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. Mes élucubrations, courgement votre !

 
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Hecchima
Sennin


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Localisation: Là, dit elle en pointant du doigt un point précis sur la carte

MessagePosté le: Dim 23 Oct 2011, 4:38 am    Sujet du message: Mes élucubrations, courgement votre ! Répondre en citant

1er écrits :


C'est du troisième degrés, inspiré d'un dialogue sur le fait de faire la pub du chan :

Pour résumer :
Une pub pour un chan, c'est un appel aux boulets ... ouais mais, faut un peu d'animation.


J'en profite :
Je fais la pub du chan ! Et dans le coin littérature en plus, pour la CLÂsseuh du lieu, faut savoir se tenir un minimum : Kikoo ! Viendez les jean d'en le CHANE ! \o/ LoooooL !


Puis ça servirait à quoi d'être op, si c'est pour pas se manger du boulet au petit-déj ? Faut mériter vos galons les gars !

A ne pas prendre au sérieux, je préviens au cas où, le boulet est susceptible, je suis moi aussi une boulette de compét' !

____________________________________________________________
Ode aux boulets



[ironie] <-- Je mets des balises, que tu comprennes que ce n'est que de l'humour...Boulet, si tu n'avais pas encore compris les deux averto de l'intro. La route est toute tracée et s'ouvre à toi grâce à elles, laisse toi guider ! Ou comme disait un grand philosophe : "Met de l'huile petit homme, dans la vie, faut qu'ça glisse !"(Tonton Regg'lyss l'ancien)

Ô toi, boulet qui me lis.


Oui, toi qui, de tes petits yeux remplis de naïveté mesquine, parcours ma verve doucement chuchotée sur mon clavier…

… pour ne pas t’effrayer, tant ta petite pupille fébrile est attentive, à la moindre attaque de notre part ou occasion de te faire toi-même trépassé, sans vraiment t’en rendre compte, en tendant des perches longues comme un bras... Que dis-je ?! Un nez de cyrano, autrement dit , une péninsule !

On te mésestime, boulet, sache-le !

Car vois-tu, nous sommes tous plus ou moins assez boulet dans l’âme, pour te reconnaitre quand on t’aperçois et ne pas aimer y voir notre propre image… mais, grand merci à toi, tu nous rassure toujours sur ce point.

Comprends-tu boulet ?


Nous ne sommes que des boulets communs, moyens, sans envergure ; à côté de tes forfaits journaliers, aux allures d’épopées spartes, où ils meurent tous.

Mais vois-tu petit boulet, je vais te dire un secret :

Les gens comme nous, ayant une boulattitude au même niveau, finissent par s’ennuyer entre eux. C’est assez grave comme sujet pour en parler, vois-tu.

Boulet ruminant dans ton coin, tout seul, aux yeux et aux oreilles de tous, parce que tu n’es jamais discret, écoute moi bien !

Toi, boulet, le grand boulet… Que dis-je… LE toréador du boulet, qui castre de ta prose acérée tous les taureaux de race fora et chan, de leur fertilité verbale, qui, jusqu’alors se broutaient le dialogue peinards en regardant le train passer, juste perturbés par quelques mouches de passage.

Et soudain ….Tu es digne d’un générique d’Albator, tu sais ? : te voilà !

Tu arrives à grand coup de porte dans les pieds ! Oui tu m'as bien lu, je n'ai pas intervertis les mots !

C’est un de tes dons innés, toujours ouvrir une porte sur le pied de quelqu’un par pur hasard répétitif. Ce qui nous fait pleurer, hurler, gémir, gesticuler dans la pièce et finalement t’insulter…. parce que ça t’a fait rire. Triste fatalité de ta condition de boulet : toujours rire du malheur que tu as provoqué.

Toi, l’innocence pure du boulet, tu ne comprends pas l’odieux actes qu’on te reproche ! Alors on se rejette mutuellement. C’est drôle, non, cette causalité ?

Vois-tu, boulet, le monde ne serait pas ce qu’il est sans toi !

Car grâce à ton intervention, presque aussi cosmique que le grand-boulet-divin- du-hasard, nos pieds n’auront plus pour seule perceptives ennuyeuses de choisir entre deux couleurs de paires de chaussettes, nenni ! Grâce à toi, ils devront aussi prévoir des chaussures une taille au dessus, qui n’appuient pas trop sur le pansement de notre petit orteil. Et comme tu le fais tout le temps, même les fériés, tout le monde se met d’accord sur toi : Quel boulet, ce boulet !

Oui, Boulet ultime, digne d’une épisiotomie loupée, mal suturée, déchirant nos vie dans un instant cruciale et nous empêchant de nous asseoir tranquillement, pendant longtemps… Avec toi, plus débats futiles sur le sens de la vie, plus de prises de bec sur la politique, fini les dialogues sans fin sur la religion ! Même Les prolife seraient d’accord avec les prochoix dans ton cas ! Et quant aux abolitionnistes de la peine de mort, ils appuieraient volontiers sur le bouton de la guillotine, en prenant un plaisir ironique de faire rouler "boulet" ta tête !

Tu es le ciment de notre société, la cohésion sociale tant espérée !

Il y a bien du boulet intermédiaire qu’on aime. Il y en a toujours un dans un groupe d’ami, tu sais ? Le pote qui dit les énormités qui nous font tous rire, ou celui qui te dira justement le truc que tu ne dois pas savoir, mais que tous tes proches savent… Le kéké du village qui met toujours d’accord les habitants sur ses capacités. Ce sont des boulets utiles et gentils de surcroit.

Mais toi, boulet à visé supra pas calculé :

Quand enfin un de tes pairs de choix arrive au pouvoir, par un miracle de sa trajectoire aléatoire de boulet, fluctuante, rencontrant et percutant l'Histoire avec un grand "H, au point de lui casser la gueule : les peuples s’émeuvent de ses bêtises, puis crient, hurlent, gémissent, en gesticulant dans tous le pays et ils l'insultent....
... mais ça le fait rire !

Cela finit par une révolution sans précédent dans l’humanité… un pansement énorme sur le petit orteil de la civilisation qu'il a endolorie.

On sous-estime gravement ta force boulet !

Sache-le, une bonne fois pour toute.


(Episiotomie ? …. le dictionnaire est ton ami. Tu sais, c’est le gros bouquin qui te sert pour caler ton Apn sur retardateur, pour faire des photo de toi avec de faux tatouage de badboys sur la peau …. Comment ça ?… Tu sais pas c'qu'sait que le retardateur….
...Suis-je bête ! J'avais oublié à qui j’avais affaire ! Tu prends tes autoportraits à travers un miroir mal nettoyé et des objets compromettant derrière toi… Pour sûr ! tu as la classe surtout dans la pause !... 'fin pour l'épisiotomie, demande à ta maman, elle te dira à quel point ton entrée dans le monde, te prédestinait à un belle avenir.)[/ironie]<-- ça veut dire que c'est terminé, je te cause plus !

____________________________________________________________


Bien entendu, ce texte est à votre disposition quand vous en apercevrez un à l'orée du petit bois d'un chan ou d'un forum, le temps qu'il le déchiffre, vous aurez la paix pendant un petit moment.

