus : tu es un enfant de Konoha. Tu ne seras jamais seul.

Abayama se jeta dans les bras de Kakashi. Ayant perdu son père jeune, et sa mère auparavant, Kakashi comprenait ce que ressentait l’enfant. Et Naruto plus encore. Heureusement qu’il n’est pas là sinon il serait parti immédiatement voir Tsunade…

- Désolé de vous mettre en retard articula Abayama, la voix emplie de larmes.
- J’ai tout mon temps pour mon élève.

Ils restèrent ainsi quelques minutes. Puis l’enfant caché de Tsunade relâcha sa prise sur Kakashi.

- Cela aurait été une bonne technique pour vous immobiliser plaisanta-t-il.
- Oui… commença Kakashi. Plus sérieusement, il ajouta : Abayama, n’hésite pas à venir me voir si tu ne te sens pas bien. Savoir quand parler, se confier c’est aussi cela qui permet à un ninja d’avancer.

Une pointe de regret perçait dans sa voix.

- Vous ne l’avez pas toujours fait sensei ?
- Pas toujours… et je le regrette parfois.

Il repensa alors à ce qui avait suivi le suicide de son père, la mort de Rin, son entrée dans l’Anbu. Tant de moments délicats, tant d’envies, même passagères, de mettre un terme à son existence. Et pourtant, il était toujours là.

« Merci sensei. »

Abayama disparut dans la seconde.

Et voilà : au lieu d’être celui qui s’éclipse, je suis celui qui reste. Mais cela en valait la peine.

Renji fulmina intérieurement. Si seulement il avait emmené son kit d’espionnage, ils auraient pu écouter la conversation. Visiblement l’échange n’avait pas été anodin.

- Bon, on fait quoi Renji ? demanda Shotaro.
- Suivre Kakashi est trop risqué, on va se faire griller immédiatement. On continue avec Abayama.
- T’es sûr ?
- Mais oui !
- Renji on devrait faire profil bas avança Koizumi. On ne sait pas si Tadase voire… tu sais qui ne pourraient pas nous tomber dessus encore une fois.

Cette pensée les figea un instant. Libres mais sous surveillance : tel était le verdict du père de Shino. La police de Konoha ne les avait pas poursuivis mais des questions restaient en suspens. Aussi mieux valait être discret et éviter de faire des vagues. Ce qui avait le don d’excéder Renji : il ne voulait pas être mis en cage et bridé dans ses investigations.

- T’inquiète on fera attention.
- Ton frère ne va pas aimer…
- Roh…

Renji n’en dit pas plus. Son frère s’était absenté il y a quelques temps. Pourquoi ? Jin n’avait rien dit et vu sa mine Renji n’avait pas insisté ni n’avait voulu enquêter sur le sujet. Il ne souhaitait pas finir attaché à un arbre et jeté dans la rivière.

C’est vrai qu’il faudrait peut-être éviter qu’il ne s’inquiète… et eux aussi.

« Bon on suit Abayama pour voir ce qu’il fait et on rentre. »

Le sourire de Koizumi et Shotaro valait mieux qu’une réponse. Toutefois, Abayama ne les avait pas attendus. Il s’était élancé à travers la forêt sans trop savoir où il allait. S’isoler, voilà ce qu’il souhaitait. Bien vite, une destination se dessina dans son esprit. Il accéléra pour arriver encore plus vite.

Son contrôle du chakra était plutôt bon. Cela allait s’avérer central ici : il grimpa au sommet d’un arbre. Regarder l’horizon, prendre de la hauteur faisait partie de ce qu’il aimait. Et les montagnes au loin, la forêt, cet environnement le ravissait.

Peut-être qu’Hashirama lui aussi aimait cela. Et mes parents aussi… Quel beau paysage.

« Ca te dirait pas d’aller voir ailleurs ? Ici c’est ma place. »

Abayama jeta un coup d’œil à sa droite. Un garçon qui devait avoir son âge se trouvait là, sur un autre arbre.

- Que fais-tu ici ?
- J’étais là avant toi élève de Kakashi.
- Comment sais-tu que…
- Du calme. Je ne suis pas un ennemi.

Ils se regardèrent. Abayama reconnut son emblême : un éventail. Il était donc lui aussi de Konoha.

- Comment tu t’appelles ?
- Madara Uchiha.

Abayama manqua d’éclater de rire. Voyant le visage sérieux de son partenaire d’observation, il se ravisa. Il ressemblait bien à un Uchiha : le teint clair, les cheveux mi-longs, hérissés et noirs. L’emblême du clan était cousu sur sa chemise, au niveau du cœur. Il portait également un pantalon bleu foncé et des bandages autour de ses jambes. Abayama soupçonnait aussi une poche ninja dans son dos.

Mieux vaut ne pas se moquer de lui. Je vais essayer d’en savoir plus.

- Madara c’est vraiment ton prénom ?
- Oui mais en arrivant à Konoha on m’a appelé autrement. « Pour ne pas faire d’histoire » à ce qu’ils disent. Je m’en moque : je suis Madara.
- C’est un prénom un peu sensible par ici en effet…
- Pourtant c’est un des fondateurs du village, avec sa statue à la Vallée de la Fin.
- L’endroit où il a affronté le premier Hokage. Il voulait…
- Détruire le village, je sais. Et Konoha a tué des Uchiha.

Abayama et Madara échangèrent un regard. Y avait-il du défi ? Une rivalité naissante ? Ils ne le savaient pas.

- Et tu veux faire comme lui ?
- Si on me cherche des noises pourquoi pas…
- Et si non ?
- Faut voir. Quand un système tombe en ruines il faut le changer.

L’élève de Kakashi n’était pas rassuré. Mais en même temps il s’agissait d’un enfant de son âge : pouvait-il constituer une menace sérieuse ?

Je ne vais quand même pas prévenir Kakashi-sensei ou l’Anbu pour cela.

« J’ai entendu » poursuivit Madara, « que, par le passé, mon ancêtre et son ami avait partagé un rêve. » Son regard se porta sur son interlocuteur : « Peut-être que tous les deux nous aurons également quelque chose à partager. » A la fin de la phrase, il sourit. Amicalement.

« Pourquoi pas… » répondit Abayama qui se détendit un peu.

- Ils se disent quoi ?
- J’en sais rien moi ! T’as qu’à monter là-haut si tu veux tout savoir pesta Koizumi.

Renji se ravisa. C’était un peu trop dangereux. Sa maîtrise du chakra n’était pas assez bonne pour se lancer dans une telle expédition. Être arrivé à mi-distance du sommet était déjà une belle réussite à ses yeux. Mieux valait attendre ici : les branches étaient solides.

- Attention, voilà qu’ils regardent vers le bas ! alerta Shotaro.
- Plus un geste, il ne faut pas être repérés glissa Renji.

Ce faisant, les trois jeunes enquêteurs regardèrent en direction du sol. Il y avait du mouvement. Les deux perchés avaient sans doute sentit cela, d’où leur regard.

C’est obligé, notre camouflage est imparable se vanta intérieurement Renji.

En contrebas, une troupe de ninjas vêtus de rouge avançait. Abayma reconnut immédiatement cette couleur.

Le clan Habaki. Que viennent-ils faire par ici ? Et on dirait qu’ils traînent deux prisonniers.

Madara analysait aussi la situation.

- Deux personnes enchaînées. Des ninjas déserteurs ?
- Ils en ont l’allure mais je ne les connais pas : je n’ai pas encore jeté un œil approfondi au Bingo Book.
- Tant mieux : comme ça tu n’as pas vu ma tête et la prime qui va avec.

Les deux jeunes ninjas se rendirent leur sourire.

Au sol, les deux prisonniers marchaient, difficilement, entravés aux pieds et aux mains. Le plus jeune peinait et trébuchait. Il se faisait relever à coups de pieds si bien que le second, plus âgé, s’interposa, le souleva et le plaça sur ses épaules.

« Comme ça tu pourras te reposer un peu. »

L’autre sembla lui murmurer quelque chose. Sans doute un remerciement mais d’où ils étaient Abayama et Madara n’entendirent rien.

« On devrait sûrement prévenir les… » commença Abayama. Il s’arrêta : Madara n’était plus là.

Il est rentré au village ?

« Vous venez faire quoi par ici ? »

Non.

Madara se tenait devant les Habaki, adossé à un arbre, les bras croisés.

Les ninjas s’arrêtèrent.

« Ils les recrutent de plus en plus jeunes à Konoha ! » s’esclaffa l’un d’eux.

Madara ne goûta pas la plaisanterie : dans l’instant il rejoignit le ninja qui avait parlé et, d’une balayette, le jeta au sol.

« Ouais mais chez vous, les ninjas âgés ne m’arrivent même pas à la cheville. »

Le ninja se redressa, furieux d’avoir été ainsi humilié. Deux autres se portèrent à sa hauteur.

- Petit, tu as fait une erreur…
- Dis plutôt ça à ta mère !

Les trois ninjas se jetèrent sur Madara.

« On a bien fait de rester ! » déclara Renji, du haut de son poste d’observation.

Le jeune Uchiha évita le coup du pied du premier ninja, lui décocha un violent coup de poing au niveau de l’estomac avant de sauter en l’air et d’envoyer un coup de pied en pleine tête au 2ème adversaire. Celui-ci atterit contre un arbre, inerte.

« Assez ! » tonna une voix parmi les Habaki. Les ninjas s’écartèrent et un homme d’âge mûr s’avança.

- Vous êtes qui ?
- Eiichirô Habaki. Le chef de ce clan.
- Ah ouais ? demanda Madara.

Son visage semblait excité par la perspective de défier cet individu. Un chef de clan, cela avait toujours plus d’intérêt que d’obscurs sous-fifres.

Voyant la tournure que prenait les événements, Abayama se porta au niveau de Madara.

- Madara on devrait…
- Madara ? Usurper un nom célèbre ne fait pas de toi un ninja de valeur gamin.
- T’as dit quoi ?

Le sharingan de Madara s’activa. Trois tomoes étaient visibles dans chaque œil.

« Oh… » commença Eiichirô. « C’est pas mal. Activer cette pupille à un âge aussi jeune. » Toutefois, le chef des Habaki était presssé. « Shiori… pourrais-tu… »

Elle s’approcha. Instinctivement Madara et Abayama sentirent qu’elle était d’un tout autre niveau que les ninjas que Madara avait étalés. Ils se mirent en position d’attaque.

« Un Uchiha… » commença Shiori. « J’espère que tu me divertiras un peu. »

Abayama joignit ses mains.

Cette position… Le Mokuton ? C’est impossible… Il blufferait alors ?

Les pupilles de Shiori virèrent au rouge. Des racines émanèrent du sol mais se mirent à se décomposer rapidement sous l’effet de la chaleur.

- Madara je ne le sens pas ce combat.
- Alors couvre-moi. Je m’occupe de cette fille.
- Je crois que nous allons en rester là pour aujourd’hui.

La voix provenait des arbres. Les Habaki comme les deux jeunes ninjas lévèrent les yeux en l’air. Trois ninjas de l’Anbu étaient présents.

Il faut croire que l’Hokage a eu du nez de nous coller à la surveillance d’Abayama et des trois jeunes fouineurs. Non seulement cela permet de tenir Jin mais en plus on en apprend de belle… pensa Neji. Et voilà maintenant une entrée sur le territoire non annoncée. Quelle journée.

Il jeta un regard en direction de Shino, qui lui fit signe que ses insectes n’avaient rien repéré de suspect aux alentours. Les Habaki n’était composé que de ce groupe.

Quelque peu soulagé, le cousin d’Hinata descendit à hauteur des Habaki, se plaçant devant Abayama et Madara.

- Que venez-vous faire par ici ? demanda-t-il.
- Nous venons demander la protection de Konoha, le temps qu’une certaine affaire se règle.
- Vraiment ?

Eiichirô Habaki fit un geste. Deux de ses hommes firent avancer les prisonniers.

Encore un gosse se dit Jin toujours perché dans les hauteurs. Cette seule vue faisait remonter en lui une violente envie de tabasser les Habaki. Eux aussi sont impliqués dans ce qui est arrivé à Akari. S’ils se pointent par là, est-ce pour rencontrer Tadase ? Voire la Racine ? Cela fournirait un argument en or pour relier Mayu à ce qui s’est passé.

Neji restait perplexe. Il n’aimait pas cela. Les prisonniers étaient éreintés, épuisés par une longue marche et peu nourris analysa immédiatement le Hyûga.

« Deux belles prises dont au moins une qui devrait intéresser Konoha » déclara Eiichirô.

Même dissimulés derrière leurs masques, les Anbu étaient stupéfaits de le voir.

« Masato, des Ailes de la Libération… »

« Masato Anotsu des Ailes de la Libération » corrigea Eiichirô. « Capturé par ma fille : une ninja infiltrée parmi les Ailes. Ce qui l’a poussé à affronter certains ninjas de l’Alliance, mais c’était uniquement pour mieux la servir. »

Abayama et Madara se regardèrent. Ce qui était en train de se passer sous leurs yeux les dépassait.

Le temps semblait arrêté. Comme si les personnes présentes étaient figées par ce qui se déroulait. Les Habaki attendaient de savoir s’ils pouvaient continuer leur route en direction du village et les Anbus réfléchissaient à l’attitude à adopter.

Gaï arriva alors comme un cheveu sur la soupe. Il en finissait avec son 60ème tour de la forêt de Konoha. Personne ne s’attendait à le voir aussi l’apparition du jônin vêtu de vert stupéfia les Habaki, guère habitués à voir un ninja habillé de la sorte. Profitant de cet effet, Gaï put s’avancer sans aucune difficulté jusqu’aux prisonniers. Il s’arrêta sur Masato.

« On ne se serait pas déjà croisé quelque part ? »
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MessagePosté le: Dim 27 Avr 2014, 4:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 86 : Les Rêveries des promeneurs solitaires


Les nouvelles apportées par Shizune étaient bonnes. Tsunade en souriait et Naruto n’était pas mécontent de lire que Gaara avait parachevé sa maîtrise du Bijû mais aussi que Suna était complètement reconstruite. Les Hokages étaient d’ailleurs invités à venir voir les travaux réalisés quand ils le souhaitaient. Une invitation de pure forme étant donné le contexte. Pas aux yeux de Naruto et comptait bien aller voir son « pote le Kazekage » dès que possible.

Du côté des autres nations de l’Alliance, les nouveaux réceptacles étaient sur la bonne voie. Même les deux têtes brûlées d’Iwa parachevaient leur formation. La seule intrigue concernait Kumo : le Raikage se félicitait de l’éclosion de son nouveau duo, l’avenir du village s’annonçait radieux.

- Il parle d’oncle Bee ?
- Je ne sais pas Naruto. Le Raikage donne parfois des informations que nous ne pouvons pas comprendre. Une certaine fougue qui emporte sa plume, sans doute.

Les deux se regardèrent et un sourire complice apparut. Prononcer le mot fougue, c’était convoquer, même inconsciemment, Gaï et Lee. Et imaginer leurs entraînement et défis.

- C’est bien que nous ayons des nouvelles de tout le monde ! s’exclama Naruto.
- Presque tout le monde.
- Ah ?

Naruto attendait d’en savoir plus. Il ne comprenait pas la présence du presque dans la phrase de Tsunade.

« Le Pays des Neiges n’a pas communiqué sur le sujet » rappela la 5ème Hokage.

Naruto haussa les épaules en se dirigeant vers les fenêtres du bureau. Il en avait presque oublié ce pays.

- Shôkishi Anotsu ne communique guère.
- En effet Naruto…
- Ce n’est pas moi qui ai parlé.

Tsunade leva les yeux de ses papiers. Naruto se retourna. Trois personnes se trouvaient dans la pièce. Aucune n’était de Konoha.

Naruto lança un Rasengan tandis que Tsunade bondit de sa chaise, le poing en avant.

- L’accueil n’est guère chaleureux commenta l’un d’eux.
- Ce doit être notre arrivée à l’improviste.

Le troisième ne parla pas et bloqua le coup de Tsunade avec sa main droite. Le Rasengan de Naruto disparut avant de les avoir atteints.

Comment ont-ils fait cela ? Et le coup de pied de mamie Tsunade qui a été arrêté…

Les Anbu pénètrèrent dans la pièce la seconde d’après. Shikaku était sur leurs pas : il devait s’entretenir avec les Hokages. Ils entourèrent rapidement les trois intrus.

- Je vous avais dit qu’ils n’apprécieraient pas une telle entrée.
- Kagimura nous frayerait sans doute un passage.
- Raison de plus pour ne pas l’avoir emmené.

Le Faucon sourit à la répartie d’Haïtani. Puis, s’adressant aux ninjas de Konoha, il déclara : « Je ne suis pas venu ici pour me battre. Simplement pour discuter. »

Personne ne le crut. Les kunaïs restaient levés et les intentions clairement hostiles.

« Je vais répéter : je ne suis pas venu pour combattre. »

Une formidable vague de chakra émana du Faucon. Douce et impitoyable, elle fit trembler le bâtiment et figea les ninjas présents. Ils étaient comme paralysés, temporairement, par cette brève démonstration : personne n’avait jamais assisté à un tel déferlement. Même lorsque Tsunade s’était dressé contre Pain, son souffle de chakra n’avait pas atteint ce niveau.

Qui est cet homme ? se demanda la petite-fille d’Hashirama.

Si son intelligence égale la puissance qu’il vient d’offrir, il sera redoutable pensa Shikaku.

Un combat contre lui serait intéressant se dit Naruto.

« Voilà qui est mieux. » Le Faucon sourit. « Je ne sais pas si c’est la présence de vos hommes mais je me sens à l’étroit ici. Pourrions-nous trouver un endroit plus agréable pour parler ? »

Sans laisser le temps à ses interlocuteurs de répondre il ajouta : « Sur le toit par exemple ? La vue est meilleure. »

Il s’avança en direction de la sortie, escorté par ses deux hommes. Il s’arrêta à un cheveu des Anbu qui lui barraient la route. Il tourna la tête en arrière, en direction des Hokages. Ils étaient abasourdis par ce qui venait de se passer sous leurs yeux.

- Vous ne parlez plus ?
- Les Hokages réfléchissent au sort qui vous attend intervint Shikaku pour leur laisser le temps de répondre.
- Conduisez-les sur le toit. Au moindre geste d’hostilité, vous les liquidez.
- Bien Hokage-sama répondirent les Anbu.

Tsunade regarda Naruto. Il n’avait pas su quoi dire cette fois-ci. Il restait encore sidéré par cette situation.

Allez Naruto, ne reste pas ainsi. Nous avons besoin de toi ! Et de tes mots !

Malgré la vitesse d’exécution de l’Anbu ils ne furent pas les premiers à arriver sur le toit. Sasuke était déjà présent.

J’espère qu’il tiendra sa langue se dit Haïtani en se détournant pour ne pas être reconnu trop rapidement. Et que mon chakra ne lui rappellera aucun souvenir.

- Sasuke ? demanda Naruto.
- On dirait que j’ai bien fait de venir. Trois idiots qui pénètrent dans le village, ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça.
- Oh… le jeune Uchiha venu chercher les siens commença le Faucon.

Il fixa ses yeux sur Sasuke. Ce dernier soutenait le regard sans sciller.

- Que venez-vous faire par ici ? lui demanda-t-il abruptment.
- C’est une surprise.

Enfin soupira intérieurement Haïtani. Pendant qu’ils parlent je vais pouvoir en prendre cinq.

Ces derniers temps il n’avait pas arrêté de voyager. Il avait emmené Shisui auprès du Faucon, ce dernier ayant besoin de ses talents pour convaincre Ashura de se rallier à sa cause.

Jouer les chauffeurs ne plaisait pas à Haïtani aussi le Faucon avait trouvé un moyen de le stimuler : faire cela tout en gardant Kagimura en dehors de cela. Le jeu avait plu à Haïtani qui avait même proposé au Faucon de demander à Shisui d’utiliser Koto Amatsukami sur Kagimura, pour lui intimer l’ordre d’être gentil avec Haïtani.

« Comme ça on verra bien si ce genjutsu est aussi puissant qu’on le prétend ! » Le Faucon avait refusé, ce qui avait faussement scandalisé Haïtani. Peu lui importait en réalité : il attendait le bon moment pour révéler la vérité à Kagimura et voir si cela défriserait ou non sa moustache.

Quand je pense qu’Ashura a cru faire un rêve où un Faucou l’aidait… Quelle naïveté ! C’est un coup à se ranger du côté de son frère aîné… Enfin, si les fils du Sage menaient la danse. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Haïtani se demandait toutefois si le Faucon avait eu cette idée dès le départ. Si le retour de Shisui avait été fait justement parce que le cadet du Sage serait ramené.

S’il a tout prévu jusque-là alors il doit déjà savoir ce qui ressortira de cette entrevue. Et quelle sera sa prochaine manœuvre.

Les Anbus étaient présents tout autour du toit, encerclant Naruto, Sasuke, Tsunade, Shikaku, et les trois visiteurs. Le Faucon avait à peine commencé à échanger avec Tsunade que Naruto intervint :

- Je te reconnais !
- Vraiment ? demanda le Faucon, surpris.
- Pas toi ! Je parlais de ce type : tu es le fils cadet du Sage !
- Oui répondit Ashura. Et toi une de mes réincarnations.

- Si ce type l’a amené avec lui tu devrais rester sur tes gardes Naruto.
- Tu penses Kyûbi ?
- Oui, il va vouloir tenter quelque chose.
- Une attaque ?
- Peut-être. Ou peut-être pas. Sois attentif à tout ce qui se passe.


- Que fais-tu donc avec lui ? C’est parce qu’il te contrôle ?!
- Non intervint le Faucon. Il est avec moi de son plein gré. De toute manière, sa force est telle qu’il peut briser les restrictions de l’Edo Tensei. Ce jutsu ne dirige aucun de ses actes.

Les ninjas de Konoha étaient très surpris.

Il souhaite instiller le doute dans leur tête ? se demanda Shikaku. Ramener une légende pour marquer les esprits ? C’est un peu grossier comme manœuvre. Et puis nous avons nos propres légendes à Konoha. Certaines sont justes derrière, sur la falaise.

« Si c’est vrai, alors pourquoi es-tu en leur compagnie ? » demanda Sasuke. « Ta philosophie est assez éloignée de celle des Ailes… »

Ashura ne répondit pas. Visiblement il ne savait pas très bien ce qu’étaient les Ailes.

- Le Jiyûhane… commença le Faucon. Cette organisation vous déplaît tant que ça ?
- Ils ont annoncé une guerre, veulent les Bijûs… Ils répandent le malheur et la mort.
- Ce qui est éloigné de l’amour et de la paix, c’est ce que vous pensez ?
- Oui répondit Sasuke.
- J’ai déjà parlé avec des individus qui voulaient instaurer la paix rebondit Tsunade en pensant à Pain. Leur discours ne m’a jamais plu. Et vous êtes dans leurs pas.

Elle se mit à faire craquer ses poings.

- C’est une question de point de vue répondit le Faucon.
- Vraiment ?

Tsunade était prête à lancer une droite en plein dans la figure de ce parleur trop bavard à ses yeux.

« Vous ne saisissez pas ce qui se passe » énonça le Faucon avec un geste de la main. « Vous êtes des héritiers de grands ninjas, de clans prestigieux, des réincarnations… Pourtant vous n’avez rien fait. »

Il se mit à se déplacer sur le toit, comme pour mieux se laisser le temps de penser à sa prochaine phrase.

- Vous formez une alliance et pourtant la paix n’est pas là. Vous ne vous souciez que de ce continent. Vous n’avez jamais eu la curiosité de vous préoccuper de ce qui se passait ailleurs ?
- Il pensait peut-être s’en charger une fois la paix obtenue ici ajouta ironiquement Haïtani.

Cette remarque lui valut un regard haineux de Tsunade et de Sasuke.

Et deux ennemis de plus.

Le Faucon poursuivit son propos : « Par rapport à vous, à vos titres, à votre puissance je ne suis que peu de choses. Je n’ai rien d’autre qu’un rêve. »

En prononçant ce dernier mot, il embrassa Konoha du regard. Comme si par ce seul geste il parvenait à s’approprier l’ensemble qui s’offrait à ses yeux.

- Et vous avez fait tout ce chemin pour nous dire cela ? demanda Sasuke, amusé.
- Konoha n’est pas à vendre ni à prendre renchérit Naruto.
- Ashura est plus qualifié que moi pour exposer ce que nous souhaitons répondit simplement le Faucon en se décalant.

Les regards se tournèrent alors vers le fils cadet du Sage.

« Vous le savez sans doute mais j’étais un bon à rien. Bien moins doué que mon frère. Pour progresser je ne pouvais rien faire par moi-même. J’ai eu besoin des autres, de leur soutien. Et ainsi j’ai pu gagner en force, ne plus être seul, et pouvoir affronter Indra. Je croyais en l’amour, en la coopération entre les hommes. » Il reprit sa respiration avant d’ajouter : « Et je crois toujours en ces valeurs. »

Son auditoire était pour le moins sceptique.

- Donc rejoindre ce type c’est suivre la voie que tu as tracée ? demanda Naruto.
- Oui. Vous avez formé une alliance mais vous êtes pourtant seuls. Faire appel aux autres, s’associer c’est un appel qui doit être universel. Tel est le message du Faucon. Il souhaite que les villages ninjas le rejoignent pour s’unir et lutter contre les menaces qui nous assaillent. Pour offrir un monde meilleur à toutes les personnes présentes et à venir sur cette terre.
- Et pour cela il veut les Bijûs… Cela n’est pas de nature à créer de la confiance.

La remarque de Shikaku fit mouche. La tentative de séduction devrait être bien plus développée pour perturber les ninjas de Konoha.

- Je ne suis qu’une relique du passé admit Ashura. Vous avez vos héros. Toutefois, Naruto, tu es moi. Un moi différent mais nous sommes liés. Sens-tu une hésitation dans mon propos ? Est-ce que je doute de ce que j’énonce ?
- Non, je ne sens aucun doute ni intention malveillante dans tes paroles.
- Vois par toi-même : cet objectif d’un monde en paix, que tout le monde désire, il est à portée de main. Il suffit de prendre celle du Faucon…

Ashura tendit la main en direction de Naruto. Une épée s’écrasa dans le sol entre les deux. L’épée de Kusanagi. Celle de Sasuke.

- N’essaye pas de laver le cerveau à ce crétin. Il est plus malin qu’il n’en a l’air.
- Oui je ne me ferai pas avoir ainsi ! Obito, Madara… ils sont plusieurs à avoir proposé un projet de paix et…
- Ici il n’est pas question d’une illusion, d’un genjutsu Naruto. Ce que le Faucon propose, c’est une paix véritable, qui ne s’obtient pas au détriment de la liberté des individus.
- C’est trop beau pour être vrai coupa Tsunade.

Le visage d’Ashura prit une mine attristée.

- Vous ne comprenez pas. Vous avez oublié tous ces morts. Depuis les luttes entre Indra et moi jusqu’à ce jour la paix vous a échappé. Elle se présente aujourd’hui et vous la refusez.
- Nous ne voulons pas d’une paix qui nous appauvrisse ! Qui nous garantit que si nous cédons à vos exigences vous n’en profiterez pas pour nous éliminer ?

La tristesse allait en s’accroissant sur le visage du fils cadet du Sage. Il sentait que la paix se dérobait sous ses pieds, encore une fois.

- Rien ne change regretta-t-il.
- Vous, dit le Faucon en désignant Shikaku, vous m’avez l’air d’être un ninja de bonne foi. Comment vous appelez-vous ?
- Shikaku Nara.
- Nara, ce nom me dit quelque chose. Un clan qui a du plomb dans la cervelle il me semble.
- C’est ce que certains disent répondit Shikaku, bien décidé à ne pas baisser sa garde suite à ces compliments.
- Alors réfléchissez à ceci, qui est l’essence même de ce que je propose. Oui je désire les Bijûs, que vous me donniez tout. Car, en échange je vous donne tout moi aussi. Si chacun se donne tout entier alors la condition est égale pour tous. De sorte que nul n'a intérêt de la rendre onéreuse aux autres.
- Admettons… Où veut-il en venir ? Il cherche à démontrer le bienfondé de son projet ? A cet instant ?

Un mince sourire parcourut le visage du Faucon.

- Ce n’est pas tout, poursuivit-il. Cette aliénation totale permet une union parfaite entre les personnes. Nul n’a à réclamer quoi que ce soit de plus : il ne reste plus aucun droit aux individus qui pourrait être la source de différends. La tyrannie, la stigmatisation, l’exclusion n’ont plus leur place…
- Où cela nous conduit-il ? demanda Shikaku en empêchant le Faucon de finir sa phrase. Il aurait sûrement parlé du clan Uchiha voire des Uzumaki. Des exemples trop dangereux pour être mentionnés en ce moment, surtout si certaines oreilles traînent.
- Enfin, conclut le Faucon, une telle association nous renforcera. En se donnant à tous, on ne se donne à personne. Comme il n'y a pas un individu sur lequel on n'acquière le même droit que celui qu'on lui cède, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.

Il avait terminé sa démonstration. Ses yeux se portèrent sur son auditoire. « Voyez, je ne veux pas ramener Jûbi, je ne veux pas des arcanes lunaires infinis, je ne veux pas diriger votre monde. C’est ensemble que nous gouvernerons. »

Je comprends réagit Shikaku en regardant la réaction de l’auditoire. Avec Ashura il a amené une légende pour s’inscrire dans une tradition. Là il montre la rationalité profonde de son projet. Insuffisant pour l’emporter, sans doute, mais la manœuvre est habile… surtout s’il pense sur le long terme, pour que ses idées infusent dans l’esprit des gens.

Naruto n’avait rien compris et affichait une mine dubitative qui navra le Faucon. Ce dernier posa alors une main sur l’épaule d’Ashura :

- Ils ne sont pas prêts.
- Parce que vous vous l’êtes ? demanda Naruto.
- Ils sont prêts à faire la guerre appuya Sasuke.

Les choses ne tournent pas comme vous l’espériez on dirait… Encore que, je me le demande. Vous vous attendiez sûrement à cela. Venir ici ne devait servir qu’à affermir votre emprise sur Ashura et montrer votre mansuétude analysa Haïtani tout en observant son maître.

- Pour avoir la paix il faut parer à toutes les éventualités sembla regretter le Faucon.
- Ne perdez pas votre temps. Vous pouvez partir lança Tsunade. On ne veut pas de votre accord.

Le Faucon s’arrêta. La bienveillance qui brillait dans son regard avait disparu.

- Vous ne m’avez pas bien compris articula-t-il. Ce n’était pas une divagation, une proposition.
- Je vois : un ultimatum alors ? De mieux en mieux…
- On peut le formuler ainsi. Que voulez-vous, tout opposant à la volonté générale est un ennemi…
- Ah oui ?

La 5ème Hokage n’attendit pas la réponse de son interlocuteur pour sauter en l’air, préparant ainsi un de ces coups qui faisait sa légende : « Tsûtenkyaku ! »

Ni Ashura ni Haïtani n’esquissèrent le moindre geste. Le Faucon non plus. Un grand fracas se fit entendre. Il fallut attendre quelques secondes pour que la poussière se dissipe et révèle l’étendue des dégâts… pour le toit. Le pied de Tsunade se trouvait à quelques centimètres de sa cible. Mais elle ne l’avait pas touché.

Comment est-ce possible ? s’interrogea-t-elle. On dirait que ma trajectoire a été déviée, juste ce qu’il faut pour ne pas le toucher.

Le Faucon tourna son regard vers elle : « Voilà du travail supplémentaire pour les artisans de Konoha. A ce rythme c’est tout le bâtiment qu’il va leur falloir reconstruire. »

Tsunade s’apprêtait à poursuivre mais un Anbu apparut à ses pieds.

Que fait-il ici ? se demanda Naruto. Est-il arrivé quelque chose à Abayama ? Son frère s’est encore attiré des ennuis ?

- Maîtres Hokages… que…
- Pas d’inquiétude à avoir coupa Tsunade. Qu’y a-t-il ?
- Neji et Shino sont en route vers le village. Ils conduisent…

Jin hésita avant de poursuivre. L’information ne devait pas être entendue par trop de personnes, surtout si elles étaient extérieures au village.

- Parle Jin l’incita Naruto. De toute manière, si ces trois-là font un geste, je les explose avec mes techniques !
- Je n’en doute pas une seconde glissa le Faucon en souriant.
- Bien, reprit Jin. Neji et Shino amènent Eiichirô Habaki et d’autres membres de son clan.
- Les Habaki ? s’interrogea Tsunade. Pourquoi sont-ils ici ?
- Ils ont capturé deux personnes. Parmi elles se trouvent un des ninjas des Ailes que vous avez déjà affronté. Celui qui maîtrise le Hyôton.

Le sang de Naruto ne fit qu’un tour. Une veine apparut sur le front de Tsunade. Elle n’avait pas oublié leur affrontement.

« Lui ? Celui qui a mis Sakura… dans cet état » commenta Naruto, le visage dévoré par une colère grandissante.

Jin compléta sa phrase : « Eiichirô Habaki prétend qu’il s’agit de Masato Anotsu… »

Tsunade écarquilla les yeux. « C’est… »

- Pourquoi elle est si surprise ? C’est un nom…
- Naruto, Anotsu ce n’est pas aussi le nom du Seigneur du Pays des Neiges ?
- Oui et puis ?
- Il se pourrait qu’ils aient un lien…
- C’est pour ça qu’il réagissait bizarrement quand on parlait d’Akari !
- T’es un vrai génie quand tu t’y mets tu sais…


- Un Anotsu dans les Ailes de la Libération ? demanda Shikaku en se tournant vers le Faucon. Voilà qui soulève bien des questions : le Pays des Neiges serait allié avec lui ? Ou alors Shôkishi a tenté de le piéger ?
- C’est pour cela que vous êtes ici ? lança Tsunade prête à lancer les ninjas de l’Anbu sur le Faucon et ses deux alliés.

Ce dernier n’avait pas bougé, comme surpris par ce qu’il venait d’entendre. Il échangea un bref regard avec Haïtani avant d’entrouvrir la bouche : « Masato Antosu… Je voulais justement le rencontrer. »
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MessagePosté le: Ven 09 Mai 2014, 2:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 87 : Avis de tempête


Il n’en croyait pas ses yeux. Un agent de la Racine lui avait remis l’enveloppe quelques instants auparavant. « De la part de Mayu-sama » : il n’avait dit que cela avant de disparaître aussi rapidement qu’il était apparu. Pensant qu’il s’agissait d’une nouvelle mission pour lui, Yamato ouvrit l’enveloppe.

Elle lui échappa rapidement des mains.

Il la ramassa tant bien que mal et regarda tout son contenu : quatre photos. Quatre photos montrant Abayama en compagnie de Kakashi. Sur l’une d’elles, on pouvait même voir le genin enserrer la taille du ninja copieur.

Mon fils… se dit intérieurement Yamato tout en broyant les photos avec ses mains.


- Cette affaire avec Yamato risque de causer quelques tracas Mayu-sama.
- Tôt ou tard il l’aurait appris. Autant que ce soit par nous.
- Il pourrait déraper…
- Tu le surveilleras Amane. Je ne peux pas m’occuper de lui pour le moment. J’ai un autre gros poisson qui réclame mon attention.

Mayu sortit. Les conseillers lui avaient demandé de se rendre au bâtiment du Hokage car un sujet d’importance devait y être discuté. Discrètement, trois ninjas de la Racine suivaient leur chef pour veiller à ce qu’il ne lui arrive rien.