Et pour ceux qui se reconnaitront dans le texte, où heurtés par ma supposée méchanceté qu'ils pourraient voir dans mes propos, non sans raison, je vais vous faire une confidence :
Un jour, à l'aube de mes 15 ans, j'ai demandé toute innocemment, à un ami, où s'achetait l'huile de coude... ouais, rien que ça ! Il m'a répondu avec une pointe d'hilarité dans l'oeil : A côté des madeleine de Proust, voyons, spèce de courge !
C'est pour ça qu'aujourd'hui je porte et je revendique fièrement d'en être une :
Hechima est le nom japonais d'une courge en forme de gourde de surcroit, qui va parfaitement dans ma description, car je n'avais jamais autant ris de ma connerie que ce jour là. C'est beau la boulattitude !

C'est un arc en ciel, un dégradé de la stupidité, qu'on a en chacun de nous, et le ridicule ne tuant pas, il peut se cultiver avec amour.
Les boulettes qu'on fait tous, sont la pointe de tabasco dans notre soupe à la tomate de la vie : Ça pique sur le coup, mais ça accompagne parfaitement le reste des ingrédients et ça en relève le goût.

Je suis donc une courge en forme de gourde, blonde ascendante belge pour couronner le tout, dont le signe est influencé par vénus et saturne, qui me rendent un peu féminine et prédisposée à tenir des propos qu'une personne atteinte de saturnisme dirait, sans parler de mon penchant à devenir une 'pataphysicienne de renom.

Moralité : nous sommes tous le boulet que se traine péniblement quelqu'un. Nous formons donc tous une chaine de solidarité de la boulette, je vous le dit : la cohésion sociale est passé/passera par le boulet ultime que tout le monde s'est trainé/traînera ensemble, dans l'histoire de l'humanité.


!Cliquez très vite sur le spoil, pour l'ouvrir et le fermer, pour en faire un message subliminal !:


Spoil:
Allez sur le chan, sinon Vash et Ssk vous bann' tous !


Je vais encore écrire des absurdités d'ici là, ou qui sait ? Des trucs supers dramatiques et profonds, même moi, je m'y perds, que Dexter en personne, pleura en la lisant et docteur House se transformera en docteur Baker.

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Hecchima
Sennin


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MessagePosté le: Mer 09 Jan 2013, 9:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

1h30 dans la vie d'une aide soignante en Gériatrie

18h


Commence le premier service, où toutes personnes susceptibles de faire des fausses routes ou de ne pas manger seul, se pressent... enfin on les presse aussi vite que leur fauteuil roulant et déambulateur puissent le permettre.
Ils sont 21, pour 2 soignants, c'est eux qui ont l'avantage numérique, mais pas l'avantage de la force et de l'agilité. Ce qui fait qu'en bon petits soldats, ils ne protestent pas trop quand vient l'heure de se mettre à table...
Puis faut dire ce qui est, rien n'est plus épuisant que de rester 8h assis dans un fauteuil roulant quand on a entre 80 et 100 ans...
Y a que Madame M. d'assez en forme pour protester, car elle se croit dans son ancien restaurant, du coup elle hurle après nous pour notre manque de professionnalisme qu'elle attend de ses serveurs.


_Non mais feignasse ! Tu crois que je t'ai pas vu... pourquoi tu les sers en premier... ceux-là étaient arrivés avant !... mais regardez moi ça cette incompétente, j'ai demandé du vin blanc...

Et on a pas de vin blanc...

18h40


fin du premier service, où tous les résidents ont finalement gueuler sur Madame M pour qu'elle se taise, mais elle a balancé tout ce qui était à porter de main... dieu merci, on pense toujours à lui enlever couteau et verre en verre... Là commence le vrai challenge : faire en sorte que 21 personnes, ou 19 fauteuils roulants et 2 déambulateurs puissent monté à intervalles régulier dans les 2 ascenseurs de la résidence, pour que nos 4 bras musclés les préparent à se coucher : déshabiller/préparer pour la nuit/border... sans être bloqué par le flux des autres 43 autres résidents, venu réclamer à corps et à cri, de pouvoir s'installer pour le deuxième service de 19h.... on aurait cru que la patience serait une vertu qui viendrait au fil des ans et la sagesse avec... mais non... Si j'ai bien appris un truc de mes années de travail en maison de retraite, c'est que plus la personne vieillie, plus elle régresse à l'état de gamin de maternelle. Et comme en maternelle, l'âge sert d'excuse pour pas leur en vouloir.
Bref en face de nous, des êtres plus ou moins conscience de ce qu'il font, et comme il n'ont rien d'autre à faire dans cette horlogerie bien huilée et ennuyeuse de l'organisation de vie institutionnelle, à part râler si une minute, c'est une minute de trop, ils ne se privent largement pas de le faire.
Une ASH nous aide pour accomplir chaque jour se chassé croisé digne d'un retour et départ de vacances de deux zone.

18h49


Après avoir négocier 2 à 3 minute avec mon premier couché, un résident frontal et agressif, qu'il veuille bien que je m'occupe de lui, il me plante ses ongles dans la main...

_Mais on s'enfout !

Sans perdre mon calme...
_Monsieur D. vous me faites mal là !
_ C'est pas vrai, sinon tu dirais qu'qu'chose !
_Ben, je vous le dis. Vous me faites mal.
_Non, mais tu m'as compris !
_J'ai pas le droit de vous secouer, à part vous dire que ça me fait mal monsieur D.

Il relâche ma main et se réinstalle les yeux mis clos sur son fauteuil confort et roulant...

_Je voulais pas, je sais plus ce que je fais...

Je hausse des épaules en souriant de n'avoir que des marques qui n'ont pas été jusqu'au sang, vu ce qui peut avoir sous ses ongles.

_Ben c'est pour ça que je vous en veux pas monsieur D.

Là se fait entendre une de ses voisines de chambre, la fameuse Madame M. qui n'est plus dans son resto... mais reste persuadée qu'elle doit prendre un train pour aller à un mariage, qui hurle pour qu'on l'y emmène depuis à intervalle régulier, se qui fait lever la tête du monsieur.

_Mais elle peut pas se la fermer, j'vais lui hurlé dessus !
_ faite le pour moi monsieur D. j'ai pas le droit souvenez vous.

Il lève alors le poing en se redressant...
_Ferme ta grande gueule ! Merde !
Puis se rasseyant, sans grande conviction
_ ça sert à rien de toute manière.
_ Si ! Ça défoule monsieur D..
Il se marre.
_ bon parce que je t'aimes bien, je veux bien faire ce que tu dis, faut que j'fasse quoi déjà ?
_Se changer et se coucher Monsieur D.
_Ok !
Il se lève péniblement avec mon aide, me laisse lui changer sa protection, et s'assoie tranquillement dans le lit, que je lui avais ouvert, je le mets en pyjama et l'aide à s'allonger, tout ça en 2 minute chrono de douceur, parce qu'il est adepte de la mandale autrement.

_Bonne nuit monsieur D. faites de beau rêve.
_Pff... mais tu restes pas un peu plus ?
_ Je peux pas, j'ai pas le temps
_ Rho vous dites tous ça, ici d'dans!