Un sujet d’importance… et qui pourrait bien faire voler en éclats l’alliance réfléchit Mayu tout en avançant dans les rues de Konoha. Raison de plus pour garder l’œil bien ouvert sur ce qui va se passer.


- Un peu plus et tu m’emportais l’œil !
- Tu sous-estimes mon degré de précision.
- Vu les assiettes que tu as cassées hier j’ai raison d’être méfiant !

Isao bondit sur Jinta. Les ongles de ses mains se mirent à croître : dix lames fonçaient sur son camarade qui, instinctivement, dégaina un kunaï pour parer. Il en sortit un deuxième, pour sa main gauche, qu’il chargea de Raiton. A son contact, les lames d’Isao se brisèrent.

Elle recula de trois pas immédiatement.

- On dirait que le chat a perdu ses griffes.
- La prochaine fois je les durcirai davantage et alors tu ne leur feras pas une seule éraflure !

Ils avaient enfin repris leurs entraînements. C’était le premier depuis leur retour de l’île. Après quelques échanges de coups, les deux ninjas de Kumo s’arrêtèrent. Chacun sentait les progrès réalisés par l’autre.

- Tu sais, Bee-sama m’a dit que je maîtrisais Matatabi aussi bien que Yugito.
- Il a dit ça ?
- Oui, enfin, avec ses rimes à lui…

Tous les deux éclatèrent de rire. Jinta s’essaya même à proposer des rimes dans le style de Kille Bee. En croisant les doigts pour que personne ne l’entende à part Isao…

- Alors t’en penses quoi ?
- J’espère que tu es plus doué pour maîtriser le Ranton que pour rimer !

En guise de réponse, Jinta montra son épaule gauche à Isao. Il arborait un tatouage. Pas n’importe lequel : le caractère de la foudre (雷).

- Ca y est alors…
- Comme ça tu ne diras plus que je me la suis coulé douce sur l’île !

Il en avait bavé. Peut-être davantage qu’Isao. Cela n’avait pas été vain : désormais il pouvait utiliser des techniques de foudre. Sans ajouter un mot il composa des mudras et offrit à sa camarade une petite démonstration : « Raiton – le noir aveuglant ! »

De la foudre noire s’abattit sur le sol qui les entourait. A intervalles réguliers, des trous se formèrent là où la foudre avait frappé. Jinta arrivait donc à contrôler ce jutsu, pour la plus grande joie d’Isao, ravie :

- Pas mal ! Ce serait sympa’ si tu l’utilisais pendant qu’on s’entraîne.
- C’est dangereux.
- Cela m’aiderait à progresser plus vite !
- Mais…
- Tu feras attention non ? D’ailleurs tu sembles bien maîtriser la direction des éclairs ?

Jinta ne répondit pas. Il affichait une mine soucieuse, très inhabituelle, surtout en pareille situation.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Il me cache quelque chose. Il hésite à m’en parler. Je le connais par cœur.
- Tu n’en parleras à personne ?
- C’est à ce point-là ?
- Isao…
- D’accord, je ne dirai rien. Sauf si tu projettes de t’engager dans le Jiyûhane !

Mais Jinta ne parla pas tout de suite. Il la regarda un moment, comme pour mieux l’évaluer.

Là c’est différent de d’habitude pensa Isao. Il ne s’agit donc pas de quelque chose de trivial. Une bêtise dont il ne faut pas parler. Ou alors c’en est une qui est immense…

- Je… commença-t-il. Je suis en train de travailler pour développer un niveau supérieur !
- Vraiment ?

Isao était étonnée. Darui n’en avait jamais parlé et de mémoire même le 3ème Raikage n’avait jamais utilisé de techniques de foudre noire à un niveau supérieur.

- Je vais porter mon Raiton et, du coup, mon Ranton, à un niveau inédit. Je le fais en secret. Darui-sama lui-même ne sait pas que l’on peut développer cela.
- C’est peut-être parce que c’est dangereux…

Jinta ne laissa pas le temps à sa coéquipière de terminer.

« Je vais te montrer où j’en suis. »

A cet instant il effectua plusieurs mudras. La foudre noire le recouvrit. Comme une armure de Raiton. Mais il y avait plus. Quelque chose différait et il fallut plusieurs secondes à Isao pour comprendre.

La foudre n’est pas simplement en train de le recouvrir. Au contraire, elle pénètre en lui… Comme s’ils n’allaient plus faire qu’un !

La foudre noire prit alors une forme étrange, à la limite de l’état liquide. Isao eut un mauvais pressentiment. Elle avait raison : Jinta commença à hurler et quelques instants plus tard, la foudre noire disparut. Il s’écroula, à genoux, sur le sol.

« Je ne peux aller plus loin pour l’instant. Mais bientôt je… »

Isao plaça un doigt sur sa bouche, pour qu’il se taise. Tout en n’étant pas une ninja médecin, elle connaissait les rudiments en la matière, aussi elle s’appliqua à soigner l’épiderme de Jinta, brûlé par la technique qu’il venait d’utiliser.

- Bah je suis noir alors même un peu brûlé cela ne se verra pas trop…
- Espèce d’idiot ! Pour un peu tu mériterais que j’en parle à Darui et à maître Raikage.

Son camarade la saisit alors au bras.

« Ne leur dis rien s’il-te-plaît. Je veux réussir. Sinon je ne serai pas digne de ma promesse… »

- Ce garçon tient beaucoup à toi Isao…
- Je ne sais pas si c’est le bon moment pour dire cela Matatabi.
- Regarde : il est prêt à s’infliger de graves blessures, à mettre sa vie en jeu pour te protéger.
- C’est de la folie…
- Alors dis-le lui…
- Il pourrait mal le prendre.


« Ne t’en fais pas Isao. Là j’étais un peu déconcentré : c’était l’émotion de le faire devant toi. La prochaine fois cela va déménager ! »


- Il n’y aura pas de prochaine fois.
- Ah bon ?

Hachirô relâcha sa posture offensive. Il en a marre de m’enseigner et de me répéter les mêmes choses ? Il me chasse ?

Ônoki s’approcha de son élève en flottant dans les airs. Il jeta un coup d’œil vers le cratère que venait de créer son disciple. Il s’immobilisa un instant, pour mieux regarder, avant de reprendre sa route et de rejoindre Hachirô.

- Ta maîtrise du Jinton est très bonne. Je suis content de voir que ce Kekkei Tôta n’a plus vraiment de secret pour toi.
- Vraiment maître Tsuchikage ?

La surprise se lisait sur le visage du jeune garçon. Recevoir un compliment du Tsuchikage était aussi rare que de voir Fuu et Mugen passer une journée sans se disputer.

- Oui. Ne te réjouis pas trop vite cependant : ce Kekkei demande un travail permanent car il n’est jamais maîtrisé totalement : ton niveau de chakra, ta forme physique, la concentration des éléments... beaucoup d’éléments sont à prendre en compte pour que ton attaque soit réussie.
- Je ne l’oublie pas Tsuchikage-sama. Il me faudra redoubler d’efforts pour être plus efficace et utile à notre pays… et à l’alliance.

Le Tsuchikage opina. « Surtout que tu devras l’utiliser d’ici peu. Je sens la guerre approcher… »

Ônoki regarda alors devant lui. Hachirô également, même s’il ne savait pas quel point il devait fixer.

Mais je ne sais pas encore par quel côté elle arrivera…


- Ils voudraient la guerre qu’ils ne s’y prendraient pas autrement ! fulmina Ichirô.
- C’est une véritable provocation embraya Hizamaru.
- Qui nous place dans une situation délicate analysa Kozue. Nos relations avec l’alliance pourraient…
- Une opération d’envergure si tôt pourrait coûter à nos finances s’inquiéta Aran.
- Il n’empêche : ils tiennent un des nôtres insista Yuji.

La nouvelle apportée par Magatsu avait mis en émoi le conseil de Shôkishi. Masato était entre les mains des Habaki, qui se dirigeaient vers Konoha. Le Pays des Neiges risquait gros dans cette affaire : Masato fils de Shôkishi et membre du Jiyûhane… de quoi susciter la méfiance des autres nations et lever nombre de questions.

- Cela pourrait nous valoir une exclusion de l’alliance… commença Kozue.
- Qu’ils essayent et les grandes nations seront en faillite ! explosa Hizamaru.
- Tenir les cordons de la bourse permettra de les tenir… un moment. Tôt ou tard il faudra se justifier affirma Aran.
- Qu’un ninja appartienne à une organisation criminelle pour protéger son pays n’est pas nouveau dans l’histoire des shinobis. Les grandes nations ont de beaux exemples à proposer en la matière.

Cette remarque d’Isaku apaisa quelque peu les esprits. Il savait toutefois qu’elle ne serait pas suffisante.

Cette nouvelle risque de bouleverser beaucoup de choses. Et pas forcément pour le mieux analysa-t-il.

Shôkishi n’avait pas dit un mot, comme à son habitude. Son regard se perdit toutefois dans la pièce, un bref instant, comme s’il était à la recherche de quelqu’un. Son fils Masato ? Haïtani ? Une autre personne ?

Puis, son regard se plaça sur Ryuichi, à l’autre bout de la pièce. Il attendait, les bras croisés, qu’un éventuel danger ne survienne pour pouvoir entrer en action.

- Qu’en penses-tu ?
- Mon fils s’est fait avoir : quand même je m’attendais à mieux ! Cela m’embêterait de le perdre quand même : j’y tiens à cet idiot.

L’épéiste décroisa ses bras massifs et fit quelques pas en direction de son seigneur. « Je pourrais m’infiltrer et le faire sortir, peut-être avec Masato… »

Cette proposition suscita instantanément une pluie de réactions :

- Vous croyez pouvoir réussir ? lui demanda Yuji.
- J’ai connu pire situation…
- Si besoin j’épaulerai Ryuichi.

Le mot d’Isaku lui valut tous les regards… sauf celui de Shôkishi.

- Un réceptacle comme vous… ils vous prendraient… Nous perdrions alors un atout capital. Non vous devez rester lui répondit Kozue.
- J’ai accepté d’être réceptacle à condition que cela n’empiète pas sur ma liberté d’action.
- Eh bien retirez-le persifla Hizamaru.
- Je les accompagnerai aussi ! lança Ichirô, profitant d’un moment pour placer sa parole. Il s’agit de mon frère.
- Assez coupa Shôkishi.

Le silence dura un battement de cils avant qu’il ne poursuive :

- Les Habaki… Ils nous ont provoqué avec leur premier mot. Il était sage d’attendre. Maintenant ils logent à Konoha. Un allié qui abrite un ennemi. Et une guerre à venir.
- Il faut faire un exemple seigneur ! insista Hizamaru.
- Et sauver mon frère !

Un regard de Shôkishi cloua Ichirô sur place.

- Les liens familiaux ne nous sont pas inconnus. Inutile de les rappeler à tout bout de champ.
- Pourtant, vous ne réagissez pas comme s’il s’agissait de l’un de vos enfants…

L’insolence d’Ichirô lui valut une gifle. Sa joue rougit alors qu’il regardait son père. Le visage de ce dernier demeurait de glace, mais ses yeux commençaient à s’animer. De colère.

« Cela commence à bien faire ces remarques. Va voir ta mère. Dis-lui ce qu’il en est. Et ne reviens pas ici. Ta présence n’est pas indispensable. »

Ichirô tourna les talons et s’avança pour sortir de la pièce.

« Autre chose : si tu tentes de sortir pour rejoindre Konoha ordre sera donné de t’intercepter. Même si cela doit te coûter un bras ou une jambe. »

La porte se ferma sans faire de bruit. Ichirô l’aurait bien claquée de toutes ses forces mais il n’était pas utile de provoquer son père davantage. Surtout lorsqu’il était de méchante humeur.

Yuji posa une main sur l’épaule de son frère :

- Il est jeune et…
- Tu devrais aller le rejoindre pour veiller à ce qu’il exécute bien mes ordres.

Yuji n’ajouta pas un mot et partit.

Haïtani demanderait sans doute si quelqu’un souhaite parier sur la prochaine personne à quitter la pièce pensa Ryuichi en souriant. Pour un peu sa présence nous manque : il savait détendre l’atmopshère… enfin à sa façon.

« Magatsu et Isaku, tenez-vous prêts à partir. A tout instant. »

Ils répondirent oui de la tête. Le Seigneur du Pays des Neiges s’approcha alors de la fenêtre.

- Ecouter aux portes peut valoir la mort.
- Je pensais ma peine moins lourde si j’écoutais à la fenêtre…
- Je vous croyais plus discret.
- A quoi bon l’être lorsque l’on est immortel ?

Indra accompagna sa phrase d’un haussement d’épaules, avant d’ajouter : « Et puis si j’aime être au courant de tout ce qui se passe. M’écarter de vos réunions n’est pas très aimable, et n’installe pas la confiance entre nous. »

La réponse de Shôkishi ne se fit pas attendre : « Peut-être faut-il rétablir un contrôle total sur vos actes. Je n’ai pas de temps à perdre avec une personne qui me doit son retour et qui discute mes ordres. »

Le fils aîné du Sage ne se démonta pas pour autant :

- Vous voulez me gifler comme vous avez giflé votre fils ?
- La perte d’un de vos bras ne vous a pas suffi la dernière fois ?
- Il a repoussé depuis.
- Cela pourrait ne plus être le cas répondit froidement Shôkishi en exhibant sa main droite, où de fines flammes bleues apparaissaient.

Seule la fenêtre les séparait. Les autres personnes présentes étaient passablement agacées par l’insolence d’Indra mais, secrètement, certaines enviaient sans doute sa liberté de parolé. Pas Ryuichi qui aurait bien voulu que Shôkishi lui donne l’ordre de corriger Indra : affronter le fils aîné du Sage, voilà une perspective qui enchantait l’épéiste.

Le Seigneur du Pays des Neiges ne lui offrit néanmoins pas ce qu’il attendait. Il fixa Indra droit dans les yeux et ce dernier finit par baisser la tête.

Me brouiller avec lui en cet instant ne m’apportera rien de bon. Et puis je sens la présence de mon frère. Comme s’il s’était rapproché subitement avant de repartir. Pour creuser cela, j’ai plutôt intérêt à être libre de mes mouvements… Être un autre Haïtani ne m’apportera rien de bon.

- Vous parlez bien fort pour une personne qui n’est arrivée à rien au cours de sa vie.
- Il faut me pardonner : je ne suis guère habitué à votre climat. Cela me perturbe.
- Il vous faut donc un air plus favorable ?
- Pourquoi pas…
- Soyez rassuré alors.
- Vraiment ? demanda Indra.

Shôkishi se retourna et s’avança en direction du milieu de la pièce. Bien qu’il tourna le dos à Indra, l’impression dominante était que, malgré tout, il ne le lâchait pas du regard. Comme pour évaluer encore la fidélité de son atout.

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MessagePosté le: Ven 16 Mai 2014, 11:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 88 : N’oubliez pas la polaire !


« Le temps est enfin venu ! » clama Goro. « Je sais que nombre d’entre vous ont trouvé le temps long, que des tensions sont nées… »

C’était un euphémisme. L’inaction forcée du Jiyûhane avait irrité bon nombre de membres. Même parmi les membres du conseil voire de la garde personnelle de Goro. La révolte grondait et il avait fallu que Goro fasse quelques exemples... et que certains ninjas disparaissent après avoir eu un rendez-vous avec Gin qui, bien sûr, n’avait aucune idée de ce qui avait bien pu leur arriver.

« … Nous avons aussi quelques absents » poursuivit Goro, « mais qu’importe. Notre puissance, nos forces vont enfin pouvoir s’exprimer pleinement. »

Goro écarta les bras, comme pour mieux recevoir les hourras de ses hommes. Une bataille à mort, sanglante, voilà ce qu’ils attendaient. Et enfin, il allait pouvoir leur donner cela. Les lancer tous sur ce terrain-là, voir enfin ce que valait les hommes de sa garde qui étaient restés en retrait jusqu’à présent.

Et tout cela grâce à une communication avec Kagimura : l’heure de l’assaut était proche et Goro bouillait d’excitation. Un second entretien était prévu dès la fin de la déclaration de Goro. Pour préciser les choses. Il allait enfin pouvoir en découdre avec toutes ses forces. Infliger des dommages considérables à l’alliance et à tous ceux qui les défieraient. Déjà il se voyait en train de détruire les visages de pierre des Hokages et emprisonner les Kages et les daimyôs… enfin pour ceux qui survivraient à ses assauts.

« Vous attaquerez le Pays des Neiges. »

La phrase de Kagimura fut comme une gifle pour Goro qui mit quelques secondes à répondre :

- Ce… Ce n’est pas ce qui était prévu ! Nous devions…
- Faire ce que le Faucon vous dit coupa Kagimura. Ce sont ses mots que je vous transmets.

Goro fulminait. Un de ses éclairs réduisit une table en poussière. Un regard noir fixa Kagimura, par écrans interposés.

- Le Faucon m’avait dit…
- Avez-vous les ressources nécessaires pour éliminer l’alliance ? Non. Concentrez-vous sur l’objectif où vous avez le plus de chances de l’emporter. Dois-je vous rappeler que vous n’êtes pas le seul à détester les échecs ?
- Inutile répondit laconiquement Goro.
- Bien, j’ai assez perdu de temps comme ça. Mettez le Pays des Neiges à genoux, nous pourrons ainsi tous les prendre en tenaille. Fin de la communication.

L’image de l’épéiste à la moustache inflexible disparut. Goro se retourna en direction de Gin.

- C’est un des généraux les moins commodes du Faucon. Un des plus redoutables aussi.
- Qu’il se trouve face à moi et il ploiera le genou. L’épée plie devant la foudre. Toujours. Il l’apprendra.
- Vous voulez l’éliminer ? lui demanda Gin.
- Cela dépendra de mon humeur si je le croise.

Voilà qui mettrait un peu d’animation. Peut-être devrais-je parler au Faucon et lui dire d’envoyer Kagimura parmi nous… Le sourire de Gin ne disait rien de bon à Goro.

- Reconnaissez quand même qu’il nous a envoyé des hommes et…
- Des hommes que mon fils a dû transporter.
- Je croyais qu’avec ce qu’Orochimaru lui avait fait, une telle manœuvre ne le fatiguait guère.

Le chef des Ailes n’aimait pas qu’on le contredise. Il fusilla Gin du regard. Ce dernier haussa les épaules. « On ne mord pas la main qui vous nourrit. Enfin c’est ce que j’ai appris… »

Il sortit sans attendre la réponse de Goro.

« Il devient bien insolent au fur et à mesure que le combat approche. »

Goro ne se retourna pas. Depuis le temps qu’il était sur cette Terre il était habitué à ce qu’une personne apparaisse derrière son dos. Il détestait. Surtout quand il croyait être seul.

- Vous écoutez aux portes ?
- Les serpents se faufilent partout, même là où on ne les attend pas.

Le Sannin se plaça à côté de Goro et lui sourit.

- Si Gin vous intéresse, il est à vous. Dès que nous aurons gagné. Ou même avant, si le cœur vous en dit.
- Merci pour cette proposition.

Le Sannin n’était pas mécontent de cette perspective, même si Gin n’était pas son premier choix. Il lorgnait aussi sur Hikawa, pour ses capacités de transformation, maintenant que Masato était hors course.

Dommage… Il est peu probable que je parvienne jusqu’à lui. Mais il y a son père… Orochimaru se passa la langue sur les lèvres. Et Sasuke est là aussi…

Il fut sorti de ses pensées par la présence de Shisui. Il marqua un temps de surprise, tant l’Uchiha s’était glissé discrètement dans la pièce.

- Alors t’es enfin revenu ? l’interrogea Goro. Pour t’emmener ils vont vite les hommes du Faucon, mais pour te ramener il a fallu que ce soit mon fils…
- Navré d’avoir imposé une charge à Hikawa. J’irais m’excuser auprès de lui si…
- Inutile coupa Goro. Maintenant que tu es là je vais avoir besoin de toi vu ce qui nous attend. Le Pays des Neiges Shisui c’est pour très bientôt !

Il va falloir que je trouve un moyen de contacter Konoha… Serait-ce le bon moment pour partir ?

« Pourquoi gardes-tu le silence ? »

Le regard de Goro était des plus suspicieux. Celui d’Orochimaru ne l’était pas moins.

« Désolé je… »

Le chef des Ailes écrasa son poing sur la table qui était la plus proche.

« Pas la peine de me raconter des salades ! »

Un éclair frappa à côté de Shisui. Ce dernier n’activa pas ses pupilles. Un tel acte serait la preuve flagrante, aux yeux de Goro, qu’il cachait quelque chose.

« Le Faucon t’a donné une autre mission ! Il t’a dit de me surveiller je me trompe ?! »

La colère de Goro était totale.

Autant ne pas le détromper.

- En effet Goro-sama. Je dois surveiller vos faits et gestes, pour être sûr que vous accomplirez la mission qui vous a été donnée.
- Si besoin avec les Déités Célestes ?
- Le Faucon m’a laissé toute latitude sur le sujet.

Goro fit un geste d’énervement. Il tourna en rond avant de revenir voir Shisui. Désormais il souriait.

- Mais c’est moi qui te contrôle.
- Officiellement c’est…
- Peu importe, tu m’obéis n’est-ce pas ?
- Oui.
- Bien… alors la prochaine fois que tu verras le Faucon, tu utiliseras les Déités Célestes sur lui. L’ordre ? Qu’il m’obéisse !

Shisui masqua parfaitement son trouble et répondit qu’il le ferait. Goro le congédia juste après.

- Il faudra peut-être aussi soumettre les généraux du Faucon. Ce Kagimura n’acceptera pas…
- Oui Orochimaru-sama répondit Goro en se grattant le menton. Ou alors Kagimura pourrait être exécuté pour ne pas avoir suivi les ordres du Faucon.
- Un retournement de situation des plus ironiques.

Le Sannin et Goro partagèrent un sourire malveillant à souhait.


- Arrêtez avec ce sourire, il me met mal à l’aise !

Risako ne mâchait jamais ses mots. Gin prit un air faussement insulté.

- Je suis votre supérieur et…
- Il n’empêche ! J’aime pas votre sourire. Vous n’êtes pas aussi affreux que l’autre timbré de Kasuki mais quand même !
- Hey Risako me mêle pas à tes délires sinon tu vas en prendre une.
- Ah oui ?

Kasuki empoigna son épée et s’apprêta à rejoindre Risako mais la main de Suigetsu tomba sur son épaule. Une main gigantesque : Suigetsu avait modifié la composition en eau de son corps et son bras droit faisait désormais le quadruple de sa taille normale.

« Tout doux vous deux. Gin est là pour nous transmettre les directives pour l’assaut à venir. »

Gin sourit. « Vous n’êtes pas le maître des épéistes pour rien. »

Le compliment sonnait un peu trop comme une moquerie aussi Suigetsu s’agaça rapidement :

- Ouais et donc, on doit faire quoi ? Pourquoi Goro-sama n’est-il pas venu ?
- C’est simple : vous m’obéirez pendant cet assaut.
- Pardon ?

Le sourire de Gin s’effaça pour laisser place à un visage fermé. Ses petits yeux s’ouvrirent et les cinq épéistes virent un regard qui leur signifiait que le moindre écart serait durement sanctionné.

- Le Faucon veut que l’assaut respecte certaines conditions. Pour le satisfaire j’ai besoin de vous.
- Pour faire quoi au juste ? demanda Shion. Purée je le sens pas…
- Durant l’assaut vous trancherez comme il vous plaira. Mais votre objectif prioritaire sera le Guerrier Noir.

Il n’y avait que des mines interrogatives sur le visage des épéistes.

- A en juger par cette réaction vous ne vous sentez pas encore prêts ?
- Si… maugréa Suigetsu.
- Vous êtes quand même remis de la correction que son fils vous a infligée ?

Ce rappel ne plut pas à Kasuki qui, profitant de ce que la poigne de Suigetsu s’était relâchée bondit sur Gin avec son sabre émoussé.

« Bouffe ça et tu verras si on ne s’en est pas remis. »

Risako sourit en voyant cela. Nous serons un de moins ce soir.

Son coup rencontra le bras droit de Gin. Le sabre n’avança pas davantage. Kasuki était le premier surpris.

« Comment tu peux… »

En regardant plus attentivement il vit que tout autour du bras de Gin circulait du chakra. Non, ce n’était pas du chakra mais du vent.

- Une lame de vent ! Je…
- Oui vous n’en aviez jamais vu. Et vous n’en verrez plus jamais.

Une goutte de sueur coula le long du visage de Kasuki. Gin fit un geste ; l’épéiste recula de trois pas. Les autres regardaient sans dire un mot. Enfin presque…

« Sanctionnez-le durement pour cet acte de rébellion ! » tonna Risako.

Kasuki la regarda.

- Salope tu vas...
- Ne me tournez pas le dos, c’est impoli.

Gin était juste derrière Kasuki. Sa main au niveau de la gorge de ce dernier.

« Il me serait très facile de vous trancher ici, maintenant. »

L’épéiste ne bougeait pas d’un pouce. Malgré tous ses efforts il commençait à trembler, très légèrement. Il ne voulait pas mourir. Pas aujourd’hui. Pas comme ça.

De longues secondes s’écoulèrent avant que Gin ne retire sa main et déclare : « C’était pour rire. »

Kasuki tomba à genoux sur le sol. Risako était furieuse mais une parole de Gin la calma rapidement :

« Je n’aime pas les équipes où on souhaite la mort de son camarade. »

Il se tourna vers Suigetsu :

- Montrez-moi que vous pouvez les contrôler sinon vous perdrait le commandement de cette équipe… et plus encore.
- Vous ne serez pas déçus lui répondit le frère de Mangetsu.
- Bien. Donc vous êtes prêts ?
- Il nous faudrait…
- Si vous voulez plus de temps, nous pouvons vous en donner. Beaucoup.
- Vraiment ? demanda naïvement Nagisa.
- L’éternité.

Le mot de Gin fut accompagné d’un regard tel que tous les ninjas présents comprirent qu’il ne fallait plus rien demander mais se préparer à affronter le Guerrier Noir.

- Ce ne sera pas nécessaire se reprit Nagisa. Je voulais surtout avoir du temps pour parfaire mon bronzage. Le Pays des Neiges m’offrira sûrement le temps de le faire.
- Je vous le souhaite répondit Gin en souriant. Sur ce, je vous laisse. Préparez-vous bien.

Il sortit en les saluant.

- Vous pensez vraiment que le Jiyûhane renversera le Pays des Neiges ? demanda Kasuki.
- Le Faucon… commença Suigetsu.
- On sait que parfois ses plans ne regardent que lui. On pourrait n’être que des pions dans son jeu analysa Nagisa.
- La mission a été donnée, on l’accomplira commenta Suigetsu.
- Tu ne veux pas t’opposer ? interrogea Kasuki. Au pire on n’a qu’à partir.
- Gin nous tuerait avant que nous ayons franchi la dernière porte de cet endroit.
- Ca reste à voir !

La confiance de Kasuki était stupéfiante vu ce qui venait de se dérouler quelques instants auparavant. Il déplia des lunettes de soleil qu’il posa sur son visage.

- Encore avec ces lunettes ? le moqua Risako.
- Prise de guerre claironna Kasuki.

Les lunettes d’Ebisu, qu’il lui avait subtilisées après sa mort.


« Vous avez le regard d’un mort comme ça ! »

Shisui s’arrêta. Il tourna sa tête sur la droite, en direction de la voix.

- Et vous la mine de quelqu’un qui a trop bu.
- Vraiment ? Il en faut plus que ça pour soûler un Kaguya pourtant !

Joïchiro sortit de l’ombre du mur où il se trouvait. Il avait regagné les muscles qu’il avait perdus suite à sa blessure. Peut-être même était-il encore plus charpenté qu’auparavant.

- Pourquoi êtes-vous ici ?
- Oh comme ça… Pour me balader et voir certaines choses.
- Comme quoi ?

Shisui fixait Joïchiro pour analyser la moindre de ses réactions.

Goro m’espionne avec lui ? Non ce serait stupide de sa part. Joïchiro n’est pas doué pour le filature.

« Vous voulez transmettre des informations non ? »

Shisui le fixa. Instantanément ses sharingans s’activèrent.

- Tout doux mon ami. Tu devrais savoir que tes pupilles, elles sont bien mais qu’elles ne valent pas l’œil d’un Kaguya.
- Vraiment ?

L’Uchiha était prêt à vérifier cette assertion. Joïchiro sourit. Pour une fois qu’il avait un peu de compagnie en ce moment il n’avait pas envie de se battre.

Avec un grand sourire il répondit à Shiui :

- Oui, d’ailleurs je te propose de venir vérifier cela dans une maison de plaisir.
- Pardon ?

Le meilleur ami d’Itachi ne comprenait pas. Etait-ce un message codé ? Une incitation à fuir ?

- Je me suis toujours demandé si des gars revenus avec l’Edo Tensei pouvaient…
- Désolé ce sera pour une autre fois répondit Shisui sur un ton glacial.

Il s’éloignait quand une main puissante l’agrippa au bras gauche. C’était Joïchiro.

« Tu sais, pour transmettre des informations il n’y pas mieux que les filles de ces maisons... »

Ils se regardèrent d’un air entendu.


« Vous pensez qu’ils accepteront nos demandes père ? »

Eiichirô Habaki sourit à sa fille. « Peut-être… En tout cas nous sommes logés royalement. »

Les Habaki se trouvaient dans une luxueuse demeure. Assez grande pour abriter toute l’unité amenée par le chef de ce clan.

- Je ne risque pas d’être inquiétée pour…
- Ne t’en fais pas Shiori. Tu es à Konoha : le village ne livre pas ses invités, c’est une vieille tradition.
- Mais pour Suna il…
- Un incident regrettable mais nécessaire. Tu étais agent-double, tu ne pouvais pas te défiler. Et puis j’ai déjà envoyé de l’argent à Suna, pour les aider dans leur reconstruction aujourd’hui achevée.
- Il y a eu des morts…
- Les morts s’oublient.
- Pas tous.

Les deux Habaki se regardèrent.

« Oui, pas tous » approuva Eiichirô. « C’est pour cela qu’il va payer. »

D’autres Habaki pénétrèrent dans la pièce.

- Masato est bien entre leurs mains.
- Parfait commenta Eiichirô. Vous avez fait part de mes souhaits ?
- Oui répondit Haneki. Ils ont été surpris mais j’ai bon espoir qu’ils se plient à vos demandes. Le Faucon est venu… cette apparition sert finalement bien vos intérêts. Quelle belle coïncidence.

Eiichirô sourit. « Oui. Les Habaki font revenir sur le devant de la scène. Les Anotsu vont disparaître. »

Les Habaki présents affichaient tous un visage satisfait.

« Et pour ma demande ? » demanda une voix perçante.

Eiichirô regarda à la fenêtre, où patientait un ninja.

- Passez par la porte la prochaine fois. C’est plus confortable pour vous.
- Je suis jeune… et je ne voulais pas attirer les regards. Konoha n’est pas un village qui doit beaucoup m’apprécier.
- Ils apprendront avec le temps.

Un des Habaki, situé prêt de la fenêtre, l’ouvrit et l’individu pénétra dans la pièce. Il échangea un regard avec Shiori.

- Alors qu’en est-il de notre accord ?
- Cela demandera quelques tractations vu votre passé ici mais j’ai bon espoir commenta le chef des Habaki. Pas vrai Haneki ?
- Oui Eiichirô-sama, avec un peu d’habileté, ce sera bon pour vous.

« Parfait » répondit le ninja dont les trois billes de métal autour du poignet accélérèrent subitement leur rotation.
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MessagePosté le: Ven 23 Mai 2014, 3:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 89 : Un cadeau empoisonné ?


En se rendant au bâtiment de l’Hokage Mayu croisa Haneki. Ce dernier le salua d’un geste de la tête auquel le chef de la Racine répondit par une question :

- Vos affaires avancent bien ?
- Les conditions posées ne vous surprendront guère.
- Tant qu’aucune ligne rouge n’est franchie…
- Quand bien même une ou plusieurs le seraient, vous n’êtes pas Hokage.

Le chef de la Racine fixa son interlocuteur. Haneki sourit.

« Quoique, vous pourriez sans doute le devenir… si les circonstances le permettaient. »

Suggérer ce genre de coup de pouce en pareille circonstance... Les Habaki ne reculent devant rien.

- J’ai hâte de découvrir ces conditions.
- Elles seront à votre goût, je l’espère.

Haneki salua, fit quelques pas – dépassant ainsi Mayu – avant de s’arrêter.

- Certaines choses ne regardent que nous, n’est-ce pas ?
- Je déteste les personnes qui parlent trop. Je ne souhaite pas que nos quelques contacts autour de l’affaire Akari soient connus. Tadase ne gagnera rien à parler donc tout va bien… tant que les trois fouineurs restent là où ils en sont.

Le négociateur des Habaki était satisfait de cette réponse. Il reprit sa marche en avant, sans s’arrêter. Mayu poursuivit également sa route.

Un individu dangereux que cet Haneki. C’est une bonne chose qu’il ne participe pas à nos échanges. Ces idiots à la tête du village risqueraient de se faire embobiner… Mais il devrait malgré tout y avoir Shikaku. Il est de tous les coups celui-là.

Mayu ne fut pas démenti en pénétrant dans la salle où la réunion se tenait.

Un conseil restreint, enfin presque…

Peu de personnes étaient présentes mais une innovation déplaisait fortement à Mayu Shimura : outre les deux Hokages, les deux conseillers et Shikaku, il y avait une tête de plus.

Elle est de trop.

- Je ne m’attendais pas à vous trouver là, Gaïa Uzumaki articula-t-il.
- Elle connaît les Anotsu, nous avons jugé sa présence utile répondit Tsunade.

Le regard de Mayu se déplaça de la leader des Uzumaki à la petite-fille d’Hashirama. Dans les deux cas il affichait un mépris teinté d’agacement.

« Si l’Hokage a jugé bon qu’elle soit ici, je ne peux que m’en remettre à son jugement. »

Mayu prit place autour de la table ovale qui les accueillait tous. Il se consola en se disant qu’au moins aucun Uchiha n’était présent.

- Devons-nous reprendre depuis le début ? demanda Shikaku.
- Ce serait bien le diable si la Racine n’était pas au courant des affaires en cours répondit Tsunade.
- Si je ne comprends pas un point, je me permettrai de vous interrompre.

Je n’en doute pas une seconde pensa le père de Shikamaru.

En quelques minutes, Shikaku résuma la situation actuelle. Le Faucon était une menace qui se concrétiserait sous peu ; il y avait plus de 99% de chances que la personne arrêtée soit Masato Anotsu. Pour la seconde, les certitudes étaient moins grandes. Vraisemblablement il ne s’agissait pas du descendant d’un haut représentant. Que fallait-il faire d’eux ? Les Habaki ne demandaient qu’une chose : que Masato leur soit remis vivant lorsque Konoha n’en aurait plus besoin.

- Ils vont lui faire quoi ? interrogea Naruto.
- Le tuer répondit Homura. La haine entre ces deux clans est toujours forte.
- Et avec ça elle n’est pas prête de s’éteindre regretta Tsunade.
- Masato… commença Naruto. Il voulait venger sa sœur. Elle aurait pu être victime des Habaki ?

Mayu tiqua. Voilà un sujet qu’il n’avait pas du tout envie de voir évoqué. Pour peu que des questions soient posées aux Habaki cela compliquerait bien des choses. C’était une affaire où il y avait beaucoup de coups à prendre. Peu à donner. Bref, une affaire qui n’intéressait pas spécialement la Racine. Surtout à ce moment-là.