C'est ce qui est le plus dur dans le boulot, de n'avoir jamais assez de temps, même de profiter un peu quand enfin une personne loin d'être facile, qui peut frapper, mordre, etc, vous montre enfin sa reconnaissance de votre patience, en voulant un peu discuter... même si le lendemain toutes les tentative d'approche est à recommencer...

19h05


Ne voyant pas arriver les 2 résidents de cette étage qu'il reste à coucher, et après mettre occupait de madame M, en lui faisant croire que "c'est demain le mariage" et qui a insisté pour me faire un bisous pour pas partir fâchées ; Je descends au rez de chaussé pour aller les chercher.

Là, je tombe sur L'ASH qui nous aide ce soir : une femme d'une quarantaine d'année qu'on surnomme entre nous Grise Kelly à contrario de Grace kelly. Pas qu'elle n'est pas belle, mais qu'elle est aussi agréable qu'une porte de prison un jour de pluie, et aussi inexpressive qu'elle... elle manque cruellement de langage non verbal, tellement elle est figée pas besoin de botox, et vous aboyait dessus plus qu'elle parlait...
Genre ses sourires sont si rares, qu'à chaque fois j'imaginais un bruit de grincement se produire à la commissure de ses lèvres... et à chaque fois qu'elle passait prêt de moi, quand on travaillait le matin sur le même étage, j'avais l'envie frustrante de chanter The human are dead des flying of the conchords... dommage que je sois d'une nullité en anglais et que je n'ai aucune mémoire pour toute phrase qui ne soit pas française... donc je me contentais de mimer vite fait la chorégraphie dans ma tête...

Bref, elle recule le fauteuil roulant de madame V. de la porte de l'ascenseur et releve la tête vers moi.
Mais ce soir là, en la croisant, je me suis dit qu'il y avait un truc de pas net. Je l'avais jamais vu autant expressive depuis que je la connaissais. Et cette expression ne me dit strictement rien de bon.
Ses yeux me lancent un typique et très reconnaissable, même venant d'elle « Merde ! Je crois que j'ai fait une grosse connerie ! »

_Qu'est ce qui se passe ?
_ Ben j'ai voulu la faire monter...

Sa phrase s'est suspendu, ou alors je n'ai pas entendu la suite, car je viens de baisser les yeux sur Madame V. mon attention immédiatement happée par une chose rouge vif, blanc jaunâtre qu'il y a sur la main de la résidente.
J'ai comme un arrêt, le temps de comprendre ce que je vois, qui entraine un monologue intérieur intense entre ma raison et ma perception...

Non c'est pas possible... si c'est possible regarde.... non c'est pas possible... Argh ! Mais si, c'est possible bordel ! Ces trucs bougent en même temps que ses doigts !

Un frisson me parcours l'échine. Je me mets à la hauteur de la petite dame.

_Madame V. ça va ?
_ Oui.
_ Vous avez beaucoup mal ?
_ Non pourquoi j'aurais mal ? Mais c'est bizarre je crois que je me suis blessée, c'est normal ces trucs bizarres ?
_ Euh.... oui c'est normal.


Je mens pas, après tout, des tendons et des os dans une main, rien de plus normal... Mais faut vraiment que je lui dise d'arrêter de bouger les doigts avant qu'elle percute qu'elle les voit jouer à l'air libre.... puis c'est limite gerbant.


Je m'écarte un peu et prend mon téléphone de service dans ma poche pour appeler l'infirmière...
En bonne professionnelle gardant son sang froid, je fais alors la meilleure description; avec terme technique qui se résume en :

_ Vient vite, Madame V s'est écorché la main.... C'est juste HO RI BLEBLEUH

J'aime faire Roger Rabbit dans les instants grave comme celui là : ça me déstresse et évite que les résidents à côté percutent qu'il y a un truc à pas louper en me regardant moi, qui dit ou fait assez souvent de conneries ou des pitreries amusante, pour pas trop les interpeller, et aussi évite que la personne concernée panique, du moins je l'espère.
Et l'infirmière sait, car me connait à force, qu'il ne faut jamais, au grand jamais, prendre ce que je dis à la rigolade quand je fais ça...
-OK ! Tu es où ?
_ A l'entrée, devant l'ascenseur.
_J'arrive.

J'appuie sur le bouton pour raccrocher et c'est là que monsieur G qui avait vu toute la scène, m'interpelle...

_ Judi....
_Oui monsieur G, vous devriez attendre près de la salle à manger...
_ Me sens pas bien...

Il se trouve que monsieur G, à part le fait de ne pas savoir dire Judith correctement, était un running gag à lui tout seul... avant même de vous dire bonjour sortait cette phrase sempiternellement « je me sens pas bien » en très grand hypocondriaque qu'il était.
Je suis même sûre que la fille de nuit qui venait lui changer la couche, y avait droit, avant même qu'il se réveille...
Il finissait souvent en faisant une sorte de macaréna en levant les mains et en faisant des signes circulaires avec ses mains, pour montrer où il se sentait pas bien, la tête, les jambes ou le ventre, voir les 3 à la fois... lui me donnait envie de chanter Thierry Le Lurron, pas besoin de préciser laquelle de chanson...
Mais là, j'aurais jamais cru qui me fasse le coup, alors qu'il voit parfaitement madame V. en pleine introspection dans le sens le plus propre du terme.

Petit jaloux... t'aime pas qu'on te vole l'attention...

_Monsieur G. c'est pas le moment... vous voulez que je vous montre sa main pour relativiser ?
_Non, je sais très bien, j'ai vu... mais... mais...

Il me fait alors sa macaréna devant son ventre.

_ l'ovaire droit...

Hein !
_Heiiiiiiin ?
Des fois mon monologue intérieur est rudement extérieur...

_ J'ai mal à l'ovaire droit judi...

Un éclair de lucidité me passe :

Mais dans quel monde je suis.... j'ai jamais rêvé de faire ça petite...

_ Oui... Ovaire droit... répéte l'ASH devant ma non réaction

Et qui n'a pas l'air vraiment de saisir que... en même temps comment le savoir avec elle ? Son naturel figé était revenu au galop.

Mais j'ai pas le temps de faire un cours sur l'anatomie rendant la chose impossible là. Je dois m'occuper de la petite dame aux gros bout de peau du dos de la main scalpée, ce qui m'a bien aidé à ne pas pouffer de rire en plongeant mon regard dans cette spectaculaire plaie...
_L'ovaire droit, monsieur G.... ne vous inquiétez pas, vous ne risquez absolument rien...
_ vous croyez ?
_ J'en suis même sûre et certaine, monsieur G. Allez donc, s'il vous plait, attendre l'infirmière de l'autre côté, pour votre glycémie, et surtout parler lui bien de votre douleur.

Mon esprit d'équipe était présent, même là : Fallait absolument qu'elle aussi en profite.
Puis là, un miracle se produit devant mes yeux ébahis : Grise Kelly se met à grincer des commissure des lèvres... ça me rassure du coup et je reprend espoir dans l'humanité, de savoir qu'elle aussi connait les subtilités du corps humain... travaillant dans le milieu... valait mieux... mais surtout celles de la plaisanterie !

Je mets madame V. à l'écart pour que les autres résidents retardataires au repas, ne soit pas écoeurés avant même de commencer...
L'infirmière arrive...