- C’est possible admit Koharu. Les règlements de compte de ce type ne sont pas rares.
- Pourquoi ne pas aller demander à Masato si…
- Et que ferez-vous si jamais il vous répond que les Habaki ont fait le coup ? demanda Mayu.
- J’irai devant les Habaki et…
- Ils vous répondront que Masato ment, qu’il est un ennemi. « Comment pouvez-vous croire les paroles d’un ancien membre du Jiyûhane ? » vous interrogeront-ils.
- Il me semble que…
- Naruto, je crains que Mayu n’ait raison sur le fond ajouta Tsunade, comme à regret.
- Pourquoi ?

Le jeune Hokage avait repoussé sa chaise. Debout, il scrutait le visage de Tsunade, ne saisissant pas pourquoi elle appuyait, même indirectement, Mayu.

« Parce que les Habaki sont nos invités » rappella Shikaku. « On n’enquête pas sur ses invités, tout comme on ne cherche pas à leur nuire, cela fait partie des règles de base de l’hospitalité. »

Naruto garda le silence. Il se remémora l’accueil reçu au Pays des Neiges. Il avait été de bonne qualité. Alors il fallait rendre la pareille, même avec un autre clan et dans de telles circonstances. Il acquiesça tout en se rasseyant. « Masato est aussi notre invité. Konoha devrait donc le traiter avec ménagement. »

Ce gosse a vraiment décidé d’être casse-pieds aujourd’hui. Et de ne pas être trop stupide dans les questions qu’il pose… même s’il ne s’en rend sûrement pas compte pensa Mayu.

- Cela poserait certaines questions…
- Et beaucoup de problèmes tiqua Koharu. Son statut est celui d’un criminel de rang S. Il n’a pas à être traité comme un invité mais comme un prisonnier.

- Et s’il avait été un agent double ? Je l’ai affronté, j’ai rarement senti de mauvaises intentions chez lui. A part lorsqu’il cherchait les assassins d’Akari.
- Naruto, laisse tomber.
- Kurama ?
- Même si ce type est un saint, sa réputation est établie. Et elle n’est pas brillante. Si tu veux modifier son statut tu vas au devant de nombreuses difficultés. Mito avait voulu faire cela, une fois. Hashirama n’a eu que des ennuis. Et je ne te raconte même pas comment Tobirama l’a incendié.
- …


- Qu’ont donné les interrogatoires ? demanda Homura.
- Ibiki et Inoichi ont dirigé et participé à plusieurs séances.
- Verdict ?
- Peu d’informations admit Shikaku.
- Peut-être parce qu’ils ont été trop doux. Si la Racine pouvait…
- C’est un prisonnier, pas un sujet de tests pour votre organisation ! intervint Tsunade.
- Si c’est bien le fils de Shôkishi, alors pourquoi tant d’égards ? demanda Mayu.

- Il est idiot celui-là ou quoi ?
- Non, malin.
- Ah bon ?
- Oui, tu vas voir Naruto.


- Parce qu’il ne faut pas… commença Tsunade sur un ton professoral.
- Qu’il soit ou non interrogé, le Seigneur du Pays des Neiges sera furieux. Pourquoi, dès lors, se priver d’informations utiles ? Tu ne me feras pas la leçon Godaime Hokage.

Le dirigeant de la Racine regarda droit dans les yeux la 5ème Hokage. Son visage était fermé, concentré et ses lèvres prêtes à réagir au moindre mot qui serait lâché par Tsunade.

- Il s’agit d’un membre de l’alliance et…
- Konoha passe avant vos amabilités diplomatiques. Bien ambigües au demeurant : c’est un prisonnier donc vous lui refusez tout traitement de faveur mais refusez que la Racine le fasse parler. Nos résultats sont pourtant…
- Je vous ai dit non rappela fermement Tsunade.
- La faiblesse est la dernière des choses à opposer à Shôkishi Anotsu.

Tsunade le regarda. Il y a quelques temps encore elle n’aurait pas hésité à cogner sur la table et à la faire voler en éclats. Les temps n’étaient pas en faveur de nouvelles dépenses pour du mobilier aussi elle se ravisa et appliqua simplement son poing droit sur la table.

Continue comme ça Mayu et c’est sur toi que je vais me défouler.

- Le Faucon s’est manifesté, la guerre ne tardera pas. On peut même imaginer que le Jiyûhane bougera bientôt. L’heure n’est pas à la division intervint Shikaku. C’est sans doute ce que notre ennemi souhaite. Ne me dites pas que vous voulez entrer dans son jeu ?
- Ce n’est pas dans mon intention. Shikaku Nara, décidément tu es très malin.

Mayu s’enfonça dans son siège.

Cela le tiendra peut-être un moment espéra Tsunade.

- Ooooh comme il a cassé Mayu ! Il est fort le papa de Shika’ !
- Tu devrais t’en inspirer Naruto…
- Quoi ?! Tu remets en question mes capacités ?!
- A l’occasion on devrait organiser un concours : je suis sûr que Shikaku te battrait à plates coutures.
- Tenu ! On verra bien !


- Pour en apprendre plus, le garçon qui accompagne Masato pourrait servir de moyen de pression…
- Oh la vieille tu t’entends ? intervint Naruto.

La stupéfaction pour certains, la colère pour d’autres : la réaction spontanée du Hokage suite à la proposition de Koharu ne laissait personne indifférant.

« Pas question de toucher à ce gamin » insista le fils de Kushina.

Les conseillers se tournèrent vers Tsunade. Elle était quelque peu gênée.

Désavouer Naruto est la dernière des choses à faire. Mais peut-on faire l’économie de ce moyen pour en apprendre plus ?

Shikaku intervint alors : « Gaïa Uzumaki, connaissez-vous Masato ? »

La leader des Uzumaki sourit, comme si elle était heureuse que l’on s’adresse enfin à elle.

- Je ne suis pas intime avec lui mais oui, ce n’est pas un inconnu pour moi.
- A quoi pensez-vous Shikaku ? demanda Homura.
- Demander à Gaïa de parler avec Masato, avec Naruto qui, je crois, ne serait pas contre un échange avec lui.

D’un hochement de tête Naruto répondit par l’affirmative.

- Et si aucun résultat n’est obtenu ? interrogea Koharu.
- Alors nous passerons à une solution plus radicale intervint Tsunade. Masato doit bien comprendre que c’est une main tendue. S’il la refuse tant pis pour lui.

Tsunade est moins bien disposée à l’égard de Masato que Naruto. Leur affrontement ne doit pas y être étranger pensa Shikaku. C’est un problème s’ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Surtout avec Mayu parmi nous.

Les échanges se poursuivirent. Plus les minutes passaient plus Naruto avait du mal à tenir en place. Finalement, et sans aucune attention pour le sujet qui était débattu, il lança :

« S’il ne faut pas ménager les Anotsu, pourquoi faudrait-il satisfaire les exigences des Habaki ? Avez-vous oublié ce que sa fille a fait à Suna ! »

Cette intervention stupéfia quelque peu Mayu. Il a un peu de mémoire.

- Elle jouait un rôle ; elle a aussi épargné les dirigeants d’Ame répondit Homura.
- Pour que son père puisse étendre son influence sur ce pays répliqua Naruto.
- Pour être un agent infiltré il faut parfois commettre des actes répréhensibles intervint Mayu.
- Eiichirô Habaki a d’ailleurs aidé financièrement Suna pour la reconstruction appuya Koharu.
- L’argent n’achète pas les morts !
- Cela tombe bien : ce sont les vivants que les dirigeants gouvernent. A moins que vous ne souhaitiez innover en la matière ?

La parole d’Homura désarçonna Naruto. Il fallut que Kurama intervienne intérieurement pour le calmer et éviter que le Hokage ne défenestre l’ancien coéquipier d’Hiruzen et Danzô.

« Puis-je dire quelque chose ? »

Les regards se tournèrent vers Gaïa, qui venait de prendre la parole.

« Faites donc » l’incita Tsunade.

Le silence lui va pourtant si bien… pensa Mayu.

« Il ne faut pas garder Masato ici. »

La stupeur parcoura l’ensemble des membres de l’assemblée.

Elle ne pense pas à le libérer quand même ? se prit presque à espérer Naruto.

- Pardon ? demanda Koharu, surprise.
- Remettez-le au Pays des Neiges précisa Gaïa.

La méfiance prit la place de la stupeur.

- Vous savez qu’une telle parole pourrait vous faire passer pour traître ? l’interrogea Mayu. Vous venez du Pays des Neiges et…
- C’est vrai, ce qui me donne un avantage sur vous. Shôkishi Anotsu n’hésitera pas à condamner à mort son propre fils parce qu’il s’est fait prendre.

La perplexité s’affichait désormais sur les visages. Naruto était surpris de l’entendre parler de la sorte.

- Elle avait l’air gentille…
- Naruto si elle est la chef des Uzumaki ce n’est pas parce qu’elle a de beaux yeux. C’est aussi parce qu’elle a d’autres atouts, et la gentillesse n’en fait pas forcément partie…


- Et s’il ne fait pas cela ? demanda Koharu.
- Ce serait de la faiblesse. Or il l’abhore, chez les autres comme chez lui-même.
- Quand il s’agit des siens… commença Tsunade.
- Vous ne le connaissez pas coupa Gaïa. Mais si vous voulez remettre Masato aux Habaki faites comme vous le souhaitez.
- C’est préférable intervint Koharu.
- Le résultat serait le même… sauf que dans l’autre cas de figure c’est le Pays des Neiges qui règlerait cette affaire. De quoi dédouaner Konoha et l’alliance de toute implication analysa Shikaku. Elle est redoutable. Proposer une telle solution contre celui qui a aidé les siens par le passé.

Cette explication bluffa tout le monde. Irriter les Habaki était finalement un moindre mal. Pourtant chez les conseillers comme chez Mayu la méfiance prédominait : Gaïa n’était pas de Konoha donc elle pouvait servir quelques intérêts étrangers.

Gaïa, pourquoi nous livrer cette solution ? Vous pensez vraiment que c’est la meilleure pour le village ? Tsunade aurait bien aimé que Gaïa lui réponde. Mais ce n’était pas le moment pour de telles questions.

- Si nous laissons faire les Habaki que se passerait-il ? demanda-t-elle.
- Le Seigneur du Pays des Neiges sera irrité commença Shikaku.
- Shôkishi ne laissera pas passer cela soupira Gaïa Uzumaki. Et il n’oublie jamais lorsqu’un affront lui est fait. Cela peut prendre du temps mais il fait toujours payer ceux qui lui ont joué un mauvais tour. Voyez Masato comme une malédiction davantage qu’un atout.

Elle a décidément du plomb dans la cervelle celle-là. Un peu trop. J’aimerais bien savoir si sa pensée égale ses aptitudes au combat. D’un geste de la tête, imperceptible pour les autres personnes qui l’entouraient, Mayu fit signe à un des membres de la Racine qui attendait à la fenêtre. Le message était simple : « Celle qui vient de parler devra être évaluée par nos soins. »

« Ce n’est pas comme ça que la justice doit s’exercer ! » s’exclama Naruto. Le Hokage en avait assez. Trop de calculs, trop de propos éloignés des règles que devaient observer un ninja. A quoi bon enseigner aux élèves de l’académie des préceptes si, une fois adulte, il fallait les renier, les tordre dans tous les sens ? Ce décalage lui apparaissait un peu plus nettement chaque jour. Il lui était insupportable.

- Naruto, parfois la justice ne doit venir qu’après lui répondit doucement Gaïa. Ce genre d’affaires réclame surtout du pragmatisme. Il ne faut pas s’arc-bouter sur des principes sinon tu mécontenteras tout le monde et n’obtiendras aucun résultat favorable.
- Au moins je serais resté fidèle à moi-même et à mon nindô.

Malgré cette phrase Naruto ressentait que Gaïa avait raison. Qu’un Hokage devait gouverner de la sorte. Agir différemment serait beaucoup plus compliqué que ce que Naruto imaginait au départ, lorsqu’il devint Hokage.

C’est dans cette atmopshère imprégnée des sentiments les plus divers que Tsunade déclara : « Il reste encore un point à discuter. Jusqu’à présent nous n’avons pas parlé d’une autre demande des Habaki. »

Qu’a donc réclamé Haneki et donc Eiichirô ? s’interrogea Mayu. J’espère qu’ils ne veulent pas un Bijû…

Il n’était pas loin de la vérité.

« Ils souhaiteraient intégrer l’alliance. »
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MessagePosté le: Ven 30 Mai 2014, 3:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 90 : Arrivée imprévue


Il comprenait la rage de ce garçon. Lee, il s’appelait Lee. Quoiqu’il fasse, il n’oubliait jamais le nom des personnes qu’il rencontrait ou affrontait. Avec sa tenue verte ce ninja ne passait pas inaperçu.

Sans doute est-il amoureux de cette fille, Sakura. Tant de colère et de haine dans son regard… Comment pourrais-je lui en vouloir ? Peut-être que Konoha l’autorisera à venir me supprimer un de ces jours. Quoique… le village me remettra sûrement aux Habaki. Ceux-là… ils ne vont pas me lâcher comme ça.

Lee s’était jeté sur Masato quand il avait franchi les portes du village. Ils avaient dû s’y mettre à quatre pour le retenir, l’empêcher de frapper Masato davantage. C’est alors que le Faucon était apparu. Il avait pris le visage de Masato entre ses mains avant de le fixer, droit dans les yeux. A cet instant le temps sembla se suspendre, tout marchait au ralenti.

« Je te veux avec moi. »

Le Faucon lui avait dit cela. Masato en avait souri. « J’ai quelques affaires urgentes en ce moment qui m’empêchent de répondre positivement. »

Sans s’offusquer, le Faucon s’était reculé. « Tant pis » avait-il glissé. Il s’était ensuite adressé aux Hokages mais Masato n’avait plus de souvenirs : un Habaki l’avait frappé à la tempe. A son réveil, il était dans une salle d’interrogatoire.

Première séance d’une longue série…

Les séances d’interrogatoires s’étaient multipliées. Pas de chance pour Konoha, Masato avait été longuement préparé pour résister à de telles épreuves. Heureusement sinon il aurait craqué depuis longtemps.

En va-t-il de même pour Shin’ ?

Depuis leur arrivée à Konoha, ils avaient été séparés. Masato avait beau demander des nouvelles, il ne recevait aucune réponse. D’ailleurs les gardiens ne lui parlaient pas. Une consigne, sans doute. Il ressentait la crainte et la haine dans le regard des détenus qu’il croisait lorsqu’il pouvait sortir de sa cellule : 30 minutes par jour pour s’exercer… Le reste se faisait dans sa cellule.

Au moins j’ai une fenêtre. Un peu de lumière peut entrer ici…

Cette clarté relative lui permettait de lire. Le choix était toutefois réduit : Le paradis du batifolage, La furie du batifolage et La stratégie du batifolage. Une série interrompue suite à la disparition de son auteur.

Que Jiraya me pardonne mais c’est peut-être mieux ainsi…

La lecture n’étant plus possible, Masato s’était alors tourné vers la fenêtre et passait de longues heures à regarder dehors.

On manipulait la serrure de sa porte. Il ne tourna pas la tête pour voir qui pénétrait dans la cellule, préférant regarder l’extérieur.

Avec un peu de chance ce sera un assassin qui viendra me tuer. Un point final sera mis à cette folle histoire. Peut-être même sera-t-il envoyé par mon père…

« Vous avez une mine affreuse. »

Masato tourna la tête. Deux invités. Et pas des moindres : Gaïa Uzumaki et le Hokage.

- Si c’est pour une partie de Shogi, vous êtes un de trop.
- Je crains que ce ne soit pour un sujet plus important articula Gaïa.

Naruto n’avait pas parlé. Il restait impressionné par la situation de ce ninja. Il lui avait fait forte impression lorsqu’ils s’étaient affrontés. Maintenant il semblait affaibli, marqué physiquement et, surtout, aucune étincelle ne brillait dans ses yeux. Le Hokage ne ressentait rien, comme s’il avait une coquille vide face à lui.

Il sentit que Gaïa posait ses yeux sur lui, qu’il devait donner le coup d’envoi de l’entretien. Il renvoya le gardien qui repoussa la porte, sans la fermer.

Une possibilité pour m’évader avec cette porte ouverte… Mais à quoi bon ?

Le Hokage prit profonde inspiration avant de parler :

- Nous sommes là pour que vous nous racontiez tout ce que vous savez.
- Vous auriez dû commencer ainsi dès le départ ironisa Masato. Je vous aurais tout dit.
- Ne le prenez pas comme ça. C’est votre seule chance. Après…
- Après quoi ? Vous me livrerez aux Habaki ? Vous croyez peut-être que je l’ignore Hokage ?

Naruto avait du mal à soutenir son regard. Mais il le fit. Parce qu’il avait un rang à tenir.

« Êtes-vous un agent double ? »

Gaïa le regarda. Cette question n’était pas au programme.

Masato ne répondit pas.

« Est-ce les Habaki qui ont tué votre sœur ? »

Gaïa fixa intensément Naruto. La discussion déviait de son objet initial. Elle n’avait aucune envie de passer pour la responsable.

« Peu importe la réponse, je ne serai pas cru de toute manière. Et puis, ils n’ont peut-être pas agi seuls. »

Masato regardait le sol. Croiser le regard des deux personnes face à lui était désagréable car il pouvait ainsi voir la porte. Et avec, l’envie de fuir.

- Voudriez-vous que nous transmettions un message au Pays des Neiges ? lui demanda Gaïa.
- Vos services l’analyseront combien de fois avant de le remettre ?
- Personne ne l’analysera répondit Naruto.
- Je n’en doute pas… Je n’ai rien à dire, à personne.
- Les Habaki vous jugeront et…
- Juger ?! Vous osez employer ce mot ?! Il ne faut pas être jônin pour savoir que je serai mort avec eux. Ne parlez pas de jugement !

Ses yeux flambaient de colère. Cela rassurait presque Naruto, de savoir qu’il y avait encore un peu de vie en lui.

- Votre père a aussi l’habitude des jugements expéditifs répondit Gaïa.
- Vous étiez bien contente qu’il soit là lorsque les Uzumaki ont voulu quitter ce sol.

Elle ne répondit pas.

« La seule chose que je veux savoir c’est si mon coéquipier d’infortune va bien. Pour le reste ne perdez pas votre temps et sortez : je ne dirai rien. »

Naruto répondit d’un hochement de tête : Shinsuke allait bien.

Il se retourna et fit signe à Gaïa qu’ils partaient. La leader des Uzumaki passa devant. Naruto ferma alors la porte.

Naruto… tu voulais donc lui parler seul à seul ? comprit Gaïa. Elle patienta, respectant ce geste du Hokage.

« Pourquoi faut-il que des ninjas comme vous vivent une telle vie ? »

Naruto fixait Masato et dans ses yeux se lisait une forme de sympathie.

- C’est ainsi que le monde tourne. Certains gouvernent, d’autres meurent.
- Avez-vous rencontré Oogama Sennin ?

Pour la première fois de leur entretien Masato fut surpris.

- Moi oui poursuivit Naruto. Et je pense qu’il vous a mentionné dans une de ses prédictions.
- Comme un homme à abattre ? Oui je me souviens de ce qu’il m’a dit. Un choix à faire… tout cela est si loin… quoique je me souviens encore du repas de Shima…
- Je crois qu’ensemble nous pourrions faire avancer bien des choses.
- Vous êtes prêt à tout pour avoir des aveux. C’est finement joué Hokage.
- Je pourrais vous sauver. Si j’étais convaincu de votre but véritable.

Naruto fixa alors Masato dans les yeux. Ce dernier ne put pas se dérober ni esquiver.

« Vous n’êtes pas comme le Faucon ni comme votre père. Je pense que nous nous ressemblons, enfin, en partie. »

Masato ne sut quoi répondre. Le manipulait-il ? Etait-il sincère ? Un instant il sentit l’espoir revivre en lui. La pire des souffrances, alors qu’il avait tout abandonné.

Le Hokage attendit sa réponse. Elle ne vint jamais. Le jour d’après, on vint chercher Masato.

Ses premiers pas en dehors de sa cellule furent délicats. Dès son arrivée à la prison, un sceau avait été posé sur sa main gauche, un autre sur son épaule droite. Ainsi il ne pouvait plus utiliser de chakra. Masato avait le sentiment de tout faire au ralenti, de ne plus avoir de forces.

Depuis combien de temps était-il là ? Il avait des doutes. La notion du temps lui échappait peu à peu. Devant la porte d’entrée de la prison, il vit que Shinsuke l’accompagnait aussi. Ils étaient entourés par des ninjas de l’Anbu.

- Shin’, comment vas-tu ?
- Pas trop mal.

Lui aussi avait mauvaise mine.

La lumière du soleil fut une douce surprise quand ils sortirent de la prison. Ils n’en profitèrent pas longtemps car, rapidement, le petit cortège arriva devant une résidence. Les Anbu restèrent à l’extérieur. Seul le chef de la police, Shibi, les accompagna. Il représentait Konoha pour le règlement de cette affaire. Les Hokages n’avaient pas voulu assister à cette parodie de procès. Sentant le piège, Mayu avait décliné la proposition de Tsunade de la remplacer.

Masato était placé devant une petite scène où siégeait Eiichirô, Shibi et Haneki. Ce dernier sourit en voyant entrer Masato. Shinsuke était placé sur le côté.

Les fenêtres sont belles nota Masato. Dommage, je ne saurai pas ce qu’elles permettent de voir.

Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour qu’Eiichirô rappelle le verdict frappant Masato : « Vous êtes condamné à mort. »

Ce dernier baîlla tant ce spectacle pitoyable l’ennuyait. Cela lui valu un coup derrière la tête qui le fit chuter par terre.

Shibi fit un geste mais Eiichirô lui demanda de ne pas intervenir. Les Habaki s’occupaient de tout.

Shiori s’approcha de Masato et le releva. Contrairement à ce qu’il attendait, son visage n’éclaboussait pas la félicité.

- C’est ma disparition prochaine qui vous attriste ?
- Rester en prison vous a fait perdre la tête. Votre mort sera la plus belle des récompenses pour moi et mon clan.

Je l’ai connu plus convaincante. Elle mentirait ? Un comble pour une Habaki…

Shinsuke n’était pas en reste. Il se débattit tant bien que mal, finit par échapper à celui qui le tenait et, bien qu’il eut les mains ligotées derrière le dos il fit trébucher un autre Habaki et lança un « Vous êtes une belle bande d’enfoirés. Si on n’était pas dans cette situation on vous aurait déjà tous exterminé ! »

L’instant d’après, il s’écrasa par terre. Shiori l’avait jeté au sol d’une main.

Rassemblant les maigres forces qu’il avait, Masato se plaça devant Shinsuke.

J’ai raté beaucoup trop de choses ces derniers temps. Si au moins je pouvais encore le protéger.

Privé de chakra il savait qu’il n’offrirait qu’une maigre résistance. Mais il pouvait protéger Shinsuke d’une autre façon.

« J’exige un duel judiciaire. »

Shiori s’immobilisa. Eiichirô ne semblait pas surpris.

- Une telle demande ne peut être refusé indiqua Shibi.
- Oui acquiesça Eiichirô. C’est une liberté – regrettable – laissée à un condamné. Vous souhaitez donc l’exercer ?
- Exactement. Si je remporte ce duel je veux que vous laissiez partir Shinsuke, je me remettrai à vous.

Shibi comprit ce que Masato voulait mais il fit un signe négatif de la tête.

Pourquoi ?

« Le duel ne concerne que le condamné. Vous ne pouvez pas vous battre pour protéger une personne autre que vous-même. »

Le chef des Habaki n’avait jamais affiché un air plus satisfait.

« Navré, la loi est dure mais c’est la loi. »

Il se tourna alors vers Shinsuke. Son écart ne lui avait pas plu. Pas du tout. Il lui jeta un regard glacial avant de lâcher :

« Pour ce gamin… on dira qu’un accident est arrivé. »

Un garde s’approcha de Shinsuke. Masato s’interposa mais fut écarté sans difficulté par l’individu. Le fils de Ryuichi fut roué de coups de pieds.

« Vous en prendre ainsi à un jeune, attaché et sans arme. Les Habaki n’ont aucun honneur. »

Masato reçut une droite.

« Ton tour viendra bientôt, assassin » lui répliqua Eiichirô.

Shinsuke était au sol. Il vit son assaillant sortir son sabre du fourreau. Il voyait aussi des insectes apparaître. Visiblement Shibi n’appréciait pas ce qu’il voyait.

- Cet enfant n’a pas à… comença le chef de la police.
- Laissez-nous régler cette affaire nous-même.

En quelques instants, Masato nota un changement d’expression chez Shibi. Celui-ci rappela ses insectes et se rassit.

L’enfoiré !

Il tourna la tête. Shinsuke était toujours inconscient.

Mourir ainsi, quelle honte ! J’espère que mon père ne l’apprendra pas sinon il serait bien capable de venir me chercher au Royaume des morts pour me passer une râclée ! pensa le jeune épéiste.

Le bras gauche de son bourreau se leva. Un sabre à une main figurait au bout de son bras. Cela irait vite.

« Est-ce ainsi que l’on rend la justice par ici ? » rugit une voix.

Le bras du garde retomba rapidement. Sur le sol. Plus exactement l’avant-bras gauche ainsi que le sabre tombèrent par terre.

Une seconde passa avant que le blessé ne hurle. La lame qui l’avait tranchée était déjà retournée dans son fourreau. Un geste ultra rapide que Masato n’aperçut qu’en partie.

Sa réputation n’est pas usurpée. Sa manière de tirer l’épée… Il a une main divine.

Les Habaki se tournèrent en direction de l’individu qui venait d’apparaître. Il gardait la main sur son sabre et son chapeau de riz masquait son visage. Sa seule présence semblait empêcher les Habaki de réagir.

Et enfin elle pénétra dans la pièce. Une entrée fracassante qui fit voler les portes en éclats. Ses longs cheveux noirs étaient toujours aussi impeccablement coiffés. Ses yeux se braquèrent sur Masato.

« Toujours en train de te fourrer dans des affaires pas possibles, espèce d’imbécile ! »

Celui-ci laissa échapper un léger sourire amer.

« Tu ne fais pas mieux que moi… » répondit-il doucement.

Shiori vint se placer devant la nouvelle venue. Le moindre geste de travers et cette pièce serait le théâtre d’un combat à mort. Déjà Shibi avait envoyé des insectes pour prévenir les forces de police de Konoha et les Anbu placés à l’extérieur de le rejoindre rapidement.

Tel un volcan prêt à éclater Eiichirô Habaki fulminait et se cramponnait aux accotoirs de son siège. Quel ordre devait-il donner ? Fallait-il laisser Konoha se charger de cette nouvelle affaire ? Ses prévisions étaient sérieusement remises en question.

Pour déclencher une guerre il suffisait parfois d’un homme ou d’une femme. Celle qui venait de pénétrer pouvait en déclencher plusieurs… et les remporter.

« Hanako Anotsu » s’étrangla Eiichirô.
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MessagePosté le: Ven 06 Juin 2014, 3:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 91 : Le ciel leur est tombé sur la tête


La coupe était pleine mais ils n’osaient rien dire. Qu’un ninja doive travailler dur soit. Qu’il doive patrouiller, de jour comme de nuit, passe encore. Mais pourquoi avec Ao ? Pour cette sortie nocturne, Sôji et Rika avaient été affublés du jônin. Un chaperon plus qu’encombrant. Si ses conseils et son expérience étaient précieux pour s’améliorer, les deux réceptacles étaient, en revanche, nettement moins convaincus par ses leçons de morale.

« Les jeunes d’aujourd’hui en font moins. C’est pour ça que j’ai eu l’idée de cette patrouille nocturne. Il ne faut pas vous imaginer que vous aurez des horaires fixes. Il faut être prêt à chaque instant. J’insiste bien : à chaque instant. »

Son discours ressemblait à un long monologue, interrompu de temps à autre par un mot de Sôji ou Rika, qui manifestaient ainsi toute l’attention qu’ils portaient au propos de leur aîné.

- Dis, Sôji, murmura Rika, tu crois que tu pourrais utiliser le pouvoir de Sanbi pour une petite brume hallucinogène ? Juste pour Ao, comme ça il pourrait continuer à parler et on n’aurait plus à le supporter.
- Sanbi était justement en train de me suggérer cette idée sourit le jeune garçon.
- Silence ! aboya Ao. Vous voyez, vous vous déconcentrez trop rapidement. Comment voulez-vous surveiller efficacement si vous vous dispersez de la sorte.
- Mais Ao-sama, avec votre Byakugan, vous pouvez surveiller la zone de manière bien plus efficace que nous non ?

La question, faussement naïve, de Rika embarrassa le jônin.

- Certes mais…
- Ao-sama !

C’était Chôjûrô. Bien qu’Hiramekarei fût dans son dos, l’épéiste de Kiri se réceptionna avec souplesse au sol. Cette manière de se déplacer avec agilité malgré le poids sur son dos avait toujours stupéfait Sôji. Il avait même entendu qu’à Konoha deux ninjas se déplaçaient systématiquement avec des poids invraisemblables aux jambes.

Je serais curieux de les rencontrer et de voir comment ils se déplacent. Enfin, si ça se trouve, tout ça n’est qu’une légende et les poids qu’ils ne portent ne font qu’un ou deux kilos…

Ao commença à faire la leçon à l’épéiste sur la manière dont un ninja devait se présenter – a fortiori lorsqu’il y avait des plus jeunes – mais Chôjurô se permit de l’interrompre avant qu’Ao n’entame le chapitre sur la manière de se signaler (il ne l’avait entendu que trop souvent) :

- Des personnes sont entrées dans le village.
- Comment ?

Le visage d’Ao se crispa. Des intrus avaient pénétré dans Kiri. Le village caché courrait peut-être un grave danger. Et lui qui ne le savait pas quelques instants plus tôt… Impardonnable.

Après être passé à Konoha le Faucon viendrait faire une halte à Kiri ? pensa Ao. Si c’est le cas il ne nous échappera pas longtemps.

Le jônin activa son Byakugan. Il ne nota aucune anomalie. Aucun combat ne se déroulait à proximité.

- Je ne vois rien…
- Nous avons pu en capturer un.
- Pas capturé, j’ai été laissé là pour vous expliquer la situation corrigea l’individu.

Il n’avait fallu que quelques instants à Ao, Chôjurô, Rika et Sôji pour se rendre dans un dépôt de provisions, situé à quelques pas de la mer. Des ninjas des forces spéciales entourés un individu assis dans la position du tailleur. Il était habillé tout en noir avec des bandages autour des mains. Mal rasé, les cheveux attachés en arrière, il avait la mine de quelqu’un dont on avait interrompu la digestion. Devant lui figuraient plusieurs emballages vides et dispersés.

C’est lui qui a mangé tout ça ? s’étonna Rika. Il ne fait vraiment pas attention à sa ligne. Ah la la, les hommes ne connaissent pas leur chance.

- Nous expliquer quoi ? s’agaça Ao.
- Qu’il ne faut pas vous mettre dans des états pas possibles pour un peu de nourriture dérobée. Nous devions refaire le plein et…
- Nous ? Combien étiez-vous au juste ?

Le prisonnier se gratta la tête. Visiblement la question l’embêtait.

Chôjurô aurait voulu ajouter qu’en fait d’un peu de nourriture, l’entrepôt avait été vidé en grande partie. Le silence lui parut préférable, pour ne pas essuyer de nouvelles remarques d’Ao. Le jônin pouvait être encore plus ennuyeux lorsqu’il était énervé.

Il est vraiment relax. Vu sa situation c’est curieux… pensa Rika.

Il n’a pas l’air dans le coup. Qu’est-ce que c’est que ce type ? se demanda Sôji.

- Tu ne veux pas répondre ? insista Ao. Nous avons les moyens de te faire parler.
- Je vous le dirais bien… mais si j’vous parle je pense que mon chef ne va pas trop apprécier répondit le ninja en se passant la main derrière la tête.
- Et comment s’appelle ton chef ?

« Hanako Anotsu ? »

Tsunade recula son siège en entendant ce nom.

« Oui Tsunade-sama. Sûrement une enfant de Shôkishi et Tsugumi Anotsu. »

La nouvelle de Shizune fit apparaître nombre de rides de contrariété sur le front de l’Hokage. Que venait-elle faire ici ? Etait-elle liée avec le Pays des Neiges ? Quelle position adopter à son égard ? Les Habaki gardaient le silence, aussi Konoha avait toute latitude quant au sort à réserver à Hanako. Une autre épine dans le pied.

Les conseillers ne mirent que quelques minutes à rejoindre Tsunade et à être au courant des derniers événéments. Naruto était aussi de la partie, tout comme le père de Shino.

- Que fait-on ? demanda Koharu. On ne peut pas laisser n’importe qui pénétrer ici. Konoha est un village caché, pas un village d’accueil !
- Lorsque nous l’avons approchée commença Shibi Aburame, elle nous a souri et indiqué qu’elle résidait dans une auberge. Elle avait déjà réservé des chambres donc ce n’était pas la peine que nous nous préoccupions de son logement.
- Pardon ? s’étouffa Homura. C’est ce qu’elle a osé vous répondre ?
- Oui.

Le conseiller était outré par une telle réponse.

- Cette désinvolture… mais pour qui se prend-elle ? Nous savons où elle loge, attendons une heure avancée de la nuit et que les Anbus l’arrêtent. Son frère se sentira moins seul estima Koharu.
- Cela ne se fera pas sans dommage estima Naruto. Je l’ai à peine aperçue et pourtant j’ai senti une immense force en elle. Et puis elle n’est pas seul…
- La personne qui l’accompagne à l’air de plutôt bien manier l’épée. Les Habaki n’ont pas fait le moindre geste agressif à leur endroit appuya Shibi. Et, si je peux me permettre, elle nous a certes souri mais la menace planait dans sa voix.
- Et en indiquant qu’elle avait réservé des chambres, il se peut tout à fait qu’ils soient plus que deux…

Shikaku venait d’arriver. Saisir quelques mots à droite et à gauche lui avait permis de comprendre ce qui s’était passé et l’agitation qui avait gagné une partie du village.

- En effet, j’ai demandé à mes hommes de surveiller les environs et de me prévenir de tout mouvement inhabituel.
- Sage décision Shibi approuva Shikaku. J’ai demandé aux Uzumaki et Uchiha s’ils avaient entendu parler d’elle…
- Et alors ? demanda Naruto, impatient d’en savoir plus.

Le père de Shikamaru grimaça.

« Elle n’a pas la réputation d’être tendre. Je ne sais pas si elle est pire que son père mais avoir Hanako Anotsu entre nos murs pourrait être gênant. Surtout que, si elle est là, c’est sans aucun doute en rapport avec le procès… »

Tout le monde se tourna alors vers Shibi :

- Quel a été le… jugement rendu par Eiichirô Habaki ? demanda Tsunade, se doutant de la réponse.
- La mort confirma Shibi. Masato a néanmoins invoqué la possibilité d’un duel judiciaire. Vu la situation, il va se dérouler chez nous…

Aucun sourire n’apparut sur les visages des personnes présentes dans le bureau de Tsunade. C’était un élément de plus qui allait irriter le Pays des Neiges. Masato serait peut-être tué par un Habaki mais il le serait sur les terres de Konoha. Entre alliés c’était le genre de cadeau qu’il valait mieux éviter de s’adresser…

- Inviter Shôkishi au combat lui fera peut-être plaisir… ironisa Homura.
- Souhaitons-le répondit, évasif, Shikaku.
- Il reste à Masato et aux Habaki à désigner qui ils souhaitent poursuivit Shibi. Masato se battra sans doute pour lui… quant à son adversaire, les Habaki ont quelqu’un en tête mais sa candidature pourrait poser problème. Ils ne m’en ont pas dit plus.