_Oulà ! Madame V. Je crois qu'un petit tour à l'hôpital s'impose...
_ J'ai pas mal.
_ Ah ! tant mieux ! Mais sincèrement, j'insiste.
_ Comme vous voulez...

Elle regarde Grise Kelly et moi.
_ Qu'est ce qui s'est passé ?
_ J'ai voulu la faire rentrer dans l'ascenseur, mais sa main s'est coincé entre son fauteuil et la porte. Mais j'y suis pourtant pas aller fort. J'ai même pas insister, je te jure... Je comprends pas... J'm'en veux tellement.

Grise kelly, qui ne me donnait pas spécialement envie à compatir avec elle, loin de là la plupart du temps, mais sa voix s'est faite toute petite, comme une souris qui se cache dans un coin pour se cacher derrière ses justification. ça me fait vraiment pitié, elle qui d'habitude, avec son côté très rentre dedans, ne fait que dire qu'on est des incompétentes, qu'elle ferait mieux que nous, et ça sans un bonjour...

_ Madame V. à la peau tellement fine que ça arrive souvent qu'elle se scalpe la peau comme d'un rien... nous ça nous arrive souvent. Juste quand on lui met ses bas de contention tu sais ? Ça aurait pu arriver à tout le monde.
_ Comment vous faites alors ?
_ Ben comment fait ? faut bien le faire... on fait super gaffe en hydratant bien les jambes, c'est tout.

Ce que je ne lui dis pas, c'est que Madame V. a un problème de coagulation, qui fait qu'à chaque fois, on a l'impression d'avoir une scène de crime et que Horatio des experts va débarquer en faisant ses gimmick avec ses lunettes noires et ses poses débiles, parce que ça fait chié quand ça arrive, comme lui quand il le fait... Alors que si c'était Grissom et une de ces citations collant parfaitement à la situation, c'est que la dite situation serait plus fun pour l'envisager, mais c'est rarement le cas dans une situation comme celle là.
Mais étrangement la plaie de ne saigne pas, vu l'endroit normal, j'imagine Grissom me dire en regardant Grise kelly :

" Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre."

Je commence par partir. Mais avant je me penche sur madame V, une petite dame que j'aime bien, toute gentille, en lui mettant une main sur la joue en douceur pour attirer une attention devenue aléatoire au fil des ans... elle a 100 ans cette brave dame...

_ Ma puce, ça sera pas long. Vous verrez. Faut pas vous inquiéter. À bientôt.
_ A bientôt ma chérie. Je t'en fais du soucis.
_Mais non, voyons.
Je me relève.
_ Bon c'est pas que... mais j'ai encore des couchers à faire.

Je file d'un pas rapide, mais pas assez pour ne pas entendre Grise Kelly demandait si elle allait en mourir à l'infirmière...

_ Mais non ! Il vont juste lui couper la main...

Ffftou ! Ffftou ! fait le silencieux du sniper...Sadique va, je pensais pas voir son cadavre aussitôt... C'est pour ça, qu'on s'entend si bien...



19h19


Il faut avoir fini pour 19h40 pour attaquer les couché du deuxième service... une trentaine... qu'on fera cette fois à 3 avec celle qui était du cantou (ou unité fermée pour personne ayant des troubles cognitifs, ou autrement dit pour la plupart Alzheimer, quand on est un ami intime de la bête. Vu que c'est pas du tout un cantou), qui aura fini les siens d'ici là.
Dieu merci, mon collège, un ancien médecin algérien, devenu aide soignant, par je ne sais qu'elle tour de magie de l'administration française, avec rudement bien avancé... il faut dire qu'il porte merveilleusement bien ses initial B.A.... que je l'aime ce type là, dommage qu'il ne fasse que des remplacements pour arrondir ses fins de mois d'étudiant vieillissant... qui me dit au téléphone, ou je devine un sourire qu'il a limite permanent, quand il parle...

_ C'est bon Ju... il reste que 3 personnes du premier étage...
_ je t'aime Bob ! Va te poser, je le fais...
_ Naaaaaan ! C'est bon ! Je viens d'arriver là, je commence avec madame B.
_ Ok a toute...

Ça me soulage, je stresse facilement avec ce timing serré à la base, dans une organisation qui ne laisse pas place à l'imprévu... alors que l'imprévu est continuelle... toujours avec l'être humain, et encore plus quand ils perdent à peu près tous leur tête.

Stress post traumatique, d'avoir trop tourner avec des nouvelles qui ne restent jamais très longtemps dans cette boite, sans être un peu maso sur les bords, comme moi...et j'en ai vu défilé...
Devoir avoir deux cerveaux, voir trois : 1) pour penser à faire son taff 2) pour penser à dire à l'autre le taff qu'elle doit faire et tous les renseignements qui l'accompagnent... 3) pour rattraper les oublies et autres conneries, suivant les cas, qui peut être grosses...genre coucher les gens tout habillé, parce que j'ai pas eu l'idée saugrenu de lui préciser que : oui, il faut déshabiller les gens et les mettre en pyjama quand on les couche pour la nuit... C'est épuisant, sur une journée de 13h, voir 14h, si les conneries commence dès le matin, au lieu de 12h.... parce qu'on peut pas prendre la pause d'une heure l'après midi déjà de base, avec une nouvelle, sinon on la laisserait toute seule. Autant dire impossible, vu l'organisation serré et la charge de travail de dingue qu'il y a, sans connaître un minimum les résidents, pour savoir jongler avec leur bon vouloir, leur degrés de dépendance et le temps à leur accorder.

Là, où une nouvelle perd facile 10 minutes, je peux en gagner 7 facile... en demandant à monsieur L de s'habiller seul, parce que je sais qu'il sait le faire et lui dit a quel point, c'est très bien quand il le fait...
Que monsieur G. dit se sentir mal, mais que c'est habituel, faut pas s'y attarder plus que ça.
Que madame M, aussi agressive qu'elle puisse paraître et insultante, est une brave femme, a qui il suffit de dire que ses enfants vont bien et que non, il ne rentreront pas tout de suite de l'école, pour la calmer, au moment de l'emmener à la sieste.
Qu'il ne faut absolument pas dire à madame J. qu'on va lui changer sa protection, parce que ça la saoule et qu'elle refusera net, voir frappera pour se faire comprendre, alors qu'en lui disant juste qu'on va faire une petite promenade, tout se passe très bien... etc...

Je vais direct chez madame B. qui hulule comme un hibou.
_HOUHOU !
J'ouvre mes bras et avec un grand sourire extasié.
_ Princesse !
Elle sourit, parce qu'elle adore qu'on l'appelle comme ça, ça la calme direct. Bob sort de la salle de bain avec la chemise de nuit avec son grand sourire habituel.
_ Merci, ça faisait longtemps que j'étais pas venu. Je me souvenais plus de l'astuce...
_De rien.