Il ne manquait plus que ça fulmina Naruto. Cela commence à bien faire. Nous devons montrer que nous sommes maîtres chez nous ! J’en ai marre de nous voir imposer tout cela. Bon sang pour un peu je ferais bien évader Masato…

Tsunade se leva et se déplaça à la fenêtre. Tout le village s’offrait ainsi à son regard.

« Pour maintenir la paix dans le village et entre les nations, quelle décision devons-nous prendre ? » demanda-t-elle à voix haute.

La paix ? Quelle illusion ! Tout le monde la recherche mais personne ne l’atteint. La mort est toujours au bout du chemin. Rien n’a changé.

Vissée dans la tête, cette pensée animait Indra alors qu’il avançait en direction de sa cible. Le jour tombait et, déjà, l’obscurité gagnait du terrain. Derrière lui, on pouvait voir des traces de sang. Une famille qui n’aurait pas dû se trouver là. Mauvais endroit. Mauvais moment. Il n’y avait pas de survivant.

Quand je pense que les parents m’ont demandé d’épargner leurs enfants… Comme si les mioches ne parlaient pas. Je me souviens encore de ceux qui m’avaient donné aux alliés d’Ashura. Le nombre d’hommes que j’ai perdu à cause d’eux…

Ses yeux s’animèrent de colère. Il venait d’arriver à quelques pas de sa cible. Le village s’offrait entièrement à son regard. Il semblait paisible.

D’un regard, Indra scruta les principales rues, son organisation. Placé comme il l’était, au bord d’une falaise qui donnait accès au village, la vue était parfaite.

« Vivre ainsi, avec aussi peu de ninjas qui patrouillent et, en plus, uniquement à l’intérieur. Vous vous êtes endormis sur le mol oreiller de la paix. Votre réveil n’en sera que plus brutal. »

Indra s’immobilisa. Un instant il donna l’impression d’hésiter.

« Un ordre est un ordre. Et puis c’est l’occasion de voir si je n’ai pas oublié certaines techniques… »

Le fils aîné du Sage concentra son chakra. Son sharingan s’activa. Les 3 magatamas présents évoluèrent rapidement en une espèce de Rinnegan à ceci près qu’au lieu de cercles concentriques, une spirale se dessinait dans chaque œil. Indra croisa les bras et ferma les yeux.

Rapidement du chakra se mit à l’entourer. Un chakra qui prit rapidement de la consistance : un squelette apparut. D’abord une cage thoracique puis, rapidement, les os des bras se dessinèrent, ainsi que ceux du crâne. Puis, les tissus et la peau recouvrirent ce squelette. Cet humanoïde était de couleur noire, un noir brillant, telles les flammes de l’Amaterasu.

Pas besoin d’aller jusqu’à sa forme finale pour ça…

Rapidement, Indra ouvrit les yeux et effectua des mudras reproduits instantanément par son Susanô. Les nuages dans le ciel commencèrent à se disperser, comme s’ils devaient faire de la place pour quelque chose. De là où il était, Indra entendit des murmures. Ce phénomène météorologique devait être inédit par ici. Toutefois, peut-être que certains l’avaient déjà aperçu lors de la dernière guerre.

Ainsi ils pourraient alerter les autres, essayer de fuir.

Un sourire anima le visage d’Indra. Une telle perspective l’excitait. Il n’aimait jamais que son adversaire accepte passivement la défaite. Il voulait qu’il résiste, lutte contre ce qui allait immanquablement lui arriver.

« Paradis détruit ! »

L’espace laissé par les nuages fut alors occupé par une immense masse sombre. Une météorite pénétra dans l’atmosphère lentement, comme si le temps s’était ralenti. Indra entendit alors des cris, de l’agitation. Enfin un peu de mouvement. La fuite était privilégiée mais la masse qui allait s’abattre n’était pas loin de faire le diamètre du village. Personne ne pourrait fuir assez vite pour éviter le choc.

La météorite fit un bruit terrible en entrant au contact du sol. Un tremblement monstrueux s’ensuivit mais, protégé par son Susanô, Indra ne bougea pas d’un pouce.

Le Susanô d’Indra se dissipa peu de temps après l’impact. De longues minutes s’écoulèrent pour que la poussière soulevée par le choc se dissipe et qu’il soit possible d’y voir un peu plus clair. Le spectacle contenta Indra : plus un bâtiment n’était debout. Des ruines remplaçaient le village qui s’était trouvé à cet endroit. Irrégulières, leur aspect général plaisait au fils aîné du Sage.

Il n’était pas nécessaire de faire pleuvoir plusieurs météorites sur ce lieu. Une seule suffisait. C’était l’ordre de Shôkishi alors Indra voulait l’observer à la lettre. Pourtant, une furieuse envie le parcourait : devant ce paysage dévasté et l’absence de résistance, il aurait bien voulu en faire tomber une deuxième. Déçu par cette situation, Indra voulait invectiver les quelques survivants qu’il devinait par endroits, pour les tancer sur leur manque de talent.

Et on appelle cela un village ninja… A mon époque un tel lieu aurait été détruit en quelques heures tellement sa faiblesse saute aux yeux.

« Ces gens d’Ame ont dû faire de bien vilaines choses pour susciter votre courroux. »

Indra regarda à sa gauche. Un homme était assis sur un rocher. Il regardait le spectacle de désolation qui s’offrait à lui. Sans que la moindre émotion ne parcourt son visage.

- Vous n’approuvez pas ? Celui-là m’offrira peut-être une opposition un peu plus corsée.
- Je ne suis pas ici pour discuter esthétique de la destruction.
- Vraiment ?
- Ouais, on est là pour vous causer, M. le fils aîné du Sage.

Un deuxième individu était présent. Il était dans le dos d’Indra. Celui-ci tourna lentement la tête et vit que ce nouveau venu avait les deux mains dans les poches. Sa manière de parler ne lui plaisait guère.

Rester dans mon angle mort… Ces types ne doivent pas être trop mauvais.

- Employer un ton aussi familier ne mettra pas Indra-sama dans de bonnes dispositions à notre égard M. Shizuma.
- Bah faire tout ce chemin et lui débiter trois phrases ça en vaut pas la peine. Avec un combat là, c’est déjà plus vendeur.
- La décision ne vous appartient pas.
- C’est pas avec ta politesse que tu le rendras plus coopératif Ishin !

Ce dernier fit un signe de dépit.

Pourquoi dois-je faire équipe avec Shizuma ? Il n’est jamais d’accord et ne pense qu’à éliminer tout ce qui se présente.

Indra profita de ce petit échange pour mieux les analyser. Ils n’avaient aucun bandeau ninja, pas de symboles d’un quelconque village sur leurs vêtements. Le seul signe qui apparaissait était une étoile noire.

Je devrais sans doute les considérer comme des ennemis.

Indra se mit en position de combat.

Cela me dédommagera de l’échauffement que je n’ai pas eu avec le village d’Ame.

Ishin soupira :

- M. Shizuma, vous portez l’entière responsabilité de ce qui est en train de se passer. Le voici désormais avec des sentiments négatifs à notre endroit.
- Arrête avec ta bonne conduite répliqua Shizuma. Je ne pense pas que notre chef m’en voudra si je l’amène avec quelques membres en moins. D’ailleurs, le tronc et la tête, cela ne doit pas être bien lourd à transporter…

Tout en terminant sa phrase, l’individu sortit sa main droite de sa poche. Ishin se plaça devant lui.

« Putain Ishin tu fais quoi là ? »

Ce dernier foudroya Shizuma du regard, même si ce dernier ne fut pas vraiment impressionné.

- Pardonnez mon coéquipier Indra-sama. C’est un imbécile. Notre chef souhaite vous rencontrer. Je pense que cet entretien serait mutuellement profitable donc il serait dommage de le retarder pour une raison aussi futile qu’un combat.
- Parce que vous pensez pouvoir m’amener à votre chef ?
- Entier si possible répondit Ishin.
- C’est ce qu’on va voir.

Indra tendit la main en direction de ses deux adversaires.

« Shinra Tensei ! »

La déflagration causée était ciblée, pour mieux diriger la puissance de ce jutsu. Ses deux adversaires avaient toutefois eut le temps de l’éviter.

- Nous voulons juste vous emmener voir notre chef. Qui plus est, il ne doit pas vous être totalement inconnu…
- Je l’aurais déjà rencontré ?
- Non. Mais des membres de sa famille oui.
- Perds pas ton temps Ishin, je te promets de ne pas trop l’abîmer !

Les trois individus se jetèrent donc dans un combat acharné alors que, quelques pas en dessous d’eux, la mort et le désespoir frappaient Ame.

« Ne me décevez pas jeunes gens » déclara Indra, le visage animé d’une profonde joie. « Je compte bien danser avec vous toute la nuit. »
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MessagePosté le: Lun 16 Juin 2014, 9:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 92 : Au petit jeu des devinettes


L’inaction avait fini par leur peser. Tout croyant devait prier son Dieu et ne pas discuter les ordres de son supérieur. Il n’empêche : les jashinistes s’ennuyaient. Et ce n’était pas bon. Tout acte de rébellion étant considéré comme hérésie et puni de mort, aucune révolte n’avait éclaté. Mais elle grondait, dans le regard d’Oren et Hajime notamment.

La situation n’échappait nullement à Mozen et Otoki. S’ils avaient fermé les yeux, c’était pour que ces deux éléments utilisent cette rage pour Jashin. Ce fut le cas dans un premier temps : leur acharnement à entraîner les nouvelles recrues faisait plaisir à voir. Très vite, toutefois, cet exutoire ne fut plus suffisant. Que fallait-il donc faire d’eux ?

C’est notamment pour répondre à cette question que Mozen avait convoqué sa fille. Elle se présenta à son père vêtue d’un pantalon en toile rouge, d’un haut sans manche noir et de gants laissant les phalanges à l’air libre. Elle salua d’un bref signe de tête.

- Pourquoi attendre te demandes-tu.
- Nul besoin d’être le représentant de la parole de Jashin pour faire cette déduction.

Une telle virulence était inhabituelle dans la bouche d’Oren. Elle en avait assez. Son père lui fit signe de prendre place sur un siège. Un rafraîchissement était posé sur la table. Il fallut plusieurs secondes pour que la jashiniste accepte de s’asseoir.

- Tu serais partie à la recherche de Masato ?
- Peut-être.
- Pourquoi ?
- Parce qu’il a défié Jashin. Et qu’il est le fils de celui qui nous a enterrés vivants.

Ses yeux brûlaient de colère. Sa voix tremblait presque sur certains mots tant cette dernière était forte.

Ce n’est pas une colère au service de Jashin pensa tristement Mozen. Le regard las, il croisa celui de sa fille et lui répondit : « La colère n’est utile que si elle sert Jashin. La tienne est égoïste. Elle est là pour te servir toi. Elle menace notre organisation. »

Elle ne se démonta pas pour autant. « Je ne suis pas une brebis qui suit aveuglèment les ordres de son berger. »

Une petite partie de la table explosa. Oren contrôlait remarquablement bien le Bakuton.

Elle ne voit pas que si sa maîtrise est meilleure c’est parce qu’elle a eu du temps pour l’améliorer.

Leur échange se poursuivit. Oren restait bloquée sur sa position. Pour la première fois de sa vie, Mozen hésita. Les commandements de Jashin étaient clairs : toute personne s’écartant de la ligne devait être éliminée. Oren était sa fille, la chair de sa chair. Et cet élément, qui ne devrait pas compter affectait la prise de décision de Mozen.

Jashin, soyez miséricordieux. Ma fille… je ne veux pas la tuer. Pas pour son attitude. Elle peut changer. Laissez-moi une dernière chance.

Mozen sentit un frisson le parcourir. Le signe qu’il attendait. Il se leva de son siège et demanda à Oren de le suivre. Dans ce dédale de couloirs, creusés dans la roche, la parole reprit, doucement :

- Si vous avez décidé de m’exécuter, inutile de me fatiguer par une longue marche. Tuez-moi maintenant.
- Ta mort n’est pas utile. Je ne le crois pas.
- Et Jashin ?
- Vois cela comme ta dernière chance.

Le ton s’était subitement durci dans la voix de Mozen. Il aimait sa fille mais il demeurait le détenteur de la parole de Jashin. Si la nouvelle de la contestation ouverte d’Oren se répandait son autorité serait contestée. Car la parole de Jashin était claire : aucune faiblesse n’est tolérée. A tous les échelons.

- Sais-tu ce que nous ont rapporté nos accords avec le Jiyûhane et les Habaki ?
- La honte.

Elle reçut une gifle.

Je me serais trompé… Elle est plus bête que je ne le pensais.

- Je te donne une seconde chance.
- De l’argent. Un élément que n’aime pas particulièrement Jashin.
- Si on prend sa parole au pied de la lettre coupa Mozen. Pour faire vivre nos fidèles nous en avons besoin. Car nous ne sommes pas encore en état d’être auto-suffisants.

Il était manifestement agacé par cette réponse. Les Habaki s’étaient en effet montré généreux en donnant une forte somme d’argent aux jashinistes pour leur non-intervention. Une somme que jamais Mozen n’avait eu entre les doigts.

« Ce n’est toutefois pas l’avantage le plus important que nous avons obtenu. »

Pour la première fois depuis longtemps Mozen vit un éclair de curiosité parcourir les yeux de sa fille. Elle s’immobilisa et réfléchis.

- De la reconnaissance ? Ainsi nous ne sommes plus des inconnus mais des groupes importants négocient avec nous…
- C’est un apport mais très secondaire par rapport à ce dont je te parle.

Le corps d’Oren s’immobilisa. Où donc voulait-il en venir ? Etait-ce un moyen de lui faire comprendre qu’elle allait être sacrifiée ?

« Avance et tu verras. Alors, peut-être, comprendras-tu. »

Quelques pas supplémentaires lui permirent de sortir de ce dédale et de déboucher sur une terrasse, elle aussi creusée à même la roche. Elle donnait sur une zone d’entraînement. Celle des jashinistes. Une vaste surface à l’air libre qui débouchait sur une impressionnante falaise. Et le vide en dessous. Le vide qui attendait tous les aspirants trop faibles pour résister à la formation nécessaire pour être un fidèle de Jashin.

- Que vois-tu ?
- La très grande partie des forces de Jashin.

Oren s’arrêta de parler. Elle regarda son père. C’était cela qu’il voulait lui montrer. Pourquoi ?

S’il me les montre c’est pour que je saisisse quelque chose qui m’a échappé. Quoi ?

Elle prit quelques instants pour réfléchir.

J’ai une idée.

- Ces forces, elles résultent plus ou moins directement des accords passés.
- Oui. L’argent permet de faire vivre et d’attirer certains fidèles ; notre discrétion nous a permis de les former. Donc, quel est le gain principal ?
- La tranquillité ?

Une grimace parcourut le visage du chef des jashinistes. Ce n’est pas tout à fait la réponse qu’il attendait.

- Quelque chose de plus précieux. On cherche parfois à lui échapper mais notre foi en Jashin nous permet de l’affronter sans avoir peur.
- Le temps.
- Oui. Grâce à lui nous avons reconstitué nos forces. Jashin peut regarder vers le Nord… et le Pays des Neiges.

Oren regarda son père. Cette nouvelle la réjouissait mais la méfiance restait de mise dans son regard.

- Vous comptez honorer l’accord avec le Jiyûhane ?
- S’il se révèle aussi profitable que celui avec les Habaki oui. Sinon…

Mozen désigna le terrain en contre-bas où les nombreux disciples de Jashin s’entraînaient.

« Avec eux tout devient possible. Ne t’écarte pas de Jashin Oren. Sinon c’est la mort. »

Il la planta là et repartit dans la pénombre des couloirs. Hajime lui succéda aux côtés d’Oren.

- Tu as aussi eu droit à un recadrage ?
- Avoir une deuxième chance n’est pas donné à tout le monde.
- Nous leur faisons donc encore confiance ?

Les deux se regardèrent. Leurs yeux jouèrent le rôle de leur langue : suivons-les pour le moment. Si le succès est au rendez-vous tant mieux. Sinon, Mozen et Otoki ont mal interprété les paroles de Jashin. Et alors…

« Êtes-vous toujours avec moi ? »

Elle sursauta. Depuis qu’elle avait accompagné Naruto voir Masato, à la prison de Konoha, Gaiya Uzumaki avait une drôle d’impression. Comme si elle était observée. Malgré ses multiples coups d’œil et une surveillance renforcée, le résultat était toujours le même : personne n’était détecté. La question de Shikaku la ramenait à l’actualité et à son entretien avec le stratège Nara.

- Pardon, j’ai quelques menus sujets de préoccupation en ce moment. Mais je ne veux pas vous ennuyer avec ça.
- Si Konoha peut faire quoi que ce soit pour vous aider, n’hésitez pas.
- Merci Shikaku, je sais que je peux compter sur vous. Même si vous vous méfiez de moi.

J’ai des doutes sur la sincérité de cette déclaration pensa le père de Shikamaru. Vu les circonstances actuelles, mieux vaut garder cette réflexion pour moi. Il faut être uni.

- Et donc, reprit Gaiya, que voulez-vous savoir ?
- Hanako Anotsu. Vous m’avez dit la connaître…

Elle prit une profonde inspiration. Au début, elle chercha ses mots, hésita et finit par lâcher, au détour d’une phrase : « Hanako… elle a fait bien du mal. »

Il en fallait plus pour Shikaku. Gaiya se contenta d’indiquer : « Elle a tenu tête au Faucon mais à un prix élevé. Son pouvoir… il est effrayant. »

Voilà qui piquait encore davantage la curiosité de son interlocuteur :

- Vous l’avez affrontée ?
- Nous étions en dehors des conflits, enfin, pour la plupart d’entre nous. La seule chose que je peux vous dire en plus est que vous ne devriez pas la sous-estimer.

Rien d’exploitable pesta intérieurement Shikaku. C’est de la langue de bois. Pourquoi n’en dit-elle pas davantage ?

- Vous êtes vague volontairement ?
- Que voulez-vous dire ?
- Rien dans ce que vous dites n’est décisif. Vous êtes une femme intelligente. Je pense donc qu’à dessein vous ne dites pas tout ce que vous savez.
- Vous avez une haute opinion de moi Shikaku Nara.

Elle darda sur lui ses yeux. Le regard se voulait séducteur mais changea rapidement. Gaiya savait que Shikaku ne relâcherait pas ses interrogations. Il était trop malin pour cela.

- Peut-être vos liens avec le Pays des Neiges vous empêchent de parler librement. Votre clan est peut-être surveillé voire certains sont en contact avec Shôkishi Anotsu…
- Vous nous accusez de vous espionner ?
- Je pose des questions simples. Si vous ne répondez pas ou à côté c’est que quelque chose ne va pas. Ibiki Morino vous dira la même chose que moi.

Cette menace voilée ne plut nullement à Gaiya. Elle devait pourtant se rendre à l’évidence : être avec Konoha avait un prix. Il fallait collaborer dans la limite de ses moyens. Sinon, rapidement des doutes émaneraient.

Et Mayu Shimura se fera un plaisir de les exploiter contre nous se dit Gaiya. Nous ne pouvons toutefois pas donner sans recevoir. Rien n’avance concernant le Pays des Tourbillons et sa remise en état…

- Je vous crois sur parole concernant Ibiki. Si je trouve des informations plus intéressantes je vous les transmettrai.
- Merci.

La fin de l’entretien approchait indubitablement.

« Désolé si j’ai parfois semblé ailleurs. Parfois je regarde par la fenêtre et je pense au Pays des Tourbillons. A ce qu’il sera une fois que la reconstruction aura commencé. »

Compris. « Je rappelerai le sujet aux Hokages dès que je les croiserai. Avec la guerre, cette idée n’a pas reçu autant d’attention qu’elle le mérite, même si le Hokage y est particulièrement sensible. »

Shikaku se releva et salua. Il fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Sur le seuil, il s’immobilisa et lâcha :

- Avez-vous trouvé quelque chose d’intéressant lors de votre expédition au Pays des Tourbillons ?
- Je vous demande pardon ?
- Rien, je parlais tout seul. A cette heure, je n’ai parfois pas toute ma tête.

Shikaku partit. Elle le regarda s’éloigner par la fenêtre.

« Avez-vous appris quelque chose d’intéressant ? » demanda Gaiya en lançant un kunaï derrière elle.

Celui-ci fut arrêté par une main. Une main rattachée à un corps qui était assis à une fenêtre ouverte. Dans l’autre main se trouvait un bâton. Le visage de l’individu était masqué par une écharpe qui engloutissait jusqu’à son regard. Il portait une tenue sombre. Exactement celle qu’un ninja chargée d’une mission d’assassinat porterait. Son attitude assez nonchalante tranchait remarquablement avec cet élément.

« Que venez-vous faire ici ? »

Interrogé, l’individu ne répondit pas. Il laissa tomber le kunaï au sol mais, avant qu’il n’ait touché le parquet, l’intrus était déjà au niveau de Gaiya.

Rapide.

Il lança son bâton au niveau des chevilles de l’Uzumaki qui, d’un pas, se recula.

Il veut me faire tomber ? Limiter mes mouvements en fragilisant mes appuis ?

Le bâton arrivait déjà au niveau de son ventre. Le choc fut violent. De nature à briser plusieurs côtes.

Gaiya n’avait rien. Des chaînes de chakra, surgissant de son corps, s’étaient entremêlées pour la protéger. Mais pas seulement. D’autres surgissaient déjà de son corps pour attaquer l’assaillant. Celui-ci para la première avec son bâton, recula de trois pas pour éviter la seconde, tourna à 45 degrès pour esquiver la troisième, recula le haut de son corps pour être frôlé par la quatrième.

Il a bien anticipé mes quatre chaînes. On va voir comment il se débrouille avec une dizaine.

Elle se concentra un bref instant. Une multitude de chaînes émana de son corps. Suspendues dans les airs, elles ressemblaient à un amas de serpents prêts à fondre sur la proie en face d’eux.

Aucune hésitation ni aucune peur ne se lut dans le comportement du ninja devant Gaiya. Il prit une position défensive et, d’un geste de la main, indiqua qu’il était prêt.

« Tu ne manques pas de culot. J’espère que tu en auras autant lorsque nous t’interrogerons. »

Les chaînes déferlèrent sur lui selon un ordre et des directions imprévisibles. Il bougea alors d’une manière atypique. Une manière qui n’était enseignée dans aucune académie ou école. C’était terriblement efficace. Tout en petits pas et en ondulations, il se déplaçait de manière latérale ou en avançant. Un observateur extérieur aurait eu toutes les peines du monde à dire s’il fuyait ou s’amuser avec les chaînes. Tel un charmeur de serpents, ils jouaient avec les chaînes de chakra.

Augmentons le nombre de chaînes et leur vitesse pensa Gaiya.

Elle le fit dans la seconde. Sa maîtrise était remarquable. Son adversaire semblait pourtant deviner quelques instants à l’avance où les attaques allaient porter.

Lui parler le déconcertera peut-être…

« Êtes-vous un homme d’Hanako ? » finit-elle par demander. « Non, elle n’enverrait pas un ninja faire ses basses œuvres. Votre maître doit être un lâche pour vous envoyer au lieu de se déplacer lui-même. »

Le corps du ninja réagit alors, comme si cette parole l’affectait. Gaiya crut y lire une ouverture. Elle se trompait.

D’un coup de son bâton, il parvint à dévier une chaîne. Une seule. Ce fut suffisant pour percer la défense de Gaiya. Ce petit décalage désorganisa ses chaînes une fraction de seconde. Le temps que les autres chaînes de chakra compensent l’ouverture. Une fraction de seconde en trop.

L’individu avait rejoint Gaiya et arrêté son bâton au niveau de la nuque de cette dernière. S’il n’avait contrôlé son geste, Gaiya savait qu’elle aurait été sérieusement touchée. Peut-être même tuée.

Elle ne bougeait plus, reprenant sa respiration. Ses chaînes étaient aussi immobiles qu’elle. Elle croisa son regard et eut alors une certitude : elle avait affaire à une personne aveugle.

- Vous êtes morte Gaiya Uzumaki lui dit une voix émanant de son adversaire.
- Pourquoi avoir arrêté votre geste ?

Des bruits de pas se firent entendre. Ainsi que des éclats de voix. L’affrontement n’avait pas été assez silencieux pour échapper aux Uzumaki qui ouvrirent la porte. L’individu avait disparu.

« Vous n’avez pas appelé de renforts. Cette attitude loyale méritait une récompense » déclara une voix.

- Il ne doit pas être loin hurla un Uzumaki. Nous allons le retrouver Gaiya-sama.
- Oui il est à nous !

Ils bondirent par la fenêtre et se lancèrent dans les rues de Konoha.

- Tout va bien Gaiya-sama ? Vous n’avez pas été blessée ?
- Je vais bien répondit la chef des Uzumaki. Où est-il allé ?

Pas très loin d’eux.

« Alors ? » demanda Mayu, installé dans son fauteuil, au QG de la Racine. « Que vaut cette femme ? »

Le ninja agenouillé et tête baissée releva cette dernière. Ses paupières closes fixèrent Mayu. Le regard de ce dernier était fermé. Une tension invisible parcourait son corps.

- Gaiya Uzumaki est une kunoïchi d’un très bon niveau.
- Pourquoi l’avoir épargnée ?
- …
- La Racine ne fait pas de sentiments ni ne connaît la pitié Kiyoshi, tu te souviens ?
- Elle s’est battue sans appeler de renforts et a accepté de combattre dans cette pièce close plutôt qu’au grand air, ce qui m’aurait fait repérer rapidement.

Mayu fit un geste d’agacement. La Racine n’était pas un club de gentlemen mais des ninjas de l’ombre, qui devaient utiliser tous les moyens et ruses pour arriver à leurs fins. Seul le résultat importait.

- Cette faute aurait dû lui coûter la vie tonna-t-il. N’y vois pas un signe de grandeur. Cette femme est dangereuse pour Konoha. Et face au danger que fait la Racine ?
- Elle l’élimine si elle ne peut le contrôler répondit presque automatiquement son interlocuteur.
- Tu as donc failli.
- Non maître c’est simplement que…
- Qui t’a fait confiance Kiyoshi ? Qui a voulu de toi ? Qui t’a appris à te battre ? Toi l’infirme, l’aveugle qui voulait devenir ninja. Ils étaient nombreux ceux qui se moquaient de toi ou te stigmatisaient.

Kiyoshi ouvrit ses yeux morts et regarda Mayu.

- C’est vous, Mayu-sama, qui m’avait permis d’intégrer la Racine. De me sentir vivant.
- Sans moi tu serais comme ce gosse cloué dans un fauteuil. Inutile pour le village. Regarde maintenant ce que tu es. Un adversaire redoutable, au style unique. Un des meilleurs éléments de la Racine.

Intérieurement Kiyoshi recevait ces compliments comme une bénédiction. Les compliments de Mayu étaient rares. Mais la Racine avait un fonctionnement impitoyable : l’organisation et ses règles primaient sur le génie individuel.

- Je vais supposer que ce danger peut se contrôler glissa Mayu. S’il s’avère que ce n’est pas le cas, tu la tueras. Est-ce clair ?
- Qu’est-ce qui est clair ?

Saï venait d’arriver. Jouer le rôle d’intermédiaire entre Mayu et les Hokages et donc un rôle d’espion à la botte des autorités du village qu’exécrait Mayu n’était pas un poste facile. Le fils de Danzô n’avait toutefois pas le choix et Saï n’avait pas utilisé de moyens déloyaux pour obtenir des informations. De l’espionnage version Racine, que Mayu connaissait bien et pouvait donc contourner… du moins pour les dossiers les plus importants. Il fallait bien lui donner un os à ronger pour ne pas éveiller trop rapidement les soupçons.

- Il est clair que tu devrais laisser tomber les Hokages pour redevenir pleinement un agent de la Racine. Ou alors m’informer de ce qu’ils…
- Ne reprenez pas ce discours avec moi Mayu. Sinon je devrai le rapporter aux Hokages.

Mayu fit signe qu’il arrêtait. Son regard se fit nettement mois jovial :

- Que veux-tu Saï ?
- Gaiya Uzumaki vient d’être attaquée. Les Hokages souhaitent la pleine et entière coopération de la Racine pour retrouver cet individu.

Mayu fixa l’endroit où Kiyoshi se tenait quelques instants auparavant. La place était vide. Saï n’avait rien vu. Il avait le chic pour disparaître en un instant, sans laisser la moindre trace.

« J’espère qu’elle s’en est sortie indemne » commenta Mayu.
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MessagePosté le: Lun 23 Juin 2014, 11:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 93 : La prison s'anime


« Tu vas mourir ! Tu le sais, hein, que tu vas mourir ? Tu ne tiendras pas plus de trois secondes. C’est la fin pour toi ! Tu vas payer pour tes crimes. TU VAS MOURIR ! »

Cela ressemblait au refrain d’une chanson. Très mauvaise en l’occurrence. Masato devait s’y faire. Depuis qu’il avait été transféré dans une nouvelle cellule il avait un visiteur assidu. Un enfant de 9 ans. Un Habaki qui passait son temps à lui rappeler le combat à venir. Et qu’il allait mourir.

Sa nouvelle cellule était moins confortable que la précédente : seule une petite fenêtre en hauteur faisait entrer la lumière. Celle présente dans la pièce était donc majoritairement artificielle. Et des barreaux de fer barraient toute la longueur de la cellule. De quoi être visible facilement.

Une vraie bête de foire pensa Masato. Il n’avait pas compris pourquoi ce changement de localisation. Peut-être le Hokage voulait-il durcir les conditions pour le faire rejoindre son point de vue ? Pour faciliter son évasion peut-être ?

A cette dernière idée, il sourit.

« Pourquoi qu’tu souris hein ? Parce que tu vas crever comme un chien ?! »

Masato ne répondait pas. Il ne répondait plus. Trop de temps avait déjà été perdu en échanges stériles avec cet enfant enfermé dans sa logique. A quoi bon perdre son temps ? Le problème c’est que cela ne dérangeait pas le neveu d’Eiichirô. Eisuke Habaki avait été habitué à commander aux autres et à ne jamais être repris. Un rejeton d’un clan renommé, un héritier. Le propriétaire d’un nom prestigieux qui le mettait à l’abri de tous les besoins et lui assurait un bel avenir. Sans quelques événements malheureux, Masato aurait sans doute suivi la même trajectoire.

Etait-ce juste d’avoir un parcours en partie prédéterminé ? Il y a peu Masato n’aurait pas creusé ce sujet, trop occupé à se battre. Maintenant, non seulement il avait le temps pour ça mais il était également plus sensible à ce type d’inégalités.

La faute à un visiteur peu banal…

Ses réflexions étaient néanmoins perturbées par intermittence par les éclats de voix d’Eisuke. L’absence de réponse de Masato l’incitait à continuer à le provoquer, et à venir aussi souvent que possible pour le menacer. Il agrippait ses mains aux barreaux et collait sa tête contre, pour être le plus près possible du condamné.

C’est dans des moments comme celui-ci que j’aimerais déjà être en train de combattre…

Les invectives continuaient, en un flot ininterrompu.

Masato en avait assez.

Il jeta un regard noir à Eisuke, où la pulsion de meurtre était si puissante qu’il se recula des barreaux de la cellule.

- Tout va bien Eisuke-sama ? demanda un des deux gardes Habaki qui l’accompagnait.
- J’ai glissé, rien de grave.
- Vous ne voudriez pas y aller ? l’interrogea le second. Cela fait plusieurs heures que nous sommes là et…
- Nous partirons quand je le déciderai ! J’ai encore des choses à dire à ce monstre.

Le garde murmura quelque chose et s’éloigna de quelques pas.

Je les plaindrai presque pensa Masato. Rester là et l’écouter… surtout qu’il a une endurance remarquable pour ce qui est de parler, de crier et d’insulter. Il fera sans doute une grande carrière politique…

« Encore en train de sourire enfoiré… » commença Eisuke.

Il s’interrompit. Des pas venaient de se faire entendre. Ils se rapprochaient.

« J’avais pourtant ordonné qu’on me laisse seul avec le prisonnier ! » brailla le jeune Habaki.

Pas de réponse si ce n’est le bruit des pas qui s’amplifiaient. Ses deux gardes se raidirent. Le couloir qui permettait d’accéder à la cellule de Masato baignait dans l’obscurité. Peu à peu une silhouhette se dessina. Une silhouette féminine. Plus elle s’avançait plus les cris d’Eisuke allaient en diminuant.

« De quel droit viens-tu ici alors que… »

Elle se présenta face à lui.

« J’te reconnais » débuta Eisuke. « T’es cette espèce de pu… »

Une mandale monumentale décolla le morveux du sol, avant qu’il n’ait terminé son insulte, et l’envoya contre le mur, en face de la cellule de Masato. Les gardes ne réagirent pas.

« Comment oses-tu lever la main sur moi sal… »

La joue droite rougit elle aussi sous l’impact d’une nouvelle baffe. Eisuke n’eut pas le temps de toucher le sol. Il fut saisi au col et amené à quelques centimètres du visage de l’auteur des baffes :

« Ouvre la bouche encore une fois et je te tue. »

Pas de réponse. Visiblement le gamin avait dû comprendre qu’il valait mieux se faire tout petit.

La prise se relâcha et Eisuke tomba sur les fesses, sur le sol. Il se releva sans rien dire et sortit, accompagné par ses gardes. Il ne fut pas difficile à Masato et à sa visiteuse du jour d’entendre Eisuke incendier les deux ninjas et ces derniers se justifier en arguant qu’ils n’étaient pas qualifiés contre une telle personne.

Ils ne lui dirent pas qu’au fond d’eux ils avaient éprouvé une certaine satisfaction à le voir remis à sa place.

« Je n’aime pas les chiards bruyants et qui insultent... Comment peux-tu supporter ça ? »

Elle regarda le prisonnier.

« N’as-tu donc aucun honneur ? » demanda-t-elle en imitant la voix de Shôkishi Anotsu.

Pas de réponse.

« J’ai même pas le droit à un petit sourire aujourd’hui ? » glissa-t-il en souriant.

Masato soupira.

- Que fais-tu ici ?
- Je viens voir dans quel état se trouve mon frère.

Hanako évalua rapidement l’état du prisonnier : « Cellule minable, des blessures qui n’ont pas été bien traitées… Inadmissible. »

Son visage se ferma. La Veuve Noire ne souriait plus du tout.

- Déjà que ta présence ici ne doit pas faire plaisir aux autorités de Konoha… te plaindre n’améliorera pas ta situation.
- Le bonheur de ces individus ne figure pas parmi mes priorités. Ils sont trop lâches pour me mettre dehors.
- C’est avec ces idées-là que tu as pénétré dans la prison ?
- Je leur ai dit que la fille de Shôkishi Anotsu pouvait aller où elle le désirait.
- Ils t’ont cru ?
- Avaient-ils le choix ?

Masato s’allongea sur le lit de sa cellule, les bras derrière la tête. Une rencontre imprévue. Une de plus après la visite surprise d’Haïtani la nuit dernière.