Elle a peur de sa bretelle de soutient-gorge, c'est du moins ce qu'elle essaye de nous faire croire, en fait elle veut juste de l'attention...
Je lui demande systématiquement, quand c'est moi qui m'en occupe le matin, si elle veut le mettre. Elle le veut toujours, mais elle fait celle qui a peur de ses bretelles, au fil des heures qui passent dans la journée. Elle tire dessus en faisant une mine effrayée en faisant le hoooooouhoooooooooooou... sans savoir nous expliquer, pourquoi elle en a si peur. On lui demande, si elle veut l'enlever, mais non... Le "princesse" est une astuce pour la calmer, pas longtemps, mais juste le temps du plaisir qu'elle éprouve à l'entendre. Y a deux autres astuces : lui donnait une friandise qu'elle aime et appuyer sur la patte de son nounours pour qu'il chante du 50 Cent qui lui fait bouger la tête comme une vraie de la teuci.
Mais au moins pendant ce temps là, elle aura eu un peu de notre attention pourtant pas mal accaparée ou une gentillesse de notre part, donc au lieu de lui priver du seul moyen qu'elle a trouvé d'efficace, pour avoir ce qu'elle voulait, en lui mettant plus. On fait comme si elle avait vraiment peur de ses bretelles de soutifs.
Je vous jure, aller expliquer ça aux familles et visiteurs... Ils nous lancent des regards accusateurs pour notre "cruauté" de ne pas aussitôt enlever ce dessous, qui à l'air de la faire souffrir comme une féministe des années 70 !


19h30


Le premier service est couché.

On descend fumer une p'tite clope dans le patio qui donne sur la salle à manger, comme on a un peu de temps, histoire de se ressourcer et un peu se recentrer avant de devoir redonner toute notre attention.
C'est à ce moment là que j'ai mon corps par des années à manipuler, soulever des poids, des fois presque du double du mien, se rappelle à moi, plus qu'à l'ordinaire.
Je regarde les résidents manger. J'ai Madame R qui me fait signe que c'est pas bien de fumer, à travers la vitre et me fait un grand sourire, entre deux bouchée. Elle me fait bien rigoler cette Dame que je l'appelle la star, et elle me répond par un systématique :

_oui, mais déchue.

Dommage qu'elle soit en début d'alzheimer...

Son voisin de table, un unijambiste récent, qui a du mal à l'accepter, me fait un signe de tête et me sourit également. Lui je l'appelle caporal, car c'est un Vétéran d'Indochine, quand je veux lui demander de faire des efforts, car je sais qu'il est capable de les faire, il est juste défaitiste... Normal quand on a fait l'Indochine. Il me répond généralement par un :

_Oui, mon général !

Je ne sais pas par quel miracle, chaque jour je fais ça... et que j'aime bien ça, malgré mes séances de "râleries".

Ah si... je sais !
Parce que, contrairement à l'hôpital, où la valse des malades nous empêche de les connaître, autrement qu'à travers leur pathologie la plupart du temps, ici c'est leur lieu de vie... Que je connais chaque détails, morceau par morceau, de leurs petits rituels quotidiens, de m'inquiéter quand l'un deux disparait, ce qui faut dire et ne pas faire, le pourquoi ce jour ils ont un coup de blues, ou leur laisser faire la grasse mâtinée, parce qu'ils ont mal dormi, ou simplement savoir faire marrer un Monsieur D., car il est très drôle quand il ne frappe pas.

Et Aussi...

Voir l'infirmière mimer une espèce de chorégraphie de Thriller et de Bolywood en pleine salle à manger pendant qu'elle distribue ses médocs.
Que Bob est heureux, car il rentre d'Algérie où il n'avait pas pu y aller depuis plusieurs années, parce qu'il n'avait pas fait son service militaire et me parler de tout ce qu'il y avait fait...
Ou même que Grise Kelly viennent fumer une clope avec nous, en disant qu'elle avait peur de se faire engueuler, alors qu'elle est la première à cafter à la directrice, tous nos moindres faits et gestes suspects...
Et que ma collègue du cantou, qu'on surnomme affectueusement Cléopâtra, qui me fascine par sa beauté que seules les métisses ont le secret, me pousse du coude avec un grand sourire moqueur qui me réchauffe en ce mois de décembre, car elle a enfin une voiture, et qu'elle me fait miroiter que si je suis gentille, j'aurais droit de monter dedans pour rentrer chez moi ce soir... Je sais qu'elle le fera, on s'entend comme cul et chemise toutes les deux, puisqu'elle me tend une redbull qu'elle a acheté en pensant à moi et à mes 3 journées d'affilées que je viens de me taper, et que je penserais à prendre du rizotto pour la changer un peu de ses pastabox à la bolo, la prochaine fois qu'on bossera ensemble...

Et pour tout le reste, qui fait que ce boulot nous fait partir très loin dans la conception de l'humanité, qui est tellement attachante... même dans ses grands défauts... même dans une protection bourrée à craquer de selles.


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yahiko
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MessagePosté le: Jeu 10 Jan 2013, 1:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Intéressant.

J'ai bien aimé le texte sur les boulets. Il y a de bonnes idées et c'est bien écrit.

Citation:
Tu es digne d’un générique d’Albator, tu sais ? : te voilà !

C'est marrant.

Ton texte sur ta journée dans un service de gérontologie est aussi sympathique même si je trouve ton premier texte meilleur.

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Chakal D. Bibi
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MessagePosté le: Ven 11 Jan 2013, 12:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai beaucoup aimé ton jet sur ta journée type en gériatrie, j'suis franchement admiratif de ceux qui arrivent à bosser dans ce genre de milieux parce que je sais très bien que je ferai partie de ceux qui en sont parfaitement incapables :p

J'ai bien aimé ta façon de dépeindre la journée avec un mélange d'humour, d'énervement, de patience, d'exaspération...Tu passes par un jolie panel d'émotion, c'plutôt cool Very Happy

'pis conclure sur FOTC, c'juste farpait Cool

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Saharienne
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MessagePosté le: Ven 11 Jan 2013, 1:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Très belle entrée dans la section ! On voit pas assez de ce genre de chronique pro bien écrite ! J'adore ça j'ai l'impression d'aller dans les coulisses :3
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Hecchima
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MessagePosté le: Mar 15 Jan 2013, 1:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à tous les 3 ^^, j'ai lu vos commentaires, mais j'ai attendu d'être en repos pour vous répondre.

Pas facile de faire ce genre de texte descriptif, je dois bien l'avouer... je suis généralement en panne sèche quand on me demande des anecdotes... quand on est habitué et qu'on y voit rien d'extraordinaire, vu qu'on le fait tous les jours ^^, mais y a pas de mérite à le faire, enfin j'ai jamais considéré ça comme ça, c'est juste que ce boulot m'a choisi quelque part. mais bon je songe de plus en plus à reprendre mes études, pour trouver un travail moins physique. Mon dos et mon bras droit commence à me faire souffrir chroniquement.

En plus, plus ça va, moins je trouve du plaisir, vu les conditions de travail qui se dégradent petit à petit, parce que la politique à largement encourager le maintient à domicile, ce qui est une bonne politique, mais qui est désastreux, pour les EHPAD.
j'ai vu en une dizaine d'année la situation empirer a leur niveau, car ils n'ont pas du tout adapter ou prévu la suite logique de cette politique. Plus ça va, plus les EHPAD deviennent des services de long séjour, sans pour autant avoir la capacité en personnels, ni en materiels, en conséquence +de grosse toilette avec moins de temps à leur consacré. c'est presque du travail d""usine". Les nouveaux résidents d'aujourd'hui arrive plus tard qu'avant, amplifier par l'espérance de vie qui s'allonge et arrive en bout de course de cette chaine de soin, avec une prise en charge bien plus lourdes.

J'en suis venue à me créer une sorte d'atelier manucure sur certains jours de repos, pour avoir une autre approche des résidents, avoir le temps d'attention et de plaisir que je pouvais avoir avant, et que je n'ai plus faute de temps dans le boulot, pour y trouver mon compte.

Je vous donnes les nouvelles si vous voulez ^^ :

Madame V va très bien ^^, hier matin elle s'est réveillé et m'a prise pour sa mère... et elle devait l'adorer, vu qu'elle a pas arrêté de vouloir me faire des bisous.

Monsieur D.... a essayé de se barrer samedi, on l'a rattrapé dans la rue...dimanche le calme plat... puis ce midi a envoyé une table valdingué avec tout ce qu'il y avait dessus... à refuser obstinément de se lever pour prendre son petit déj, puis finalement je l'ai retrouvé cul nu sur une chaise en plein milieu de sa chambre. il a manifesté son grand étonnement parce que ça glissait par terre... normal ! quand on enlève la protection pour pisser un peu partout dans la chambre et qu'on marche pied nu dedans. Là où j'ai un peu écoeuré, c'est quand il m'a dit qu'il fallait absolument jeter les chocolats, parce qu'il n'étaient plus bons :

_Quel chocolat ?

_Ben ceux qui sont parterre.

_ c'est pas du chocolat monsieur D.

_Ah bon ? C'est quoi alors ?

_ Un truc à pas manger.

_Pourquoi s'est dangereux ?

_Pas forcément si on fait un bon bain de bouche.

Bon ben, c'est pas le premier à manger son caca, mais j'ai pu ainsi lui faire laver ses dents, et faire un bain de bouche, ce qui est limite l'ascension de l'Everest pour l'alpiniste \o/

il a aussi bien aimé sa petite douche bien chaude après ^^, mais pas de rasage, niet, nein, no.... tant pis, j'aurais eu que le petit chelem.

Madame M a été un amour ce matin, et elle a eu le droit à un massage du dos et des jambes, comme elle a pas été très bien a cause d'un nouveau traitement qui l'a chouté et vite arrêté.

Monsieur G... se sent toujours pas bien... mais a fait plein de chose tout seul, et il descend en déambulateur, au lieu de prendre son fauteuil roulant depuis ce week end ! Très bonne initiative ^^

C'est 3 là sont sur le même étages, où j'ai travaillé ce matiin : ça dépote quand ils s'y mettent tous, parce qu'il n'y a pas qu'eux à mettre de l'ambiance.... y aussi une dame de 106 ans notre doyenne, très ritualisé, qui gueule aux moindres petits détails qui changent, un prof d'histoire qui, si on laissait faire, dormirait 24h sur 24h. un autre monsieur qui a peur de ses selles (si si je vous jure) et prend des douches tout habillé quand il en fait... plus glauque, Une ancienne déportée ( autrichienne qui a fait de la résistance, je ne sais pas en quoi, je n'ai jamais osé lui demander... en plus, comment savoir, avec les nazi, rien que d'écouter du jazz c'était un acte antipatriotique, voir dégénéré) qui se tape des hallu et pense être de retour au camp de concentration, mais bon elle ne nous prend pas "encore" pour des kapo, ni des SS... c'est déjà ça... mais elle parle qu'ILS sont revenus pour la torturer ou la violer... Nous demande de vérifier sous le lits, dans sa salle de bain...




Madame B.... hOUHOUHOU !

Monsieur l'unijambiste et madame R, vont super bien.

Sinon, bilan de ce week end : Un résident qui tente de me caser avec son vieux célibataire de fils... pas besoin de lui dire qu'il est homo... deux hospit : un avc et une insuffisance respiratoire. Et un abandon de poste (l'animateur)... bref un week end tranquille et habituelle.

Grise kelly égale à elle même ^^

L'infirmière s'est faite opéré d'un Tératome sacro-coccygien, bénin c'est au niveau du cul pour ceux qui ne l'auraient pas compris, qui lui faisait super mal que j'avais surnommé Gérard Bouchard ou son jumeau maléfique.

Cléopâtra a eu pas un mais deux rizotto cette semaine.

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Hecchima
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MessagePosté le: Lun 06 Jan 2014, 4:46 am    Sujet du message: Répondre en citant

Déprime : Sensation qui me rend folle. Sous le poids de mon aversion, de ta fiel parole, vers les contrées de l'abnégation, tu m'enrôles...

Angoisse pour compagne


Elle était allongée par terre, dans la petite chambre sous les combles plongées dans l'obscurité, essayant de comprendre, d'apprivoiser et de faire en sorte de calmer le mal-être qu'il la rongeait.

Le silence pesant qui régnait à cette heure tardive de la nuit lui permettait d'entendre la moindre vibration de ce corps angoissé qu'elle aurait voulu, en cette instant, étranger .

Si le coeur affolé, la respiration rapide et la sensation désagréable d'un estomac contracté , l'empêchaient de réfléchir posément à sa situation, ils lui permettaient de personnifier cette souffrance avec un art consommé.

Le plus souvent, elle l'imaginait comme un double d'elle-même, livide, le regard fixe, sans aucune expression particulière, les mains plongées dans son abdomen, ne faisant que lui enserrer de sa poigne l'estomac, sans dégout ni même plaisir, juste parce qu'elle devait le faire, ne servant qu'a ça .

Cette version-là, elle l'avait surnommé simplement Mlle Anxiété car elle avait appris à vivre avec. Et si Anxiété n'était pas une présence agréable en soi, elle pouvait en faire abstraction, tant elle l'avait côtoyé.

Mais lors de crises plus prononcées, la demoiselle chimérique inexpressive se transformait en une deuxième incarnation de ses affres chroniques bien plus démoniaque qu'elle surnommait la Harpie. Cette furie à l'oeil dément, la bave aux lèvres, lui fouillait et lui labourait les entrailles de ses ongles devenus griffes, s'arrêtant en souriant avec délectation et contemplant les sévices qu'elle lui infligeait. Des fois, elle l'imaginait même en artiste peintre faisant des comparaisons avec ses anciennes toiles ; modifiant ici ou là une couleur, un rendu ou une perspective. Mais surtout, elle avait doté cette lilith se nourrissant de sa peur et de sa souffrance d'un rire extasié d'enfant sadique découvrant qu'il pouvait être un dieu pour une fourmi.



Cette nuit de solitude, et comme souvent de manière inattendue, Mlle Anxiété s'était peu à peu muée en Harpie, ne laissant d'autre choix à la jeune femme que de laisser passer l'orage et pleurer de soulagement une fois que tout s'était calmé.

Là, dans le silence et le noir, elle essayait de comprendre les absconses raisons de ses crises d'angoisse et ce besoin de les personnifier.

Elle même s'était identifiée à une insatisfaite, refusant de se résigner à vivre une existence qu'elle subissait et dont elle n'avait pas fait le choix consciemment. Mais, elle constatait avec amertume, que sa lâcheté l'empêchait d'abandonner la place de victime consentante que le « destin », ou simplement les voies qu'elle avait empruntées par ignorance et bêtise, lui avaient donnée .