« Toujours pas intéressé pour rejoindre le Faucon ? » lui avait-il demandé.

Masato avait dissimulé sa surprise.

Il joue pour le Faucon ce coup-ci ?

- L’horaire des visites est dépassé depuis un bon moment.
- Vraiment ? demanda Haïtani d’un air faussement innocent.
- Ne me dites pas que vous allez repartir…
- Cela vous causerait de la peine ? Il est vrai que les visites pour vous sont rares… même si vous avez un fan qui vient souvent en ce moment.

Ce simple trait d’humour avait fait sourire Masato.

- Vous êtes là pour me faire sortir ?
- Ce serait contraire aux lois ! s’offusqua Haïtani de manière théâtrale. Toutefois, si vous vous joignez au Faucon…
- Et si je préférais rejoindre mon père ?
- Alors vous n’avez plus toute votre tête. Mourrez et vite. Préférer Shôkishi Anotsu au Faucon… il faut être fou pour faire un tel choix.

Il en avait presque ri. Enfermé dans cette cellule, faible comme jamais, le rire était la seule chose qu’il lui restait.

- Au moins vous riez. Sacrée différence avec votre père.
- Pas suffisante pour que vous me fassiez évader.

Haïtani avait haussé les épaules. « Je ne peux vous faire sortir que si vous rejoignez le Faucon. Autrement j’aurais des ennuis assez sérieux. »

Il ne voulait pas craquer. Fuir était la dernière des choses à faire. S’il avait fait tout cela c’était pour Akari. Pas question de choisir une autre voie.

- Désolé mais vous ne m’emmènerez pas vers votre maître aujourd’hui.
- Dommage grimaça Haïtani. Je vous laisse quand même un petit cadeau. Un livre. Votre bibliothèque m’a l’air assez réduite… dit-il en regardant la petite étagère en bois au-dessus du lit de Masato. Elle était vide.

Un livre sur l’histoire du monde vu d’en-bas. Un ouvrage qui ne s’intéressait non pas aux ninjas de légende, aux Hokages, au Sage… mais aux personnes ordinaires, à celles qui ne faisaient pas partie de ces catégories prestigieuses.

- Original…
- Mon maître a pensé que cette lecture vous serait utile. Allez savoir pourquoi…

Masato l’avait ouvert pour lire l’introduction. Le monde qui y était dépeint et la thèse défendue étaient bien moins positifs que ce qui était présenté aux apprentis ninjas.

- Tu m’écoutes ?
- Pardon Hanako, tu disais ?

Elle joua superbement la personne irritée qu’on ne l’écoute pas. Une véritable actrice.

- Je disais donc : tu sais qui les Habaki ont prévu contre toi ?
- Je ne sais pas. Eiichirô ne sera pas mon adversaire. Shiori… elle en meurt d’envie mais cela m’étonnerait. Alors…
- Et pour te représenter ? coupa Hanako.

Masato regarda sa sœur avant de fixer le plafond.

- J’avais pensé demander à notre père de me choisir un champion mais… débuta-t-il, ironique.
- Ce n’est pas le moment d’essayer de me faire rire. Je pourrais être le tien.

Ils se regardèrent les yeux dans les yeux. Elle était sérieuse. Peut-être même ne l’avait-elle jamais autant été. Il secoua la tête.

- Tu ne me crois pas capable de te sauver la peau ?
- Si. Mais vu tes techniques, tu raserais Konoha pendant le combat. C’est un coup à entamer les réserves financières du Pays des Neiges et à causer quelques tracas…
- Père mérite bien une punition de ce genre glissa-t-elle. Il m’a éloignée et…
- Il l’a fait pour te protéger. Parce qu’il croit en toi.
- En mes capacités.
- Chez lui c’est la même chose.
- Et il t’a forcé à…

Masato l’arrêta. Ce n’était ni le lieu ni le moment pour parler de ça. Y en aurait-il d’autres ? Sans doute que non. Alors cette page du passé fut rouverte, pour la première fois depuis des années et le départ d’Hanako.

Ils se rapprochèrent : Hanako était accroupie, Masato sur ses genoux. Malgré la présence des barreaux, leurs mains purent se toucher.

- Hanako, je me suis proposé de moi-même pour passer pour l’assassin des jeunes Habaki et de leurs parents.
- Pourquoi ? demanda-t-elle, surprise.
- Parce que…
- Tu te rends compte la tournure infernale prise par ta vie à cause de moi ?

Pour un peu Hanako aurait pleuré. Cependant, son père lui avait appris que pleurer ne servait jamais à rien. Sauf à toucher les faibles d’esprits, et encore. Aussi aucune larme ne se manifesta. A la place, c’était une fureur noire qui gagnait son corps et son esprit.

« Je ne voulais pas que tu sois poursuivie, que tu ne puisses rien construire dans ta vie. Alors j’ai porté le chapeau. Et si c’était à refaire, je ferais la même chose. »

Le poing droit d’Hanako s’écrasa contre les barreaux de la cellule.

« Je vais te faire sortir de… »

Un léger grincement se fit entendre. Hanako se releva aussitôt.

« Je crois que nous avons de la visite mon frère. »

Masato colla son visage contre les barreaux, tout en tordant la tête pour voir qui cela pouvait bien être.

Pourvu que ce ne soit pas Eisuke…

Ce n’était pas lui. Le fils aîné de Shôkishi n’en fut pas plus soulagé pour autant.

« Qu’est-ce que tu fais là… Tetsuo ?! »

Le ninja manipulateur du Kinton ne dit pas un mot. Il pénétra dans la pièce le regard ailleurs, comme s’il était sous l’emprise d’une substance prohibée. Son allure avait peu changé : son corps était plus musclé, ses cheveux étaient un peu plus longs mais demeuraient sombres et dressés dans toutes les directions sur sa tête.

Ses yeux gris clair se fixèrent sur son ancien binôme. Alors ils s’animèrent.

- Je devais vous affronter… commença-t-il.
- Comme tu le vois mon mignon il est un peu occupé en ce moment répliqua sèchement Hanako. Tu seras gentil de passer une autre fois.

Les barreaux de la cellule de Masato commencèrent à se tordre.

Deux yeux injectés de sang se braquèrent sur Hanako.

- Ce n’est peut-être pas le bon moment de le titiller…
- Tu cherches à le ménager Masato ? Tu ne devrais pas. Ce gosse voulait être ton adversaire. Mais il semblerait que les Habaki l’aient lâché. A moins que Konoha ait eu un peu de mal à accepter qu’un type comme lui se pavane devant tout le village…

Masato repensa alors aux passages qu’ils avaient faits à Konoha. Ce jeune ninja blessé, ces morts…

Une barre de métal se détacha de la cellule de Masato.

- Je ne veux plus entendre un mot sortir de votre bouche sinon…
- Fréquenter les Habaki t’a rendu bien hautain petit. Tu ferais mieux d’ajouter s’il-te-plaît si tu ne veux pas avoir des soucis.

Le métal se scinda en une mutltitude de petites lames affûtées.

- Vous avez la langue bien pendue… Peut-elle aussi arrêter mon attaque ?
- Tetsuo ne fais pas ça cria Masato.

Les lames fondirent sur Hanako à une vitesse prodigieuse. Elle ne décroisa pas les bras. Les créations de Tetsuo disparurent en se consumant au contact de petites sphères qui tournoyaient autour de la Veuve Noire. Elles étaient au nombre de quatre et ressemblaient à de petits soleils en mouvement. Une déclinaison des sphères noires qui s’étaient rappelées au bon souvenir de certains ninjas lors de la dernière grande guerre.

- Eh bien commença Hanako. Si tu ne sais pas faire autre chose que lancer du métal, tu ne vas pas aller bien loin. En tout cas contre moi.
- Tu maîtrises donc ce pouvoir constata Masato, à l’adresse de sa sœur.
- Mon exil n’a pas été une perte de temps.

La surprise se lisait sur le visage de Tetsuo. Il n’avait jamais vu quelque chose de semblable. Profitant de son état, Hanako l’interrogea :

- Tu es recherché par Konoha n’est-ce pas ? Tu te dis que tu n’as plus rien à perdre et donc tu as pénétré ici. Quel imbécile…
- Vous ne savez pas…

Hanako ne voulait plus l’écouter.

« Un criminel recherché… si je te livre à Konoha, cela devrait me faire bien voir. Cependant, tu as traîné avec les Habaki… »

Elle l’évalua d’un regard rapide, dur comme la pierre.

« Tu dois donc connaître Shiori et sa passion pour les statues. La mienne est un peu différente. Mais tout aussi douloureuse. »

Un des soleils miniatures s’éloigna d’Hanako pour se placer entre Tetsuo et elle.

« Cours mon petit car s’il te touche, tu vas avoir très mal. »

Il ne fit pas un geste. Le métal présent dans la pièce commença à se tordre dans tous les sens.

« Tu penses arriver à te protéger avec ta ferraille ? Tu réagis bien trop lentement. »

La boule en fusion partit en direction de Tetsuo. Elle fut contrée par une boule semblable, mais de couleur noire.

« Que se passe-t-il ici ? » tonna une voix de jeune adulte. Pas n’importe lequel. Le 6ème Hokage. Naruto avait ressenti des ondes négatives et s’était immédiatement rendu sur place. Le spectacle ne le surprenait qu’en partie. Tetsuo devait bouger et des équipes étaient déjà sur ses traces pour le saisir, les Habaki ne voulant ni l’intercepter ni le cacher. Mais qu’il se soit rendu à la prison, là Naruto était surpis. Il ne le pensait pas aussi bête.

En même temps, Naruto débuta Kurama, tu serais sûrement un bon professeur pour ce garçon. Lui apprendre à ne pas agir de manière impulsive, à réfléchir avant… Oui, tu aurais beaucoup de choses à lui apprendre… et à t’apprendre par la même occasion…

Le Hokage était venu seul. Il n’avait pas pensé à demander des renforts. En avait-il besoin ?

« Hokage-sama, » s’inclina Hanako, « votre costume est magnifique. Vous êtes décidément bien proche du Sage… même si un peu voyant. J’étais justement en train d’intercepter cet individu qui doit beaucoup vous intéresser. »

Naruto ne chercha pas à déterminer la dose d’ironie présente dans ces phrases. Il focalisa son attention sur Tetsuo.

- Tu es en état d’arrestation. Suis-moi gentiment et il ne t’arrivera rien.
- Et si je refuse ?

Le Hokage ne lui en laissa pas le temps. Il était déjà à son niveau et d’un coup de poing l’abattit contre le mur au fond de la pièce.

« Ça c’est pour Udon. »

Du sang coulait de la lèvre de Tetsuo. Naruto n’avait pas ménagé son coup. Retrouva-t-il un instant un semblant de raison ? Mystère. L’utilisateur du Kinton décida de ne pas poursuivre l’affrontement. Rassemblant du métal traînant sur le sol grâce à son chakra, il forma un foret qui ouvrit une brèche dans le mur, pour s’évader.

Hanako était prête à lui envoyer de nouveau un de ses soleils lorsque Naruto la saisit par le bras.

« Pourquoi êtes-vous là ? » demanda-t-il. Il tourna la tête en direction de Masato. « Elle est là pour vous faire évader ? »

Le Hokage ne reçut pas de réponse du prisonnier. Hanako posa sa main sur celle du Hokage, qui la maintenait. Son regard n’était guère amical.

« Il faut vous montrer plus doux avec les femmes, lorsque vous les saisissez » indiqua-t-elle. « Sinon elles peuvent très mal le prendre et se fâcher… »


Les pieds de Shizuma frappaient le moindre caillou qui se trouvait sur leur route. Si à chaque caillou frappé un arbre était tombé, il n’y en aurait plus un debout entre Ame et Konoha. Les mains dans les poches, il maugréait de manière continue.

Ishin était silencieux et, pour une fois, il ne reprenait pas son camarade pour ses mauvaises paroles. Du moins il ne le reprenait plus. Après trois remarques et un regard noir de Shizuma, Ishin en avait déduit qu’il fallait soit faire avec, soit tuer son partenaire. Cette dernière solution ne l’enchantait pas car n’appartenant pas aux règles fixées par son chef.

Tout comme leur échec pour capturer Indra.

« Ce type… il n’aurait pas l’Edo Tensei pour lui je l’aurais éclaté et capturé en moins de deux » rappela pour la nème fois Shizuma.

Ishin opina de la tête. Le combat avait été féroce et des survivants du village d’Ame avaient été des victimes collatérales mais nécessaires, pour que personne n’aperçoive les personnes présentes sur le lieu du drame.

Au cours du combat, Indra avait perdu quelques membres. Mais il avait réussi systématiquement à se régénérer à temps, si bien qu’Ishin et Shizuma avaient fini par reculer, et à éprouver quelques difficultés pour le capturer. Finalement, Indra leur avait filé entre les doigts non sans avoir infligé quelques dégâts à ses adversaires.

« Si le combat continue vous allez mourir. Ce serait dommage car vous m’avez bien amusé. L’explication finale est donc reportée à un jour prochain… »

L’aîné du Sage avait disparu dans un nuage de fumée. Shizuma l’avait invectivé à cause du ton qu’il s’était permis, comme s’il était en mesure de les tuer. Ishin était plus prudent et éprouva une légère satisfaction en voyant qu’Indra ne réapparaissait pas.

Son ouïe n’est peut-être pas très fine. Ou alors il a compris que Shizuma était un idiot et qu’il valait mieux le laisser s’épuiser en insultes.

Shizuma fit signe, à cet instant, à Ishin de s’arrêter. Des branches craquaient devant eux. Le signe qu’une ou plusieurs personnes arrivaient dans leur direction.

- Tu crois que c’est Indra ?
- Ce serait idiot de sa part.
- J’suis pas d’accord. Foncer c’est une stratégie gagnante, enfin pour ceux qui en ont !
- En t’écoutant je me demande pourquoi notre chef ne te demande pas plus souvent ton avis pour établir ses stratégies.

Shizuma appréciait modérément la remarque de son partenaire mais la perspective de revoir Indra et de lui régler son compte était plus forte. Un sourire commença à apparaître… et disparut aussitôt.

Ce n’était pas Indra qui déboulait mais un jeune garçon, un peu essouflé, les cheveux noirs dressés sur la tête et un regard un peu perdu. Comme s’il ne savait pas où aller.

« Vous êtes des ninjas de Konoha ? » lança-t-il de manière véhémente.

Ishin fit un signe négatif de la tête. Insuffisant pour convaincre Tetsuo.

Je dois les supprimer sinon, même s’ils ne sont pas de Konoha, ils pourront renseigner les ninjas qui sont à mes trousses.

Il fit un bond en arrière et lança une pique de métal qu’il venait de former en direction des deux ninjas.

Elle vola en de minuscules éclats avant de les menacer.

Que s’était-il passé ? Des lames invisibles ? Une technique dérivée du Bakuton ? Tetsuo n’en savait rien. Ce dont il était sûr c’était que Shizuma avait tiré la main droite de sa poche juste avant que la pique ne soit découpée. Il y avait donc un rapport entre sa main et la fin prématurée de son attaque ? Tetsuo en avait la certitude, même s’il n’avait pas de preuve à sa disposition.

Ce type a l’air dangereux. Je ferais mieux d’être vigilant pensa Tetsuo tout en reculant de deux pas. Je dois leur échapper et vite. Ce combat doit être terminé rapidement.

L’air de Shizuma était encore plus maussade que quelques instants auparavant.

« Putain gamin c’est vraiment pas le bon jour pour me chercher » commença-t-il. « Je suis de très mauvaise humeur. »
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MessagePosté le: Mar 01 Juil 2014, 8:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 94 : Surprises


« Bon alors Gaï tu veux quoi ? » demanda Kakashi, essouflé.

Son rival leva le pouce, un large sourire aux lèvres.

« Voyons Kakashi je sens de l’impatience dans ta voix. Or qu’est-ce que l’impatience sinon l’envie d’accélérer le temps… et donc de voir celui de notre jeunesse se raccourcir davantage encore ?! »

Le ninja copieur leva les yeux au ciel. Pourquoi est-ce que j’ai accepté sa demande de rendez-vous ? J’aurais dû dire non… Quoique, il m’aurait suivi pour savoir si mon excuse était vraie…

Kakashi se résigna. Accepter était la moins mauvaise solution.

- Maître Gaï manie si bien l’art oratoire ! s’exclama Lee à voix basse, tout en notant la fin de l’intervention de son sensei.
- Enfin Lee… Tu ne vois pas que c’est toujours la même chose qu’il raconte…
- Pas du tout Tenten ! s’emporta Gros Sourcils. Il y a d’infinies variations dans son propos. Ce n’est pas tout le monde qui peut avoir son style.

Tenten regardait son coéquipier comme s’il venait d’une autre planète. Mais pourquoi ai-je accepté de le suivre ? Qu’est-ce que je pouvais bien m’imaginer…

- Une dernière épreuve Kakashi et, si tu la remportes alors je te dirai pourquoi je voulais te voir.
- Si cela peut attendre Gaï, on pourrait faire ça un autre jour…
- Non ! intervint le jônin. Repousser après avoir été impatient… quelle inconstance. Comme les jeunes ! Je te retrouve bien là mon éternel rival !

Qu’ai-je dit ! se lamenta Kakashi. Il est reparti pour un tour.

C’est ainsi qu’après une partie de fléchettes les yeux bandés, l’escalade du visage de pierre des Hokages avec les pieds attachés, fendre des bûches de bois à mains nues et épierrer un champ pour utiliser les pierres afin de dresser la plus haute tour possible, Gaï et Kakashi achevèrent cette journée forte en défis par une série de 100 pompes les mains attachées dans le dos. Une des meilleures méthodes pour contrôler la circulation du chakra dans le corps selon Gaï.

Kakashi accepta ce dernier défi… et lâcha au bout de 20. Gaï termina sa série et jeta un regard sévère sur son ami.

- Tu as baissé les bras bien vite Kakashi, cela ne te ressemble pas !
- Ce n’est pas la grande forme aujourd’hui.
- On pourrait recommencer demain si tu penses…
- Non non ! s’empressa de répondre Kakashi. Je n’ai pas besoin d’être ménagé. Ni de devoir tout recommencer.
- Voilà une attitude qui me plaît ! s’enflamma Gaï. Et qui me donne envie de faire dix fois le tour de Konoha en courant !

Seulement 10 ?

- Je sais ce que tu penses Kakashi : 10 c’est peu ! C’est pour ne pas te faire trop attendre.
- Ah bon ? Pourtant nous y sommes depuis ce matin et…

Gaï l’arrêta d’un signe de la main.

« Je voulais m’assurer que tu étais digne de ce que je m’apprête à te donner. »

Une larme coula sur sa joue.

« Désolé d’avoir douté de toi ! »

C’était une larme de joie. Le jônin l’essuya rapidement grâce à sa manche verte et sauta dans les bras de Kakashi. Ce dernier goûta peu le contact avec ce corps tout dégoulinant de sueur.

« Merci de ta patience mon rival et ami. »

Le ton de la voix de Gaï était sincère. Il passa sa main dans le dos et fit signe à Lee. Ce dernier lui glissa un paquet cadeau.

« Voilà Kakashi ! » s’exclama Gaï tout en lui tendant le présent.

Le fils de Sakumo était tout surpris de voir Gaï lui offrir quelque chose. Par le passé les présents de Gaï avaient été d’un goût très particulier aussi Kakashi était quelque peu méfiant. La forme du paquet était plutôt allongée, d’une longueur inférieure à un mètre.

Qu’est-ce que c’est ? se demanda le ninja copieur. Il chassa rapidement les idées de réponses qui lui venaient en tête à cause des lectures des ouvrages de Jiraya puis se concentra.

Une matraque ? Un nouveau type de légume rempli de vitamines pour garder un corps sain ? Ne me dites pas que c’est un costume vert compressé, qui peut ainsi être emporté partout…

« Ouvre-le Kakashi, tu l’as bien mérité ! »

Il s’exécuta. Et n’en crut pas ses yeux.

- Gaï… comment as-tu…
- Tu es mon rival Kakashi, alors je te connais bien.

Depuis combien de temps ne l’avait-il pas manipulée ? Comment Gaï avait-il pu la retrouver ? Avec une précaution infinie, Kakashi tira la lame de son fourreau. Elle étincela à la lueur du soleil couchant. L’épée de chakra blanc était dans sa main droite. Intacte. Comme si elle ne s’était jamais brisée.

Rapidement, Kakashi revit son père avec cette épée ; le moment où il l’attacha dans son dos pour que son père reste ainsi auprès de lui ; lorsqu’il la brisa afin de défendre son ami Obito… Tant de moments résumés en quelques secondes. Le fils de Sakumo ferma les yeux. Il pleura.

Gaï posa la main sur son épaule, visiblement ému lui aussi.

- La guerre est pour bientôt mon ami. Pour y faire bonne figure tu as besoin de tous tes atouts. Et je crois que cette épée en fait partie.
- Gaï… merci.

Les deux rivaux échangèrent un regard d’une intensité rare, qui signifiait bien plus que tout ce que les discours possibles et imaginables pourraient produire.

Lee n’en était que plus admiratif de son sensei et Tenten, pour un instant, se dit que suivre son coéquipier n’était pas une trop mauvaise idée.

- Allez Lee, laissons-les tranquilles. Cela te dirait d’aller…
- Nous entraîner ?! Tenten tu lis dans mes pensées ! J’allais justement te le proposer.
- Je pensais plutôt à…

Son camarade ne l’écoutait plus, il était parti en courant et lui faisait signe de le rejoindre.

Ah la la… les garçons sont des créatures incompréhensibles… C’est peut-être pour cela que l’on finit par s’attacher à eux…

Elle rejoignit Lee en souriant et ils s’éloignèrent en courant à petites foulées.

- Dis Renji tu ne crois pas que ces deux-là…
- On s’en fiche ! Shikamaru et Temari c’est beaucoup plus intéressant. On n’a pas le temps de s’encombrer avec des petits dossiers.
- Ces « petits dossiers » comme tu les appelles nous vaudraient pourtant moins d’ennuis…
- T’as dit quelque chose Kosumi ?
- Non, rien, Renji. Allons donc espionner. De toute manière ton grand frère ne sera pas bien loin si jamais il y a un problème.

Renji rougit et marmonna quelque chose. La présence de Jin le rassurait tout en l’agaçant. Il voulait mener ses enquêtes sans l’aide de personne. Pourtant, sans Jin, ils auraient eu encore bien des ennuis.

Mais ce coup-ci nous allons y arriver ! essaya-t-il de se convaincre.

Comme Temari avait eu le malheur d’être aperçue à Konoha, le trio des enquêteurs s’était rapidement convaincu de l’absolue nécessité de la filer, ainsi que Shikamaru. Ou peut-être n’était-ce que Renji qui était convaincu de l’importance de cette affaire…

Toujours est-il que les trois genins s’étaient dès lors embarqués dans une filature… décevante pour le moment. A part quelques pas et des échanges à propos de certains dossiers secondaires (le prochain examen des chûnins, la reconstruction de Suna…) il n’y avait rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. Aucune photo compromettante pour Renji. Photo ? Oui, il disposait désormais d’une arme redoutable : un appareil photo ! Pour peu qu’il n’oublie pas d’enlever le cache et de photographier dans de bonnes conditions Renji pourrait disposer de documents visuels.

Détruire cet appareil aurait été la meilleure chose à faire pensa Jin. Je sens qu’il ne va leur apporter que des problèmes.

Il dut se reconcentrer rapidement : le Hokage qu’il escortait était entré dans la prison seul. Si jamais il lui arrivait quoi que ce soit Jin se ferait enguirlander par Tsunade. Et il n’aimait pas cela. Aussi était-il attentif au moindre signe et prêt à pénétrer dans la prison à tout instant.

Les craintes de Jin étaient infondées. Du moins pour cette fois. Shikamaru grilla les apprentis paparazzis bien avant que Renji n’ait pu presser le moindre bouton sur son appareil. Ils échouèrent donc lamentablement, piégés par la manipulation des ombres.

Le genin n’apprécia pas ce nouvel échec et il pesta contre le sort avant de moquer Temari. Mal lui en prit. La sœur de Gaara eu vent de ces mots doux et récompensa le trio par une lame de vent qui les envoya de l’autre côté du village. La filature était perdue pour de bon.

Shotaro regretta ce nouvel échec de manière virulente, chose plutôt inhabituelle chez lui. L’espace d’un instant il faillit même annoncer qu’il se retirait de l’équipe. Mais il n’alla pas jusque-là. La prochaine fois, en revanche…

Cette attitude stupéfia Renji, en même temps qu’il soignait ses bosses et se demandait comment Shikamaru avait pu les repérer.

C’est curieux que Kosumi ne dise rien.

Il regarda sa camarade. Elle avait l’air absorbé par quelque chose. Renji suivit son regard. Elle avait repéré quelqu’un.

C’est Abayama analysa Renji.

Il allait se détourner de lui quand il remarqua que Kosumi ne le faisait pas. Il persista donc et remarqua que quelqu’un semblait suivre le jeune genin.

- Kosumi tu as vu…
- Oui répondit-elle laconiquement.

Shotaro reçut pour seule consigne de les suivre. Ils se maintinrent à bonne distance et, pour une fois, ils ne furent pas repérés. Abayama alla s’isoler sur un terrain d’entraînement où il se mit à manipuler le Mokuton. Le ninja qui le suivait se dissimulait, pour rester hors de la vue d’Abayama. Pourquoi ?

En l’observant le trio remarqua que ce ninja était masqué. Un masque de l’Anbu ? Les trois genins ne voyaient pas assez bien pour affirmer quoi que ce soit sur ce sujet. Renji eut alors une idée : s’approcher et prendre cet observateur en photo. Il pourrait alors demander à son frère si ce masque appartenait à quelqu’un.

Il fit signe à Kosumi et Shotaro de rester là. Il s’avancerait seul. Le ninja était posté sur une branche, en hauteur. En faisant attention Renji pouvait arriver assez près de lui pour le photographier et s’éloigner sans être repéré. Il s’avança donc sans attendre.

Il imaginait déjà l’échange avec Jin lorsqu’une main s’abattit sur son épaule. Il tressaillit mais ne fit pas un bruit. Crier révèlerait sa position et l’effet de surprise serait perdu pour de bon.

« Reste là » murmura une voix.

Une voix féminine. La poigne sur l’épaule était ferme. Renji leva les yeux. Et fut rassuré. Au-dessus de lui se tenait une jeune femme. La vingtaine, les yeux bleus et un petit sourire amical qui, immédiatement, détendait l’atmosphère. Ses cheveux noirs étaient reliés sous forme de natte, avec un chouchou.

« Salut Reïka. »

La grande sœur de Kosumi. Sous cette apparence cordiale se cachait toutefois une kunoïchi de haut niveau, qui pouvait donner du fil à retordre à bon nombre de ninjas. Depuis longtemps Renji soupçonnait son frère d’être amoureux de Reïka, mais il n’avait jamais osé lui poser la question. Il tenait trop à la vie pour ça.

Kosumi et Shotaro les rejoignirent, sur un geste de Reïka.

« Qu’est-ce que vous faites par ici ? » leur demanda-t-elle. Même si elle s’exprimait à voix basse, un certain mécontentement était perceptible.

Ce fut Kosumi qui lui répondit : « Nous avons repéré un ninja qui suivait Abayama. Le suivre était tout indiqué afin d’en savoir plus. »

Reïka soupira.

« Vous êtes irrécupérables. Enfin… mieux vaut que ce soit moi qui vous trouve que Jin. »

Les trois genins baissèrent les yeux. Tout compte fait, suivre Abayama était risqué. Trop pour eux. Ils devaient se faire une raison.

Ils indiquèrent la position du ninja à Reïka qui se rapprocha de lui avant de retourner auprès des trois genins. Elle ne savait pas à qui appartenait ce masque.

Est-ce qu’il se sentit épié ? Mystère. Toujours est-il que le ninja espionnant Abayama partit au bout de quelques instants. Ils se redressèrent ; Abayama s’entraînait plus loin, ils pouvaient parler plus librement.

- Tu ne sais donc pas de qui il s’agit ?
- Désolé Renji. Mais cela vaut peut-être mieux.
- Si ça se trouve c’est parce que c’est un ninja de la Ra…

Reïka fit signe à sa petite sœur de ne pas continuer. Elle avait repéré quelque chose.

« Notre petit échange t’intéresse ? »

Elle parlait en direction d’un arbre situé sur leur gauche. Au dos de celui-ci était adossé un individu. Il ne bougea pas suite à la question posée.

« Tu n’es pas bavard ? »

Reïka lança un kunaï chargé de chakra qui traversa l’écore et échoua à quelques centimètres de la carotide de ce nouvel inconnu. Il n’avait toujours pas esquissé le moindre geste.

« Kiyoshi ? » demanda Reïka.

Il n’y eut pas de réponse. L’espace d’un battement de cils, la silhouette s’évapora.

- C’est qui Kiyoshi ? demanda Renji.
- Un nom que tu ferais mieux d’oublier rapidement. De même pour vous.

Elle leur adressa un regard sevère qui indiquait clairement qu’il valait mieux obéir sans chercher à discuter.

Quand elle est comme ça elle me fait presque aussi peur que mon frère pensa Renji.

Elle se débrouille bien celle-là analysa Jin.

Hanako et le Hokage étaient sortis de la prison, via l’ouverture pratiquée par Tetsuo pour s’enfuir. Ils l’avaient perdu de vue et Naruto était assez remonté.

- Si vous n’étiez pas venue…
- Je m’excuse, Hokage. Les us et coutumes de votre pays me sont encore étrangers et…

Le Hokage l’arrêta.

« Il sera arrêté tôt ou tard. Ce n’est pas le plus important. » Le ton de sa voix se durcit, son chakra s’intensifia. « Ce qui me dérange c’est que j’ai cru vous entendre dire que vous alliez libérer Masato. »

- Si c’était le cas vous m’aideriez à le faire sortir ?
- Arrêtez de vous moquer de moi.

Le chakra d’Hanako devint glacial.

« Je vous pensais un peu plus téméraire. L’enfant de la prophétie se révèle décevant. »

Naruto ne goûta pas ce dernier commentaire et un bras de chakra fit son apparition, qui frappa Hanako. En réalité, elle évita le coup en se penchant en arrière. Naruto bondit sur elle, un Rasengan dans la main droite. Elle évita l’orbe tourbillonnant en pivotant sur elle-même et, d’un coup de pied, repoussa le Hokage.

Celui-ci se rattrapa sans difficulté et effectua un multi-clonage. Quatre clones se joignirent à l’original. En moins d’une seconde ils disparurent dans un nuage de fumée : les quatre soleils d’Hanako les avaient touchés.

Juste avant cette disparition, le Hokage effectua un signe de la tête. Jin surgit dans le dos d’Hanako alors que la fumée provoquée par la fin des clones ne s’était pas encore dissipée et, avant qu’elle n’ait pu se retourner, il était passé devant elle. Son poing droit fila en direction du ventre de l’Anotsu.

Elle va faire un gros dodo.

Un bruit métallique se fit entendre. Le contact avec le ventre d’Hanako était froid. Comme si elle était constituée de métal. Jin baissa les yeux. Son poing avait été arrêté par une lame. Au bout de cette lame figurait un homme. Kariya. Celui qui accompagnait Hanako à peu près partout depuis son arrivée au village.

Instinctivement, Jin recula de deux pas.

« J’ai utilisé le plat de ma lame pour t’arrêter » commenta l’épéiste. « Ce ne sera pas le cas la prochaine fois alors ne lève plus la main sur mon maître. »

Kariya se retourna. Un des petits soleils d’Hanako était juste devant sa tête.

« Je m’amusais bien… » débuta cette dernière, visiblement peu satisfaite de l’intervention de son épéiste. Elle le fixa dans les yeux. Celui-ci ne bougeait pas d’un cil. Impassible, il articula d’un ton neutre :

- Il y a plus urgent.
- Ah oui ?
- Oui.

Elle était à l’écoute, le regard dur. Naruto et Jin avaient parfaitement compris que si l’épéiste ne servait pas à son chef de quoi justifier l’urgence, il risquait gros.

« Ils sont de retour. »

La petite sphère en fusion s’éloigna de la tête de Kariya. Le visage d’Hanako s’éclaircit.

« Hokage-sama, je m’excuse pour les désagréments que je vous ai causés. » Elle s’inclina d’une manière si respectueuse que Naruto ne sut pas quoi dire. D’ailleurs il ne dit rien.

« Pour les dégâts que j’ai pu causer indirectement » continua la sœur de Masato, « n’hésitez pas à envoyer la facture à mon père. Le Pays des Neiges ne verra pas d’objection à l’acquitter. »

Un sourire malicieux figura sur son visage avant qu’elle ne s’éclipse.


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MessagePosté le: Lun 01 Sep 2014, 2:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 95 : Du monde à la porte


Il ne disait pas un mot. Enfin, ça, c’était avant. Avant que Kabuto n’entre en scène. Avant que ses yeux ne se posent sur lui. Avant que ne débute une séance de torture qu’il n’aurait jamais imaginé, pas même dans ses pires cauchemars. Pour un peu il avait l’impression d’être pris dans les arcanes lunaires, de passer 3 jours d’enfer alors qu’une seule seconde s’était écoulée dans le monde réel.

Kabuto prenait son temps. Il tranchait méthodiquement les doigts de la main ou des pieds, parfois plus, avant de les rattacher immédiatement au reste du corps grâce à ses compétences médicales. Si bien qu’il pouvait séparer et recoller à volonté. Une souffrance infinie, qu’il faisait varier en reconnectant plus ou moins bien les tissus entre eux.

La pièce étant insonorisée le prisonnier pouvait hurler autant qu’il le pouvait. Personne ne serait incommodé par le bruit.

- Tamura c’est bien ça ? redemanda Kabuto pour la nième fois. Tu ne sais décidément pas grand-chose.
- Je vous ai dit tout ce que je savais et…
- Rien d’utile. Où l’attaque va-t-elle avoir lieu ? Qui la dirige ? Combien d’hommes ? Quels objectifs ?

Kabuto s’approcha et tira sur un des doigts, tout juste rattaché à la main. Tamura hurla et se mit à réciter toutes les idées qu’il avait en tête, quand bien même elles n’eurent aucun rapport avec le sujet.

Il suait à grosses gouttes.

Nous sommes proches du point de rupture se satisfit Kabuto. Il regarda la pendule et afficha une mine contrariée.

Je n’ai pas battu mon record. C’est ma faute : je l’ai ménagé au départ.

Il s’en retournait vers son prisonnier lorsqu’un trouble le saisit. Il posa la main sur l’épaule de Tamura et se concentra un bref instant.

- Toi… commença-t-il, tu n’es pas maître de tes mouvements.
- Pardon ?
- Tu as été victime des Déités Célestes.
- Hein ?
- Koto Amatsukami.
- De quoi ?

C’est une certitude. J’ai déjà ressenti l’effet de ce genjutsu sur Itachi. Shisui serait donc bien maître de ses mouvements… depuis le début ?

L’ancien bras droit d’Orochimaru sourit.

Voilà qui devient intéressant.

Une cloche retentit. Le visage du prisonnier laissa échapper un mince sourire.

« Les voilà… »

Kabuto réajusta ses lunettes avec sa main gauche.

« Nous les attendions. »

Sa bouche se déforma en un large sourire.

« J’espère qu’il y aura de beaux spécimens… »

A l’extérieur, une bourrasque de vent balayait les capes de Ryuichi et Misaka. L’air se rafraîchissait. Aucun des deux ne tremblait ni n’était gêné par ce climat. Postés au niveau des remparts de la ville, ils voyaient l’ennemi approcher.