Cependant, plus les années passaient et plus l'envie de retracer ses propres sillons se faisait mordante. Mais l'angoisse, tenace, lui rappelait, invariablement, qu'ici-bas, si on pouvait espérer mieux , il fallait en payer le prix.

Un sacrifice qu'elle n'était pas encore prête à consentir, des efforts qui lui étaient insurmontables ou simplement qu'elle ne savait pas ce qu'elle voulait réellement.

Alors elle se contentait de vivre, d'errer, sans satisfaction tangible, pour rien ni pour personne.



Quand elle était en société, tout lui semblait absurde, contrefait et superficiel, car elle-même se sentait vide de substance, petite chose quelconque parmi la masse, qui n'intéressait personne et réciproquement. Ne sachant pas ni pourquoi ni comment elle en était arrivée là, elle finissait par rentrer chez elle, seule. Paradoxalement, une fois dans la solitude la plus complète, l'insatisfaite était remplie de tout ce qui pouvait être le plus mauvais en elle.

Si froide, si distante, si morte quelques heures auparavant, d'un coup une mosaïque de sentiments plus ou moins violents ou passionnels l'envahissaient. D'abord dépitée d'être si jeune et si blasée, elle se mettait en colère contre elle-même, se disant que les années passaient bien trop vite, qu'il fallait se ressaisir avant qu'il ne soit trop tard ! Puis, venait le dégout de ne jamais pouvoir se réaliser, la haine d'être impuissante face à cela, . Enfin, le désespoir d'être la seule et unique personne comme elle, mais surtout la peur de ne jamais vraiment pouvoir s'ouvrir à quelqu'un et lui faire confiance l'emplissait .

Pourtant, elle le savait depuis longtemps, la vie le lui avait enseigné très jeune, qu'on finissait toujours seul, au final, avec soi-même pour compagnie...

Mais c'était là, comme pour la faire mentir, que la plupart du temps, Mlle Anxiété apparaissait, inexpressive, les doigts lui enserrant doucement mais fermement l'estomac.

Alors la jeune femme, d'abord agacée, faisait tout pour l'oublier en s'occupant par diverses tâches. L'insatisfaite ressentait une haine de cette sensation par tous les pores de sa peau, mais elle savait qu'ironiquement, pour l'instant, elle était la seule chose qui rendait l'existence moins fade. Elle savait que la Harpie était caché sous ce masque impénétrable. Et comme un serpent se mordant la queue, elle paniquait de la voir apparaître. Elle angoissait d'angoisser.



Alors, avec frénésie, une furie s'amusant de sa propre puissance, la tenaillait, la lacérait sans vraiment de raison, la laissant épuisée et incapable de sortir de cette spirale. La Harpie redevenue simple Mlle Anxiété, toujours fidèle au poste, imperturbable, était devenue au fil des années sa seule compagne ...

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Hecchima
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MessagePosté le: Mer 14 Jan 2015, 2:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Aujourd'hui en relisant des archives.... tombée complètement par hasard, j'ai relu de textes d'une époque, où j'essayais de faire de la poésie.........Mouhahaha,....... en étant pourtant moi même un peu insensible à cet art.... Rassurez vous j'ai arrêté depuis XD


y a de tout, style, humour, réflexion.... et surtout du rien et une non maitrise de cette art :


Senryu (noms des haiku mais drolatique )

1)devenue cocu
des cornes me sont poussés
rage m'est venu


2).Quand arrive l'ennuie
Sauf les vacances mérités
le temps ralenti


_____________________________________


Crampes

S'il vit en ces temps de disgrâce
Mille supplices salaces à satiété
Qui lui donne la chiasse
En se servant sa tasse de café

Sous la bise scabreuse
Il court en tenant son corps
Sursaut du syphon à becteuse
Le trône l'attend loin dehors

C'est bâlot !

Exit son savoir soporifique
Envolé son sourire sirupeux
Partis sa prestance et son sérieux
Déjà ses flatulences "sémaphoriques"

Qui pique les yeux ,

Hurle à l'envie pressante,

Prologue d'un flot impétueux.

Il accélère, soudain sur la jambe, la colique
Le sillon d'une souillure scintillante
Ça se passe de sémantique

A défaut de retenue

C'est de honte qu'il occlusionne

_________________________________________________________

Télencephalectomie

Spoil:
Ô, triste temps de sinoque
Assise devant ma télé
Ce monde m'interloque
Par tant de bêtises sublimées

(Pffff...)

Voici donc notre époque !
Où dans sa grand majorité
Notre attention se bloque
Sur des gens aux formes optimisées,
Aux cervelles de salicoque,
Dans un loft, enfermés
leur connerie nous provoque
tout autant que leur oisiveté

Allons ! rien ne vous choque ?
C'est tout sauf de la vérité !
Même leur physique est en toc,
Et ils osent appeler ça téléréalité !

Je raisonne comme une vioque
C'est un fait, je le sais !
A ce monde équivoque
Impossible de m'adapter

Ces bulles, ces cloques
Explosent à mes yeux égarés
Leurs pus s'entrechoquent
Eclaboussant mon esprit hébété

Comme pour prendre un médoc
Je zappe histoire de m'aseptiser
Mais ce triste monde estoque
Avec son martyr, mon oeil captivé
crevant mes dogmes de schnock

C'est là où le sexe et l'ânerie béatifiés
Côtoient la morale d'amerloque,
Vision d'une vie puritaine à souhait. ...

C'est là où nos semblables suffoquent
Devant les caméras des JT
Sans que rien ne nous choque
Sur le sorts de ses accablés...

C'est là où les grands se provoquent
Créant des guerres médiatisées
Mettant en scène des troupes de choc
Nous prenant témoins de duels insensés

C'est là où des religieux invoquent
Un soi disant dieu se plaisant à ignorer
Des nations entière qui l'évoquent
Dans chacune de leurs paroles prononcées

Envahissant ma bicoque
L'étouffant peuple télévisé
Se partage ma défroque
De vieille réac attardée

C'est ainsi que je suffoque
Dans les miasmes de cette armée
Qui me traite comme une loque
Je supplie, implorant pitié

Cela devient vite un soliloque
Car personne ne veut m'écouter
Normal, la télé n'est pas réciproque !
Diantre ! je l'avais oubliée...

Excusez mon côté loufoque
Qui m'a quelque peu rattrapé
Avant que mon cerveau débloque
Vite, je retourne à mon pc !







______________________________________________________

Mon tout premier :

Agonie

Elle rampe, elle approche
Hydre fatale

Vicieuse et sinueuse
Vipère mortifère
A l'ondoyante chaire
A la danse langoureuse

Elle lampe, elle s'accroche
Langue de crotale

Sifflante et frétillante
Au plaisir sadique
Avant la morsure fatidique
De se faire caressante

Elle campe, elle bavoche
Son venin triomphal

Ce récit d'une vie achevée
Sans un cri sans une larme
Pas même une alarme
Dans ses yeux fanés

.....
Et de ses lèvres parme
Doucement libéré
S'échappe la dernière bouffée
Brisant à jamais le charme

.....
Elle balance et elle hoche.
Se tête trilatéral

De sa pupille fendu hypnotique
Contemplant sa proie
Le serpent s'emploie
A engloutir cette fin anecdotique


_________________________________


Lest


Spoil:
Je ne vois ni n'entends,
noire nuit des sens.