« Et c’est pour ça qu’on m’a fait venir ? » pesta Mikasa. « S’ils ne font pas un effort au niveau du nombre l’affaire va être vite réglée et mes hommes se seront à peine échauffés. »

Elle jeta un coup d’œil en contre-bas. Une partie de l’armée du Nord l’avait suivie à la capitale, pour en assurer la protection. Ils étaient déjà prêts, parfaitement alignés et disponibles au moindre geste de leur chef.

- Certains peuvent être de redoutables adversaires avança Ryuichi. Et puis ce n’est peut-être qu’une première escarmouche, pour nous tester.
- Il n’y en aura pas de deuxième trancha Mikasa, les cheveux blonds flottant dans l’air sous l’effet d’une nouvelle bourrasque.
- Je vous fais confiance là-dessus répondit l’épéiste en souriant. Tâchez juste de ne pas mettre vos hommes sur ma route.
- Vous avez l’exclusivité de la première ligne.

Le guerrier noir approuva d’un signe de tête. L’ordre de Shôkishi était un impératif qui ne souffrait aucune excuse. Et pour l’accomplir, mieux valait que Ryuichi ait la voie dégagée.

- Vous ne voulez vraiment aucune aide ? lança Mikasa, d’un air taquin.
- Je préfère agir seul, ainsi personne de mon camp n’est blessé lorsque je manipule mon épée répliqua-t-il en touchant la poignée de son arme.

Celui-là je n’aimerais pas l’affronter pensa Mikasa tout en tapotant le pommeau de son épée. Je plains par avance les pauvres diables qui vont se trouver en travers de sa route.

« Vous apporterez-nous la victoire ? »

Mikasa et Ryuichi saluèrent Tsugumi Anotsu qui venait de se joindre à eux.

« Si la victoire n’est pas au rendez-vous vous disposerez de ma vie et de celles de mes hommes Tsugumi-sama annonça Mikasa. »

La Reine du Pays des Neiges sourit et porta son regard doux sur Ryuichi.

- Vous me promettez la même chose que Mikasa ? lui demanda-t-elle avec un léger rire.
- Non. Je les décimerai tous si jamais les troupes de Mikasa échouent. A moins que vous ne souhaitiez vous en charger vous-même Tsugumi ?

L’oubli du « sama » valut à l’épéiste un regard de Mikasa mais Tsugumi posa sa main sur l’épaule de Ryuichi sans prêter attention à ce manque de respect qu’Hizamaru n’aurait pas manqué de rappeler vertement au guerrier noir.

« Ne faites pas de morts inutiles » commença-t-elle. « Mais qu’ils comprennent bien la leçon. »

Son regard apparut, un instant, similaire à celui de son mari.

A moins que ce ne soit elle qui ait appris à Shôkishi à regarder de la sorte ? se demanda Mikasa.

Kabuto s’approcha d’eux, aussi silencieux qu’un fantôme.

« Du nouveau avec le prisonnier ? »

- Rien.
- Comment ça rien ?
- Il répète toujours la même chose Mizukage-sama. Nous n’avons donc…

Ao ne finit pas sa phrase. La mine de Mei s’était passablement assombrie. Pire que lorsqu’un mot touchant de près ou de loin au mariage était évoqué dans une conversation.

- Il est inadmissible qu’un des plus grands villages ninjas ne puissent faire parler un homme.
- Vous avez raison Mizukage-sama…
- Tout a vraiment été utilisé ?
- Coups, aiguilles, genjutsu… nous avons tout passé en revue.

Mei s’agrippa à la rambarde, sur la terrasse qui jouxtait son bureau.

« Si on ne peut rien obtenir de lui alors le dissoudre est encore la meilleure solution. »

Le prisonnier bâilla.

« Ah la la qu’est-ce que je m’ennuie. »

Il s’étira et commença à tourner en rond dans sa cellule. Plusieurs fois par jour il trottinait, faisait des pompes, des abdos et différents exercices physiques. L’entretien de son corps était une priorité. Voyant cela Ao avait pensé l’entraver pour qu’il ne puisse bouger. Après trois ninjas de Kiri envoyés à l’infirmerie il laissa tomber cette idée.

- Si vous parliez vous pourriez sortir dans la cour pour vous entraîner.
- Laisse tomber Rika. Il ne veut rien dire alors…
- Shû.
- Pardon ?
- Mon prénom c’est Shû.

Les deux jeunes réceptacles se regardèrent comme deux ronds de flan. Il venait de leur livrer une information !

Si ça se trouve il nous le dit pour qu’Ao-sama se fasse tirer les oreilles vu qu’il n’a rien obtenu pensèrent-ils en même temps.

« Vous vous dites que je vous ai confié cette information pour que votre aîné se fasse engueuler ? Faut dire qu’il a été plutôt radin avec moi niveau nourriture… »

Vu ce que vous mangez, si on ne restreint pas la nourriture vous allez mettre nos réserves à sec en peu de temps.

- Tu penses quelque chose gamin ?
- Rien, si ce n’est que nous vous donnons assez à manger relativement à votre condition. Dépensez-vous moins et alors les portions vous apparaîtront suffisantes.
- Pas question de m’encroûter. La guerre est proche vous le savez bien…
- Vous êtes ici pour la faire ? demanda Sôji.
- Ne me dis pas que ça te surprend.
- De quel côté ? l’interrogea Rika.

Un éclat de rire parcourut la pièce.

« Vous êtes trop tous les deux. Je comprends un peu mieux pourquoi vous avez été choisi comme réceptacle. »

Son sourire disparut dans l’instant.

« Comme vous m’êtes sympathique voici ma proposition : vous me faites sortir de Kiri et je parlerai de vous à mon chef. Il se peut bien qu’ainsi vous puissiez nous rejoindre. »

Les deux réceptacles le fixèrent, comme s’ils regardaient une drôle de bête :

- Shû-sama vous êtes sérieux ?
- Vous connaissez déjà notre réponse. C’est non répondit fermement Sôji.
- Dommage. Si vous m’aviez aidé cela aurait fait moins de dégâts pour Kiri.
- Parce que vous pensez pouvoir sortir d’ici ?

Shû s’approcha des barreaux de sa cellule et fit pression, avec deux doigts, sur l’un d’eux. Il se mit à se tordre.

« Je sors maintenant ou après mon repas ? »

- Abayama, tu as une seconde ?
- Oui Kakashi-sensei.
- Tu as des soucis ?
- Euh… non.

Le fils de Tsunade baissa les yeux. Il était surpris que son sensei lui demande cela. Le voir ramenait des souvenirs dans son esprit. Ceux de leur dernière entrevue…

- Ne vous inquiétez pas Kakashi-sensei. J’ai mal dormi ces derniers temps mais c’est ma faute. Je vais me coucher plus tôt et tout va rentrer dans l’ordre.
- Tu sais qu’au moindre problème je suis là. N’hésite pas. Pour n’importe quoi.
- Merci sensei.

Abayama salua respectueusement et s’éloigna. Il ne pouvait pas en parler à Kakashi car ce n’était sans doute rien. Son sensei était passablement occupé par ailleurs alors ce n’était pas le moment de l’embêter avec de vagues impressions. Quelque chose le perturbait, troublait son sommeil.

J’ai l’impression de ne pas être seul. Ce ne sont pas Renji et ses deux camarades qui me filent, je les aurais déjà repérés. Non, c’est autre chose. Se pourrait-il que ce soit…

- Yamato ?!
- Le doute n’est pas permis Mayu-sama.

Le chef de la Racine frappa son fauteuil avec le poing. De plus en plus, il se demandait si l’intégration de Yamato dans la Racine était une si bonne idée.

Il a déjà quitté l’organisation une fois. S’il tente de nous nuire par ses actes il y aura un nouveau nom d’inscrit sur la stèle des héros morts pour le village…

Son regard se durcit.

Et encore, ce serait une fin bien généreuse. Le cas échéant, je pourrais le balancer à Saï et laisser les autorités se charger de son cas.

Il grimaça.

Trop risqué pour l’instant.

- D’autres l’ont vu ?
- Les trois jeunes genins ainsi que Reïka.

Un deuxième coup de poing frappa le fauteuil.

- Et tu les as laissés en vie ?!
- Ils n’ont pas pu s’approcher assez près pour l’identifier. Tout ce qu’ils détiennent se résume à la vue d’un masque.
- C’est déjà beaucoup.
- Yamato porte un masque qui n’appartient pas à la Racine précisa Kiyoshi. Un masque de sa fabrication je suppose.

Cette réponse eut l’air d’adoucir Mayu. La cécité de Kiyoshi lui avait fait développer ses autres sens à l’extrême. Il n’avait pas vu le masque de Yamato mais cet objet ne diffusait pas les mêmes odeurs au niveau de la peinture, des composants… que ceux de la Racine.

- Il n’est pas encore complètement stupide commenta Mayu.
- …
- Garde un œil sur lui Kiyoshi. Ses instincts paternels n’ont pas à se réveiller maintenant. Si besoin il lui faudra prendre un peu de recul…

Kiyoshi salua et sortit rapidement. Rester plus longtemps avec Mayu n’apporterait que des reproches supplémentaires.

Ce genin serait finalement plus prometteur pour la Racine que son géniteur. Il suffirait de mettre en place les conditions pour qu’il nous rejoigne de son plein gré. Alors les autorités ne pourraient trop rien dire analysa Kiyoshi tout en avançant.

Abayama allait sortir du village pour rejoindre les terrains d’entraînement lorsqu’il se retourna, comme pour surveiller une nouvelle fois ses arrières. Il continua à avancer et percuta quelqu’un. Il retomba sur les fesses.

« Désolé, je ne regardais pas où j’allais… »

Devant l’absence de réponse, Abayama tourna la tête et leva les yeux. Face à lui se trouvait un homme plutôt grand, rasé de près, les cheveux courts. Il arborait une mince chaîne en or autour du cou, avec une balance en guise de pendentif. Une cape était jetée sur ses épaules, qui tenait par une broche représentant une tête de dragon.

Avec sept piques qui composent le sommet du crâne nota Abayama. Le doute n’est pas permis : il s’agit d’un Anotsu.

Il fixa plus précisément le visage de la personne.

Mais c’est…

Un des deux hommes qui accompagnait l’Anotsu releva le genin de Konoha.

- Tout va bien jeune ninja ? Ne regarde pas derrière toi : à ton âge c’est l’avenir qui importe. Tu dois avoir les yeux braqués devant !
- Oui… Je suis désolé et… Un peu plus et j’ai cru entendre Gaï-sensei…

Le second ninja réprima amicalement son camarade : « Isaku il faut toujours que tu fasses ton petit sermon. »

Abayama ne put s’empêcher de revenir sur l’homme qu’il avait percuté. Celui-ci fixait le village, comme pour évaluer ses forces et faiblesses. Il ne lui fallut que quelques instants pour en faire le tour.

Une évaluation en vue d’une attaque ? se demanda Abayama étant donné la précision des observations.

Le regard scrutateur se reporta sur lui.

« Tu ressembles au premier Hokage » déclara, glacial, Shôkishi Anotsu.
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MessagePosté le: Mar 09 Sep 2014, 2:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 96 : Fraîches retrouvailles


De jour en jour il progressait. Certes Sasuke n’avait pas besoin d’activer son Magekyô Sharingan, pas encore, mais le jeune Madara s’affirmait comme un ninja prometteur. Très prometteur. Trop peut-être.

S’il attire trop l’attention sur lui, la Racine voudra l’enrôler. Le clan Uchiha perdrait alors un précieux atout.

Sasuke se reconcentra rapidement. Il devait parer des kunaïs et autres shurikens lancés par son cadet. Des armes que ce dernier contrôlait avec son sharingan.

Un pas de recul, quelques sauts parfaitement exécutés ainsi qu’une substitution lui permirent d’éviter l’attaque.

- Ça suffira pour aujourd’hui dit Sasuke.
- Déjà ? demanda son adversaire, passablement épuisé.

Sasuke le désigna d’un geste.

- Tu ne tiens plus debout. Tu es épuisé.
- Même pas vrai !

Le simple sharingan à trois magatamas suffit au frère d’Itachi pour mettre le jeune Uchiha à genoux.

« Utilisez le genjutsu à cet instant… c’était déloyal Sasuke senpai. »

Il s’effondra sur le sol.

Quand il revint à lui, Sasuke le portait sur son dos. Il le ramenait au quartier des Uchiha.

- Pourquoi ne veux-tu pas du prénom qu’on t’a proposé ?
- Parce que je me fiche de ce que Madara a fait répondit le jeune Uchiha en enfonçant sa tête dans le dos de Sasuke. Mon prénom me vient de mes parents. Je refuse de le changer, ce serait irrespectueux.
- Tâche de te tenir à carreau alors lui intima Sasuke. Je ne veux pas qu’on vienne me rapporter que tu t’aies mal conduit.

Le jeune Madara lui fit signe que tout irait pour le mieux.

Sasuke eut envie de le croire.

- Madara… c’était vraiment quelqu’un.
- Oui. Mais j’ai aussi affronté d’autres ninjas de très haut niveau dans ma jeunesse.
- Y en a-t-il un en particulier qui vous ait marqué ?

Hâchiro était curieux. Le Tsuchikage lui autorisait peu de pauses lors de ses entraînement alors il était toujours tenté de faire parler Ônoki un peu plus.

Il passa la main dans sa barbiche avant de répondre :

- Un en particulier… Oui. Il était un peu plus âgé que moi à l’époque commença le Tsuchikage. Je me souviendrai toujours de ce moment…
- Que s’est-il passé ?

Ônoki se redressa en grimaçant. Son dos le faisait de nouveau souffrir.

- Il a décimé mon unité. Mû-sama a dû intervenir pour que nous puissions nous retirer.
- S’il y avait Mû-sama alors… nous étions sous le régime de paix instauré par Hashirama Senju ?!
- Certes. Cela n’empêchait pas certaines… frictions de temps à autre. Avec le Pays des Neiges en l’occurrence.

Il se rappelait sans peine de tous les enchaînements qu’il avait effectués pour parer l’assaut du froid qui s’était abattu sur ses hommes.

Le jeune Pays des Neiges ne voulait pas que l’on touche à un pouce de la frontière nous séparant. Il a su nous le faire comprendre à sa manière…

- Il s’agissait donc de Shôkishi Anotsu ?
- Tout à fait Hachirô. Un ninja déjà impitoyable et qui ne nous a rien laissé passer. Nous lui l’avons bien rendu en d’autres occasions.
- C’est par exemple pour l’affronter que vous aviez fait appel à l’Akatsuki ?

Un regard soucieux s’empara du Tsuchikage alors qu’il entendant ce mauvais souvenir, symbole d’une époque et d’un Ônoki qui avait embrassé la ligne de Mû… C’était bien avant qu’il ne rencontre Gaara.

- En effet. Malgré des résultats l’Akatsuki ne fit pourtant que des dégâts minimes au Pays des Neiges.
- Il est vraiment si fort que ça ?
- Oui. Et je plains Konoha qui va le recevoir sous peu…

« Vous accueillir en de telles circonstances… » commença Tsunade, « n’est pas évident. »

Accompagné d’Isaku et Magatsu, Shôkishi Anotsu se tenait debout, dans le bureau du Hokage. Il ne se fit pas prier pour répondre :

« Mon oiseau messager a dû se perdre en compagnie du vôtre, qui devait m’annoncer vos récents invités. »

L’Hokage dissimulait mal son embarras alors que Naruto ne savait pas trop quoi penser, partagé qu’il était entre deux sentiments contradictoires.

- Pourquoi est-il là ? Pour déclencher la guerre ? Sauver son fils ?
- Il vient mettre les points sur les i Naruto
lui répondit Kurama. Et cela pourrait être saignant.
- Vraiment ?
- A voir la mine des deux conseillers oui.


Homura et Koharu affichaient un visage si fermé que Naruto se demanda même s’ils n’étaient pas malades.

- Un rendez-vous par écran interposé, avec le reste de l’alliance, aurait été préférable avança Koharu.
- Là vous vous exposez… et nous avec ajouta Homura. Surtout que votre futur au sein de l’alliance doit être discuté.

Un regard dédaigneux leur répondit avant même que Shôkishi n’ouvre la bouche.

- Je ne savais pas que le Hokage devait être assisté par deux… conseillers c’est bien ça ? articula-t-il froidement.
- Shôkishi ne jouez pas ce jeu avec nous lui répondit Koharu.

Il la regarda comme on regarde une antiquité.

- Je ne suis pas là pour jouer. Plutôt que de laisser courir des rumeurs j’ai préféré venir moi-même régler cette affaire.
- Il s’agit bien de votre fils ? demanda Naruto.
- Oui.

Les conseillers s’attendaient à ce qu’il argumente, tourne autour du pot ; même Tsunade ne s’attendait pas à une réponse si lapidaire.

- Pourquoi est-il…
- Parce que je lui ai demandé d’intégrer cette organisation, le Jiyûhane. Je ne vous fais pas l’histoire des ninjas infiltrés, vous devez la connaître. D’ailleurs il me semble que vos invités ont eux-mêmes dans leurs rangs un élément qui appartient aux Ailes.

Il s’interrompit un instant avant de terminer : « Ma mémoire peut me jouer des tours. Les ninjas de Suna seront sûrement d’un meilleur secours que le mien sur ce point. »

La remarque s’accompagna d’un regard que seul Naruto soutint. Isaku et Magatsu jugeaient leur seigneur en bonne forme, nullement fatigué par leur voyage.

Et pourtant nous avons avancé à marche forcée, ne dormant que quelques heures et ne consommant que le strict nécessaire se souvint Magatsu.

- Et maintenant que devons-nous faire ? demanda Tsunade. Un duel judiciaire est prévu. Faire sortir votre fils…
- Vous n’y êtes pas Hokage coupa Shôkishi. Je ne suis pas là pour libérer mon fils. Le Pays des Neiges n’interfère pas avec les jugements rendus par un pays allié. Ou dans un pays allié.

L’énoncé du principe de non-ingérence ne rassura pas Tsunade et les conseillers. Tous les trois avaient en mémoire les faits passés de Shôkishi. Qu’un Anotsu soit éliminé et la réponse ne se faisait guère attendre.

- Comment pouvez-vous parler ainsi ? Il s’agit de votre fils ! s’enflamma Naruto.
- Peut-être cette Hanako Anotsu est-elle là pour faire le travail à votre place avança Homura.

La mention de ce nom irrita plus Shôkishi que la fin de la phrase.

« Sa présence ici est malheureuse. Le Pays des Neiges n’a toutefois pas à gérer les flux de population à destination de Konoha. Même si certains sont… déplaisants. »

L’allusion aux Habaki était transparente. Koharu accueillit avec un sourire forcé cette remarque acide.

- S’il a été pris c’est pour avoir voulu venger la mort de sa sœur reprit Naruto. Et cela ne vous fait rien ?
- J’avais apprécié votre discrétion sur le sujet.
- Vous n’allez rien faire ?
- Pardonner à ceux qui ont tué des êtres chers vous avez su faire. Pourquoi me refuser cette aptitude ?
- Vos actes passés ne plaident pas pour cette voie intervint Homura.

Ah les vieux renards… pensa Isaku. Ils sont partis pour nous refaire l’histoire du monde ninja, des coups tordus aux grands accords passés.

- Le Pays des Neiges rendra justice pour ce qui est arrivé à ma fille. C’est une affaire interne.
- Pourquoi venir alors ? demanda Tsunade tout de go.
- Votre prisonnier possède quelque chose de très précieux pour les Anotsu.
- Sa main gauche comprit la 5ème Hokage.
- Je suis là pour m’assurer qu’elle sera bien remise au Pays des Neiges au cas où il décèderait.
- Et pour le reste du corps ?
- Nous le prendrons aussi intervint Isaku.

Il préfère penser à la mort de son fils plutôt qu’à sa survie. Comment est-ce possible ?! se scandalisa intérieurement Naruto.

On frappa à la porte à cet instant. Tsunade donna l’ordre d’entrer. Kotetsu pénétra dans la pièce tout en saluant les trois nouveaux venus.

Qu’est-ce qu’ils font là ? Ce n’était pas prévu dans l’agenda des Hokages se demanda le chûnin.

- Qu’y a-t-il Kotetsu ?
- Hokage-sama nous venons de recevoir un message en provenance d’Ame.
- Il leur est arrivé quelque chose ? s’inquiéta Naruto.

Kotetsu répondit d’un signe de tête avant de reprendre la parole : « Un amas rocheux non identifié leur serait tombé dessus. La capitale ne serait plus qu’un champ de ruines. Le nombre de morts n’est pas arrêté mais… »

Immédiatement, Naruto repensa à Madara Uchiha et à sa technique « Paradis détruit ».

- C’est impossible Madara n’est plus là.
- Il aurait pu être ramené à la vie
répondit Kurama.
- Par qui ?
- Les Ailes ?!
- Shisui m’aurait informé je pense.
- Alors si c’est un autre Uchiha qui a fait le coup cela va attiser les soupçons autour de…


Un frisson parcourut l’échine de Tsunade. Comme les conseillers elle pointa son regard dans la direction de Shôkishi.

Non, il n’aurait pas osé.

Son visage resta figé. La nouvelle ne le fit pas dévier d’un pouce. Le Seigneur du Pays des Neiges restait impassible, les mains derrière le dos.

« Triste nouvelle. J’espère que d’autres capitales ne seront pas frappées par de telles catastrophes... L’alliance devrait enquêter sur place. »

Parce que tu penses rester dans l’alliance ? s’étouffa Koharu.

Cela fait beaucoup d’événements négatifs en peu de temps analysa Tsunade. Je devrais tenter ma chance au Loto cette semaine.

Revenant vers son nouvel invité, le 5ème Hokage aborda les formalités d’usage :

- Après votre voyage vous devez être fatigués. Nous ferions sans doute mieux de nous reparler plus tard.
- A votre guise.

Les conseillers dissimulaient mal leur satisfaction de voir cet échange se terminer.

- Nous allons trouver un endroit où vous héberger et… débuta Tsunade.
- Vous ne m’avez même pas proposé de m’asseoir lui fit observer Shôkishi. Je doute du lieu que vous me proposerez.
- Soyez assuré que…
- J’ai les moyens de payer une chambre.
- Il est de coutume…
- … de respecter le désir de ses invités. Votre grand-père ne vous l’a pas appris ?

Tsunade rougit de colère. Le poing serré elle l’aurait volontiers abattu sur la table. Mais depuis peu elle essayait de contrôler sa colère. Le bureau demeura intact.

Le Seigneur du Pays des Neiges et ses deux hommes saluèrent leurs interlocuteurs. Il était temps de partir. Avant d’ouvrir la porte pour sortir Shôkishi s’arrêta.

« Je croyais que vous aviez arrêté les expériences visant à recréer le premier Hokage. »

Tsunade pâlit. Le regard de Shôkishi se porta sur elle. Devant son trouble il quitta la pièce sans attendre de réponse.

- Si je puis me permettre glissa Isaku avant de sortir.
- Oui, quoi donc ? répondit Naruto.
- Shôkishi-dono a oublié de préciser une chose. Nous sommes ici pour récupérer Shinsuke, le jeune garçon qui accompagnait Masato. Il est toujours en vie ?
- Enfermé mais vivant.

Isaku afficha une mine soulagée.

- Il est aussi condamné ?
- 20 ans de prison.
- Les Habaki n’y sont pas allés de main morte constata le ninja du Pays des Neiges.

De sa poche il tira un document qu’il déposa sur le bureau du Hokage.

- De quoi s’agit-il ?
- Shinsuke est encore mineur. C’est un mot de son père : il souhaite que l’affaire se règle via un duel judiciaire et m’a désigné.
- Vous voulez jouer sa vie sur un combat plutôt que de… s’estomaqua Naruto.
- Je vous laisse faire le nécessaire pour la tenue du duel coupa Isaku qui ne voulait pas s’attarder.

Il s’éloigna du bureau pour rejoindre Magatsu et Shôkishi.

« Je soutiens notre Hokage » déclara Koharu. « Pourquoi vouloir un duel de plus ? Vous êtes en manque de sang ? »

Auriez-vous parlé ainsi en présence de Shôkishi-dono ? se demanda Isaku.

« Avec les Habaki nous ne croyons guère au remise de peine pour bonne conduite » sourit-il avant de s’éclipser.

Il était attendu à la sortie du bâtiment.

- Shinsuke ? demanda Shôkishi.
- L’affaire sera vite réglée.
- Nous nous chargeons de vous trouver une auberge Shôkishi-dono déclara Magatsu.

L’instant d’après, Shôkishi était seul. Le père de Masato fit alors quelques pas dans Konoha.

« J’ai de la place pour vous loger si vous le souhaitez. »

Shôkishi ne tourna même pas la tête avant de répondre :

- Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.
- C’est peut-être héréditaire allez savoir…

Lentement la tête de Shôkishi se tourna sur sa droite. Adossée à une devanture de magasin, le haut du visage en partie dissimulée par le store de la boutique, son interlocutrice affichait un visage au sourire délibérément provocateur.

- Que fais-tu ici ?
- Une envie soudaine de revoir ces terres…
- Haïtani t’a parlé.
- Je peux avoir bien d’autres informateurs. L’identité de certains vous surprendrait.

Shôkishi reprit sa marche. Hanako le suivit, se portant rapidement à sa hauteur.

« Je vous disais donc que j’ai réservé deux étages dans une auberge de standing. Le premier est occupé par mes hommes et moi mais pour le dernier… »

Pas de réponse. Son interlocuteur poursuivait sa route. Elle se plaça devant lui, l’empêchant d’avancer.

- Vous m’avez déjà éloignée une fois. Pour quels résultats ? Mon frère a endossé mes fautes et va peut-être mourir tandis qu’Akari est morte.
- Ces sujets n’ont pas à être discutés en pleine rue.
- Où alors ? débita Hanako avec humeur. Avec vous on ne peut jamais parler de rien.

Il la fixa alors droit dans les yeux. « Ta place n’est pas ici » répéta-t-il.

Il s’éloigna en la contournant par la gauche, sans prêter garde aux deux personnes assises sur des caisses en bois.

- Il n’a pas l’air commode votre paternel débuta Shimazu.
- Une image conforme à ce qui circule à son sujet déclara Ishin.
- Ma place n’est pas ici a-t-il dit. Il n’a pas mentionné que je devais rentrer sourit Hanako.
- Cela risque de changer quand il apprendra que c’est lui qui finance notre séjour à Konoha mentionna Ishin.

Ils retournèrent ensemble à l’auberge où ils résidaient.

- Vos amis ne sont pas encore là ? demanda l’aubergiste.
- Je ne sais pas s’ils viendront répondit Hanako. Vous toucherez quand même votre dû.
- J’espère bien. Nous n’avons pas l’habitude que les clients fassent payer leurs factures par…
- Vous aurez votre argent lâcha Hanako avec un regard foudroyant.

L’aubergiste n’ajouta pas un mot et laissa sa cliente regagner ses quartiers.

« Je prendrai bien une chambre » entendit-elle en ouvrant la porte.

Hanako s’avança. Sôri était assis sur le rebord de la fenêtre.

« Une soudaine envie de visiter le Pays du Feu ? » demanda-t-elle.

Les yeux du maître se posèrent sur elle. On aurait dit deux lames prêtes à la découper.

« J’ai quelques affaires à régler dans la région. »
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MessagePosté le: Lun 15 Sep 2014, 2:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 97 : Fatigue et réconfort


Si on lui avait demandé depuis combien de temps elle était capable de cela, elle n’aurait pas donné une date précise. Il lui semblait que depuis le départ, ou presque, elle avait su lire en Naruto, comprendre son état d’esprit, s’il avait ou non le moral.

Visiblement, aujourd’hui était un jour sans.

Elle le trouva près de la stèle dédiée aux ninjas morts pour le village.

- Bonjour Naruto. De loin j’ai cru que…
- Qu’il s’agissait de Kakashi-sensei ? Ton Byakugan doit être sacrément déréglé.

Hinata ne sut si Naruto plaisantait. Le ton était haché et si son visage affichait un faible sourire ses yeux ne l’accompagnaient pas. Au contraire, ils étaient marqués par une mélancolie. Quelle pouvait bien en être la source ?

- Tu viens souvent par ici ?
- Je suis arrivé devant la stèle sans m’en rendre compte. Je marchais et mes pas m’ont conduit ici, répondit le Hokage.
- Quelque chose ne va pas ? demanda Hinata.
- Oh ce n’est rien… Voir tous ces noms, cela m’a remué un peu.

Il mentait, elle le voyait sans peine.

- Je ne suis peut-être pas d’aussi bon conseil que Sakura ou Gaïa Uzumaki, voire d’autres ninjas mais…
- Des fois j’aimerais que ma mère et mon père soient là, lâcha Naruto. Qu’ils me disent quoi faire.

La souffrance se lisait sur son visage. Les larmes n’étaient pas loin.

« Kurama ne t’a pas proposé une solution pour aller mieux ? » glissa Hinata, sachant que la mention du démon renard faisait, en général, réagir positivement Naruto.

Un bref sourire apparut.

- Ah… si, mais je me méfie de ses conseils.
- Tu fais bien.
- Kurama gronde, il n’est pas content de ce que tu viens de dire.

Sans savoir pourquoi, Naruto étreignit Hinata.

- Désolé, cela ne te fait rien si on reste un petit moment comme ça ?
- Non, Naruto. Bien au contraire…

Il pleura dans ses bras tout en resserrant son étreinte.

- Je suis Hokage et pourtant je manque tellement d’expérience. Parfois j’ai peur de mes décisions. Je suis trop bête. Je ne sais pas quoi faire… sanglota Naruto.
- Tous les Kages ont dû apprendre. C’est pour ça que tu es entouré. Et puis regarde la situation : il y a des risques et des conflits… je crois que personne ne ferait mieux que toi.
- Merci de croire en moi Hinata, mais…
- J’ai toujours cru en toi Naruto. Ce n’est pas le moment de baisser les bras.

Ils restèrent dans cette position de longues minutes, échangeant ainsi, sans se voir directement. Pourtant, même s’ils ne pouvaient se voir, ils ressentaient la présence de l’autre. C’est tout ce qui importait en cet instant.

Être tous les deux, comme ça, c’est si…

Brusquement, Naruto appuya ses deux mains sur les épaules d’Hinata et se recula.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle, inquiète. « Tu vas devoir partir ? »

Le Hokage la rassura.

« Non, j’ai cru voir une ombre passer. »

Il regarda la jeune Hyûga d’un air apaisé.

Je me trompais.

Eux ne se trompaient pas. Il y avait bien une ombre noire qui planait sur le champ de bataille. Qui ravageait tout sur son passage sans s’épuiser le moins du monde.

- Être en première ligne ok’, mais je n’avais pas signé pour affronter un tel truc.
- Pareil. On s’est fait avoir !
- Et les gars on devrait peut-être faire demi-tour ou se rendre afin que…

Le petit échange entre les trois ninjas fut interrompu. Une volée de flèches venait d’en emporter deux. Les hommes de Mikasa étaient d’une précision redoutable. Le troisième était seulement blessé à l’épaule. Il retira la flèche et il la vit, cette ombre.

En fait cela n’a rien d’une ombre. C’est un monstre…

Il essaya de saisir un kunaï dans sa poche de ninja. Son bras droit fut séparé du reste de son corps avec que sa main n’effleure l’arme tant désirée.

D’un coup de pied le guerrier noir le jeta au sol. Il lui jeta un regard… avant de continuer sa route à travers les lignes ennemies.

Il lui a suffi d’un coup pour m’emporter le bras. Désormais je ne suis plus une menace pour lui et il me laisse dans cette situation…

Le ninja sourit, désabusé. La douleur commençait à se faire sentir. Le sang coulait abondamment.

Le ciel est bien gris aujourd’hui…

« Arrêtez-moi ce type ! » hurla Kaoru.

Ryuichi perçait leurs lignes sans difficulté. Non pas parce que les Ailes étaient mal disposées. Au contraire. Mais ses hommes ne connaissaient pas le terrain.

- Seul un sharingan arrête un sharingan glissa une voix aux côtés de Kaoru.
- Et alors ? tempêta ce dernier. Tu crois que j’ai le temps pour des devinettes Gin ?

Ce dernier parut contrarié que sa remarque ne trouve aucun écho.

« Si on applique ce principe, reprit-il, pour arrêter un épéiste il faut… »

Son regard désigna Suigetsu et sa bande.

« Suigetsu, avec tes hommes rapporte-moi la tête de ce type ! »

L’ordre impérieux de Kaoru ne plaisait guère aux épéistes, qui n’avaient que peu de respect pour lui.

- Quel dommage qu’Orochimaru n’ait pas éliminé ce type plutôt que Tomao.
- Kasuki, ce n’est pas le moment de parler de ça, fulmina Suigetsu.
- Kasuki sait toujours l’ouvrir quand il ne faut pas, persifla Nagisa.

Avant que le possesseur du sabre émoussé fendeur de heaumes ne fasse un geste, Shion l’empoigna. Risako fit de même avec Nagisa. Ils les orientèrent en direction du guerrier noir.

« Face à lui vous seriez bien inspirés de vous la fermer et de faire équipe. Si vous la jouez solo nous allons tous mourir. »

Shion n’était pas rassuré. Et il tenait à le faire comprendre aux autres épéistes.

« Vous représentez ma garde personnelle » rappela Goro qui s’était approché. « Faites honneur à votre statut ou… vous mourrez. De sa main ou de la mienne. »

Son regard prouvait la sincérité de sa déclaration.

Je vais prendre ça pour un encouragement se dit Suigetsu. A cinq on a une chance contre ce type.

Les épéistes levèrent leurs lames en direction de Goro avant de filer rejoindre Ryuichi.

- Tu penses qu’ils vont s’en sortir ?
- Je ne suis pas très bon au jeu des pronostics, répondit Gin. Mais je pense, Goro-dono, qu’ils peuvent… au moins le ralentir.
- Et que font les jashinistes ?! Ils sont bien moins nombreux que ce que Mozen avait dit. Surtout, leurs hommes de premier plan ne semblent pas là.
- Un besoin soudain de prières peut-être…

Le guerrier noir s’arrêta.

Enfin ils s’amènent. Je ne pensais pas devoir percer leurs lignes à ce point pour qu’ils se décident à pointer le bout de leur nez.

Il reprit sa respiration.

Eh ben, ma condition physique laisse à désirer ?! Il faudra que je durcisse mes séances d’entraînement.

D’un brusque mouvement de sa main droite il agita sa lame, pour évacuer le sang présent. La neige rougit.

« La voilà bien propre pour vous accueillir. Ne me décevez pas les gars. Je ne suis ici que pour vous. »

Postés au sommet d’un petit monticule les cinq épéistes pouvaient regarder Ryuichi de haut.

- Alors tu nous cherches ?
- Un idiot comme toi Kasuki, je ne sais pas qui n’aurait pas envie de l’éliminer.
- Tu vas la fermer oui ?
- Euh… dites vos histoires je m’en tape pas mal, intervint Ryuichi en se grattant la tête. Soit vous venez soit je viens vous chercher.
- Ah ouais ? demanda Kasuki tout empoignant son arme.
- Oui.

D’un geste Ryuichi trancha le petit monticule de terre recouvert par la neige. Les cinq épéistes eurent l’impression d’être sur un tapis volant qui filait à toute allure en direction du sol.

« Pu****, ce coup d’épée ! » gronda Kasuki tout en se réceptionnant au sol.

Au même instant, Suigetsu terminait ses mudras.

« Suiton – la barrière d’eau. »

De l’eau sous pression apparut, formant un mur protecteur.

Il ne pourra pas profiter de son effet de surprise pour nous avoir pensa le chef des épéistes.

L’épée de Ryuichi trancha la barrière aqueuse en deux. L’eau se répandit sur la neige.

« Va falloir faire mieux que ça pour vous protéger de mes coups. » Il a fallu que je mette un bon coup pour percer cette technique Suiton. Elle n’était pas si mal que ça.

Kasuki bondit sur le guerrier noir. Ryuichi dressa son épée devant lui, pour parer le sabre émoussé qui le visait. La rencontre des deux lames fit un bruit métallique, qui parcourut le champ de bataille.

Il parvint jusqu’aux oreilles de Tsugumi. Même si elle ne voyait pas la scène en détails, elle pouvait sentir ce qui se déroulait là-bas.

« Ryuichi… cela pourrait bien être votre dernier combat. »

Nagisa surgit derrière Ryuichi avec ses deux lames. Elle visait le dos de son adversaire, profitant de l’ouverture créée par l’offensive de Kasuki.

Il le sentit. D’un coup de pied arrière, le guerrier noir jeta de la neige, pour obstruer la vision de Nagisa. Le temps pour lui de pousser son épée en avant, afin que Kasuki recule. Ce qu’il fit.

Ce type n’est pas un rigolo. Ils ne sont pas nombreux les types à m’avoir fait reculer.

Kasuki empoigna son arme de plus belle, pour repartir à l’assaut. La main gauche du guerrier noir l’avait déjà saisi aux poignets.

Il compte faire quoi ? Il ne va quand même pas me briser les poignets…

Non. Ryuichi asséna un coup de tête magistral à Kasuki qui envoya ce dernier au sol. Totalement K-O.

- Il a la tête vide mais pas dure, constata Nagisa, pas mécontente de voir son camarade dans un tel état.
- Votre esprit d’équipe fait plaisir à voir, ironisa Ryuichi. Et il me facilite la tâche. Bien coordonnés vous seriez difficiles à battre. Là chacun veut jouer sa partition. Cela causera votre perte.
- Pas besoin d’être nombreux pour s’occuper de toi.

Elle planta un de ses sabres dans le sol. Une décharge électrique surgit, qui se dirigea immédiatement sur Ryuichi. Celui-ci empoigna vivement son épée et s’éloigna à toute allure.

« Pauvre fou, tu crois pouvoir échapper à la foudre ? »

Les yeux de Nagisa pétillaient d’excitation.

La main toujours sur son sabre, elle utilisa l’autre pour composer des mudras.

« Raiton – l’éclair assassin ! »

Un coup de tonnerre frappa le champ de bataille.

Le contact entre le sol et l’éclair rejeta un fort nuage de neige sur les alentours. Nagisa se redressa, pour mieux évaluer les effets de son attaque.

Finalement c’est pas si difficile de le battre… Les autres faisaient vraiment tout un foin pour pas grand-chose.

Une ombre de dessina à l’endroit de l’impact. Le cadavre du guerrier noir.

Qu’est-ce que c’est que ça ?!

L’épée de Ryuichi était plantée dans le sol, pile à l’endroit de l’impact.

« On ne t’a jamais appris que la foudre frappait toujours le point le plus haut ? »

Ryuichi était à ses côtés. Nagisa l’aperçut à peine avant que tout ne devienne noir.

« Et maintenant à qui le tour ? » Deux de moins, à ce rythme j’en aurai fini avant d’être trop claqué.

Un rapide pas de côté lui évita de perdre sa jambe droite.

- Joli réflexe.
- Je n’aime pas les contacts trop explosifs. Même avec une femme.

Risako pencha sa tête sur la gauche. Elle aimait bien que son premier assaut ne soit pas le dernier. Que le combat dure. Et avec lui, que les explosions se multiplient.

- Tu vas donner un joli feu d’artifices.
- J’ai pas le temps pour ça.

Il lança son épée sur Risako qui sauta juste ce qu’il faut pour éviter d’être touchée par l’arme de Ryuichi. L’épée se perdit dans la neige.

Il n’y a pas de fil qui relie l’épée à son bras. Il est donc désarmé maintenant. Quel geste idiot de sa part.

Cela la chagrina un peu. En se mettant entre lui et son épée, elle l’empêcherait de la récupérer. Et prévoyait déjà de le tuer en lui laissant une fausse ouverture pour récupérer sa lame.

Une violente douleur rappela Risako au combat.

Mais comment…

« Etudie mieux ton environnement immédiat au lieu de déjà dresser des plans pour m’avoir. »

Elle lâcha son gicleur explosif dans le sol. Baissa la tête. Il l’avait blessée grâce à l’épée que Nagisa avait laissée dans le sol.

Il a fait exprès de lancer son épée pour que je le croie désarmée et m’attende à une opposition facile. Il est malin.

Ses genoux vacillèrent, Risako tomba au sol.

Nagisa… décidément elle m’aura cassé les pieds jusqu’au bout. Si je la recroise…

A peine était-elle au sol que Ryuichi se jeta en avant pour récupérer son épée. Et se protéger ainsi du fil de fer de Nuibari qui allait s’abattre sur lui.

Il ne lui manqua que quelques centimètres. Le fil le saisit aux pieds, et Shion tira dessus d’un geste sec, pour étaler Ryuichi sur le sol.

- T’es plutôt le genre chasseur, qui aime traquer ta proie, lança Ryuichi en essayant de se retourner.
- Tais-toi.

Shion donna un coup sec et le fil de fer se resserra autour des pieds de son adversaire. A pas lents, il s’approcha.

Un instant, il regarda Risako, allongée au sol. Il se baissa pour prendre son pouls.

Elle est encore en vie.

Cette nouvelle le soulagea quelque peu.

- Tu as laissé la vie à ma camarade. Je te remercie…
- Pour la peine tu vas me libérer ?
- Je ne ferai que te briser que les pieds.
- Trop aimable.

En quelques gestes Shion renforça la tension exercée par le fil de son sabre sur les pieds de Ryuichi. Ce dernier ne broncha pas. Le possesseur de Nuibari en fut agacé.

Cela le décida à rapidement en finir et à ne pas resserrer progressivement l’emprise de son fil sur le corps de son adversaire.

Les os des pieds se brisèrent rapidement. Ryuichi ne cria pas. Pas une fois.

« Finalement, j’ai changé d’avis. Avec des pieds dans cet état… Te les trancher ne changera pas grand-chose. »

La lame de Nuibari racla le sol avant d’emporter les pieds de Ryuichi.

Il se décomposa en un nuage de fumée.

« Un clone !? Enfoi… »

Ryuichi sortit de terre, juste en-dessous de Shion et lui envoya un uppercut. Il n’eut pas le temps de réagir, pas le temps d’esquiver le moindre geste. Il encaissa le coup de plein fouet et retomba sur le sol. Inconscient.

Plus qu’un désormais.

Suigetsu passait par tous les états en voyant ses hommes ainsi dispersés et vaincus.

« Je suis le chef de ces épéistes… Comment as-tu pu leur faire une chose pareille ? »

Ses yeux s’injectaient de ce sang alors que son regard croisait celui de Ryuichi qui ramassait son épée.

« Tu ne veux pas répondre ?! »

Il empoigna Kubikiribôchô. Et son bras droit se transforma en une masse de muscles qui rendrait jaloux n’importe quel culturiste… et effrayerait n’importe quel spécialiste du bras de fer.

« Si les chiens mordent mal il faut parfois blâmer le maître. »

La provocation de Ryuichi fut l’étincelle qui manquait à Suigetsu. Il abattit son épée de toutes ses forces sur celle de son opposant. Celui-ci bloqua le coup à deux mains.

Te voilà vulnérable.

Ils étaient à peu près de force égale en cet instant. Suigetsu ne tiendrait pas longtemps mais ce n’était pas ce qu’il voulait.

Sa main gauche, libre, allait lui servir. Avec, il forma un pistolet et le pointa sur Ryuichi.

« La partie se termine ici. Le pistolet à eau du clan Hôzuki ! »

Ryuichi écarta la tête pour ne pas recevoir la balle en plein front. Ce faisant, il perdit son équilibre, mais il obliqua son épée, de manière à ce quelle celle de Suigetsu glisse sur la sienne et ne le blesse pas.

Il empoigna alors sa lame à deux mains et se jeta de côté. Suigetsu n’arriva pas à le toucher.

Le guerrier noir se releva rapidement et de ses deux mains, frappa l’épée de Suigetsu. La lame de cette dernière se fendit sous le poids de l’impact.

- Mon épée !
- Elle se reformera. Mais tu n’en seras peut-être plus le propriétaire.

Le plat de l’épée de Ryuichi s’abattit sur le frère de Mangetsu. Il l’éclata sur le sol. Mi-humain, mi-liquide, Suigetsu gisait sur le sol. Il peinait à reprendre sa forme habituelle.

Le guerrier noir en profita pour séparer les épéistes de leurs armes et les attacher.

Ils vont se tenir tranquilles maintenant.

Le souffle court, Ryuichi avait le visage marqué par l’effort. Il s’appuya un instant sur son épée. Il avait bien mérité un petit moment de repos.

« Attachés, ils ne se feront plus de bobos. Ni à d’autres personnes » débuta une voix.

Instinctivement, Ryuichi se retourna. Il n’avait pas senti sa présence.

« Je n’avais pas prévu de vous affronter » commenta Gin. « Vraiment… »

Il fit quelques pas autour de Ryuichi avant de s’immobiliser.

« Mais voilà : vous mettez hors course nos vaillants épéistes, vos petits camarades déciment nos hommes. Et voilà que Goro m’ordonne de me mêler à cette bataille. Alors que je n’en ai pas tellement envie. »

Tout en parlant, Gin tournait à moitié le dos à Ryuichi. Les mains écartées du corps, son regard se perdait dans le ciel.

- T’es le genre illuminé comme gars non ?
- J’aimerais bien parfois…

Il ramassa un sabre présent sur le sol.

- Pour inverser le cours d’une bataille il n’est pas nécessaire de tuer un grand nombre d’ennemis. Tuer celui qui est le plus en vue, qui a le plus marqué les esprits est suffisant…
- T’as l’expérience des combats on dirait.
- … et cette personne c’est vous, termina Gin.

D’un geste appliqué il fit tournoyer le sabre en sa possession.

- Il appartient à un homme que vous avez éliminé.
- Et justicier à tes heures ?

Gin grimaça.

« Non. »

Au contact de sa main, le sabre fut recouvert de son chakra affinité vent.

- Pas mal, ils font le même modèle en bleu ?
- Plaisanter est la marque du guerrier défait.

Le visage de Gin était fermé. Il plaça l’épée devant lui. Prêt à frapper son adversaire à la moindre ouverture.

Ryuichi ramena son épée derrière lui. Les deux mains sur la poignée. Prêt à l’abattre sur Gin dès que ce dernier serait à sa portée.

« Nous allons voir combien de temps ton épée résistera aux assauts de la mienne. »
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Jûbi


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MessagePosté le: Lun 22 Sep 2014, 3:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 98 : La paire ‘y’en a (pas) deux


L’approche d’un nouveau conflit ne plaisait guère aux populations. Elles craignaient pour leur vie. L’alliance ferait tout pour les préserver mais une certaine crainte se diffusait. La crainte qu’un jour prochain tout ne se termine. Si cela se produisait, autant en profiter une dernière fois. Dans ce contexte, certains se laissaient aller à jouer, espérant toucher le gros lot et ainsi combler leurs désirs avant que le conflit n’éclate.

C'était le genre de situation dont les organisateurs de combats clandestins raffolaient. Plus de participants et plus de parieurs en perspective. Des bénéfices en hausse. Surtout, un conflit à venir rendait les nations plus tolérantes vis-à-vis de ces activités : la répression était moins active, les ninjas étant mobilisés pour d’autres missions.

Les grandes nations n’aimaient pas les combats clandestins : en dehors des examens de sélection, les affrontements entre ninjas se déroulaient dans le cadre des missions ou des conflits. Jouer sa vie pour de l’argent était mal perçu.

Certaines voix laissaient toutefois entendre que la position des nations sur ce dossier tenait moins à la défense de valeurs qu’au fait qu’elles ne touchaient aucun revenu sur ces combats. Un partage des recettes avec les organisateurs pourrait sans doute atténuer leur opposition.

En attendant une hypothétique avancée sur ce dossier, les combats se déroulaient souvent à la frontière des nations. Des zones mal identifiées où l’intervention d’une nation pouvait être prise comme une ingérence par les autres pays limitrophes. Il ne fallait négliger aucun détail pour que les combats clandestins soient une affaire rentable.

Le ciel était dégagé et le soir commençait à tomber. Coincés entre une forêt et des montagnes, des bâtiments de taille et d’état divers étaient éparpillés. Le plus grand accueillait les combats. Hors d’âge, on pouvait se demander comment il tenait encore debout. Peut-être grâce aux ninjas qui le gardaient. Déserteurs pour la plupart, ils étaient bien payés pour veiller au bon déroulement des combats, à la bonne tenue des parieurs ainsi qu’à la surveillance des alentours.

Deux personnes sortirent de la forêt et se dirigèrent vers la zone des combats.

- Je me sens en forme ce soir Daisetsu.
- Je te le souhaite Aokiji. Va falloir assurer.

Aokiji leva le pouce d’un air confiant. Son allure massive, son catogan et sa manière de se déplacer ne le faisait guère passer inaperçu.

« D’ici quelques heures, je vais être riche. »

Ils pénétrèrent dans le bâtiment principal. L’odeur de la transpiration était présente partout. Elle collait aux parois. Le signal que les combats battaient leur plein depuis un petit moment déjà.

La foule était massée et encourageait, criait, insultait (plus rarement) les combattants. Au milieu de cette cohue, quelques personnes zigzaguaient pour empocher les paris et donner leurs gains aux vainqueurs.

« Matte-moi ça Daisetsu : regarde la cote ! »

Sur un tableau, marqué par les réécritures incessantes, figuraient les cotes des combats.

« En effet, ce type est pratiquement à un contre un. Ce doit être un bon. »

Daisetsu était surpris ; Aokiji voyait les choses autrement :

« Si je gagne c’est le jackpot. »

Le doute l’effleurait rarement.

« Vous êtes nouveau ici ? » demanda un parieur, visiblement un habitué des lieux.

Daisetsu répondit oui d’un signe de tête.

- Votre ami, là, il est toujours aussi confiant ?
- Oui. C’est un ancien ninja prometteur. Il était trop bon pour son pays alors les autorités l’ont mis à l’écart. Enfin c’est ce qu’il dit.
- Ouais ben dites-lui de ne pas combattre et de ne pas miser sur lui. En tout cas pas pour le moment.
- Ah ouais ? demanda Aokiji qui avait entendu le conseil. Et pourquoi ?
- Parce qu’elle est là.

Ce n’est donc pas un homme mais une femme qui a cette cote proche de un… Tout en pensant cela Daisetsu se fraya un chemin parmi les parieurs, pour voir un peu cette personne.

Ce fut comme une apparition.

D’allure fine, les cheveux noirs coupés assez courts, elle était belle. Et redoutable. Le combat n’avait commencé que depuis quelques secondes et déjà son opposant était à terre. La mâchoire brisée, il gisait au sol avant d’être évacué.

« Et une nouvelle victoire pour notre championne ! » cria le speaker. « Sa 15ème victoire consécutive de la journée. Je ne vais pas vous dire depuis combien de temps elle est invaincue afin de ne pas décourager les valeureux ninjas mais soyez sûr de vous avant de venir la défier. »

L’assistance approuvait. Personne ne se précipitait pour être le 16ème adversaire. Tout du moins le temps qu’Aokiji ne se présente.

- Vous êtes un habitué ou c’est votre première fois ? l’interrogea le speaker.
- Première fois contre une femme. En combat je veux dire…

Des rires gras accompagnèrent ce propos d’une profondeur extrême.

- Alors je rappelle la règle : pour cette session vous combattez à mains nues. Aucun accessoire n’est autorisé, d’aucune sorte. Le combat cesse par l’abandon, le K-O ou la mort.
- Je me contenterai de la mettre K-O.
- Ce n’est pas le premier à dire cela mais peut-être son sort diffèrera des autres. Allez on l’encourage et on parie sur lui !

Juste avant que le combat ne débute, Aokiji transmit son argent à Daisetsu, pour qu’il mise sur sa victoire.

- Tu en es sûr ?
- Regarde-la cette maigrichonne. Je vais la casser en deux.

Il reçut une tape sur l’épaule de la part de son ami.

« Fais attention quand même. Elle n’a pas l’air de plaisanter. »

Aokiji était déjà face à elle.

« Tu peux encore abandonner fillette. »

Il la regardait mais ce qu’il vit n’était pas pour le convaincre qu’il inspirait la crainte. Elle le fixait d’un regard vide, sans vie. Comme s’il avait un robot face à lui.

Elle doit être morte de trouille en fait préféra-t-il penser.

« A vous de jouer ! » hurla le speaker en abaissant sa main.

Aokiji, comme à son habitude, fonça sur son adversaire. La meilleure défense à ses yeux était l’attaque : frapper vite et fort afin de boucler le combat en peu de temps et toucher l’argent rapidement.

Il pensait déjà à ce qu’il pourrait se payer.

Une cote de 30 contre un. Punaise c’est mon jour de chance.

Le poing droit d’Aokiji frappa le vide. Elle effectua une balayette qui le jeta au sol. Par une pirouette arrière, Aokiji évita le coup de pied qu’elle lui destinait.

La foule s’excita. Le combat durerait peut-être plus longtemps que d’habitude.

« T’as l’air douée ma petite. »

Aokiji repartit à l’assaut. Son enchaînement coup de pied au niveau de la taille, suivi d'un direct du gauche puis d'un coup de genou dans l’estomac était bien pensé. Mais il demeura dans sa tête. A peine débuta-t-il son coup de pied que son adversaire le frappa à la jambe gauche. Sa jambe d’appui fragilisée, Aokiji manqua de tomber. Il se rattrapa comme il put.

Abandonne, ne fais pas ton fier. Elle est trop forte pour toi pensa Daisetsu.

Il ne le fit pas. La danse se poursuivit quelques instants. La voir évoluer imposait le silence chez les parieurs. Ses déplacements étaient précis, aucun geste inutile. Elle dansait sur la zone de combat. Et personne n’avait le niveau pour danser avec elle.

Aokiji mordit la poussière quelques instants plus tard. Un coup de pied droit à la tempe venait de le mettre K-O.

Quand il revint à lui, les combats venaient de se terminer pour aujourd’hui. Elle était toujours invaincue lui apprit Daisetsu. Aokiji se redressa. Furieux contre lui… et surtout contre elle.

Alors quand il l’aperçut à quelques pas, en train de quitter le bâtiment, il la rejoignit.

Cela va mal finir… pronostiqua Daisetsu.

Aokiji la fixa droit dans les yeux.

- C’est pas possible, tu triches, t’as un truc en plus.
- Laisse tomber Aokiji, vaut mieux y aller.

Il ne l’entendait visiblement pas de cette oreille.

« J’avais parié gros sur ma victoire. Maintenant j’ai plus rien… »

Un kunaï jaillit de sa poche.

« Alors tu vas être bien gentille et me dédommager. »

Elle le regarda. Son regard était si triste.

Aucun mot ne sortit de sa bouche.

Il se rapprocha d’elle. Son souffle faisait faiblement onduler les cheveux noirs de celle qui l’avait battu un peu plus tôt.

« Et puis peut-être bien que le dédommagement ne sera pas que monétaire… »

Il passa sa main sur le corps de la jeune femme avant de la faire glisser le long de sa cuisse.

- Aokiji tu fais quoi…
- Laisse-moi, répondit ce dernier tout excité, il faut bien que je me paye comme je peux.

Le remboursement n’eut jamais lieu. Sa main fut saisie et retournée en une fraction de seconde. Il hurla de toutes ses forces. Ce qui eut le mérite de faire rappliquer trois ninjas chargés de la surveillance.

- Que se passe-t-il ici ? Les combats sont finis, on veut pas d’embrouilles.
- C’est cette espèce de… elle vient de me casser la main.

Les trois ninjas regardèrent la jeune femme. Ils ne lui dirent pas un mot. A la place ils empoignèrent Aokiji par les épaules et lui indiquèrent la sortie. Daisetsu les suivit.

Enfin seule, elle put rentrer chez elle. Son habitation actuelle n’était qu’à quelques pas du bâtiment principal. Elle louait une petite maison de plain-pied. Un lit, une cheminée et une bassine composait son intérieur.

Elle s’assit sur le lit, visiblement lasse de la journée qui venait de s’écouler.

On frappa alors à la porte.

« Qui ? »

Avant d’entendre la réponse une personne pénétra dans la pièce. Un homme, d’une cinquantaine d’années.

- Désolé mais ce soir je ne vends pas…
- Je ne suis pas ici pour acheter mais pour donner, répondit-il.

Elle le regarda. Aucune étincelle n’animait ses yeux.

« Ce regard, il ne demande qu’à reprendre vie. Voyez ce que vous faites actuellement. Imaginez ce que vous pourriez réaliser en reprenant le droit chemin. Celui qui vous soutient et donne sens à votre existence. »

Il fit un pas dans sa direction.

- Je suis Mozen, la voix de Jashin sur cette terre impie. Notre Dieu a des projets pour vous. Il me l’a dit.
- Vous feriez mieux de partir.
- Les résistances à Jashin sont souvent le fruit d’une profonde mésinterprétation de son message.
- Si vous restez plus longtemps vous allez être en danger.

Mozen était intrigué. Elle le menaçait ?

Avant même qu’il ait pu l’interroger une explosion retentit.

Oren…

Un autre jashiniste s’invita alors dans la pièce. Il avait traversé le toit.

- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je vous avais prévenu.

Mozen sortit pour évaluer la situation. Hajime était dans un piteux état, un épais filet de sang coulant de sa tempe gauche. Oren était moins affectée mais elle n’avait visiblement pas lésiné sur son Bakuton.

Deux autres jashinistes étaient au sol, sans oublier celui qui avait traversé le toit.

- Que se passe-t-il ici ?
- Notre présence déplaît visiblement à ce type, répondit Oren en désignant son adversaire.

Mozen l’évalua rapidement.

Cette allure, ce regard… pas de doute nous sommes tombés sur un os.

- Sôri, c’est cela ? demanda-t-il, tout en connaissant déjà la réponse.
- Bravo, vous avez trouvé qui je suis, vous avez gagné le droit de repartir en vie.
- Sôri ?

Entendre ce mot avait visiblement réveillée la jeune femme qui sortit de son habitation découverte. Une légère surprise parcourait son regard.

« Il semble qu’il veuille vous parler. Nous nous reverrons un autre jour. Pensez à ce que je vous ai dit » glissa Mozen à son interlocutrice.

Il fit signe à ses hommes de se replier.

Nous ne gagnerons rien à l’affronter aujourd’hui. Surtout, il nous faut rejoindre le Pays des Neiges, pour voir comment se déroule l’assaut. Goro doit être irrité de ne pas m’avoir vu ni la plupart des meilleurs éléments dévoués à Jashin.

« Utiliser tes talents ainsi… quel gâchis » débuta Sôri. « J’ai même cru comprendre qu’en plus de ces combats tu vendais parfois ton corps... »

Son regard ne se déroba pas. Elle regardait Sôri qui la dévisageait de façon peu amicale.

« Makie, qu’est-ce qui s’est passé ? »

Entendre son prénom la réveilla quelque peu. Il y avait si longtemps qu’on ne l’avait pas nommé ainsi. Qu’elle n’avait pas croisé une personne de sa connaissance.

- Ces jashinistes… pourquoi sont-ils venus te voir ?
- Leur chef, Mozen, il voulait me recruter, murmura Makie.
- Tu as dit oui ?
- Vous ne m’avez pas laissé le temps de leur répondre.

Face-à-face, ils gardèrent le silence quelques instants. Makie l’interrompit :

- Je vous invite à l’intérieur ? Pardonnez le désordre et le toit effondré.
- Ce ne sera pas nécessaire. Prends tes affaires, nous partons.

Elle réagit avec lenteur. S’il l’avait retrouvée c’est que quelque chose devait se tramer et qu'elle, Makie, était impliquée ou devait l’être.

- Pourquoi êtes-vous venu ici maître ?
- Celui que j’ai formé en même temps que toi… il s’est mis dans de beaux draps.

Pour un instant au moins, les yeux de Makie s’animèrent.

« Masato, il est… »

- Mort ?
- Votre jeune complice est donc libre.

Masato était surpris d’apprendre une telle nouvelle.

- Et qui était le champion de Shinsuke ? Cela ne peut pas être ma sœur, elle en aurait profité pour raser la moitié du village. Un de ses hommes alors ?
- Isaku, l’homme à tout faire de votre père.
- Isaku ?! S’il est là cela veut dire que…

Shiori lut dans son regard et comprit ses pensées.

« Oui, il est là. Visiblement trop occupé pour venir vous voir. »

Un bref ricanement sortit de la bouche de Masato. Que son père vienne le visiter à la prison et le ciel leur tomberait sur la tête dans la semaine.

- Son absence me surprend moins que votre présence ici.
- Pourquoi ?
- Soit vous venez me punir pour ce que ma sœur a fait au garçon de votre clan, soit vous allez m’annoncer que vous m’affronterez soit…

Elle l’arrêta d’un geste.

- Vous vous trompez.
- Ces derniers temps je ne fais que ça.
- Je ne serai pas votre adversaire.

Il fut un peu surpris.

- Mon père ne tenait pas à ce que je m’expose inutilement.
- C’est tout à votre honneur.
- Surtout, je ne pense pas que vous soyez celui que je doive éliminer.

La surprise fut plus grande cette fois-ci.

- Vous vous adoucissez ?
- Loin de là. Quelque chose cloche. Je vous ai observé : vous êtes un ninja confirmé. Vous possédez une certaine éthique et…

Elle prit une brève respiration avant de terminer sa phrase : « je ne vous vois pas en tueur d’enfants. »

- Parfois les apparences sont trompeuses.
- Vous n’avez pas le profil. Cela ne colle pas avec votre croisade pour venger votre jeune sœur.

L’espace d’un instant Shiori crut que le regard de Masato allait la poignarder contre le mur. La fureur se lisait dans ses yeux.

- Ne parlez pas d’elle. Si vous doutez de ce que j’ai pu faire, je n’ai en revanche aucun doute sur l’identité de celui qui a commandité ce qui est arrivé à Akari.
- Je ne suis pas ici pour ça. De toute manière vous allez mourir.

Ôgama Sennin me l’a dit oui. Et vous retrouvez un propos plus conforme à celui auquel vous m’avez habitué.

- Je comprends : vous allez vous ennuyer quand je ne serai plus là, ironisa Masato.
- J’avais envie de vous dire que je n’étais pas dupe. C’est tout.

Qu’espère-t-elle que je fasse ? Que je m’évade pour jeter l’opprobre sur mon clan un peu plus encore ? C’est un piège pour que j’entre en contact avec mon père ou ma sœur ? Les Habaki préparent quelque chose ? Elle ne parle que de ses impressions, donc elle n’en a pas parlé à son père. Moi confident d’une Habaki, la situation est pour le moins cocasse.

Masato devenait perplexe. Cette visite inopinée posait plus de questions qu’elle n’apportait de réponse.

Lui demander à qui elle pense serait inutile. Si jamais elle est sur la bonne voie cela va compliquer les choses. Bon sang, il va vraiment falloir que je m’en sorte pour régler tout ça.

- Il est temps pour moi de vous laisser. Profitez bien de vos derniers jours de vie.
- Je vais m’y employer, même si le cadre ne me convient guère. Le clan Habaki ne pourrait pas m’obtenir une cellule plus confortable ?

Shiori ne répondit pas à cette provocation trop évidente.

- Vous avez été un élève de Sôri je me trompe ?
- Il a été mon sensei oui.
- Il forme toujours par paire n’est-ce pas ?
- C’est ce qui se dit. Vous devriez aller lui poser la question directement. Je n’aime pas la tournure que prend cet échange. Si elle dit cela c’est parce qu’elle pense que…

La fille d’Eiichirô afficha un mince sourire. Comme si ce qu’elle entendait la confirmer dans sa position.

« Je me demande si la personne qu’il a formée en même temps que mon frère, votre sœur Hanako, n’aurait pas quelque chose à voir avec les meurtres dont vous vous accusez. Un tel geste, qui jetait à terre la tentative de réconciliation entre nos clans… je ne vous vois décidément pas faire une telle faute. Et puis Hanako s’est exilée… »

Je n’aime vraiment pas la fin de cette conversation.

« J’irais lui poser la question un de ces jours. Si jamais la mémoire vous revient n’hésitez pas à me faire appeler. Vous revoir me ferait plaisir. »

Elle partit là-dessus, laissant Masato en plein doute quant à ce qui allait suivre.
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MessagePosté le: Lun 29 Sep 2014, 3:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 99 : C'est l'heure du d-d-d-duel !


Quand on vint lui retirer le sceau qui bridait son chakra, Masato sut que son combat arriverait bientôt. Il avait bien envie de profiter de l’occasion pour s’échapper. Il pensait à ce sot projet depuis un moment, et son entrevue avec Shiori n’avait fait que redoubler son envie. Hélas, pas une fois il ne vit la moindre opportunité. La dizaine de ninjas présents le dissuada de tenter quoi que ce soit.

Qui plus est, son état général n’aidait guère. Il avait été privé de l’utilisation de son chakra pendant une période suffisamment longue pour que de légers vertiges surviennent. Mieux valait rester calme et reconstituer ses réserves de chakra le plus rapidement possible.

« Le combat aura lieu dans combien de temps ? »

Personne ne lui répondit.

Ils deviennent aussi aimables que les Habaki.

« Quelques heures. »

Un individu s’approcha. Vu sa tenue il œuvrait dans le domaine médical, sauf s’il s’agissait d’un ninja infiltré envoyé ici pour exécuter le prisonnier.

S’il utilise un kunaï en guise de seringue j’aurai ma réponse.

Les ninjas s’écartèrent sans quitter la pièce pour autant.

« Vous êtes au service des Habaki ? »

Le médecin grimaça.

« Cela aurait pu être le cas. »

Il se mit à ausculter minutieusement Masato, demanda de l’eau chaude, des éponges afin de nettoyer son corps et soigner l’ensemble de ses blessures. Le sang séché disparut en un rien de temps. Le médecin poussa même le zèle jusqu’à le raser.

On dirait que je m’apprête à me rendre à une réception.

« Tenez, voici des vêtements propres. »

Rien à voir avec du bas de gamme. Comment diable avait-il pu avoir accès à cela ? Un médecin si généreux, Masato avait du mal à y croire.

Je me rappelle d’une histoire où un guerrier s’était paré d’une tunique empoisonnée. Le résultat n’avait pas été très bon pour lui.

« Ils ne contiennent rien de dangereux pour vous. »

Masato les regarda de plus près. Le symbole des Anotsu figurait dessus.

Je vois mal mon père investir dans de tels vêtements. Alors ce serait…

Il prit à part le médecin.

- Votre sollicitude à mon endroit me touche beaucoup. Mais elle n’a rien de naturel n’est-ce pas ?
- En effet, articula doucement le médecin.
- Je dois vos attentions à une personne féminine.
- Une vraie furie. Je venais vous voir pour repartir dans la foulée. Les Habaki me l’avaient bien précisé. Elle m’a convaincu de me montrer plus… professionnel.

En regardant un peu plus précisément, Masato découvrit des marques de coups sur le corps de son bienfaiteur du jour.

Elle n’a rien perdu de ses habitudes.

« Je ne vous dis pas merci donc. Disparaissez de ma vue. »

Le médecin ne se fit pas prier pour remballer ses affaires et partir. Les ninjas l’accompagnèrent, non sans avoir refermée la cellule de Masato qui se retrouva seul... au moins quelques instants.

La porte s’entrouvrit. Naruto était là.

- Hokage.
- Masato Anotsu.
- L’heure est venue ?
- Pas encore.

Naruto fit un pas de côté. Il n’était pas seul. Masato la vit. Aucun mot ne parvint à sortir de sa bouche tant sa gorge venait de se serrer.

Voyant leur échange de regards Naruto ne dit rien et se retira.

« Merci Hokage » glissa Masato.

Ils ne parlèrent pas tout de suite. Que pouvaient-ils bien se dire après tout ce temps ? Quelle première phrase pour commencer ?

- Ma sœur ou Sôri… commença maladroitement Masato.
- Sôri-sensei est venu me trouver.
- Pour te dire que cela n’allait pas fort de mon côté…
- … et que tu aurais besoin d’aide.

Un tel acte de Sôri est curieux. Cela ne lui ressemble pas. Soit il est vraiment affecté par ce qui se passe soit il y a autre chose en jeu, qui m’échappe totalement.

« Je pourrais, commença Makie, te représenter pour le combat à venir. »

Il s’attendait à cette phrase. Il savait qu’elle dirait cela. Devait-il dire oui ? Encaisser les moqueries qui ne manqueraient pas de survenir si elle se battait pour lui ? Peu lui importait. Il savait qu’il devait dire non.

- C’est à moi de payer pour mes erreurs.
- Mais…
- Et puis je ne pense pas être en mesure de te demander cela.

Makie le regarda. Ses yeux étaient plus vivants que ces dernières années.

« L’es-tu devenu ? » interrogea Makie. As-tu pu tenir la promesse que nous nous sommes faite ?

Leurs yeux se croisèrent. Masato baissa la tête, prenant un air contrit.

« Pas encore » lâcha-t-il doucement.

Makie sourit.

« Cela me donne une bonne raison de rester à tes côtés. Sors vivant de ce combat. Je refuse de rester plus forte que toi. »

Il se rappela alors cette promesse. Ils débutaient leur formation sous les ordres de Sôri. Masato n’avait jamais rechigné ni ménagé sa peine mais le résultat était là : Makie était plus forte. Sa technique, son agilité, ses mouvements : tout était exécuté avec un tel brio que Masato ne pouvait que la suivre. Il dut la battre une fois sur les milliers de combats qu’ils simulèrent.

Un soir alors que Makie s’entraînait, il était resté là à la regarder. Surprise elle lui avait demandé pourquoi il demeurait ainsi.

« En t’observant combattre je devrais bien pouvoir te chiper quelques techniques. Et alors je serai plus fort. »

Ils en avaient souri et Makie lui avait proposé un marché : « J’accepte que tu me regardes, à condition que tu deviennes plus fort que moi. »

Masato avait accepté.

« Finalement cette promesse… »

On vint le chercher. Leur échange touchait à leur fin.

- Sais-tu si Shinsuke…
- Il va bien : il est auprès de ton père et rentrera au Pays des Neiges dès que cette affaire sera réglée. Tu l’accompagneras sans doute…

Je connais un certain nombre de personnes qui ne souhaite pas me voir partir d’ici vivant.

Les ninjas étant pressés, ils ouvrirent la cellule.

Makie profita de l’occasion pour se glisser entre eux et serrer Masato, quelques secondes, dans ses bras.

« Puisse ce geste te porter chance. »

Avant que les ninjas ne réagissent, elle s’était déjà éloignée, de ce pas précis et rapide qu’elle maîtrisait si bien.

Toujours aussi parfaite dans l’exécution du moindre geste.

Il laissa échapper un soupir.