Tu m'appelles pourtant,

essayant de me raisonner

les sentiments.



Ton obstination
roule sur tes joues,
hurle mon nom.

Tu constates, amère,
que rien ne m'ébranle,

pas même ta douleur.



Un sursaut de révolte

te secoue brusquement

un mot de trop s'envole,
seul à percuter l'autisme
où je me complais

Une rage amoureuse te dévore,
t'entraîne dans une course folle
à la poursuite d'une personne qui n'existe plus

Devenant fantôme,
je tiens bon
et laisse filer l'émotion.

Je bouche mes oreilles,
l'écoutille verrouillée aux sanglots,
mon empathie absente,
remplacée d'une envie...

Viscérale envie...

Je me souviens
des bouts de vie
que je ne peux plus,
ne veux plus partager.



Tu me retiens
en suppliques inutiles,
mais mon chemin est déjà là
tracé au fer rouge
sur mon coeur
battant de rêves d'ailleurs

mais cette route
Je la veux pour moi

... Sans toi.



Cruauté bienveillante

de dévoiler notre méprise
ou égoïsme salvateur ?



Qu'importe !

Je coupe les cordes
du lest que tu es devenu
malgré nous.

Tu tombes à genou
comme chargé de ton ballast d'amour
qui te cloue au sol
demandant pourquoi ?

Mon silence te brûle
t'empêche de respirer
te fait mourir à petit feu
Pourquoi ? Répètes-tu
et je sais...

Je sais que tu traineras ce fardeau,
lourd pour un solitaire,
jusqu'à ce que la corde s'use et se rompe d'elle-même,
quand moi j'ai eu tant de facilité à m'en défaire
en apparence.
Pourtant, le dernier bout est encore là,
il pend comme un reliquat du cordon ombilical qui nous reliait,
devenu sec par le souffle d'un amour épuisé,
il tombera ne laissant qu'une petite cicatrice.

Hélas pour toi, la tienne suintera longtemps encore
du pus de mon départ, de mon oubli.
Abcès de frustration de ne pouvoir me tenir dans tes bras.
Couverte de pustules de caresses achevées trop vite.

De nos souvenirs partagés
de nos amours soupirées,
bouts d'intimité,
chaleurs et odeurs mélangées
qui donnaient un nom au futur,
une destination à nos vies,
j'en ai fait des espoirs avortés
Des souvenirs douloureux.

Prête à endosser ce rôle avec brio,
je serais donc la traitresse,
celle dont on honnit le nom
après l'avoir chéri tant de fois à tort ;
pour notre bien,
mais tu ne le sais pas encore.

Déjà loin,
doucement,
des syllabes s'échappent de mes lèvres.
Des sons que tu ne veux encore entendre :
Je ne nous aime plus...

Pardon.


Je ne t'aime plus...


Pardon.


_______________________________________________

une vie.

Traversant le dédale
D'un mandala vibrant,
Lunatique, bringuebalant
Ses grains de sable
Qui d'une paire de mandale
Redeviennent cosmiques


_______________________________________________
Hum... haha ! Je ne sais même plus ce que je voulais dire, donc libre interprétation de chacun...


~Florale sensation~

Sensitive au ventre

Moribonde chose délicieuse

Qui craque sous les dents

Exsude d'odeurs mielleuses

Elle fond et éventre

De ses feuilles soyeuses

La profondeur de l'antre

Aux racines chatouilleuses

L'écho de sa voix de chantre

Percute les parois membraneuses

Aux entrelacs de veines vibrantes

D'une chanson faussement mélodieuse

Déjà sa respiration mourante

Se fait silencieuse.


______________________________________________________


Nietzschement votre...


Spoil:
Je rêve d'un lion
devenu enfant.
Colombe accrochée aux lévres,
le son de son coeur,
battant la campagne,
libre
de tout poids.

Je le vois,
Traversant de ses petits pas,
le vide rempli de mystères.
Sans aucune peur,
ni jugement

Il court sur ce chemin.
Le regard neuf.
Questionnant les herbes folles,
le soleil qui le réchauffe.
Il tend soudain l'oreille
au vent caressant de ses doux secrets
son corps doré, potelé
et nu de tout préjugé

Je l'entends rire
de savoir
qu'il ne sait rien.
Il jubile des connaissances
qui sera son festin

Il est là !
Tout près
Il est presque mien !
Une main tendue.
Un frôlement.

Hélas, je suis lestée
de mon passé.
L'enfant est leste
de ne pas en avoir

Il m'échappe,
me défie de le suivre.
Mais je reste plantée là.
Peau moite.
De sueur, larmes d''effort
tirant la lourde charge.

Alors, lentement,
le doigt accusateur,
dans son monde sans nom
sans morale.
Il prononce sa première sentence :

"Chameau !
Tu n'es qu'un chameau.
Dieu est mort
Personne pour aider à porter ta croix "

Le vide m'aspire.
entrainée par mon sacerdos.
chute rude, ténébres collés aux pupilles.
Songes évanouis,
désires emprisonnés,
étouffés de peur.

Seule une petite lumière,
souvenir d'un bonheur,
espoir de délivrance,
D'un souffle, elle vacille,
s'accroche à sa vie

Son aura chaude,
minuscule, pourtant
imposante de sa présence,
dans ce néant, ce rien,
éclaire la truffe humide
du lion endormi près de moi.

Attendant l'aurore.
Attendant son heure
de libérer l'enfant
caché tout au fond
dans mes entrailles.


Je m'accroche à la lumière.
Moi, la bête de somme,
je survivrai malgré tout.
Malgré moi.
un lion accroché aux lèvres.


_____________________________________________________

Déprime :


Sensation qui me rend folle !
sous le poids de mon aversion,
de ta fiel parole,
vers les contrées de l'abnégation,
tu m'enrôles...


_______________________________________________________

Bon le dernier, j'hésitais à le mettre, le seul vraiment personnel... parlant à et de mon père métaphoriquement... qui venait de décéder.


Après toi, le déluge.

Les plaines, en cette aurore naissante
Sont couvertes de ton essence brumeuse
Aux milliers de gouttelettes miroitantes
De tes espérances lumineuses
Mais déjà le soleil immuable se lève
Aveugle à ta beauté, il réchauffe l'éther
Te sublime le temps d'une aube qui s'achève
Et assèche les sitôt orphelines terres
Tu t'évapores, tu t'envoles,
Disparaissant en volutes rondes
Tu t'endors bercé par Eole.
Or le dieu, las de ses mélodies, gronde
Dilué dans ses larmes celestes
Tu tombes de ce ciel zébré
En gouttes craquantes et lestes
Tu gonfles des terres éloignées,
Inconnues de notre refuge.
Je proteste en hurlant ton nom
Négocie et cherche un subterfuge
Mais quelle vaine rébellion,
Car après toi, le déluge
Qui noie jusqu'à ton souvenir
Arrache dans un tourbillon
Sans pardon, ni excuse
Jusqu'au plus petit soupçon
Les restes que je ne veux voir mourir !
Hélas ! Seule reste cette impression
Cette émotion qui m'use
Cette paradoxale sensation
D'être remplie de vide à en vomir
Puis réalisant enfin l'abandon
Car après toi le déluge
C'est sur mes joues qu'il trace ses sillons.

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