Ces heures avant le combat auront été bien courtes…

Masato ne dit alors plus un mot jusqu'au début du combat. Il fut escorté silencieusement dans la prison puis en dehors. En chemin il put imaginer où le combat aurait lieu.

Il s’attendait à autre chose.

La zone de combat était la même que celle où s’était déroulé le tournoi final de l’examen des chûnins, l’année où Suna et Oto avaient attaqué le village.

Ils ont dû choisir l’endroit pour me faire croire qu’une invasion aurait lieu et que je pourrais m’échapper, ironisa Masato.

Il évoluait d’une manière un peu pataude. Son rétablissement n’était pas complet mais il faudrait faire avec.

Dans la tribune d’honneur, les invités et le Hokage étaient présents. Tsunade avait demandé à Naruto de présider cet événement. Pour son apprentissage c’était la meilleure des choses à faire. Il avait accepté. Il était flanqué d’Eiichirô Habaki, qui arborait un large sourire aux lèvres et de Shôkishi Anotsu, plus glacial que jamais. Shiori et Haneki accompagnaient le premier, Magatsu le second (Isaku était dans les tribunes classiques, en compagnie de Shinsuke). Le Hokage était protégé par Kakashi et Neji.

Une première expérience forte en émotion, pensa Neji sous son masque de l’Anbu. Mon Byakugan sera bien utile pour repérer d’éventuels mouvements suspects par ici.

Les autres Kages n’avaient pas souhaité venir, en dépit de l’invitation d’Eiichirô. Chacun avait trouvé une excuse plus imaginative que les autres.

« Le spectacle devrait être beau » annonça Eiichirô en s’asseyant.

Naruto haussa les épaules. Shôkishi garda le silence et prit place lui aussi, le coude droit appuyé sur le bras du fauteuil, l’index et le majeur soutenant sa tête. Habaki et Anotsu seraient séparés par le fauteuil du Hokage. Une protection bien mince mais il était difficile de faire plus.

A l’arbitre de jouer son rôle maintenant, se dit Naruto tout en avançant vers la limite de la tribune.

Genma se présenta. S’il avait réussi à ne pas être désigné pour le duel précédent – où Isaku avait gagné, libérant de fait Shinsuke –, il avait perdu le second pari organisé entre les jônins pour savoir qui serait l’arbitre du duel suivant.

Et il s’en voulait.

Quand je pense que les autres m’ont dit que mon expérience d’arbitre lors de l’examen de sélection des chûnins me servirait, que j’étais le plus qualifié… Ils m’ont bien baratiné.

Il grommela entre ses dents tout en se mordillant la lèvre. D’habitude il préférait mâchouiller son éternel senbon mais depuis qu’il s’était essayé (involontairement) à tenir en bouche une aiguille empoisonnée, Sakura lui avait dit de faire plus attention et de réduire ce type de « consommation ».

Genma brûlait d’envie de sortir une aiguille de sa poche. Il résista, s’adressant à la foule et aux participants.

« D’ici quelques instants va se dérouler un duel judiciaire. Le coup d’envoi sera donné par maître Hokage. Le combat se terminera par la mort ou l’abandon d’un des deux. A ma droite se tient Masato Anotsu, à ma gauche, euh… »

Le jônin regarda l’adversaire de Masato. Il espérait une réponse. L’individu était de haute taille, le bas de son visage était caché par un masque et une capuche recouvrait ses cheveux ainsi qu'une partie de son front. De ce qui se laissait voir, on devinait un visage couturé de cicatrices.

« Mon nom importe peu. J’appartiens à la lignée des Assassins » lâcha-t-il à Genma.

Eiichirô a dû débourser une petite fortune pour ce type. Je demanderais bien à mon père s’il serait disposé à le payer plus pour qu’il perde contre moi, pensa Masato.

Il leva les yeux dans sa direction avant de se raviser, un petit sourire aux lèvres. Il croisa le regard de sa sœur : ils avaient pensé à la même chose.

« Et donc face à Masato Anotsu, le représentant des Habaki. »

Même pas fichu de proposer un membre de son clan… Les Habaki sont vraiment des lâches, s’agaça Hanako.

La soeur de Masato était présente dans les tribunes, avec ses hommes. D’autres têtes connues figuraient aussi dans les travées. L’annonce de ce second duel captait pas mal l’attention. Surtout que Konoha n’était pas vraiment habitué à ce genre de situation.

« Autant ne pas faire traîner les choses » murmura Naruto, approuvé, d’un signe de tête, par Kakashi et Neji.

Passant de la parole aux actes, le Hokage donna le coup d’envoi du combat en abaissant la main.

Rouillé comme je suis le début ne devrait pas être…, commença à pronostiquer Masato.

Il n'avait pas fini sa pensé qu'une lame était déjà plantée dans sa jambe.

Ok, c’est un rapide.

Il effectua une pirouette arrière pour éviter une nouvelle lame qui lui frôla la joue et mettre un peu de distance entre eux.

- Tu ne perds pas de temps.
- J’ai été payé pour faire un travail. Et je suis connu pour le faire bien et vite.
- On dit plutôt vite et bien.

Le sujet n’intéressait pas l’assassin qui ne répondit pas. A la place, il s’avança, bloqua le coup de poing de Masato, le saisit par le poignet et le fit voler devant lui.

Alors qu’il le tenait, il saisit une lame avec son autre main, qu’il leva une lame en direction du dos de Masato. Elle se brisa contre un bras recouvert de glace.

« A mon tour maintenant. »

Masato envoya un coup de pied au visage de son opposant qui dut utiliser ses deux mains pour bloquer l’attaque. Libre de ses mouvements, Masato envoya deux lames de glace pour pousser son adversaire à reculer… ce que fit ce dernier.

Bien, voyons comment il bouge à présent.

La main posée sur le sol, Masato concentra son chakra. Des piques de glace surgirent immédiatement là où se trouvait son adversaire. L’assassin les évita moyennant quelques contorsions et coups de lames. Son économie de gestes était remarquable.

Mais il ne vaut pas Makie.

Masato combla l’écart qui les séparait d’une impulsion et avant que son adversaire ne puisse réagir il lui envoya un coup de genou dans l’estomac.

Il ne vacilla pas d’un pouce.

Solide le bonhomme.

Masato se recula de quelques pas et adopta une position d’attaque.

Son adversaire sourit. Masato venait de mettre le pied sur un fil.

M… Il a eu le temps de fixer ce piège alors que…

Une explosion retentit et une volée de kunaïs s’enfonça dans le nuage de fumée.

C’est un combat de haut niveau, regretta presque Neji qui devait surveiller les environs et ne pouvait donc pas tout voir.

Un double piège : l’explosion qui étourdit voire blesse l’adversaire ; des kunaïs ensuite alors qu’il n’a pas de visibilité. Ces assassins sont fidèles à leur réputation, analysa Kakashi en se rappelant ceux qu’il avait croisés lors de ses missions dans l’Anbu.

Eiichirô Habaki soupira.

« C’est déjà terminé ? A croire que les Anotsu ne valent pas grand-chose s’ils ne sont pas entourés de neige… »

Shôkishi ne prit même pas la peine de le regarder et encore moins de répondre. Magatsu préféra aussi garder le silence.

- Il n’est pas encore mort, sentit Naruto.
- Ça ne saurait tarder, répliqua Eiichirô.

Le Hokage ne s’était pas trompé : Masato était toujours en vie. Et remonté.

« Bon, si tu le prends comme ça… »

Son regard devint aussi dur que celui de son père dans ses mauvais jours. Il ferma le poing droit tandis que des flammes bleues dansaient dans ses yeux. Cette même couleur commençait à le recouvrir.

Sentant qu’il ne fallait pas traîner dans une telle situation l’assassin dégaina deux lames qu’il lança en direction de son adversaire tout en plongeant sur lui.

Il s’arrêta au millimètre près.

Les deux lames venaient de se décomposer en entrant en contact avec le chakra bleu de Masato. Etait-ce encore du chakra ou des flammes ? A ce moment, distinguer n’était pas aisé.

« Joli réflexe. Dommage, si vous aviez fait un pas de plus, vous auriez pu augmenter votre collection de cicatrices. »

L’assassin parut sourire sous son masque.

« Une telle couverture en cette saison. Les Anotsu seraient frileux ? »

Le bras de Masato se tendit pour saisir l’assassin mais celui-ci effectua un salto arrière et se mit à courir en cercle, autour de Masato. Il courrait vite, si vite que son adversaire avait du mal à le suivre.

Soudain, l’assassin obliqua brutalement dans la direction de Masato, à toute allure. Le contact fut d’une rare violence et Masato mit un genou à terre. Son adversaire se décomposait.

Plutôt, il s’évapora.

Un clone.

Avant que Masato ne réagisse l’assassin effectua des mudras et plaqua ses mains sur le sol.

« Doton – la geôle de terre. »

Le sol se souleva pour recouvrir Masato.

« Quel lâche ! » grommela Hanako. « Une technique de ce genre est si méprisable. Il veut voler le chakra de mon frère pour qu’il ne puisse plus maintenir ses flammes bleues. »

Ses hommes la regardaient. Aucun n’osa lui répondre. Dans de telles conditions mieux valait garder le silence pour ne pas risquer d’ennuis.

Masato frappa la paroi.

« Pas de doute c’est du solide. Et… mes forces me quittent. Ce type pille mon chakra pour que j’abandonne mes flammes. »

Il posa la main sur le sol, essaya de faire sortir des pics suffisamment puissants pour percer cette prison. Ils n’avaient pas leur taille habituelle. Ni leur vigueur.

« Je vais bientôt me retrouver à sec. Alors… »

Masato concentra le chakra qui restait en lui.

« Désintégration moléculaire, phase 1. »

Il s’approcha de la paroi. A son contact, le chakra bleu se mit à la dévorer. Masato fit un pas de plus. La paroi céda.

Le sol était également marqué par ses traces de pas.

« Surpris de me revoir si vite ? » souffla Masato, essoufflé. Mon royaume pour une pilule énergétique ! pensa-t-il en souriant.

L’assassin n’était pas très satisfait. Cependant aucune inquiétude ne se lisait dans son regard.

- Vous ne faites que rallonger de quelques instants votre espérance de vie. La conclusion de ce combat est connu.
- C’est toujours ça de gagné. Je serai embêté de mourir alors que le soleil est encore visible dans le ciel. J’ai toujours rêvé de mourir de nuit.

Masato sourit alors que son chakra bleu disparaissait.

Il faudra faire sans les flammes pendant un petit moment.

Une lame lui frôla la tempe gauche mais parvint néanmoins à l’entailler.

« Pas le moindre répit hein ? »

La main droite sur le sol, Masato constitua un dôme de glace. Pour se protéger quelques instants, reprendre son souffle et ses esprits.

Le dôme ne résista que quelques instants aux coups de l’assassin. Masato se recula brutalement, évitant la main gauche de son adversaire. Elle était recouverte d’un gant se terminant par plusieurs lames.

« Faudra penser à se couper les ongles un jour. »

L’assassin ne rit pas. Il plaça sa main droite sur le sol et lança sa jambe gauche, puis la droite sur Masato. Celui-ci para les deux avec ses mains. C’est alors qu’il vit la main gauche de l’assassin foncer dans sa direction. Elle le blessa au niveau des côtes.

« Suiton – le canon à eau. »

Le jet d’eau permit à Masato de repousser son adversaire.

Le sang à sa tempe coulait, lui faisant fermer l’œil gauche.

Manquait plus que ça… Et pas le temps de geler ma blessure avec le Hyôton, il en profiterait.

« Vous relâchez votre attention Anotsu. »

Le temps qu’il se retourne et l’assassin venait de lui planter une lame dans l’omoplate. Il s’éloigna aussitôt en décrivant des arcs de cercle.

Il aurait pu en finir maintenant. Mais non. Alors ça veut dire que…

- Les Habaki t’ont dit de ne pas me tuer tout de suite n’est-ce pas ?
- Viser un point vital dès le départ leur déplaisait.
- Tu veux dire que sans leur ordre, je serai déjà mort ?
- Cela fait peu de doutes.
- Ah oui ?
- Vous êtes resté enfermé trop longtemps. Vos réflexes sont un peu trop lents. Si bien que je peux vous toucher à chaque fois.

C’est peut-être le moment de demander à Makie de me remplacer s’amusa Masato en essuyant le sang qui coulait de sa tempe.

L’occasion était trop belle pour que l’assassin n’en profite pas. Avec un champ de vision réduit, et une main occupée à essuyer le sang, c’était pratiquement une invitation.

Tout alla très vite.

L’assassin fondit sur Masato. Celui-ci rouvrit l’œil gauche et se plaça dans une posture défensive. Il ne lui manqua que quelques dixièmes de seconde pour effacer l’ouverture qu’il avait créée. Seulement quelques dixièmes… que l’assassin sut exploiter à merveille. Il planta Masato au niveau du rein droit, fit un demi-tour sur lui-même avant de blesser Masato au poumon droit. Il se baissa pour éviter un coup et planta une dernière lame dans le cœur du fils de Shôkishi.

« C’est pas vrai ! »

Hanako bouillait sur place. Les mains plaquées sur le rebord de la tribune, elle semblait n’attendre qu’une étincelle pour bondir dans l’arène. Elle regarda en direction de son père. Aucune réaction de sa part : il contemplait le combat comme s’il s’agissait d’un événement comme un autre. Son visage n’affichait aucune différence par rapport au bloc de glace habituel.

Comment peut-il rester ainsi ? dans de telles circonstances ?

Le regard de Makie était encore plus triste que d’habitude.

« Masato, tu vas mou… »

Elle ne termina pas sa phrase.

Et Sôri-sensei qui n’est pas là. Est-ce parce qu’il savait comment ce combat allait finir ? Il ne voulait pas voir ceci ?

Masato tituba légèrement. Du sang coulait de sa bouche et sur son œil gauche mais il n’avait plus la force de lever son bras pour s’essuyer. Tout devenait si flou autour de lui.

Si seulement cela pouvait être un genjutsu…

Ce n’était pas une illusion mais bien la réalité.

Il tomba les deux genoux au sol. Puis le haut de son corps s’affaissa également. Allongé de la sorte, la tête tournée sur la gauche, Masato se sentait partir. Tellement de sang coulait, il n’avait plus la force de rien. Se laisser partir était la meilleure des choses à faire.

L’assassin s’approcha de lui et s’accroupit. Il avait quelque chose à lui murmurer :

« Eiichirô Habaki m’a chargé de vous transmettre un message, avant que vous ne rendiez votre dernier souffle : votre sœur ne valait pas la pièce d’or qu’il a fait déposer à ses côtés en guise de dédommagement pour vous savez quoi. »

Akari.

L’assassin dut se replier en urgence pour ne pas être emporté par l’explosion qui venait de se produire sur la zone de combat.
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MessagePosté le: Lun 06 Oct 2014, 3:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 100 : Tchao l'artiste


La fierté se lisait sur son visage tandis qu’il transpirait, sous l’effet de l’effort.

Je suis sûr qu’il ne s’attendra pas à ça.

Un bras de fer avec l’auriculaire était en effet une pratique peu commune et guère répandue à Konoha. De quoi déstabiliser Kakashi et ainsi ne pas perdre la main dans leur duel.

Il serait bien capable de trouver une excuse pour se défiler, mais notre auriculaire de fer aura lieu, pour que brûle ma jeunesse !

Il prit une profonde inspiration pour poursuivre sa série de 200 pompes sur ses deux petits doigts. Gaï comptait bien enchaîner avec les autres doigts de la main : 1000 pompes au total, cela ne lui faisait pas peur.

« Gaï-sensei ! Venez vite ! »

Lee… il est peut-être en danger.

Bondissant sur ses jambes, le ninja le plus vert de Konoha rejoignit son élève.

Lee allait bien.

- Que se passe-t-il ?
- Vous n’avez pas entendu cette explosion qui vient de retentir ?
- Ah, Lee, je croyais que c’était ta fougueuse jeunesse qui se manifestait.
- Non maître c’était autre chose.

Gaï réfléchit, regarda en direction du lieu du combat.

- Un tremblement de terre sans doute.
- Ils sont plutôt rares par ici, fit remarquer Lee.
- Peut-être que, pendant le combat, ils ont ouvert une faille dans le sol, laissant échapper une créature qui était enfermée depuis des siècles. En s’échappant, elle aurait fait les dégâts que tu as entendus.

Lee n’était pas rassuré.

« Vous croyez que c’est possible, sensei ? »

Son sensei n’était pas loin d’égaler Omoï en matière d’analyse hasardeuse. D’un air des plus sérieux, il répondit à son élève :

- Lee, la meilleure chose à faire est d’aller voir.
- Et si jamais nous la croisons en cours de route, nous la battrons pour sauver le village !

Les deux ninjas adoptèrent la pause du nice guy avant de partir à toute bride vers le lieu de l’explosion : l’arène de Konoha.

« C’est pas vrai ! » tempêta Eiichirô en s’agitant sur son siège. « Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Il regarda en direction du Hokage : il était aussi surpris que lui. Il fixa Shôkishi : ce dernier n’avait pas bougé d’un pouce, mais son regard semblait plus intéressé par ce qui se déroulait en contrebas.

- Sa main nous joue des tours père, débuta Shiori.
- Comment a-t-il pu atteindre ce niveau ? Tu m’as bien dit qu’il ne la maîtrisait pas ?
- C’est le cas, répondit sa fille. L’approche de la mort a peut-être débloqué certaines choses…

J’ai eu tort de dire à l’assassin de répéter ces mots à Masato, pensa Eiichirô.

Il s’enfonça dans son siège : il n’aimait pas les imprévus, surtout de ce genre-là.

Pour sa part, le Hokage avait un mauvais pressentiment.

- Naruto tu le sens…
- Oui, Kurama, je sens cette force qui l’envahit. Mais…
- Oui, le mais est de taille gamin…


Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas entendu cette voix. Vu sa situation, Masato s’abandonna totalement à elle. Il se rappelait des mises en garde de son père, tout ce qu’il avait pu entendre par le passé à propos de ce feu qui ne demandait qu’à se réveiller pour mieux l’engloutir.

Il s’en moquait : ce qui importait en ce moment c’était une urgence : répondre à la colère qui montait en lui et ne pas mourir. Pas comme ça. Ni ici.

L’assassin se recula encore d’un pas.

Genma n’était pas très rassuré.

Pourquoi faut-il que cela tombe toujours sur moi ? Déjà avec Gaara j’avais été servi niveau bizarrerie mais là c’est encore autre chose, se lamenta intérieurement le jônin de Konoha.

Masato se redressa lentement. Il pencha sa tête sur la gauche, puis sur la droite, comme s’il se réveillait d’une nuit difficile. D’un geste il saisit la lame que l’assassin avait plantée dans son cœur et la retira.

Aucun sang ne jaillit. La blessure se referma instantanément.

D’un regard il embrassa la zone de combat, pour voir la localisation de son adversaire.

Il n’a pas l’air de vouloir bouger pour le moment. Tant mieux : je vais pouvoir me faire « beau ».

En réalité, Masato continua à retirer les lames que l’assassin avait plantées dans son corps. Les yeux de Masato s’arrêtèrent sur sa main gauche : elle avait changé, des fissures apparaissaient. Surtout, la formidable énergie qu'elle dégageait se déversait dans son corps, irriguant ses veines et sa chair.

« Il faut en passer par là si vous voulez vaincre votre adversaire et lui faire payer ses paroles. »

Il ne discuta pas le propos de la voix qu’il entendait. Il se laissa glisser, emporter par ce qui se répandait dans son corps.

Un chakra jaune apparut. S’il ne prit pas la forme d’un manteau de chakra, comme pour un réceptacle, il se répandit de la même manière sur le corps de Masato, refermant toutes ses plaies.

Il cracha par terre. Le crachat était rouge.

- Et si on reprenait là où nous nous étions arrêtés ?
- Comme vous voulez, répondit l’assassin.

Masato avait l’impression que son corps se faisait grignoter petit à petit par sa main gauche. Le sang qui coulait dans ses veines était de l’acide. Tout le brûlait. Pourtant, il était debout et il se sentait bien, fort.

Il redressa la tête : l’assassin était déjà sur lui. Masato pencha la tête sur la droite, offrant ainsi une ouverture en or à son adversaire qui ne se fit pas prier pour la saisir. Il lui planta une lame dans le cou.

Elle éclata en plusieurs morceaux.

La main gauche de Masato saisit le poignet droit de l’assassin.

« Je te tiens maintenant. »

Le frère de Hanako ferma le poing droit et l’envoya dans le ventre de son adversaire, qui partit s’écraser contre le mur d’en face.

« En voilà une qu’il n’a pas vu venir » constata Hanako, dans les tribunes.

Elle souriait mais Shimazu et Isshin n’étaient pas dupes : ce sourire dissimulait une profonde inquiétude.

- Souhaitez-vous que nous intervenions ? lui proposa Isshin.
- Il est trop tard pour cela, répondit Hanako. C’est à mon frère de jouer maintenant, nous ne sommes que les spectateurs de cet acte.

La Veuve Noire reporta son regard sur le combattant nouveau qui se tenait dans l’arène.

Mon frère…

Des flammes jaunes brûlaient dans ses yeux. Un pas un peu appuyé de sa part suffisait pour créer des fissures dans le sol. Masato lui-même nourrissait quelques craintes.

Si je le loupe je pourrais faire quelques vilains dommages collatéraux.

L’assassin se détacha du mur qui l’avait accueilli quelques instants auparavant. Il était contrarié que son vêtement soit ainsi maculé de poussière. Masato l’avait envoyé si violemment contre le mur que son bras gauche était complètement retourné, son tibia droit sortait de sa jambe : il n’était pas en très bon état.

A l'aide de sa main droite il fouilla dans son vêtement. Il en sortit une pilule qu’il avala. Aussitôt ses petits tracas physiques disparurent. Sa vigueur était de nouveau au plus haut, comme s’il allait commencer le combat.

- Pilule de régénération accélérée ?
- On ne peut rien vous cacher.
- Pour arriver à un tel résultat vous avez dû pratiquer pas mal d’essais. Les personnes étaient consentantes je présume ?

Malgré son visage dissimulé, Masato se douta que l’assassin souriait.

- Ne pas respecter les principes de base de la médecine, vraiment, vous, les assassins n’êtes pas des personnes fréquentables.
- Nous n’avons pas les mêmes moyens que vous. Cette main gauche que vous avez…

L’assassin venait de se porter au niveau de Masato. D’un geste précis il visa avec sa lame l’endroit où la main avait été greffée. La lame éclata, comme précédemment.

« Il va vous falloir trouver autre chose pour m’avoir. »

La main droite de Masato plongea en direction du visage de l’assassin. Celui-ci se pencha en arrière, évitant ainsi la prise. Le pied droit de Masato fonça en direction des côtes de son adversaire qui para avec son coude gauche.

Les enchaînements de coups se multiplièrent, tandis que les deux opposants se déplaçaient aux quatre coins de la zone de combat.

Les tribunes étaient éberluées. En quelques instants un mort s’était relevé et maintenant un nouveau combat venait de démarrer, comme si ce qui avait précédé n’avait été qu’un échauffement. Souvent, les spectateurs fouillaient la zone du regard pour espérer les apercevoir, deviner où ils pouvaient bien se trouver.

Sasuke était dans une meilleure position. Avec son sharingan, il pouvait suivre le combat sans trop de difficulté. Les autres Uchiha qui l’accompagnaient avaient un peu plus de mal, y compris le jeune Madara.

« Regarde bien ce combat », lui dit Sasuke. « Il est riche d’enseignements. »

Gaia Uzumaki approuva d’un signe de tête. Et Mayu Shimura aurait sûrement approuvé lui aussi, s’il s’était trouvé à côté d’eux. Il préférait observer le combat de loin, perché dans un arbre qui donnait sur l’arène.

« Ce Masato ferait un bon élément dans la Racine. »

Les ninjas masqués présents à ses côtés opinèrent. Kiyoshi ne dit rien.

- Tu ne penses pas Kiyoshi ?
- Son aura est trouble, perturbée. Quelque chose se passe en lui, comme une métamorphose.

Masato enchaînait les techniques avec une vitesse hallucinante. Son adversaire commença à accuser le coup et parait moins bien les coups. A terre, il se releva promptement pour éviter un coup de pied perforant de Masato, le saisissant par la taille pour lui fracasser la tête contre le sol.

La tête de Masato n’était qu’à quelques centimètres du sol quand il prit appui sur le sol avec ses mains. L’assassin ne parvint pas à le faire céder : le poirier de Masato était figé.

Profitant de cette seconde de confusion dans l’esprit de l’assassin, Masato le saisit à la tête grâce à ses pieds et le fit passer par-dessus lui. Son adversaire s’étala par terre.

Enchaînant avec un coup de pied, Masato le projeta en l’air avant de lui adresser plusieurs piques de glace.

L’assassin les évita avant de se réceptionner sur le sol.

Dans le ciel, les nuages s’accumulaient. Il faisait de plus en plus sombre.

Le public commençait à avoir peur.

Ni une, ni deux, Naruto se dressa et demanda à Neji de prévenir les ninjas qualifiés pour qu'ils dressent une barrière, afin d’isoler la zone de combat. L’anbu s’exécuta.

Neji avait tout juste quitté la tribune que l’assassin repartit à l’assaut. Il tira une fiole de sa poche, qu’il versa dans sa bouche avant de composer des mudras.

« Ninpô – Dissolution moléculaire »

Un nuage de poison émana de sa bouche et engloutit Masato. D’un cri, celui-ci dissipa le poison qui disparut dans l’air.

Pour une fois, l’assassin semblait baisser les bras. Il regarda un instant en direction d’Eiichirô Habaki. Un instant de trop.

Masato se porta à sa hauteur, lui envoyant un coup de poing dans les côtes, un direct du gauche à la tempe droite, avant de le balayer du pied droit.

Son adversaire chuta lourdement. Masato le releva, tenant sa tête avec la main droite. Il appliqua son pouce sur l’œil gauche de son adversaire.

Une décharge de chakra jaune commença à brûler son adversaire. Il hurla.

« Le tatouage que je viens de te faire à l’œil n’est pas commun. »

L’assassin plaqua ses mains sur la partie de sa tête qui était touchée par les brûlures.

Masato le jeta sol et lui tourna le dos, s’avançant en direction de la tribune officielle.

Son adversaire se redressa, appliquant sa main gauche sur la partie touchée par les brûlures quelques instants plus tôt. Malgré la douleur, il fit un pas dans la direction de Masato. Il n’en fit pas un de plus : il était figé sur place.

Masato tourna la tête dans sa direction.

« Tu n’aurais pas dû bouger. »

L’assassin fut repoussé en arrière par une décharge de chakra prodigieuse.

Et les ninjas réclamés par Naruto n’étaient toujours pas arrivés.

Qu’est-ce que je dois faire ? Sauter dans l’arène pour arrêter tout ça ?

Kakashi lui conseillait d’intervenir mais Naruto hésitait : intervenir en plein duel judiciaire n’était pas autorisé.

Masato s’était approché suffisamment près de la tribune pour être entendu.

« Eiichirô Habaki », commença-t-il d’une voix morne. « Ces mots… vous n’auriez pas dû. »

Une larme roula sur sa joue mais se consuma avant d’atteindre le bas du visage.

« Il est temps de payer votre dette. »

Les doigts de Masato composèrent plusieurs mudras. Un chakra jaune le recouvrit.

- Naruto…
- Bon sang Kurama, il va falloir téléporter cette attaque.


Le Hokage sortit un kunaï à trois pointes.

- Je ne maîtrise pas vraiment la technique de mon père mais c’est le moment où jamais pour essayer.
- Je pense plutôt le contraire mais… à toi de voir.


Masato fit un pas de plus. La technique était prête à être réalisée.

« Annihilation totale. »

Le chakra se décomposa en petites particules qui s’assemblèrent en formant une boule de la taille d’un ballon. Sa puissance n’avait rien à envier à plusieurs Bijû Balls.

Sans un geste de Masato, la boule s’orienta en direction de la tribune. Avec une vitesse fulgurante elle fonça en direction d’Eiichirô, de Naruto, de Shôkishi...

Une explosion retentit. Tout le public retint son souffle.

Personne n’avait bougé, tant la scène paraissait surréaliste. Presque personne : Sasuke avait activé ses pupilles et s’était déplacé instantanément jusqu’à la tribune où se trouvait Naruto.

La tribune était endommagée, mais tout le monde était en vie constata Sasuke. Naruto tenait le kunaï à trois pointes dans sa main.

J’ai réussi à téléporter l’attaque ?

Il n’en revenait pas. Kakashi était aussi surpris que lui. Eiichirô Habaki et les siens avaient commencé à dresser un mur de lave noire pour se protéger eux… et le Hokage.

Shôkishi Anotsu n’avait pas bougé de son siège.

- Naruto, sans vouloir gâcher ton bonheur, je crois qu’il a mal visé.
- Non, vraiment ? Zut…


« Sasuke tu t’inquiétais pour moi ? » demanda le Hokage en apercevant son ami.

Celui-ci se contenta d’un « Pff » en guise de réponse avant de repartir auprès des Uchiha.

Naruto s’avança et regarda en contrebas.

Masato lui sourit.

« Si seulement j’avais eu un peu plus de temps… » commença-t-il.

Le chakra jaune qui l’entourait disparut. Il cracha abondamment du sang et commença à s'éloigner de la tribune. Il ne fit que quelques pas avant de s’écrouler par terre.

Plusieurs minutes passèrent avant que les personnes présentes ne réalisent ce qu'il s'était passé. La crainte qu’une explosion ne rase le village quelques instants plus tôt laissait place, peu à peu, au soulagement : ce duel judiciaire était terminé.

Il fallait toutefois que l’arbitre du combat officialise la fin de cet affrontement.

Genma s’approcha du corps de Masato.

Je vais tâcher de prendre son pouls pour m’assurer qu’il est bien mort. Je pourrai ensuite annoncer la fin du combat. Tout sera fini, se dit-il, pour se soulager.

Ses doigts n’avaient pas encore touché l’artère carotide commune de Masato que son poignet fut bloqué. La prise était forte. Impossible de se dégager. Genma regarda derrière lui.

Hanako tenait son poignet avec la main gauche. Son visage était déformé par un mélange de colère et de tristesse.

Je devrais peut-être essayer de lui sortir une blague pour la détendre, pensa le jônin de Konoha.

« Ne le touchez pas. »

Je crois que je vais m’abstenir finalement.

Genma se recula ; Hanako relâcha sa prise. Elle s’avança d’un pas pour être devant le corps de son frère. Pas un bruit ne descendait des tribunes.

Elle se baissa sur lui, releva le haut de son corps et l’enserra. On vit même des larmes couler. Mais pas un cri. D’un geste, elle enleva le sang présent sur le visage de son frère.

La main gauche de Masato finissait de se séparer de son corps. Elle tomba par terre, sans bruit.

Hanako la prit et reposa son frère sur le sol. Elle regarda en direction de la tribune d’honneur. Son père était toujours immobile.

D’un geste vif et précis, elle lança la main dans sa direction.

« Vous étiez là pour elle, la voici » déclara-t-elle sur le ton d’une colère froide.

Elle faillit atteindre Shôkishi au visage. Magatsu réceptionna la main avant qu’elle ne touche son seigneur. Il la présenta immédiatement à Shôkishi, qui se contenta d’un infime signe de tête.

Hanako se retourna et se baissa de nouveau. Elle prit le corps de son frère dans les bras.

Shimazu et Isshin l’avaient rejointe. Ils lui demandèrent si elle souhaitait de l’aide mais un regard suffit pour qu’ils n’insistent pas.

Elle porterait son frère elle-même. Elle jeta un regard en direction de la tribune :

« Vous êtes satisfaits ? Vous l’avez eu votre mort. »

Son regard s’adressait à tous : son père comme les Habaki, Naruto comme Kakashi. Neji revenait à peine, confus du temps qu’il avait mis. Il ressentit sans peine les pulsions meurtrières d’Hanako et activa son Byakugan.

Hanako commença à faire un pas mais elle se ravisa. Elle regarda le corps sans vie de son frère. Le sang avait assez coulé pour aujourd’hui. Elle s’éloigna vers la sortie en tournant le dos à ceux qu’elle venait de haranguer.

Les tribunes se vidaient peu à peu désormais, le spectacle était fini. Ou presque.

Shôkishi se leva enfin de son fauteuil. Il nota la mine ennuyée de Naruto et celle, réjouie, d’Eiichirô Habaki.

« Il semblerait que votre fils ait bien été coupable. La justice ne l’a pas sauvée. »

Le Seigneur du Pays des Neiges méprisa son interlocuteur du regard avant de se poser sur Naruto :

- Pourquoi faites-vous cette tête Hokage ?
- Je n’aime pas voir mourir un inno…

Kakashi l’empêcha de terminer sa phrase et de commettre une bourde qui pourrait être lourde de conséquences.

« Un autre Anotsu est mort » déclara Shôkishi, comme s’il se parlait à lui-même. « J’espère que ce n’est pas une malédiction qui va s’abattre sur d’autres. »

Il prononça ses mots d’un ton si glacial et avec un regard empli d’une haine si profonde et si froide qu’Eiichirô Habaki n’osa répondre.

La journée se terminait lorsque Sôri apparut dans Konoha. Il se dirigea silencieusement vers l’auberge où il logeait. En pénétrant dans l’établissement, il remarqua que le patron appliquait un morceau de viande fraîche sur son œil droit. Une nouvelle dispute avec Hanako ?

Finissant de monter les escaliers, Sôri eut sa réponse : il faisait un froid glacial à l’étage. Une porte était complètement gelée. Le sensei de Makie s’approcha et tapa à la porte.

Pas de réponse.

Avec un peu de force, Sôri ouvrit la porte. La pièce baignait dans le froid et l’obscurité. Les volets étaient fermés, les murs gelés et un soupçon de lumière provenait de quelques bougies présentes sur une table, en compagnie de fleurs et d’encens. On veillait un mort ici. Pas n’importe lequel.

Posé sur le lit, Masato reposait en paix, le visage apaisé et les lèvres humidifiées. Il offrait un contraste saisissant avec l’autre personne vivante présente dans la pièce en plus de Sôri : Hanako.

Assise à l’envers sur une chaise, les bras appuyés sur le dossier, elle avait la tête enfouie dans ses bras. Elle la releva lentement suite à l’entrée de Sôri.

« Je ne veux voir personne » parvint-elle à articuler, la voix mêlée de sanglots de tristesse et de colère.

Sôri laissa là son ancienne élève. Il reviendrait lui parler plus tard, quand son esprit serait moins embrouillé. Il ne rentra pas dans sa chambre pour autant : il alla frapper à celle de Makie. Elle le fit entrer dans la seconde.

- Qu’a donné ce duel ?
- Masato s’est bien battu. A un moment sa main gauche s’est réveillée et alors…

Elle leva les yeux sur son maître.

- Sôri-sensei, pourquoi n’étiez-vous pas là ?
- J’ai vu trop de mes élèves tomber au combat. Je ne voulais pas en voir un de plus. Surtout lui…

Sa voix était emplie d’émotion, ce qui était inhabituel chez lui, tant il maîtrisait d’habitude tout signe ou marque d’affection.

« Et puis, j’avais quelque chose à retrouver. »

Sôri tendit alors un objet long, entouré d’une toile sombre à Maki. Elle retira la toile et exhiba un shamisen.

« Masato disait toujours que tu savais en jouer comme personne. »

Makie serra légèrement l’instrument contre elle.

« Alors je vais en rejouer pour lui. »
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